Parcours – Dole-Belfort 2026 : L’ultime baroud des coureurs sur la plus longue étape du Tour

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Parcours Dole Belfort 2026 l'ultime baroud des coureurs sur la plus longue étape du Tour
Image : @ASO_letour_Screenshot

205 kilomètres. Une seule ascension majeure, mais un piège. La 13e étape du Tour de France 2026, entre Dole et Belfort, est l’ultra-marathon de cette édition. Un profil atypique, taillé pour les rouleurs-endurants et les puncheurs ambitieux. Dans l’ombre du Ballon d’Alsace, sanctuaire historique, et sur les terres de Thibaut Pinot, une bataille d’usure se prépare. Décryptage d’une journée où la patience sera la plus cardinale des vertus.

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Vendredi 17 juillet 2026. Le Tour de France entre dans sa seconde quinzaine avec un monstre : 205 kilomètres entre Dole et Belfort. Unique étape à franchir le cap symbolique des 200 km dans cette édition, elle impose d’emblée son caractère d’épreuve d’usure. Loin des schémas classiques, son tracé sinueux vers l’Est promet une journée de tension permanente, où la stratégie comptera autant que les jambes.

Un parcours-contraste : entre plat jurassien et mur vosgien

La première moitié de l’étape s’annonce relativement plane, filant vers l’Est à travers le département du Jura et une partie de la Haute-Saône. Un terrain idéal pour la formation d’une échappée. Mais Christian Prudhomme, le directeur du Tour, met en garde : « La formation d’une échappée pourrait mettre du temps à se décanter. » Les équipes contrôlant le classement général ou convoitant le maillot vert devront doser leurs efforts avec une extrême précision. Le passage à Besançon constituera un premier point de respiration, avant que le parcours ne prenne une dimension plus intimiste et symbolique.

L’hommage obligé : traversée du fief Pinot à Mélisey

Avant la bataille, le peloton rendra un hommage appuyé à une légende française. La course s’infiltrera dans les rues de Mélisey, en Haute-Saône, village cœur de Thibaut Pinot. Bien que retraité, l’ombre du grimpeur Franc-Comtois planera sur cette étape. Ce passage, chargé d’émotion, pourrait insuffler une dynamique particulière, notamment aux coureurs français, avides de succès en terre natale. Un moment de grâce avant l’embrasement final.

Le Ballon d’Alsace : un juge de paix chargé d’histoire

Tout se jouera dans les vingt derniers kilomètres avec l’ascension du Ballon d’Alsace (11,7 km à 5,2%). Ce n’est pas le plus haut ni le plus raide des cols, mais son statut est mythique : il fut, en 1905, le premier col majeur jamais gravé par le Tour. « 121 ans après la première étape de montagne du Tour, c’est là qu’il sera possible de faire la différence pour plonger en vainqueur sur Belfort » précise Prudhomme.

Ce final est un piège redoutable. Après près de 190 km en ligne, la montée, régulière et exigeante, favorisera les puncheurs capables d’emmener du braquet et les rouleurs endurants. La descente technique vers Belfort récompensera les audacieux et les descendeurs habiles, offrant une chance de creuser l’écart ou, au contraire, de revenir sur un éventuel fugitif.

Stratégie d’étape : Qui peut triompher à Belfort ?

Le profil ouvre le spectre des vainqueurs potentiels :

Les baroudeurs endurants : Des puncheurs capables de survivre dans la longueur, comme un Mathieu van der Poel ou un Wout van Aert, seront aux avant-postes.

Les puncheurs-classeurs mondiaux : Un Tom Pidcock, un Matej Mohorič ou un Julian Alaphilippe trouveront dans le Ballon d’Alsace une rampe idéale pour leur explosivité.

Les échappées calculées : Une échappée matinale, comptant de solides rouleurs et un bon grimpeur, pourrait tenir si le peloton tarde à s’organiser. Les équipes sans leader pour le général chercheront absolument à placer un homme.

Contexte et liaisons : Cette étape marque un pivot. Arrivée à Belfort, ville-étape pour la 33e fois (dernière en 2023), elle précède un week-end explosif en Alsace. Dès le lendemain, le Tour enchaînera avec un « festival de grimpettes » entre Mulhouse et le Markstein. Les favoris au général devront donc limiter la casse à Belfort sans se griller pour les durs efforts vosgiens qui suivent.

L’étape Dole-Belfort est bien plus qu’une simple transition. C’est un marathon tactique, un hommage à l’histoire et un final sélectif qui récompensera le coureur le plus complet. Une journée où l’usure, le symbole et l’opportunisme s’entremêleront pour offrir un spectacle imprévisible.

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