Tempête sur la 2e étape du Tour de Murcie 2026 : Marc Soler sacré dans le chaos

0
Tempête sur la 2e étape du Tour de Murcie 2026 Marc Soler sacré dans le chaos
Images : @UAE_2026

Ils ont bravé l’alerte orange, mais pas les rafales à 90 km/h. Ce samedi, la 2e étape du Tour de Murcie 2026 a vécu l’un des scénarios les plus surréalistes de l’histoire du cyclisme moderne. Entre chutes massives causées par le vent, bus et parade de 10 kilomètres, l’épreuve espagnole a rendu son verdict : Marc Soler (UAE Team Emirates XRG) est le vainqueur final. Plongée au cœur d’une journée de folie où la sécurité a (enfin) primé sur le spectacle.

Lire aussi : Le parcours détaillé, les engagés et favoris

Pourquoi cette 2e étape restera-t-elle dans les annales du cyclisme ?

Soyons honnêtes : quand on allume sa télévision pour suivre une course par étapes fin février, on s’attend à voir des grimpeurs se jauger dans l’Alto de la Cresta del Gallo, pas à regarder un défilé urbain sous des rafales dignes d’un ouragan. Pourtant, c’est bien ce qui s’est passé sur le Tour de Murcie 2026. Et si l’on rit jaune de l’absurdité de la situation – un « sprint » gagné par Emīls Liepiņš sur une distance de 10 bornes sans opposition –, il faut surtout retenir une chose : on est passé à deux doigts du drame.

Le coureur letton de la Pinarello-Q36.5 a levé les bras, certes. Mais ce samedi 14 février, le véritable vainqueur, c’est le bon sens. Après une première étape déjà tronquée la veille où Marc Soler avait brillé dans les bordures, le peloton s’est élancé prudemment de Fortuna pour 148 kilomètres officiels. Très vite, le cauchemar a repris. Selon les données recueillies, les rafales ont atteint les 90 km/h, transformant les vélos en véritables girouettes humaines. Le scénario catastrophe s’est noué après seulement 24 kilomètres, dans un virage exposé : une rafale a projeté plusieurs coureurs au sol. Le chiffre exact reste flou, mais des témoins sur place évoquent une vingtaine de coureurs à terre.

Pour Paco Guzman, l’officiel de course, la décision a été immédiate : « Nous ne pouvons rien faire contre une tempête hurlante. » Fini le temps où l’on envoyait les coureurs se faire balayer « parce que c’est le cyclisme ». La Vuelta a Murcia a montré l’exemple en activant le plan B. Un plan B radical : bus, transfert de 45 minutes vers Santomera, et une parade de 10 kilomètres pour sauver la face auprès des diffuseurs et de la ville d’arrivée. Les temps n’ont pas été comptabilisés, gelant ainsi le classement de la veille et offrant le général à Marc Soler.

Comment les coureurs ont-ils vécu cette « journée sans » ?

Quand on demande à Marc Soler ce qu’il ressent après avoir « gagné » une course sans disputer l’ultime étape, le Catalan de 32 ans est d’une sincérité désarmante. « Je suis un peu frustré de gagner de cette manière » a-t-il confié à Eurosport. Mais très vite, l’analyse du Catalan remet les pendules à l’heure : « Il y avait une alerte orange, nous avons tenté notre chance, puis il y a eu de nombreuses rafales. Certains coureurs ont été soufflés hors de la route, donc ce n’était pas entièrement sûr. » Une pique à peine voilée envers ceux qui, bien au chaud chez eux, auraient pu critiquer la décision.

Son coéquipier Julius Johansen, finalement deuxième du général, a lui aussi évité le pire. Mais le discours le plus tranchant vient d’Emīls Liepiņš, le vainqueur symbolique de l’étape. S’il sourit sur la photo du podium, le Letton n’a pas mâché ses mots en zone mixte. Un coup de gueule légitime qui pose la question de la gestion des risques en 2026.

Car le problème ne date pas d’hier. Souvenez-vous du Giro 2023 dans le Grand Colombier, ou des chutes à répétition sur Paris-Nice. Ici, l’organisation a tenté de s’adapter en réduisant le parcours de 45 kilomètres avant le départ, gardant les deux cols au programme. Une décision risquée, qui s’est retournée contre elle quand la course a dû être définitivement stoppée. Heureusement, aucun blessé grave n’est à déplorer, mais l’image de coureurs projetés hors de la route restera longtemps dans les esprits.

Quel est le vrai bilan de ce Tour de Murcie version 2026 ?

Sur le papier, le palmarès dira que Marc Soler a remporté sa 12e victoire en carrière, succédant au Suisse Fabio Christen. Il dira que Julius Johansen (UAE) et Thomas Pidcock (Pinarello-Q36.5) complètent le podium. Il dira enfin qu’Emīls Liepiņš a glané son premier succès depuis son titre de champion de Lettonie en juin 2024. Mais en réalité, ce Tour de Murcie 2026 restera comme l’édition des « et si ».

