Un vent de renouveau souffle sur les classiques ardennaises. Pour son 90e anniversaire, la Flèche Wallonne innove avec un départ inédit. Mais c’est Liège-Bastogne-Liège, surtout chez les femmes, qui frappe fort avec un tracé présenté comme le plus dur de l’histoire. Entre changements subtils et révolution tactique, nous décryptons les parcours 2026 et les listes d’équipes pour vous révéler où et comment se joueront ces monuments.
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Flèche Wallonne 2026 : Un 90e anniversaire sous le signe du changement ?
Pourquoi le départ d’Herstal n’est pas qu’un détail anecdotique ?
La Flèche Wallonne fête ses 90 ans avec une première : un départ donné de Herstal. Si l’arrivée demeure, pour la 41e fois depuis 1985, au sommet du cruel Mur de Huy (1,3 km à 9,6%), ce changement de départ n’est pas neutre. Le parcours masculin (208,8 km) s’allonge légèrement et impose d’entrée les côtes de Trasenster et des Forges. Un apéritif vigoureux destiné à éliminer les plus fragiles avant même l’entrée dans le circuit final. Selon la tradition établie, les coureurs affronteront trois fois le Mur de Huy dans le dernier tiers de course, un format qui a couronné les puncheurs absolus comme Julian Alaphilippe ou… Tadej Pogačar, tenant du titre. La course féminine (148,2 km) conservera son format avec deux ascensions du Mur. Une question se pose : ce nouveau départ, plus urbain, va-t-il influencer la dynamique de course et l’approche des équipes dans les premiers kilomètres ?


La liste des équipes : Qui peut détrôner les favoris historiques ?
Vingt-cinq équipes s’aligneront, incluant les 18 WorldTeams et 7 ProTeams invitées. Aux côtés des habitués comme Soudal Quick-Step ou INEOS, on note la présence d’équipes ProTeams : Flanders-Baloise, TotalEnergies, et la surprenante Unibet Rose Rockets qui décroche une invitation. L’absence de cette dernière sur Liège-Bastogne-Liège montre la sélectivité des organisateurs. Côté femmes, 21 équipes sont attendues, avec un plateau WorldTour renforcé par des invitées françaises motivées comme Ma Petite Entreprise et Saint-Michel Préférence Home-Auber 93. La tenante du titre, Puck Pieterse (Fenix-Premier Tech), devra surveiller une Pauline Ferrand-Prévot (Team Visma Lease a Bike) qui en a fait un objectif majeur, mais aussi l’armada SD Worx – Protime, toujours en quête de ce monument.
Liège-Bastogne-Liège 2026 : Le parcours le plus exigeant de l’histoire est-il vraiment une bonne nouvelle ?
Le diable se cache dans les nouveautés
Présentée comme potentiellement « la plus dure de l’histoire » notamment dans sa version féminine, la Doyenne (259,5 km pour les hommes, 156 km pour les femmes) introduit des modifications stratégiques. La suppression de la Côte de Mont-le-Soie et l’insertion du Col du Maquisard (2,4 km à 5,7%) – placé entre le Rosier et la côte de Desnié – changent la donne. Cette séquence inédit (Maquisard + Desnié) dans le dernier tiers de course constitue un nouveau filtre, plus long et plus technique, avant l’enfer final (Redoute, Forges, Roche-aux-Faucons). Pour les femmes, l’ajout du Col de Haussire (3,9 km à 6,8%) en début de course et cette même association Maquisard-Desnié alourdissent significativement le profil. Selon les données de l’organisateur ASO, le dénivelé positif atteint 4 395 m pour les hommes et 2 830 m pour les femmes, des chiffres qui confirment la tendance à l’épuration.

Une course pour pur-sang : Les équipes invitées le confirment
La sélection des équipes invitées pour Liège-Bastogne-Liège est un indicateur de l’exigence attendue. Aux 18 WorldTeams s’ajoutent des ProTeams réputés pour leurs grimpeurs : Cofidis, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team, Tudor Pro Cycling, mais aussi des équipes espagnoles rodées aux reliefs comme Caja Rural-Seguros RGA, Burgos-Burpellet-BH et Equipo Kern Pharma. L’absence d’équipes purement sprinteuses ou classiques est frappante. Les organisateurs (ASO) ont clairement choisi des équipes capables d’animer une course d’usure. Cela présage-t-il d’une échappée plus tenace ou, au contraire, d’un contrôle féroce des favoris comme Tadej Pogačar (UAE Team Emirates XRG) et Remco Evenepoel (Soudal Quick-Step), à nouveau vainqueur ?
Qui peut profiter de ces nouveaux profils en 2026 ?
Les favoris face à la difficulté renouvelée
L’histoire récente est implacable : ces courses se jouent entre une poignée d’hommes. Pogačar, en quête d’un quadruplé Liège-Bastogne-Liège (2021, 2024, 2025, 2026 ?), semble taillé sur mesure pour les parcours longs et accidentés. Mais l’ajout du Maquisard, une montée plus régulière, pourrait-elle avantager un rouleur-grimpeur du calibre d’un Mattias Skjelmose (Lidl-Trek) ou d’un Tao Geoghegan Hart ? Chez les femmes, la variété du parcours ouvre des perspectives à des puncheuses complètes comme la championne d’Europe Demi Vollering (FDJ United – SUEZ) ou Elisa Longo Borghini (UAE Team ADQ), face à des grimpeuses pures.
Le duel des générations et l’effet « fer de lance »
Au-delà des stars, les invitations offrent un tremplin. Comment des équipes comme Unibet Rose Rockets (présente seulement sur la Flèche) ou Ma Petite Entreprise (chez les femmes) vont-elles se mesurer à ce niveau ? La présence de jeunes talents comme le Mexicain Isaac Del Toro ou du Français Paul Seixas, évoqués par ASO, ajoute un sel particulier. Ces parcours redessinés sont-ils l’opportunité pour une nouvelle génération de bousculer l’ordre établi, ou vont-ils au contraire renforcer la domination des géants actuels ?
Les parcours 2026 de la Flèche Wallonne et de Liège-Bastogne-Liège ne se contentent pas d’une mise à jour cosmétique. Ils envoient un signal fort : la recherche d’une difficulté plus authentique, plus sélective, destinée à couronner les coureurs les plus complets. La Flèche, avec son nouveau départ, cherche à dynamiser sa première heure. Liège, en complexifiant son milieu de course, veut éviter un scénario trop attendu et usure les favoris avant le final. Entre tradition et innovation, ces annonces préparent un printemps ardennais d’une intensité rare. La balle est maintenant dans le camp des équipes et des entraîneurs, qui devront repenser leurs schémas tactiques pour ces monuments réinventés. Une chose est sûre : à Huy et à Liège, en avril 2026, la légende ne se répétera pas à l’identique.
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