Un an après une édition marquée par les incidents, l’Étoile de Bessèges entame sa convalescence. Avec un plateau volontairement réduit et un parcours fidèle à son ADN puncheur-rouleur, la 56e édition, du 4 au 8 février, se présente comme un défi autant sportif que symbolique. Qui peut hériter du maillot de Kevin Vauquelin et redorer le blason d’une course mythique ? Notre décryptage.
Lire aussi : Tour de France 2026, le parcours qui veut crucifier les favoris
Un nouveau départ après la crise : le pari du « moins pour mieux »
La directrice de course Claudine Fangille ne l’a pas caché : l’édition 2025 avait laissé des « traces ». Entre incidents de sécurité et tensions, l’avenir même de la doyenne des courses par étapes françaises avait vacillé. Pour cette renaissance 2026, l’organisation a opté pour une cure d’amaigrissement radicale : seulement 17 équipes au départ, contre 21 habituellement. « Moins de coureurs, moins de véhicules, des bulles de course plus courtes » a-t-elle assumé, visant une épreuve plus sûre et plus lisible. Un pari risqué pour le prestige, mais nécessaire pour la pérennité. Les équipes WorldTour présentes – Groupama-FDJ United, Alpecin-Premier Tech, Decathlon CMA CGM et Lotto-Intermarché – jouent le jeu de la confiance. Leur engagement est le premier succès de cette édition.
Parcours 2026 : Le chrono d’Alès, juge de paix absolu
Malgré les turbulences, l’ADN de la course reste intact : un exigeant mélange de terrains vallonnés propices aux puncheurs et un contre-la-montre final décisif. La grande absente cette année ? L’arrivée au Mont Bouquet, remplacée par une étape aux faux airs de classique ardennaise.
Étapes 1 & 2 : Les puncheurs et les sprinteurs en chauffe
La première étape autour de Bellegarde (150 km) plante immédiatement le décor avec son final cinglant : 700 mètres à 8% pour rejoindre l’Avenue des Lacs. Un profil taillé pour un puncheur explosif type Paul Lapeira (Decathlon CMA CGM), qui peut viser la première tunique de leader et ses bonifications. L’étape 2 vers Domessargues (160,6 km) semble plus clémente, avec un final en faux plat. Mais attention au Mistral, capable de disloquer le peloton sur les routes exposées de la Camargue. Des sprinteurs complets comme Lukas Kubis (Unibet Rose Rockets) ou Mathieu Kockelmann (Lotto-Intermarché) devront rester vigilants.


Étapes 3 & 4 : Le relief s’affirme, le général se dessine
Le cœur de la course bat autour de Bessèges, jeudi. L’étape reine (162,5 km) enchaîne les côtes, avec deux ascensions du Col des Brousses (2,5 km à 5%), dont la dernière à seulement 13 km de l’arrivée. C’est le terrain de jeu idéal pour un Dylan Teuns (Cofidis), 2e en 2025, ou un Ewen Costiou (Groupama-FDJ United) en quête de confirmation. Vendredi, l’étape vers Vauvert (162,4 km) cache son jeu avec ses 500 derniers mètres à 5%. Une fausse étape de transition qui pourrait réserver des surprises tactiques.


Étape 5 : L’ultime verdict sur la rampe de l’Hermitage
Comme souvent depuis des années, le général se jouera sur les 10,2 km du CLM d’Alès. Le parcours est trompeur : plat et rapide sur la majeure partie, il se termine par l’ascension féroce vers l’Hermitage (1,6 km à 7,9% avec des pics à 20%). Il faut donc être un rouleur-scalleur hybride. Une question se pose : ce final exclut-il les purs puncheurs au profit des chronomen capables de grimper, ou au contraire, rééquilibre-t-il les chances ?

Les favoris : entre héritage et opportunités
En l’absence du tenant Kevin Vauquelin (débuts sur le Tour d’Algarve mi-février) et d’autres cadors habituels, la course est extraordinairement ouverte. La victoire se jouera entre ceux qui viseront les bonifications en ligne et ceux qui tableront tout sur le chrono.
Le Top 3 des prétendants au général
Paul Lapeira (Decathlon CMA CGM) ⭐⭐⭐ : L’homme à battre. Son explosivité sur les courtes bosses (comme à Bellegarde) peut lui offrir un matelas de bonifications. La question centrale est sa performance sur le chrono d’Alès, où sa légèreté pourrait être un atout majeur sur la rampe finale.