Et si le vent avait tourné plus tôt ? Et si la chute collective avait été plus grave ? Cette course, réduite à seulement 89 kilomètres et 1h50 d’effort sur deux jours, est un formidable avertissement. Pendant que les hommes discutaient dans les bus, la Setmana Valenciana féminine (2.HC) a, elle, purement et simplement annulé son étape. Une preuve que le cyclisme féminin montre parfois la voie en matière de sécurité.

Pour Soler, c’est une victoire en demi-teinte. L’UAE Team Emirates XRG empoche un doublé au général, mais l’image de la cérémonie des vainqueurs sous les applaudissements polaires des quelques spectateurs locaux en dit long sur l’ambiance étrange de cette édition.

Le cyclisme doit-il revoir ses protocoles météo après ce fiasco ?

C’est LA question qui brûle les lèvres de tous les fans. Doit-on en rester à un système d’alertes oranges qui semble trop souvent ignoré ? Faut-il imposer des courses plus courtes d’office quand Météo-France (ou son équivalent espagnol, l’AEMET) tire la sonnette d’alarme ? Les témoignages des coureurs sont unanimes : l’improvisation du jour J ne suffit plus.

Le débat est ouvert, et il est crucial. La Vuelta a Murcia a innové avec cette parade de 10 kilomètres pour sauver le live télévisé. Une solution bancale, certes, mais qui a le mérite de maintenir un lien avec le public sans prendre de risques inconsidérés. Cependant, l’organisation a reconnu avoir « pris un risque » en maintenant le départ, et les choses ont « mal tourné ».

Alors, qu’en pensez-vous ? Faut-il durcir les règles et annuler par principe dès qu’une alerte météo est émise, ou le cyclisme doit-il rester ce sport où l’on dompte les éléments, quitte à frôler la catastrophe ? La réponse est peut-être dans une meilleure communication et des plans B pensés en amont, comme le réclament les coureurs. Une chose est sûre : en 2026, le vent a soufflé très fort, et pas seulement sur les routes de Murcie. Il a aussi soufflé sur les certitudes d’un sport qui doit impérativement évoluer. La saison ne fait que commencer, et si les prochaines courses comme la Clásica de Almería ou le Tour d’Andalousie veulent éviter le même chaos, elles feraient bien de regarder de près ce qu’il s’est passé dans le sud-est de l’Espagne. Parce qu’au final, comme l’a si bien dit un officiel : « La chose la plus importante, c’est la sécurité des coureurs. » Et sur ce point, même dans la tempête, personne ne pourra dire le contraire.

Classement Tour de Murcie 2026, étape 2 – Top 20

L’étape a été raccourcie et neutralisée en raison du vent et des préoccupations de sécurité, le peloton ayant été transporté en bus jusqu’à Santomera pour un sprint neutralisé, sans que les temps ne soient enregistrés au classement.

Classement général final – Top 20

  1. SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG en 1:50:39
  2. JOHANSEN JULIUS, UAE Team Emirates – XRG +0:19
  3. PIDCOCK THOMAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +0:40
  4. BILBAO PELLO, Bahrain – Victorious +1:01
  5. ARRIETA IGOR, UAE Team Emirates – XRG m.t.
  6. WELLENS TIM, UAE Team Emirates – XRG m.t.
  7. ÁLVAREZ HÉCTOR, Spain m.t.
  8. MOHORIČ MATEJ, Bahrain – Victorious m.t.
  9. KOPECKÝ MATYÁŠ, Unibet Rose Rockets m.t.
  10. COSNEFROY BENOÎT, UAE Team Emirates – XRG +1:15
  11. HERMANS QUINTEN, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +1:46
  12. VENTURINI CLÉMENT, Unibet Rose Rockets m.t.
  13. VELASCO SIMONE, XDS Astana Team m.t.
  14. ALLENO CLÉMENT, Burgos Burpellet BH m.t.
  15. DELBOVE JORIS, TotalEnergies m.t.
  16. SILVA GUILLERMO THOMAS, XDS Astana Team m.t.
  17. FERNÁNDEZ SAMUEL, Caja Rural – Seguros RGA m.t.
  18. LASTRA JONATHAN, Euskaltel – Euskadi m.t.
  19. CEPEDA JEFFERSON ALVEIRO, Movistar Team +1:48
  20. DONOVAN MARK, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +1:50

Lire aussi : Le classement général final complet du Tour de Murcie 2026

Rejoignez la communauté LE PELOTON CONNECTE – L’actualité du cyclisme, classements, infos et vidéos en direct Facebook.

Notre couverture enrichie sur TodayCycling : Retrouvez chaque soir le décryptage vidéo de la course, les analyses de nos experts, les photos exclusives et les interviews long format des principaux acteurs. Nous connectons les points entre ce que vous voyez à l’écran et la réalité du terrain.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.