Du jamais vu depuis 2015. Le Tour de Hongrie 2026 abandonne son mythique Kékestető, le “toit” du pays, pour livrer un parcours plus roulant de 836 kilomètres. Une décision qui transforme la 47e édition (13-17 mai) en terrain de jeu idéal pour les puncheurs rapides et spécialistes du sprint massif, avec un plateau relevé mené par Benoît Cosnefroy et Tim Merlier.
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Pourquoi cette édition 2026 marque un tournant dans l’histoire du Tour de Hongrie ?
L’absence du Kékestető : un choix tactique radical
Créé en 1925 – soit trois ans avant le Tour de Pologne – le Tour de Hongrie porte en lui une histoire heurtée, faite d’interruptions politiques et de renaissances. Longtemps dominé par des coureurs locaux, il a changé de braquet depuis son retour durable en 2015. Mais la grande rupture arrive cette année. Selon les données officielles dévoilées par les organisateurs, le parcours 2026 totalise 836 km pour 5 464 mètres de dénivelé positif, soit 1 500 mètres de moins qu’en 2025. La raison ? L’évacuation pure et simple de l’ascension du Kékestető (950 mètres, 12 km à 5,2 %), cette montée emblématique qui faisait office de juge de paix depuis des décennies.
En comparaison, le Tour de Pologne conserve chaque année ses grandes étapes de montagne. La Hongrie choisit ici l’originalité : avec des arrivées qui privilégient l’explosivité plutôt que l’endurance en altitude. Une philosophie qui rappelle la stratégie des organisateurs du Tour de Grande-Bretagne, prompts à supprimer leurs cols historiques pour attirer un plateau plus large. Pari risqué, mais potentiellement gagnant.
Un calendrier en concurrence directe avec le Giro : opportunité ou piège ?
En parallèle de la deuxième semaine du Tour d’Italie, cette 47e édition (du 13 au 17 mars) pourrait sembler désavantagée. Pourtant, son classement UCI ProSeries – juste en dessous du WorldTour – lui assure une pérennité nouvelle. L’absence de grandes courses concurrentes cette semaine-là attire les équipes en quête de points UCI. Comme le rappelait récemment un directeur sportif de Jayco-AlUla, “ces rendez-vous de seconde zone deviennent des mines d’or pour le classement UCI”. Résultat : un plateau plus relevé qu’en 2025, avec sept formations WorldTour présentes au départ.

Quel est le profil exact des cinq étapes du Tour de Hongrie 2026 ?
Étape 1 (13 mai) : Gyula > Békéscsaba – 143 km – le piège à vent
Sur le papier, un sprint massif. En réalité, c’est l’étape la plus dangereuse. La plaine de Békés, dans le sud-est hongrois, est réputée pour ses longues routes exposées, sans arbres ni virages. Les spécialistes locaux savent : dès que le vent souffle à plus de 25 km/h, la course se transforme en bordures. Comme sur les Classiques belges, le placement deviendra une obsession. L’arrivée en circuit à Békéscsaba favorisera les trains de sprint rodés, mais un scénario à la Gand-Wevelgem (victoire d’un attaquant surprise) n’est pas à exclure.

Étape 2 (14 mai) : Szarvas > Paks – 206 km – le marathon des puncheurs
Avec 206 kilomètres, c’est l’étape reine en distance. Le profil reste roulant, mais les vingt derniers kilomètres intègrent une bosse courte de 600 mètres à 4,8 % – selon les chiffres officiels – puis une montée finale à 7 % sur le dernier kilomètre. À ce pourcentage, les purs sprinteurs comme Tim Merrier peuvent être lâchés. C’est le terrain de chasse idéal pour un Luke Plapp (Jayco-AlUla) ou un Benoît Cosnefroy (UAE Team Emirates XRG). Rappelons qu’en 2024, une configuration similaire avait permis à Thibau Nys de s’imposer en force.

Étape 3 (15 mai) : Kaposvár > Szekszárd – 152 km – le sprint rassurant
Un peu plus de 1 000 mètres de dénivelé positif, deux ascensions de 3e catégorie en première moitié, puis une longue partie roulante. Cette étape est un cadeau pour les équipes de sprinteurs. Le final plat à Szekszárd ne présente aucun piège. Tim Merlier, s’il a survécu à la veille, y fera figure d’épouvantail.

