Il ne gagne pas, mais il marque les esprits. Ce jeudi, sur la 4e étape du Tour du Pays Basque 2026, Paul Seixas n’a pas seulement défendu son bien : il a asséné un coup de massue psychologique à ses rivaux. Pendant qu’Alex Aranburu (Cofidis) offrait aux siens un succès de prestige à Galdakao, le jeune leader français transformait une descente en champ de bataille. Retour sur une journée où la jeunesse a dicté sa loi.
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Insatiable, Seixas répond à l’attaque de Roglic par une folle descente : le récit d’une 4e étape de légende
L’échappée royale, le jaune en apothéose
Le Tour du Pays Basque 2026 a offert ce jeudi un nouveau chapitre haletant. Si le nom du vainqueur du jour, Alex Aranburu, résonne comme une évidence sur les routes de Galdakao, c’est bien le porteur du maillot jaune, Paul Seixas, qui a une fois de plus volé la vedette. Dans une étape taillée pour les baroudeurs, le scénario a tenu toutes ses promesses : une échappée massive, un duel tactique au sommet, et un leader qui ose l’impensable. Décryptage d’une étape qui redessine les contours du pouvoir.

Comment Alex Aranburu a dompté le mur de Legina pour s’offrir un bain de foule
Le casse-tête initial et le raid solitaire de Brandon McNulty
Dès le drapeau baissé, le rythme fut infernal. Les sept montées répertoriées du jour ont provoqué une guerre de position dès les premiers kilomètres. Comme le rapporte l’analyse détaillée de l’étape du jour, le scénario classique au Pays Basque a été poussé à son paroxysme : trentaine de coureurs à l’avant, marqués par des rouleurs de premier plan (Guillaume Martin-Guyonnet, Ben Healy, Marc Soler). Mais l’homme du début de course fut Brandon McNulty (UAE Team Emirates XRG). L’Américain, parti dans un raid solitaire de plus de 68 kilomètres, a forcé la poursuite. Contraint de changer de vélo à 45 km de l’arrivée, un détail mécanique qui a scellé son sort, il a vu son rêve d’étape s’évaporer sous l’effort combiné des chasseurs.
Le coup tactique parfait de Cofidis
Dans le mur de Legina (3,2 km à 8% de pente moyenne, avec des pointes à 12%), le groupe des 12 leaders a explosé. C’est ici qu’Alex Aranburu a joué sa carte de maître à domicile. À 30 ans, le Basque de Cofidis a placé une accélération sèche que seul Tobias Johannessen (Uno-X Mobility) a pu négocier.
« Toutes mes victoires au Pays Basque sont très spéciales. Hier, j’étais très triste et frustré, mais maintenant, je suis ravi » a confié Aranburu à l’arrivée au micro d’Eurosport. Cette victoire, la troisième de sa carrière sur ce Tour, est un modèle de gestion : une attaque à dix kilomètres du but, une légère procrastination dans le faux-plat descendant pour attirer Johannessen, et un sprint final où le Norvégien a involontairement servi de lanceur idéal. Christian Scaroni (XDS Astana) complète un podium où la puissance brute a rencontré l’intelligence tactique.
Paul Seixas, le leader qui descend plus vite que ses ombres
Si Aranburu gagne l’étape, Seixas gagne la guerre des nerfs. Face au harcèlement programmé de Red Bull-BORA-hansgrohe, le prodige de Decathlon-CMA CGM a livré une partition de maturité rare pour un coureur de 19 ans.
La stratégie de Lipowitz et Roglic : un harcèlement inefficace ?
Florian Lipowitz a tenté de mettre le feu à la poudrette à une trentaine de kilomètres de l’arrivée. Quatre attaques dans le mur de Vivero. Aucune n’a ébranlé le maillot jaune. Derrière, Primoz Roglic a tenté un changement de rythme, mais il s’est heurté à un mur nommé Léo Bisiaux. Le lieutenant de Seixas (21 ans) a réalisé un travail de sape monumental. Seixas n’a pas paniqué, ne s’est pas affolé : il a géré.
Question aux lecteurs : Que pensez-vous de la stratégie de Red Bull ? Fallait-il attendre l’étape reine de vendredi pour user Seixas, ou la tentative de jeudi était-elle un aveu de faiblesse ?
L’audace en descente : quand le leader oublie le manuel
Voir un leader de course WorldTour attaquer dans le dernier kilomètre d’une descente, alors qu’il possède déjà plus d’une minute d’avance, relève de la bravade. Ou de la confiance absolue.
En s’extirpant du peloton des favoris dans la descente de Legina, Paul Seixas a prouvé une nouvelle facette de son talent protéiforme. Il ne s’est pas contenté de répondre aux attaques ; il a contre-attaqué là où on ne l’attendait pas. Résultat : 20 secondes de grappillées sur Roglic (+2’19) et Lipowitz (+2’28). Un matelas qui, selon les données historiques, n’a jamais été rattrapé sur ce Tour depuis l’ère moderne.
