Célia Géry, l’étoile filante : comment une timide de 20 ans a pulvérisé les pronostics à Troyes

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Célia Géry l'étoile filante comment une timide de 20 ans a pulvérisé les pronostics à Troyes
Image : @Screenshot_video

Un coup de tonnerre dans le ciel hivernal du cyclo-cross français. Dimanche 11 janvier 2026 à Troyes, Célia Géry, 20 ans à peine, a arraché le maillot tricolore Elite. Face à la tenante du titre Amandine Fouquenet, la jeune Ardéchoise a livré une démonstration de maîtrise technique et de froid tactique. Retour sur un sacre qui annonce l’avènement d’une nouvelle figure majeure du cyclisme tricolore.

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Un scénario parfait sur la terre de Champagne

L’attente était palpable ce dimanche après-midi sur le circuit exigeant de Troyes. Un parcours taillé pour les spécialistes, avec ses virages serrés, ses relances incessantes et sa technicité redoutable. Tous les regards étaient tournés vers Amandine Fouquenet, leader du cyclo-cross français et favorite légitime. Personne, ou presque, n’avait anticipé l’irrésistible éclat de Célia Géry.

Sous le maillot de l’AS Bike Racing – France Literie, la jeune femme de 20 ans a mené une course d’une intelligence rare. Rester protégée dans le sillage de la favorite, analyser, guetter la faille. Elle a placé son attaque foudroyante dès le début du troisième tour, profitant d’un instant de flottement chez Fouquenet. En quelques pédalées, l’écart était créé. Quinze secondes d’avance qu’elle n’allait plus jamais lâcher, gérant son effort avec une maturité stupéfiante, jusqu’à franchir la ligne d’arrivée en solitaire après 51 minutes et 24 secondes d’effort.

La révélation d’un talent complet : du Rwanda à l’Aube

Ce titre n’est pas un accident. Il s’inscrit dans une trajectoire ascendante vertigineuse. Pour bien saisir l’ampleur du phénomène Géry, il faut regarder au-delà de la boue de Troyes.

Un palmarès précoce et transdisciplinaire :

2024 : Championne du Monde Juniors de cyclo-cross.

Septembre 2025 : Sacrée Championne du Monde Espoirs sur route à Kigali (Rwanda), une victoire acquise à la force du poignet sur un parcours vallonné.

2025 : Trois victoires d’étapes au Tour de l’Avenir, confirmant son statut de puncheuse d’élite.

Janvier 2026 : Double sacre nationale à Troyes (Élite et Espoirs de cyclo-cross).

Ce profil hybride, excellemment sur route et en cyclo-cross, est la marque des grands champions. Sa puissance, développée sur le bitume, se couple à une agilité et une lecture de course exceptionnelles héritées du cross.

La psychologie d’une gagneuse malgré elle

Le plus frappant, dans le succès de Célia Géry, c’est le décalage entre son humilité touchante et la froide détermination dont elle fait preuve une fois en selle. Son célèbre lapsus sur le podium – « championne du monde Élites » au lieu de « championne de France » – en dit long. Ce n’est pas de l’arrogance, mais la traduction involontaire d’une ambition qu’elle ose à peine formuler.

« Je doutais beaucoup avant la course. Je sais qu’Amandine est plus forte que moi physiquement » a-t-elle confié au micro de France 3, dans une démonstration de lucidité et de modestie rare. Cette pression qu’elle met de côté devient sa force. Elle court sans le poids des attentes, mais avec toute la faim de sa jeunesse.

FDJ-Suez et AS Bike Racing : l’écosystème idéal

La structuration de sa carrière est un modèle du genre. En période estivale, elle évolue au plus haut niveau avec l’équipe WorldTour FDJ-Suez, qui lui offre un cadre professionnel pour se développer sur route. L’hiver, elle retrouve le nid technique de l’AS Bike Racing – France Literie, un vivier reconnu pour forger les meilleurs coureurs de cyclo-cross hexagonaux.

Cette dualité lui permet de tirer le meilleur des deux mondes : l’expertise, les moyens et l’exposition de la WorldTour, et la spécialisation pointue, presque artisanale, d’une structure dédiée au cross. Un équilibre parfait pour une athlète en pleine construction.

Et maintenant ? Les mondiaux de Hulst en ligne de mire

Avec le maillot tricolore sur les épaules, Célia Géry aborde la fin de sa saison hivernale sous un nouveau jour. La prochaine étape est de taille : les Championnats du Monde Espoirs de cyclo-cross à Hulst (Pays-Bas) dans trois semaines. Quatrième à Liévin en 2025, elle part cette fois en chasseuse de titres, armée de la confiance gagnée à Troyes.

Sa victoire envoie également un signal fort à la direction de FDJ-Suez. Après un premier Giro parcouru en 2025, elle a maintenant les épaules pour viser les classiques ardues, où ses qualités de puncheuse-technicienne pourraient faire des merveilles.

L’aube d’une nouvelle ère

Le sacre de Célia Géry à Troyes est bien plus qu’un changement de garde. C’est la concrétisation d’une nouvelle génération polyvalente, techniquement irréprochable et mentalement affûtée. À 20 ans, elle incarne l’avenir rayonnant du cyclisme français féminin. Son nom, encore discret dans le grand public, est désormais gravé au rang des favorites pour toute épreuve où l’effort, l’intelligence et la maîtrise technique feront la différence. L’étoile filante de Talencieux a trouvé son orbite. Et elle n’a pas fini de nous éblouir.

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1 COMMENTAIRE

  1. Après ses deux grandes victoires en Belgique, le révélation du plus haut niveau mondial et championne de France en titre A. Fouquenet partait favorite, d’autant plus qu’A. Fouquenet dominait C. Géry sur les derniers cyclo-cross en Belgique… Cette situation de départ s’avéra assez idéale pour C. Géry, étonnante championne, en premier lieu par la clarté de sa vision de la course, en toutes occasions… Et le résultat de C. Géry, le 1er novembre dernier en Belgique, dans le terrible Koppenberg Cross qui scella la dernière course de la championne du monde F. Van Empel, pouvait donner une indication : Géry seconde à 19 s de l’intouchable Brand, mais plus d’une minute devant la troisième, Casasola, la championne d’Italie, cela indiquait et signait à la fois un niveau et un potentiel…
    Ce circuit français, sinueux, gluant et vallonné favorisait aussi C. Géry, plus légère, véloce ou agile dans les parties techniques face à A. Fouquenet, laquelle céda, mais suite à une chute dans l’escalier. Ce fait de course, occulté par la retransmission télé, amena un changement d’une chaussure fatal à A. Fouquenet : déjà dans les cordes, elle fut irrémédiablement distancée… C. Géry trébucha également deux fois dans cet escalier, pour elle sans dommage. Plusieurs hommes y glissèrent également chez les hommes : à Troyes, les marches, celles de la réussite ou du succès, hautes et glissantes, n’étaient pas simples à franchir.

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