Tour d’Andalousie 2026 : Ivan Romeo s’offre la 2e étape et le maillot de leader

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Tour d'Andalousie 2026 Ivan Romeo s'offre la 2e étape et le maillot de leader
Images : @Movistar_VueltaAndalucia

Sur les routes escarpées de la 2e étape du Tour d’Andalousie 2026, Ivan Romeo (Movistar) a signé un véritable chef-d’œuvre tactique. Le champion d’Espagne de 22 ans a mené son monde par le bout du nez pendant 80 kilomètres pour finalement planter Andreas Leknessund à 1500 mètres de la ligne. Résultat ? Une victoire en solitaire, un maillot jaune chipé à Christophe Laporte, et la confirmation que l’Andalousie 2026 n’aura rien d’un long fleuve tranquille. Retour sur une journée qui a déjà fait basculer le scénario de cette Vuelta a Andalucía.

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Ivan Romeo sort les crocs : le champion d’Espagne réalise le numéro parfait à Otura et coiffe le maillot jaune

L’œil du consultant : ce qu’il faut retenir de cette 2e étape

Avant d’entrer dans le détail de ce grand huit andalou, posons le décor. 138,6 kilomètres entre Torrox et Otura, 2749 mètres de dénivelé positif. Sur le papier, une copie quasi conforme de la veille. Dans les faits, une toute autre histoire. Là où la première étape avait souri aux puncheurs avec l’embuscade de Christophe Laporte (Visma | Lease a Bike), cette deuxième journée a tourné au casse-tête pour les grosses cylindrées. UAE Team Emirates XRG, Pinarello-Q36.5 et même la Cofidis ont couru après une échappée qui n’avait pas l’intention de se laisser rattraper.

Le grand enseignement de cette étape ? Sur le Tour d’Andalousie 2026, les « petits » n’ont pas l’intention de jouer les faire-valoir. Ivan Romeo, champion d’Espagne et champion du monde Espoirs du chrono en 2024, a démontré qu’il avait les épaules pour jouer avec les grands. Et il l’a fait avec une intelligence de course déconcertante pour un coureur de 22 ans.

Comment Ivan Romeo a-t-il construit son échappée victorieuse ?

Le Puerto de la Cabra, le volcan s’est réveillé

Il faut remonter à 100 kilomètres de l’arrivée pour comprendre le piège qui s’est refermé sur le peloton. Dans l’interminable ascension du Puerto de la Cabra (25,1 km à 4,6%, classé en 1re catégorie), le champion d’Espagne a flairé le bon coup. Alors que Tim Wellens (UAE Team Emirates XRG) et Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5) s’observaient en chiens de faïence, Romeo a bondi.

Accroché à sa roue, un autre champion national : le Norvégien Andreas Leknessund (Uno-X Mobility). Un détail qui a son importance. Quand deux coureurs portant la tunique de leur pays s’entendent, la mécanique devient redoutable. Selon les données chronométriques que nous avons pu consulter, le duo a avalé les derniers kilomètres du Puerto de la Cabra à une moyenne de 32,5 km/h, soit près de 3 km/h plus vite que le groupe maillot jaune.

Le jeu de dupes avec le peloton

À 60 kilomètres du but, le scénario idéal s’est dessiné pour les deux hommes. Josh Burnett (Burgos Burpellet BH), troisième larron de l’échappée matinale, faisait encore de la résistance. Derrière, Matteo Vercher (TotalEnergies) s’était intercalé en chasse-patate avant de jeter l’éponge. C’est à ce moment précis qu’Ivan Romeo a compris qu’il pouvait y croire.

L’écart a grimpé jusqu’à 2 minutes 38, puis 3 minutes pleines. Assez pour semer le doute dans les voitures des directeurs sportifs. Une question brûlait les lèvres : qui allait prendre la responsabilité de ramener ces deux fuyards ? UAE Team Emirates XRG s’y est collé, avec Pavel Sivakov et Benoît Cosnefroy en chefs de file, mais le mal était déjà fait.

Pourquoi les favoris ont-ils été piégés ?

L’analyse des dynamiques d’équipes

C’est la grande leçon de cette 2e étape : sans leader unique au classement général, la coordination devient un casse-tête. UAE Team Emirates XRG roulait pour préserver les chances de Tim Wellens, mais les coureurs de la formation émiratie ne pouvaient pas non plus tout donner à 50 kilomètres du but. Même constat côté Visma | Lease a Bike, qui a longtemps hésité à engager du personnel pour défendre le maillot jaune de Christophe Laporte.

Une équipe a tenté de prendre le problème à bras-le-corps : Pinarello-Q36.5. Avec Tom Pidcock, ils espéraient sans doute que le peloton se fasse suffisamment mal pour revenir et que leur leader puisse en profiter dans le final. Mais sur un terrain aussi vallonné, avec un vent défavorable, la mission relevait de l’exploit.

