Trois ans après le coup de maître de Tadej Pogacar, le Tour de France retourne au Markstein. Mais en 2026, les organisateurs ont réservé une surprise de taille : l’ascension inédite et sauvage du col du Haag. Court (155 km), mais intense (3 800 m de D+), ce parcours alsacien promet un festival de grimpette qui pourrait redessiner la hiérarchie générale. Décryptage d’une étape piège.
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Le Tour de France aime les symboles. En 2026, il en offrira un de taille lors d’une 14e étape alsacienne courte en distance, mais démesurée en intensité. Entre Mulhouse et le Markstein, les coureurs affronteront un concentré des Vosges les plus exigeants, avec, en point d’orgue, la révélation d’une « pépite » : le col du Haag. Un chemin forestier transformé en voie verte, dont les pourcentages capricieux pourraient tout faire basculer.
Un départ mulhousien sous le signe de l’histoire
Pour sa 18e visite à Mulhouse, le Tour ne s’attardera pas en plaine. Dès les premiers kilomètres, la direction est donnée : le Grand Ballon. Ce géant des Vosges (21,5 km à 4,8%) avait déjà servi de tremplin à Julian Alaphilippe en 2019. Cette fois, il ne s’agit que d’une mise en bouche. Une particularité inédite : le peloton passera même une première fois sur la ligne d’arrivée du Markstein avant de plonger dans une longue boucle punitive. Une aubaine pour les spectateurs, un piège psychologique pour les coureurs.
Le festival de grimpettes des Vosges
Christian Prudhomme, le directeur du Tour, ne s’y est pas trompé en qualifiant cette étape de « festival de grimpettes ». Après le Grand Ballon, le parcours enchaîne les difficultés, certaines connues, d’autres totalement inédites.
Le Col du Page : C’est une première dans l’histoire du Tour. Ce prolongement du col d’Oderen (9,8 km à 4,7%) n’a rien d’anodin. Il s’inscrit dans une succession de relances qui usera les organismes.
Le Ballon d’Alsace : Classique de la région (8,9 km à 6,9%), il ramènera des souvenirs aux amateurs. Son ascension, plus régulière, pourrait servir de terrain d’attaques pour les baroudeurs.
L’incursion vosgienne : L’étape fera un bref passage par Saint-Maurice-sur-Moselle, dans les Vosges, frustrant au passage la ville d’Épinal qui espérait être ville-étape. Un détail logistique, mais un vrai crève-cœur local.
La pépite du parcours : le col du Haag, chemin de tous les dangers
Tout l’enjeu de cette étape se cristallise dans les 17 derniers kilomètres. Alors que les favoris se surveilleront sur les pentes du Hundsruck, la vraie bombe à retardement les attend : le col du Haag.
Il y a trois ans, ce n’était qu’un « chemin cabossé ». Aujourd’hui aménagé en voie verte, il devient l’arme secrète des organisateurs. Sur le papier, 11,2 km à 7,3%. Dans la réalité, un profil sadiquement irrégulier.
« C’est l’une des pépites du parcours 2026 » confirme Christian Prudhomme. Des analyses terrain révèlent des séquences à 15%, voire des pointes effrayantes à 19,5% dans les virages en épingle. Ce n’est plus une ascension, c’est une suite d’accélérations violentes sur un revêtement étroit, entre forêts et pentes raides. Une épreuve de force pure et de gestion tactique.
Stratégie : Qui peut gagner au Markstein ?
Avec 3 800 mètres de dénivelé positif concentrés sur 155 km, cette étape est taillée pour les grimpeurs-puncheurs. Le scénario de 2023, où Tadej Pogacar avait distancé Jonas Vingegaard sur les pourcentages fins du Markstein, pourrait se rejouer, mais en plus dur.
Les favoris au général : Ils ne pourront pas se contenter de se surveiller. Le Haag est un lieu idéal pour une attaque lointaine et solitaire. Une minute peut y être perdue très vite.
Les baroudeurs : Un échappé costaud et résistant pourra rêver de victoire s’il prend le large tôt. Mais il lui faudra aussi tenir sur le Haag.
L’enjeu final : Après le sommet du Haag, il restera encore 6 km légèrement descendants et vallonnés vers le Markstein. Un coureur seul pourra conserver son avance. Un petit groupe se jouera dans un sprint de grimpeurs épuisés.
L’étape Mulhouse-Markstein 2026 est bien plus qu’une simple journée de montagne. C’est un concentré d’innovation parcours, un hommage aux routes secondaires et un piège absolu. Entre la découverte du Page et la rudesse du Haag, le Tour invente une nouvelle grammaire de la difficulté. Le 18 juillet 2026, le classement général pourrait bien trembler sur un chemin de forêt alsacien. Les favoris sont prévenus.


