Entre plaine côtière et contreforts rugueux, la 3e étape du Tour de Valence 2026 (158 km) est un véritable casse-tête tactique. Un final avec l’Alto de Tibi, une descente longue et une rampe finale sournoise. Sprint massif, échappée calculée ou attaque de puncheur ? Notre analyse détermine pourquoi cette journée, apparemment transition, pourrait redistribuer les cartes du général.
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Un parcours schizophrène : la quiétude trompeuse avant la tempête
Le tracé entre Orihuela et San Vicente del Raspeig est un classique du cynisme des organisateurs. Les 90 premiers kilomètres en palier le long de la côte valencienne sont un appel à la routine : vent de côté probable, échappée matinale de rouleurs peu dangereux au général, et contrôle par les équipes des sprinteurs. Mais ne vous y trompez pas, en Espagne, le plat n’existe que pas.
Le duo infernal : Tibi et la montée oubliée de Tibi
Tout se joue dans les 50 derniers kilomètres. La difficulté reine est l’Alto de Tibi (7,5 km à 5%), un col régulier mais usant, dont les données de TodayCycling montrent qu’il a souvent servi de tremplin à des attaques décisives sur des courses d’une semaine. Le piège ? Sa localisation. Au sommet, il reste encore 30 km, dont une descente technique de près de 20 km. L’échappée solitaire y est vulnérable.
C’est là qu’intervient la seconde ascension, plus courte mais plus raide : 2,2 km à 6,2%. Située à peine la descente du Tibi terminée, elle est le terrain de jeu idéal pour les puncheurs ou les coureurs à visées générales qui auraient lâché du monde sur le premier col. C’est une copie conforme, en moins difficile, du piège tendu sur la Clásica de Almería. Une équipe forte peut y mettre le feu.
Arrivée sournoise : pourquoi la dernière montée n’en est pas une ?
Le dernier kilomètre à San Vicente del Raspeig présente une « légère montée », souvent annoncée comme anodine. Erreur. Avec une pente moyenne de 2 à 3% sur les 600 derniers mètres, elle est suffisante pour éliminer les sprinteurs les plus lourds qui ont déjà souffert dans les montées précédentes. C’est une arrivée pour un sprinteur costaud comme Matteo Trentin l’a prouvé par le passé, ou pour un puncheur rapide.
Les favoris : Trois mondes, une seule victoire
L’analyse des favoris révèle trois philosophies cyclistes en conflit.
Les grands noms du général (⭐⭐⭐)
Remco Evenepoel (Red Bull – BORA – hansgrohe) : Le grand favori de l’épreuve. Si il a une seconde d’avance au sommet du Tibi, il peut envisager de tout rafler en descendant comme un seul homme. Sa soif de victoires d’étapes en fait un danger absolu, même sur ce profil.
João Almeida (UAE Team Emirates XRG) : Celui qui a complètement « foiré » sont contre-la-montre de la veille, à l’aise dans les hautes montagnes, sa régularité pourrait payer si l’étape se durcit plus que prévu. Une plateforme idéale pour grappiller des secondes bonus.
Brandon McNulty (UAE Team Emirates XRG) : L’arme secrète, auteur d’un bon chrono jeudi(7e). Excellant dans les terrains vallonnés, il pourrait être lâché en embuscade dans la dernière difficulté. Son attaque sur une étape similaire du Tour d’Andalousie 2025 reste dans les mémoires.
Les opportunistes et puncheurs (⭐⭐)
Aleksandr Vlasov (Red Bull – BORA – hansgrohe) : Tout comme son leader Evenepoel, le coureur Russe est en très grande forme. Une victoire lancerait définitivement sa saison.
Antonio Tiberi (Bahrain Victorious) : L’Italien est un des hommes forts de ce début de saison. A surveiller dans le dernier kilomètre.
Ivan Romeo (Movistar Team) : Le jeune espoir espagnol, champion en titre, sur ses terres, il brûlera d’envie de briller. Depuis ce début de saison, chaque jour il flirte avec la victoire. Il « tourne autour ». Une échappée tardive est dans ses cordes.
Les outsiders et sprinteurs courageux (⭐)
Florian Vermeersch (UAE Team Emirates XRG) : 5e du chrono de la veille, si l’étape est moins dure que prévue, son punch en légère montée est un atout majeur.
Yves Lampaert (Soudal Quick-Step) : Pourrait avoir le rôle de coéquipier libre de toute action ou d’épouvantail dans une échappée.
Carl-Frederik Bévort (Uno-X Mobility) : Le jeune Danois, révélation de l’hiver, a montré des qualités sur les faux-plats. Un test intéressant pour lui, où il signerait un premier succès professionnel.
Stratégies & scénarios : L’équation impossible des DS
C’est là que l’expertise devient cruciale. Trois scénarios se dessinent :
Le scénario « sprint réduit » (Probabilité : 40%) : Les équipes des puncheurs rapides (comme l’équipe d’Evenepoel) contrôlent le Tibi à un rythme élevé mais non explosif, éliminant les purs sprinteurs, pour lancer leur leader sur la rampe finale.
Le scénario « attaque dans le Tibi » (Probabilité : 35%) : Un favoris du général (un Evenepoel justement) attaque dans la montée, espérant faire la jonction avec un équipier en tête et jouer la descente pour aller seul au but. Le risque est grand, mais la récompense aussi.
Le scénario « échappée calculée » (Probabilité : 25%) : Une échappée forte de 4-5 rouleurs, comprenant un homme dangereux au classement mais à 2-3 minutes, part tôt. Les équipes de sprinteurs, fatiguées du vent, pourraient lâcher du lest, créant la surprise.
Et vous, quel scénario voyez-vous se réaliser ? Une victoire d’opportuniste ou un coup de maître d’un favori ? Le débat est ouvert.
Où et quand regarder l’étape 3 en direct ?
Ne manquez pas ce rendez-vous tactique. Voici les diffusions pour ce vendredi 6 février 2026 :
Eurosport 2 & Discovery+/Max : Direct commenté dès 16h05 (heure française). La référence pour l’analyse technique.
RTL Club : Direct dès 15h00. Pour les commentaires en français.
Le départ fictif sera donné à Orihuela vers 13h15, avec le départ réel peu après. L’arrivée est prévue entre 17h15 et 17h45, selon la moyenne.
Un diamant brut à polir
L’étape 3 du Tour de Valence 2026 n’offrira peut-être pas le line-up ultra-montagneux des jours suivants, mais elle incarne l’essence même du cyclisme à l’espagnole : un parcours qui semble parler à tout le monde mais n’appartient, in fine, qu’aux plus intelligents et aux plus forts. Entre les ambitions du général et la soif de victoire des équipes délaissées, San Vicente del Raspeig pourrait être le théâtre d’une leçon de tactique pure. Restez connectés, car le vent, acteur imprévisible, pourrait encore venir bouleverser tous les pronostics. Une chose est sûre : à l’arrivée, nous aurons appris beaucoup sur les hommes et les hiérarchies en présence pour la suite de cette édition 2026. Reste à savoir si Biniam Girmay, le leader du classement général au départ de l’étape du jour, sera toujours en jaune (vous avez compris) ce soir ?
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