Guillermo Thomas Silva (XDS Astana) a créé la sensation sur la 2e étape du Giro 2026 à Veliko Tarnovo. Alors qu’une chute collective a précipité l’abandon de Jay Vine et ruiné les ambitions d’Adam Yates, le trio Vingegaard-Pellizzari-Van Eetvelt a été avalé à 500 mètres de la ligne. L’Uruguayen, parfaitement lancé par Christian Scaroni, s’impose au sprint et prend le Maillot Rose.
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Sous la pluie bulgare, Silva surgit des ténèbres pendant que Vingegaard et Yates vacillent
Comment la chute d’UAE Emirates XRG a-t-elle dynamité le scénario de l’étape ?
La deuxième étape du Giro 2026 restera comme un souvenir amer pour UAE Team Emirates XRG. Sur une chaussée détrempée par une pluie continue, le peloton a abordé une portion descendante sinueuse avec une nervosité palpable. À 23 kilomètres de l’arrivée, Marc Soler a glissé contre une glissière de sécurité, déclenchant un carambolage d’une violence inouïe.
Si l’image de Soler glissant seul est le déclencheur, la conséquence est un chaos collectif impliquant une trentaine d’unités. Le bilan est catastrophique pour la formation émiratie : Jay Vine, touché sévèrement, est contraint à l’abandon. Adam Yates, le leader désigné, bascule par-dessus la glissière. Il repart avec le visage maculé de sang et de terre, mais concède plus de 13 minutes sur la ligne, une croix définitive sur le classement général. Antonio Morgado est lui aussi évacué. Au-delà d’UAE, des outsiders comme Santiago Buitrago (Bahrain-Victorious), Derek Gee-West (Lidl-Trek) ou Rémi Cavagna (Groupama FDJ United) sont piégés.
Cette hécatombe a forcé une neutralisation de quelques minutes, nécessaire à l’intervention des secours. La course a repris, mais le mal était fait : le Giro perdait un de ses grands favoris et une partie du peloton abordait la montée décisive avec des organismes déjà traumatisés.

Pourquoi l’attaque de Jonas Vingegaard dans Lyaskovets a-t-elle échoué ?
La démonstration de force du train Visma
Après la neutralisation, il fallait des jambes de feu pour relancer la machine. Visma-Lease a bike a pris ses responsabilités dans l’ascension du Monastère de Lyaskovets (3,9 km à 6,6 %, pointe à 14 %). Davide Piganzoli a imprimé un rythme infernal, véritable épurateur à 11 kilomètres du but. Ce tempo a immédiatement décroché le maillot rose Paul Magnier (Soudal Quick-Step), victime des forts pourcentages.
Jonas Vingegaard a alors placé une double accélération en danseuse, d’une tranchant rappelant ses meilleurs jours en haute montagne. Seuls deux hommes ont pu recoller au sommet : le jeune prodige italien Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA – Hansgrohe) et le puncheur belge Lennert Van Eetvelt (Lotto-Intermarché).
Le « bluff » du Danois et le retour inespéré
L’entente dans le trio de tête était paradoxale. Vingegaard, loin de jouer le surnombre, passait des relais de « bourrin » tandis que Pellizzari et Van Eetvelt semblaient par moments se zyeuter. Cette collaboration en demi-teinte a offert une fenêtre de tir inespérée au peloton. Selon vous, Vingegaard a-t-il trop donné dans ces relais par peur du retour de Bernal, ou a-t-il sous-estimé la vitesse de Jan Christen ?
La réponse est venue de l’arrière. Jan Christen, seule éclaircie d’une journée noire pour UAE, a effectué un jump magistral pour faire la jonction sous la flamme rouge. Ce renfort inattendu n’a pas affolé suffisamment le trio, mais a offert un point d’appui solide aux poursuivants. Dans les 500 derniers mètres, le peloton des costauds, tracté par une volonté collective de ne pas laisser filer le général, a englouti les fuyards. Comme en 2023 sur certaines étapes piégeuses, Vingegaard a prouvé qu’il était l’homme fort, mais a manqué de soutien ou de vice pour verrouiller ce coup de force.
Comment Guillermo Thomas Silva a-t-il transformé l’essai en maillot rose ?
Guillermo Thomas Silva n’a pas volé cette victoire. Pour sa première participation au Giro – une première historique pour un Uruguayen – le coureur de 24 ans a fait preuve d’un sang-froid de vieux briscard. Alors que le regroupement général s’opérait dans les derniers hectomètres, XDS Astana a placé sa cartouche maîtresse.
Christian Scaroni, dans un rôle de poisson-pilote extraordinaire, a lancé le sprint de très loin, déposant Silva dans la roue parfaite de Florian Stork (Tudor). « Je devais juste garder mon calme et lancer au bon moment » a sobrement commenté le vainqueur après la ligne. Ce succès, conquis sur un photo-finish devant Stork et Giulio Ciccone (Lidl-Trek), est un modèle de placement. Il rappelle que sur un Giro, les étapes de « sprint en petit comité » se gagnent autant à l’instinct qu’à la puissance pure. L’Uruguayen signe son premier succès en WorldTour et endosse un maillot rose qui pourrait bien passer la journée de Sofia sur ses épaules.
Selon vous, l’attitude de Vingegaard dans le final relève-t-elle de la panique ou du calcul pour tester ses adversaires sur le long terme ?
