Entre frustration du Tour de France et rancoeur, Mikel Landa (Team Sky) veut rouler pour lui
Mikel Landa vers d'autres horizons en 2018 - Photo : Team Sky
Entre frustration et rancoeur, Mikel Landa veut rouler pour lui
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Quatrième du Tour de France, Mikel Landa est passé tout près du podium dont la troisième place est occupée par Romain Bardet (Ag2r-La Mondiale). En effet, une seconde seulement sépare les deux hommes. Le coureur espagnol de la Team Sky a bouclé la course avec beaucoup de regrets et garde une certaine rancoeur contre son équipe.

L’Izoard, la frustration de Mikel Landa

Co-leader de la Team Sky au Giro d’Italia avec Geraint Thomas, Mikel Landa a perdu tout espoir de remporter la course lors de l’étape du Blockhaus où il a été renversé accidentellement par une moto. Le grimpeur espagnol n’a pas abandonné mais a été contraint de revoir ses objectifs pour finalement décrocher une victoire d’étape et le classement de la montagne.

Aligné par son équipe sur le Tour de France en tant qu’équipier, il s’est avéré que l’Espagnol a été l’un des hommes les plus forts de cette édition. Pourtant, il a été contraint de mettre ses ambitions personnelles de côté pour se mettre au service du collectif Sky et notamment de son leader Chris Froome, le désormais quadruple vainqueur de la Grande Boucle.

Dans une entrevue accordé au journal espagnol El Pais, Mikel Landa évoque ses frustrations. « J’ai toujours essayé de donner le meilleur pour mes dirigeants et pour mes coéquipiers. Donc parfois, vous espérez quelque chose en retour. A l’Izoard, je voulais économiser mes forces quand ils m’ont rattrapé mais à la demande de Froome, je suis de nouveau allé devant et j’ai roulé. Il m’a dit d’aller plus lentement car il n’était pas si bien que ça. Je me suis quand même sacrifié sans pour autant apporter quelque chose de positif pour l’équipe. J’étais en colère ce jour-là. Je n’ai jamais mis en danger le Tour de France de Chris Froome. J’ai abandonné mes ambitions personnelles et c’est ce qui fait mal. »

En effet, Mikel Landa est passé à l’attaque dans l’Izoard. Derrière, Chris Froome a lui aussi accéléré peu après, ramenant Rigoberto Uran (Cannondale-Drapac) et Romain Bardet (Ag2r-La Mondiale) dans les roues de son équipier. L’Espagnol a ensuite continué son travail en tête du groupe en imposant le tempo voulu par son leader. Cependant, il a craqué dans les derniers instants, perdant ainsi 12 secondes. Sans ça, il avait probablement une chance de figurer sur le podium à Paris. Notons qu’il a également été freiné à plusieurs reprises durant ces trois semaines de courses, contraint d’attendre son leader.

L’Espagnol veut être le leader d’une équipe

En fin de contrat avec l’équipe britannique, Mikel Landa devrait donc changer d’équipe à la fin de la saison. Selon les rumeurs, il aurait été approché par la Movistar et Barhain-Merida. Une chose est sûre, l’Espagnol veut se présenter en tant que leader et rien d’autre sur le prochain Grand Tour auquel il participera. « Je ne veux plus être dans cette situation, c’est tellement frustrant. Participer à un Grand Tour en tant que leader pour gagner, ou en tout cas essayer, c’est mon objectif. Je veux courir pour moi et ne pas avoir de regret. »

Vidéo : Warren Barguil (Sunweb) remporte l’étape de l’Izoard

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1 COMMENTAIRE

  1. Ce n’est pas la première fois qu’un équipier peut s’avérer supérieur à son leader… Indurain pour Delgado ou bien Froome lui-même pour Wiggins, ont connu des situations assez similaires avant qu’ils ne deviennent leaders avec les succés que l’on connaît, tout en restant dans la même équipe contrairement à ce que souhaite Landa… Souhaitons-lui malgré tout le même avenir qu’Indurain ou Froome… Vous soulignez un des faits importants de ce tour, lorsque Froome attaque derrière Landa parti à l’avant… Sans cela, jusqu’où l’espagnol serait-il parti ? Serait-il monté sur le podium, voire mieux ?… En tous cas, l’espagnol veut clairement partir et ne plus conserver un statut de travailleur détaché parfois échappé à l’avant lorsque cela ne gêne pas le leader !… Comme autre exemple de matériel humain de luxe en service commandé Sky et très en vue sur ce tour, le travailleur détaché polonais Kwiatkowski, vainqueur des Strade Bianche et de Milan San-Remo cette année et contraint au sacrifice… Espagnols et Polonais, comme une histoire connue…

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