Un coup de pédale pour clore l’incertitude, un autre pour écrire l’histoire. Amandine Fouquenet, championne de France de cyclo-cross privée d’équipe en décembre, vient de répondre sur la boue. Dès sa première course sous le maillot de l’équipe belge Pauwels Sauzen-Altez Industriebouw, elle s’est imposée en patronne sur le Superprestige de Gullegem. Une victoire lourde de sens et de sensations. Analyse d’une renaissance sportive.
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L’hiver du cyclo-cross mondial a trouvé une nouvelle héroïne, et son nom résonne avec la force d’un comeback. Amandine Fouquenet n’a pas seulement gagné une course ce samedi à Gullegem. Elle a signé un acte de résilience sportive. Deuxième succès de la saison en Superprestige après Heusden-Zolder, cette victoire est sa première empreinte sous ses nouvelles couleurs. Un message fort adressé au peloton.
Une entrée en matière signée en patronne
La situation aurait pu peser. Après la dissolution surprise de l’équipe Arkéa – B & B Hotels fin 2025, l’avenir de la Bretonne de 24 ans était en suspens. Le recrutement par la structure belge Pauwels Sauzen-Altez Industriebouw a été une bouffée d’oxygène. Gullegem en est la concrétisation éclatante.
Dès la mise en route, Fouquenet a imposé sa loi. En l’absence de poids lourds comme la Néerlandaise Puck Pieterse ou sa compatriote Lucinda Brand, la Française a assumé son statut de favorite. Un départ canon, un rythme élevé : la tactique était claire. Ne pas laisser la course se décider dans un sprint hasardeux.
Le récit d’une course maîtrisée de A à Z
La bataille s’est rapidement cristallisée. Dans le sillage immédiat de Fouquenet, un petit groupe d’élite s’est formé, comprenant la leader du classement général Aniek van Alphen et la championne de Belgique Marion Norbert-Riberolle. Le spectacle était lancé.
L’erreur décisive : Au deuxième tour, une faute de pilotage de Van Alphen a offert une fenêtre de tir. Fouquenet, en tactique avertie, a immédiatement accéléré pour creuser un écart. Sept secondes d’avance. Une première alerte.
Le retour des poursuivantes : La résistance s’organise. Van Alphen et Norbert-Riberolle parviennent à recoller, prouvant que rien ne serait cadeau.
L’ascension de Carrier : Dans ce duel de chefs, une jeune outsider de 18 ans, la Canadienne Rafaelle Carrier, reste en embuscade, ajoutant une dose d’imprévisible au scénario. Le quatrième tour a vu Marion Norbert-Riberolle durcir le tempo, un effort qui a distancé Van Alphen, provisoirement. Le suspense était à son comble à l’aube de l’ultime boucle.
L’accélération mortelle : quand la technique fait la différence. Le vrai verdict est tombé dans le cinquième et avant-dernier tour. À un endroit clé du circuit, Fouquenet a placé une accélération sèche. L’écart s’est creusé non pas sur un coup de puissance seul, mais grâce à un passage d’une redoutable efficacité dans la section sablonneuse, épreuve reine du cyclo-cross technique.
Au son de la cloche, son avance était portée à neuf secondes sur Norbert-Riberolle. Un gouffre. Le dernier tour n’a été qu’une formalité. La Française a même pu savourer sa ligne droite finale, pointant avec fierté le logo de ses nouveaux sponsors. Une libération.
Résultat final du Superprestige de Gullegem :
Amandine Fouquenet (FRA) – Pauwels Sauzen-Altez Industriebouw
Marion Norbert-Riberolle (BEL)
Rafaelle Carrier (CAN)
Aniek van Alphen (NED)
Line Burquier (FRA)
Hélène Clauzel (FRA)
Les conséquences : un classement général relancé
Cette victoire a une résonance bien au-delà du circuit flamand. Au classement général du Superprestige, Fouquenet effectue un bond majeur. Elle se replace en seconde position, à seulement sept points de la Néerlandaise Aniek van Alphen, désormais sous pression. La course au titre global est pleinement relancée à trois manches de la fin.
Prochaine étape : la défense du maillot tricolore
Mais l’esprit de la championne est déjà tourné vers un autre objectif. Le championnat de France, le 11 janvier à Troyes. Dans les rues boueuses de la capitale de la Champagne, Fouquenet abordera la course avec le dossard numéro 1 et la stature d’une impériale favorite. Cette victoire à Gullegem est le meilleur des carburants psychologiques.
Amandine Fouquenet a transformé une période de doute en une démonstration d’autorité. Son cyclo-cross, alliant une condition physique peak et une intelligence de course aiguisée, fait d’elle l’une des phénomènes de cet hiver. Gullegem n’est pas une fin, mais un nouveau commencement. Le message est passé : la Bretonne, désormais bien installée dans son nouveau cocon belge, vise plus haut. L’œil est désormais fixé sur Troyes, puis sur le final du Superprestige. L’hiver lui appartient.



Bravo !… Car voici l’image que le cyclo-cross et le cyclisme français pourrait retenir de ce début d’année, la victoire d’Amandine Fouquenet à Gullegem sous ses nouvelles couleurs ! Et pour embellir l’image, Backsted 5é ne figurant pas ici, les sixième et septième place de L. Burquier et d’H. Clauzel, autres françaises au top 10.
Une superbe épreuve, un peu de la même veine que le duel Vanthourenhout-Vandeputte chez lez hommes avec la victoire finale de Vandeputte, car la course des dames proposa aussi une belle opposition, entre deux championnes nationales, Norbert-Riberolle pour la Belgique et Fouquenet pour la France s’y trouvant opposées, avec cette particularité pour Riberolle d’avoir été elle-même championne de France…
Il faut revenir sur cette magnifique photo d’arrivée : A. Fouquenet radieuse lève les bras au ciel, nous permettant de mieux apprécier les couleurs qu’elle porte ici, une forme de tricolore à la sauce belge en quelque sorte, plus exactement à la mayonnaise Pauwels, cocktail de ce qui se fait de mieux dans la tradition du maillot cycliste, le bleu-blanc-rouge agrémenté d’un sandwich à la belge, ici le Pauwels Sauzen qu’ accompagne en dessous le nouveau sponsor Altez Industriebouw, mais aussi Hertz, etc…, sans oublier le beau logo Cibel Clémentines, sponsor désormais en repli mais qui figure encore sur la combinaison, agrément de fort bon aloi pour le si symbolique maillot qu’arbore A. Fouquenet.