Ce vendredi 13 mars, la « Course des deux mers » a offert un scénario de cinéma. Michael Valgren (EF Education-EasyPost), 34 ans, est allé chercher au bout de l’effort sa première victoire depuis septembre 2021, cinq ans après une chute qui a failli mettre un terme à sa carrière. Dans son sillage, le jeune Mexicain Isaac Del Toro (UAE Team Emirates XRG) a réalisé une opération majeure en reprenant le maillot bleu de leader à Giulio Pellizzari. Retour sur une étape de légende dans les Marches.
Le jour de gloire de Michael Valgren : le Danois ressuscite sur Tirreno-Adriatico, Del Toro frappe fort
C’est une image que l’on n’avait plus vue depuis trop longtemps. Celle d’un Michael Valgren les bras levés, le visage marqué par l’effort mais illuminé par la joie. Sur la cinquième étape de Tirreno-Adriatico 2026, entre Marotta-Mondolfo et Mombaroccio (184 km), le Danois d’EF Education-EasyPost a écrit l’une des plus belles pages de sa carrière. Dans un final explosif taillé pour les puncheurs, il a résisté au retour d’un groupe de favoris mené par un Isaac Del Toro impressionnant, qui en profite pour endosser à nouveau le maillot bleu de leader. Retour sur une journée qui a tenu toutes ses promesses.
Comment Michael Valgren a-t-il piégé le peloton dans Mombaroccio ?
Dès le départ réel, le ton était donné. Le parcours vallonné des Marches, avec ses 3 800 mètres de dénivelé positif et ses ascensions répétées, promettait une explication sévère. Si le Monte delle Cesane (7,8 km à 6,5%) et le Monte della Mattera (6,5 km à 5%) ont servi de toile de fond, c’est sur les pentes du Santuario del Beato Sante (4,2 km à 6,2%) que le verdict est tombé.
Le duo de charme Valgren-Alaphilippe : un baroud d’honneur ou un coup de maître ?
L’échappée matinale, forte de huit coureurs, a longtemps fait illusion, comptant jusqu’à cinq minutes d’avance. Mais dans ce groupe, deux hommes attiraient tous les regards : Michael Valgren et Julian Alaphilippe (Tudor Pro Cycling). Le Français, en vue depuis le début de saison, semblait revivre. À 26 kilomètres du but, le duo a porté l’estocade, lâchant leurs compagnons d’échappée pour s’envoler vers l’arrivée.
Pendant une vingtaine de kilomètres, ils ont collaboré, entretenant l’espoir d’un succès pour l’un d’eux. Mais dans l’ultime ascension, la plus difficile, Valgren a placé une accélération sèche à laquelle Alaphilippe, courageux mais moins tranchant, n’a pu répondre. Le double champion du monde, qui termine 21e à 1’46, a payé ses efforts. Pour Valgren, c’était le moment ou jamais. « Julian est venu avec moi et nous avons très bien travaillé ensemble. Ensuite, à la fin, c’était une journée tellement difficile, mais j’avais juste des jambes incroyables » confiait le Danois sur la ligne d’arrivée, encore sous le choc.
Del Toro vs. Pellizzari : le chassé-croisé continue au classement général
Pendant que Valgren filait vers la gloire, la bataille faisait rage dans le groupe des favoris. L’équipe UAE Team Emirates XRG, consciente de l’enjeu, a mené une poursuite infernale pour réduire l’avance des échappés, mais aussi pour durcir la course et tester le leader Giulio Pellizzari (Red Bull-Bora-Hansgrohe).
L’offensive décisive du Mexicain à 2 kilomètres de l’arrivée
Dans la montée finale, alors que Valgren luttait en tête, Isaac Del Toro a porté l’estocade. À 2 kilomètres du sommet, le jeune Mexicain de 22 ans a placé un démarrage puissant. Seul Matteo Jorgenson (Visma-Lease a Bike) a pu accrocher sa roue. Derrière, Pellizzari a immédiatement accusé le coup, perdant plusieurs longueurs.
