Giro 2026, étape 7 : Vingegaard surpuissant au Blockhaus, Eulálio résiste et garde le Rose

1
Giro 2026 étape 7 Vingegaard surpuissant au Blockhaus Eulalio résiste et garde le rose
Images : @RCS_LaPresse

Jonas Vingegaard a frappé là où on l’attendait, en patron, pour écraser la 7e étape du Giro au sommet du Blockhaus. Mais l’histoire du jour est double : Felix Gall se pose en rival n°1 tandis qu’Afonso Eulálio, héroïque, limite une défaillance annoncée pour sauver son maillot rose avec plus de trois minutes d’avance.

Lire aussi Le parcours complet, profils d’étapes et analyse du tracé
Lire aussi La liste des 184 coureurs engagés, forfaits et abandons
Lire aussi : Les favoris du Giro 2026. Vingegaard face au chaos, Pellizzari en Messie ?

Blockhaus 2026 : Vingegaard sort la calculette et l’artillerie lourde, Eulálio plie mais ne rompt pas

L’Acte 1 : Comment l’armada Visma a exécuté la course parfaite pour briser les corps

La guerre psychologique a commencé bien avant les premières rampes du Blockhaus. Dans les lacets de Roccaraso, à 76 kilomètres du but, le message visuel était déjà sans équivoque : sept maillots jaunes de Visma-Lease a Bike verrouillaient le peloton, comme les sept verrous d’un coffre-fort. L’échappée matinale de Jonathan Milan, parti chasser les points du maillot cyclamen avant de sagement lever le pied, n’était qu’un apéritif. Le plat de résistance, cuisiné à feu doux puis flambé à l’explosif, se préparait dans les cuisines de l’équipe néerlandaise.

Quand la route s’est cabrée dans les premiers kilomètres du géant des Apennins (13,6 km à 8,4 %), le film était déjà écrit. Red Bull-Bora-Hansgrohe a tenté d’exister, mais leur tempo n’était qu’une mise en bouche. À 8,5 km du sommet, Davide Piganzoli a pris les commandes. Puis, comme dans un relais de l’horreur, Sepp Kuss a pris le relais. Le grimpeur américain, l’un des meilleurs lieutenants de l’histoire, a transformé le peloton en champ de ruines. On a vu Egan Bernal et Enric Mas, deux monuments du cyclisme mondial, se décomposer en direct. Le train jaune ne roulait pas, il moissonnait.

Le vent de face, traître et cinglant sur cette montagne exposée, aurait pu inciter à la prudence. Au contraire, Kuss l’a utilisé comme une lame pour trancher le peloton. Quand il s’est écarté, épuisé, le groupe des favoris ne comptait plus que 13 unités. Le piège était refermé, et Jonas Vingegaard, lui, n’avait même pas encore appuyé sur les pédales.

Le vainqueur : La démonstration clinique de Vingegaard, un coup de force millimétré

À 5,5 km du sommet, le Danois a dégainé. Pas une attaque sèche et irréfléchie comme un junior en manque de reconnaissance, mais une accélération contrôlée, mesurée au cardiofréquencemètre, calibrée pour tester la résistance ennemie. Giulio Pellizzari, l’enfant chéri de l’Italie, a bondi dans sa roue. Pendant un kilomètre, le rêve italien a tenu la roue du double vainqueur du Tour, suscitant un espoir immense dans les tifosi. Mais l’espoir est une illusion cruelle face à un métronome.

Un kilomètre plus tard, Vingegaard a tourné la tête, observé le Transalpin, puis enclenché le mode « tour de force en solitaire ». Cette seconde accélération ne relevait plus de la tactique mais de la physique pure. Le Danois n’a pas attaqué Pellizzari, il l’a effacé de sa réalité. Derrière, c’est tout le classement général qui explosait en volutes de douleur.

