Accueil Blog Page 13

Mikel Landa face à son destin : la dernière danse du grimpeur ?

À l’aube de sa 17e saison, Mikel Landa porte un regard lucide sur son présent et son futur. Libéré du rôle de lieutenant, le Basque de Soudal Quick-Step hérite d’un double mandat pour 2026 : leader sur le Giro d’Italia, chasseur de victoires sur le Tour de France. Une saison de vérité pour un coureur qui n’a plus gagné depuis 2021 sur le Tour de Burgos et dont le contrat s’achève en décembre. Entre revanche et renaissance, récit d’une année qui sentira le soufre et l’acier.

Lire aussi : Tour de France 2026. Le parcours qui veut crucifier les favoris

Un plan de bataille clair : Giro pour la gloire, Tour pour la fulgurance

Le calendrier de Mikel Landa pour 2026 ne laisse place à aucun doute. C’est une stratégie en deux actes, pensée pour maximiser ses qualités et son expérience. « L’idée est de commencer par le Tour de Valence début février, puis d’enchaîner Catalogne, Pays Basque, le Giro et le Tour » détaille le principal intéressé dans une interview accordée à Deia.

Le premier objectif est une revanche. Le Giro d’Italia 2025 reste un traumatisme : une lourde chute en Albanie dès le premier jour, un abandon forcé, des mois de douleurs lombaires. « Je n’ai pas encore totalement tourné la page, confie-t-il. J’y retourne avec cette petite envie de voir si je suis capable d’en profiter. » Dans une équipe Soudal Quick-Step qui alignera le sprinteur Paul Magnier, Landa sera l’homme du classement général, épaulé par des grimpeurs comme le jeune italien Giovanni Garofoli.

Puis viendra juillet, et un rôle inédit. « Pour le Tour, on m’a donné la liberté de chercher des étapes. C’est quelque chose qui m’attire, car je ne l’ai jamais vraiment fait. » Face à la domination annoncée de Tadej Pogačar et à un plateau ultra-compétitif, l’Espagnol opte pour la fulgurance plutôt que la régularité. Il sera accompagné dans cette quête par des rouleurs-puncheurs comme Valentin Paret-Peintre, tandis que Tim Merlier veillera sur les sprints.

Le départ d’Evenepoel : Une libération et une nouvelle responsabilité

Le transfert de Remco Evenepoel chez Red Bull-Bora-Hansgrohe a profondément remodelé l’équilibre interne de la Soudal Quick-Step. L’équipe belge, un temps orientée Grand Tour, revient à son ADN de chasseur de victoires sur les Classiques et les étapes.

Pour Landa, ce départ n’est pas une perte, mais une opportunité. « L’équipe redevient ce qu’elle était : une Lotto pour les sprinteurs ou les classiques. Pour les classements généraux, je redeviens le leader » analyse-t-il. Ce changement de statut, couplé à une réflexion approfondie avec le staff, a donné naissance au programme 2026. « Ensemble, nous avons trouvé ce calendrier et il me motive vraiment. »

2025 : Une saison écourtée, une fraîcheur préservée ?

L’accident du Giro a tronçonné sa saison. Avec seulement 45 jours de course, Landa n’a pas accumulé la fatigue habituelle d’un coureur de Grands Tours. « Je n’ai pas terminé l’année épuisé comme en 2024, souligne-t-il. J’espère que cette fraîcheur me sera bénéfique. »

Les indicateurs de fin de saison étaient pourtant positifs. Une 4e place au Tour de Catalogne, un 7e à Tirreno-Adriatico, et surtout une échappée remarquée sur la Vuelta, où il a été battu au sprint par Egan Bernal. « Ce jour-là, j’étais très bien. Cela m’a prouvé que le niveau était toujours là » assure-t-il. Cette performance a balayé les doutes nés de ses problèmes de dos persistants.

L’Épée de Damoclès : L’avenir au-delà de 2026

La question plane sur toute sa saison. Son contrat s’achève en décembre 2026. À 36 ans, est-ce la dernière ligne droite ? « Aujourd’hui, j’ai autant de chances de raccrocher le vélo que de continuer » lance-t-il, pragmatique.

Ses critères sont clairs : le plaisir, le niveau et la confiance de l’équipe. « Si je continue à m’amuser, si je suis à mon niveau et que l’équipe me veut, je continuerai. » Installé dans le projet Soudal Quick-Step, il espère y terminer sa carrière. « Je me sens bien ici, apprécié, j’ai trouvé ma place. »

La soif intacte d’une victoire

Le chiffre est là, en travers de la gorge : plus de victoire depuis le Tour de Burgos 2021. « Ça me tracasse, reconnaît Landa. C’est un objectif clair chaque saison. » L’approche 2026, avec une pression différente sur le Tour, pourrait être la clé.

« Être le meilleur un jour, ressentir à nouveau ces sensations, c’est unique » avoue-t-il. Le Giro lui offre un cap pour le classement général, mais c’est peut-être sur les pentes du Tour, en petit comité, que la magie pourra enfin opérer. Pour Mikel Landa, 2026 ne sera pas une saison de transition, mais une saison de définition. Celle qui dira si le grimpeur a encore un coup d’éclat à offrir, ou s’il entame, lucide et combatif, son ultime descente.

Sombrez-vous dans les années maillot jaune ? Le grand quizz des Tours oubliés

Entre deux années, un défi temporel vous attend. Le Tour de France, plus qu’une course, est une mémoire collective. Ses victoires, ses drames et ses exploits dessinent une chronologie unique. Mais sauriez-vous les replacer avec précision ? À l’heure où 2025 bascule vers 2026, testez votre connaissance intime de la Grande Boucle. Prêt pour ce voyage dans le temps ?

Lire aussi : Tour de France 2026. Le parcours qui veut crucifier les favoris

La fin d’une année invite au bilan. Pour les amoureux du cyclisme, la mémoire est jalonnée de dates, de chiffres et d’étapes légendaires. Le Tour de France, depuis 1903, fonctionne comme un calendrier parallèle. On se souvient souvent de l’événement, moins de son millésime exact. À l’orée de 2026, voici l’occasion de jauger votre expertise.

Ce quizz n’est pas un simple test de connaissances. C’est une immersion dans l’ADN de la course. Une vérification de votre culture cycliste. Des polémiques aux triomphes les plus purs, chaque question raconte un pan d’histoire. Lancez-vous.

Partie 1 : Les années de rupture et de première fois

L’évolution du Tour se lit dans ses innovations et ses ouvertures. Ces moments ont redessiné les contours de l’épreuve.

Question 1 : Le mythique maillot à pois, symbole de la souffrance et de la gloire des grimpeurs, a fait son apparition sur les routes du Tour. En quelle année cette distinction a-t-elle été instituée pour récompenser le meilleur grimpeur ?

A) 1933
B) 1953
C) 1975
D) 1986

La réponse est… 1975. Sponsorisé par la marque de confiserie « Chocolat Poulain », le premier maillot à pois est remporté par le néerlandais Joop Zoetemelk. Une innovation marketing qui deviendra une institution.

Question 2 : Le Tour a longtemps été une affaire européenne. Une première victoire venue d’un autre continent a marqué un tournant dans l’internationalisation de l’épreuve. Quel coureur, et en quelle année, a brisé ce plafond de verre ?

A) Greg LeMond (États-Unis) en 1986
B) Luis Ocana (Espagne) en 1973
C) Stephen Roche (Irlande) en 1987
D) Bradley Wiggins (Royaume-Uni) en 2012

La réponse est… Greg LeMond en 1986. L’Américain, déjà porteur du maillot blanc du meilleur jeune en 1984, signe la première victoire d’un non-Européen, ouvrant une nouvelle ère. Sa victoire en 1986 précède de peu celle de l’Espagnol Pedro Delgado (1988).

Partie 2 : Les années chocs et polémiques

Le Tour est aussi un théâtre de drames et de controverses qui ont marqué leur époque au fer rouge.

Question 3 : L’image est choquante. Un spectateur, une banderole à la main, fauchant le peloton. Cet incident, qui a provoqué une chute massive et annulé la prise en compte des temps, est gravé dans les mémoires. Mais en quelle saison est-ce survenu ?

A) Étape Brest-Mûr-de-Bretagne, 2018
B) Étape Brest-Pontivy, 2021
C) Étape Lorient-Les Sables-d’Olonne, 1999
D) Étape Strasbourg-Épinal, 2006

La réponse est… 2021. Lors de la 1ère étape entre Brest et Landerneau, une spectatrice tendait une banderole vers les caméras. Le chaos qui s’ensuivit a conduit les commissaires à neutraliser les écarts sur la ligne. Un épisode qui a relancé le débat sur la sécurité des coureurs.

Question 4 : L’année du « Tour le plus propre de l’histoire ». Une déclaration forte des organisateurs, en réaction aux scandales des années précédentes. Mais laquelle ?

A) 1999, après l’affaire Festina (1998)
B) 2008, après l’exclusion de l’équipe Astana (2007)
C) 2011, après l’affaire Contador (2010)
D) 2013, après le déclassement d’Armstrong (2012)

La réponse est… 1999. Au lendemain de l’affaire Festina en 1998, l’ASO lance le « Tour de la Rénovation ». Le discours officiel vante une course assainie, remportée par Lance Armstrong. Une affirmation aujourd’hui lourdement remise en perspective par les aveux ultérieurs du champion américain.

Partie 3 : Les années triomphes et légendes

Au-delà des polémiques, le Tour bâtit ses légendes sur des performances pures, des exploits qui transcendent le sport.

Question 5 : « Le duel du siècle ». L’affrontement entre deux champions français, à moins d’une minute d’écart au final, a tenu tout un pays en haleine. De quelle édition mythique parle-t-on ?

A) Fignon vs LeMond (1989)
B) Hinault vs Fignon (1984)
C) Poulidor vs Anquetil (1964)
D) Bardet vs Pinot (2017)

La réponse est… 1989. L’écart final entre Greg LeMond et Laurent Fignon, sur les Champs-Élysées, n’était que de 8 secondes. La plus faible marge de l’histoire, scellée par une contre-la-montre finale dont on parle encore. Un suspense absolu.

Question 6 : La domination d’un coureur peut être écrasante. Une année, un champion a remporté le classement général, celui par points et celui de la montagne. Un triplé d’une rareté absolume. Qui, et quand ?

A) Eddy Merckx en 1969
B) Bernard Hinault en 1979
C) Miguel Indurain en 1993
D) Tadej Pogačar en 2021

La réponse est… Eddy Merckx en 1969. Lors de sa première participation, « le Cannibale » ne se contente pas de gagner. Il s’empare aussi du maillot vert et du maillot à pois (alors en combinaison de points). Une démonstration d’ampleur inédite.

Épilogue : Et 2026 dans tout ça ?

Votre score est fait ? Que vous soyez encyclopédie vivante ou amateur éclairé, une chose est sûre : chaque Tour écrit une nouvelle page. L’édition 2026, la 113e, apportera son lot de surprises, de souffrances et de héros.

Elle s’inscrira dans cette chronologie que vous venez d’explorer. Une histoire en perpétuel mouvement, où la seule constante est la passion qu’elle suscite. Une histoire que vous venez de contribuer à faire vivre, le temps d’un quizz.

Partagez votre score dans les commentaires et défiez vos amis ! #MonScoreTourDeFrance

Van der Poel, l’homme qui transforme la boue en or

Alors que le peloton hiverne au soleil, Mathieu van der Poel règne en maître sur la boue. Son invincibilité depuis début décembre est totale. Derrière cette démonstration de force se cache une réalité économique vertigineuse : en quinze jours seulement, le Néerlandais a engrangé une somme supérieure au salaire annuel de nombreux pros. Plongée dans les coulisses lucratives de la domination parfaite.

Lire aussi : Tour de France 2026. Le parcours qui veut crucifier les favoris

L’hiver est une saison de choix. Pour certains, celle de la coupure et de la régénération. Pour d’autres, celle du travail foncier, à l’abri des regards. Pour Mathieu van der Poel, c’est le théâtre d’une expression pure, d’une domination sans partage, et, il faut bien le dire, d’une impressionnante opération financière.

Tandis que la plupart des stars sur route effectuent des stages en altitude ou sous le soleil d’Andalousie, le champion d’Alpecin-Deceuninck a fait un autre choix. Celui des labours gelés, des relances explosives et des virages glissants. Un choix payant, à tous les niveaux.

Une invincibilité qui n’a pas de prix (ou presque)

Entre le 14 et le 29 décembre, le calendrier du cyclo-cross a vécu au rythme de « MVDP ». Six courses, six victoires. Une séquence parfaite qui vient prolonger une invincibilité entamée en début de saison 2025, portant son bilan à neuf succès en neuf sorties. Cette régularité de métronome face à une concurrence pourtant relevée (Van Aert, Pidcock, Iserbyt) forge sa légende. Mais elle alimente aussi très concrètement son patrimoine.

Car derrière chaque ligne d’arrivée franchie la main en l’air se cache une équation économique bien rodée. Selon les informations de La DH, la présence seule du septuple champion du monde sur une ligne de départ a un coût pour les organisateurs : environ 20 000 euros. Une prime de présence (ou « startgeld ») qui s’explique par l’attraction médiatique et populaire unique qu’il génère. À titre de comparaison, son éternel rival Wout van Aert serait, lui, rémunéré autour des 15 000 euros par engagement.

Le détail d’un pactole express

Faisons les comptes de cette folle quinzaine de fin d’année. Sur six départs, ces primes de présence représentent déjà 120 000 euros. S’y ajoutent les gains directs aux résultats : 5 000 euros pour chaque victoire en Coupe du monde (4 durant cette période). Plusieurs milliers d’euros supplémentaires pour les victoires dans d’autres trophées (comme le X2O Trophy).

Le total pour seulement quinze jours de compétition ? Plus de 140 000 euros nets. Une somme qui dépasse le salaire annuel de la grande majorité des coureurs WorldTour.

Leçon d’économie du sport : Ce modèle illustre parfaitement comment un athlète au sommet peut monétiser son aura et ses performances au-delà de son salaire fixe. Van der Poel ne court pas pour l’argent à proprement parler, mais sa valeur de marché transforme chacune de ses apparitions en événement hautement rentable.

Une motivation qui transcende l’aspect financier

Il serait cependant réducteur de résumer cette campagne hivernale à une simple chasse au pactole. Pour van der Poel, dont le salaire annuel chez Alpecin-Deceuninck est estimé entre 4 et 5 millions d’euros, ces gains, bien que colossaux, ne sont pas « vitaux ».

La vraie motivation semble ailleurs. D’abord, dans le plaisir pur de la discipline, un exutoire physique et technique loin des calculs tactiques de la route. Ensuite, dans la quête de l’histoire. Avec huit titres mondiaux en ligne de mire, il vise le record absolu détenu par le Belge Eric De Vlaeminck. Chaque victoire est un pas de plus vers l’éternité sportive.