Étape 4 (16 mai) : Mohács > Pécs – 188 km – l’étape reine, courte mais violente
Voici le vrai juge de paix. Quatre répétitions de la montée de Bárány Road (1,8 km à 10,5 % – certains passages touchent même 11 %, selon les relevés GPS), intégrée dans un circuit au cœur du massif du Mecsek. Les trois premiers passages sont suivis d’une montée plus longue de 5 km à 6 %. L’arrivée est jugée au sommet du dernier passage. C’est une formule typique des courses wallonnes, presque une “Flèche Wallonne hongroise”. En 2024, c’est Thibau Nys qui s’était imposé ici. Les écarts seront faibles mais définitifs. Selon notre analyse, seuls les puncheurs-grimpeurs capables de répéter des efforts violents sur moins de deux minutes survivront dans le top 10.

Étape 5 (17 mai) : Balatonalmádi > Veszprém – 144 km – le piège à rebondissements
Quatre ascensions de la montée Gella (3,6 km à 5,4 %). Le dernier passage est situé à moins de 30 kilomètres de l’arrivée. La suite n’est jamais plate, avec des faux-plats descendants puis une légère bosse finale. C’est le profil parfait pour une attaque lointaine. Un coureur comme Jakob Omrzel (Bahrain Victorious) ou Adria Pericas (UAE) pourrait y tenter un numéro en solitaire, à la manière de Remco Evenepoel sur Liège-Bastogne-Liège.

Qui sont les véritables favoris du général et des étapes ?
Benoît Cosnefroy : l’homme en feu peut-il dominer sans montagne ?
Le Français de 30 ans (UAE Team Emirates XRG) arrive avec un CV impressionnant depuis les classiques ardennaises et récent vainqueur du Grand Prix du Morbihan. Le problème ? Le parcours 2026 ne comporte aucune montée de plus de 2 kilomètres. Cosnefroy est un puncheur de force pure, mais les répétitions de bosses courtes à plus de 10 % (étape 4) jouent en sa faveur. Comme l’écrivait l’ancien coureur Philippe Gilbert : “Cosnefroy sur ce type de final, c’est du Cavendish sur les Champs-Élysées : il n’y a pas photo.” Notre analyse : il part avec trois étoiles, mais attention à la gestion d’équipe, car UAE aligne aussi Juan Sebastian Molano pour les sprints. Mais, le coureur Colombien reste sur cinq abandons consécutifs en course.
Paul Double vs Luke Plapp : le duel Jayco-AlUla qui va diviser la course
Jayco-AlUla a compris l’enjeu des points UCI. L’équipe australienne mise sur deux profils complémentaires. Paul Double, puncheur pur, est taillé pour l’étape 4 : son explosivité sur les courtes montées fait de lui le coureur à battre à Pécs. Luke Plapp, lui, possède un registre plus large : rouleur-puncheur capable de partir en solitaire. Les spécialistes le voient s’envoler sur l’étape 5, comme il l’avait fait sur le Tour de Grande-Bretagne 2024. Notre hiérarchie : deux étoiles pour chacun, mais Plapp pourrait voler la vedette si l’étape 4 se neutralise.
Les outsiders de luxe : Omrzel, Lecerf, Valter
Jakob Omrzel (Bahrain Victorious, 20 ans) est le plus spectaculaire. Véritable grimpeur dans l’âme, lauréat du Baby Giro 2025, il s’est affiché au grand jour sur le Tour des Alpes 2026 en terminant 6e. Sur un parcours sans col, il devra ruser. Junior Lecerf (Soudal Quick-Step) est plus mature malgré son âge : 10e du dernier Tour de Romandie, il excelle sur les arrivées en côte. Enfin, Attila Valter (Bahrain) sera le grand espoir local. Le Hongrois, ancien coureur de la Visma, connaît chaque gravier de Pécs mieux que sa poche. Un scénario à la “Vincenzo Nibali à domicile sur le Giro” n’est pas impossible.
Tim Merlier va-t-il vraiment faire la razzia sur les sprints ?
Selon nos données et statistiques, Tim Merlier (Soudal Quick-Step) affiche un taux de victoire de 50 % sur les sprints massifs cette saison. C’est le meilleur score du peloton. Sur les étapes 1 et 3, il part avec un net avantage. Mais ses rivaux ne sont pas des figurants :
Juan Sebastian Molano (UAE Team Emirates XRG) : plus rapide sur 200 mètres, moins bon sur le placement.