Del Toro a tout donné jusqu’à la ligne, arrachant la deuxième place de l’étape à 11 secondes de Valgren. Un résultat qui lui permet de glaner de précieuses secondes de bonification et de reprendre 23 secondes à son rival italien. Au classement général, Del Toro redevient leader avec 23 secondes d’avance sur Pellizzari. Matteo Jorgenson, troisième de l’étape et du général à 34 secondes, s’impose comme une sérieuse menace. « C’est une journée parfaite pour nous » analyse-t-on dans le camp UAE. « Isaac a montré qu’il avait les jambes et la maturité pour gérer ce genre de situation. »
La renaissance de Michael Valgren : un parcours semé d’embûches
Ce succès à Mombaroccio a une saveur particulière. Il met fin à une disette de près de cinq ans pour Michael Valgren. Son dernier succès remontait à 2021. Mais surtout, ce retour au premier plan est une victoire sur le destin. En 2022, une chute terrifiante sur la Route d’Occitanie avait failli lui coûter sa carrière, le laissant de longs mois aux soins.
« C’est incroyable. Nous avons tous travaillé si dur pour ça » a-t-il déclaré, ému. « J’ai passé un très bon hiver à la maison avec toute ma famille, ils m’ont soutenu. J’ai eu un bébé il y a un mois, donc c’est pour eux et pour l’équipe. » Ce vainqueur de l’Amstel Gold Race 2018 prouve, à 34 ans, qu’il n’a rien perdu de son instinct de battant. Son équipe, EF Education-EasyPost, peut légitimement voir l’avenir avec optimisme après ce baroud d’honneur.
Vidéo et classements : les chiffres clés de la 5e étape
Classement Tirreno-Adriatico 2026, étape 5 – Top 20
VALGREN MICHAEL, EF Education – EasyPost les 184 km en 4:43:33 (39 km/h)
DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG +0:11
JORGENSON MATTEO, Team Visma | Lease a Bike m.t.
JOHANNESSEN TOBIAS HALLAND, Uno-X Mobility +0:24
CICCONE GIULIO, Lidl – Trek +0:28
PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:30
ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
PINARELLO ALESSANDRO, NSN Cycling Team +0:40
STORER MICHAEL, Tudor Pro Cycling Team +0:41
BUITRAGO SANTIAGO, Bahrain – Victorious m.t.
ROMO JAVIER, Movistar Team +0:52
HEALY BEN, EF Education – EasyPost m.t.
SHEFFIELD MAGNUS, INEOS Grenadiers m.t.
QUINTANA NAIRO, Movistar Team m.t.
BRAZ AFONSO CLÉMENT, Groupama – FDJ United +0:56
CARAPAZ RICHARD, EF Education – EasyPost +0:58
HATHERLY ALAN, Team Jayco AlUla +1:04
VENDRAME ANDREA, Team Jayco AlUla +1:14
ARENSMAN THYMEN, INEOS Grenadiers +1:23
DONOVAN MARK, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +1:36
Classement général à l’issue de la 4e étape – Top 20
DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG en 20:10:40
PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:23
JORGENSON MATTEO, Team Visma | Lease a Bike +0:34
ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:44
CICCONE GIULIO, Lidl – Trek +1:05
JOHANNESSEN TOBIAS HALLAND, Uno-X Mobility +1:08
PINARELLO ALESSANDRO, NSN Cycling Team +1:24
HEALY BEN, EF Education – EasyPost m.t.
SHEFFIELD MAGNUS, INEOS Grenadiers +1:27
BUITRAGO SANTIAGO, Bahrain – Victorious +1:28
HATHERLY ALAN, Team Jayco AlUla +1:43
ROMO JAVIER, Movistar Team +1:48
VENDRAME ANDREA, Team Jayco AlUla +1:49
CARAPAZ RICHARD, EF Education – EasyPost +2:11
STORER MICHAEL, Tudor Pro Cycling Team +2:13
BRAZ AFONSO CLÉMENT, Groupama – FDJ United +2:42
ALAPHILIPPE JULIAN, Tudor Pro Cycling Team +2:47
ARENSMAN THYMEN, INEOS Grenadiers +3:03
SILVA GUILLERMO THOMAS, XDS Astana Team +3:10
DONOVAN MARK, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +3:26
Et maintenant ? Les défis de l’étape-reine
Si Del Toro a repris les commandes, rien n’est joué. Samedi, la 6e étape entre San Severino Marche et Camerino (188 km) s’annonce redoutable. Avec ses successions de « côtes casse-pattes », elle pourrait creuser des écarts définitifs. Pellizzari, sur ses terres, tentera de répliquer. Jorgenson, troisième à seulement 34 secondes, peut-il créer la surprise ? Et que peut faire un Primoz Roglic qui semble monter en puissance ?
