Le 16 février 2026, le cyclisme mondial plongera à nouveau dans la mer d’oliviers de Jaén. La Clasica Jaén Paraiso Interior, fidèle à son ADN exigeant, reconduit son parcours maître. Un tracé de 169 km où 33,1 km de « sterrato » décimeront le peloton. Analyse d’une classique moderne devenue incontournable.
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La tendance est au gravier. Depuis l’irrésistible ascension des Strade Bianche, le cyclisme mondial cherche ses nouveaux terrains de jeu, à l’image d’un Paris-Tours complètement repensé. Au cœur de l’Andalousie, la Clasica Jaén Paraiso Interior a parfaitement saisi ce mouvement. Pour son édition 2026, prévue le lundi 16 février, l’organisation fait le choix de la continuité stratégique. Un parcours éprouvé, rodé depuis 2022, qui a déjà forgé son identité et inscrit des noms prestigieux à son palmarès.
La réussite d’une classique se joue souvent sur la constance de son tracé. C’est la conviction portée par l’organisateur Pascual Momparler. Après consultation de l’UCI, des équipes et des coureurs, le retour au même schéma s’est imposé. Une décision validée par un niveau de sécurité maximal et un réel engouement médiatique. La formule fonctionne : un cocktail explosif mêlant patrimoine mondial de l’Humanité à Úbeda, paysages époustouflants de la « mer d’oliviers », et une exigence sportive de très haut niveau.
Un parcours sculpté pour les hommes forts
Le scénario de la course est désormais écrit. Un long parcours de 80 kilomètres permettra aux coureurs de s’installer dans la course, à travers les routes de Linares, Ibros, Canena ou Rus. Puis, le véritable combat commencera avec l’enchaînement de dix secteurs de caminos de olivos, ces chemins de terre ocre serpentant sous les oliviers.
La difficulté culmine dans une boucle finale de 34 kilomètres, à parcourir deux fois. Quatre secteurs graviers y concentrent toute l’âme de l’épreuve :
Juancaballo (3,7 km) : L’un des premiers grands filtres, au profil technique.
Santa Eulalia (2,3 km) : Plus court mais intense, il précède souvent des attaques.
Guadalupe (6,2 km) : Le plus long et le plus redoutable. Un véritable monument de terre, avec le terrible « Mar de Olivos » (5,1 km à 9.5% max) capable de provoquer l’explosion.
Valdelvira (1,2 km) : Le juge de paix. Situé à moins de 5 km de l’arrivée à Úbeda, ce dernier secteur, pentu et nerveux, est le lieu des ultimes sélections et du coup de poker final.
Avec un dénivelé positif cumulé de 2 600 mètres, la Clasica Jaén n’est pas une simple course de colline. C’est un effort brutal, par à-coups, où la gestion des efforts sur le gravier et la position dans le peloton sont aussi cruciales que la puissance pure.

Le palmarès : Témoin de l’exigence
La jeunesse de l’épreuve n’a pas empêché l’établissement d’un palmarès d’élite. Il raconte l’histoire d’une course qui récompense les coureurs complets, à l’aise sur tous les terrains :
2022 : Alexey Lutsenko. Le pionnier, puissant et résistant.
2023 : Tadej Pogačar. Le surdoué absolu, qui s’est imposé lors d’une édition marquée par la neige, prouvant que les grands champions s’adaptent à tous les profils.
2024 : Oier Lazkano. Le baroudeur local, symbole de la relève espagnole.
2025 : Michal Kwiatkowski. Le tacticien, ancien champion du monde, dont l’expérience a parlé dans le final technique.
Ce tableau d’honneur dessine le profil du favori pour 2026 : un coureur doté d’un punch suffisant pour attaquer sur les pentes de Guadalupe, d’un technique irréprochable pour négocier les virages en terre, et d’une intelligence de course pour se placer avant l’ultime ascension de Valdelvira.
Un événement cycliste en trois actes
La Clasica Jaén 2026 s’inscrit dans un week-end cycliste complet, solidement ancré dans le territoire :
Samedi 14 février : La Gran Fondo Jaén Paraiso Interior ouvre les hostilités. Près d’un millier de cyclotouristes sont attendus pour vivre, en amateur, l’expérience unique des caminos de olivos.
Dimanche 15 février : La Coupe des Nations UCI féminine junior (76,5 km, dont 13,3 km de gravier) prend le relais. Une vitrine essentielle pour l’avenir du cyclisme féminin sur ce type de parcours.
Lundi 16 février : L’apothéose avec la Clasica Jaén Paraiso Interior professionnelle masculine.
Cette structuration fait de Jaén, le temps d’un week-end de février, l’épicentre mondial du cyclisme sur gravier. La course andalouse a trouvé sa place. Elle n’est plus « la réponse espagnole aux Strade Bianche », mais bien la Clasica Jaén, un monument en devenir, dont l’édition 2026 s’annonce déjà comme un chapitre décisif dans la construction de sa légende. Les favoris sont prévenus : dans la mer d’oliviers, seuls les plus aguerris surnagent.


