Nouveau coup dur pour Nils Eekhoff. À peine la saison 2025 achevée, l’avenir du coureur de Team Picnic PostNL s’assombrit déjà. Une opération de l’artère iliaque programmée la semaine prochaine va l’éloigner des routes pour une durée indéterminée, compromettant son début de saison 2026. Plongée dans le parcours du combattant d’un talent hollandais frappé par la malchance.
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Le communiqué était laconique, mais son contenu lourd de conséquences. La formation WorldTour Picnic PostNL a confirmé l’information redoutée par les supporters de Nils Eekhoff : le Néerlandais de 27 ans doit subir une intervention chirurgicale sur l’artère iliaque la semaine prochaine. Une annonce qui sonne comme un arrêt brutal, scellant son absence lors des prochaines Classiques de printemps et reportant sine die son retour à la compétition.
Une pathologie qui frappe de plus en plus le peloton
L’endofibrose iliaque, ce rétrécissement de l’artère principale irriguant la jambe, n’est plus une anomalie rare dans le monde du cyclisme professionnel. Elle est souvent le prix à payer pour une posture extrêmement courbée et une puissance développée sur des heures d’effort. Le sang, pulsé à haut débit, finit par traumatiser la paroi artérielle, créant un rétrécissement qui limite l’oxygénation du muscle.
Eekhoff rejoint ainsi une liste grandissante de coureurs touchés, dont son propre coéquipier chez Picnic PostNL, le sprinteur Fabio Jakobsen, opéré avec succès du même problème il y a quelques mois. Cette récurrence interroge sur les limites physiologiques poussées à l’extrême et place les staffs médicaux des équipes en première ligne pour un dépistage précoce.
Une opération inévitable, une rééducation à haut risque
L’intervention, bien que désormais rodée, reste délicate. Les chirurgiens vasculaires devront libérer l’artère comprimée, souvent en pratiquant une « libération » de l’attache du muscle psoas ou en posant un patch pour élargir la zone rétrécie. Le succès est élevé, mais la route vers la compétition est longue et semée d’embûches.
L’équipe a annoncé un « programme de rééducation intensif » sans avancer de calendrier précis, tout en laissant entrevoir un éventuel retour en mai. Un optimisme de circonstance, car la reconstruction de la puissance musculaire, après des semaines d’inactivité forcée, représente un défi titanesque. Chaque jour d’absence creuse un fossé de forme avec des concurrents qui, eux, enchaînent les courses.
La malchance, un adversaire récurrent pour Eekhoff
Cette nouvelle épreuve médicale s’inscrit dans une série noire pour le coureur de Nokere. L’année 2025 avait pourtant bien commencé avec une victoire éclatante sur la Nokere Koerse en mars, sa deuxième en professionnel après le prologue du ZLM Tour 2023. Une lueur d’espoir rapidement éteinte.
Quelques jours seulement après ce succès, une rupture du tendon d’Achille à son insertion sur le mollet le privait déjà des monuments du printemps : le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Plus tôt dans la saison, une lourde chute lors de l’AlUla Tour lui avait valu une fracture de la mâchoire et une dent cassée. Le corps de Eekhoff semble s’être érigé en ultime obstacle à la réalisation de son plein potentiel.
Quel avenir pour le Néerlandais chez Picnic PostNL ?
À 27 ans, Nils Eekhoff approche de l’âge théorique de la maturité sportive. Ces interruptions répétées menacent cruellement son développement et sa place au plus haut niveau. Son équipe, Picnic PostNL, fait preuve de patience et de soutien, une attitude essentielle dans l’écosystème impitoyable du WorldTour.
La saison 2026, dont il devait être un des piliers en courses d’un jour, est d’ores et déjà sacrifiée. La question n’est plus de savoir quand il reviendra, mais dans quel état. Sa capacité à retrouver le niveau requis après une telle accumulation de blessures et d’opérations constituera le plus grand test de sa carrière.
L’histoire de Nils Eekhoff devient, au-delà du simple fait sportif, un récit poignant sur la fragilité des athlètes. Elle rappelle que derrière la machine à pédaler se cache un corps humain, vulnérable, qui parfois dit non. Son combat contre l’endofibrose iliaque est désormais le plus important de sa vie. Bien avant celui pour une victoire.


