Paul Seixas les a jetés dans le fossé. À seulement 19 ans, le Français a signé l’une des démonstrations les plus impressionnantes de l’histoire récente du contre-la-montre inaugural du Tour du Pays-Basque. 23 secondes d’avance sur Kévin Vauquelin, 28 sur Primoz Roglic, 51 sur Del Toro et 1’16 sur Ayuso. Décryptage d’une perfomance qui redessine la hiérarchie du WorldTour.
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Paul Seixas assomme le Tour du Pays-Basque 2026
Quand Unai Iribar (Kern Pharma) a vu une fusée blanche et bleue le doubler dans les 200 derniers mètres de la montée finale à 19 %, il n’a pas cru à une erreur de parcours. Il venait d’assister, médusé, à la naissance d’un nouveau monstre. Parti une minute après Iribar, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) ne courait pas le même chrono. Il réécrivait simplement le code génétique du Tour du Pays-Basque 2026.
Sur les 13,9 kilomètres vallonnés autour de Bilbao, le Lyonnais n’a pas gagné : il a surclassé. Avec un temps de 17’09, il a infligé 23 secondes à Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) et 27 à Felix Grosschartner (UAE Team Emirates-XRG). Derrière, un abîme. Primož Roglič (Red Bull-BORA-Hansgrohe) lui-même, double vainqueur de l’épreuve et champion olympique du chrono (Tokyo 2020), doit s’incliner à 28 secondes. Une éternité sur 13 kilomètres.
Question ouverte aux lecteurs : Avez-vous déjà vu un jeune de 19 ans gérer un contre-la-montre WorldTour avec une telle maturité ? Roglič, Ayuso, Del Toro : qui peut encore l’inquiéter ?

Comment Paul Seixas a-t-il construit sa victoire ?
Un plan de bataille millimétré dès la première bosse
Là où les favoris tâtonnent, Seixas exécute. Dès les 2,4 premiers kilomètres de l’Alto de Santo Domingo (7,3 % de moyenne), il a « collé » 10 secondes à Roglič. Ce n’est pas un écart, c’est une déclaration. Selon les données de recueillies, aucun coureur de moins de 20 ans n’avait réalisé une telle puissance relative sur une ouverture de WorldTour depuis Remco Evenepoel au Tour de Pologne 2019.
« Tout était parfaitement planifié, je pense avoir bien géré mon effort. L’équipe a été excellente » a confié Seixas à l’arrivée au micro d’Eurosport.
Mais le vrai coup de génie se situe dans la descente sinueuse à près de 80 km/h. Là où les juniors plafonnent, Seixas a continué d’accélérer, doublant Lorenzo Quartucci (Burgos Burpellet BH). C’est le signe d’un pilote qui ne se contente pas de son avance : il l’exploite.
Le piège des conditions changeantes : pourquoi les derniers partants ont payé
Le parcours, d’une complexité diabolique (une première montée, une longue descente technique, et un final à 19 %), a été perturbé par un vent tournant. Parti en début d’après-midi (15h29), Seixas a bénéficié de conditions stables. À l’inverse, Brandon McNulty (UAE) a failli sortir dans un virage et Juan Ayuso (Lidl-Trek) a complètement dévissé (38e à l’arrivée), perdant 23 secondes dès le premier sommet.
Analyse de notre rédaction : Dans un chrono aussi court, la gestion mentale face au vent est aussi cruciale que la puissance. Seixas a montré une intelligence de course rare, dosant l’effort entre les rafales, là où Ayuso a craqué.
Le doublé français et la contre-performance des favoris
Kévin Vauquelin, un vice-champion qui a de l’avenir
Éclipsé par le récital de son cadet, Kévin Vauquelin (2e à 23) réalise pourtant le chrono de sa vie. Le Normand a construit sa performance dans le faux-plat descendant, un secteur qui correspond parfaitement à sa morphologie. Longtemps moqués pour leur manque de référence face à la montre, les Français signent un doublé inédit sur une étape WorldTour. Il faut remonter au Tour de Pologne 2021 et à Rémi Cavagna pour trouver trace d’un vainqueur français en CLM WorldTour.
Ayuso et Del Toro, la double douche froide
C’est la grande leçon de cette étape. Juan Ayuso (38e à 1’16 secondes) n’a pas seulement perdu la course : il a perdu son statut. Favori numéro 1 après sa victoire 2024, l’Espagnol a manqué un virage, frôlé la chute et rendu les armes. Isaac del Toro (13e à 51 secondes) limite la casse mais est déjà hors du Top 5 virtuel. À l’inverse, Mattias Skjelmose (9e à 45 secondes) et Mikel Landa (18e) peuvent nourrir des regrets : ils ont sauvé les meubles, mais l’écart sur Seixas est déjà abyssal.
« Avec cet écart, c’est tout simplement incroyable. Cela me donne confiance pour la victoire » a ajouté Seixas, tout en restant prudent : « Mais ce n’est que le début. »
Le piège de la 2e étape : Seixas peut-il craquer à San Miguel de Aralar ?
