Son nom est gravé au panthéon de Paris-Roubaix. Pourtant, à 33 ans, Dylan van Baarle tourne une page cruciale. Après un passage en demi-teinte chez Visma, le Néerlandais rejoint Soudal Quick-Step avec une soif intacte et un objectif cristallin : reconquérir les pavés du Nord. Rencontre avec un champion en quête de renaissance.
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Le vélodrome de Roubaix, avril 2022. Sous une fine pellicule de poussière, Dylan van Baarle savoure l’une des plus belles victoires de sa génération. Un raid solitaire de 20 kilomètres. Une entrée dans la légende. Trois ans plus tard, le souvenir est vif, mais le contexte a radicalement changé. Le Néerlandais endosse désormais le maillot bleu ciel du Wolfpack. Un transfert qui ressemble à un pari. Pour l’homme, et pour l’équipe.
Un palmarès forgé dans l’enfer du Nord
Polyvalent, endurant, stratège. Dylan van Baarle est l’archétype du coureur complet des classiques. Son CV parle pour lui : vainqueur de Paris-Roubaix (2022) et de Dwars door Vlaanderen (2021), deuxième du Tour des Flandres (2022) et des Mondiaux de Louvain (2021). Une régularité d’exception sur le dur circuit flandrien.
Pourtant, derrière ce palmarès solide se cache une séquence noire. L’homme a été meurtri par la malchance. Fracture de la clavicule sur le Critérium du Dauphiné 2024, fracture de la hanche sur la Vuelta la même année, puis nouvelle clavicule cassée dès le Tour Down Under 2025. Une litanie de blessures qui a entravé son momentum et précipité son départ de la Visma | Lease a Bike.
Soudal Quick-Step : le cadre idéal pour une renaissance
Son engagement jusqu’en 2027 avec Soudal Quick-Step n’est pas anodin. Il s’agit d’un choix stratégique, presque culturel. « Les deux stages d’entraînement se sont très bien passés » confie-t-il, le ton empreint d’un nouveau dynamisme. « Faire connaissance avec le staff et les coureurs, intégrer ce groupe… Ça donne une impression immédiatement positive. »
Pour van Baarle, l’équipe belge incarne l’héritage et l’expertise des classiques. Un environnement conçu pour les amateurs de pavés, où sa polyvalence pourra pleinement s’exprimer, tant en tant que leader occasionnel qu’en équipier de luxe.
2026 : Le Tour des Flandres et Roubaix en ligne de mire
Ses objectifs sont tracés avec la précision d’un horaire de train. « Le Tour des Flandres et Paris-Roubaix seront mes principaux objectifs » annonce-t-il sans détour. Ces deux Monuments ne sont pas de simples courses. Ce sont des obsessions, le graal pour un rouleur-puncheur de son acabit.
« J’espère retrouver mon meilleur niveau pour ces deux-là. Ils occupent une place spéciale dans mon cœur. Mon rôle ? Être dans le coup pour un bon résultat, ou contribuer au succès de l’équipe. Les deux scénarios me motivent. »
Cette déclaration résume l’état d’esprit du nouveau lieutenant du Wolfpack : ambitieux mais collectif. Avec une armada de puncheurs autour de lui, la stratégie pourra être multiple, et van Baarle en sera un pivot essentiel.
Au-delà des pavés : la polyvalence au service du collectif
Ne le cantonnez pas à un simple spécialiste des secteurs pavés. Van Baarle tient à le rappeler : « J’ai aussi hâte d’être présent pour l’équipe dans les courses par étapes et les Grands Tours. Nous avons plusieurs leaders pour ce type d’épreuves. » Sa robustesse et son expérience en montagne feront de lui un atout précieux sur des courses comme le Tour de France, où il pourra encadrer les prétendants au général.
Son début de saison est pensé pour une montée en puissance progressive :
Tour d’Algarve (18-22 février) : Premiers contacts avec la compétition sous ses nouvelles couleurs.
Weekend d’ouverture en Belgique (Omloop Het Nieuwsblad & Kuurne-Bruxelles-Kuurne) : Plongée dans le bain belge, un moment chargé d’émotion.
Tour des Flandres (5 avril) & Paris-Roubaix (12 avril) : L’apogée de son printemps.
Le pari d’une deuxième carrière
À 33 ans, Dylan van Baarle ne se voit pas en vétéran en sursis. Son contrat long (jusqu’à fin 2027) est un acte de foi. L’équipe croit en sa capacité à retrouver le niveau qui l’a fait triompher à Roubaix. Lui y croit aussi.
Il incarne cette génération de coureurs dont la longévité et l’intelligence de course peuvent compenser la pure explosivité de la jeune garde. Chez Soudal Quick-Step, il retrouve une maison où la culture des classiques est une religion. C’est peut-être là, dans ce mélange d’expérience, de soif de revanche et d’environnement parfait, que se prépare le plus beau des come-back.
La machine est relancée. L’objectif est fixé. Reste à présent à écrire, sur les routes grises de Flandre et les pavés tremblants du Nord, le prochain chapitre de l’histoire de Dylan van Baarle. Un chapitre qui sent la poussière, l’effort et peut-être, qui sait, à nouveau la gloire.