Enfin, ces courses sont un laboratoire idéal pour affûter sa condition et sa puissance explosive, des armes décisives pour ses futurs objectifs sur route, à commencer par les classiques du printemps où il sera, une fois encore, l’homme à battre.

Et la suite ? La machine est lancée

La saison de cyclo-cross est loin d’être terminée. Les manches de Coupe du monde à venir (Zonhoven, Maasmechelen, Hoogerheide) et l’inévitable championnat du monde représentent autant d’opportunités d’augmenter encore la note. La victoire finale au classement général de la Coupe du monde, par exemple, est dotée de 30 000 euros.

Mais plus que les chiffres, c’est l’image qui persiste : celle d’un athlète complet, inarrêtable, capable de dicter sa loi et sa valeur sur n’importe quel terrain. Mathieu van der Poel n’a pas simplement gagné six courses en quinze jours. Il a démontré, une fois de plus, qu’il appartient à une catégorie à part. Un génie qui, même en hiver, fait tourner la machine à billets… et à records. La boue, décidément, lui va comme un gant. Doré.

Gullegem a osé : quand le cyclocross flamand rêvait de Pogacar

Privée de ses trois monstres sacrés, l’organisation du Superprestige de Gullegem a imaginé l’impensable : attirer Tadej Pogacar dans la boue flamande. Une idée séduisante, mais irréalisable en cette période de préparation hivernale. Récit d’une invitation qui en dit long sur l’attractivité du cyclocross et la starisation planétaire du double champion du monde sur route.

Lire aussi : Le cercle très fermé : Qui a réussi à battre Tadej Pogačar en 2025 ?

Le paysage du cyclocross hivernal vient de vivre un scénario inédit. Alors que les traditionnelles têtes d’affiche – Mathieu van der Poel, Wout van Aert et Thibau Nys – ont fait défaut pour la manche du Superprestige de Gullegem, prévue le 3 janvier 2026, les organisateurs ont choisi de viser très haut. Très haut, même.

Selon les révélations du média belge Sporza, l’équipe de Stijn Tant, organisateur de l’épreuve, a contacté le manager de Tadej Pogacar, Alex Carera, pour lui proposer une invitation surprise. Objectif : faire venir la superstar slovène dans les sous-bois de Flandre-Occidentale.

Une logique qui semblait tenir la route

À première vue, la manœuvre n’avait rien d’absurde. Pogacar possède un passé en cyclocross. Champion de Slovénie espoirs en 2018, il a également aligné quelques courses nationales en 2021 et 2022. Une carte de visite modeste, mais suffisante pour crédibiliser l’idée.

« Nous cherchions une figure emblématique alternative, un coureur d’exception. Cette description colle parfaitement à Tadej Pogacar » a confié Stijn Tant à Sporza. Un budget spécifique avait même été provisionné pour couvrir le cachet présumé du quadruple vainqueur du Tour de France.

Le calendrier, premier adversaire

Malgré l’audace de la démarche, la réalité du calendrier a rapidement rattrapé le rêve. Pogacar sera, à cette période, en stage d’entraînement avec l’UAE Team Emirates XRG. La préparation de sa saison sur route – des Strade Bianche à un éventuel cinquième Tour de France – ne souffre aucun écart.

« Nous avons essuyé un refus, car il sera en stage à ce moment-là. Les discussions n’ont même pas pu aborder les détails financiers » a précisé l’organisateur. Une fin prévisible, mais qui n’enlève rien au symbole.

Ce que cette tentative révèle

Cette invitation inattendue met en lumière plusieurs dynamiques contemporaines. D’abord, l’attractivité renouvelée du cyclocross, capable de rêver d’attirer la plus grande star du cyclisme mondial. Ensuite, la portée médiatique d’un tel coup : même refusée, la nouvelle a fait le tour des rédactions spécialisées.

Enfin, elle rappelle à quel point l’agenda des leaders du WorldTour est verrouillé. Entre stages en altitude, reprise programmée et objectifs ciblés, la marge de manœuvre pour des escapades hors route est quasi nulle.

Et après ?

Si l’édition 2026 n’aura pas lieu avec Pogacar, l’organisation garde espoir. « Les contacts sont établis, nous retenterons peut-être l’année prochaine » glisse Stijn Tant, l’œil malicieux. En attendant, Gullegem devra se contenter d’un plateau certes privé de ses géants, mais sans doute animé par l’énergie des espoirs et des réguliers de la discipline.

Une certitude demeure : dans l’esprit des organisateurs de cyclocross, la frontière entre route et labourés est plus poreuse que jamais. Et qui sait, un jour, peut-être, verra-t-on le maillot arc-en-ciel s’enliser dans la boue flamande.

« Nous avons tout tenté, mais face à Pogačar, même un crash n’aurait rien changé » : le constat sans fard de Matteo Jorgenson

Dans une interview exclusive, Matteo Jorgenson, pilier de la Visma | Lease a Bike, dresse un bilan sans concession du Tour de France 2025. Entre la recherche vaine d’une faille chez Tadej Pogačar, une infection pulmonaire qui a brisé ses ambitions et le soulagement apporté par la victoire de Wout van Aert, l’Américain livre une analyse aussi technique que lucide sur l’hégémonie de la UAE Team Emirates. Récit d’une bataille perdue d’avance, mais menée jusqu’au bout.

Lire aussi : WorldTour 2026 : Le calendrier complet d’une saison cycliste explosive dévoilé

Le constat est limpide, presque brutal. Au micro du podcast Domestique Hotseat, Matteo Jorgenson n’esquive rien. Lieutenant de Jonas Vingegaard sur le Tour de France 2025, l’Américain de la Visma | Lease a Bike admet l’évidence : face à la domination écrasante de Tadej Pogačar et de la UAE Team Emirates, son équipe s’est heurtée à un mur. « Nous avons usé de tous les stratagèmes imaginables » confie-t-il. Une confession qui en dit long sur le niveau de préparation et de désespoir tactique face à un phénomène.

La quête impossible de la faille

Visma | Lease a Bike face au dilemme Pogačar : jouer toutes les cartes… pour rien ?

La stratégie était claire dès le départ. « En situation normale, le battre à la pédale relève de l’impossible » assène Jorgenson. L’équipe néerlandaise, habituée à dicter sa loi, a dû se réinventer en équipe de guérilla. L’objectif ? Trouver la micro-faille, l’instant de fragilité chez un coureur qui semble défier les lois du cyclisme.

« Pendant les dix premiers jours, nous avons scruté chaque geste, chaque regard, chaque tempo. Nous cherchions un jour off, une faiblesse. Elle n’est jamais venue. Il a couru un Tour… parfait. »

La seule opportunité s’est présentée avec la chute de Pogačar en première semaine. Mais dans un sport où l’éthique chevauche souvent la tactique, Visma a choisi de ne pas attaquer. Un geste salué, mais qui pèse lourd dans le bilan. « C’est bien pour le sport de le voir gagner ainsi… mais en tant qu’adversaire, c’est une frustration immense » concède Jorgenson, sans amertume.

Une marge de victoire tellement large qu’elle rend tout scénario obsolète

Interrogé sur les rumeurs de problèmes au genou de Pogačar en troisième semaine, le propos de Jorgenson est cinglant de réalisme.

« Sa marge était telle que même un incident majeur en dernière semaine n’aurait pas inversé la tendance. S’il a été sous pression sur ce Tour, alors chapeau bas. » Un aveu qui résume à lui seul l’écart abyssal creusé par le Slovène. La bataille du général était pliée avant même les premiers cols alpins.

Le coup du sort : l’infection pulmonaire qui a tout compromis

De la 5e à la 19e place : comment la maladie a brisé le Tour de Jorgenson

Au-delà de la défaite collective, Jorgenson vit un parcours personnel en dents de scie. Brillant lors de la première semaine, il pointe même à une prometteuse 5e place du classement général. Le premier jour de repos sonne le glas de ses espoirs. « J’ai contracté une infection pulmonaire. Dans les hautes montagnes, je n’avais plus rien. Zéro. »

De soutien potentiel pour Vingegaard dans les ascensions décisives, il devient un survivant, luttant pour terminer l’épreuve (19e au classement général final). Cet épisode rappelle à quel facteur la santé reste l’élément le plus imprévisible et le plus cruel d’un Grand Tour.

Van Aert à Paris : la rédemption par l’équipe

La victoire de Wout van Aert, un baume sur une contre-performance collective

Dans ce contexte de suprématie adverse, la victoire de Wout van Aert lors de la dernière étape sur les Champs-Élysées prend une saveur particulière. Elle n’est pas qu’un succès d’étape ; c’est une revanche morale, la preuve que le collectif Visma n’a jamais baissé les bras.

Jorgenson, acteur clé de l’échappée victorieuse, revient avec émotion sur ce moment. « Distancer le maillot jaune dans la montée de Montmartre, voir Wout s’envoler… J’étais juste derrière, en train tout lâcher, mais je voyais l’histoire s’écrire. C’était notre façon de dire : nous sommes là, nous nous battons. »

Cette victoire agit comme un symbole : même dans un Tour dominé par un seul homme, l’esprit d’équipe, l’agressivité et la persévérance peuvent payer. Elle offre une ligne positive au bilan d’une formation qui, malgré la défaite au général, maintient sa culture de gagnants.

Croire pour exister

« Si on n’y croit pas, à quoi bon se préparer ? » : le credo de Visma face au géant

Malgré le constat d’échec, Matteo Jorgenson refuse tout défaitisme. Son analyse se termine sur une note de défi, presque philosophique. « Je crois toujours que nous pouvons le battre. Si tu ne le crois pas, alors il n’y a pas d’intérêt à se sacrifier à l’entraînement, à se préparer. Nous serons de retour, avec de nouvelles idées. »

Un message clair à l’attention de Pogačar et de la UAE Team Emirates : la Visma | Lease a Bike n’accepte pas la fatalité. Elle étudie, elle apprend, elle se réarme. Le duel pour le Tour 2026 est déjà lancé dans les têtes. Et si la supériorité actuelle du Slovène semble absolue, l’histoire du cyclisme nous a appris une chose : les dynasties finissent toujours par trouver leurs maîtres d’un jour.

La Marseille 2026 : Le coup d’envoi français se joue à quitte ou double

Le 1er février, le Stade Vélodrome marque le véritable départ de la saison cycliste en France. Le Grand Prix La Marseillaise, première manche de la Coupe de France FDJ United Series, lance les hostilités avec un plateau contrasté de 19 équipes. Entre les poids lourds du WorldTour et les ambitieuses formations continentales, cette 47e édition promet une bataille tactique et explosive sur les routes du sud. Qui succédera à Valentin Ferron (Cofidis), vainqueur en 2025 ?

Lire aussi : Tour de France 2026. Le parcours qui veut crucifier les favoris

La saison cycliste française ne se réveille pas, elle explose. Chaque année, l’étincelle vient du sud, sur les pentes ensoleillées qui mènent au Stade Vélodrome de Marseille. Le 1er février 2026, pour sa 47e édition, le Grand Prix La Marseillaise (UCI 1.1) assumera une fois de plus son rôle de course-événement. Plus qu’une simple épreuve, c’est le premier acte d’un théâtre sportif qui se joue à quitte ou double pour les équipes invitées.

L’organisateur, le quotidien La Marseillaise, a dévoilé la liste des formations engagées. Un plateau de 19 équipes, savant mélange de force établie et d’ambition montante, ouvrira le calendrier en France des courses d’un jour. Un casting stratégique, où les absences de certaines ProTeams comme Pinarello-Q36.5 ou Team Flanders Baloise sont aussi parlantes que les présences, signant les premiers choix tactiques d’une longue saison.

Un plateau WorldTour réduit mais ciblé

Quatre géants seulement composeront l’élite mondiale au départ. Un chiffre qui ne reflète en rien la densité de favories qu’ils concentrent.

  • Decathlon CMA CGM Team et Groupama-FDJ United, les deux fleurons tricolores, arriveront avec la pression du territoire à défendre et des leaders affamés de victoire précoce.
  • Alpecin-Premier Tech, spécialiste des courses ardentes et des fins rapides, sera un adversaire redoutable sur ce profil.
  • Lotto-Intermarché, toujours à la recherche de succès pour lancer sa campagne, compte bien jouer les trouble-fêtes.

Cette sélection restreinte laisse une marge de manœuvre considérable aux équipes de second rang, transformant la course en un champ de bataille plus imprévisible que jamais.

Les ProTeams : Le cœur battant de l’épreuve

Avec dix formations, la division ProTeam constitue le socle principal de l’édition 2026. Ces équipes voient dans « La Marseillaise » une opportunité en or : marquer des points UCI précieux et signer un coup d’éclat médiatique face aux WorldTeams.

Parmi elles, trois formations ibériques font le déplacement, absentes de l’Étoile de Bessèges : Caja Rural-Seguros RGA, Equipo Kern Pharma et Euskaltel-Euskadi. Leur présence injecte un style de course offensif et un savoir-faire certain dans les reliefs provençaux.

La liste est complétée par des réguliers du circuit français comme TotalEnergies et Burgos-Burpellet-BH, mais aussi par le tenant du titre, Cofidis. La formation à la housse rouge arrive avec le statut de favorite et la volonté de défendre le succès de Valentin Ferron, acquis dans un final d’anthologie au jeté de vélo en 2025. Unibet Rose Rockets, MBH Bank-CSB-Telecom Fort, Team Polti-VisitMalta et la néo-formation Toscana-Nippo-Rali (ex-Solution Tech) viendront ajouter leur grain de sel à un peloton déjà très compétitif.

Les Continentales : L’appel de la grande scène

Cinq équipes continentales ont reçu leur sésame. Pour elles, la course est bien plus qu’une compétition : c’est une vitrine exceptionnelle.

  • CIC Pro Cycling Academy et Nice Métropole Côte d’Azur défendront les couleurs locales avec la fougue de la jeunesse.
  • St-Michel-Preference Home-Auber 93, pépinière reconnue du cyclisme français, cherchera à répéter ses exploits passés.
  • Van Rysel-Roubaix apportera sa puissance caractéristique du Nord.
  • L’Elite Fondations CT suisse testera son niveau à l’international.

Leur objectif ? Se faufiler dans les échappées, résister le plus longtemps possible et, pourquoi pas, créer la surprise en jouant la carte de l’audace face à des équipes mieux structurées.

Stratégie et favoris : Une équation marseillaise

Ce plateau contrasté dessine les contours d’une course à deux visages. Les WorldTeams, en minorité, devront contrôler sans s’épuiser. Les ProTeams, nombreuses et variées, tenteront de les déstabiliser par des offensives répétées. Les continentales, elles, joueront leur carte chance.

