Pauline Ferrand-Prévot 2026 : la revanche d’une championne qui ne veut plus juste gagner

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Pauline Ferrand Prévot 2026 la revanche d'une championne qui ne veut plus juste gagner
Pauline Ferrand-Prévot, la force tranquille... Image : @TeamVisma_LeaseaBike

Pauline Ferrand-Prévot a dévoilé sa feuille de route pour 2026. Moins d’un an après son doublé historique Paris-Roubaix/Tour de France, la championne vise plus haut, plus fort. Avec un calendrier agressif centré sur les Monuments et la défense de son maillot jaune, elle aborde la saison en favorite assumée. Rencontre avec une athlète apaisée, mais toujours aussi affamée.

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Le décor est andalou, le soleil tape sur La Nucia. Pauline Ferrand-Prévot, bras croisés, regard perçant, égrène son programme avec la précision d’un stratège. À 33 ans, la championne olympique de VTT et récente reine du Tour de France n’a plus rien à prouver. Pourtant, c’est bien de preuves supplémentaires dont elle a soif. La saison 2026 de la leader de la Visma-Lease a Bike ne sera pas une tournée d’adieu, mais une campagne de conquête.

Tour de France, Monuments, Vuelta : le calendrier ambitieux d’une polyvalente

Le plan est audacieux, reflet d’une confiance regagnée. Pauline Ferrand-Prévot ne se contentera pas de défendre son acquis. Elle part à l’assaut de nouveaux territoires.

Un premier bloc classiques pour combler les vides

Son début de saison route, à partir des Strade Bianche le 7 mars, a un goût de revanche personnelle. « Je veux me battre pour la victoire sur chaque course où je m’aligne » martèle-t-elle. Le Tour des Flandres (5 avril) et Liège-Bastogne-Liège (26 avril), deux Monuments absents de son palmarès routier, sont clairement dans son viseur. Un choix logique pour une puncheuse-grimpeuse de son calibre, mais lourd de sens : réussir l’un des deux consacrerait sa domination absolue, toutes disciplines confondues.

L’impasse stratégique sur Paris-Roubaix

La grande absente de ce programme ? Paris-Roubaix, qu’elle a pourtant remporté de façon spectaculaire en 2025. Cette décision, mûrie avec son équipe, n’est pas un renoncement. C’est un recentrage. Défendre son titre sur la Grande Boucle demande une énergie colossale et une préparation spécifique. Sacrifier l’Enfer du Nord, épreuve d’une brutalité unique, est un calcul froid et rationnel pour préserver son corps et ses objectifs majeurs.

La Vuelta, tremplin vers le maillot jaune

Avant le rendez-vous estival, une nouveauté apparaît : la Vuelta Femenina (3-10 mai). Cette participation inédite est un signal fort. Elle servira de stage d’altitude et de test grandeur nature avant le Tour. « J’apprends vite » rappelle-t-elle. Cette course par étapes lui permettra d’affiner son état de forme et la cohésion avec son équipe Visma, renforcée pour l’épauler dans les massifs.

Défendre le maillot jaune : le défi de la favorite

Le cœur de sa saison bat pour le Tour de France Femmes (1er-9 août). La donne a radicalement changé. En 2025, elle surprenait. En 2026, elle sera la cible à abattre, la patronne à détrôner.

« L’an dernier, j’étais outsider. Cette fois, je sais que j’arriverai en favorite. J’aime cette pression » confie-t-elle, sereine. Le parcours, avec son contre-la-montre individuel et l’étape reine du Mont Ventoux, lui sourit. Elle a identifié des leviers de progression, notamment en contre-la-montre, sur lequel elle promet de « passer beaucoup de temps ». Sa victoire n’était pas un coup de tonnerre, mais l’aboutissement d’une préparation méticuleuse qu’elle entend reproduire, en mieux.

Le poids des mots, le choc des polémiques

L’ombre de la controverse de l’été 2025 plane encore. Les critiques sur sa morphologie, après son triomphe sur le Tour, ont laissé des traces. Non pas sur la championne, endurcie par plus d’une décennie au plus haut niveau, mais sur ses proches.

« J’étais surtout triste pour mes parents » avoue-t-elle, sans amertume mais avec une pointe de lassitude. Pour elle, le débat était un non-sujet, une méconnaissance des réalités physiologiques du cyclisme d’élite en haute montagne. Cette tempête médiatique a paradoxalement forgé une armure supplémentaire. Elle aborde 2026 avec une déconnexion assumée – changement de numéro de téléphone inclus – et une force mentale décuplée. La blessure à la cheville qui l’a tenue à l’écart cet hiver aura été une opportunité de recharger les batteries, loin du bruit.

L’équipe Visma-Lease a Bike : un dispositif de guerre

Son ambition décomplexée s’appuie sur une structure néerlandaise qui a parfaitement su l’intégrer. La Visma-Lease a Bike a bâti autour d’elle un « groupe solide de coureuses motivées » selon ses mots. La synergie mise en place en 2025, évidente lors de son succès sur le Tour, a été renforcée. L’équipe comprend sa soif de victoires multiples et s’est organisée pour la soutenir sur les classiques ardentes comme sur les grands tours. Elle n’est plus une recrue, mais le pilier central autour duquel la tactique se construit.

La quête d’une légende vivante

Pauline Ferrand-Prévot ne court plus pour répondre aux doutes, mais pour assouvir sa propre faim. « Secrètement, je veux gagner plus » lâche-t-elle. Cette phrase résume tout.

Son programme 2026 est un manifeste. Il dit sa volonté de marquer de son empreinte l’histoire du cyclisme féminin, au-delà du VTT où elle règne déjà sans partage. En visant les Monuments manquants et un doublé inédit sur le Tour de France, elle se place en position d’écrire une nouvelle page, encore plus éclatante. L’outsider est devenue impératrice. Et elle a pleinement l’intention de régner.

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