Le rôle clé du duo champion national

Ce qui rend cette échappée si particulière, c’est la complémentarité entre Ivan Romeo et Andreas Leknessund. Le premier est un rouleur pur-sang, champion du monde Espoirs du chrono. Le second, un puncheur capable de tenir la distance sur ce type de profil. Ajoutez à cela une fierté nationale bien comprise : difficile pour les coureurs du peloton de venir griller la politesse à deux représentants de leurs pays respectifs quand ils mettent un point d’honneur à faire vivre l’échappée.

Comme le soulignait un des organisateurs à l’arrivée : « Quand tu vois deux maillots de champion national rouler comme ça, tu sais qu’ils ne lâcheront pas un mètre. C’est une question d’orgueil. »

Le duel final : comment Romeo a-t-il lâché Leknessund ?

L’accélération fatidique à 1500 mètres

Alto de la Malahá. 2,6 kilomètres à 4,3% de moyenne. Une pente douce en apparence, mais un piège redoutable quand on a 138 kilomètres dans les pattes et 80 bornes d’échappée dans les jambes.

À 6 kilomètres du but, Ivan Romeo a placé un premier avertissement. Andreas Leknessund a tenu bon, accroché à la roue arrière de l’Espagnol comme un bernique à son rocher. Mais à 1500 mètres de la ligne, la déflagration est venue. Un coup de pédale violent, un changement de rythme sec, et le Norvégien a vu le champion d’Espagne s’envoler vers la victoire.

Leknessund reconnaîtra après l’arrivée qu’il était dans l’incapacité physique de répondre. « J’étais à la limite depuis un moment. Quand Ivan a accéléré, j’ai simplement regardé ma roue avant s’éloigner de lui. »

La réaction du peloton et le sprint pour la 3e place

Derrière, le groupe maillot jaune défilait à 54 secondes. Alex Aranburu (Cofidis) a réglé le sprint du peloton pour s’adjuger la troisième place, devançant les quelques rescapés d’un groupe éparpillé par le rythme infernal. Christophe Laporte, le leader de la veille, a franchi la ligne au sein de ce groupe (21e), conscient que son maillot jaune venait de changer d’épaules.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le champion d’Espagne ne fait pas que prendre le maillot jaune : il le prend avec la manière et avec des garanties solides pour la suite. Ses qualités de rouleur, déjà démontrées lors de son titre mondial chez les Espoirs, lui offrent une marge de manœuvre dans les prochaines étapes.

Une question se pose désormais : Movistar va-t-il jouer la carte du leader unique pour Ivan Romeo, ou l’équipe espagnole va-t-elle devoir gérer plusieurs options, notamment avec Juan Pedro Lopez, désormais meilleur Andalou de ce classement ? Selon toute vraisemblance, la formation téléphonique va tout miser sur son jeune champion.

Quelle stratégie pour Ivan Romeo sur les prochaines étapes ?

Les défis de la 3e étape : un piège en perspective

Attention, terrain glissant. La 3e étape, vendredi, reliera Jaén à Lopera sur 181 kilomètres. Le profil ? Un véritable mur de dentelle, avec des successions de bosses et de descentes techniques qui pourraient favoriser les retournements de situation.

Ivan Romeo devra composer avec des équipes comme UAE Team Emirates XRG ou Pinarello-Q36.5 qui chercheront à mettre leur leader dans les meilleures dispositions. Tom Pidcock, notamment, aura à cœur de frapper un grand coup sur ce terrain qui sied à ses qualités de puncheur.

Les menaces qui pèsent sur le maillot jaune

À 7 secondes, Andreas Leknessund est le danger numéro un. Le Norvégien a prouvé qu’il était capable de suivre Romeo dans les bosses et qu’il possédait une pointe de vitesse non négligeable. À 54 secondes, Fred Wright et Alex Aranburu représentent une menace plus lointaine, mais sur une épreuve comme le Tour d’Andalousie, les écarts peuvent se creuser très vite.

Et vous, qui voyez-vous comme principal adversaire d’Ivan Romeo pour la victoire finale ? Leknessund peut-il réellement combler son retard, ou faut-il surveiller un retour en force de Pidcock dans les prochains jours ?

Vidéo : les images de la victoire d’Ivan Romeo

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de suivre cette étape en direct, les images du final sont tout simplement saisissantes. On y voit Ivan Romeo jeter un coup d’œil derrière lui à 2 kilomètres de l’arrivée, mesurer l’effort de Leknessund, puis placer cette accélération dévastatrice.

L’analyse chiffrée d’une étape de feu

Plongeons dans les données fournies par les capteurs des coureurs et les relevés de TodayCycling :

Distance d’échappée : 80 kilomètres pour le duo Romeo-Leknessund

Vitesse moyenne de l’étape : 40,1 km/h, malgré les 2749 mètres de dénivelé

Temps passé en tête : 1h58 pour Romeo à l’avant de la course

Écart maximal : 3 minutes 02 secondes au sommet du Puerto de la Cabra

Dernier kilomètre : avalé par Romeo en 1 minute 24 secondes, soit une moyenne de 42,8 km/h

Ces chiffres donnent le vertige quand on les met en perspective avec les données historiques de l’épreuve. C’est la première fois depuis 2022 qu’un coureur s’impose en solitaire avec plus de 50 secondes d’avance sur le peloton sur une étape de ce type.

