Ce samedi 7 mars, les Strade Bianche soufflent leurs 20 bougies. Pour l’occasion, Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) fait sa rentrée. L’objectif ? Une quatrième victoire qui le sacrerait seul recordman de l’épreuve, devant Fabian Cancellara. Mais avec un parcours légèrement remodelé et une concurrence affûtée, le scénario idyllique est-il si écrit d’avance ? Plongée dans les enjeux d’un samedi qui s’annonce explosif.
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Tadej Pogacar peut-il (encore) réécrire l’histoire sur les chemins blancs ?
L’hiver a été long pour les fans de cyclisme. Heureusement, le printemps toscan et ses chemins blancs sont là pour réchauffer les cœurs. Ce samedi, la 20e édition des Strade Bianche sonne non seulement le grand retour des Classiques, mais aussi celui de l’homme qui a redéfini les limites du cyclisme et du sport ces dernières années. Après avoir passé plus de quatre mois et demi à « encourager depuis son canapé » comme il le dit lui-même, Tadej Pogačar s’apprête à enfiler son maillot arc-en-ciel pour la première fois en 2026. Et comme à son habitude, le Slovène voit les choses en grand : une quatrième victoire à Sienne pour devenir l’unique détenteur du record de l’épreuve.
Pourquoi cette édition 2026 est-elle si spéciale pour Pogačar ?
La chasse au record de Fabian Cancellara
Pour les puristes, les records sont l’essence même du sport. Et sur les Strade Bianche, le « patron » s’appelait jusqu’ici Fabian Cancellara. Le Suisse, triple vainqueur (2008, 2012, 2016), régnait en maître sur les routes blanches, imposant sa puissance de rouleur. Mais depuis 2022, un nouveau maître a élu domicile en Toscane. En s’imposant cette année-là, puis en 2024 et 2025, Pogačar est venu égaler la légende suisse. Une quatrième victoire samedi ne serait pas qu’une ligne de plus à un palmarès déjà stratosphérique : ce serait un changement de garde définitif, l’acte fondateur qui ferait de lui le détenteur absolu d’un monument moderne du cyclisme.
Le saviez-vous ? En 2025, pour célébrer son troisième succès, les organisateurs ont nommé un secteur de gravier en son honneur : le secteur de Colle Pinzuto porte désormais officiellement son nom. Une consécration avant l’heure.
Un programme de course unique en 2026
Ce qui frappe dans la saison de Pogačar, c’est son ambition démesurée. Les Strade Bianche ne sont pas un simple objectif de printemps, c’est la rampe de lancement d’un programme qui frôle la démesure. Après Sienne, il enchaînera avec Milan-SanRemo (le 21 mars), puis le Ronde avec le Tour des Flandres (5 avril) et l’Enfer du Nord Paris-Roubaix (12 avril), avant de conclure son printemps sur Liège-Bastogne-Liège (26 avril). S’ensuivront le Tour de Romandie et le Tour de Suisse, pour préparer l’inévitable objectif : un cinquième Tour de France (du 4 au 26 juillet). Un calendrier de baroudeur qui prouve que le Slovène ne se contente pas de gagner, il veut marquer chaque course de son empreinte.
Le parcours 2026 : un léger virage stratégique
Moins de gravier, plus d’intensité ?
C’est l’une des grandes discussions du moment dans le peloton. Le parcours des Strade Bianche 2026 a été modifié. Deux secteurs de gravier, La Plana et Serravalle, ont été retirés, réduisant la distance totale sur les « sterrati » de 80 à 64 kilomètres, répartis sur 14 secteurs. À première vue, une course moins dure. Mais l’expert voit plus loin. En supprimant ces secteurs, le parcours gagne en densité. L’énergie sera conservée pour les secteurs clés, où les écarts se creusent véritablement.
Le juge de paix reste le même : Avec 70 kilomètres à parcourir après le secteur de Monte Sante Marie, c’est toujours là que Pogačar a construit ses plus beaux exploits. La question est : cette légère « détente » du parcours va-t-elle permettre à des rouleurs-puncheurs de rester plus longtemps au contact, ou au contraire, offrir un terrain de jeu encore plus propice aux attaques éclairs du Slovène ?
