Gijs Van Hoecke tire sa révérence : l’ultime sortie d’un rouage discret du peloton

0
Gijs Van Hoecke tire sa révérence l'ultime sortie d'un rouage discret du peloton
Clap de fin pour l'excellent Gijs Van Hoecke. Images : @Intermarche_Wanty

Quatorze saisons, six maillots, une victoire UCI. Gijs Van Hoecke, 34 ans, a annoncé sa retraite sportive. Laissé sans contrat après la fusion Intermarché-Wanty et Lotto, le coureur gantois referme ce chapitre avec sérénité. Portrait d’un équipier de l’ombre, champion du monde sur piste en 2012, dont le rôle essentiel n’a jamais été mesuré au seul palmarès.

Lire aussi : Le calendrier UCI WorldTour 2026

Le peloton professionnel perd l’un de ses éléments les plus fiables. Gijs Van Hoecke a officialisé, via un message sur instagram, la fin de sa carrière. À 34 ans, le coureur belge referme un cycle de quatorze années, marqué par un engagement sans faille et un rôle crucial au service des leaders. Une page se tourne, dans la discrétion qui a toujours caractérisé son profil.

Un message d’adieu empreint de gratitude

Le coureur a choisi Instagram pour transmettre son annonce. Le ton n’est pas à la nostalgie, mais à la reconnaissance. « Après 14 ans à vivre la vie d’un cycliste professionnel, il est temps de tourner cette page » écrit-il. Il insiste sur la passion vécue au quotidien et remercie « la famille, les amis, les coéquipiers, le staff et les fans ».

Plus qu’un au revoir, c’est un tournant assumé. « Je m’éloigne avec un profond sentiment d’accomplissement, et le cyclisme restera à jamais une partie de ma vie. Je suis motivé pour relever un nouveau défi avec le même engagement. » Un discours qui souligne une retraite choisie, malgré un contexte de marché compliqué.

Un parcours en six équipes : l’itinéraire d’un professionnel solide

Professionnel depuis 2012 après un passage par la piste, Van Hoecke a sillonné le peloton mondial avec une constance remarquable.

Topsport Vlaanderen-Baloise (2012-2016) : Ses années de formation, où il affine son profil.

LottoNL-Jumbo (2017-2018) : Il découvre le WorldTour et dispute son premier Giro.

CCC Team (2019-2020) : Une période de consolidation.

AG2R Citroën Team (2021-2022) : Il endosse le rôle d’équipier de montagne et de Classiques.

Human Powered Health (2023) : Un intermède sur le continent américain.

Intermarché-Wanty (2024-2025) : Ses deux dernières saisons, conclues par une 2e place d’étape au Tour du Guangxi 2024 et une participation au Giro 2025.

Ce chemin démontre une adaptabilité rare. Laissé sans contrat après la fusion Intermarché-Wanty avec Lotto, il a pris la décision de ne pas poursuivre. Un choix qui interroge sur la difficulté pour les coureurs de son profil à se repositionner à 34 ans dans un marché contractuel tendu.

Un palmarès à double facette : l’éclat sur piste, l’ombre sur route

Sur la piste, son talent a explosé. En 2012, il devient champion du monde de l’américaine aux côtés de Kenny De Ketele. Une consécration qui couronne ses qualités de puissance et de synergie. Il a également été champion de Belgique de poursuite par équipes (2011) et de l’omnium (2012).

Sur la route, le bilan est celui d’un équipier dévoué. Une seule victoire à son actif (Internationale Wielertrofee Jong Maar Moedig), mais des places d’honneur significatives : 2e du GP Criquielion (2013) et 2e d’étape au Tour du Guangxi (2024). Sa valeur se mesurait dans l’effort invisible : porter le ravitaillement, mener les bordures, ramener les échappées, guider son leader en position protégée. Il figurait encore au classement UCI fin 2025, preuve de sa régularité.

Le rôle invisible : pourquoi le peloton va le sentir passer

La retraite de coureurs comme Gijs Van Hoecke a un impact sous-estimé. Ce sont des rouages essentiels de la mécanique d’équipe. Ils connaissent chaque fissure du pavé, anticipent les bordures, sacrifient leur résultat pour la stratégie collective. Leur expérience et leur loyauté sont des atouts immatériels que les statistiques ne capturent pas.

Son départ pose aussi une question cruciale : comment honorer et pérenniser les carrières de ces professionnels de l’ombre, dont l’utilité est absolue mais la « visibilité » marketing limitée ?

Et maintenant ? La transition vers un nouveau défi

Pour l’instant, Van Hoecke garde le silence sur ses projets futurs. « Le vélo fera toujours partie de ma vie » assure-t-il. Plusieurs portes peuvent s’ouvrir : un rôle au sein d’un staff sportif, une reconversion dans le management, ou un lien avec le cyclisme sur piste, sa première amour. Son intelligence de course et son expérience multivolets en font un profil précieux pour l’écosystème cycliste.

Gijs Van Hoecke s’en va sans tapage, comme il a couru. Son parcours est l’archétype d’une carrière professionnelle réussie, où la valeur ne se résume pas au compteur de victoires. Celle d’un homme qui a vécu pleinement sa passion, servi son métier avec abnégation, et qui part la tête haute. Le peloton perd un soldat discret. Le cyclisme belge, un professionnel accompli. Son héritage ? La preuve que l’on peut marquer le sport professionnel sans toujours être sous les projecteurs.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.