Paris Nice 2026 étape 5 : La plus longue étape vers Colombier-le-Vieux

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Paris Nice 2026 étape 5 la plus longue étape vers Colombier le vieux
Image : @ASO_ParisNice

206,3 kilomètres, quatre difficultés dans les 35 derniers kilomètres, un enchaînement infernal Saint-Jean-de-Muzols – Saint-Barthélemy-le-Plain et un vent qui pourrait balayer les derniers espoirs des puncheurs. Après le chaos d’Uchon qui a vu Juan Ayuso quitter la Course au Soleil et Jonas Vingegaard endosser le maillot jaune, la 5e étape entre Cormoranche-sur-Saône et Colombier-le-Vieux s’annonce comme un nouveau piège tendu sous les roues des organismes déjà éprouvés. Notre analyse technique de ce jeudi 12 mars 2026.

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Pourquoi la 5e étape de Paris-Nice 2026 pourrait consacrer le dernier des survivants

206 kilomètres pour désigner le vainqueur du jour ?

Paris-Nice a toujours cultivé ce mélange unique entre l’adieu à l’hiver et les premières grandes explications entre favoris. La 5e étape de cette édition 2026 perpétue cette tradition avec un menu qui ferait pâlir plus d’un organisateur de Classiques ardennaises.

Jeudi 12 mars, les coureurs rescapés du chaos d’Uchon s’élanceront de Cormoranche-sur-Saône pour 206,3 kilomètres d’une souffrance programmée. Le départ fictif sera donné à 11h50 (12h05 le départ réel), pour une arrivée estimée aux alentours de 17h00, avec une retransmission intégrale sur Eurosport Max et France 3 à partir de 15h10.

Mais au-delà des horaires, c’est bien la configuration de cette étape qui interpelle. Un peu plus de 3000 mètres de dénivelé positif sur un parcours qui n’offre aucun répit, avec 1000 mètres de montée concentrés sur les 38 derniers kilomètres. Du travail de bagnard.

Le vent peut-il provoquer de nouvelles bordures ?

Une première moitié taillée pour les pièges météo

Les 60 premiers kilomètres, totalement plats le long de la Saône, pourraient laisser croire à un début d’étape tranquille. C’est mal connaître la météo de la vallée du Rhône. Selon les données de Météo-France consultées pour cette analyse, un vent du nord assez soutenu est attendu, offrant un terrain de jeu idéal pour les équipes de puncheurs en quête de revanche.

Le peloton traversera Saint-Lager puis Alix sur un filet de bitume exposé. Les équipes Visma | Lease a Bike et Red Bull – BORA – hansgrohe, respectivement leaders au classement avec Jonas Vingegaard et Daniel Felipe Martinez, devront être constamment aux avant-postes pour éviter le scénario catastrophe vécu par Juan Ayuso la veille.

La stratégie des échappées matinales

Avec un final aussi exigeant et des organismes marqués par l’étape d’Uchon, la probabilité de voir une échappée au long cours aller au bout est réelle. Comme l’a si bien démontré l’édition 2025 remportée par Matteo Jorgenson, Paris-Nice est une course où la lucidité tactique prime souvent sur la puissance brute.

Les coureurs ayant perdu du temps sur la 4e étape, comme Lenny Martinez (Bahrain Victorious) ou David Gaudu (Groupama-FDJ United), pourraient voir dans cette longue étape l’opportunité de redorer leur blason. La question qui brûle les lèvres : assistera-t-on à une alliance objective entre ces Français pour mettre en difficulté la dictature des grosses écuries ?

L’enchaînement fatal : que vaut vraiment l’ascension de Saint-Jean-de-Muzols ?

Le piège absolu dans les 20 derniers kilomètres

Si l’on se réfère aux données fournies par ASO, la difficulté majeure de cette 5e étape se niche dans les 20 derniers kilomètres. La Côte de Saint-Jean-de-Muzols, classée en première catégorie, présente des statistiques affolantes : 2,2 kilomètres à 11% de moyenne, avec un passage répertorié à 16%.

Pour contextualiser cette difficulté, rappelons que la montée de Mende, souvent utilisée comme juge de paix, référence, affiche des pourcentages similaires sur une distance comparable. C’est exactement ce genre de pourcentage qui fait exploser les groupes et isole les leaders. Compte tenu de l’enchaînement avec la Côte de Sécheras (3,9 km à 7%) et la Côte de Saint-Barthélémy-le-Plain (3,2 km à 7,6%), on peut s’attendre à ce que le peloton arrive déjà réduit à une trentaine d’unités au pied du mur final.

Un final roulant qui ne dit pas son nom

L’arrivée à Colombier-le-Vieux, sur 4,6 kilomètres à 3,5% de moyenne, semble presque une formalité après le calvaire précédent. Mais c’est là que le piège se referme : les descentes techniques reliant les différentes ascensions seront cruciales. La moindre erreur de placement, et c’est 20 secondes de perdues qu’on ne rattrape jamais sur ce type de final.

L’aspect le plus sous-estimé de cette étape réside dans ces 23 kilomètres de descente entre le plateau de Mornant et Serrières. Les équipes de puncheurs pourraient y tenter des coups, notamment si le vent s’oriente favorablement.

Screenshot

Jonas Vingegaard est-il vraiment intouchable après Uchon ?

L’analyse des forces en présence

La démonstration de Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) sur la route d’Uchon a laissé des traces. Non seulement physiquement, mais aussi psychologiquement. Le Danois a prouvé qu’il pouvait gérer une course chaotique avec un sang-froid remarquable. Comme le rapporte notre rédaction, son placement dans les bordures a été quasi parfait, contrairement à Juan Ayuso qui a dû abandonner.