Maxime Decomble (Groupama – FDJ United) ⭐⭐ : Le spécialiste pur. 5e du chrono en 2025, il est le grand favori de l’étape 5. Sa mission : limiter les pertes en ligne pour arriver à portée de maillot avant le dimanche.
Niklas Larsen (Unibet Rose Rockets) ⭐⭐ : Le joker. Ce puissant rouleur danois, capable de bonnes performances en côte, est le prototype parfait pour ce parcours. Son équipe, en forme en début de saison, peut jouer sur plusieurs cartes avec aussi Lukas Kubis.
Les outsiders à suivre de près
Dylan Teuns (Cofidis) : Le puncheur-rouleur expérimenté. S’il a retrouvé son mordant, son profil colle parfaitement. Peut-il prendre du temps en attaquant dans le Col des Brousses ?
Ewen Costiou (Groupama-FDJ United) & Jordan Labrosse (Decathlon CMA CGM) : Les espoirs français. Vifs et courageux, ils peuvent tout gâcher en s’échappant lors des étapes vallonnées.
Les sprinteurs-puncheurs : Lukas Kubis, Henri Uhlig (Alpecin-Premier Tech) ou Sandy Dujardin (TotalEnergies). S’ils passent les cols, leur finisseuse vitesse peut leur offrir des étapes et des bonifications inespérées.
Comment suivre l’Étoile de Bessèges 2026 à la télévision ?
Le rendez-vous est fixé sur La Chaîne L’Équipe du mercredi 4 au dimanche 8 février. Chaque journée sera retransmise en direct et en clair à partir de 14h00. Le duo de commentaires, composé de Patrick Chassé pour l’expertise tactique et Claire Bricogne pour l’analyse et l’immersion, garantit un décryptage pointu de chaque étape. Un live écrit sera également disponible sur les sites spécialisés pour suivre la course dans ses moindres détails.
Une édition charnière pour l’âme de Bessèges
L’Étoile de Bessèges 2026 est bien plus qu’une simple course de début de saison. C’est un test pour son modèle, un combat pour sa réputation. Le parcours, équilibré et exigeant, promet un spectacle authentique et un suspense préservé jusqu’aux derniers virages de l’Hermitage. La balle est dans le camp des coureurs : ils ont entre les mains la responsabilité d’offrir une semaine de course intense et propre, pour redonner à « l’Étoile » tout son éclat. Selon vous, qui, du puncheur tacticien ou du rouleur spécialiste, a le meilleur profil pour triompher ce dimanche à Alès ?
Startlist – Qui sont les coureurs engagés participants à l’Etoile de Bessèges 2026 ?
STARTLIST. La liste des coureurs participants et des équipes est mise à jour au fur et à mesure que les formations communiquent les noms de leurs partants présents au départ.
Groupama – FDJ United (WT) ✅
1, COSTIOU, Ewen
2, BARTHE, Cyril
3, DECOMBLE, Maxime
4, GERMANI, Lorenzo
5, HUENS, Axel
6, AGNOLETTO, Blake
7, LOULERGUE, Victor
Alpecin-Premier Tech (WT) ✅
11, HOULE, Hugo
12, BAYER, Tobias
13, BELMANS, Lennert
14, DEBRUYNE, Ramses
15, UHLIG, Henri
16, ROESEMS, Siebe
17, RAMSAY, Noah
Decathlon CMA CGM Team (WT) ✅
21, LAPEIRA, Paul
22, DE PESTEL, Sander
23, HAUGLAND, Kasper
24, ISIDORE, Noa
25, LABROSSE, Jordan
26, PEDERSEN, Rasmus Søjberg
27, PRINGLE, Nate
Lotto Intermarché (WT) ✅
31, GRIGNARD, Sébastien
32, GRISEL, Matys
33, KOCKELMANN, Mathieu
34, ROTA, Lorenzo
35, SLOCK, Liam
36, IMAMURA, Shunsuke
37, VAN DE WYNKELE, Lorenz
Cofidis (PRT) ✅
41, TEUNS, Dylan
42, BIERMANS, Jenthe
43, RENARD, Alexis
