Cinq ans qu’il la cherchait. Tim Wellens a enfin ajouté la Clasica Jaen à son palmarès, et de quelle manière ! Dans les oliveraies d’Andalousie, le champion de Belgique a signé un numéro en solitaire de 55 kilomètres, laissant ses poursuivants dos à dos. Derrière, le podium a été bouleversé par une chute et une disqualification, offrant à Benoît Cosnefroy son premier bouquet sous ses nouvelles couleurs. Plongée au cœur d’une édition 2026 qui a tenu toutes ses promesses.
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L’IMAGE EST DÉJÀ DANS LES OLIVERAIES
Elles sont là, ces fameuses étendues argentées de la province de Jaén, avec leur lumière si particulière de février. Le décor est planté, identique depuis cinq ans, mais le scénario, lui, a changé de main. Tim Wellens (UAE Team Emirates-XRG) n’a pas seulement gagné la Clasica Jaen 2026, il l’a matée. Il a dompté ces 154 kilomètres de pièges andalous avec la rage de celui qui avait déjà goûté à toutes les places d’honneur sans jamais moncher la plus haute marche. Après une deuxième, une troisième, une quatrième et une dixième place, le Belge de 34 ans est venu inscrire son nom en lettres capitales sur le palmarès, et il l’a fait avec un raid en solitaire de 55 kilomètres qui restera dans les annales de la jeune épreuve. Un numéro de maître, exécuté sur les routes blanches qu’il chérit tant.
Pourquoi la Clasica Jaen est-elle devenue un rendez-vous incontournable du début de saison ?
En à peine cinq éditions, la Clasica Jaén s’est taillé une réputation de petit joyau. Surnommée à juste titre « les Strade Bianche espagnoles », elle offre un mélange unique : la technicité du gravel andalou, avec ses secteurs non pas blancs mais ocre, et la difficulté d’un terrain vallonné qui use les organismes. Sur l’édition 2026, le parcours a été ramené à 154 kilomètres, soit 15 de moins qu’en 2025, mais le niveau d’exigence, lui, n’a pas baissé d’un iota.
Le menu était simple sur le papier : enchaîner les pièges autour d’Úbeda. Mais comme le disent les coureurs, c’est dans les derniers secteurs que la course se gagne ou se perd. Le secteur de Vandelvira, après 80 kilomètres, a servi d’entonnoir. Puis vint le redoutable Mar de Olivos, où les écarts se creusent. Et pour finir, Santa Eulalia, avec son terrible mur de 500 mètres à 9%, de quoi faire exploser les groupes de poursuivants les plus costauds.
Comment Tim Wellens a-t-il construit sa victoire en solitaire ?
Le timing parfait : l’attaque au kilomètre 100
Pour comprendre la victoire de Wellens, il faut revenir à ce moment précis, à environ 64 kilomètres de l’arrivée. La course a déjà vécu plusieurs vagues. Un premier groupe de 12 s’est formé puis a été repris. Puis, une trentaine d’hommes, un véritable Who’s Who du peloton, s’est détachée juste avant Vandelvira. Dans ce groupe, Wellens a un avantage considérable : il a quatre coéquipiers avec lui, dont Igor Arrieta et Marc Soler. Une force de frappe inouïe.
C’est là que le Belge, avec l’instinct du vieux renard, sent le bon moment. Il place une attaque franche. Mark Donovan (Pinarello-Q36.5) est le seul à pouvoir immédiatement réagir et lui emboîter la roue. Le duo s’envole. Derrière, le groupe de trente temporise, peut-être trop confiant, se disant que cela va rentrer. C’était mal connaître l’appétit du champion de Belgique.
Le » coup de grâce » dans Mar de Olivos
Le duo roule de concert pendant une dizaine de kilomètres. Mais Wellens n’a que faire d’un compagnon de route. À l’entame du secteur de Mar de Olivos, Donovan commet l’erreur de vouloir montrer sa superbe en attaquant. Wellens le rattrape sans forcer son talent. « Il est revenu sur moi à mon rythme, comme si de rien n’était » a dû se dire le Britannique. Et là, le Belge place son pic d’accélération fatidique. Il part seul, à 55 kilomètres du but.
Ce n’est pas une attaque de sprinteur, c’est une démonstration de force. Avec son style si particulier, les épaules qui se balancent légèrement, il imprime un rythme infernal sur le gravier. Son avance grimpe rapidement à 1’30. Le piège se referme sur ses poursuivants.
Quelle a été la stratégie des équipes derrière Wellens ?
Le casse-tête de la Pinarello-Q36.5 pour Pidcock
Derrière, la situation tourne au cauchemar tactique pour la formation Pinarello-Q36.5. Ils ont deux hommes à l’avant : Donovan, qui vient de se faire lâcher, et Quinten Hermans, qui est dans le groupe de chasse. Logiquement, ils mettent leurs hommes au travail pour revenir sur Wellens, dans l’espoir de lancer Tom Pidcock, leur leader.