Dans un final aussi haché, le Danois a montré une agressivité rare si tôt dans un Grand Tour. En passant des relais puissants dans la descente, il semblait vouloir assommer le Giro dès la première montée. Pourtant, le fait de ne pas avoir piégé Pellizzari dans le final interroge sur sa confiance du moment. A-t-il roulé pour éliminer Yates et Magnier au général, quitte à perdre le gain de l’étape ? Ou a-t-il simplement manqué de la dureté nécessaire pour finir le travail ? La suite des cols nous le dira.
Guillermo Thomas Silva peut-il conserver le maillot rose au-delà de la 3e étape ou n’est-il qu’un éphémère leader ?
Avec une avance infime de 4 secondes sur Stork et Bernal, Silva aborde la 3e étape vers Sofia avec un statut de leader inattendu. La journée, promise à un sprint massif malgré une ascension de 9 km, semble taillée pour les rouleurs-sprinteurs. Mais sur un Giro humide et nerveux, un maillot rose ne tient jamais à l’abri d’une bordure ou d’un coup de bordure. Le coureur de XDS Astana a-t-il les épaules pour gérer la pression des trains de sprinteurs ou sera-t-il victime, comme Paul Magnier la veille, du rythme effréné des grands favoris ?
Classement Giro 2026, Etape 2 : Top 20
- SILVA GUILLERMO THOMAS, XDS Astana Team les 221 km en 5:39:25 (39 km/h)
- STORK FLORIAN, Tudor Pro Cycling Team m.t.
- CICCONE GIULIO, Lidl – Trek m.t.
- SCARONI CHRISTIAN, XDS Astana Team m.t.
- PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
- SOBRERO MATTEO, Lidl – Trek m.t.
- LEKNESSUND ANDREAS, Uno-X Mobility m.t.
- CHRISTEN JAN, UAE Team Emirates – XRG m.t.
- TJØTTA MARTIN, Uno-X Mobility m.t.
- RONDEL MATHYS, Tudor Pro Cycling Team m.t.
- HINDLEY JAI, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
- ROMO JAVIER, Movistar Team m.t.
- VAN EETVELT LENNERT, Lotto Intermarché m.t.
- RUBIO EINER, Movistar Team m.t.
- PIGANZOLI DAVIDE, Team Visma | Lease a Bike m.t.
- HIRT JAN, NSN Cycling Team m.t.
- CARUSO DAMIANO, Bahrain – Victorious m.t.
- ENGELHARDT FELIX, Team Jayco AlUla m.t.
- ARENSMAN THYMEN, Netcompany INEOS +0:04
- RAFFERTY DARREN, EF Education – EasyPost +0:04
Classement général Giro 2026 après la 2e étape : Top 20
- SILVA GUILLERMO THOMAS, XDS Astana Team en 9:00:23
- STORK FLORIAN, Tudor Pro Cycling Team +0:04
- BERNAL EGAN, Netcompany INEOS +0:04
- ARENSMAN THYMEN, Netcompany INEOS +0:06
- CICCONE GIULIO, Lidl – Trek +0:06
- CHRISTEN JAN, UAE Team Emirates – XRG +0:10
- KULSET JOHANNES, Uno-X Mobility +0:10
- VAN EETVELT LENNERT, Lotto Intermarché +0:10
- TJØTTA MARTIN, Uno-X Mobility +0:10
- RAFFERTY DARREN, EF Education – EasyPost +0:10
- HIRT JAN, NSN Cycling Team +0:10
- HINDLEY JAI, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:10
- SCARONI CHRISTIAN, XDS Astana Team +0:10
- CARUSO DAMIANO, Bahrain – Victorious +0:10
- MAS ENRIC, Movistar Team +0:10
- VINGEGAARD JONAS, Team Visma | Lease a Bike +0:10
- O’CONNOR BEN, Team Jayco AlUla +0:10
- LÓPEZ JUAN PEDRO, Movistar Team +0:10
- ROMO JAVIER, Movistar Team +0:10
- RUBIO EINER, Movistar Team +0:10
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Revoilà Silva !… Le jeune uruguayen avait déjà quelque peu surpris durant le début du dernier Tour de Catalogne, en terminant 4é de la première étape puis 6é de la seconde, chaque fois à l’issue de sprints en peloton, notamment dans la traditionnelle et difficile arrivée du premier jour, 4é derrière Godon, Evenepoel et Pidcock. Il s’éclipsa on ne sait trop pourquoi le troisième jour; pour resurgir donc ici, mais de manière encore plus inattendue…
Fin d’étape totalement folle, propre au cyclisme d’aujourd’hui, avec cette terrible chute suivie de l’attaque du premier favori, là où on ne l’attendait pas, mais peut-être y avait t’il chez Vingegaard le désir de forcer la course sur l’avant afin d’éviter les chutes, un peu dans l’idée des UAE de Pogacar dans le Ronde ou vers Roubaix; sa prudence dans la dernière descente le laisse supposer. Car il y avait eu juste avant cette terrible chute, ces coureurs effrayés pris au piège de la vitesse et de leur inexorable sort, lot désormais habituel de ces grandes courses par étapes. L’étape suivante sera sans doute plus calme, mais le problème de ces chutes liées à la vitesse et aux risques pris, demeure, irrésolu…