Ils sont venus pour prendre leur revanche ou asseoir leur domination. Ce lundi 9 mars, la 84e édition de Paris-Nice offre son unique rendez-vous avec les sprinteurs purs sur les 800 mètres du boulevard Charles de Gaulle à Montargis. Mais entre les ronds-points techniques du final, la mémoire d’Arvid de Kleijn vainqueur ici en 2024 et la menace d’un coup de bordure dans les plaines du Loiret, cette 2e étape pourrait bien réécrire les lois du sprint. Analyse d’une journée charnière.
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Épône-Montargis (187 km) : le dernier refuge des purs sprinteurs ?
Pour un puncheur ou un rouleur, cette deuxième étape est une formalité. Pour un sprinteur, c’est une obsession. Avec 187 kilomètres au programme entre les Yvelines et le Loiret, le peloton de la « Course au Soleil » aborde ce lundi 9 mars l’unique étape de cette édition 2026 où les spécialistes de la dernière ligne droite, autrement dit les sprinteurs, peuvent s’exprimer sans craindre une bosse rédhibitoire dans le final.
Le départ fictif sera donné à 12h45 depuis Épône, mais ne vous fiez pas à la topographie. Si le profil est mathématiquement plat, la météo et le placement dans les vingt derniers kilomètres pourraient transformer cette classique pour sprinteurs en véritable champ de bataille.

Pourquoi Montargis est-il un juge de paix pour les trains ?
L’arrivée sur l’Avenue du Général De Gaulle, avec sa longue ligne droite de 800 mètres, est un cas d’école en France. Pourtant, comme nous le rappellent les données des éditions précédentes, le dernier kilomètre à Montargis est un exercice de style où la puissance brute ne suffit pas.
Le piège des ronds-points : le placement, clé de voûte de l’étape
Si l’arrivée est large, la phase d’approche est technique. Les coureurs devront négocier plusieurs ronds-points dans les 5 derniers kilomètres. C’est là que les « poissons-pilotes » gagnent leur salaire. Perdre la roue de son équipier à ce jeu de l’élastique, c’est dire adieu à la gagne. Comme le souligne notre rédaction, la vitesse moyenne sur ce type de final dépasse souvent les 55 km/h, ne laissant aucune place à l’improvisation de dernière minute.
Et si le vent s’en mêlait ? L’héritage des bordures
Avec 72 kilomètres finaux totalement plats et rectilignes, notamment après La Chapelle-la-Reine, le moindre vent de travers peut transformer cette étape en cassure. On se souvient que Paris-Nice, c’est aussi « la course au soleil » mais parfois au vent. Si une équipe comme la Visma | Lease a Bike (qui n’a pas de sprinteur pur) sent une opportunité, elle pourrait tenter de produire un effet de bordure bien avant l’emballage final, piégeant les grosses cuisses.
Le duel des trains : Qui peut détrôner Biniam Girmay ?
L’analyse des favoris ne peut se résumer à une simple liste d’étoiles. Il faut regarder le moteur collectif. Cette année, la hiérarchie semble claire sur le papier, mais la mécanique des trains est fragile.
La NSN Cycling Team peut-elle maîtriser le final ?
Biniam Girmay (⭐ ⭐ ⭐) arrive avec l’étiquette de patron. 5e dimanche à Carrières-sous-Poissy, l’Érythréen sort d’une démonstration à la Clasica de Almeria. Sa formation, la NSN Cycling Team, possède l’un des collectifs les plus rodés du peloton.
La question tactique : Lewis Askey, souvent utilisé comme poisson-pilote, est un atout majeur. Son expérience et son coup de rein pour fermer les portes dans les derniers hectomètres sont redoutables. Si le train fonctionne (Tom van Asbroeck en ouvreur, Riley Sheenan en relais), Girmay peut sauter dans le sillage parfait à 200 mètres de la ligne. Mais attention : cette mécanique de précision est-elle trop prévisible ?
