Ils avaient prévu un sprint, ils ont offert un film. La première étape du Tour de Murcie 2026, réduite à 89 km à cause de rafales violentes, a été le théâtre d’une démonstration tactique de l’équipe UAE Team Emirates XRG. Dans un décor de poussière et de vent, Marc Soler a transformé l’épreuve en solitaire pour s’offrir la victoire, signant un doublé exceptionnel avec son coéquipier Julius Johansen. Retour sur une après-midi de folie dans la région de Murcie.
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L’air de la région de Murcie charriait plus que du sable, ce vendredi 13 février. Il charriait la marque d’une équipe. Alors que les organisateurs du Tour de Murcie 2026, contraints de revoir leur copie face aux caprices de la météo, donnaient un nouveau départ à Fortuna, personne n’imaginait assister à une telle démonstration de force. Loin d’une classique espagnole, ce premier acte du nouveau format par étapes s’est transformé en une course d’attrition où la science du vent a primé sur la puissance pure.
Comment l’équipe UAE a-t-elle fait exploser la course ?
Dès le départ fictif, l’intention était claire : il ne fallait pas laisser cette étape raccourcie se terminer par un emballage massif. Le vent de travers, qui a justifié l’annulation de la première partie du parcours, est devenu l’arme fatale d’UAE Team Emirates XRG.
La stratégie des « trois coups » de la formation émiratie
L’équipe de Marc Soler a exécuté un plan en trois phases d’une efficacité redoutable :
L’infiltration : Alors que le peloton négocie les premières difficultés, une échappée de neuf coureurs se forme. On y retrouve déjà deux maillots d’UAE : Marc Soler et Julius Johansen. Dans ce groupe, ils sont en position de force, mais le plan est plus vaste.
Le « Poinçon » Wellens : À 60 kilomètres de l’arrivée, le peloton, sous l’impulsion des coureurs UAE, commence à se disloquer sous l’effet des bordures. C’est le moment choisi par Tim Wellens. Le Belge, véritable métronome, place une attaque puissante et opère la jonction avec l’échappée. L’équipe place ainsi un troisième homme à l’avant.
Le Mat de l’étau : Avec Wellens dans le groupe de tête, Soler et Johansen ont les mains libres. Wellens ne roule pas ; il marque les adversaires, crée des hesitations. Sur une portion exposée, à 38 kilomètres de l’arrivée, Soler et Johansen placent une violente accélération. Personne ne peut suivre, et le duo s’envole vers l’arrivée à Yecla.
Selon les données recueillies, l’écart entre le duo de tête et le premier groupe de poursuivants n’a cessé de grimper, atteignant 1 minute et 15 secondes à 10 kilomètres du but, preuve de la puissance du collectif UAE.
Pourquoi le vent a-t-il été l’ennemi numéro 1 du peloton ?
Le vent n’a pas seulement réduit la distance de la course ; il en a redéfini les règles. La décision des organisateurs, en accord avec le syndicat des coureurs (CPA) représenté par Pello Bilbao, de neutraliser la partie côtière initiale (près de 100 km) a créé un contexte psychologique unique. Le peloton savait que la course serait courte, donc explosive.
Sur les plateaux arides de la province de Murcie, le vent de travers a agi comme un couperet. Le peloton, constamment sur le qui-vive, a fini par céder. L’image marquante de cette étape restera celle de ce groupe de favoris réduit à une dizaine d’unités, hagard, impuissant à combler un fossé creusé par une équipe roulant parfaitement dans le même tempo.
Marc Soler, l’exécuteur chirurgical dans l’Alto Virgen del Castillo
Arrivés au pied de l’Alto Virgen del Castillo (1,3 km à 7,4%), Soler et Johansen jouent leur partition. Le Danois, qui a puisé dans ses réserves pour maintenir l’écart, cède logiquement dans les premières pentes. Soler, lui, ajuste son braquet et entame un « escalada » majestueux.
Son pédalage, à la fois souple et puissant, rappelle celui des grands grimpeurs catalans. Il franchit le sommet avec une avance confortable et négocie la descente technique vers Yecla avec la prudence du vainqueur potentiel.
Derrière, Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5) , impressionnant, tente de sauver les meubles. Il attaque à son tour dans la bosse et s’isole en poursuite, mais le retard est trop important. Il termine à 40 secondes, signe que même un talent hors-norme ne peut rien contre un collectif bien huilé.
Le nouveau format du Tour de Murcie a-t-il tenu ses promesses ?
