Cette 4e étape de Paris-Nice 2026 restera dans les annales comme un jour de jugement dernier. Entre les bordures cisaillant le peloton dès le premier kilomètre et une chute massive qui a envoyé le maillot jaune Juan Ayuso à l’hôpital, un homme est sorti des ténèbres : Jonas Vingegaard. Le Danois, impérial au sommet d’Uchon, a fait coup double en s’emparant de la tunique dorée et en assommant quasiment la Course au Soleil.
Lire aussi : Paris-Nice 2026, le parcours complet, les engagés et favoris
L’ENFER DU MORVAN : VINGEGAARD SURVIT AU CHAOS ET ÉCRASE PARIS-NICE 2026
L’œil du cyclone : Comment Jonas Vingegaard a-t-il pu échapper au désastre ?
Dans une journée où la moindre erreur se payait au prix fort, Jonas Vingegaard a réalisé une démonstration de placement et de sang-froid digne des plus grands stratèges. Alors que le peloton explosait en mille morceaux sous l’effet du vent et des chutes, le Danois était toujours là où il fallait. Dès le coup de pistolet à Bourges, il a flairé le bon coup, se glissant dans le groupe de tête d’une quarantaine d’hommes. Mais c’est dans la descente piégeuse, à 55 kilomètres de l’arrivée, que son instinct de survie a fait la différence.
Là où Juan Ayuso (Lidl-Trek) et Brandon McNulty (UAE Team Emirates XRG) mordaient la poussière sur le bitume détrempé, Vingegaard, tel un funambule, négociait les courbes avec une prudence presque animale. « Je suis juste heureux d’être là et d’avoir gagné l’étape » confiait-il après la course, lucide sur la chance du survivant. En laissant les RedBull-BORA-hansgrohe imprimer un rythme infernal pour creuser l’écart, il a économisé ses forces pour le coup de grâce final. Le Danois n’a pas seulement gagné une étape ; il a remporté un combat de rue où les favoris tombaient comme des mouches. Son expérience des grands tours, où la gestion de l’imprévu est reine, a fait la différence sur une jeunesse trop exposée.
Kévin Vauquelin et Lenny Martinez : Le piège des bordures s’est refermé sur la France
Pour le public français, l’addition est terrible. Dauphin de Juan Ayuso au classement général avant le départ, Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) a vécu un cauchemar éveillé. En un clin d’œil, dès les premiers kilomètres, le Normand s’est retrouvé piégé dans le mauvais wagon, incapable de répondre à l’accélération des équipes de gros bras. C’est la loi impitoyable des bordures : on est soit dedans, soit dehors. Et Kévin était dehors.
Avec Lenny Martinez (Bahrain Victorious), également victime de cette cassure initiale, ils ont mené une poursuite vaine et épuisante dans des conditions apocalyptiques. Pendant ce temps, à l’avant, la Visma | Lease a Bike et la RedBull-BORA-hansgrohe s’entendaient pour creuser l’écart. Si Vauquelin limite la casse avec une belle combativité (6e de l’étape à 3’38), ce retard est un coup de massue pour ses ambitions. Il passe de la 2e à la 4e place du général, à plus de trois minutes. La question qui brûle les lèvres est désormais : aurait-il dû prendre plus de risques pour forcer sa place à l’avant, ou son équipe a-t-elle sous-estimé la violence du scénario ? Le cyclisme français perd là une occasion en or de briller sur la « Course au Soleil ».
Classement général après l’étape 4 : Vingegaard verrouille-t-il déjà Paris-Nice ?
Le nouveau Top 5 est sans appel et porte la marque du chaos. Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) est le nouveau patron avec 52 secondes d’avance sur Daniel Martinez (RedBull-BORA-hansgrohe). Une marge confortable, presque irréelle, pour une course d’une semaine. Derrière, le trou est immense, avec Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost) à 3’20 » et notre Kévin Vauquelin à 3’39 ».
1. Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) – Le maître du jeu.
2. Daniel Martinez (RedBull-BORA-hansgrohe) – Le premier lieutenant, mais déjà loin.
3. Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost) – La révélation surprise de l’étape.
4. Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) – Le combatif, mais lourdement pénalisé.
5. Lenny Martinez (Bahrain Victorious) – Remontée encourageante, mais espoirs de podium évanouis.
Avec 52 secondes d’avance et une fin de parcours qui pourrait encore lui être favorable, Vingegaard semble avoir la main mise sur ce Paris-Nice 2026. À moins d’un nouveau coup de théâtre dans les Alpes-Maritimes, le Danois tient sa première grande course de l’année. Selon nos données et statistiques, c’est l’un des plus gros écarts jamais enregistrés à ce stade de la course pour un leader, signe de l’intensité de l’étape.
La petite phrase de Vingegaard qui en dit long
Au-delà de la performance, c’est l’image qui restera. Dans le froid glacial et la pluie battante, Jonas Vingegaard a gardé son cuissard long par dessus son maillot toute l’étape, un détail vestimentaire qui l’a fait sourire après la ligne. « Peut-être que je peux me dire être un précurseur avec mon cuissard long, mais je n’ai tout simplement pas eu le temps de l’enlever » a-t-il ironisé. Cette petite phrase est bien plus qu’une anecdote.
Elle illustre parfaitement le scénario de cette 4e étape : le rythme était si infernal, la concentration si extrême, que personne n’avait le loisir de penser au confort. C’était la survie avant tout. Pour Vingegaard, qui avait dû abandonner Paris-Nice en 2025, cette victoire en solitaire au sommet d’Uchon a une saveur de revanche. Il prouve, s’il le fallait encore, qu’il n’est pas seulement un grimpeur hors pair, mais aussi un coureur complet, capable de dompter les classiques les plus piégeuses, un peu à la manière de son grand rival Tadej Pogačar. Et vous, pensez-vous que ce Paris-Nice 2026 est déjà plié, ou la météo et les étapes à venir peuvent-elles encore réserver des surprises ?
VIDÉO – Le résumé de la 4e étape : Le jour où Paris-Nice a basculé
Revivez l’attaque de Vingegaard et les images terribles de la chute d’Ayuso dans notre vidéo
Classement Paris-Nice 2026, étape 4 – Top 20
- VINGEGAARD JONAS, Team Visma | Lease a Bike les 195 km en 4:16:12 (45,6 km/h)
- MARTÍNEZ DANIEL FELIPE, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:41
- VAN DIJKE TIM, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:45
- VAN DIJKE MICK, Red Bull – BORA – hansgrohe +1:42
- STEINHAUSER GEORG, EF Education – EasyPost +2:54
- VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers +3:38
- MARTINEZ LENNY, Bahrain – Victorious +4:02
- GAUDU DAVID, Groupama – FDJ United +4:20
- PLOWRIGHT JENSEN, Alpecin-Premier Tech +4:55
- SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG +5:07
- VERCHER MATTÉO, TotalEnergies +5:24
- IZAGIRRE ION, Cofidis +5:49
- ZUKOWSKY NICKOLAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +6:11
- VAN ASBROECK TOM, NSN Cycling Team +6:22
- RONDEL MATHYS, Tudor Pro Cycling Team +6:32
- BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost +7:19
- TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +8:01
- ONLEY OSCAR, INEOS Grenadiers +8:35
- AFFINI EDOARDO, Team Visma | Lease a Bike +9:10
- ACKERMANN PASCAL, Team Jayco AlUla +9:25
Classement général à l’issue de la 4e étape – Top 20
- VINGEGAARD JONAS, Team Visma | Lease a Bike en 12:53:15
- MARTÍNEZ DANIEL FELIPE, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:52
- STEINHAUSER GEORG, EF Education – EasyPost +3:20
- VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers +3:39
- GAUDU DAVID, Groupama – FDJ United +5:02
- MARTINEZ LENNY, Bahrain – Victorious +5:07
- VAN DIJKE TIM, Red Bull – BORA – hansgrohe +5:33
- SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG +5:45
- PLOWRIGHT JENSEN, Alpecin-Premier Tech +6:27
- IZAGIRRE ION, Cofidis +6:32
- VERCHER MATTÉO, TotalEnergies +7:02
- RONDEL MATHYS, Tudor Pro Cycling Team +7:36
- BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost +7:43
- ONLEY OSCAR, INEOS Grenadiers +8:37
- VAN DIJKE MICK, Red Bull – BORA – hansgrohe +8:40
- TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +9:17
- ARMIRAIL BRUNO, Team Visma | Lease a Bike +9:53
- ZUKOWSKY NICKOLAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +10:04
- LEKNESSUND ANDREAS, Uno-X Mobility +10:56
- VAN ASBROECK TOM, NSN Cycling Team +11:29
Notre couverture enrichie sur TodayCycling : Retrouvez chaque soir le décryptage vidéo de la course, les analyses de nos experts, les photos exclusives et les interviews long format des principaux acteurs. Nous connectons les points entre ce que vous voyez à l’écran et la réalité du terrain.