Treize minutes de gestion pure plus tard, Vingegaard levait les bras sur ce sommet mythique. Son temps canon, près de deux minutes plus rapide que les records précédents, interroge. Est-ce le vent, la technologie, ou simplement le génie ? En 2026, à 29 ans, il semble avoir atteint cette plénitude où la douleur devient une simple variable mathématique. Il offre à son équipe le plus beau des cadeaux juste après le travail de sape de Kuss. « Nous avons gardé une approche ouverte, il y avait beaucoup de vent, mais reprendre du temps sur mes adversaires, c’est une bonne journée » a sobrement commenté le leader, le regard déjà tourné vers le contre-la-montre de Massa.

Le perdant magnifique : Afonso Eulálio, l’art noble de perdre du temps pour gagner un maillot

La ligne d’arrivée a sacré un vainqueur danois, mais la véritable leçon de stratégie a été livrée par un Portugais de 24 ans. Afonso Eulálio savait que le Blockhaus était trop dur pour lui. Il savait qu’il ne tiendrait pas les roues des extraterrestres. Alors, au lieu de se brûler les ailes, il a appliqué le principe de Peter Pan inversé : il a accepté de grandir en lâchant prise.

Quand Vingegaard a porté son attaque, Eulálio n’a même pas tenté l’impossible. Il a adopté son rythme, ce tempo qui fait rarement gagner des étapes mais qui fait gagner les Grands Tours. À 5,7 km du but, il a décroché. Mais là où un Bernal ou un Mas ont explosé en perdant près de 3 ou 6 minutes — un fiasco pour l’ancien vainqueur du Tour et le leader espagnol —, Eulálio a limité la casse à 2 minutes 55.

À l’arrivée, il sauve son maillot rose avec 3 minutes 17 d’avance sur le monstre Vingegaard. Oui, ces 3 minutes 17 sont un oreiller de plomb quand on sait que le contre-la-montre arrive dans quelques jours. Mais aujourd’hui, le Portugais a prouvé qu’il savait perdre avec panache, transformant une peur bleue en gestion de patrimoine. Il est toujours le patron du Giro, et ça, personne ne l’avait prédit ce matin.

Ce que cette étape change pour la suite du Giro

Le Blockhaus n’a pas tué le suspense, il l’a redessiné. La première certitude est que Jonas Vingegaard est bien l’homme à battre, mais il est désormais talonné par un Felix Gall (Decathlon) qui n’a cédé que 13 secondes. L’Autrichien, 3e du général à 3 minutes 34, est en réalité le principal rival du Danois, surtout en pensant aux longues étapes de haute montagne où sa régularité fait merveille.

Jai Hindley et Giulio Pellizzari (Red Bull) doivent désormais attaquer pour exister. Le duo australo-italien est à plus de 4 minutes au général. Le statut de leader unique chez Red Bull va forcément se poser : qui sacrifier ? Le jeune loup Pellizzari a du panache mais a montré qu’il pouvait se consumer, quand Hindley, vieux briscard, gère mieux ses efforts.

Derrière, c’est la soupe à la grimace pour les Netcompany INEOS et Movistar. Egan Bernal est à 6 minutes 18 d’Eulálio, Enric Mas à près de 9 minutes. Leur Giro est terminé pour le maillot rose, il faudra chasser les étapes. À l’inverse, la confirmation du jour s’appelle Mathys Rondel (Tudor). Le Français, à 4 minutes 56 du leader, n’est qu’à 1 minute 39 de Vingegaard. Son ascension sage mais puissante en fait le premier outsider « surprise » de ce classement général.

Le plan parfait de Visma aurait-il été aussi efficace si le vent de face n’avait pas découragé les velléités offensives de Red Bull et de Decathlon dans les premières rampes ? Pensez-vous que la météo a tué le spectacle ou sublimé la tactique ?

Afonso Eulálio possède encore 3 minutes 17 d’avance sur Vingegaard avant le contre-la-montre de 42 km. Cette marge est-elle suffisante pour que le Portugais conserve la tête après l’exercice chronométré, ou le Danois va-t-il lui infliger une correction historique ?