Le final explosif : L’enchaînement Colle Pinzuto – Le Tolfe, à une trentaine de bornes de l’arrivée, reste le moment clé. C’est un filtre impitoyable où la puissance pure ne suffit plus ; il faut de l’explosivité et une gestion d’effort parfaite.
L’armada UAE Team Emirates XRG au complet
Une équipe taillée pour le scénario Pogacar
Pour cette quête historique, le champion du monde ne sera pas seul. L’UAE Team Emirates XRG aligne une formation de luxe, comme le rapporte le communiqué de l’équipe. Aux côtés de Pogačar, on retrouve des hommes de devoir et des talents bruts. Le plus surveillé d’entre eux sera sans doute Isaac Del Toro. Le Mexicain, vainqueur du général et de deux étapes sur le dernier UAE Tour, arrive lancé comme une fusée. Deuxième du Giro l’an passé, il représente un atout majeur. Capable de durcir la course très tôt ou de prendre les devants si un scénario catastrophe arrivait, il est l’incarnation de la nouvelle génération dorée de l’équipe.
Le reste de la composition de l’équipe UAE est un mélange d’expérience et de jeunesse :
Jan Christen : Vainqueur du UAE Tour, 2e de l’Ardèche Classic, le Suisse de 21 ans est punchy et prometteur.
Felix Großschartner & Domen Novak : Les lieutenants de luxe, prêts à contrôler le peloton.
Florian Vermeersch & Kevin Vermaerke : Des coureurs polyvalents, capables de briller sur ce terrain.
Les adversaires : Van Aert et les autres peuvent-ils renverser le roi ?
Tadej Pogačar le concède lui-même dans le communiqué : « Nous nous attendons à des adversaires redoutables. » Le plateau est en effet relevé. Le retour le plus attendu est celui de Wout van Aert (Team Visma | Lease a Bike), absent depuis deux ans. Le Belge, vainqueur en 2020, cherchera à prouver que sa polyvalence lui permet encore de rivaliser sur ce terrain devenu très montagneux.
Mais attention aux autres prétendants. Le palmarès de l’épreuve regorge de noms prestigieux (Alaphilippe, Van der Poel, Pidcock) et cette année ne déroge pas à la règle. On surveillera aussi la freshersité de jeunes comme Paul Seixas ou Thymen Arensman, qui pourraient profiter de la marque de fabrique Pogačar pour créer la surprise.
Le verdict de notre rédaction : vers un quatrième sacre ou une surprise ?
La fraîcheur et l’appétit du champion
Il est tentant de croire que le scénario est écrit. Pogačar a prouvé par le passé qu’il pouvait gagner de toutes les manières : par une attaque au long cours (2024), ou par un retour phénoménal après une chute (2025). Sa fraîcheur est un atout indéniable. Alors que d’autres ont déjà une course dans les jambes (comme sur l’Omloop), lui débarque en Toscane avec l’appétit et la fraîcheur d’un coureur qui débute sa saison. Comme il le dit : « C’est ma première course de la saison, et j’espère bien démarrer. »
Mais le cyclisme est un sport vivant. La modification du parcours, la pression du statut de champion du monde et l’effet de « cible dans le dos » pourraient-ils jouer en sa défaveur ? Les équipes concurrentes ont eu tout l’hiver pour préparer un plan anti-Pogacar.
Une question à vous, passionnés : Selon vous, quel adversaire a le profil idéal pour contrer Tadej Pogačar sur ce parcours 2026 ? Wout van Aert peut-il vraiment rivaliser après deux ans d’absence ?
Notre avis
Sur la forme pure, Tadej Pogačar est au-dessus du lot. L’UAE Tour éclatant d’Isaac Del Toro prouve que la préparation de l’équipe est optimale. Si le Slovène aborde cette course sans pression, qu’il se fait plaisir, il est très difficile de ne pas le voir lever les bras sur la Piazza del Campo. Samedi, il ne vise pas seulement une victoire, il vise une place dans l’histoire, seul au sommet. Et quand Pogačar a un record en ligne de mire, il est rarement décevant.
Notre pronostic : Une quatrième victoire pour Pogačar, qui lèvera les bras sur la ligne, inscrivant son nom comme l’unique détenteur du record des Strade Bianche.
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