Le GC : Seixas, un record à portée de main
À deux jours de l’arrivée, la situation est limpide. Derrière le maillot jaune, les écarts commencent à être rédhibitoires.
La chute des ambitions est à noter : Juan Ayuso (Lidl-Trek), malade et en manque de forme suite à sa lourde chute sur Paris-Nice, a abandonné après une heure d’effort. Un coup dur pour le jeune Espagnol, mais qui ouvre un boulevard au Français.
Seixas devient une immense opportunité pour le cyclisme tricolore. Il vise à devenir le premier Français à remporter une course par étapes WorldTour depuis Christophe Moreau sur le Dauphiné en 2007. Une éternité.
Demain, l’étape reine (5e étape) : le verdict par les sommets
Si Seixas est solide, rien n’est joué. La 5e étape, autour d’Eibar, est un monument de souffrance. 176,6 km et huit cols répertoriés, dont deux monstres :
Krabelin (5 km à 9,4%) : Un mur aux pentes constantes, parfait pour le puncheur pur.
Izua (3,6 km à 10%) : Une pente raide qui favorise les coups de boutoir explosifs.
C’est sur ce terrain que Roglic a construit ses légendes. La question qui brûle les lèvres : Seixas, qui a dominé le chrono, le sprint des monts et la descente, résistera-t-il à l’usure des pourcentages à deux chiffres sur une étape de 4 000 mètres de dénivelé ?
Un Tour du Pays Basque 2026 qui change d’ère
Ce jeudi restera comme le jour où la nouvelle génération a définitivement pris le pouvoir. Alex Aranburu (Cofidis) a écrit la tradition en s’imposant à la maison, mais Paul Seixas a écrit l’avenir. Sa descente, véritable déclaration d’intention, envoie un signal clair au peloton : pour le déloger, il faudra faire mieux que l’attaquer. Il faudra le dominer. Rendez-vous vendredi pour l’examen de vérité.
Vidéo : Retrouvez les images de l’attaque fulgurante de Paul Seixas dans la descente et le sprint victorieux d’Alex Aranburu.
Classement Tour du Pays-Basque 2026, étape 4 : Top 20
- ARANBURU ALEX, Cofidis les 167,2 km en 3:55:15 (42,6 km/h)
- JOHANNESSEN TOBIAS HALLAND, Uno-X Mobility +0:04
- SCARONI CHRISTIAN, XDS Astana Team +0:06
- IZAGIRRE ION, Cofidis +0:07
- MARTIN GUILLAUME, Groupama – FDJ United +0:13
- BILBAO PELLO, Bahrain – Victorious +0:14
- LÓPEZ JUAN PEDRO, Movistar Team m.t.
- SEIXAS PAUL, Decathlon CMA CGM Team m.t.
- FORTUNATO LORENZO, XDS Astana Team +0:17
- ARRIETA IGOR, UAE Team Emirates – XRG +0:24
- VERSTRYNGE EMIEL, Alpecin-Premier Tech m.t.
- TULETT BEN, Team Visma | Lease a Bike +0:34
- BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost m.t.
- SKJELMOSE MATTIAS, Lidl – Trek m.t.
- TEJADA HAROLD, XDS Astana Team m.t.
- UIJTDEBROEKS CIAN, Movistar Team m.t.
- LIPOWITZ FLORIAN, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
- CHAMPOUSSIN CLÉMENT, XDS Astana Team m.t.
- ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
- VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers +0:38
Classement général Tour du Pays-Basque 2026 après la 4e étape : Top 20
- SEIXAS PAUL, Decathlon CMA CGM Team en 12:03:53
- ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe +2:19
- LIPOWITZ FLORIAN, Red Bull – BORA – hansgrohe +2:28
- IZAGIRRE ION, Cofidis +2:29
- SKJELMOSE MATTIAS, Lidl – Trek +2:34
- TULETT BEN, Team Visma | Lease a Bike +2:47
- BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost +2:51
- TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +3:08
- UIJTDEBROEKS CIAN, Movistar Team +3:21
- CHAMPOUSSIN CLÉMENT, XDS Astana Team +3:22
- ROMO JAVIER, Bahrain – Victorious +3:42
- BILBAO PELLO, Movistar Team +3:56
- ARRIETA IGOR, UAE Team Emirates – XRG +4:07
- RICCITELLO MATTHEW, Decathlon CMA CGM Team +4:14
- JOHANNESSEN TOBIAS HALLAND, Uno-X Mobility +4:18
- MARTIN GUILLAUME, Groupama – FDJ United +4:38
- LÓPEZ JUAN PEDRO, Movistar Team +4:42
- BRAZ AFONSO CLÉMENT, Groupama – FDJ United +5:00
- VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers +5:10
- BELOKI MARKEL, EF Education – EasyPost +5:14
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