Romain Combaud raccroche : l’hommage mérité à l’équipier de l’ombre

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Romain Combaud raccroche l'hommage mérité à l'équipier de l'ombre
Image : @Facebook_RomainCombaud

La page se tourne, sans fracas mais avec une sérénité assumée. À 34 ans, Romain Combaud annonce la fin de sa carrière professionnelle. Onze saisons dans le peloton, cinq au plus haut niveau aux côtés de Romain Bardet, mais aucun succès enregistré. Le portrait d’un coureur essentiel, dont la valeur se mesurait bien au-delà du palmarès.

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Le message est sobre, publié sur les réseaux sociaux en ce mois de janvier. Aucune fanfare, aucun pathos. Simplement l’annonce d’une transition, logique et apaisée. Romain Combaud, 34 ans, met un terme à sa carrière de coureur cycliste. En fin de contrat avec l’équipe Picnic PostNL, le Berrichon d’adoption referme un chapitre de quinze années, dont onze chez les professionnels. Dans un marché contraint où des dizaines de coureurs se retrouvent sans emploi, sa décision apparaît comme un choix mûri, personnel, avant d’être une contrainte sportive.

Une carrière construite sur la constance et la loyauté

Romain Combaud incarne un profil essentiel et pourtant de plus en plus menacé dans le peloton moderne : celui de l’équipier solide, fiable et durable. Sa trajectoire est linéaire, marquée par une fidélité rare. Il passe professionnel en 2015 au sein de l’équipe continentale de l’Armée de Terre, un vivier alors en plein essor. Puis, il s’épanouit durant cinq saisons au sein de Delko Marseille Provence (2016-2020), y forgeant sa réputation de rouleur endurant et précieux pour les chefs de file.

Son profil attire alors la structure WorldTour Team DSM (devenu Team dsm–firmenich PostNL puis Picnic PostNL), qui le recrute en 2021. Un saut qualitatif majeur. Sur ces cinq dernières saisons au plus haut niveau, Combaud a participé à deux Grands Tours (le Giro 2022 et la Vuelta 2023) et une dizaine de classiques. Un passeport reçu en récompense de son travail d’équipe et de sa régularité.

L’homme de confiance de Romain Bardet

Dans la nébuleuse DSM, son rôle a pris une dimension particulière aux côtés de Romain Bardet. Le leader auvergnat, arrivé la même année, y a trouvé en Combaud un coéquipier de confiance, un visage familier dans un environnement souvent décrit comme très exigeant sur le plan mental. Combaud fut l’un de ces hommes de l’ombre qui permettent aux étoiles de briller, partageant avec Bardet des kilomètres d’échappée, de relais et d’efforts sacrificiels. Une complicité de terrain qui a transcendé le simple statut de coéquipier.

Un palmarès de places d’honneur et de regrets

S’il n’a jamais remporté de victoire professionnelle, Romain Combaud n’était pas un simple figurant. Son palmarès est émaillé de places d’honneur qui frisent parfois la frustration. Sa meilleure performance reste sa 2ème place au Grand Prix La Marseillaise en 2019, battu seulement par Anthony Turgis. On retrouve également une 4ème place au Tour du Doubs (2015), un top 5 sur Paris-Camembert (2017) ou encore une 5ème place au général du Tour du Limousin (2020). Des résultats qui esquissent le portrait d’un coureur complet, capable de briller sur les terrains vallonnés et exigeants des courses d’un jour françaises.

2025 : un marché contractuel implacable

Sa décision intervient dans un contexte particulièrement tendu pour les coureurs de son profil. Comme il l’évoquait lui-même en novembre dernier, la disparition d’Arkéa-B&B Hotels et les fusions d’équipes ont créé une surpopulation sur le marché de l’emploi, analysait-il avec lucidité. Face à cette réalité économique, et à l’âge de 34 ans, la prolongation devenait un pari incertain, même si des liens forts le unissaient à Picnic PostNL.

Le tournant de la paternité et une retraite sereine

Au-delà des considérations sportives, un événement personnel a catalysé sa réflexion : l’arrivée de son fils. « Elle a été déterminante » a-t-il confié. Cette nouvelle page de vie a offert une perspective différente, rendant les sacrifices inhérents au métier de coureur professionnel – l’éloignement, la fatigue, l’alimentation stricte – moins compatibles avec un équilibre familial désormais prioritaire.

Son départ n’est donc pas teinté d’amertume. « Je l’ai su assez tôt mais j’ai voulu bien en profiter avant de l’annoncer. Une page se tourne mais à 34 ans, aucun regret » assurait-il. Dans son message d’adieu, il insiste sur « une merveilleuse aventure humaine », saluant coéquipiers et staffs rencontrés.

L’équipier, pilier invisible du cyclisme

Romain Combaud s’en va sans avoir levé les bras, mais en laissant le respect de ses pairs et la reconnaissance de ceux pour qui il a travaillé. Sa carrière rappelle une vérité fondamentale du cyclisme : derrière chaque victoire retentissante, il y a le travail silencieux d’hommes comme lui. Des coureurs dont la valeur ne se lit pas sur les listes de lauréats, mais dans la confiance des leaders, la régularité des efforts et la longévité au plus haut niveau.

Il tourne désormais la page, « avec beaucoup de fierté », pour se consacrer à de nouveaux défis professionnels et à sa famille. Le peloton perd un rouage discret mais essentiel. Et le cyclisme garde en mémoire l’exemple d’une carrière honorable, menée avec droiture, jusqu’au dernier relais.

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