Le 27 janvier, le coup d’envoi de l’AlUla Tour 2026 sera donné. Pour sa première édition classée UCI ProSeries, la course saoudienne dévoile un parcours redessiné et plus exigeant. Entre sprints explosifs et reliefs tourmentés, la lutte pour succéder à Tom Pidcock s’annonce ouverte. Plongée dans une épreuve en pleine ascension.
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L’Arabie saoudite confirme son ancrage dans le paysage cycliste mondial. Du 27 au 31 janvier 2026, l’AlUla Tour entre dans une nouvelle dimension en intégrant le calendrier UCI ProSeries (catégorie 2.Pro). Cette promotion n’est pas anodine : elle valide la montée en puissance d’une épreuve créée en 2020 et attire naturellement des effectifs plus relevés, avides de points UCI en ouverture de saison.
2026 : L’année de la consécration ProSeries
Le saut de catégorie est le symbole d’une stratégie à long terme. D’abord nommé Saudi Tour, l’événement a su se construire une identité forte autour des paysages époustouflants et du patrimoine historique de la région d’AlUla, classée à l’UNESCO. Les organisateurs ont progressivement complexifié le tracé, passant d’une affaire de sprinteurs purs à une course au profil plus varié, couronnant ces deux dernières années des puncheurs-grimpeurs de haut vol : Simon Yates (2024) et Tom Pidcock (2025).
Cette évolution atteint son apogée avec l’édition 2026. En devenant une ProSeries, la course s’offre un plateau étoffé. La présence annoncée de cadors comme Tim Merlier (Soudal Quick-Step) et Jonathan Milan (Lidl-Trek) pour les sprints, ainsi que de jeunes espoirs ambitieux pour le général, en témoigne. L’objectif est clair : devenir une étape incontournable de la préparation printanière.
Analyse tactique du parcours : Trois sprints, deux jugements
Le schéma reste de cinq étapes, mais l’équilibre a été subtilement modifié. La clé du classement général ne se jouera plus sur une unique étape de relief, mais sur deux séquences exigeantes, resserrées en fin de semaine.
Étape 1 & 2 : Le festival de vitesse
Mardi 27 janvier : AlUla Camel Cup Track > AlUla Camel Cup Track (158 km). Une boucle plate autour du site emblématique de la Camel Cup. Un final prévu pour les trains de sprint, où la puissance et le placement seront primordiaux.
Mercredi 28 janvier : AlManshiyah Train Station > AlManshiyah Train Station (152 km). Similaire à la première, cette étape autour de l’ancienne gare du Hedjaz est un deuxième cadeau aux sprinteurs. Aucun faux plat ne devrait venir perturber les équipes des grands rapides.
Étape 3 : Première bascule vers les hauteurs
Jeudi 29 janvier : Winter Park > Bir Jaydah Mountain Wirkah (142,1 km). Première vraie difficulté. Le profil, plus accidenté, mène à une arrivée inédite à Bir Jaydah Mountain Wirkah. Attaque de loin ou règlement de comptes entre puncheurs ? Cette étape offre un premier tri sévère et désignera un premier patron.
Étape 4 : Le piège potentiel
Vendredi 30 janvier : Winter Park > Shalal Sijlyat Rocks (184 km). Étape la plus longue de l’épreuve. Bien que présentée comme une opportunité pour les baroudeurs ou un sprint en côte, sa longueur, couplée à la chaleur possible et au relief roulant, peut se révéler épuisante à la veille de l’ultime journée. Un terrain idéal pour une échappée audacieuse.
Étape 5 : L’ultime règlement au sommet
Samedi 31 janvier : AlUla Old Town > Skyviews of Harrat Uwayrid (163,9 km). L’étape reine. Le final implacable au sommet du Harrat Uwayrid, un site volcanique offrant une vue spectaculaire. Cette montée longue et pentue est promise aux grimpeurs. Le maillot de leader s’y jouera très probablement, assurant un suspense intact jusqu’au dernier coup de pédale.
Successeur de Pidcock : Le duel des nouvelles générations
Avec ce parcours, le vainqueur devra allier constance, punch et des qualités en altitude. Si des coureurs expérimentés pourraient viser le podium, les regards se tournent vers une nouvelle génération avide de se révéler :
Jakob Omrzel (Bahrain Victorious) : Le prodige slovène, 19 ans, vainqueur du Giro NextGen, fait ses grands débuts en WorldTour. Un talent brut pour les ascensions.
Le vivier UAE Team Emirates-XRG : Avec Jan Christen et Igor Arrieta, l’équipe de développement de la structure émiratie aligne deux grimpeurs prometteurs, parfaits pour ce terrain.
Nicolas Vinokourov (XDS Astana) : Portant un nom qui pèse, le jeune Kazakh a montré de belles choses sur le dernier Tour du Langkawi (4e). L’AlUla est une belle opportunité de confirmation.
Jaume Guardeno (Caja Rural-Seguros RGA) : 14e de la Vuelta à 22 ans, il incarne le futur du cyclisme espagnol en montagne.
L’AlUla Tour 2026 n’est plus une simple course de préparation exotique. C’est désormais une épreuve stratégique du début de saison, au parcours équilibré et au statut rehaussé. Entre l’affrontement des géants du sprint et la bataille des espoirs dans les ascensions lunaires de la région, cette édition promet d’être un formidable révélateur de talents et un spectacle cycliste à part entière. La course à la succession de Tom Pidcock est ouverte.













