L’UAE Tour 2026 a sorti l’artillerie lourde avec le Jebel Mobrah dans le désert

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Image : @RCS_UAETour

Exit le Jebel Jais, place à l’infernal Jebel Mobrah. L’UAE Tour 2026 frappe un grand coup en présentant un parcours qui ne ressemble à aucun autre. Au programme : un contre-la-montre nerveux, des sprints pour Milan, mais surtout un juge de paix inédit avec des pentes à 17%. Notre analyse complète d’une semaine qui s’annonce explosive, où Remco Evenepoel tentera de marquer les esprits avant le Tour.

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L’UAE Tour a toujours eu ce talent pour marier le clinquant des gratte-ciel d’Abu Dhabi à la rudesse du désert. Mais pour son édition 2026, qui se tiendra du 16 au 22 février, les organisateurs ont décidé de pousser le curseur de la difficulté bien plus loin que d’habitude. Finie la simple formalité avant les classiques européennes. Bienvenue sur une semaine qui sent déjà la poudre, où un « mini-Angliru » version désert fait son apparition.

Ce n’est pas un simple réaménagement du parcours habituel que proposent les organisateurs. C’est un véritable manifeste : l’UAE Tour veut devenir une référence mondiale en matière de course par étapes. Avec l’arrivée programmée de cadors comme Remco Evenepoel (Red Bull-BORA-Hansgrohe) et le forfait de dernière minute de Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike), la confrontation promet d’être électrique. Voici le détail d’un parcours qui va faire des dégâts.

Un parcours taillé pour les gladiateurs : que réservent les 7 étapes de l’UAE Tour 2026 ?

Le tracé 2026, long de 1004 kilomètres, est un concentré de ce que le cyclisme moderne peut offrir de plus contrasté. On y passe du sprint massif sur des boulevards urbains à l’effort solitaire face au chrono, avant d’attaquer des pentes dignes des grands cols européens. Mais c’est l’ordre d’apparition de ces difficultés qui va pimenter la stratégie.

Étape 1 (16/02) – Madinat Zayed Majlis › Liwa Palace (144 km) : Le piège du désert pour puncheurs

Dès le coup d’envoi, la course nous plonge dans le décor lunaire du désert de Liwa. Ne vous fiez pas à la distance, relativement courte pour une première étape. Le passage par la célèbre dune de Moreeb est un avertissement. Le final vers le Liwa Palace n’est pas une ligne droite vers le bonheur. Avec une pente de 5% sur les derniers hectomètres, c’est un terrain de jeu idéal pour un puncheur.

Isaac del Toro (UAE Team Emirates-XRG), leader de la formation locale en l’absence de Tadej Pogačar, est tout désigné pour endosser le premier maillot rouge. Mais attention aux autres coureurs ou même un sprinteur costaud qui pourrait survivre aux petites bosses de la phase finale. C’est le genre d’étape où le classement général peut déjà perdre des plumes si on n’est pas placé.

Étape 2 (17/02) – Al Hudayriyat Island › Al Hudayriyat Island (CLM – 12,2 km) : Un sprint de 12 bornes pour rouleurs

Le lendemain, on change de registre. Un contre-la-montre individuel court, très court même. Sur l’île d’Al Hudayriyat, les coureurs s’élanceront sur un parcours de 12,2 km aussi plat qu’une piste d’atterrissage.

Selon les données fournies par les organisateurs, le tracé est d’une simplicité biblique : des routes larges, quelques virages à angle droit et deux demi-tours. C’est un exercice de puissance pure, taillé pour les « grosses cuisses ». Stefan Bissegger pourrait y faire des merveilles.

Ici, chaque seconde compte, mais les écarts ne seront pas abyssaux. Une seconde toutes les dix secondes ? Pas exactement. Pour un rouleur de très haut niveau, l’écart sur un spécialiste du poids plume peut osciller entre 20 et 30 secondes sur ce type de distance. Pour Evenepoel, c’est l’occasion de prendre une option sur ses concurrents plus légers avant les sommets.

Étape 3 (18/02) – Umm al Quwain › Jebel Mobrah (183 km) : Le « mini-Angliru » entre en piste

C’est LA grande nouveauté de cette édition 2026. Le Jebel Mobrah remplace numériquement le Jebel Jais, et il ne fait pas dans la dentelle. Si la première partie de l’ascension est roulante (5km à 7,5%), la seconde partie est une punition. Sur 7 kilomètres, la pente moyenne frôle les 12%, avec des rampes qui dépassent allègrement les 17%.

Imaginez un Angliru en miniature, mais avec la chaleur du désert en prime. C’est un terrain de chasse pour les purs grimpeurs. C’est ici que la course va littéralement exploser. Un coureur comme Evenepoel, s’il est dans un grand jour, pourrait accentuer son avance au général sur ses principaux rivaux. Pour Isaac del Toro, c’est le premier test grandeur nature. C’est une montée qui interdit toute erreur de placement ou de gestion de l’effort.