44, IZQUIERDO, Clément
45, MAAS, Jan
47, OURSELIN, Paul
Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team (PRT) ✅
51, AZPARREN, Xabier Mikel
52, CALZONI, Walter
53, DE GENDT, Aimé
54, MAŁECKI, Kamil
55, PARISINI, Nicolò
56, MOSCHETTI, Matteo
57, ZUKOWSKY, Nickolas
TotalEnergies (PRT) ✅
61, DELETTRE, Alexandre
62, DUJARDIN, Sandy
63, LEROUX, Samuel
64, VADIC, Baptiste
65, BRUNEL, Alexys
66, RETAILLEAU, Valentin
67, MARCEROU, Nicola
Team Flanders – Baloise (PRT) ✅
71, CRABBE, Tom
72, DEWEIRDT, Siebe
73, DEMAN, Brem
75, VAN HEMELEN, Vincent
76, VANDENSTORME, Dylan
77, VANHOOF, Ward
78, VERCOUILLIE, Victor
Team Polti VisitMalta (PRT) ✅
91, BESSEGA, Tommaso
92, GIULIANO, Dario
93, MUÑOZ, Francisco
94, PEÑALVER, Manuel
95, RACCAGNI, Gabriele
96, MIFSUD, Andrea
97, BAIS, Davide
Unibet Rose Rockets (PRT) ✅
101, GROENEWEGEN, Dylan
102, AUGÉ, Ronan
103, REINDERS, Elmar
104, KOPECKÝ, Tomáš
105, KUBIŠ, Lukáš
106, LARSEN, Niklas
107, MOURIS, Wessel
Solution Tech NIPPO Rali (PRT) ✅
111, VIVIANI, Attilio
112, VERRANDO, Luca
113, BALMER, Alexandre
114, MEO, Felix James
115, GRANGER, Ben
116, PIRAS, Andrea
117, RAJOVIĆ, Dušan
Van Rysel Roubaix (CT) ✅
121, HEREMANS, Joppe
122, TENDON, Arnaud
123, RAUGEL, Antoine
124, HARDOUIN, Louis
125, THÉOT, Killian
126, HUCK, Léandre
127, AVOINE, Kévin
St Michel – Preference Home – Auber93 (CT) ✅
131, CARDIS, Romain
132, BOUQUET, Axel
133, DELACROIX, Théo
134, GUGLIELMI, Simon
135, LECROQ, Jérémy
136, CHAMPION, Thomas
137, VAN NIEKERK, Morné
Nice Métropole Côte d’Azur (CT) ✅
141, HÄNNINEN, Jaakko
142, KONIJN, Alexander
143, MAINGUENAUD, Tom
144, HUYS, Laurens
145, GILLET, Baptiste
146, PAPON, Victor
147, DAVY, Clément
CIC Pro Cycling Academy (CT) ✅
151, VEZIE, Maxime
152, GUERNALEC, Victor
153, GUÉGAN, Maël
154, SANLAVILLE, Mathias
155, LOZOUET, Léandre
156, LANGELLA, Lenaic
157, HAMON, Similien
Elite Fondations Cycling Team (CT) ✅
161, GEORGE, Alfred
162, TISSIÈRES, Arnaud
163, BAGOU, Guillaume
164, AEBERSOLD, Nils
165, SOMMER, Jan
166, JEAN, Victor
167, DARBELLAY, Valentin
Notre couverture enrichie sur TodayCycling : Retrouvez chaque soir le décryptage vidéo de la course, les analyses de nos experts, les photos exclusives et les interviews long format des principaux acteurs. Nous connectons les points entre ce que vous voyez à l’écran et la réalité du terrain.



Pourquoi ne pas dire la vérité sur ce qui s’est passé l’année dernière ?
L’organisation est dirigée par Claudine Fangille, la fille du directeur historique qui était ami de Poulidor et de Luc Leblanc. Mme Fangille est assistée par sa fille et par son gendre.
En 2025, la fille est allé accouché dès le début de l’épreuve. Elle aurait pu mieux compter les semaines.
Mais surtout, non seulement le mari, mais aussi la mère, se sont précipités à la maternité et y sont restés plusieurs jours.
Toute la tête de l’organisation a donc abandonné les bénévoles et les coureurs, alors même qu’il se passait des incidents graves avec l’irruption de voitures sur le parcours.
De plus, le préfet, nouvellement nommé, avait sous-estimé le nombre de gendarmes nécessaires.
La nonchalance, pour ne pas dire, la fuite des responsabilités de cette équipe dirigeante est indigne de cette course historique.