Etape disputée dans le vent, le froid et la pluie, sur un parcours difficile, sinueux et semé d’embûches, cela donna cet éclatement du peloton et un déroulement de course particulièrement impitoyable…
Nous pouvons retenir bien sûr cette victoire de Vingegaard, mais Vingegaard n’est pas Pogacar, le danois n’a pris les devants qu’après la flamme rouge, dans les rudes pentes du dernier kilomètres ! Durant toute l’étape, Vingegaard demeura en effet les bretelles accrochées aux basques de plusieurs Bora en pleine bourre autour de leur unique leader D. Martinez : les hommes du jour, ceux qui firent la course et la sélection, furent bien ces Bora, et particulièrement N. Denz, dans une journée formidable comme souvent dans la bourrasque et la tempête, et puis les deux frères Van Dijke, trois Bora seuls à rouler en tête… Pourquoi une telle supériorité, alors que tant d’autres comme McNulty, Onley ou Ayuso chutèrent derrière eux, s’impose alors la question autour du matériel utilisé, comme par exemple le type de jantes, de pneus ou les pressions choisies sur ce terrain-là, etc …
Derrière arrive donc l’habituel et si vaillant Steinhauser, puis les trois français, dont D. Gaudu, comme une surprise à ce niveau-là, avec la nuance de taille que le Groupama avait pu courir toute l’étape sur l’avant, initialement protégé par ses habituels équipiers dans le vent et les premières bordures… Ce ne fut pas le cas des deux autres, Vauquelin et Martinez, livrés à eux-même, rejetés à la minute d’entrée et contraint à la patate durant toute la course… Différences de privilèges au sein des équipes, les équipes étrangères ne proposent pas, avec le chèque, le garde du corps nécessaire aux plus légers dans ces occasions-là… Pinot ou Bardet seraient les meilleurs exemples d’un récent passé, toujours secondés par des Roux ou Naessen, mais en équipes françaises !… Vauquelin à l’arrière ici, en concurrence avec Onley au sein de ses Inéos, ne pouvait bénéficier d’un Tarling… Comme Onley chuta et défaillit plus loin, permettant le retour final de Vauquelin et Martinez. Un K. Vauquelin très fort sur le terrain mais cependant quelque peu déconfit et frustré par le déroulement de sa journée, ce qui pouvait alimenter des discussions…
Au bout du compte le forcing des Bora a installé Vingegaard dans une position où il sera difficile de le déloger
Je me pose quand même la question sur la stratégie des Bora qui a permis d’éliminer nombre de favoris mais à mis en position de force celui qui est le plus fort ! Jamais ils n’ont cherché à le mettre dans le vent , ni l’inciter à collaborer en arrêtant de rouler .De plus Martinez n’ était pas si fort qu’on aurait pu le penser ce qui a fait de lui une proie facile pour le Danois .
Pour le reste déconfiture des Inéos qui ont misé sur le mauvais « cheval » en voulant sauver Onley qui n’avait pas le jambes . Vauquelin pouvait l’avoir mauvaise , il a montré qu’il était très fort . il ne lui reste qu’à viser les étapes .