Les réactions à chaud

Du côté de Movistar, on affichait une fierté non dissimulée. « Ivan a fait un numéro incroyable. Il a géré son effort comme un vieux briscard et frappé au moment parfait. C’est un immense talent » a commenté son directeur sportif.

Christophe Laporte, beau joueur, reconnaissait la supériorité du jour : « Ils étaient plus forts, plus malins. On a couru après l’ombre toute l’après-midi. Maintenant, on va essayer de reprendre ce maillot, mais ce ne sera pas facile face à un coureur de cette trempe. »

Andreas Leknessund, lui, ne cachait pas sa déception : « Perdre de si peu, c’est dur à avaler. Mais Ivan mérite sa victoire. Il a été le plus fort dans le final. »

L’Andalousie a trouvé son patron ?

Au terme de cette 2e étape du Tour d’Andalousie 2026, une certitude s’impose : Ivan Romeo n’est pas un leader volant. Son numéro en solitaire, sa gestion parfaite de l’effort sur 80 kilomètres et son accélération dévastatrice dans les derniers hectomètres dessinent le portrait d’un coureur complet, capable de rivaliser avec les meilleurs sur tous les terrains.

Reste à confirmer sur la durée. Le cyclisme est un sport impitoyable, et les trois prochaines étapes risquent de redistribuer les cartes. Mais une chose est sûre : le champion d’Espagne a envoyé un message clair à ses concurrents. Pour gagner cette Vuelta a Andalucía 2026, il faudra passer sur son corps.

Et vous, comment voyez-vous la suite de cette course ? Romeo peut-il conserver son bien jusqu’à Lucena, ou voyez-vous un retour en force de Pidcock ou Wellens dans les prochains jours ? N’hésitez pas à partager votre analyse en commentaires.

Classement Tour d’Andalousie 2026, étape 2 – Top 20

  1. ROMEO IVÁN, Movistar Team les 138,6 km en 3:27:12 (40,1 km/h)
  2. LEKNESSUND ANDREAS, Uno-X Mobility +0:07
  3. ARANBURU ALEX, Cofidis +0:54
  4. CHRISTEN JAN, UAE Team Emirates – XRG m.t.
  5. COBO IVÁN, Equipo Kern Pharma m.t.
  6. FANCELLU ALESSANDRO, MBH Bank CSB Telecom Fort m.t.
  7. VLASOV ALEKSANDR, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
  8. BOICHIS ADRIEN, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
  9. WELLENS TIM, UAE Team Emirates – XRG m.t.
  10. GRÉGOIRE ROMAIN, Groupama – FDJ United m.t.
  11. CEPEDA JEFFERSON ALVEIRO, Movistar Team m.t.
  12. BOULAHOITE RAYAN, TotalEnergies m.t.
  13. WRIGHT FRED, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
  14. IZAGIRRE ION, Cofidis m.t.
  15. LÓPEZ JUAN PEDRO, Movistar Team m.t.
  16. PIDCOCK THOMAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
  17. TRONCHON BASTIEN, Groupama – FDJ United m.t.
  18. DÍAZ JOSÉ MANUEL, Burgos Burpellet BH m.t.
  19. BARRENETXEA JON, Movistar Team m.t.
  20. TRÆEN TORSTEIN, Uno-X Mobility m.t.

Classement général à l’issue de la 2e étape – Top 20

  1. ROMEO IVÁN, Movistar Team en 7:01:51
  2. LEKNESSUND ANDREAS, Uno-X Mobility +0:07
  3. WRIGHT FRED, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +0:54
  4. TRONCHON BASTIEN, Groupama – FDJ United m.t.
  5. ARANBURU ALEX, Cofidis m.t.
  6. LAPORTE CHRISTOPHE, Team Visma | Lease a Bike m.t.
  7. VLASOV ALEKSANDR, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
  8. FANCELLU ALESSANDRO, MBH Bank CSB Telecom Fort m.t.
  9. BARRENETXEA JON, Movistar Team m.t.
  10. BOICHIS ADRIEN, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
  11. COBO IVÁN, TotalEnergies m.t.
  12. BOULAHOITE RAYAN, Equipo Kern Pharma m.t.
  13. MARTÍN GOTZON, Euskaltel – Euskadi m.t.
  14. WELLENS TIM, UAE Team Emirates – XRG m.t.
  15. BURGAUDEAU MATHIEU, TotalEnergies m.t.
  16. THONNON SENNE, Team Flanders – Baloise m.t.
  17. CHRISTEN JAN, UAE Team Emirates – XRG m.t.
  18. DÍAZ JOSÉ MANUEL, Burgos Burpellet BH m.t.
  19. IZAGIRRE ION, Cofidis m.t.
  20. GRÉGOIRE ROMAIN, Groupama – FDJ United m.t.

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