Luke Lamperti, le vainqueur de la veille, peut-il doubler ?
Luke Lamperti (⭐ ⭐) a démontré qu’il avait l’explosivité pour gagner sur Paris-Nice. Mais enchaîner est un autre défi.
L’atome caché : Marijn van den Berg. Le Néerlandais est un véritable kamikaze du placement. Etre scotché à sa roue dans le final, c’est s’assurer un coulour prioritaire. Si van den Berg répète son travail de la veille, Lamperti aura une carte maîtresse à jouer. Sera-t-il aussi frais pour conclure ?
La double casaque des « Milan » : Fretin et Menten à l’heure italienne
C’est l’un des duos les plus intrigants du peloton. Milan Fretin et Milan Menten (⭐) ne sont pas de la même équipe, mais ils partagent un prénom prédestiné.
Milan Fretin (Cofidis) 4e hier (dimanche) peut compter sur Bryan Coquard en dernier homme. Coquard, rouleur puissant, est capable d’emmagasiner de la vitesse très tôt.
Milan Menten (Lotto Intermarché) dispose de Vito Braet, aperçu très à l’aise dans les derniers mètres techniques de Carrières-sous-Poissy (2e). Le Lotto a souvent l’intelligence de ne pas lancer trop tôt.
Les outsiders techniques : Bauhaus et l’armada Astana
Phil Bauhaus (⭐ ⭐) sort d’une élimination précoce la veille ? Parfait. L’Allemand de 31 ans est un compétiteur qui mord sur le bitume quand on lui vole un sprint. Le coureur de la Bahrain Victorious excelle dans les finals nerveux où les coureurs se marquent, comme ce sera le cas à Montargis.
Du côté de la XDS Astana, on mise sur la jeunesse et la puissance. Avec Mike Teunissen et Yevgeniy Fedorov pour lancer Max Kanter (⭐), le train kazakh a du potentiel. Teunissen, ancien champion du monde de cyclocross, est l’un des meilleurs « pilotes » du peloton pour placer un sprinteur dans une roue adverse.
Leçons du passé : Montargis, ville étape à histoire
Il y a deux ans, sur cette même ligne, un certain Arvid de Kleijn créait la surprise. Ce jour-là, il avait dominé Laurence Pithie et Dylan Groenewegen, prouvant que Montargis ne regarde pas que le plus connu, mais aussi le mieux placé. Cette donnée historique est cruciale pour comprendre l’enjeu : aucun favori n’est à l’abri d’un « gros moteur » bien emmené.
Orluis Aular (Movistar), 3e hier, par exemple, correspond à ce profil. Le Vénézuélien ne se laisse pas bousculer, et sur une arrivée où la puissance brute est reine, il peut créer l’étincelle si les ténors se regardent.
Diffusion et Horaires : Suivre l’étape en direct
Pour les passionnés qui veulent traquer le placement des trains dès le kilomètre zéro, voici le récapitulatif des horaires indispensables pour ce lundi 9 mars 2026 :
Départ réel : 12h50
Arrivée estimée : Entre 16h49 et 17h11 (moyenne calculée entre 43 et 47 km/h)
Direct TV : France 3, Eurosport 2 et Eurosport Max à partir de 15h20.
Direct streaming : RTBF Auvio (Belgique) et Eurosport Player.
Question à la communauté : Selon vous, la NSN Cycling Team réussira-t-elle à contrôler les 5 derniers kilomètres pour offrir la gagne à Girmay, ou un « Milan » va-t-il créer la surprise en profitant du marquage des gros favoris ?
Verdict : Cette 2e étape est une pépite pour les amateurs de stratégie. Si le vent ne crée pas de bordure, le duel des trains dans les rues de Montargis promet un feu d’artifice. La hiérarchie du sprint mondial 2026 pourrait bien se redessiner sur l’Avenue Charles de Gaulle.
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