Une question se pose, qui alimentera sans doute les discussions des passionnés : Isaac Del Toro a-t-il les épaules pour résister jusqu’à San Benedetto del Tronto, ou la maturité d’un Roglic ou l’opportunisme d’un Jorgenson finiront-ils par payer ? Une chose est sûre : cette édition 2026 de Tirreno-Adriatico tient toutes ses promesses.
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La 5e étape de Tirreno-Adriatico 2026 ne ressemble à rien de ce que le peloton a affronté depuis des années. Entre Marotta-Mondolfo et Mombaroccio, ce ne sont pas des cols alpins qui attendent les coureurs, mais un supplice chinois de 184 kilomètres. Un tracé continu où chaque replat n’est qu’une pause avant la prochaine bosse. Nous décortiquons pour vous ce puzzle tactique qui promet de redéfinir la hiérarchie de la Course des Deux Mers.
Pourquoi la 5e étape de Tirreno-Adriatico 2026 va transformer le classement en poussière
Tirreno-Adriatico 2026 étape 5 : 184 kilomètres de hérisson italien, que faut-il attendre du parcours ?
Le départ de Marotta-Mondolfo résonnera comme un leurre. Les 37 premiers kilomètres, longeant l’Adriatique, sont une invitation à la sieste. Mais attention, le peloton expérimenté sait que c’est le calme avant la tempête. Dès que la route mordra vers l’intérieur des terres et les premières pentes de Schieppe, la machine à broyer se mettra en route. On parle souvent de parcours « usants ». Ici, le terme est faible. Selon les données techniques de l’organisation, nous avons identifié sept difficultés significatives, dont seulement quatre sont officiellement répertoriées. C’est ce « déni de classement » qui rend l’étape aussi vicieuse : les coureurs n’ont même pas le répit psychologique d’un sommet récompensé pour se relâcher.
Pourquoi ce final à Mombaroccio est-il si sélectif ?
Oubliez l’idée d’une montée finale classique. Le circuit de 21,6 kilomètres à boucler à deux reprises est un piège en trois actes, une véritable « danse sur les pédales ».
La descente piégeuse : Après avoir traversé Mombaroccio, la route plonge. C’est le moment de récupération… ou de cassure. Une descente technique peut créer des écarts irréversibles si un puncheur décide d’y mettre de l’intensité.
Le Mur de Beato Sante : Le cœur du réacteur. Le Santuario Beato Sante, c’est 4,2 km à 6,2% de moyenne, mais cette moyenne est une tromperie statistique. Comme le soulignent nos experts, l’ascension se divise en trois segments violents : une entame à 9,2% sur 2 km, un faux-plat trompeur, et un final cauchemardesque à 9,6% sur le dernier kilomètre. C’est là que les cuisses hurlent.
La traversée de la ligne : Le passage sur la ligne d’arrivée avec un tour à parcourir est un moment de vérité tactique. Ce n’est pas une arrivée, mais un appel d’air pour les attaquants. On y verra certainement les premiers tests psychologiques des favoris.
Tirreno 2026 étape 5 : Quels favoris pour le jeu de massacre de Mombaroccio ?
Après quatre jours de course, les organismes sont déjà marqués par le contre-la-montre et les secteurs gravillonnés. C’est dans ce contexte de fatigue latente que cette 5e étape agit comme un révélateur. La question n’est pas « qui est le plus fort ? », mais « qui encaissera le mieux la répétition des chocs ? ».
Isaac Del Toro ou Giulio Pellizzari, le duel des phénomènes est-il inévitable ?
L’affiche est alléchante. D’un côté, Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA-hansgrohe), porteur du maillot bleu, aura à cœur de défendre son bien devant son public. Sa démonstration lors de la 3e étape a confirmé son statut de futur grand leader de Grands Tours. Mais attention, la pression est énorme. De l’autre, Isaac Del Toro (UAE Emirates-XRG). Le Mexicain, avec son punch et sa science de la course, semble taillé pour ce genre d’exercice. Son équipe, forte de l’émergence de Jan Christen, pourrait même jouer la carte du surnombre dans le final.