Tous les regards se porteront sur Cofidis et son leader, Valentin Ferron, pour voir si la magie de 2025 peut opérer à nouveau. Mais des hommes comme Bryan Coquard (Cofidis), Axel Laurance (Alpecin-Premier Tech) ou les puncheurs de Decathlon et FDJ figureront parmi les grands favoris d’un final qui se joue souvent dans la montée finale vers le vélodrome.

Une certitude : le 1er février, sur la Canebière, ce n’est pas seulement une course qui sera lancée. Ce sont des destins de saison qui trouveront, à Marseille, leur première étincelle.

Pogacar entre dans la légende : le cycliste slovène couronné Champion des champions 2025

Une saison pour l’éternité, une distinction qui scelle son statut. Tadej Pogacar a été élu Champion des champions 2025 par le jury de L’Équipe, mettant fin à une attente de 36 ans pour le cyclisme. Derrière ce titre, un palmarès monstrueux et une philosophie déroutante. Plongée au cœur d’une consécration historique.

Lire aussi : Le cercle très fermé : Qui a réussi à battre Tadej Pogačar en 2025 ?

Le vélo règne à nouveau sur le sport mondial. Ce mardi, la rédaction de L’Équipe a sacré Tadej Pogacar « Champion des champions Monde 2025 ». Le phénomène slovène, âgé de 27 ans, met ainsi fin à une disette de plus de trois décennies pour le cyclisme, absent du palmarès depuis la victoire de l’Américain Greg LeMond en 1989.

Un vote sans appel, où il devance le perchiste suédois Armand Duplantis, éternel pourfendeur de records, et le tennisman espagnol Carlos Alcaraz. Une consécration qui sonne comme l’aboutissement d’une année de démonstration absolue.

Lire aussi : Tour de France 2026. Le parcours qui veut crucifier les favoris

Une année 2025 sous le signe de l’hégémonie

Les chiffres donnent le vertige. Quatrième maillot jaune sur le Tour de France, trois Monuments (Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège, Tour de Lombardie), les Strade Bianche, la Flèche Wallonne, et le titre suprême de champion du monde sur route à Kigali. La liste des conquêtes de Pogacar en 2025 est un inventaire à la Prévert des plus grandes courses du calendrier.

Face à une telle razzia, les jurés de L’Équipe n’ont pas hésité longtemps. Avec 821 points, le leader d’UAE Team Emirates crève le plafond du vote, laissant ses plus proches poursuivants à distance. Cette récompense collective couronne une domination rare, qui transcende les frontières de son sport.

Le paradoxe Pogacar : un géant sans soif de gloire

L’entretien accordé au quotidien sportif au moment de la remise du prix a pourtant révélé une facette inattendue du champion. Loin des discours conquérants, Pogacar a surpris par son humilité et son détachement.

« Honnêtement, je ne me serais jamais placé sur cette liste. Je ne peux pas me considérer comme aussi important » a-t-il confié, presque gêné de voir son nom aux côtés de ceux de Bolt, Federer, Messi ou Schumacher.

Plus frappant encore, sa vision apaisée de la performance. « Je n’ai pas ce besoin de montrer constamment que je suis le meilleur. Parfois, c’est agréable de disputer une course sans ressentir l’obligation absolue de gagner. Inscrire mon nom dans l’histoire ? Je ne recherche pas ça particulièrement. »

Une philosophie qui contraste violemment avec l’insatiabilité compétitive habituelle des grands champions. Pour lui, le cyclisme reste avant tout un jeu, un plaisir, avant d’être un champ de bataille pour la postérité.

Une portée historique qui dépasse le cyclisme

Ce titre « Champion des champions » est bien plus qu’un trophée supplémentaire dans une vitrine déjà surchargée. Il officialise la renaissance du cyclisme au plus haut niveau du sport mondial. Dans un paysage médiatique souvent accaparé par le football, le tennis ou la F1, Pogacar a réussi à recentrer les projecteurs sur la petite reine.

Il rejoint ainsi un cercle ultra-restreint de cyclistes honorés, prouvant que la discipline, dans sa forme la plus exigeante, peut encore captiver le grand public et susciter l’admiration des spécialistes de tous les sports.

2026 : entre programme chargé et sérénité retrouvée

Malgré ses déclarations teintées de sagesse, le Slovène ne compte pas décrocher. Son programme pour la saison prochaine annonce déjà un nouvel ouragan : rentrée aux Strade Bianche le 7 mars, puis Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et Liège-Bastogne-Liège. Deux monuments, San Remo et le Ronde, sont signalés comme objectifs majeurs.

Une tournée printanière de folie, avant de likely se lancer à l’assaut d’un cinquième Tour de France, dont le départ sera donné à Barcelone le 4 juillet 2026.

Tadej Pogacar incarne donc un nouveau modèle de champion : aussi redoutable sur le vélo qu’insaisissable dans son rapport à la gloire. Son sacre par L’Équipe ne récompense pas seulement une saison parfaite, mais aussi une certaine idée du sport, où l’excellence peut cohabiter avec la légèreté. Le cyclisme a peut-être trouvé son ambassadeur le plus brillant et le plus inattendu.

VIDEO – Van der Poel frôle le drame : un spectateur le touche, la police ouvre une enquête

Sa 18e victoire d’affilée en cyclo-cross, ce lundi à Loenhout, restera marquée par un moment de pure tension. Mathieu van der Poel, frôlant la chute après un contact avec un spectateur, a vécu une nouvelle frayeur. L’individu, rapidement identifié, assure n’avoir pas agi volontairement. Cet épisode relance le débat sur la sécurité des coureurs, régulièrement exposés à des gestes déplacés.

Lire aussi : 2025 sur le vélo. L’année où l’impossible est devenu banal

L’aura du champion n’immunise pas contre la déraison de quelques-uns. Ce lundi 29 décembre, sur le circuit boueux du X2O Trofee de Loenhout, Mathieu van der Poel a vécu un instant où tout a pu basculer. Dès le premier tour, le maillot arc-en-ciel a soudainement vu son guidon dévier, son équilibre vaciller. La cause ? Un spectateur dont le geste, bras tendu, a violemment percuté la machine du Néerlandais.

Grâce à un réflexe de motricité hors norme, van der Poel a contré la perte d’adhérence et évité la chute. L’incident, filmé sous plusieurs angles, n’est pas passé inaperçu. Les forces de l’ordre, alertées par l’organisateur, ont lancé des recherches. L’homme a été retrouvé, interrogé, puis présenté ses excuses.

Un spectateur « impressionné » et très repentant

La séquence, devenue virale, montre un contact franc. La police locale, saisie de l’affaire, a auditionné l’individu concerné. « Il a été très impressionné par le déroulement des événements et maintient que ce n’était pas intentionnel » a expliqué Christophe Impens, membre de l’organisation, aux médias. L’enquête déterminera la suite à donner, aucune plainte personnelle n’ayant été déposée par le coureur.

Interrogé par Sporza, le spectateur s’est dit submergé de remords. « Je me sens tellement coupable. J’aime vraiment le cyclo-cross, c’est la dernière chose que je voulais voir arriver. Je présente mes excuses à Mathieu » a-t-il déclaré. Une version que semble partager le principal intéressé, peu désireux d’envenimer la situation. « Je n’ai pas le sentiment que ce geste était mal intentionné. Les gens sont enthousiastes, ils oublient parfois que nous arrivons à pleine vitesse » a analysé van der Poel en conférence de presse, reconnaissant avoir eu « beaucoup de chance » .

Loenhout, une victoire de plus dans l’ombre d’un incident

L’épisode n’a, finalement, rien changé au dénouement de la course. Après cette alerte, Mathieu van der Poel a repris sa démonstration, profitant ensuite de la malchance de Wout van Aert – double crevaison – pour s’envoler vers sa sixième victoire de la saison et sa 18e consécutive en cyclo-cross. Il devance Niels Vandeputte et Joris Nieuwenhuis.

Pourtant, le goût de cette performance est quelque peu altéré. Car l’incident de Loenhout n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une série inquiétante pour le leader d’Alpecin-Deceuninck.

La malédiction van der Poel : un champion trop souvent dans la ligne de mire

Ces dernières années, Mathieu van der Poel semble être une cible privilégiée de certains spectateurs. Le phénomène est particulièrement palpable en cyclo-cross, où la proximité avec le public est extrême.

À Hofstade, une semaine plus tôt : Un souffle de fumée de cigarette électronique lui avait été directement envoyé au visage.

Des antécédents nombreux : La liste est longue et sordide : crachats, jets de bière, et même, selon certains témoignages, des lancers d’urine.

Sur route également : Lors de Paris-Roubaix 2023, un spectateur lui avait jeté un bidon en plastique en pleine course, un geste d’une rare dangerosité à de telles vitesses.

Cette répétition interroge. S’agit-il du prix de la gloire, d’une notoriété qui attise aussi les comportements aberrants ? Pour les organisateurs et l’UCI, la tolérance est désormais zéro. Des plaintes sont systématiquement déposées, comme à Loenhout, pour dissuader et sanctionner.

Où s’arrête l’enthousiasme, où commence l’agression ?

L’explication de la « simple maladresse » ou de « l’enthousiasme excessif », souvent avancée, montre ses limites. Le geste à Loenhout était objectivement périlleux. « Si quelqu’un touche ton guidon, tout peut arriver » résume sobrement van der Poel. À plus de 25 km/h sur un terrain glissant, une chute peut avoir des conséquences graves.

Les équipes et les fédérations multiplient les appels au respect. Christoph Roodhooft, manager de l’équipe Alpecin-Deceuninck, avait réagi avec exaspération après l’épisode de la cigarette électronique : « C’est tout simplement déplacé et inconvenant. Réagir à une chose aussi stupide, n’est-ce pas tout simplement stupide ?« 

Une victoire en demi-teinte et un signal d’alarme

La 18e victoire d’affilée de Mathieu van der Poel confirme sa domination absolue sur la discipline. Mais elle est surtout devenue le symbole d’une vulnérabilité croissante des athlètes face à des dérapages incontrôlés.

L’enquête de police ouverte à Loenhout marque peut-être un tournant : la prise en charge judiciaire de ces actes devient la norme. Pour le plus grand champion de sa génération, la quête de succès se double désormais d’un autre défi : évoluer dans un environnement où la passion du public ne doit plus se transformer en menace physique. La sécurité, désormais, fait partie du jeu.

Trois jours enfermé, les volets clos : l’effondrement silencieux de Georg Steinhauser

Vainqueur d’étape sur le Giro en dominant Pogacar, puis plus rien. En 2025, Georg Steinhauser a disparu des radars. Le jeune Allemand d’EF Education-EasyPost révèle aujourd’hui l’effroyable enchaînement qu’il a subi : une maladie de Lyme non diagnostiquée, un corps qui lâche, et une lente descente vers la dépression. Un témoignage rare sur la vulnérabilité mentale et physique dans le peloton.

Lire aussi : 2025 sur le vélo. L’année où l’impossible est devenu banal

Le 22 mai 2024, Georg Steinhauser inscrivait son nom au palmarès du Giro. Dans la montée de Livigno, le néo-pro d’EF Education-EasyPost résistait au maillot rose Tadej Pogacar après une échappée audacieuse. Une révélation. Un an plus tard, l’oiseau rare s’était envolé. Retour sur une disparition inquiétante et un combat contre des ennemis invisibles.

De l’éclat du Giro à l’obscurité de l’appartement

Après une entame de saison 2025 encourageante (3ème sur une étape de Paris-Nice – à Auron), la machine Steinhauser s’est brutalement enrayée. Les performances ont décliné, puis se sont évaporées. Le coureur, héritier d’une lignée cycliste avec son père Tobias et son oncle Jan Ullrich, est entré dans une zone d’ombre totale.

« Je me souviens m’être enfermé dans mon appartement pendant trois jours, confie-t-il au média allemand Kicker. Je ne parlais à personne. Je n’ouvrais même pas les fenêtres. » Un repli sur soi symptomatique d’un profond mal-être. « À ce moment-là, j’ai réalisé que je ne pouvais plus continuer ainsi. J’étais vraiment mal mentalement, complètement déprimé. Je pense que j’étais très proche de la dépression. »

Le cercle vicieux : le corps trahit, l’esprit sombre

La racine du problème était pourtant d’abord physique, mais insaisissable. « J’avais perdu tout intérêt pour le cyclisme parce que je n’arrêtais pas d’avoir des problèmes, explique-t-il. Deux heures d’entraînement me semblaient durer quatre. Je n’avais aucune force sur le vélo, comme si je n’avais plus aucune énergie. »

Cette perte de performance, inexplicable, a engendré une détresse psychologique profonde. Une fois, il a dû couper court à un entraînement et rentrer en train, un échec cuisant pour un professionnel. La balance a également parlé : il est tombé à 67 kg, loin de ses 70-71 kg habituels, signe d’un corps en souffrance. « J’avais l’impression de ne rien pouvoir y faire. »

Le diagnostic libérateur : la piste de la maladie de Lyme

Malgré une batterie de tests poussés commandés par son équipe – analyses de sang, de selles –, aucune anomalie flagrante n’est apparue. « Personne ne comprenait ce qui se passait » se souvient Steinhauser. L’impasse était totale, jusqu’à ce que son médecin traitant évoque une piste souvent négligée dans le sport de haut niveau : la maladie de Lyme.

Le test est revenu positif. Cette infection bactérienne, transmise par les tiques et qui a également touché le Belge Arnaud De Lie, explique son état de fatigue chronique extrême et ses difficultés physiques. Pour Steinhauser, ce diagnostic, aussi lourd soit-il, a été une délivrance. « Au moins, connaître la raison de mes problèmes m’a aidé. »

La double bataille : soigner le corps pour apaiser l’esprit

Le cas de Steinhauser met en lumière l’intersection critique entre santé physique et mentale chez les athlètes. La maladie de Lyme, souvent difficile à diagnostiquer, a été le détonateur d’un épisode dépressif. Son témoignage rejoint celui d’autres coureurs osant briser le tabou de la santé psychique, à l’image d’un Tom Dumoulin dans le passé.

Aujourd’hui, après un stage de pré-saison et un traitement adapté, le jeune Allemand de 24 ans voit la lumière au bout du tunnel. « En ce moment, je me sens bien, surtout mentalement » assure-t-il. L’objectif est désormais de reconstruire patiemment.

Le Tour de France en ligne de mire : un symbole de renaissance

Sa motivation a retrouvé un cap ambitieux : participer à son premier Tour de France. Ce projet n’est pas qu’une course de plus ; c’est le symbole de son retour à la vie de coureur de haut niveau, après avoir frôlé l’implosion.

L’histoire de Georg Steinhauser est plus qu’un simple récit de blessure. C’est un avertissement sur la santé globale des athlètes, un rappel que la performance repose sur un équilibre fragile, et un message d’espoir : même après s’être perdu dans les ténèbres, il est possible de retrouver la route. Le peloton, et le cyclisme, attendent son retour.