Étapes 4 et 5 (19-20/02) – Fujairah › Fujairah (182 km) et Dubai › Hamdan University (166 km) : Le royaume des sprinteurs (sous surveillance)

Après l’orage, le calme. Ou presque. Ces deux étapes de plaine sont a priori dédiées aux sprinteurs. Jonathan Milan (Lidl-Trek), attendu comme le sprinteur phare après le forfait de Tim Merlier (Soudal-QuickStep), aura ici deux belles occasions de lever les bras.

Mais gare au vent ! La cinquième étape, qui longe la côte de Dubaï, est particulièrement exposée. Des routes larges et droites, c’est le terrain de jeu rêvé pour les équipes qui voudraient tenter des bordures. Ce serait une option tactique risquée mais payante pour une équipe comme Red Bull-BORA-Hansgrohe qui voudrait piéger le leader local. Les directeurs sportifs auront l’œil rivé sur les bulletins météo.

Étape 6 (21/02) – Al Ain › Jebel Hafeet (168 km) : Le jugement dernier

On arrive au plat de résistance traditionnel. Le Jebel Hafeet, avec ses 10 kilomètres d’ascension à 8-9% de moyenne, est un juge de paix impitoyable. Ce n’est pas la pente qui tue, mais la régularité et la chaleur. La route sinueuse et ses épingles à cheveux invitent aux attaques de loin.

L’histoire du Jebel Hafeet est riche. Tadej Pogačar et Adam Yates s’y sont imposés, mais y gagner ne garantit pas le classement général. En 2023, Remco Evenepoel avait concédé 10 secondes à Adam Yates ici, mais avait tout de même remporté le maillot rouge grâce à sa régularité. Cette année, avec la difficulté supplémentaire du Jebel Mobrah, le scénario est différent. On peut s’attendre à ce que les écarts soient plus conséquents et que le maillot de leader se joue peut-être sur ce seul chrono et cette seule montée.

Étape 7 (22/02) – Abu Dhabi › Abu Dhabi Breakwater (149 km) : La dernière danse pour les fast men

Dernière étape, dernière ligne droite. Le classement général est normalement figé depuis la veille. Le peloton peut donc rouler tranquille, offrant un final en apothéose aux sprinteurs sur la corniche d’Abu Dhabi. Un dernier sprint massif pour clôturer cette semaine de folie, sous le regard des gratte-ciel.

Evenepoel vs Del Toro : un duel au sommet dans le désert ?

Avec le forfait de Jonas Vingegaard, qui devait faire ses débuts 2026 ici avant une chute et une maladie, le plateau perd une de ses têtes d’affiche. Mais le duel annoncé entre Remco Evenepoel et la relève Isaac del Toro est tout aussi alléchant.

Remco Evenepoel (Red Bull-BORA-Hansgrohe) débarque aux Émirats avec un appétit féroce. Huit jours de courses disputées en 2026, cinq victoires. Il sort d’un sans-faute au Mallorca Challenge et au Tour de Valence. Vainqueur de l’UAE Tour en 2023, il connaît la maison. Pour lui, c’est une étape cruciale dans sa préparation pour le Tour de France, qu’il vise exclusivement cette année, délaissant le Giro.

Face à lui, Isaac del Toro (UAE Team Emirates-XRG) a la lourde tâche de porter les espoirs de la formation locale. Le jeune mexicain, au style flamboyant, est prêt à prendre le relais de Tadej Pogačar, double vainqueur de l’épreuve. Sur le papier, le parcours lui convient : une arrivée de puncheur pour commencer, une montée explosive au Jebel Mobrah et un final au Jebel Hafeet. Il devra toutefois limiter la casse sur le contre-la-montre, qui n’est pas son exercice favori.

L’UAE Tour 2026, un tournant dans la stratégie des grands tours ?

Ce parcours 2026 marque une évolution significative. En introduisant une difficulté aussi sévère que le Jebel Mobrah, les organisateurs envoient un message clair : nous voulons du spectacle et une hiérarchie claire.

Ce n’est plus une simple course de préparation, c’est un véritable objectif de début de saison. Pour Evenepoel, c’est l’occasion de prouver sa supériorité et de mettre la pression sur ses rivaux du Tour. Pour Del Toro, c’est l’opportunité de se révéler au monde comme un futur patron.

L’UAE Tour 2026 s’annonce comme un laboratoire à ciel ouvert. Entre les sprints de Milan, le chrono des rouleurs et le combat des grimpeurs sur des pentes inédites, la course promet d’être indécise jusqu’au bout.

Selon vous, la nouvelle ascension du Jebel Mobrah va-t-elle trop durcir la course et favoriser un seul type de coureur, ou au contraire, va-t-elle offrir un spectacle plus varié que les années précédentes ? Donnez votre avis en commentaires !

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