Mathieu van der Poel et Wout van Aert peuvent-ils survivre à l’enfer de Mombaroccio ?
C’est la grande interrogation des observateurs. Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech) a prouvé qu’il pouvait survivre sur des terrains bien plus montagneux qu’on ne le pense. Mais ici, ce n’est pas une ascension, c’est une guerre de positions. Wout van Aert (Visma | Lease a Bike), de retour à un haut niveau, possède un punch similaire. Cependant, la répétition des pentes à 10% finira par les user. Leur seule chance de victoire ? Une échappée lointaine. S’ils parviennent à anticiper et à prendre quelques minutes avant que les « grimpeurs » ne se réveillent, ils pourraient créer l’exploit.
Question à la communauté : Selon vous, van der Poel passera-t-il le cap de la 5e étape avec les mêmes jambes que sur les Flandriennes, ou la succession de bosses aura-t-elle raison de son punch ?
Si nous devions désigner un vainqueur sur ce terrain chaotique, notre regard se tourne vers Ben Healy (EF Education-EasyPost). L’Irlandais est un coureur de « désordre ». Il excelle quand la course explose, quand il faut attaquer de loin, dans les descentes, sur les pentes irrégulières. Son profil sur des parcours similaires et ses échappées solitaires sur les Classiques Ardennaises en font l’archétype du coureur pour cette étape.
Notre podium virtuel :
Ben Healy (pour son talent à transformer le chaos en opportunité)
Giulio Pellizzari (pour sa régularité et sa combativité, mais peut-être trop marqué par les adversaires)
Matteo Jorgenson (le coureur complet de Visma, capable de gérer l’effort et de conclure dans un petit groupe)
Derrière, des coureurs comme Tobias Halland Johannessen (Uno-X) , très à l’aise sur les longues difficultés, ou Clément Champoussin (Astana), en quête de confirmation, pourraient créer la surprise. Le nom de Giulio Ciccone (Lidl-Trek), spécialiste de ce type de terrain, est aussi à entourer d’un cercle rouge.
L’analyse stratégique de la 5e étape : Comment gagner sur ce parcours ?
La clé sera dans la gestion de l’effort. Inutile de vouloir faire la différence dès le Monte delle Cesane. Les 7,2 km à 7% (dont un démarrage à 11% sur 2 km) serviront de tamis, pas de marteau. Le vrai coup de poker se jouera dans le dernier tour du circuit final.
L’équipe qui voudra contrôler (sûrement Red Bull pour Pellizzari) devra combler les écarts sur les pentes les plus raides du Beato Sante, ce qui est un exercice d’équilibriste. Attaquer au pied de ce dernier kilomètre à 9,6% sera tentant, mais risqué car le sommet n’est pas la ligne. Il faudra ensuite gérer la descente et un replat avant l’arrivée. Une descente technique peut devenir aussi cruciale qu’une montée.
En conclusion, cette 5e étape de Tirreno-Adriatico 2026 porte en elle tous les germes d’une classique. Elle ne sacrera pas forcément le vainqueur final, mais elle peut définitivement en éliminer plusieurs. Rendez-vous vendredi 13 mars pour assister à ce feu d’artifice. Une date à marquer d’une pierre blanche… ou d’un coup de pédale rageur.
Classement général au départ de la 5e étape. 166 coureurs en course.
PELIZZARI Giulio, Red Bull – BORA – hansgrohe en 15:27:00
DEL TORO Isaac, UAE Team Emirates – XRG +0:02
ROGLIČ Primož, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:21
JORGENSON Matteo, Team Visma | Lease a Bike +0:34
HEALY Ben, EF Education – EasyPost +0:39
VENDRAME Andrea, Team Jayco AlUla +0:42
SHEFFIELD Magnus, INEOS Grenadiers m.t.
CICCONE Giulio, Lidl – Trek +0:44
HATHERLY Alan, Team Jayco AlUla +0:46
TIBERI Antonio, Bahrain – Victorious +0:49
PINARELLO Alessandro, NSN Cycling Team +0:51
JOHANNESSEN Tobias Halland, Uno-X Mobility m.t.