Visma-Lease a Bike 2026 : Le kit des « Frelons » passe en mode seconde peau

Le suspens est levé. À la veille du nouvel an, Visma-Lease a Bike a dévoilé sa tenue pour la saison 2026. Fidèle à son jaune signature mais techniquement repensée par Nimbl, cette « seconde peau » vise la performance absolue. Derrière ce design évocateur, une équipe remodelée par un mercato agressif se prépare à défendre son rang. Plongée dans les coulisses d’un lancement stratégique.

Lire aussi : 2025 sur le vélo. L’année où l’impossible est devenu banal

L’attente a pris fin ce 30 décembre. Dernière équipe WorldTour à lever le voile, Visma-Lease a Bike a finalement présenté son arme textile pour 2026. Une révélation tardive mais calculée, clôturant l’année avec un message fort : l’innovation continue.

Sous la bannière « New Season, New Skin » (traduction : Nouvelle saison, nouvelle peau), la formation néerlandaise confirme son évolution. Elle ne se contente plus d’un maillot. Elle forge un équipement intégral, conçu comme une extension du corps du coureur.

Un design reconnaissable, une philosophie renouvelée

La baseline ne ment pas. L’objectif est de créer une seconde peau. Le maillot 2026, développé en étroite collaboration avec le fournisseur officiel Nimbl, vise l’osmose parfaite avec l’athlète.

L’identité visuelle : une évolution, pas une révolution. Le jaune, couleur fétiche des « Frelons », reste l’élément dominant. Le noir gagne du terrain sur le col et le bas du maillot, offrant un contraste plus franc et une silhouette plus affûtée. Une stratégie assumée pour renforcer la visibilité dans le peloton et à l’écran.

Les détails qui font la différence. L’observation rapprochée révèle des motifs subtils, inspirés de la microstructure des ailes d’abeille. Un rappel élégant de l’esprit de ruche et du travail collectif qui caractérise l’équipe. Le logo « YB » (Yellow Bee) persiste, discrètement inscrit dans ce tissu narratif.

Nimbl : de la chaussure à la tenue complète, un partenariat décisif

Le vrai changement est technique. Nimbl, entreprise italienne réputée pour ses chaussures haut de gamme, étend son domaine d’expertise au textile. Ce n’est pas un simple changement de fournisseur, mais une fusion des savoir-faire.

« Notre expérience en biomécanique et en ergonomie a été transposée au vêtement » pourrait résumer un ingénieur de la marque. Le kit 2026 promet : Un maintien dynamique pour un transfert de puissance optimal. Une légèreté sans compromis sur la durabilité. Une coupe anatomique épousant chaque posture, de la descente en danseuse au contre-la-montre.

Richard Plugge, le manager général, valide cette approche : « Une nouvelle saison implique d’évaluer, d’améliorer, de construire. Ce kit reflète cela : reconnaissable, mais avec une attention minutieuse portée aux détails techniques. »

Une équipe transformée pour porter le jaune

Ce nouveau plumage habillera une formation profondément remaniée. Le mercato 2025-2026 de Visma-Lease a Bike a été l’un des plus actifs du peloton, marquant une transition générationnelle et stratégique.

Les renforts majeurs : L’équipe a recruté intelligemment, mélangeant jeunes espoirs et expérience. L’arrivée du rouleur français Bruno Armirail (champion de France CLM) et du polyvalent Owain Doull renforce le bloc contre-la-montre et l’encadrement. Le jeune prodige italien Davide Piganzoli apporte son talent de grimpeur.

Les départs significatifs : Le bureau des départs a été tout aussi chargé. Le leader Cian Uijtdebroeks file chez Movistar, tandis que les cadres Tiesj Benoot et Olav Kooij rejoignent Decathlon AG2R. Le puissant Dylan van Baarle (Soudal) et le solide Attila Valter (Bahrain) quittent également le navire.

Cette hémorragie de talents est contrebalancée par une foi inébranlable dans son vivier (Visma Development) et des recours ciblés. L’équipe parie sur la continuité de son système, même avec des visages partiellement nouveaux.

Le maillot Visma-Lease a Bike 2026 est bien plus qu’un uniforme. C’est le symbole d’une équipe en perpétuelle mutation, qui investit chaque détail – du fil du tissu à la composition de son effectif – pour rester au sommet. Avec ce kit hybride, entre identité visuelle forte et innovation radicale, les « Frelons » sont prêts à piquer à nouveau. La saison 2026 s’annonce sous le signe de l’adaptation et de la performance intégrée.

Cyclo Cross : Mathieu Van der Poel toujours intouchable à Loenhout

Pas de surprise à Loenhout, Mathieu Van der Poel, toujours souverain a remporté son 6ème cyclo cross de l’hiver en autant de courses, de son côté, Wout Van Aert, pourtant bien parti à l’avant avec son rival de toujours, victime de deux crevaisons, a du se contenter de la 10ème place.

Lire aussi : Le grand chambardement 2026 : Analyse des transferts qui redessinent le cyclisme mondial

A la bagarre avec le Champion du Monde pendant presque 4 tours sur 8, Wout Van Aert peut nourrir quelques regrets puisqu’il était le seul à faire jeu égal avec la légende de la discipline avant que 2 crevaisons le privent de ses chances. 10ème sur la ligne, le belge prend un nouveau revers tandis que son rival de toujours brille encore, 6 victoires en 6 courses cet hiver, MVDP semble plus que jamais imbattable.

Classement Cyclo Cross X²O Badkamers Trofy de Loenhout Hommes 2025 :

1 – VAN DER POEL Mathieu (Alpecin – Deceuninck) en 57:48
2 – Vandeputte Niels (Alpecin-Deceuninck Development Team) + 0:46
3 – Nieuwenhuis Joris (Ridley Racing Team) + 0:57
4 – Kamp Ryan m.t
5 – Aerts Toon (Deschacht – Hens CX Team) m.t
6 – Bertolini Gioele (Alé Colnago Team) + 0:59
7 – Ferdinande Anton (Shifting Gears Strategica) + 1:00
8 – Mason Cameron (Seven Racing) + 1:03
9 – Lauryssen Yorben (Pauwels Sauzen – Altez Industriebouw Cycling Team) + 1:15
10 – Van Aert Wout (Team Visma | Lease a Bike) + 1:26

Lire aussi : Ne rien manquer de l’actualité du cyclisme

2025 sur le vélo : l’année où l’impossible est devenu banal

La saison 2025 a oscillé entre la domination écrasante de superstars et l’éclat fulgurant de surprises totales. Entre les chefs-d’œuvre tactiques, les chutes tragiques et les épopées solitaires, le cyclisme mondial a écrit quelques-unes de ses pages les plus mémorables. Retour sur les instants qui ont défini une année hors norme.

Lire aussi : Tour de France 2026. Le parcours qui veut crucifier les favoris

L’année 2025 restera dans les annales comme un paradoxe. Une saison où la prévisibilité apparente des résultats a été constamment déjouée par l’intensité dramatique des courses. Si le nom de Tadej Pogačar s’est inscrit partout, l’histoire s’est aussi écrite à travers des résistances inattendues, des collaborations parfaites et l’émergence de nouveaux visages.

Milan-Sanremo : Le Cipressa, nouveau théâtre de la guerre

Pendant trente ans, le Poggio dictait sa loi. En 2025, l’histoire a bifurqué 8 kilomètres plus tôt, sur les pentes du Cipressa. Dans un mouvement d’une audace folle, Tadej Pogačar a choisi ce versant pour lancer les hostilités, forçant une sélection immédiate. Seuls deux hommes ont pu encaisser : Mathieu van der Poel, le champion du monde, et Filippo Ganna, transformé pour l’occasion.

Le trio a collaboré dans la descente et la plaine, mais la trêve fut courte. Sur le Poggio, van der Poel a porté une estocade brutale, lâchant Ganna. Pourtant, le rouleur italien, dans un effort surhumain, est revenu dans les derniers hectomètres après une poursuite démente. Le final, haletant, a vu van der Poel lancer son sprint à 300 mètres, sans appel. L’Empereur régnant a rappelé à tous, y compris à un Pogačar troisième, qui commandait sur les Classiques. Une édition qui a réinventé le scénario de la Classicissima.

Le Giro : La revanche de Simon Yates, sept ans après

Le Colle delle Finestre, avec ses secteurs en gravier, est un lieu de fantômes. Celui de Simon Yates y rôdait depuis 2018, date de son effondrement face à Chris Froome. Le 30 mai 2025, le Britannique est venu les exorciser.

Isaac Del Toro portait le rose avec 1 minute et 21 secondes d’avance sur Yates avant cette 20e étape. Le plan de la Visma-Lease a Bike fut d’une simplicité géniale : Wout van Aert dans l’échappée, Yates qui attaque dans la montée. L’exécution fut parfaite. Pendant ce temps, derrière, Del Toro et Richard Carapaz, rivaux pour le podium, se sont neutralisés dans des querelles tactiques. Chaque seconde de désaccord offrait du grain à moudre à Yates.

Le Britannique, rejoignant van Aert, a tissé sa toile. Il endossa le maillot rose à Sestriere (Vialattea), scellant l’une des plus belles revanches de l’histoire du Giro, porté par un travail d’équipe tactiquement parfait.

Paris-Roubaix : La chute qui a tout changé

Son premier Enfer du Nord. Sa seule présence faisait de Tadej Pogačar un favori, même face au roi des pavés, Mathieu van der Poel. Le duel tant attendu a pris forme à Mons-en-Pévèle, où une accélération du Slovène a scellé la sélection définitive. Ils étaient deux, seuls, avec 40 km de pavés devant eux.

Le coup de théâtre est survenu à 38 km de l’arrivée. Dans un virage, Pogačar a glissé et chuté. Quelques secondes perdues, une moto changée. Face à van der Poel, c’était une éternité. Le Néerlandais, impitoyable, n’a pas regardé en arrière. Il a enfoncé le clou pour s’offrir une troisième victoire consécutive à Roubaix, égalant une légende, Francesco Moser. La chute d’un géant a rappelé que sur les pavés, la fortune sourit aux audacieux, mais trahit la moindre erreur.

Les Mondiaux de Kigali : Le chef-d’œuvre absolu de Pogačar

Le parcours était jugé le plus difficile de l’histoire des Mondiaux. La réponse de Tadej Pogačar fut à la mesure du défi : une attaque à 104 km de l’arrivée, sur les pentes du mont Kigali. Une folie.

Un à un, les favoris ont cédé. Remco Evenepoel a tenté de répondre, en vain. Isaac Del Toro fut le dernier à résister avant de craquer à 66 km du but. Seul, face au relief rwandais et à un peloton en lambeaux, Pogačar a livré une chevauchée d’une puissance inouïe. Il franchit la ligne avec plus d’une minute d’avance, réalisant le doublé Tour de France – Mondiaux pour la deuxième année consécutive, une première historique. Ce jour-là, il n’a pas gagné une course ; il a transcendé le sport.

L’Amstel Gold Race : Le piège tendu aux géants

Tout était écrit pour un nouveau coup de Pogačar. Après une attaque à 50 km du but, il semblait repartir pour une victoire en solitaire. Mais cette fois, la mécanique a grippé. Dans son sillage, Remco Evenepoel, de retour de blessure, et Mattias Skjelmose ont collaboré avec une rage rare.

Kilomètre après kilomètre, le duo a raboté l’écart. La jonction s’est faite à 8 km de l’arrivée. Les deux titans, épuisés et se jaugent, ont oublié un détail : le Danois Skjelmose, tapi dans leur roue. Au sprint, profitant de la fixation générale sur le duel Pogačar-Evenepoel, Skjelmose a jeté sa roue au bon moment. Il a remporté la plus grande victoire de sa carrière, offrant une leçon de tactique et d’opportunisme.

Strade Bianche : La chute, le fair-play, et la démonstration

Tom Pidcock en était sûr : il ne se battrait pas pour la seconde place. Sur les sterrati toscans, le Britannique est passé à l’offensive le premier, collant à Pogačar. À 50 km de Sienne, dans un virage, le Slovène a chuté. Pidcock, dans un geste de fair-play rare au plus haut niveau, a ralenti.

Mais la chevalerie a ses limites. Malgré la chute et un vélo changé, Pogačar a repris la chasse, rattrapé Pidcock, et l’a distancé dans l’ultime montée vers la Piazza del Campo. Une troisième victoire qui dépassait le simple sport : une démonstration de force mentale absolue.

Les contre-pouvoirs et les surprises

La saison ne s’est pas résumée aux géants. Elle a été illuminée par des exploits collectifs et individuels qui ont rappelé la beauté de l’imprévisible.

FDJ-Suez aux Strade Bianche : L’équipe française a livré un modèle de travail d’équipe. Evita Muzic en éclaireuse, Juliette Labous qui allume la mèche, et Demi Vollering qui conclut. Une symphonie tactique parfaite.

Magdeleine Vallieres, reine inattendue de Kigali : Alors que les favorites se surveillaient, la Canadienne a pris tous les risques dans l’échappée. Son attaque dans la dernière montée pavée lui a offert le maillot arc-en-ciel, dans un final de conte de fées.

Neilson Powless, seul contre trois : À Travers la Flandre, face à trois coureurs Visma (Van Aert, Benoot et Jorgenson), l’Américain a joué de leur supériorité numérique présumée. Il les a laissés s’entre-regarder avant de les surclasser au sprint. Une leçon d’intelligence tactique.

Le retour d’Anna van der Breggen : Trois ans après sa retraite, son retour fut un succès au-delà des attentes. Un podium à Strade Bianche et une médaille d’argent aux Mondiaux CLM ont prouvé que son class était intemporel.

Une saison à deux visages

2025 a donc été cela : le règne implacable de Tadej Pogačar, dont la recherche de la perfection a redéfini les limites du possible. Mais aussi, et peut-être surtout, la preuve que son ombre portée n’étouffe pas le cyclisme. Elle force au contraire les autres à s’élever, à innover, à prendre des risques fous.

C’est dans ces interstices, dans ces moments où les plans parfaits volent en éclats, que le sport a livré ses plus belles émotions. Des exploits individuels aux chefs-d’œuvre collectifs, cette saison a démontré que même dans une ère de domination, l’inattendu garde toujours ses droits. Et c’est cette tension permanente qui fait battre le cœur du cyclisme.

Amandine Fouquenet sauve sa saison : le coup de poker belge qui change tout

La dissolution de l’équipe Arkéa-B&B Hotels l’avait laissée sans contrat pour 2026. Mais Amandine Fouquenet ne restera pas sur le bord de la route. Grâce à une saison de cyclo-cross remarquable, la championne de France de 24 ans a suscité les convoitises et vient de sceller son avenir pour les deux prochaines années. Révélations sur une signature stratégique et un projet ambitieux porté par une formation flamande.