Un final de très haute montagne pour tester le maillot rose
Mardi, direction Pampelune – Lekunberri (164,1 km) avec 2 800 m de dénivelé. L’ascension de 1ère catégorie San Miguel de Aralar (9,4 km à 7,8 %) arrive dans les 25 derniers kilomètres, suivie d’une descente rapide et d’une courte bosse finale. C’est le premier vrai juge de paix.
Le précédent ? Christophe Moreau, dernier Français vainqueur d’une course par étapes WorldTour (Dauphiné 2007). Seixas peut briser une malédiction de 19 ans.
Mais attention : si Seixas est un rouleur exceptionnel, il n’a jamais porté un maillot de leader sur une étape de montagne aussi exigeante. UAE Team Emirates (Del Toro, Grossschartner, McNulty) et Red Bull (Roglič, Lipowitz) vont immédiatement tester sa faiblesse présumée : l’expérience dans les derniers kilomètres.
Question ouverte aux lecteurs : Croyez-vous que Paul Seixas peut tenir jusqu’au bout, ou le maillot de leader va-t-il l’asphyxier dès la première bosse ?
L’héritage est en marche
Paul Seixas n’est déjà plus un espoir. Il est le favori incontesté du Tour du Pays-Basque 2026. Par sa démonstration en contre-la-montre, il a non seulement conquis le premier maillot de leader, mais il a aussi envoyé un message à tout le peloton : la nouvelle génération ne demande pas la permission, elle prend le pouvoir.
Il ne lui reste plus qu’à survivre à la montagne. Mais avec 23 secondes d’avance et une confiance qui semble inébranlable, on imagine mal le prodige lyonnais lâcher prise. Le Tour du Pays-Basque 2026 pourrait bien être le premier acte d’un règne. Rendez-vous à l’arrivée de Lekunberri.
Classement Tour du Pays-Basque 2026, étape 1 : Top 20
- SEIXAS PAUL, Decathlon CMA CGM Team les 13,9 km en 17:09 (48,3 km/h)
- VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers +0:23
- GROSSSCHARTNER FELIX, UAE Team Emirates – XRG +0:27
- ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:28
- VAN WILDER ILAN, Soudal Quick-Step +0:29
- LIPOWITZ FLORIAN, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:33
- AUGUST ANDREW, INEOS Grenadiers +0:40
- MCNULTY BRANDON, UAE Team Emirates – XRG +0:43
- SKJELMOSE MATTIAS, Lidl – Trek +0:45
- LEONARD MICHAEL, EF Education – EasyPost +0:46
- ROMO JAVIER, Movistar Team +0:48
- ARMIRAIL BRUNO, Team Visma | Lease a Bike +0:50
- DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG +0:51
- TULETT BEN, Team Visma | Lease a Bike +0:52
- VANSEVENANT MAURI, Soudal Quick-Step m.t.
- BILBAO PELLO, Bahrain – Victorious +0:53
- TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +0:55
- LANDA MIKEL, Soudal Quick-Step m.t.
- BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost +0:56
- HAYTER ETHAN, Soudal Quick-Step m.t.
Classement général Tour du Pays-Basque 2026 après la 1ère étape : Top 20
- SEIXAS PAUL, Decathlon CMA CGM Team en 17:09
- VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers +0:23
- GROSSSCHARTNER FELIX, UAE Team Emirates – XRG +0:27
- ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:28
- VAN WILDER ILAN, Soudal Quick-Step +0:29
- LIPOWITZ FLORIAN, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:33
- AUGUST ANDREW, INEOS Grenadiers +0:40
- MCNULTY BRANDON, UAE Team Emirates – XRG +0:43
- SKJELMOSE MATTIAS, Lidl – Trek +0:45
- LEONARD MICHAEL, EF Education – EasyPost +0:46
- ROMO JAVIER, Movistar Team +0:48
- ARMIRAIL BRUNO, Team Visma | Lease a Bike +0:50
- DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG +0:51
- TULETT BEN, Team Visma | Lease a Bike +0:52
- VANSEVENANT MAURI, Soudal Quick-Step m.t.
- BILBAO PELLO, Bahrain – Victorious +0:53
- TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +0:55
- LANDA MIKEL, Soudal Quick-Step m.t.
- BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost +0:56
- HAYTER ETHAN, Soudal Quick-Step m.t.
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La performance est impressionnante, à la mesure des deux victoires précédentes en Algarve et en Ardèche, car sur toutes les parties du chrono, P. Seixas prit du temps à ses concurrents directs… Sur ce parcours bien difficile avec la rude pente du mur terminal, les premiers arrivaient épuisés, et la nature de cette dernière difficulté permettait une comparaison de la force pure de chacun, du plus édifiant à constater par le maquignon dans le potentiel athlétique à vélo, comme la solidité d’une charpente, la longueur et la force de levier des membres inférieurs, etc…, autant d’indicateurs qui paraissaient très favorables au jeune champion français par rapport à ses adversaires du moment…