Max Kanter (XDS Astana) : a battu Merlier sur le Tour de Sicile 2025.
Phil Bauhaus (Bahrain Victorious) : régulier mais en léger déclin.
Fernando Gaviria (Caja Rural-Seguros RGA) : l’ancien crack cherche un sursaut.
Un seul vrai danger : l’étape 2 avec sa bosse finale. Si Merlier passe ce cap, il peut viser trois victoires d’étapes. Sinon, Molano ou Kanter pourront en profiter.
Classement officiel des favoris (selon notre analyse et les données UCI)
⭐⭐⭐ Benoît Cosnefroy UAE Team Emirates XRG Puncheur
⭐⭐ Luke Plapp Jayco-AlUla Rouleur-puncheur
⭐⭐ Paul Double Jayco-AlUla Puncheur explosif
⭐ Jakob Omrzel Bahrain Victorious Grimpeur-puncheur
⭐ Junior Lecerf Soudal Quick-Step Arrivée en bosse
⭐ Attila Valter NSN Local, tout-terrain
Sprinters ⭐⭐⭐ : Tim Merlier (Soudal Quick-Step)
Sprinters ⭐⭐ : Molano, Kanter, Bauhaus
Qui sont les 112 coureurs engagés participants au Tour de Hongrie 2026 ?
XDS Astana Team (WT) ✅
1, GONOV, Lev
2, FOFONOV, Artëm
3, KANTER, Max
5, TEUNISSEN, Mike
6, VAN BEKKUM, Darren
Lidl – Trek (WT) ✅
11, MOLLEMA, Bauke
12, MOSCA, Jacopo
13, SUNEKÆR NORSGAARD, Mathias
14, SÖDERQVIST, Jakob
15, VERGAERDE, Otto
16, EGHOLM, Kristian
UAE Team Emirates – XRG (WT) ✅
21, COSNEFROY, Benoît
22, LAENGEN, Vegard Stake
23, MOLANO, Juan Sebastián
24, OLIVEIRA, Rui
25, PERICAS, Adrià
26, ALMUTAIWEI, Mohammad
Team Jayco AlUla (WT) ✅
31, DOUBLE, Paul
32, DURBRIDGE, Luke
33, GAMPER, Patrick
34, PICKERING, Finlay
35, O’BRIEN, Kelland
36, PLAPP, Luke
Bahrain – Victorious (WT) ✅
41, OMRZEL, Jakob
42, ARNDT, Nikias
43, BAUHAUS, Phil
44, BORGO, Alessandro
45, KEPPLINGER, Rainer
46, VALTER, Attila
Soudal Quick-Step (WT) ✅
51, MERLIER, Tim
52, LECERF, Junior
53, LAMPAERT, Yves
54, SVRČEK, Martin
55, DAINESE, Alberto
56, VAN LERBERGHE, Bert
NSN Cycling Team (WT) ✅
61, EINHORN, Itamar
62, MARTÍ, Pau
63, NEILANDS, Krists
64, RAISBERG, Nadav
65, TENE, Rotem
66, MARRIAGE, Zac
Caja Rural – Seguros RGA (PRT) ✅
71, BALDERSTONE, Abel
72, BOU, Joan
73, GAVIRIA, Fernando
74, LEITÃO, Iúri
75, LOSPITAO, Pablo
Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team (PRT) ✅
81, CALZONI, Walter
82, CAMPRUBÍ, Marcel
83, HOUCOU, Emmanuel
84, MAŁECKI, Kamil
85, PARISINI, Nicolò
86, VANHOUCKE, Harm
Team Polti VisitMalta (PRT) ✅
91, BENITO, Adrián
92, BESSEGA, Tommaso
93, CROZZOLO, Fabrizio
94, GIULIANO, Dario
95, PIETROBON, Andrea
96, RACCAGNI, Gabriele
MBH Bank CSB Telecom Fort (PRT) ✅
101, DINA, Márton
102, TAKÁCS, Zsombor Tamás
103, ZOCCARATO, Samuele
104, FANCELLU, Alessandro
105, BAGATIN, Christian
106, PERSICO, Davide
Team Flanders – Baloise (PRT) ✅
111, DEWEIRDT, Siebe
112, HUYSMANS, Nolan
113, MARIS, Elias
114, THONNON, Senne
115, VANDENABEELE, Henri
116, VERCOUILLIE, Victor
Cofidis (PRT) ✅
121, MEEHAN, Jamie
122, MONIQUET, Sylvain
123, RENARD, Alexis
124, ROULAND, Louis
125, SAMITIER, Sergio
126, ZAMPERINI, Edoardo
Modern Adventure Pro Cycling (PRT) ✅
131, BOARDMAN, Samuel
132, CAUDELL, Ezra
133, DE BOD, Stefan
134, MUNTON, Byron
135, OLIVER, Ben
136, STITES, Tyler
Pauwels Sauzen – Altez Industriebouw Cycling Team (CRO) ✅
141, VANTHOURENHOUT, Michael