C’était la grande interrogation de cette édition 2026 : le retour à un format par étapes après plusieurs années en tant que course d’un jour. Si la météo en a décidé autrement pour cette première journée, le scénario a été à la hauteur du suspense promis. La décision courageuse de raccourcir l’étape a évité un scénario dangereux et a concentré l’action sur un final explosif. En cela, le « Murcie 2.0 » a déjà gagné son pari : offrir du spectacle.
Et vous, que pensez-vous de la stratégie d’UAE ? S’agit-il d’un coup de maître tactique ou le peloton a-t-il manqué d’initiative pour contrer la formation émiratie ?
Les enseignements avant la dernière étape
Samedi, place à la deuxième et dernière étape entre Murcie et Santomera sur 179 kilomètres. Un parcours plus vallonné qui pourrait sourire aux grimpeurs.
Marc Soler (UAE) : Leader avec 19 secondes d’avance sur Johansen. Il a un matelas confortable, mais l’équipe devra contrôler.
Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5) : 3e à 40 secondes. C’est le principal danger. S’il est en forme, il peut reprendre son retard sur ce type de parcours. Mais il sera seul contre une armada UAE qui a prouvé sa cohésion.
Benoît Cosnefroy (UAE) : 10e à 1’15. Lui aussi pourra être un pion offensif pour sa formation. Avec cinq hommes dans le top 10, UAE a les cartes en main.
Selon les données, le vent pourrait de nouveau être un facteur décisif samedi. Un nouveau scénario de bordures n’est pas à exclure, ce qui promet une explication finale passionnante.
Marc Soler, en jaune (ou plutôt en leader du Tour de Murcie), abordera l’ultime étape avec la sérénité d’un patron. Mais dans le cyclisme moderne, et surtout à Murcie, on ne fait jamais de plans sur la comète… ou plutôt sur le vent.
Classement Tour de Murcie 2026, étape 1 – Top 20
- SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG les 89,3 km en 1:50:39 (48,4 km/h)
- JOHANSEN JULIUS, UAE Team Emirates – XRG +0:19
- PIDCOCK THOMAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +0:40
- BILBAO PELLO, Bahrain – Victorious +1:01
- ARRIETA IGOR, UAE Team Emirates – XRG m.t.
- WELLENS TIM, UAE Team Emirates – XRG m.t.
- ÁLVAREZ HÉCTOR, Spain m.t.
- MOHORIČ MATEJ, Bahrain – Victorious m.t.
- KOPECKÝ MATYÁŠ, Unibet Rose Rockets m.t.
- COSNEFROY BENOÎT, UAE Team Emirates – XRG +1:15
- HERMANS QUINTEN, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +1:46
- VENTURINI CLÉMENT, Unibet Rose Rockets m.t.
- VELASCO SIMONE, XDS Astana Team m.t.
- ALLENO CLÉMENT, Burgos Burpellet BH m.t.
- DELBOVE JORIS, TotalEnergies m.t.
- SILVA GUILLERMO THOMAS, XDS Astana Team m.t.
- FERNÁNDEZ SAMUEL, Caja Rural – Seguros RGA m.t.
- CEPEDA JEFFERSON ALVEIRO, Movistar Team +1:48
- DONOVAN MARK, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +1:50
- BORGO ALESSANDRO, Bahrain – Victorious +1:59
Classement général à l’issue de la 1ère étape – Top 20
- SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG en 1:50:39
- JOHANSEN JULIUS, UAE Team Emirates – XRG +0:19
- PIDCOCK THOMAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +0:40
- BILBAO PELLO, Bahrain – Victorious +1:01
- ARRIETA IGOR, UAE Team Emirates – XRG m.t.
- WELLENS TIM, UAE Team Emirates – XRG m.t.
- ÁLVAREZ HÉCTOR, Spain m.t.
- MOHORIČ MATEJ, Bahrain – Victorious m.t.
- KOPECKÝ MATYÁŠ, Unibet Rose Rockets m.t.
- COSNEFROY BENOÎT, UAE Team Emirates – XRG +1:15
- HERMANS QUINTEN, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +1:46
- VENTURINI CLÉMENT, Unibet Rose Rockets m.t.
- VELASCO SIMONE, XDS Astana Team m.t.
- ALLENO CLÉMENT, Burgos Burpellet BH m.t.
- DELBOVE JORIS, TotalEnergies m.t.
- SILVA GUILLERMO THOMAS, XDS Astana Team m.t.
- FERNÁNDEZ SAMUEL, Caja Rural – Seguros RGA m.t.
- LASTRA JONATHAN, Euskaltel – Euskadi m.t.
- CEPEDA JEFFERSON ALVEIRO, Movistar Team +1:48
- DONOVAN MARK, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +1:50
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