Mais c’est un jeu d’équilibriste. S’ils roulent trop fort, ils fatiguent leurs troupes pour le final. S’ils ne roulent pas assez, Wellens gagne. Et pour couronner le tout, l’UAE, avec ses trois autres larrons dans le groupe de poursuite, joue un rôle d’empêcheur de tourner en rond. À chaque tentative d’accélération, un coéquipier de Wellens se met en tête de ralentir le train. Une leçon de « team play » version XRG.
L’explosion finale et le sprint maudit
Alors que Wellens file vers la gloire, la course pour les accessits s’emballe. À 30 kilomètres du but, sur les pentes de Santa Eulalia, le groupe de poursuite explose. Pidcock, Hermans, Jan Christen (UAE) et Gianni Vermeersch (Red Bull-BORA-hansgrohe) s’extirpent. Vermeersch tente même une offensive plus tard, à 9 km de la ligne, qui disloque définitivement le groupe.
Ce sont finalement Pidcock, Maxim Van Gils (Red Bull-BORA-hansgrohe) et Christen qui se détachent pour aller jouer les places. Le trio revient à environ 25 secondes de Wellens à 2 kilomètres du but, mais le Belge a puisé dans ses réserves pour maintenir l’écart, malgré une énorme frayeur et un sauvetage in extremis dans un virage gravillonné à 16 km de l’arrivée.
Et puis, le drame. Dans le sprint pour la deuxième place, Van Gils, qui semblait lancé, est victime d’un mouvement de Jan Christen. Un léger contact, et le Belge s’écrase lourdement dans les barrières. La scène est glaçante. Christen passe la ligne en 3e position, mais le jury est intraitable : il est disqualifié pour sprint irrégulier.
Que change le podium pour Benoît Cosnefroy et l’UAE ?
Cette disqualification est un séisme dans le résultat final. Sur la ligne, le sourire de Benoît Cosnefroy, qui avait franchi la ligne en 4e position, est probablement passé de la déception à la joie la plus totale. Le Français, tout juste arrivé chez UAE Team Emirates-XRG, hérite de la 3e place. C’est son premier podium sous ses nouvelles couleurs, une belle récompense pour un coureur qui a passé la journée dans le gruppetto des favoris, à l’abri, avant de profiter des circonstances de course.
C’est aussi un doublé pour l’équipe UAE, avec Wellens 1er et Cosnefroy 3e, même si la manière laisse un goût amer pour Christen. Pour Van Gils, la chute est cruelle. Il était en grande forme et visait clairement le podium. Il restera allongé de longues minutes avant de se relever, une image qui rappelle la dureté de ce sport. Son absence dans le sprint final a grandement facilité le travail de Pidcock, qui s’empare de la 2e place, sauvant l’honneur pour sa formation.
Vidéo – Les images fortes de la victoire de Tim Wellens
Revivez les derniers kilomètres de folie : l’attaque de Wellens dans Mar de Olivos, son pilotage de gala sur le gravier, la chasse infernale de Pidcock, et la terrible chute de Van Gils dans le sprint final. Des images qui montrent pourquoi la Clasica Jaen est devenue une classique à part.
UNE NOUVELLE ÉTOILE DANS LE CIEL D’ANDALOUSIE
Tim Wellens a donc brisé le signe indien. À 34 ans, il prouve qu’il est toujours l’un des puncheurs les plus malins du peloton, capable de lire une course comme personne et d’exploiter la moindre faille. Sa Clasica Jaen 2026 est un modèle du genre : attaquer tôt, loin, fort, et s’appuyer sur une équipe monstrueuse pour gérer l’avance.
Pour la petite reine, cette 5e édition confirme que ce coin d’Andalousie est un écrin parfait pour un cyclisme spectaculaire, brut, sans fard. Le gravel a trouvé son jardin d’Eden à Jaén.
Pour vous, la tactique de Tim Wellens était-elle risquée ou simplement géniale ? L’UAE a-t-elle trop joué avec le feu en sacrifiant Christen pour le podium ? Dites-nous tout dans les commentaires !