142, KUYPERS, Gerben
143, VANDENBERGHE, Viktor
144, DE BRUYCKERE, Kay
145, CORSUS, Yordi
146, DE CLERCQ, Naud
Team United Shipping (CT) ✅
151, PŘIDAL, Tomáš
152, ARVANITOU, Nikiforos
153, FETTER, Erik
154, PELIKÁN, János
155, ENDRÉDI, Máté
156, TÓTH, Márkó
Campana Imballagi – Morbiato – Trentino (CT) ✅
161, ZSEMBERY, Boldizsár
162, BUSANELLO, Roberto
163, DE LONGHI, Lorenzo
164, VOLPATO, Leonardo
165, RÉVÉSZ, Ádám
166, PIFFER, Christian
Solme – Olmo – Arvedi (CT) ✅
171, BUDA, Simone
172, GRIMOD, Etienne
173, GALLI, Niccolo
174, DANTE, Alessandro
175, SASSO, Jacopo
176, UDERZO, Riccardo
Hongrie (Equipe nationale) ✅
181, GRÓSZ, Gergő
182, KÁRPÁTI, Bálint
183, TAKÁCS, Marcell
184, VOCK, András
185, VARGA, Márk
186, SOLYMOSI, Márton
Comment voir le Tour de Hongrie 2026 à la télé et en streaming ?
Directs et diffusions : les bons réflexes à adopter
Contrairement aux années précédentes, la couverture TV 2026 est partagée entre deux acteurs. Voici le programme officiel vérifié auprès des diffuseurs :
La Chaîne L’Équipe : direct intégral de chaque étape dès 15h00. C’est le choix n°1 pour le public francophone, avec des commentaires assurés par l’équipe cyclisme.
HBO Max : direct également à 15h00, avec des images sans publicité mais commentaires en anglais.
Eurosport 1 : diffusion en différé à 21h00 chaque soir. À réserver pour celles et ceux qui ne peuvent pas suivre en direct.
Les horaires : toutes les étapes partent vers 12h30 locales (11h30 GMT), l’arrivée étant prévue entre 15h00 et 16h30 selon la distance.
Le piège à éviter : les confusions de chaînes
Eurosport 1 ne diffuse pas en direct, contrairement à 2025. Ne cherchez pas le direct sur cette chaîne avant 21h00. La Chaîne L’Équipe est le seul canal linéaire francophone en direct. Pour le streaming, HBO Max (ex-Eurosport Player) reste la solution technique la plus fiable.
Selon vous, l’abandon du Kékestető va-t-il attirer plus de sprinteurs ou décevoir les puristes ?
C’est le vrai débat de cette édition. D’un côté, on gagne un plateau fourni avec Merlier, Molano, Kanter, et des puncheurs du calibre de Cosnefroy. De l’autre, on perd le seul vrai col du pays, celui qui créait des écarts de plusieurs minutes. Les organisateurs ont-ils sacrifié l’âme de la course pour des raisons de points UCI ? À vous de juger : préférez-vous un Tour de Hongrie piégeux et nerveux, ou une édition avec une étape reine en altitude comme dans le passé ?
Quelle équipe va réussir le coup tactique du week-end ?
Au regard du profil, une seule formation peut réellement verrouiller la course : Jayco-AlUla. Avec Plapp et Double, elle possède deux leaders complémentaires, capables de couvrir tous les scénarios. Mais attention aux équipes de seconde division comme MBH Bank ou Caja Rural, qui n’ont rien à perdre et voudront créer la surprise. Vous qui suivez le cyclisme, voyez-vous un outsider comme Byron Munton (Modern Adventure) ou Abel Balderstone (Caja Rural) créer l’exploit sur l’étape 4 ? Répondez en commentaire ou sur nos réseaux.
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