BUITRAGO Santiago, Bahrain – Victorious +0:54
ROMO Javier, Movistar Team +1:03
VAN DER POEL Mathieu, Alpecin-Premier Tech +1:06
CHAMPOUSSIN Clément, XDS Astana Team +1:15
CHRISTEN Jan, UAE Team Emirates – XRG +1:17
CARAPAZ Richard, EF Education – EasyPost +1:20
ALAPHILIPPE Julian, Tudor Pro Cycling Team m.t.
VERVAEKE Louis, Team Visma | Lease a Bike +1:24
VAN AERT Wout, Soudal Quick-Step +1:27
LAPEIRA Paul, Decathlon CMA CGM Team +1:29
SILVA Guillermo Thomas, XDS Astana Team +1:30
KRON Andreas, Uno-X Mobility +1:36
STORER Michael, Tudor Pro Cycling Team +1:39
HINDLEY Jai, Red Bull – BORA – hansgrohe +1:45
ARENSMAN Thymen, INEOS Grenadiers +1:47
BERCKMOES Jenno, Lotto Intermarché +1:52
BRAZ Afonso Clément, Groupama – FDJ United +1:53
DONOVAN Mark, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +1:57
ZAMBANINI Edoardo, Bahrain – Victorious +1:59
ADRIÀ Roger, Movistar Team +2:00
DEL GROSSO Tibor, Alpecin-Premier Tech +2:01
TONEATTI Davide, XDS Astana Team +2:15
GENIETS Kevin, Groupama – FDJ United +2:16
OLDANI Stefano, Caja Rural – Seguros RGA +2:29
FERNÁNDEZ Samuel, Caja Rural – Seguros RGA +2:35
MOLenaar Alex, Caja Rural – Seguros RGA +2:42
VERMAERKE Kevin, UAE Team Emirates – XRG +2:46
BAIS Mattia, Team Polti VisitMalta +2:49
MADOUAS Valentin, Groupama – FDJ United +3:02
ROLLAND Brieuc, Groupama – FDJ United +3:04
ALBANESE Vincenzo, EF Education – EasyPost +3:05
QUINTANA Nairo, Movistar Team +3:06
STRONG Corbin, NSN Cycling Team +3:08
ZIMMERMANN Georg, Lotto Intermarché +3:16
AZPARREN Xabier Mikel, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +3:20
TOLIO Alex, Bardiani CSF 7 Saber +3:23
CRESCIOLI Ludovico, Team Polti VisitMalta m.t.
BONNEU Kamiel, Solution Tech NIPPO Rali +3:25
GROSSSCHARTNER Felix, UAE Team Emirates – XRG +3:42
CALZONI Walter, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +3:44
BAIS Davide, Team Polti VisitMalta +4:07
ALEOTTI Giovanni, Red Bull – BORA – hansgrohe +4:15
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Après les déflagrations Vingegaard dans le Massif Central, la « Course au Soleil » pose ses valises en Provence pour une 6e étape qui a tout de l’oasis de paix… ou du piège parfait. Ce vendredi 13 mars, les 179,3 kilomètres entre Barbentane et Apt pourraient bien être le dernier refuge des baroudeurs avant l’enfer niçois. Mais attention : avec une Côte de Saignon dont le sommet est situé à seulement 4,5 bornes de la ligne d’arrivée, les puncheurs et les leaders en embuscade n’ont pas dit leur dernier mot. Analyse d’une journée-charnière où le moindre coup de bordure ou faux-semblant peut faire basculer le classement général.
Pourquoi la 6e étape Paris-Nice 2026 (Barbentane – Apt) est un guet-apens tendu pour les baroudeurs ?
L’œil du cyclone avant la tempête. Si les premières journées de Paris-Nice 2026 ont été marquées par le sceau du chaos et de la puissance de Jonas Vingegaard (Visma | Lease a Bike), la sixième étape qui s’élancera de Barbentane se présente comme une anomalie dans le scénario de cette 84e édition. Sur le papier, le parcours entre le Gard et le Vaucluse respire la douceur provençale. Pourtant, à y regarder de plus près, c’est une Classique au long cours qui se dessine.