Lire aussi : WorldTour 2026 : Le calendrier complet d’une saison cycliste explosive dévoilé

L’incertitude est levée. Après des semaines de doute, Amandine Fouquenet a enfin trouvé un nouveau port d’attache. La dissolution soudaine de la structure Arkéa-B&B Hotels menaçait de stopper net l’élan de la jeune Bretonne. Finalement, c’est en terre de cyclo-cross, en Belgique, qu’elle atterrit. Elle a officialisé ce dimanche 15 décembre un engagement de deux ans avec l’équipe Pauwels Sauzen-Altez.

Un rebond inespéré après la tempête

Le paysage cycliste français a été secoué par la disparition annoncée de l’équipe professionnelle féminine Arkéa. Dans ce chaos organisationnel, les coureuses se sont retrouvées sur le marché, contraintes de trouver une solution en urgence. À 24 ans, Amandine Fouquenet faisait partie des athlètes les plus exposées, malgré un palmarès qui ne cessait de s’étoffer.

Sa réaction ? Se réfugier dans la performance. Sur les sentiers boueux du circuit international de cyclo-cross, elle a transformé l’inquiétude en motivation. Une stratégie payante.

La performance comme meilleur argument

La saison hivernale de Fouquenet a servi de vitrine éclatante. Son compteur affiche des résultats qui parlent d’eux-mêmes : quatre podiums en Coupe du monde, dont une troisième place à Termonde ce week-end même, et une victoire magistrale en Superprestige à Heusden-Zolder, un lieu mythique. Sans oublier son titre de championne de France, acquis en début de saison.

Ce bilan impressionnant n’est pas passé inaperçu au nord de la frontière. « Nous croyons en elle » a lancé sans ambages Jürgen Mettepenningen, le manager de Pauwels Sauzen-Altez, à la télévision belge Sporza. « Elle est motivée et souhaite même s’installer en Flandre six mois par an. Elle a un fort potentiel. »

Un projet sur mesure et des défis techniques

La signature ne s’est pas faite sur un coup de tête. Elle s’inscrit dans un projet sportif précis. L’équipe belge, spécialiste reconnue de la discipline, voit en la Française un talent brut à parfaire. « Il nous faut simplement travailler sa technique » admet Mettepenningen, conscient des atouts et des axes de progression de sa nouvelle recrue.

L’engagement est double. Pour Fouquenet, cela signifie s’imprégner de la culture flamande du cross, réputée pour son exigence technique et son intensité. Pour Pauwels Sauzen-Altez, il s’agit d’ajouter une lanceuse d’attaque de premier plan à un effectif féminin déjà solide, composé de la Néerlandaise Leonie Bentveld et de la Belge Shanyl Deschoesitter.

La double casquette route et cyclo-cross : l’équation à résoudre

Le défi principal reste la conciliation des calendriers. Amandine Fouquenet aspire à mener une carrière sur deux fronts, en cyclo-cross l’hiver et sur route l’été. Or, sa nouvelle équipe est avant tout une structure spécialisée dans la discipline hivernale.

Le manager a une piste : « Nous avons un accord avec AG Insurance pour Leonie Bentveld, et nous étudions actuellement la possibilité d’en faire autant pour Amandine. » Cette solution lui permettrait de courir sur route sous les couleurs de l’équipe AG Insurance-Soudal Quick-Step. « Si ça ne marche pas, on essaiera de la faire courir en France, pour qu’elle puisse aussi briller cet été » assure Mettepenningen, démontrant une réelle volonté d’accompagner son athlète dans son développement global.

Premières sorties sous nouvelles couleurs

Le passage à l’acte est imminent. La championne de France fera ses débuts officiels sous le maillot bleu et blanc de Pauwels Sauzen-Altez dès le 3 janvier, à l’occasion du Superprestige de Gullegem. Elle est ensuite attendue sur l’ensemble du programme hivernal jusqu’aux finales de la saison.

Cette signature est plus qu’un simple changement d’employeur. C’est un tournant stratégique pour Amandine Fouquenet. En choisissant de plonger au cœur de l’écosystème belge du cyclo-cross, elle mise sur un environnement d’entraînement et de compétition optimal pour viser le très haut niveau. Une page bretonne se tourne. Une aventure flamande commence. Et tout le monde a désormais les yeux rivés sur les chemins boueux de Flandre.

Tour du Rwanda 2026 : un parcours volcanique et un plateau de feu pour la 18e édition

La carte est tracée, les guerriers sont connus. Du 22 février au 1er mars 2026, le Tour du Rwanda lance son défi. Avec un relief déchiqueté et la présence d’équipes prestigieuses comme UAE et Movistar, l’épreuve s’annonce déjà comme le laboratoire des futurs cracks et la course la plus dure du début d’année. Plongée dans les aspérités d’une légende africaine.

Lire aussi : WorldTour 2026 : Le calendrier complet d’une saison cycliste explosive dévoilé

Le décor est planté. Le Tour du Rwanda, phénomène cycliste en perpétuelle ascension, lance les hostilités de sa 18e édition du 22 février au 1er mars 2026. L’organisateur a levé le voile sur un parcours taillé pour les grimpeurs et une liste partielle d’équipes où se mêlent pépites africaines et écuries mondialement célèbres. Seize formations sont d’ores et déjà confirmées ; deux invitations restent en suspens jusqu’en janvier. Le suspense monte sur les terres des mille collines.

Un parcours sous le signe de la verticalité

Ne vous fiez pas aux distances parfois modestes. La spécificité rwandaise réside dans son relief incessant. Chaque étape, ou presque, promet plus de 2000 mètres de dénivelé. Un menu punitif qui a forgé la réputation de la course.

La première semaine de mars sera rythmée par huit jours d’un ballet exigeant :

Étape 1 (22/02) : Rukomo > Rwamagana (174 km) – Une entrée en matière directe avec des routes vallonnées.

Étape 2 (23/02) : Nyamata > Huye (135 km) – Une étape raccourcie mais intense, menant à l’université de Huye.

Étape 3 (24/02) : Huye > Rusizi (145 km) – Considérée comme la reine, avec cinq cols répertoriés et plus de 3000 m de D+.

Étape 4 (25/02) : Karongi > Rubavu (127 km) – Longeant les rives du lac Kivu, une beauté trompeuse avant les lacets.

Étape 5 (26/02) : Rubavu > Rubavu (82 km) – Un circuit court et technique autour de Rubavu, parfait pour les puncheurs.

Étape 6 (27/02) : Rubavu > Musanze (84 km) – Transition vers le nord volcanique, à l’ombre des Virunga.

Étape 7 (28/02) : Musanze > Kigali (147 km) – La longue marche vers la capitale, traditionnellement décisive.

Étape 8 (01/03) : Kigali > Kigali (99 km) – Le final sur le circuit des Championnats du Monde 2025, affronté deux fois. Un jugement dernier urbain.

Un plateau hybride : entre étoiles montantes et nations africaines

La force du Tour du Rwanda est ce mélange des genres. Ici, les espoirs des plus grands teams croisent le fer avec les meilleurs coureurs du continent.

Les équipes de développement WorldTour : un nid de talents . Aucune équipe WorldTour « première division » ne sera sur la ligne, mais leurs viviers de jeunes talents y seront. C’est un véritable concours de détection qui s’organise avec la présence des structures affiliées à UAE Team Emirates (Gen Z), Movistar Team Academy, Soudal Quick-Step Devo Team, Lotto Wanty, Picnic PostNL Development et NSN Development. Ces équipes viennent y tester leurs futurs leaders sur un terrain sans pitié.

Le fer de lance du cyclisme continental africain. L’âme africaine de l’épreuve rayonne avec des équipes continentales engagées et ambitieuses. Team Amani (Afrique de l’Est), Benediction, May Stars et Swift Pro Cycling (Rwanda) porteront les espoirs locaux. Ils seront rejoints par des formations comme Madar Pro Cycling Team (Algérie) et REMBE | rad-net, prêtes à bousculer l’ordre établi.

Les sélections nationales, honneur et rivalité. Quatre nations aligneront une sélection : le Rwanda, pays-hôte, déterminé à briller à domicile, l’Érythrée, puissance cycliste du continent, l’Afrique du Sud et l’Éthiopie. Ces sélections ajoutent une couche de fierté nationale et d’imprévisibilité tactique.

La succession de Fabien Doubey s’annonce disputée. Absence notable : Fabien Doubey, le vainqueur 2025, et son équipe TotalEnergies ne seront pas au départ. La couronne est donc grande ouverte. Qui succédera au Français ? Un jeune prodige d’une équipe de développement, habitué aux courses européennes ? Ou un baroudeur africain, rompu aux spécificités du terrain ?

Une chose est sûre : le parcours, inchangé dans sa durée malgré les rumeurs, et la qualité du plateau garantissent un spectacle intense. Le Tour du Rwanda 2026 se positionne plus que jamais comme l’épreuve-reine du calendrier africain et le test par excellence pour les ambitions de début de saison. Les collines rwandaises vont trembler.

Pogačar lâche ses vérités : « Sur la Loze, j’étais mort. Mais c’est là que tout a basculé. »

Alors que la trêve hivernale bat son plein, Tadej Pogačar a accordé deux interviews rares et révélatrices. Loin des clichés, le prodige slovène se dévoile : sur sa résilience après l’échec, sa vision des trois Grands Tours, ses projets avec Carlos Sainz. Un portrait intime d’un champion au sommet, mais plus humain que jamais.

Lire aussi : Tour de France 2026. Le parcours qui veut crucifier les favoris

L’échec qui a forgé un empire

Le 19 juillet 2023 restera gravé dans la mémoire collective du cyclisme. Sur les pentes dévastatrices du Col de la Loze, un Tadej Pogačar à bout de forces murmurait à la radio : « Je suis fini, je suis mort. » Plusieurs minutes perdues, le rêve du troisième maillot jaune envolé. Un effondrement public. Le Slovène concédait ce jour là plus de 7 minutes à Felix Gall le lauréat de l’étape et plus de 5 minutes à Jonas Vingegaard.

Pourtant, dans les bureaux de la UAE Team Emirates, on regarde ce moment avec une perspective radicalement différente. Pour Mauro Gianetti, le PDG de l’équipe, cette défaite fut « le meilleur jour de sa carrière » . Une déclaration choc, expliquée par la suite des événements. Au lieu de sombrer, Pogačar s’est relevé. Trois jours plus tard, il remportait l’étape des Vosges. L’année suivante, il conquérait un quatrième Tour de France.

« 90% des coureurs auraient abandonné ce jour-là, a confié Gianetti au magazine RIDE. Lui a choisi de se battre. Il a accepté, et a voulu se racheter dans ce même Tour. C’est là qu’on a vu la taille de son caractère. »

Kigali, un contre-la-montre en demi-teinte

Si la Loze fut un creuset, l’année 2025 a aussi eu ses zones d’ombre. Interrogé par Sky Sport sur son contre-la-montre aux Mondiaux du Rwanda, Pogačar assume sans détour : « J’étais loin d’être dans ma meilleure forme. »

Une préparation en dents de scie et une condition physique en deçà de ses standards expliquent sa performance face à un Remco Evenepoel intraitable. « Je n’étais pas content, concède-t-il. Mais je savais que j’allais me racheter sur la course en ligne. » Une lucidité et une capacité à rebondir qui définissent désormais son mental d’acier.

Le rêve des trois Grands Tours et la réalité des calendriers

La question obsède les fans : Pogačar tentera-t-il un jour le Giro-Tour-Vuelta dans la même année ? Le Slovène tempère les espoirs avec un pragmatisme déconcertant. « Pas si simple. Il y a trop de jours loin de chez soi.« 

Pour lui, enchainer les cinq Monuments dans une saison est un objectif bien plus réalisable. Mais il laisse planer le doute, avec cette phrase qui fait rêver : « Laissez-nous surprendre. » Une porte laissée entrouverte, tandis que son manager, Gianetti, trace les limites : « Nous devons veiller à ce qu’il n’ait pas plus d’environ 60 jours de course par an. Son style agressif demande une énergie colossale. »

2026 : Sanremo et Roubaix, le duo de l’extrême avec Carlos Sainz

L’une des révélations les plus surprenantes de ces interviews concerne la saison à venir. Pogačar a développé une amitié solide avec le pilote de Formule 1 Carlos Sainz. Et cette relation dépasse le cadre du simple soutien moral.

« Un grand ami… et un grand stratège, s’enthousiasme Pogačar. Je sais que pour Sanremo et Roubaix, je suis entre de bonnes mains et qu’on va se faire plaisir ! » Une collaboration inédite qui laisse imaginer une approche tactique et mentale renouvelée pour aborder ces deux monuments aux profils radicalement différents.

L’équilibre secret : Urška, le public et les projets de vie

Derrière le champion, l’homme trouve son ancrage dans la stabilité. Sa compagne, Urška Žigart, est présentée comme son pilier absolu. « Sans elle, cela aurait été plus difficile d’atteindre mes succès. C’est tout simplement magnifique. »

Son rapport au public le touche également profondément. De l’Italie à la Colombie en passant par la France, il est ému par cette ferveur transnationale. Parallèlement, il construit patiemment son avenir post-carrière avec le Pogi Team et la Fondation Pogačar. « Les deux initiatives ont bien démarré. Je serai ravi, une fois à la retraite, de leur accorder plus de temps. »

Une génération qui repousse les limites

Dernier enseignement : Pogačar a pleine conscience d’appartenir à une génération qui a transformé le cyclisme. « Entre mentalité, technologie et préparation, nous portons le sport à un niveau supérieur. Nous sommes obsédés par les détails. »

Cet état d’esprit, né de rivalités féroces et de défaites cuisantes, est aujourd’hui sa plus grande force. La chute de la Loze n’a pas été une fin, mais le début d’une nouvelle ère de domination. Et à l’aube de 2026, avec ses projets fous et son humilité intacte, Tadej Pogačar semble plus insatiable que jamais. La surprise, il promet de la livrer sur la route.

Parcours – Tour de France 2026 : pourquoi l’ultime étape vers les Champs-Élysées sera un casse-tête tactique

Le 26 juillet 2026, le Tour de France conclura son voyage à Paris. Mais le scénario de la 21e étape, entre Thoiry et les Champs-Élysées, a été subtilement modifié. Avec trois ascensions de la butte Montmartre, mais un final raccourci pour les sprinteurs, les organisateurs ont orchestré un équilibre parfait entre spectacle et incertitude. Décryptage d’une arrivée légendaire en mutation.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

Le final parisien du Tour de France entre dans une nouvelle ère. Après le coup de génie des Jeux Olympiques 2024 et l’embrasement de la rue Lepic lors du Tour 2025, la butte Montmartre s’impose comme un passage obligé, un « monument » moderne ajouté à la mythologie de la Grande Boucle. Pour l’édition 2026, dont le départ sera donné le 4 juillet, les organisateurs ne se sont pas contentés de reconduire un succès. Ils l’ont réajusté avec une précision chirurgicale.

