Wout Van Aert 2026 : La quête du Monument perdu et la revanche d’une saison volée

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Wout van Aert 2026 la quête du Monument perdu la revanche d'une saison volée
Image : @TeamVisma_LeaseaBike

Une botte orthopédique au pied mais les idées claires. Wout van Aert a dévoilé son ambitieux programme 2026. Après une convalescence express, le Belge vise l’intégralité des classiques reines et un doublé Tour-Vuelta. Un calendrier taillé pour la régularité et l’exploit, avec en ligne de mire la consécration absolue dans un Monument.

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La scène aurait pu être celle d’un retour contraint. Ce mardi 13 janvier, lors du Media Day de la Visma-Lease a Bike en Espagne, Wout van Aert apparaît, souriant, une botte de protection à la cheville. Un rappel de sa lourde chute en décembre à Mol, qui avait brutalement interrompu son hiver. Pourtant, dans ses propos, aucune trace d’appréhension. Seulement une forme d’impatience fébrile. Le coureur le plus polyvalent de sa génération a dévoilé un programme 2026 d’une clarté et d’une ambition remarquables, marquant sa volonté de reprendre le contrôle d’un destin trop souvent contrarié par les blessures.

Une reprise sous le signe de la confiance et des chemins blancs

Contre toute attente, la fracture à la cheville semble déjà appartenir au passé. « Marcher est parfois douloureux, mais à vélo, ça va plutôt bien. Une fois les chaussures enfoncées, tout va bien » assure-t-il, ayant déjà repris l’entraînement sur les routes de Grobbendonk. Cette résilience permet de lancer son plan sans compromis.

Sa saison sur route débutera non pas en Flandre, mais en Toscane. Le 7 mars, Van Aert fera son grand retour aux Strade Bianche, une course qu’il n’a plus disputée depuis 2021. « Après ma victoire à Sienne sur le Giro l’an dernier, j’ai réalisé que les sterrati collaient toujours parfaitement à mes qualités » explique-t-il, voyant en cette épreuve bien plus qu’un simple exercice de style. Elle sera le prélude à un autre retour très attendu : Milan-San Remo, le 21 mars. Le seul Monument à son palmarès (2020) lui a manqué. « Je considère ces deux courses comme faisant partie des plus belles de l’année. Je ne veux surtout pas les manquer en 2026. »

Le printemps flandrien : Une obsession enfin exclusive ?

L’innovation majeure de ce programme réside dans l’approche des classiques du Nord. Traditionnellement éparpillé entre plusieurs objectifs, Van Aert et la Visma semblent avoir opéré un recentrage stratégique. Sa campagne commencera par l’Omloop Het Nieuwsblad (28 février), avant de se concentrer avec une intensité laser sur le duo sacré : le Tour des Flandres (5 avril) et Paris-Roubaix (12 avril).

« Au printemps, je veux être présent de l’Omloop jusqu’à Roubaix. Me montrer partout et saisir chaque occasion » martèle-t-il. Cette focalisation répond à une frustration palpable. Malgré des podias à répétition (2e à Roubaix en 2022, 3e à Flanders à trois reprises), la plus haute marche lui échappe. L’équipe elle-même admet un manque de concentration passée sur ces épreuves reines. En 2026, la hiérarchie est claire : les Monuments sont la priorité absolue.

L’été de tous les défis : Du service au leadership

Après le fracas des pavés, place à la stratégie des grands tours. Comme en 2024, Van Aert visera le doublé Tour de France (4-26 juillet) et Vuelta (23 août – 14 septembre). Sur la Grande Boucle, son rôle sera double. Il sera un atout majeur pour Jonas Vingegaard dans la guerre contre Tadej Pogačar, notamment lors du contre-la-montre par équipes, une spécialité Visma. « Nous aurons une équipe solide, et je vois aussi des opportunités de victoires d’étape pour moi-même » précise-t-il, en référence à son fabuleux mano à mano victorieux avec Pogačar en 2025.

Mais c’est sur la Vuelta que l’attente est la plus personnelle. En 2024, il avait dû abandonner alors qu’il portait le maillot vert et le maillot à pois. « J’ai un goût d’inachevé, une dette à régler » confesse-t-il avec un sourire en coin. Avec une équipe libérée de la pression du classement général, il pourra y jouer sa carte en toute liberté, visant les étapes et les classements annexes, dans une préparation idéale pour l’objectif final de l’automne : les Championnats du Monde sur route à Montréal.

Une saison pour écrire sa légende

À 31 ans, Wout van Aert n’aspire plus seulement à la performance ponctuelle, mais à la saison parfaite. « Mon plus grand rêve est de vivre une saison sans souci. Si c’est le cas, les résultats suivront. » Son programme, équilibré entre passion (les Classiques italiennes), obsession (Flanders-Roubaix) et devoir d’équipe (le Tour), en est le plan.

Il résume son ambition d’une phrase : « Remporter un Monument en 2026 serait la cerise sur le gâteau. » Entre la promesse des chemins blancs de Sienne, l’appel des pierres du Nord et la soif de revanche sur les routes d’Espagne, Wout van Aert a tracé sa route. Il ne reste plus qu’à la parcourir.

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1 COMMENTAIRE

  1. C’est très fort de rouler avec une fracture à la cheville, mais sur le sujet W. Van Aert est un peu moins fort que Contador : en 2014, dans le Tour de France, El Pistolero chute et se fracture le tibia, mais il réussit quand même à rouler pendant 20 km, effectuant même l’ascension du Platzerwazel, 7 ou 8 km à environ 8% !… A une semaine du départ de la vuelta, Contador est photographié avec une énorme plâtre sur la jambe; chacun dit qu’il ne pourra donc faire le Tour d’Espagne, mais, miracle, Contador part quand même et remporte la vuelta !…
    Il y bien sûr fracture et fracture, trait de fracture, en bois vert, etc… , et en la matière la nature exacte du mal demanderait une précision parfois difficile à obtenir …

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