Nous ne sommes plus ici dans l’âpreté des pentes auvergnates, mais dans la subtilité des reliefs du Luberon. Avec 2 100 mètres de dénivelé positif répartis sur la journée, ce n’est pas une étape de montagne, mais c’est un piège tendu sur lequel les équipes de sprinteurs purs n’auront aucune prise. Le final sur le Boulevard Camille Pelletan à Apt, déjà visité en 2020 (victoire de Tiesj Benoot), offre un terreau fertile pour les audacieux. Mais alors, quel scénario privilégier ?
Quel est le piège du parcours entre Barbentane et Apt ?
L’étape se divise en deux actes distincts. Les 100 premiers kilomètres sont une invitation à l’évasion. Après un départ sur les rives de la Durance, le peloton avale les plaines de la Crau et du Comtat Venaissin. La Côte de Saint-Rémy-de-Provence (2,5 km à 5%), classée en 2e catégorie, sert davantage de détonateur pour l’échappée matinale que de véritable difficulté sélective.
Le Luberon en toile de fond : un calme avant la tempête ?
C’est après la traversée de Robion et l’entrée dans le massif du Luberon que le ton commence à changer. L’enchaînement est subtil mais vicieux. Les coureurs enchaîneront un faux-plat montant, la courte Côte de Bonnieux (2,5 km à 4,6%), une descente technique sur Lourmarin, puis 15 kilomètres de faux-plat montant. Cette usure silencieuse est la clé de l’étape. Les organismes sont déjà éprouvés par les raids précédents, et c’est là que les organismes des purs sprinteurs commencent à saturer.
Le Col de l’Aire Deï Masco : le juge de paix caché
Avant de penser au final, il faudra en passer par le Col de l’Aire Deï Masco. Cette difficulté de 7,1 km à 4,4% est sournoise. Situé à l’est du massif, ce col est rarement décisif seul, mais il agit comme un filtre.
La Côte de Saignon peut-elle vraiment faire basculer l’étape et le général ?
Toute la littérature autour de cette étape converge vers la Côte de Saignon. Officiellement, c’est 4 kilomètres à 5% de moyenne. Mais l’expertise du terrain nous oblige à regarder les 500 derniers mètres de cette ascension. C’est là que les pourcentages pincent réellement, dépassant les 8% par endroits.
Un sommet trop proche de l’arrivée pour être honnête
Le paramètre crucial, c’est la distance entre le sommet et la ligne d’arrivée. Seulement 4,5 kilomètres séparent le panneau « Côte de Saignon » de la ligne d’arrivée à Apt. Le profil officiel indique une descente rapide, mais la réalité est plus nuancée : les 2,5 premiers kilomètres sont effectivement rapides, mais le final sur le Boulevard Camille Pelletan est un vrai jeu de coudes.
Si un puncheur de gros calibre attaque dans le dernier kilomètre de la côte et crée un trou de 15 secondes, la poursuite derrière deviendra un exercice de haut-vol dans les lacets de la descente. C’est un terrain de jeu idéal pour les coureurs explosifs. Le scénario de 2020 avec Benoot, qui s’était extirpé d’un groupe de costauds, est dans toutes les têtes. Sauf qu’en 2026, l’étape est moins montagneuse, rendant le regroupement final plus plausible qu’il y a six ans.
Quel impact sur le classement général ? Le cas Vingegaard
C’est la question qui brûle les lèvres des suiveurs. Jonas Vingegaard, leader incontesté après ses deux succès en solitaire, a-t-il quelque chose à craindre ? La réponse est double.
Le piège du vent et de la nervosité
D’un côté, le profil ne lui est pas défavorable. Il est assez fort pour encaisser les attaques de purs grimpeurs comme Daniel Felipe Martinez (Red Bull-BORA-hansgrohe), actuel second à 3’22. Mais le danger ne viendra peut-être pas de la pente.
Avec un vent de sud-ouest annoncé, la première partie de l’étape, exposée dans la plaine, pourrait être propice aux bordures. Si INEOS Grenadiers (avec Kévin Vauquelin) ou Red Bull sentent que Visma est isolé, ils peuvent tenter un coup de force sur les longues lignes droites avant même d’arriver dans le Luberon. C’est là que l’expérience du Danois et de ses équipiers comme Victor Campenaerts ou Bruno Armirail sera primordiale. L’étape pourrait se gagner ou se perdre bien avant la Côte de Saignon.
