Parcours – Tour de France 2026 : Le Lioran, piège volcanique pour une guerre d’usure

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Parcours Tour de France 2026 Le Lioran piège volcanique pour une guerre d'usure
Image : @ASO_letour

Le 14 juillet 2026, le Tour de France s’offre un festin minéral. Entre Aurillac et Le Lioran, une étape courte, nerveuse, mais d’une intensité brutale avec près de 4 000 m de dénivelé positif à gravir. Une course en escargot autour du volcan cantalien, où la stratégie comptera autant que les jambes. Décryptage d’une journée conçue pour créer la faille.

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Le parcours du Tour de France 2026 dessine une épreuve d’une rare densité. Après un jour de repos en terres cantaliennes, le peloton affrontera, le mardi 14 juillet, une fraction reine. Un concentré de relief sur 167 kilomètres seulement, entre Aurillac et la station du Lioran. Un tracé en forme de spirale infernale autour du volcan, totalisant 3 900 mètres de dénivelé positif. Une promesse : celle d’un criblage impitoyable.

Un départ aurillacois chargé d’histoire

Pour la dixième fois de son histoire, Aurillac, préfecture du Cantal, accueille une ville-étape. Le départ sera donné cours Monthyon, devant le siège du Conseil départemental, plongeant immédiatement les coureurs dans l’âpreté du terrain. Dès le 15ème kilomètre, un hommage sera rendu à Marcolès, berceau du critérium local, dans un geste symbolique rappelant les racines populaires de la course. L’itinéraire filera ensuite vers Carlat, Lacapelle-Barrès et Murat, posant les premiers jalons d’une journée qui n’aura rien d’une transition.

La Griffoul, l’inconnue aux cent visages

Premier coup de scalpel majeur : le col de la Griffoul. Une apparition rarissime au programme de la Grande Boucle, inédite depuis 1975 – époque où il portait le nom de col du Plomb du Cantal. Son profil en fait une arme de déstabilisation massive. Christian Prudhomme, le directeur du Tour, ne s’y trompe pas : « L‘étape se corse au moment de monter au col de la Griffoul. » Cette ascension oubliée, imprévisible, pourrait servir de tremplin à une offensive lointaine, bien avant les finales connues.

Le Pas de Peyrol par la face cachée : stratégie renversée

L’approche du Lioran en 2026 diffère radicalement des arrivées précédentes (2016, 2024). Exit le traditionnel passage par Le Falgoux et le célèbre virage Bardet sur le versant le plus raide du Pas de Peyrol (Puy Mary). Cette fois, la route viendra de Murat, empruntant le versant de Dienne. Une modification cruciale.

Profil altimétrique différent : La pente, bien que toujours exigeante (montée à 7,8% de moyenne), présente un caractère peut-être plus régulier, influant sur les dynamiques de course.

Effet de surprise annulé : Les leaders ne pourront pas rejouer le scénario de 2024, où Jonas Vingegaard avait créé la surprise. La connaissance du terrain en est changée.

Pertus et Font de Cère : l’ultime tribunal

Les trente derniers kilomètres résonneront d’un air connu. Après le Pas de Peyrol, le col de Pertus (4,4 km à 8,5%) et le col de Font de Cère formeront le dernier mur, le tribunal final. C’est ici, dans ces pourcentages sévères, que les écarts se scellent souvent. Prudhomme le souligne : l’ascension du Pertus est « suffisamment raide pour lâcher ses derniers rivaux« . Une répétition du duel Vingegaard-Pogacar de 2024 est dans tous les esprits, mais la route est faite pour surprendre.

Une arrivée au Lioran sous le signe du spectacle

L’arrivée sera jugée au pied du Plomb du Cantal, pour la quatrième fois de l’histoire du Tour. La station du Lioran, cadre majestueux et exigeant, est promise à un final explosif. Sur une distance aussi courte, avec un dénivelé aussi concentré, les équipes devront calculer leur effort au watt près. Il ne s’agira pas seulement de être le plus fort, mais d’être le plus malin. La tactique, le placement, la gestion des ravitaillements seront déterminants.

Une étape pour réécrire l’histoire

Plus qu’une simple étape de montagne, Aurillac-Le Lioran 2026 se présente comme un piège géologique. Entre l’inconnue de la Griffoul, la nouvelle approche du Puy Mary et le final meurtrier, elle a tous les ingrédients pour devenir l’étape charnière de ce Tour. Elle se court le jour de la Fête Nationale, garantissant une audience massive et une émotion décuplée. Dans le Cantal, terre de cyclisme, le Tour prépare un spectacle total, où le volcan pourrait bien entrer en éruption.

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