Un héritage olympique devenu rituel

Il a suffi d’une édition pour graver la montée de la rue Lepic dans le marbre. Inspirée par la course olympique, son introduction en 2025 a transformé une traditionnelle étape de transition en une arène de lutte acharnée. L’image de Wout van Aert, lâchant un Tadej Pogacar pourtant dominateur dans la pente à 11%, a prouvé le potentiel dramatique du site. Christian Prudhomme, le directeur du Tour, l’a validé : « Le potentiel d’explosivité de la rue Lepic a jailli dans un combat de chefs. Un dénouement en forme de classique. » Un format si concluant qu’il devient la norme.

Le nouveau pari de l’organisation : réconcilier la classique et le sprint

Pour 2026, cependant, un paramètre crucial change. La dernière difficulté référencée, au sommet du Sacré-Cœur, sera placée à 15 kilomètres de la ligne des Champs-Élysées, contre seulement 6 km en 2025. Ce détail, technique en apparence, est un coup de maître stratégique.

L’objectif est double : Préserver le spectacle de l’attaque sur les pentes pavées et pentues de Montmartre, avec trois passages à vocation sélective. Redonner un espoir légitime aux équipes de sprinteurs, qui auront désormais le temps de réorganiser leurs trains et de rattraper un éventuel fugitif.

« Les plus forts des sprinteurs auront encore leur chance » a concédé Prudhomme. Cette décision évite un scénario trop prédictible où les puncheurs-sprinteurs type van Aert, Pidcock ou même Mathieu van der Poel, auraient un avantage écrasant. Elle rouvre la porte à des purs-sprinteurs comme Jasper Philipsen ou Dylan Groenewegen, tout en maintenant la pression sur les épaules des favoris du classement général jusqu’au bout.

Montmartre, troisième acte : à quoi s’attendre le 26 juillet ?

Le dimanche 26 juillet 2026, le départ sera donné de Thoiry, dans les Yvelines. Un long parcours de transfert (130 km) vers la capitale, où l’essentiel se jouera dans les 20 derniers kilomètres.

Le circuit final se décortique ainsi : Une entrée théâtrale dans Paris avec une première approche de la butte. Trois boucles incluant l’ascension intégrale de la rue Lepic, soit près de 600 mètres à une moyenne de 8%, avec des pics à 11%. Chaque passage servira de tremplin pour une attaque ou de filtre pour éliminer les moins à l’aise. Une descente technique et un final de 15 km relativement plat, le long de la Seine puis sur les Champs-Élysées, où les équipes se livreront à une course-poursuite à plus de 60 km/h.

Analyse tactique : qui peut gagner ?

Cette configuration inédite crée un dilemme fascinant pour les coureurs et les directeurs sportifs.

Pour les puncheurs : L’attaque doit être lancée lors du troisième et dernier passage à Montmartre. Elle doit être immédiatement suivie d’une descente à risque et d’un relais par des coéquipiers positionnés en contrebas.

Pour les sprinteurs : Il faudra survivre aux ascensions, sans y dépenser trop d’énergie, et compter sur une équipe solide et organisée pour mener la chasse dans les derniers kilomètres.

Pour le maillot jaune : Les écarts étant gelés sur les tours finaux, le risque de chute reste la principale menace. La vigilance sera absolue.

La 21e étape du Tour de France 2026 ne sera donc ni une simple parade, ni une classique pure. C’est un hybride calculé, conçu pour maintenir la tension jusqu’au dernier mètre. En décalant la ligne, les organisateurs n’ont pas désarmé Montmartre. Ils en ont fait un piège plus subtil, dont la détente pourrait se libérer bien après son sommet. Paris attend un nouveau chapitre de son histoire avec le Tour. Entre tradition et innovation, l’équilibre parfait est en jeu.

Parcours – Alpe d’Huez en dernier souffle : pourquoi l’étape 20 du Tour 2026 va entrer dans la légende

À la veille des Champs-Élysées, le Tour de France 2026 place l’étape la plus redoutable de son histoire. 171 kilomètres, 5600 mètres de dénivelé positif, quatre cols mythiques et une arrivée inédite à l’Alpe d’Huez par l’arrière. Une folie calculée qui promet un règlement de comptes final d’une intensité rare.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

Le Tour de France a toujours cultivé le sens du spectacle. Mais en 2026, les organisateurs franchissent un seuil. En programmant l’étape la plus ambitieuse de l’histoire moderne à la 20e position, à la veille de la traditionnelle parade parisienne, ils inventent un nouveau niveau de dramaturgie sportive.

Une journée pour l’histoire, un parcours pour les légendes

Christian Prudhomme, le directeur du Tour, ne cache pas son ambition : « Placer la plus grosse étape de montagne à la veille de l’arrivée, c’est inédit. L’énoncé des cols donne le vertige. Nous écrivons l’histoire sur un terrain en partie vierge. » Le tracé, concentré en Isère et Savoie, est une machine à créer des écarts et à révéler les failles.

Le samedi 25 juillet, les coureurs s’élanceront du Bourg-d’Oisans pour 171 kilomètres d’un périple alpin titanesque, cumulant 5600 mètres de dénivelé positif. Un chiffre qui place cette étape au sommet de la hiérarchie de la difficulté, surpassant les légendaires étapes des Pyrénées ou des Dolomites du Giro.

L’enchaînement infernal : des géants alpins jusqu’au toit du Tour

La stratégie de l’étape se lit dans son ordre des ascensions, conçu pour une érosion progressive des forces.

Le Col de la Croix de Fer (2067m) : L’entrée en matière

Premier choc de la journée. Depuis le Bourg-d’Oisans, ses 24 kilomètres à 5.2% constituent un réveil musculaire brutal. Ses longues portions à plus de 7% dans la forêt et ses vues dégagées sur le massif de Belledonne en font un juge de paix. Les équipes des favoris y mèneront déjà un train d’enfer pour éliminer les moins en forme.

Le duo Télégraphe (1566m) / Galibier (2642m) : Le cœur de l’épreuve

Après une descente technique et un bref passage à Saint-Michel-de-Maurienne, l’enchaînement classique mais impitoyable commence. Le Télégraphe (11.9 km à 7.1%) sert de préchauffeur à la vraie souffrance. Sans répit, dans la même pente, commence l’ascension vers le Col du Galibier, le toit du Tour 2026 à 2642 mètres d’altitude.

Ses 17.7 kilomètres à 6.9% sous le regard des névés, avec l’emblématique passage du tunnel, sont le terrain de chasse traditionnel des grands grimpeurs. C’est ici, dans l’air raréfié, que les attaques décisives seront très probablement lancées.

La révolution : l’Alpe d’Huez par l’arrière

C’est la grande nouveauté stratégique et médiatique. Habituellement abordée par ses 21 lacets bondés de spectateurs, l’Alpe d’Huez sera ici gravie par son versant opposé, sauvage et méconnu.

Le Col de Sarenne (1999m) : La porte dérobée

Après la descente vertigineuse du Galibier vers le Bourg-d’Oisans, la route tourne à gauche vers la discrète vallée de la Sarenne. L’ascension vers le col (12.8 km à 7.3%) est plus étroite, plus technique, avec des pourcentages irréguliers. Elle n’a été empruntée qu’une fois en course, en descente lors de l’étape de 2013. La gravir en fin d’étape, avec près de 5000 mètres de dénivelé dans les jambes, relève de l’inconnu pur.

L’arrivée sur les hauteurs de la station

Une fois le Col de Sarenne franchi, une courte descente mène au hameau de l’Herpie. De là, il restera environ 4 kilomètres ascendants sur la route des Pistes pour rejoindre la ligne d’arrivée, située non pas au centre-ville traditionnel, mais plus haut, près du départ des remontées mécaniques. Une arrivée en apothéose, dans un décor minéral saisissant.

Stratégie et pronostics : qui peut survivre à ce marathon ?

Ce scénario bouleverse la tactique habituelle. Les favoris au général ne pourront pas se contenter de marquage. Avec une étape aussi longue et dure, les écarts peuvent se chiffrer en minutes, pas en secondes. Le maillot jaune devra peut-être défendre sa tunique sur la route de Sarenne. Les grimpeurs purs voient là une opportunité en or. Une attaque lointaine au Galibier, si elle est menée avec un coéquipier, peut être payante sur un tel parcours.

L’imprévisible météo alpin (vent, froid en altitude, orages) pourrait devenir le principal acteur de cette journée, ajoutant une couche de complexité et de danger.

Une étape-reine qui honore son titre

En déplaçant l’étape-reine à l’avant-dernier jour, les organisateurs prennent un risque calculé. Ils sacrifient la tradition d’une étape de transition pour offrir un final alpin d’une pureté et d’une exigence extrêmes. Cela pourrait décider du Tour, ou au contraire, voir un leader cracker et tout remettre en jeu à la veille de Paris.

Une chose est certaine : le samedi 25 juillet 2026, le cyclisme mondial aura les yeux rivés sur les routes de l’Oisans. Entre Bourg-d’Oisans et Alpe d’Huez, ce n’est pas seulement une étape qui se jouera, mais un chapitre entier de l’histoire du Tour qui s’écrira.

Parcours – Alpe d’Huez en deux actes : le piège infernal de la 19e étape du Tour 2026

128 kilomètres. 3 500 mètres de dénivelé. Une ascension légendaire. La 19e étape du Tour de France 2026, entre Gap et l’Alpe d’Huez, est un condensé de tactique et de souffrance. Court, intense et découpé en trois séquences, ce tracé vise à disloquer le peloton bien avant les 21 virages. Décryptage d’une journée conçue pour créer le coup de théâtre.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

Un format court pour une intensité maximale

Le Tour de France 2026 innove. Pour la première fois, l’ascension de l’Alpe d’Huez sera abordée deux jours de suite. Ce vendredi 24 juillet, le premier volet se présente sous la forme d’une étape explosive : seulement 128 km pour avaler 3500 m de dénivelé positif. Une distance ramassée qui promet un rythme élevé d’un bout à l’autre, sans période de répit. Christian Prudhomme, le directeur du Tour, l’a affirmé : le tracé est « ultradynamique ». L’objectif est clair : pousser les favoris à s’exprimer très tôt et peut-être « rebattre les cartes sur deux jours ».

Séquence 1 : L’embrasement dès le départ depuis Gap

Le signal de départ sera donné à Gap, ville-étape pour la 28e fois. L’effort ne se fera pas attendre. Dès les premiers kilomètres, la route s’élève vers le col Bayard (1246 m). Ses 5,1 km à 7,2% constituent une mise en jambe exigeante. C’est ici, dans cette montée de 1ère catégorie, que la journée peut basculer. Les équipes ambitieuses pourraient imposer un tempo infernal pour créer une sélection précoce et lancer leurs hommes dans l’échappée.

Sans véritable descente réparatrice, le peloton enchaînera immédiatement avec le col du Noyer (1164 m). Plus court (7,2 km) mais plus raide (8,5% de moyenne), ce col hors catégorie est un broyeur. C’est l’endroit parfait pour achever de disloquer un peloton déjà mis à mal. Seuls les plus forts résisteront à ce double uppercut en ouverture d’étape.

Séquence 2 : Le piège de la transition et du col d’Ornon

Après cette entrée en matière brutale, s’ensuivent environ soixante kilomètres de transition, majoritairement en descente et faux-plats descendants. Une séquence trompeuse. Elle ne sera pas du repos, mais une course contre-la-montre par équipes pour repositionner les leaders et rattraper les éventuels fuyards. La fatigue accumulée se fera sentir.

L’ultime difficulté avant le final mythique est le col d’Ornon (1731 m). Classé en 1ère catégorie (5,4 km à 6,4%), il peut servir de tremplin pour une dernière attaque à distance. Un coureur en forme pourrait tenter de partir seul ici, obligeant les favoris à engager la poursuite avant même d’aborder l’Alpe d’Huez, les vidant de leurs forces.

Séquence 3 : Le final légendaire vers l’Alpe d’Huez

Le piège se referme après un passage rapide dans la vallée, au Bourg-d’Oisans. Commence alors la montée la plus célèbre du monde : les 13,8 km à 8,1% de l’Alpe d’Huez et ses 21 virages numérotés. Chaque tournant a son histoire, de Coppi (premier vainqueur en 1952) à Pidcock (dernier en date en 2022). Cette 33e visite du Tour sur ces pentes sera particulière.

La fatigue extrême des 100 premiers kilomètres rendra cette ascension encore plus sélective. Les écarts se creuseront sur les pourcentages les plus durs, comme dans le virage n°10 (la célèbre portion à 11%). La stratégie sera cruciale : faut-il attaquer dans l’Ornon pour arriver isolé au pied ? Faut-il attendre le pied du mur pour lancer son assaut ? Les équipes devront gérer leurs ressources avec une précision extrême.

Une étape conçue pour l’audace

Cette 19e étape est un chef-d’œuvre de design tactique. En juxtaposant des cols difficiles en première partie et un final légendaire, les organisateurs ont créé un terrain de jeu parfait pour les puncheurs-grimpeurs et les leaders audacieux. Elle récompensera non seulement la force pure, mais aussi l’intelligence de course et la capacité à souffrir très longtemps.

Avec une seconde arrivée à l’Alpe d’Huez prévue le lendemain par le col de Sarenne, les coureurs devront aussi calculer leurs efforts pour le weekend alpin. Celui qui remportera cette première manche posera un jalon psychologique décisif. La course au général peut se jouer, ou se déjouer, dans ces 128 kilomètres de feu.

Parcours – Voiron – Orcières-Merlette : L’ultime recours des aigles blessés

Le 23 juillet 2026, la 18e étape du Tour de France plonge dans les Alpes du Sud. Entre Voiron et la station mythique d’Orcières-Merlette, un parcours de 185 km attend les rescapés du général. Objectif ? Offrir une dernière chance de gloire aux grimpeurs éliminés de la course au maillot jaune. Une journée de règlement de comptes en altitude.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

La troisième semaine du Tour de France 2026 s’annonce décisive. Après les premiers chocs dans les Alpes, le parcours propose, lors de la 18e étape, une configuration classique mais redoutablement efficace : une étape de transition alpine taillée pour les baroudeurs.

Ce jeudi 23 juillet, le départ sera donné de Voiron, dans l’Isère, pour une boucle de 185 kilomètres qui s’achèvera en altitude à Orcières-Merlette (Hautes-Alpes). Une station qui reste dans les mémoires pour la prise de pouvoir spectaculaire de Luis Ocaña sur Eddy Merckx en 1971, avant que le destin ne bascule dans la descente du col de Menté. Le lieu est donc chargé d’histoire, propice aux revanches et aux exploits solitaires.

