Jeudi 16 juillet 2026. Le Tour de France s’engage en Bourgogne-Franche-Comté pour une étape de 181 kilomètres aux faux airs de tranquillité. Entre le départ symbolique du circuit de Magny-Cours et l’arrivée attendue à Chalon-sur-Saône, un parcours vallonné pourrait préparer bien des surprises. Dernière chance pour les puncheurs ou ultime répétition pour les trains d’équipes avant le sprint ? Décryptage d’une journée sous tension.
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Le Tour de France 2026 réserve une transition audacieuse. Pour sa 12e étape, la Grande Boucle troque l’asphalte lisse d’un aérodrome contre les courbes historiques d’un temple de la vitesse : le circuit de Nevers-Magny-Cours. Un symbole fort pour un jour de course qui, sous des apparences de transition, cache un profil plus retors qu’il n’y paraît.
Un départ chargé d’histoire et de symboles
Le choix du départ est lourd de sens. Magny-Cours, c’est 18 Grands Prix de France de Formule 1, les légendes Senna, Prost, Schumacher. En mars 2025, le circuit avait déjà ouvert ses lignes de freinage au peloton de Paris-Nice pour un contre-la-montre par équipes. En juillet 2026, c’est une étape en ligne qui s’élancera de ce lieu mythique, posant les roues du cyclisme dans le sillage des monoplaces.
Ce n’est pas un hasard. La Nièvre est un terreau cycliste. C’est ici que la famille Martinez, du patriarche Mariano au jeune espoir Lenny coureur de la prestigieuse Bahrain-Victorious, a forgé son histoire. Le département, moins fréquenté par le Tour que ses voisins alpins, saisit l’occasion de mettre en lumière ses routes vallonnées et son patrimoine.
Un parcours de 181 km à la morphologie trompeuse
Sur le papier, l’itinéraire de 181 km vers Chalon-sur-Saône semble taillé pour une arrivée au sprint. Dans les faits, l’équation est plus complexe.
Le tracé, qualifié de « très rural » par les organisateurs, s’enfonce dans le sud du Morvan. Une région où le Tour passe rarement, et qui offre un relief accidenté de côtes et de vallons. Ces difficultés dites « intermédiaires », thème central de l’édition 2026, vont ponctuer la journée et user les organismes.
Christian Prudhomme, le directeur du Tour, l’a concédé : « Même avec l’aide de la côte de Montagny-lès-Buxy, il restera peu d’espoir aux attaquants pour résister aux équipes de sprinteurs dans le vignoble chalonnais. » Un discours qui sent la diversion stratégique.
La Côte de Montagny-lès-Buxy : la clé du final
Tout se jouera dans les 30 derniers kilomètres. Le point de décision ? La côte de Montagny-lès-Buxy. Longueur : 2,6 km. Pente moyenne : 4.3%. Profil : Irrégulier, avec des passages plus raides.
Son sommet est situé à seulement 18 km de l’arrivée à Chalon. Une distance trop courte pour une échappée solitaire face à un peloton lancé, mais parfaite pour une attaque ciblée de puncheurs ou de sprinteurs courageux cherchant à disloquer les trains organisés.
C’est ici que les équipes devront être vigilantes. Un relâchement, une mauvaise gestion de l’effort dans cette montée, et tout peut basculer. Les coureurs puncheurs en forme y verront une ultime carte à jouer.
Chalon-sur-Saône, ville d’arrivée sous le signe de l’histoire
Chalon-sur-Saône accueillera le Tour pour la 6e fois de son histoire. La dernière remonte à 2019. La ville, au cœur du vignoble, offre une ligne d’arrivée large mais potentiellement nerveuse après une descente technique depuis les hauteurs.
Les équipes de purs sprinteurs devront contrôler férocement la journée et la base de la côte décisive. L’enjeu est de taille : offrir à leurs leaders une dernière opportunité de mass sprint avant les Alpes.
Verdict & perspectives stratégiques :
Cette 12e étape est un chef-d’œuvre d’équilibre. Officiellement pour sprinteurs, elle contient les ingrédients pour un coup de théâtre.
Scénario n°1 (le plus probable) : Un sprint massif après une journée de contrôle serré et une montée de Montagny-lès-Buxy insuffisamment offensive.
Scénario n°2 (le coup de folie) : Une attaque dans la dernière côte par un petit groupe d’hommes forts, qui coopèrent parfaitement et résistent au retour des poursuivants dans les lacis du vignoble.
Entre l’héritage sportif de Magny-Cours et les incertitudes du Morvan, cette étape bourguignonne promet d’être bien plus qu’une simple procession. C’est une épreuve de vigilance, de gestion et d’opportunisme. La veille des Alpes, personne ne voudra gaspiller d’énergie. Mais tout le monde voudra gagner. L’équilibre est précaire. Et c’est là que naît le spectacle.