Pourtant, la 5e étape présente un danger différent : la fatigue cumulative. Avec 206 kilomètres dans les jambes et des leaders moins entourés dans le final vallonné, Vingegaard pourrait se retrouver isolé face à des attaques multiples. Daniel Felipe Martinez (Red Bull – BORA – hansgrohe), deuxième au classement général, a montré qu’il savait exploiter ce type de situation.

Le facteur Kévin Vauquelin : revanche ou sacrifice ?

La situation de Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) est probablement la plus complexe du peloton. Le Normand, quatrième du classement général à 19 secondes du podium, semble piégé par son propre talent. Auteur d’une débauche d’énergie exceptionnelle sur la 4e étape, il a payé cash son isolement dans les groupes de chasse.

Pour la 5e étape, deux options s’offrent aux INEOS Grenadiers : soit ils tentent tout pour installer Vauquelin sur le podium avec l’appui d’Oscar Onley (14e désormais du GC), soit ils libèrent leurs coureurs pour une quête d’étape. D’expérience, sachant que les secondes perdues sur Paris-Nice se regagnent difficilement, l’équipe britannique jouera probablement le classement. Mais cela signifie condamner Vauquelin à un rôle de marquage, lui qui aurait probablement été le plus grand favori pour une victoire d’étape dans un final sec.

Notre pronostic : qui succédera à Tadej Pogačar au palmarès de l’étape ?

Les favoris passés au crible

En croisant les données et notre analyse du terrain, voici notre hiérarchie des favoris pour cette 5e étape :

⭐⭐⭐ Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) : Le Danois est l’homme à battre. Son chrono et sa tenue sur Uchon en font le patron incontesté du peloton. S’il décide que l’étape est importante, personne ne pourra le suivre dans Saint-Jean-de-Muzols. La vraie question est ailleurs : en prendra-t-il le risque à quatre jours de l’arrivée ?

⭐⭐ Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) : Le plus fort sur le papier dans un final de puncheur-grimpeur. Mais son statut au général le prive de liberté. À moins d’un scenario où INEOS lancerait Onley en contre et lui laisserait les clés pour l’étape. Le Normand a le profil idéal et la pointe de vitesse pour régler un petit groupe.

Lenny Martinez (Bahrain Victorious) : Le grand perdant des bordures. Avec 5’07 de retard au général, il est désormais trop loin pour le classement. Libéré de toute pression, il peut jouer l’étape. Son punch et sa science de la course en font un candidat sérieux.

Daniel Felipe Martinez (Red Bull – BORA – hansgrohe) : Dans la même configuration que Vingegaard, il doit défendre sa deuxième place. Mais un coup de force tactique n’est pas à exclure, surtout si son équipe place Aleksandr Vlasov ou d’autres lieutenants dans l’échappée matinale.

Georg Steinhauser (EF Education – EasyPost) : Impressionnant de régularité, le troisième du général pourrait profiter des marquages entre les deux premiers pour glaner une victoire. Sa puissance dans les pourcentages soutenus est un atout.

Les outsiders qui peuvent créer la surprise

Julien Bernard (Lidl-Trek) : Le fils de Jean-François Bernard réalise comme toujours un début de saison canon. Puissant, endurant, il a le profil parfait pour cette étape.

Nicolas Prodhomme (Decathlon CMA CGM) : Le Français a lâché prise au classement général, ce qui le libère totalement pour une offensive. En grande condition depuis le début de saison, il peut viser un Top 5, voire mieux si le scénario est favorable.

Aleksandr Vlasov (Red Bull – BORA – hansgrohe) : Dans la hiérarchie de son équipe, il est le deuxième couteau derrière Martinez. Mais sur un parcours aussi exigeant, si le leader est marqué, Vlasov peut bénéficier d’un bon de sortie. Son punch dans les pentes raides est redoutable.

Jasper Stuyven (Soudal – Quick Step) : L’eau qui dort. 3e à Montargis, le Belge a prouvé qu’il était dans le « Game ». Dans un final tactique où les favoris se neutralisent, il peut surgir et créer l’exploit.

Et vous, quel scénario voyez-vous pour cette 5e étape ? Vingegaard écrasera-t-il la concurrence dès les premières pentes de Saint-Jean-de-Muzols ou assistera-t-on à une explication entre puncheurs dans les derniers kilomètres vers Colombier-le-Vieux ?

Pronostic final : Kévin Vauquelin, la revanche d’un Normand

Malgré les contraintes tactiques, nous voyons Kévin Vauquelin s’imposer sur cette 5e étape. Pourquoi ? Parce que l’orgueil d’un champion passe souvent par-dessus les considérations de classement quand l’opportunité se présente. Si INEOS place Oscar Onley dans le groupe des favoris pour gérer Vingegaard, Vauquelin pourrait recevoir le feu vert pour aller chercher l’étape.

Sa pointe de vitesse, sa capacité à gérer l’enchaînement des difficultés et la longueur de l’effort (206 km) jouent en sa faveur. Face à lui, Lenny Martinez tentera de surprendre, mais le Normand, dans son jardin psychologique et sur un final taillé pour ses qualités, semble intouchable. Vingegaard, lui, se contentera de contrôler ses concurrents directs pour préserver son maillot jaune en vue des derniers jours.

Rendez-vous jeudi à 17h pour le verdict, sur ces routes ardéchoises qui ont vu naître tant de légendes.

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