Classement complet de la Clasica Jaen 2026
- WELLENS TIM, UAE Team Emirates – XRG les 154,2 km en 3:29:31 (44,1 km/h)
- PIDCOCK THOMAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +0:48
- COSNEFROY BENOÎT, UAE Team Emirates – XRG +1:04
- ROMEO IVÁN, Movistar Team +1:07
- VERMEERSCH GIANNI, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
- BILBAO PELLO, Bahrain – Victorious +1:16
- ARRIETA IGOR, UAE Team Emirates – XRG +1:20
- MOHORIČ MATEJ, Bahrain – Victorious +1:32
- KUBIŠ LUKÁŠ, Unibet Rose Rockets +1:51
- VALTER ATTILA, Bahrain – Victorious +2:38
- RUIZ IBON, Equipo Kern Pharma +2:39
- ADRIÀ ROGER, Movistar Team +3:07
- FERNÁNDEZ SAMUEL, Caja Rural – Seguros RGA +3:11
- HERMANS QUINTEN, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
- MELLBY JOEL, Lucky Sport Cycling Team +3:53
- SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG +4:35
- PALETTI LUCA, Bardiani CSF 7 Saber m.t.
- DONOVAN MARK, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
- ETXEBERRIA HAIMAR, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
- VADER MILAN, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +5:04
- SUTTON LOUIS, Euskaltel – Euskadi m.t.
- BURNETT JOSH, Burgos Burpellet BH m.t.
- TURCONI FILIPPO, Bardiani CSF 7 Saber m.t.
- NICOLAU JOEL, Caja Rural – Seguros RGA +5:09
- DEMAN BREM, Team Flanders – Baloise +6:00
- CANAL CARLOS, Movistar Team +6:09
- MEURISSE XANDRO, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
- PEDERSEN CASPER, Soudal Quick-Step +6:36
- PÉREZ CÉSAR, Equipo Kern Pharma +7:09
- LASTRA JONATHAN, Euskaltel – Euskadi +8:16
- BARRENETXEA JON, Movistar Team +8:30
- JIMÉNEZ JOSÉ RAMÓN, Spain m.t.
- VERSCHUREN KILLIAN, Unibet Rose Rockets +8:32
- DÍAZ JOSÉ MANUEL, Burgos Burpellet BH +8:36
- KAGEVI CARL, Lucky Sport Cycling Team m.t.
- UGARTE GARI, Euskaltel – Euskadi m.t.
- PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe +9:33
- ŤOUPALÍK ADAM, Unibet Rose Rockets m.t.
- GARCÍA ÁLVARO, Spain m.t.
- RAMOS UNAI, Equipo Kern Pharma m.t.
- VILLATE IBAI, Movistar Team m.t.
- BOICHIS ADRIEN, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
- CORRES GORKA, Caja Rural – Seguros RGA m.t.
- CUBILLAS JAVIER, Movistar Team m.t.
- LENNARTSSON HUGO, Lucky Sport Cycling Team m.t.
- VANHOOF WARD, Team Flanders – Baloise m.t.
- RETEGI MIKEL, Equipo Kern Pharma m.t.
- KOPECKÝ MATYÁŠ, Movistar Team m.t.
- SERRANO GONZALO, Unibet Rose Rockets m.t.
- ROJAS VICENTE, Bardiani CSF 7 Saber +9:35
- BLOEM JOREN, Unibet Rose Rockets m.t.
- MAŁECKI KAMIL, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
- VENTURINI CLÉMENT, Unibet Rose Rockets m.t.
- NOVAK DOMEN, UAE Team Emirates – XRG m.t.
- FERNÁNDEZ SINUHÉ, Burgos Burpellet BH m.t.
- HAJEK ALEXANDER, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
- VAN DER TUUK AXEL, Euskaltel – Euskadi +9:39
- MARTINELLI ALESSIO, Bardiani CSF 7 Saber m.t.
- GEERAERTS FERRE, Team Flanders – Baloise +9:47
- LOSPITAO PABLO, Caja Rural – Seguros RGA +9:57
- GOVEKAR MATEVŽ, Bahrain – Victorious +10:08
- FERNÁNDEZ RUBÉN, Anicolor / Campicarn m.t.
- ARRIOLABENGOA JULEN, Caja Rural – Seguros RGA m.t.
- JOHANSEN JULIUS, UAE Team Emirates – XRG m.t.
- ROY JACOB, Meridian Racing p/b de la Uz m.t.
- KLYVER HJALMAR, Lucky Sport Cycling Team +11:15
- KÄLLBERG AXEL, Lucky Sport Cycling Team m.t.
- ZAFRA MARC, Soudal Quick-Step +11:17
- BORGO ALESSANDRO, Bahrain – Victorious m.t.
- STOCKWELL OLIVER, Bahrain – Victorious +11:24
- EVERTSEN-HEGREBERG SIMEN, Lucky Sport Cycling Team +11:51
- FELDMANN KARSTEN LARSEN, Unibet Rose Rockets +11:54
- LÓPEZ DE ABETXUKO ANDONI, Anicolor / Campicarn m.t.
- REY MARTÍN, Burgos Burpellet BH m.t.
- DE GENDT AIMÉ, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
- AGUIRRE YAGO, Euskaltel – Euskadi +13:16
- VILLAR IKER, Caja Rural – Seguros RGA +13:32
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