À l’aube de sa 17e saison, Mikel Landa porte un regard lucide sur son présent et son futur. Libéré du rôle de lieutenant, le Basque de Soudal Quick-Step hérite d’un double mandat pour 2026 : leader sur le Giro d’Italia, chasseur de victoires sur le Tour de France. Une saison de vérité pour un coureur qui n’a plus gagné depuis 2021 sur le Tour de Burgos et dont le contrat s’achève en décembre. Entre revanche et renaissance, récit d’une année qui sentira le soufre et l’acier.
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Un plan de bataille clair : Giro pour la gloire, Tour pour la fulgurance
Le calendrier de Mikel Landa pour 2026 ne laisse place à aucun doute. C’est une stratégie en deux actes, pensée pour maximiser ses qualités et son expérience. « L’idée est de commencer par le Tour de Valence début février, puis d’enchaîner Catalogne, Pays Basque, le Giro et le Tour » détaille le principal intéressé dans une interview accordée à Deia.
Le premier objectif est une revanche. Le Giro d’Italia 2025 reste un traumatisme : une lourde chute en Albanie dès le premier jour, un abandon forcé, des mois de douleurs lombaires. « Je n’ai pas encore totalement tourné la page, confie-t-il. J’y retourne avec cette petite envie de voir si je suis capable d’en profiter. » Dans une équipe Soudal Quick-Step qui alignera le sprinteur Paul Magnier, Landa sera l’homme du classement général, épaulé par des grimpeurs comme le jeune italien Giovanni Garofoli.
Puis viendra juillet, et un rôle inédit. « Pour le Tour, on m’a donné la liberté de chercher des étapes. C’est quelque chose qui m’attire, car je ne l’ai jamais vraiment fait. » Face à la domination annoncée de Tadej Pogačar et à un plateau ultra-compétitif, l’Espagnol opte pour la fulgurance plutôt que la régularité. Il sera accompagné dans cette quête par des rouleurs-puncheurs comme Valentin Paret-Peintre, tandis que Tim Merlier veillera sur les sprints.
Le départ d’Evenepoel : Une libération et une nouvelle responsabilité
Le transfert de Remco Evenepoel chez Red Bull-Bora-Hansgrohe a profondément remodelé l’équilibre interne de la Soudal Quick-Step. L’équipe belge, un temps orientée Grand Tour, revient à son ADN de chasseur de victoires sur les Classiques et les étapes.
Pour Landa, ce départ n’est pas une perte, mais une opportunité. « L’équipe redevient ce qu’elle était : une Lotto pour les sprinteurs ou les classiques. Pour les classements généraux, je redeviens le leader » analyse-t-il. Ce changement de statut, couplé à une réflexion approfondie avec le staff, a donné naissance au programme 2026. « Ensemble, nous avons trouvé ce calendrier et il me motive vraiment. »
2025 : Une saison écourtée, une fraîcheur préservée ?
L’accident du Giro a tronçonné sa saison. Avec seulement 45 jours de course, Landa n’a pas accumulé la fatigue habituelle d’un coureur de Grands Tours. « Je n’ai pas terminé l’année épuisé comme en 2024, souligne-t-il. J’espère que cette fraîcheur me sera bénéfique. »
Les indicateurs de fin de saison étaient pourtant positifs. Une 4e place au Tour de Catalogne, un 7e à Tirreno-Adriatico, et surtout une échappée remarquée sur la Vuelta, où il a été battu au sprint par Egan Bernal. « Ce jour-là, j’étais très bien. Cela m’a prouvé que le niveau était toujours là » assure-t-il. Cette performance a balayé les doutes nés de ses problèmes de dos persistants.
L’Épée de Damoclès : L’avenir au-delà de 2026
La question plane sur toute sa saison. Son contrat s’achève en décembre 2026. À 36 ans, est-ce la dernière ligne droite ? « Aujourd’hui, j’ai autant de chances de raccrocher le vélo que de continuer » lance-t-il, pragmatique.
Ses critères sont clairs : le plaisir, le niveau et la confiance de l’équipe. « Si je continue à m’amuser, si je suis à mon niveau et que l’équipe me veut, je continuerai. » Installé dans le projet Soudal Quick-Step, il espère y terminer sa carrière. « Je me sens bien ici, apprécié, j’ai trouvé ma place. »
La soif intacte d’une victoire
Le chiffre est là, en travers de la gorge : plus de victoire depuis le Tour de Burgos 2021. « Ça me tracasse, reconnaît Landa. C’est un objectif clair chaque saison. » L’approche 2026, avec une pression différente sur le Tour, pourrait être la clé.
« Être le meilleur un jour, ressentir à nouveau ces sensations, c’est unique » avoue-t-il. Le Giro lui offre un cap pour le classement général, mais c’est peut-être sur les pentes du Tour, en petit comité, que la magie pourra enfin opérer. Pour Mikel Landa, 2026 ne sera pas une saison de transition, mais une saison de définition. Celle qui dira si le grimpeur a encore un coup d’éclat à offrir, ou s’il entame, lucide et combatif, son ultime descente.