Favoris de l’étape : qui pour succéder à Benoot ?
Avec un leader intouchable au général, les équipes vont se livrer une guerre ouverte pour la victoire d’étape. C’est une denrée rare et précieuse. Voici notre analyse des forces en présence, basée sur les tendances observées depuis le début de la saison et les données des courses précédentes.
Les patrons de l’échappée royale
Pour l’emporter, il faudra soit être dans la bonne échappée, soit être le plus fort d’un groupe de costauds revenus sur l’échappée.
Tim van Dijke (Red Bull-BORA-hansgrohe) : Notre favori. Polyvalent, rouleur, et capable de passer les bosses. Avec des coéquipiers comme Laurence Pithie ou Mick van Dijke, Red Bull a les cartes pour contrôler plusieurs scénarios.
Mathias Vacek (Lidl-Trek) : Le Tchèque est en feu depuis le début de l’année. Son punch dans les courtes difficultés et sa pointe de vitesse en font un candidat numéro 1 si l’arrivée se joue à un petit groupe.
Matteo Trentin (Tudor Pro Cycling) : Le vétéran italien est taillé pour ce genre d’exercice. Son expérience et sa science de la course sur ces terrains piégeux sont des atouts majeurs. Il sait patienter et placer son effort.
Les outsiders français et le paradoxe Vauquelin
Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) : 4e du général. Il est le grand paradoxe de cette étape. Capable de gagner sur ce profil, il est désormais un homme à surveiller de très près. Les autres équipes ne lui laisseront aucun mètre. S’il attaque, Vingegaard répliquera pour protéger son avance. Sa meilleure chance serait de surprendre dans l’échappée matinale, mais INEOS voudra-t-il laisser filer un si bon client pour le général ?
Dorian Godon (INEOS Grenadiers) : Le champion de France, en revanche, a une carte à jouer. Si l’équipe britannique décide de préserver Vauquelin, Godon a le feu vert pour l’offensive. Son punch au sprint dans un groupe réduit peut faire des merveilles.
Anthony Turgis (TotalEnergies) : Il a inscrit cette étape dans son calendrier. Sur un parcours usant et un final punchy, il incarne parfaitement le profil du baroudeur-puncheur capable de rallier Apt les bras levés.
Et les sprinteurs, ont-ils une chance ?
Pour les purs sprinteurs comme Max Kanter (XDS Astana) ou Cees Bol (Decathlon CMA CGM), la mission s’annonce impossible. En revanche, la nouvelle génération de sprinteurs a son mot à dire.
Axel Zingle (Team Visma Lease a Bike) : Le spécialiste des sprints piégeux après des parcours accidentés. Si le peloton revient sur une échappée fatiguée, il est l’homme à battre sur la ligne.
Laurence Pithie (Red Bull-BORA-hansgrohe) : Le Néo-Zélandais a déjà prouvé sa densité sur Paris-Nice. Il peut être le dernier homme de Tim van Dijke ou tenter sa chance si le scénario tourne au sprint massif d’un peloton réduit.
Horaire et diffusion : comment suivre la 6e étape ?
Le départ réel de l’étape sera donné à Barbentane à 12h50. La traversée des départements du Gard, Bouches-du-Rhône et Vaucluse devrait amener les coureurs sur la ligne d’arrivée à Apt aux alentours de 17h00, pour une moyenne horaire classique sur ce type de parcours. La météo annoncée, ensoleillée avec 15°C, devrait offrir des conditions idéales pour la « Course au Soleil ».
Un vendredi qui promet des étincelles
Alors, baroudeurs ou puncheurs ? La 6e étape de Paris-Nice 2026 est une énigme qui ne se résoudra que dans les ultimes kilomètres. Une chose est sûre : avec la perspective d’un week-end montagneux décisif, les candidats à la victoire d’étape n’auront aucun calcul à faire. C’est le moment ou jamais de graver son nom sur une étape de l’épreuve mythique.