Comme le souligne Christian Prudhomme, le directeur du Tour, le timing est parfait : « À ce stade, le podium est souvent verrouillé, mais pas définitivement. En revanche, on identifie clairement ces grimpeurs de grand talent, distancés au général mais encore en forme. Cette étape est leur ultime recours pour inscrire leur nom au palmarès. Une explication entre aiglons est inévitable. »

Un parcours en trois actes au cœur des Alpes du Sud

Le tracé, exigeant sans être infernal, est une invitation à l’attaque.

L’entrée en matière dans le Vercors : Dès la sortie de l’agglomération grenobloise, la côte d’Engins (11,4 km à 5,4%) lance les hostilités. Cette longue montée régulière vers le plateau du Vercors servira de tremplin pour une éventuelle échappée matinale. La descente vers la vallée de l’Isère offre peu de répit.

L’enchaînement dans le Trièves : Le peloton file ensuite vers le sud pour affronter la côte de Monteynard (9,7 km à 5%). Plus courte mais technique, elle surplombe les eaux turquoise du lac du même nom. C’est un endroit idéal pour relancer les offensives et scinder un éventuel groupe d’échappés.

Le final dans le Champsaur : Après le passage à La Mure et Corps, la route pénètre dans les Hautes-Alpes. Le terrain vallonné du massif du Champsaur use les jambes avant l’ascension finale. La montée vers Orcières-Merlette (7,1 km à 6,7%) n’est pas la plus rude du Tour, mais sa pente moyenne insidieuse et son arrivée à 1825 mètres d’altitude en font un jugement dernier. La sélection sera impitoyable dans les derniers kilomètres.

Une étape-catapulte pour les spécialistes

Cet acte alpin n’est pas destiné à bouleverser le classement général. Il représente plutôt la dernière grande opportunité pour des puncheurs-grimpeurs ou des aventuriers éloignés au classement général. De décrocher une victoire d’étape prestigieuse.

Pensez au profil d’un Julian Alaphilippe en recherche de renaissance sur le Tour (sa dernière victoire d’étape date de 2021), d’un Tom Pidcock en quête d’exploit, ou d’un jeune loup avide de confirmer son talent. La composition de l’échappée et les écarts accordés par les équipes leaders seront les clés du spectacle.

Orcières-Merlette, pour sa sixième apparition sur le Tour (après 1971, 1972, 1982, 1989, 2020), est prête à écrire un nouveau chapitre. Loin des regards braqués sur le maillot jaune, c’est ici que se joueront les drames personnels et les moments de pure émotion. L’histoire du Tour se nourrit aussi de ces victoires de l’obstination. Le 23 juillet 2026, un nouvel aigle pourra y prendre son envol.

Parcours – Chambéry-Voiron : l’étape où les sprinteurs jouent leur dernière carte en 2026

Après un contre-la-montre en Haute-Savoie, le Tour de France 2026 plonge au cœur des massifs des Bauges et de la Chartreuse. Un profil vallonné de 175 km, entre Chambéry et Voiron, qui pourrait offrir une ultime opportunité aux coureurs spécialistes de la dernière ligne droite toujours en course. Analyse d’une journée sous tension, entre reliques du passé et enjeux modernes.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

Une traversée stratégique des Alpes du Nord

Mercredi 22 juillet 2026, la Grande Boucle entame son dernier acte alpin. Le parcours de 175 kilomètres entre Chambéry (Savoie) et Voiron (Isère) est bien plus qu’une simple transition. Il s’agit d’une traversée complète des Préalpes, via les massifs des Bauges et de la Chartreuse, qui exige intelligence et endurance. Si les cols ne sont pas hors catégorie, leur enchaînement, ajouté aux routes sinueuses et au relief marqué, constitue un piège subtil pour des organismes déjà éprouvés.

Christian Prudhomme, le directeur du Tour, le souligne : « Les sprinteurs de la troisième semaine sont par définition tenaces. Les montées de ce parcours, bien que modestes, pourraient faire la différence. » Un aveu : cette étape est conçue pour créer un équilibre instable, où la résistance l’emporte sur la pure puissance.

Lire aussi : Tour de France 2026 : le parcours qui veut crucifier les favoris

Chambéry-Voiron : un duel historique entre deux terres de cyclisme

Chambéry renoue avec le Tour masculin après neuf ans d’absence. La préfecture savoyarde, récemment mise en lumière par le Tour de France Femmes, confirme son statut de place forte du cyclisme. De son côté, Voiron écrit le deuxième chapitre de son histoire avec la Grande Boucle, près d’un demi-siècle après sa première en 1977. La cité iséroise, mondialement connue pour la Chartreuse, a également accueilli la Vuelta en 2025, démontrant son savoir-faire logistique et son amour pour le vélo.

Cette étape s’inscrit donc dans une géographie cycliste riche, où chaque ville-étape porte une mémoire. Un détail qui compte : en 2019, Wout van Aert s’était imposé à Voiron lors du Critérium du Dauphiné, un précédent qui parle aux puncheurs et aux sprinteurs robustes.

Profil détaillé : où se jouera la bataille ?

L’étape se découpe en trois mouvements. La montée en puissance dans les Bauges (km 30 – km 80). Le premier relief significatif réveille les jambes. Les routes étroites et les faux plats ascendants des Bauges vont immédiatement mettre la mécanique de course sous pression. Les équipes des leaders devront surveiller les éventuelles offensives de coureurs en quête de points pour le classement de la montagne ou d’une échappée matinale.

Le cœur alpin en Chartreuse (km 80 – km 140)

C’est le corps de l’étape. Le massif de la Chartreuse, avec ses forêts denses et ses routes en lacet, isole les coureurs. C’est ici que le rythme, imposé par les équipes des favoris au sprint ou par une échappée déterminée, sculptera la journée. Un tempo élevé pourrait évincer les sprinteurs les plus lourds ; un rythme modéré laisserait toutes les chances à un groupe nombreux.

La descente vers Voiron et le final (derniers 35 km)

Après le dernier col, une longue descente technique mène vers la plaine de l’Isère. La bataille pour le positionnement avant l’entrée dans Voiron sera cruciale. La ville propose une finale urbain, avec de possibles virages serrés dans les 3 derniers kilomètres. Un tracé idéal pour des équipes bien organisées comme l’Alpecin-Deceuninck de Jasper Philipsen ou la Soudal Quick-Step, mais aussi pour des baroudeurs opportunistes.

Stratégies et pronostics : dernière chance pour qui ?

Pour les purs sprinteurs, c’est potentiellement la dernière opportunité avant les étapes de dénouement. Ils devront survivre au parcours vallonné, ce qui implique un effort colossal de leurs équipiers pour les protéger et les positionner toute la journée. Un défi en troisième semaine.

Cette configuration ouvre aussi des perspectives aux puncheurs-sprinters (un profil Van Aert, Matthews ou même un Pogacar en chasse de points), capables de passer les bosses avec les premiers et de rivaliser au sprint réduit. Enfin, une échappée forte, composée de coureurs éloignés au général, pourrait jouer sa carte si les équipes de sprinteurs montrent des signes de faiblesse.

Une journée clé dans la construction du récit du Tour 2026

Plus qu’une simple étape, Chambéry-Voiron est une charnière. Elle intervient après un contre-la-montre individuel qui aura redessiné le classement général, et avant deux journées alpines d’exception. L’état des forces en présence à son issue donnera le ton pour l’ultime bataille dans les Alpes.

Entre histoire, géographie exigeante et incertitude tactique, cette 17e étape possède tous les ingrédients d’un rendez-vous anxiogène et captivant. Un jour où le Tour ne se gagne pas, mais où certains peuvent voir leurs rêves s’envoler.

Parcours – Tour de France 2026 : le CLM qui va dévorer les favoris sur les rives du Léman

Le mardi 21 juillet 2026, le Tour de France reprend après une journée de repos. Sur 26 kilomètres chrono, entre Évian et Thonon, la Grande Boucle invente un cocktail inédit : un tiers de plat, un tiers de montée, un tiers de descente. Loin d’être une formalité, cette étape en Haute-Savoie pourrait redessiner le classement général. Analyse d’un profil sournois.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

La Grande Boucle aime les symboles. En 2026, pour sa 113e édition, elle choisit de lancer ses hommes contre la montre entre deux villes d’eau, Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains. Mais ne vous y trompez pas : derrière ce décor lacustre idyllique se cache l’une des épreuves chronométrées les plus exigeantes de ces dernières années. Un « triathlon cycliste » où rouleurs, grimpeurs et descendeurs devront tous donner leur mesure.

Un cocktail à trois facettes pour un chrono explosif

Christian Prudhomme, le directeur du Tour, ne s’y est pas trompé. L’ancien journaliste de France Télévisions décrit un parcours « qui n’a rien d’une promenade ». Le profil, dévoilé ce jeudi, est une équation complexe sur 26 kilomètres. L’ascension de la côte de Larringes, longue de 9,7 km à 4,3%, en constitue le cœur battant. Elle représente à elle seule 37% du trajet en pente positive. Un effort long et régulier qui évoque davantage un mur alsacien qu’une bosse de Provence.

Mais l’originalité ne réside pas là. Elle est dans l’équilibre presque mathématique du tracé : un tiers de montée, un tiers de plat, un tiers de descente. Une symétrie trompeuse. « Un cocktail explosif que seuls les coureurs-rouleurs complets peuvent digérer » prévient Prudhomme. Cette étape ne sacrera ni un pur spécialiste du contre-la-montre plat, ni un grimpeur émérite. Elle exigera une polyvalence absolue.

Lac Léman : un décor sublime pour une bataille impitoyable

Le paysage, lui, est une carte postale. Les coureurs évolueront en bordure du lac Léman, avec des points de vue spectaculaires depuis les hauteurs. Le départ sera donné à Évian, ville emblématique du Tour, présente dès 1926. Le parcours filera ensuite par Neuvecelle et Champanges avant d’attaquer la rude côte de Larringes.

Après le sommet à Féternes, une descente technique d’une dizaine de kilomètres attend les coureurs. Elle mènera au pont de la Douceur – un nom ironique avant l’effort final – pour une arrivée à Thonon-les-Bains. Cette ville, deuxième de Haute-Savoie, accueille le Tour pour la onzième fois. Un final urbain qui promet des fractions de seconde décisives.

Enjeux tactiques : qui peut triompher sur ce profil hybride ?

Cette étape arrive à un moment charnière : après un premier week end alpin et une journée de repos. Les « battus des cimes », comme les appelle Prudhomme, auront-ils récupéré ? Les leaders devront gérer leurs ressources avec une précision d’horloger.

Ce contre-la-montre récompensera un profil rare : celui du coureur complet. Pensez à des coureurs capables de maintenir un effort aérobie soutenu en montée, de prendre des risques en descente et de garder une position aérodynamique optimale sur le plat. Les grands favoris du général ne pourront pas se contenter de limiter les dégâts. Il faudra y aller chercher du temps.

Historiquement, les contre-la-montre en fin de deuxième semaine sont des charnières. Ils redistribuent souvent les cartes. Avec ce parcours accidenté, les écarts pourraient être plus grands qu’anticipé. Une minute perdue ici pèserait lourd dans la course au maillot jaune, à quelques jours seulement des Pyrénées.

Plus qu’un simple chrono, l’étape Évian-Thonon s’annonce comme une épreuve de vérité. Elle s’inscrit dans la tendance actuelle du Tour à concevoir des contre-la-montre moins prévisibles, plus spectaculaires. Le 21 juillet 2026, sur les rives du Léman, ce ne seront pas les plus forts en côte ou les plus rapides sur plat qui l’emporteront. Ce sera le plus complet. La course vers Paris pourrait bien se jouer, en définitive, dans ce laboratoire tactique haut-savoyard.

Parcours – Tour de France 2026 : le Plateau de Solaison, piège ultime pour les favoris ?

Avant le repos, l’enfer. La 15e étape du Tour de France 2026 s’annonce comme l’une des plus sélectives de l’édition. Entre le Jura et la Haute-Savoie, 184 kilomètres culmineront par l’ascension inédite et redoutable du Plateau de Solaison. Un final hors catégorie qui pourrait sceller le sort du maillot jaune.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

La Grande Boucle entre dans le dur

À la veille de la deuxième journée de repos, le Tour de France 2026 prépare un choc tectonique. Dimanche 19 juillet, la 15e étape, longue de 184 kilomètres entre Champagnole (Jura) et le Plateau de Solaison (Haute-Savoie), est érigée en pièce maîtresse du parcours alpin. Christian Prudhomme, le directeur de la course, ne s’y trompe pas : il parle d’une « scène dressée pour une grande étape de montagne », capable de « sélectionner définitivement les prétendants au maillot jaune ». Après les reliefs alsaciens, le terrain de jeu passe à une autre dimension.

Champagnole, tradition jurassienne

Champagnole, ville de départ, n’est pas une inconnue pour la caravane. Quatre fois hôte depuis 1937, elle sert ici de tremplin tranquille avant la tempête. Le parcours, dans sa première moitié, traverse des paysages vallonnés, mais c’est une fausse accalmie. L’objectif est clair : acheminer le peloton vers les Alpes, où l’essentiel se jouera dans les soixante derniers kilomètres.

Le Salève, prélude brutal

La première « gueule du loup » se présente sous la forme du Salève, cette « montagne des Genevois ». Il sera gravi par son versant le plus exigeant : le col de la Croisette. Sur 4,2 kilomètres, la pente affiche une moyenne implacable de 11,2 %. Une rampe conçue pour disloquer les pelotons et épuiser les équipes avant même l’acte final. Enchaînement subtil, la côte d’Arbusigny, bien que non répertoriée au programme officiel, ajoutera une pression supplémentaire sur des jambes déjà en souffrance.

Solaison : l’inconnue redoutable

Le climax, c’est le Plateau de Solaison. Une arrivée totalement inédite dans l’histoire du Tour de France. À 1947 mètres d’altitude, au-dessus de Bonneville et de Cluses dans le massif des Bornes, cette ascension n’est pas une terra incognita totale pour le cyclisme professionnel. Elle a été gravie par le Critérium du Dauphiné (2017, 2022) et le Tour de l’Avenir. Son CV est éloquent : 11,3 kilomètres à 9,2 % de moyenne, classés hors catégorie.

Mais les chiffres ne racontent pas tout. Sa route étroite, sinueuse, sans véritable répit, en fait un terrain idéal pour les attaques à distance. « Un tremplin vers la gloire » selon Prudhomme. Pour les favoris, ce sera surtout un étau. La faible largeur de la chaussée compliquera le travail des équipiers et pourrait isoler un leader en difficulté. Dans un final aussi pentu, chaque seconde perdue peut se transformer en minutes.

Stratégie et pronostics : qui peut survivre ?

