C’est un coup dur pour l’INEOS Grenadiers et pour le grimpeur espagnol. Óscar Rodriguez, 30 ans, s’est fracturé la hanche lors d’une chute à l’entraînement. Opéré en urgence, le vainqueur d’étape sur la Vuelta voit sa préparation hivernale et les premiers mois de la saison 2026 s’envoler. Plongée dans les conséquences de cette blessure redoutée et le long chemin qui l’attend.
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Un diagnostic qui fait froid dans le dos
La nouvelle est tombée ce mardi par un communiqué laconique de l’INEOS Grenadiers. Óscar Rodriguez, l’un des grimpeurs les plus fins de l’effectif, a été victime d’une lourde chute lors d’une sortie d’entraînement. Le bilan est sévère : une fracture de la hanche, nécessitant une intervention chirurgicale immédiate. À 30 ans, l’Espagnol se retrouve projeté dans un processus de rééducation long et exigeant, qui efface d’un trait ses objectifs de début d’année.
Pour l’équipe britannique, c’est un revers tactique. Rodriguez, recruté en 2024 après cinq saisons chez Movistar, devait être un élément clé dans les courses par étapes et un lieutenant précieux en montagne. Son absence force un remaniement des plans dans un effectif déjà en pleine réflexion stratégique.
La hanche, une blessure complexe pour un cycliste
Dans le milieu du cyclisme professionnel, une fracture de la hanche est bien plus qu’un simple arrêt. C’est une épreuve physique et mentale de haut vol.
Une rééducation protocolaire et longue : Après l’opération, la phase de décharge – où l’appui sur la jambe est interdit – est cruciale. Elle dure plusieurs semaines. Vient ensuite le travail de récupération de la mobilité articulaire et de la force musculaire, souvent appauvrie de manière significative. Le retour sur le home-trainer, puis sur la route, se fait par paliers extrêmement prudents.
Le défi de la confiance : Au-delà de l’os, c’est la psychologie qu’il faut reconstruire. Retrouver la sensation de sécurité dans les descentes, dans les virages serrés ou au milieu du peloton représente un obstacle majeur. La peur de rechuter peut être un frein persistant.
Un calendrier sportif bouleversé : Avec une convalescence estimée à plusieurs mois, le printemps classique de Rodriguez est déjà condamné. Les courses par étapes qui constituaient son terrain de jeu habituel – la Route d’Occitanie, le Tour de Hongrie, peut-être le Critérium du Dauphiné – passeront sans lui. L’objectif se décalera vraisemblablement vers la seconde partie de saison, sans garantie de retrouver immédiatement son meilleur niveau.
Qui est Óscar Rodriguez, le grimpeur à la carrière suspendue ?
Pour mesurer l’ampleur de la perte, il faut se souvenir du palmarès de ce coureur discret mais redoutablement efficace.
L’exploit fondateur : Sa carte de visite reste sa victoire d’étape lors de la Vuelta a España 2018. Ce jour-là, à l’arrivée en altitude de La Camperona, il avait dominé les meilleurs grimpeurs du monde, annonçant l’arrivée d’un nouveau talent.
Le régulier des courses par étapes : Rodriguez n’est pas un électron libre, mais un finisseur constant. Son palmarès étaye cette réputation : deuxième de la Vuelta a Burgos (2019), deuxième du Tour de Hongrie (2022), podium sur la Route d’Occitanie (2021). Des résultats qui démontrent une capacité à se maintenir au plus haut niveau pendant toute une semaine.
Un profil complémentaire pour INEOS : Chez les Grenadiers, son rôle évoluait. Alternativement chef de file sur des courses d’une semaine et équipier de luxe pour des leaders comme Carlos Rodríguez ou Egan Bernal sur les Grands Tours, sa polyvalence était un atout précieux.
Et maintenant ? Le long chemin du retour
L’équipe INEOS Grenadiers a tenu un message de soutien sans ambiguïté : « Nous lui souhaitons un bon rétablissement et un retour rapide à la compétition. La priorité absolue est sa santé. » Cette phrase résume la philosophie qui doit désormais prévaloir.
Le staff médical de l’équipe, l’un des plus performants du peloton, va orchestrer une rééducation sur-mesure. Le calendrier sera dicté par la biologie, pas par le calendrier sportif. L’exemple de coureurs comme Simon Yates, revenu fort après une fracture du fémur, ou même d’Egan Bernal, sert de feuille de route et d’espoir.
Pour Óscar Rodriguez, les prochains mois seront une course contre la montre et contre la frustration. Une épreuve d’endurance différente, où la victoire se mesurera à la parfaite consolidation de sa hanche et à la reconquête, pas à pas, de son statut de grimpeur d’élite. Le peloton, et les fans de courses par étapes, attendront son retour avec impatience.
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