Classement Giro 2026, Etape 7 : Top 20

  1. VINGEGAARD JONAS, Team Visma | Lease a Bike les 244 km en 6:09:15 (39,6 km/h)
  2. GALL FELIX, Decathlon CMA CGM Team +0:13
  3. HINDLEY JAI, Red Bull – BORA – hansgrohe +1:02
  4. PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe +1:05
  5. O’CONNOR BEN, Team Jayco AlUla m.t.
  6. RONDEL MATHYS, Tudor Pro Cycling Team +1:29
  7. CICCONE GIULIO, Lidl – Trek +1:40
  8. GEE-WEST DEREK, Lidl – Trek +1:42
  9. STORER MICHAEL, Tudor Pro Cycling Team +1:44
  10. ARENSMAN THYMEN, Netcompany INEOS m.t.
  11. HIRT JAN, NSN Cycling Team +2:13
  12. HARPER CHRIS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
  13. LÓPEZ HAROLD MARTÍN, XDS Astana Team +2:42
  14. POELS WOUT, Unibet Rose Rockets +2:55
  15. EULÁLIO AFONSO, Bahrain – Victorious m.t.
  16. PIGANZOLI DAVIDE, Team Visma | Lease a Bike m.t.
  17. BELOKI MARKEL, EF Education – EasyPost +2:57
  18. CARUSO DAMIANO, Bahrain – Victorious m.t.
  19. KUSS SEPP, Team Visma | Lease a Bike m.t.
  20. MÜHLBERGER GREGOR, Decathlon CMA CGM Team m.t.

Classement général Giro 2026 après la 7e étape : Top 20

  1. EULÁLIO AFONSO, Bahrain – Victorious 30:59:23
  2. VINGEGAARD JONAS, Team Visma | Lease a Bike +3:17
  3. GALL FELIX, Decathlon CMA CGM Team +3:34
  4. HINDLEY JAI, Red Bull – BORA – hansgrohe +4:25
  5. PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe +4:28
  6. O’CONNOR BEN, Team Jayco AlUla +4:32
  7. RONDEL MATHYS, Tudor Pro Cycling Team +4:56
  8. CICCONE GIULIO, Lidl – Trek +4:57
  9. ARENSMAN THYMEN, Netcompany INEOS +5:07
  10. STORER MICHAEL, Tudor Pro Cycling Team +5:11
  11. HIRT JAN, XDS Astana Team +5:23
  12. SCARONI CHRISTIAN, NSN Cycling Team +5:40
  13. GEE-WEST DEREK, Lidl – Trek +6:10
  14. ARRIETA IGOR, UAE Team Emirates – XRG +6:11
  15. BERNAL EGAN, Netcompany INEOS +6:18
  16. PIGANZOLI DAVIDE, Team Visma | Lease a Bike +6:22
  17. CARUSO DAMIANO, Bahrain – Victorious +6:24
  18. BELOKI MARKEL, EF Education – EasyPost m.t.
  19. HARPER CHRIS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +6:41
  20. KULSET JOHANNES, Uno-X Mobility +6:46

Rejoignez la communauté LE PELOTON CONNECTE – L’actualité du cyclisme, classements, infos et vidéos en direct Facebook.

Notre couverture enrichie sur TodayCycling : Retrouvez chaque soir le décryptage vidéo de la course, les analyses de nos experts, les photos exclusives et les interviews long format des principaux acteurs. Nous connectons les points entre ce que vous voyez à l’écran et la réalité du terrain.

1 COMMENTAIRE

  1. Avec le classement et les écarts au sommet, nous pouvons juger de l’évolution et des possibilités de chacun des protagonistes pour le classement final. Vingegaard l’emporte, mais un peu comme dans la dernière vuelta, le danois n’écrase pas la concurrence, car F. Gall termine sur ses talons. De quoi donner des idées à son jeune équipier P. Seixas en vue du Tour de France !… Pellizzari est le seul à tenter de tenir la roue de Vingegaard, mais il craque et concède environ une minute en haut, de quoi lui permettre de changer son approche trop impétueuse de la course, inverse de celle de ses années antérieures, lorsque dans l’ombre d’un leader, le jeune italien gérait tout autrement ses montées. Candidats au top 10, belle place de Rondel au sommet, un peu devant son équipier Storer. Bernal n’est pas dans le coup… Ciccone s’intéresse peut-être au classement général : il n’a pas attendu son équipier Gee !… Hirt 11é en haut, s’accroche encore et toujours, dans sa course de coeur… etc…

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.