Dimanche 12 juillet 2026. Le Tour de France entre en terre inconnue avec une étape de 185 km entre Malemort et Ussel, deux villes novices de la Grande Boucle. Derrière l’apparence d’une étape de transition avant une journée de repos méritée, se cache un tracé sournois : 3300 mètres de dénivelé positif, des ascensions irrégulières et une sélection impitoyable promise par Christian Prudhomme. Une journée qui pourrait bien sceller le sort de nombreux prétendants.
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L’étape qui mène le peloton de Malemort à Ussel, dimanche 12 juillet 2026, est un piège à haute tension. Pour sa première apparition au Tour de France, la Corrèze n’a pas choisi la demi-mesure. Elle offre un parcours de 185 kilomètres, vallonnés, exigeants, où la régularité sera une vertu plus précieuse que l’exploit.
Christian Prudhomme, le directeur de la course, l’a annoncé sans détour : les billets pour l’échappée victorieuse seront « chers ». Très chers. Avec un dénivelé positif cumulé de 3 300 mètres, cette journée est conçue pour les gabarits solides, capables d’encaisser une succession de chocs. L’objectif est clair : une sélection impitoyable, loin des foules des grands cols, sur des routes au relief morcelé.
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Un départ sous le signe du rugby et de l’histoire
La journée commence à Malemort. Une première historique pour cette commune de 8 000 âmes, où l’ovale est roi. Le Tour avait foulé la terre voisine de Brive en 2012, pour une démonstration de Mark Cavendish, recordman de victoires sur la Grande Boucle (35 succès). Ici, point de sprint. Dès le départ, l’esprit sera à la bataille, annonciateur des heures difficiles à venir. Les festi-barbecues locaux devront patienter : le peloton partira tôt pour une longue expédition.
Le cœur de l’étape : un terrain de chasse pour les costauds
Ne vous fiez pas au catalogue officiel des ascensions. Si seuls le Suc au May (3,8 km à 7,7%) et le Mont Bessou sont labellisés, l’enfer corrézien réside dans l’accumulation. Le terrain est un empilement de côtes et de descentes, un vrai « toboggan » permanent, comme le décrit l’organisation.
Le premier coup de couteau intervient après la mi-course avec l’ascension du Suc au May. Sa pente « très irrégulière » est un redoutable instrument de sélection. Elle brisera les rythmes et éliminera les fragiles. Mais le coup de grâce sera porté plus loin, sur les pentes du Mont Bessou. Situé à seulement 24 km de l’arrivée à Ussel, ce dernier grand effort, connu du Tour du Limousin, fera le tri parmi les survivants. Seuls les plus forts resteront en lice.
Ussel, une arrivée inédite pour un finish nerveux
L’arrivée à Ussel est également une première pour le Tour de France. La cité de Haute-Corrèze, habituée des arrivées du Tour du Limousin, entre dans la cour des grands. Les 25 derniers kilomètres après le Mont Bessou ne sont pas une procession. « Encore quelques toboggans » prévient Prudhomme. Un final nerveux, où un petit groupe de costauds pourra se jouer la victoire, tandis que les écarts au général pourraient se creuser de manière inattendue.
Analyse tactique : qui peut gagner ?
Ce profil exclut naturellement les purs sprinteurs et les très lourds grimpeurs des hautes altitudes. Il ouvre grand la porte aux puncheurs endurants, aux baroudeurs de l’échappée, et aux coureurs complets visant le classement général mais disposant d’un bon coup de pédale sur ce type de relief. C’est une étape pour un Van der Poel, un Pidcock, un Alaphilippe en grande forme, ou pour un leader qui voudrait grignoter quelques secondes précieuses avant la première vraie journée de repos, qui aura lieu le lendemain dans le Cantal.
La 9e étape Malemort-Ussel est bien plus qu’une formalité géographique. C’est une étape-cardio, exigeante et traître, qui s’inscrit dans la tendance moderne du Tour à créer de la sélection partout. La Corrèze, en offrant ce parcours exigeant, écrit sa première page dans l’histoire du Tour avec un chapitre qui promet d’être intense, douloureux et décisif.


