Coup de frein pour Tim Merlier. Alors que tout était aligné pour un début de saison tonitruant, le sprinteur de Soudal Quick-Step déclare forfait pour l’AlUla Tour 2026. Une gêne persistante au genou, aussi soudaine qu’inexpliquée, force l’ancien champion d’Europe à revoir ses plans. Un revers pour l’équipe et un premier suspense médical pour cette nouvelle année.
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Un réveil en demi-teinte pour le flash belge
L’hiver devait être une formalité, une simple transition vers une saison 2026 aux ambitions redoublées. Pour Tim Merlier, l’inter-saison se transforme en énigme médicale. Lors de la traditionnelle présentation de Soudal Quick-Step à Calpe ce 8 janvier, l’atmosphère était teintée d’inquiétude. Le sprinteur vedette, pilier de l’équipe en l’absence de Remco Evenepoel, a annoncé son forfait pour la première course de son calendrier : l’AlUla Tour du 27 au 31 janvier. La raison ? Une douleur au genou dont l’origine et la nature précises échappent encore aux médecins.
« Je ne peux rien dire sur la nature exacte du problème. Je ne le sais pas moi-même, les médecins ne le savent pas… », a confié le coureur de 33 ans, dans un rare aveu d’incertitude, au micro du Nieuwsblad. Un flou diagnostique qui complique la définition d’un protocole de retour et jette une ombre sur les premiers mois de sa saison.
La genèse d’un problème inattendu
Selon les éléments partagés par Merlier, la gêne est apparue subitement fin novembre 2023, dans le sillage de sa participation à l’événement caritatif « Boonen & Friends ». « Ce n’est pas facile de rivaliser avec des athlètes prêts à concourir » a-t-il admis, évoquant les difficultés rencontrées lors des reprises d’entraînement.
Le tableau clinique est paradoxal : la douleur aiguë initiale a disparu avec le repos, mais la sensation de « ne pas être à 100% » persiste. « Je n’ai pas encore comblé mon retard sur mes équipiers » concède-t-il, faisant référence au stage en Espagne où il peine à suivre le rythme d’un groupe déjà en pleine montée en puissance. Cette blessure, qualifiée de « gêne » plutôt que de lésion structurelle identifiée, devient donc autant un défi physique que mental.
Les conséquences tactiques : un agenda bouleversé
L’impact de ce report est immédiat et significatif à plusieurs niveaux :
Un duel scellé dans l’œuf : La compétition attendue entre Tim Merlier et l’Italien Jonathan Milan (Lidl-Trek) sur les routes d’Arabie Saoudite ne verra pas le jour. Une privation pour les amateurs de sprints spectaculaires.
Un vide à combler pour Soudal Quick-Step : L’équipe belge, en phase de reconstruction après plusieurs départs majeurs, comptait sur son sprinteur leader pour engranger rapidement des succès et du momentum. Ce contretemps impose un réajustement stratégique.
Un calendrier sous condition : Si l’AlUla Tour est officiellement écarté, la suite reste en pointillés. L’UAE Tour (mi-février) est évoqué comme un objectif de retour possible, mais rien n’est acté. « Nous déterminerons une date lorsque je me sens prêt » a déclaré Merlier, gardant toute latitude.
L’objectif suprême : les Classiques en ligne de mire
Malgré l’incertitude, la cible finale n’a pas bougé. L’esprit de Merlier est tourné vers le nord. « J’espère être en forme pour la période des Classiques » a-t-il affirmé, fixant un cap clair. Des courses comme le Kuurne-Bruxelles-Kuurne, la Nokere Koerse, et surtout la Scheldeprijs – qu’il a déjà remportée – et Gand-Wevelgem constituent l’horizon prioritaire de son premier semestre.
Cette focalisation est logique. Elle permet une reprise progressive sans la pression immédiate d’un Grand Tour, tout en visant des objectifs parfaitement adaptés à son profil de puissant sprinteur capable de résister aux pavés.
Entre prudence et course contre la montre
Cette situation place l’encadrement de Soudal Quick-Step dans une position délicate. La prudence est de mise avec une pathologie non identifiée, pour éviter toute aggravation. Dans le même temps, chaque jour d’indécision creuse un déficit de forme et de préparation spécifique.
Le mystère entourant cette blessure alimente également les spéculations. Est-ce une simple inflammation tendineuse ? Un problème cartilagineux sournois ? L’absence de diagnostic ferme laisse planer un doute qui ne sera levé qu’à l’épreuve des courses.
La patience, vertu du sprinteur
Tim Merlier, habitué aux accélérations fulgurantes, doit désormais faire preuve d’une qualité moins naturelle pour un compétiteur de son acabit : la patience. « Mentalement, ce n’est pas facile, mais si la situation continue d’évoluer ainsi, je suis confiant pour la suite » a-t-il assuré.
Son début d’année, imaginé sous le signe de l’offensive, se transforme en une mission de recalibrage. L’enjeu n’est plus de gagner en janvier, mais de tout mettre en œuvre pour être au sommet de sa puissance lorsque les bordures de Flandre trembleront sous les roues du peloton. Le premier sprint de Merlier en 2026 ne se disputera pas sur l’asphalte, mais dans les coulisses de sa propre convalescence. Et de ce défi-là dépend une large part des ambitions de Soudal Quick-Step.