Cette étape arrive à un moment charnière de la troisième semaine. La fatigue est cumulative, et le repos du lendemain incitera les plus audacieux à tout donner. Les tacticiens prévoient déjà un scénario : une échappée lourde se formera peut-être plus tôt dans l’étape, mais la bataille pour le général s’engagera sur le Salève. Sur Solaison, seuls les tout meilleurs grimpeurs et les jaunes les plus solides pourront résister. Une erreur de nutrition, un jour de moins bien, et le podium peut s’éloigner.

Le vainqueur du jour ne sera pas forcément le porteur du maillot jaune au soir de l’étape, mais il marquera sans doute un coup décisif dans la conquête du titre. Cette 15e étape n’est pas une simple formalité alpine ; c’est une épreuve de vérité, dessinée pour créer des légendes et briser des rêves. Le Tour de France 2026 trouve peut-être ici son tournant.

Parcours – Le Markstein 2026 : Le Tour piège ses favoris sur un chemin oublié des Vosges

Trois ans après le coup de maître de Tadej Pogacar, le Tour de France retourne au Markstein. Mais en 2026, les organisateurs ont réservé une surprise de taille : l’ascension inédite et sauvage du col du Haag. Court (155 km), mais intense (3 800 m de D+), ce parcours alsacien promet un festival de grimpette qui pourrait redessiner la hiérarchie générale. Décryptage d’une étape piège.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

Le Tour de France aime les symboles. En 2026, il en offrira un de taille lors d’une 14e étape alsacienne courte en distance, mais démesurée en intensité. Entre Mulhouse et le Markstein, les coureurs affronteront un concentré des Vosges les plus exigeants, avec, en point d’orgue, la révélation d’une « pépite » : le col du Haag. Un chemin forestier transformé en voie verte, dont les pourcentages capricieux pourraient tout faire basculer.

Un départ mulhousien sous le signe de l’histoire

Pour sa 18e visite à Mulhouse, le Tour ne s’attardera pas en plaine. Dès les premiers kilomètres, la direction est donnée : le Grand Ballon. Ce géant des Vosges (21,5 km à 4,8%) avait déjà servi de tremplin à Julian Alaphilippe en 2019. Cette fois, il ne s’agit que d’une mise en bouche. Une particularité inédite : le peloton passera même une première fois sur la ligne d’arrivée du Markstein avant de plonger dans une longue boucle punitive. Une aubaine pour les spectateurs, un piège psychologique pour les coureurs.

Le festival de grimpettes des Vosges

Christian Prudhomme, le directeur du Tour, ne s’y est pas trompé en qualifiant cette étape de « festival de grimpettes ». Après le Grand Ballon, le parcours enchaîne les difficultés, certaines connues, d’autres totalement inédites.

Le Col du Page : C’est une première dans l’histoire du Tour. Ce prolongement du col d’Oderen (9,8 km à 4,7%) n’a rien d’anodin. Il s’inscrit dans une succession de relances qui usera les organismes.

Le Ballon d’Alsace : Classique de la région (8,9 km à 6,9%), il ramènera des souvenirs aux amateurs. Son ascension, plus régulière, pourrait servir de terrain d’attaques pour les baroudeurs.

L’incursion vosgienne : L’étape fera un bref passage par Saint-Maurice-sur-Moselle, dans les Vosges, frustrant au passage la ville d’Épinal qui espérait être ville-étape. Un détail logistique, mais un vrai crève-cœur local.

La pépite du parcours : le col du Haag, chemin de tous les dangers

Tout l’enjeu de cette étape se cristallise dans les 17 derniers kilomètres. Alors que les favoris se surveilleront sur les pentes du Hundsruck, la vraie bombe à retardement les attend : le col du Haag.

Il y a trois ans, ce n’était qu’un « chemin cabossé ». Aujourd’hui aménagé en voie verte, il devient l’arme secrète des organisateurs. Sur le papier, 11,2 km à 7,3%. Dans la réalité, un profil sadiquement irrégulier.

« C’est l’une des pépites du parcours 2026 » confirme Christian Prudhomme. Des analyses terrain révèlent des séquences à 15%, voire des pointes effrayantes à 19,5% dans les virages en épingle. Ce n’est plus une ascension, c’est une suite d’accélérations violentes sur un revêtement étroit, entre forêts et pentes raides. Une épreuve de force pure et de gestion tactique.

Stratégie : Qui peut gagner au Markstein ?

Avec 3 800 mètres de dénivelé positif concentrés sur 155 km, cette étape est taillée pour les grimpeurs-puncheurs. Le scénario de 2023, où Tadej Pogacar avait distancé Jonas Vingegaard sur les pourcentages fins du Markstein, pourrait se rejouer, mais en plus dur.

Les favoris au général : Ils ne pourront pas se contenter de se surveiller. Le Haag est un lieu idéal pour une attaque lointaine et solitaire. Une minute peut y être perdue très vite.

Les baroudeurs : Un échappé costaud et résistant pourra rêver de victoire s’il prend le large tôt. Mais il lui faudra aussi tenir sur le Haag.

L’enjeu final : Après le sommet du Haag, il restera encore 6 km légèrement descendants et vallonnés vers le Markstein. Un coureur seul pourra conserver son avance. Un petit groupe se jouera dans un sprint de grimpeurs épuisés.

L’étape Mulhouse-Markstein 2026 est bien plus qu’une simple journée de montagne. C’est un concentré d’innovation parcours, un hommage aux routes secondaires et un piège absolu. Entre la découverte du Page et la rudesse du Haag, le Tour invente une nouvelle grammaire de la difficulté. Le 18 juillet 2026, le classement général pourrait bien trembler sur un chemin de forêt alsacien. Les favoris sont prévenus.

Parcours – Dole-Belfort 2026 : L’ultime baroud des coureurs sur la plus longue étape du Tour

205 kilomètres. Une seule ascension majeure, mais un piège. La 13e étape du Tour de France 2026, entre Dole et Belfort, est l’ultra-marathon de cette édition. Un profil atypique, taillé pour les rouleurs-endurants et les puncheurs ambitieux. Dans l’ombre du Ballon d’Alsace, sanctuaire historique, et sur les terres de Thibaut Pinot, une bataille d’usure se prépare. Décryptage d’une journée où la patience sera la plus cardinale des vertus.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

Vendredi 17 juillet 2026. Le Tour de France entre dans sa seconde quinzaine avec un monstre : 205 kilomètres entre Dole et Belfort. Unique étape à franchir le cap symbolique des 200 km dans cette édition, elle impose d’emblée son caractère d’épreuve d’usure. Loin des schémas classiques, son tracé sinueux vers l’Est promet une journée de tension permanente, où la stratégie comptera autant que les jambes.

Un parcours-contraste : entre plat jurassien et mur vosgien

La première moitié de l’étape s’annonce relativement plane, filant vers l’Est à travers le département du Jura et une partie de la Haute-Saône. Un terrain idéal pour la formation d’une échappée. Mais Christian Prudhomme, le directeur du Tour, met en garde : « La formation d’une échappée pourrait mettre du temps à se décanter. » Les équipes contrôlant le classement général ou convoitant le maillot vert devront doser leurs efforts avec une extrême précision. Le passage à Besançon constituera un premier point de respiration, avant que le parcours ne prenne une dimension plus intimiste et symbolique.

L’hommage obligé : traversée du fief Pinot à Mélisey

Avant la bataille, le peloton rendra un hommage appuyé à une légende française. La course s’infiltrera dans les rues de Mélisey, en Haute-Saône, village cœur de Thibaut Pinot. Bien que retraité, l’ombre du grimpeur Franc-Comtois planera sur cette étape. Ce passage, chargé d’émotion, pourrait insuffler une dynamique particulière, notamment aux coureurs français, avides de succès en terre natale. Un moment de grâce avant l’embrasement final.

Le Ballon d’Alsace : un juge de paix chargé d’histoire

Tout se jouera dans les vingt derniers kilomètres avec l’ascension du Ballon d’Alsace (11,7 km à 5,2%). Ce n’est pas le plus haut ni le plus raide des cols, mais son statut est mythique : il fut, en 1905, le premier col majeur jamais gravé par le Tour. « 121 ans après la première étape de montagne du Tour, c’est là qu’il sera possible de faire la différence pour plonger en vainqueur sur Belfort » précise Prudhomme.

Ce final est un piège redoutable. Après près de 190 km en ligne, la montée, régulière et exigeante, favorisera les puncheurs capables d’emmener du braquet et les rouleurs endurants. La descente technique vers Belfort récompensera les audacieux et les descendeurs habiles, offrant une chance de creuser l’écart ou, au contraire, de revenir sur un éventuel fugitif.

Stratégie d’étape : Qui peut triompher à Belfort ?

Le profil ouvre le spectre des vainqueurs potentiels :

Les baroudeurs endurants : Des puncheurs capables de survivre dans la longueur, comme un Mathieu van der Poel ou un Wout van Aert, seront aux avant-postes.

Les puncheurs-classeurs mondiaux : Un Tom Pidcock, un Matej Mohorič ou un Julian Alaphilippe trouveront dans le Ballon d’Alsace une rampe idéale pour leur explosivité.

Les échappées calculées : Une échappée matinale, comptant de solides rouleurs et un bon grimpeur, pourrait tenir si le peloton tarde à s’organiser. Les équipes sans leader pour le général chercheront absolument à placer un homme.

Contexte et liaisons : Cette étape marque un pivot. Arrivée à Belfort, ville-étape pour la 33e fois (dernière en 2023), elle précède un week-end explosif en Alsace. Dès le lendemain, le Tour enchaînera avec un « festival de grimpettes » entre Mulhouse et le Markstein. Les favoris au général devront donc limiter la casse à Belfort sans se griller pour les durs efforts vosgiens qui suivent.

L’étape Dole-Belfort est bien plus qu’une simple transition. C’est un marathon tactique, un hommage à l’histoire et un final sélectif qui récompensera le coureur le plus complet. Une journée où l’usure, le symbole et l’opportunisme s’entremêleront pour offrir un spectacle imprévisible.

Parcours – Magny-Cours, le Morvan et la traque des sprinteurs : le piège bourguignon de la 12e étape

Jeudi 16 juillet 2026. Le Tour de France s’engage en Bourgogne-Franche-Comté pour une étape de 181 kilomètres aux faux airs de tranquillité. Entre le départ symbolique du circuit de Magny-Cours et l’arrivée attendue à Chalon-sur-Saône, un parcours vallonné pourrait préparer bien des surprises. Dernière chance pour les puncheurs ou ultime répétition pour les trains d’équipes avant le sprint ? Décryptage d’une journée sous tension.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

Le Tour de France 2026 réserve une transition audacieuse. Pour sa 12e étape, la Grande Boucle troque l’asphalte lisse d’un aérodrome contre les courbes historiques d’un temple de la vitesse : le circuit de Nevers-Magny-Cours. Un symbole fort pour un jour de course qui, sous des apparences de transition, cache un profil plus retors qu’il n’y paraît.

Un départ chargé d’histoire et de symboles

Le choix du départ est lourd de sens. Magny-Cours, c’est 18 Grands Prix de France de Formule 1, les légendes Senna, Prost, Schumacher. En mars 2025, le circuit avait déjà ouvert ses lignes de freinage au peloton de Paris-Nice pour un contre-la-montre par équipes. En juillet 2026, c’est une étape en ligne qui s’élancera de ce lieu mythique, posant les roues du cyclisme dans le sillage des monoplaces.

Ce n’est pas un hasard. La Nièvre est un terreau cycliste. C’est ici que la famille Martinez, du patriarche Mariano au jeune espoir Lenny coureur de la prestigieuse Bahrain-Victorious, a forgé son histoire. Le département, moins fréquenté par le Tour que ses voisins alpins, saisit l’occasion de mettre en lumière ses routes vallonnées et son patrimoine.

Un parcours de 181 km à la morphologie trompeuse

Sur le papier, l’itinéraire de 181 km vers Chalon-sur-Saône semble taillé pour une arrivée au sprint. Dans les faits, l’équation est plus complexe.

Le tracé, qualifié de « très rural » par les organisateurs, s’enfonce dans le sud du Morvan. Une région où le Tour passe rarement, et qui offre un relief accidenté de côtes et de vallons. Ces difficultés dites « intermédiaires », thème central de l’édition 2026, vont ponctuer la journée et user les organismes.

Christian Prudhomme, le directeur du Tour, l’a concédé : « Même avec l’aide de la côte de Montagny-lès-Buxy, il restera peu d’espoir aux attaquants pour résister aux équipes de sprinteurs dans le vignoble chalonnais. » Un discours qui sent la diversion stratégique.

La Côte de Montagny-lès-Buxy : la clé du final

Tout se jouera dans les 30 derniers kilomètres. Le point de décision ? La côte de Montagny-lès-Buxy. Longueur : 2,6 km. Pente moyenne : 4.3%. Profil : Irrégulier, avec des passages plus raides.

Son sommet est situé à seulement 18 km de l’arrivée à Chalon. Une distance trop courte pour une échappée solitaire face à un peloton lancé, mais parfaite pour une attaque ciblée de puncheurs ou de sprinteurs courageux cherchant à disloquer les trains organisés.

C’est ici que les équipes devront être vigilantes. Un relâchement, une mauvaise gestion de l’effort dans cette montée, et tout peut basculer. Les coureurs puncheurs en forme y verront une ultime carte à jouer.

Chalon-sur-Saône, ville d’arrivée sous le signe de l’histoire

Chalon-sur-Saône accueillera le Tour pour la 6e fois de son histoire. La dernière remonte à 2019. La ville, au cœur du vignoble, offre une ligne d’arrivée large mais potentiellement nerveuse après une descente technique depuis les hauteurs.

Les équipes de purs sprinteurs devront contrôler férocement la journée et la base de la côte décisive. L’enjeu est de taille : offrir à leurs leaders une dernière opportunité de mass sprint avant les Alpes.

Verdict & perspectives stratégiques :

Cette 12e étape est un chef-d’œuvre d’équilibre. Officiellement pour sprinteurs, elle contient les ingrédients pour un coup de théâtre.

Scénario n°1 (le plus probable) : Un sprint massif après une journée de contrôle serré et une montée de Montagny-lès-Buxy insuffisamment offensive.

Scénario n°2 (le coup de folie) : Une attaque dans la dernière côte par un petit groupe d’hommes forts, qui coopèrent parfaitement et résistent au retour des poursuivants dans les lacis du vignoble.

Entre l’héritage sportif de Magny-Cours et les incertitudes du Morvan, cette étape bourguignonne promet d’être bien plus qu’une simple procession. C’est une épreuve de vigilance, de gestion et d’opportunisme. La veille des Alpes, personne ne voudra gaspiller d’énergie. Mais tout le monde voudra gagner. L’équilibre est précaire. Et c’est là que naît le spectacle.