TodayCycling - Ferdi Kubler est mort le 29 décembre 2016
TodayCycling - Ferdi Kubler est mort le 29 décembre 2016
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Ferdi Kubler s’est éteint avant-hier à Zurich, à l’âge de 97 ans. Premier Suisse lauréat du Tour de France, il en était aussi le doyen des vainqueurs. Avec lui disparaît l’un des derniers témoins de l’âge d’or du cyclisme de l’après-guerre…

Le cyclisme pour échappatoire

Ferdinand Kubler a souvent expliqué avoir eu cette rage de vaincre sur un vélo afin d’échapper à son destin de valet de ferme. Issu d’un monde campagnard, il souhaitait pour lui-même une autre vie que celle de ses parents. Pour fuir la pauvreté, il s’entraînait des heures durant sur les cols non asphaltés du Sud de Zurich. Il a finalement épousé la carrière cycliste aux premiers temps de la seconde guerre mondiale ; la neutralité de son pays le lui permit. Il dût néanmoins attendre 1947 pour internationaliser son palmarès, prouvant rapidement qu’il serait de ceux avec lesquels il faudrait compter.

Premier maillot jaune de l’après-guerre, il fut l’un des principaux protagonistes d’un certain âge d’or de son sport. Il a partagé l’affiche avec d’autres légendes telles que Fausto Coppi, Louison Bobet, Gino Bartali, Jean Robic, Federico Bahamontes, Charly Gaul, Hugo Koblet… Et malgré la concurrence de ces années-là, le Suisse est parvenu à se tailler un palmarès impressionnant : Tour de France, Championnat du monde, Bordeaux-Paris, Milan-Turin, Liège-Bastogne-Liège, Flèche Wallonne, Tour de Suisse, Tour de Romandie, record de l’heure… S’il ne fut sans doute pas le meilleur coureur de son époque, il fut assurément le plus complet. Capable de briller sur piste, sur route ou en cyclo-cross, il s’est illustré aussi bien sur le tour et le Giro que sur les ardennaises, les flandriennes ou les classiques italiennes. Il a rivalisé avec Coppi en montagne, Darrigade au sprint et Koblet en contre-la-montre. Il est, encore aujourd’hui, l’un des coureurs au palmarès le plus éclectique.

Après avoir remis son vélo au clou, le Zurichois a connu plusieurs vies : directeur sportif anecdotique, ambassadeur de poids pour le Tour de Suisse, icône publicitaire, fleuriste… Il a toujours connu une immense popularité chez lui, à telle enseigne qu’il sera désigné « personnalité suisse des 50 dernières années » en 1983.

La Suisse coupée en deux

L’Italie a connu le duel Bartali-Coppi, la France s’est déchirée pour départager Anquetil et Poulidor, la Suisse, quant à elle, a connu son équivalent avec le duel entre Ferdi Kubler et Hugo Koblet. Les deux hommes n’avaient guère plus en commun que leur nationalité, leur amour des femmes et leur talent sur la bicyclette car pour le reste, il était difficile de trouver plus antagoniques. D’un côté Ferdinand le rural, le besogneux, l’impulsif, le volubile, et de l’autre Hugo le citadin, le dilettante, l’esthète, le réservé. D’un côté Kubler, qui courait souvent à contretemps, au gré de son instinct, et de l’autre côté un Koblet moins dispendieux dans l’effort (même si son immense exploit d’Agen en 1951 nous rappelle que le panache était universel en ce temps-là). Suite à ce doublé K-K de 1950/51, la Suisse n’est plus jamais parvenue à hisser l’un des siens sur la plus haut marche du podium à Paris.

Au temps des anecdotes croustillantes

En 1955, pour ce qui serait son dernier Tour, le Ventoux était au menu de la 11e étape. Le géant de Provence était encore une nouveauté puisqu’il n’avait été arpenté par le peloton que lors des éditions 1951 et 1952… Editions auxquelles ne participait pas Kubler. Fidèle à son style de chien fou, il décida d’attaquer dès les premières rampes, en poussant ses cris chevalins, qui lui avaient valu le surnom d’Homme Cheval.  A la mise en garde de Raphaël Geminiani « Attention Ferdi, le Ventoux n’est pas un col comme les autres », il répondit, avec son fort accent germanique « Ferdi non plus, pas coureur comme les autres« . Il comprit son erreur trop tard et termina l’étape à la dérive, une demi-heure après Louison Bobet, faisant là de tristes adieux au Tour de France.

Le nouveau doyen des vainqueurs du Tour est maintenant Roger Walkowiak, vainqueur en 1956, à l’aube de l’avènement de Jacques Anquetil.

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VIDEO CYCLISME
Arrivée du Tour de France 1950 – Triomphe de Ferdi Kubler

 

 

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David GUÉNEL
Passionné par le cyclisme des pionniers...

1 commentaire

  1. 97 ans ! Bravo au grand champion suisse pour sa carrière…et sa longévité…Bravo également à vous pour cet hommage et ce résumé .

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