Et vous, quel scénario imaginez-vous pour cette arrivée à Apt ? Une échappée au long cours ou un duel de puncheurs dans les ruelles de la ville ? Dites-le-nous en commentaire !
Classement général au départ de la 6e étape. 129 coureurs en course.
VINGEGAARD Jonas, Team Visma | Lease a Bike en 17:22:06
MARTÍNEZ Daniel Felipe, Red Bull – BORA – hansgrohe +10
STEINHAUSER Georg, EF Education – EasyPost +5:50
VAUQUELIN Kévin, INEOS Grenadiers +6:09
MARTINEZ Lenny, Bahrain – Victorious +7:37
SOLER Marc, UAE Team Emirates – XRG +8:15
IZAGIRRE Ion, Cofidis +9:02
RONDEL Mathys, Tudor Pro Cycling Team +10:06
BAUDIN Alex, EF Education – EasyPost +10:16
ONLEY Oscar, INEOS Grenadiers +11:23
TEJADA Harold, XDS Astana Team +11:43
VERCHER Mattéo, TotalEnergies +11:44
PARET-PEINTRE Valentin, Soudal Quick-Step +19:09
ZUKOWSKY Nickolas, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +19:59
ARMIRAIL Bruno, Team Visma | Lease a Bike +21:12
LEKNESSUND Andreas, Uno-X Mobility +22:15
PLOWRIGHT Jensen, Alpecin-Premier Tech +22:29
CAVAGNA Rémi, Groupama – FDJ United +26:24
VLASOV Aleksandr, Red Bull – BORA – hansgrohe +28:06
VAN DIJKE Tim, Red Bull – BORA – hansgrohe +28:14
CAMPenaerts Victor, Team Visma | Lease a Bike +28:20
SÜTTERLIN Jasha, Team Jayco AlUla +28:30
DELBove Joris, TotalEnergies +30:49
VAN DIJKE Mick, Red Bull – BORA – hansgrohe +31:21
VAN ASBROECK Tom, NSN Cycling Team +34:10
POLITT Nils, UAE Team Emirates – XRG +34:45
DELETTRE Alexandre, TotalEnergies +35:20
MÄRKL Niklas, Team Picnic PostNL +35:24
TARLING Joshua, INEOS Grenadiers +35:27
VACEK Mathias, Lidl – Trek +36:36
TRENTIN Matteo, Tudor Pro Cycling Team +37:10
CRAS Steff, Soudal Quick-Step +37:22
KELDERMAN Wilco, Team Visma | Lease a Bike +38:00
ARRIETA Igor, UAE Team Emirates – XRG +38:53
PITHIE Laurence, Red Bull – BORA – hansgrohe +39:08
VAN BEKKUM Darren, XDS Astana Team +39:18
ASGREEN Kasper, EF Education – EasyPost +39:22
DUJARDIN Sandy, TotalEnergies +39:45
JACOBS Johan, Groupama – FDJ United +40:03
SHEEHAN Riley, NSN Cycling Team +40:23
PACHER Quentin, Groupama – FDJ United +40:29
RODRÍGUEZ Carlos, INEOS Grenadiers +40:48
CEPEDA Jefferson Alveiro, Movistar Team +40:54
EENKHOORN Pascal, Soudal Quick-Step +41:05
VINOKUROV Nicolas, XDS Astana Team +41:07
GODON Dorian, INEOS Grenadiers +41:37
DONALDSON Robert, Team Jayco AlUla +41:50
CARUSO Damiano, Bahrain – Victorious +42:17
PRODHOMME Nicolas, Decathlon CMA CGM Team +42:36
BARTA Will, Tudor Pro Cycling Team +43:15
OLIVEIRA Ivo, UAE Team Emirates – XRG +43:24
WALKER Max, EF Education – EasyPost +43:38
WATSON Samuel, INEOS Grenadiers +43:41
DE JONG Timo, Team Picnic PostNL +43:50
GRIGNARD Sébastien, Lotto Intermarché +43:50
MARSMAN Tim, Alpecin-Premier Tech +43:52
LAMPERTI Luke, EF Education – EasyPost +44:00
FRISON Frederik, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +44:10
STUYVEN Jasper, Soudal Quick-Step +44:19
KRAGH ANDERSEN Søren, Lidl – Trek +45:57
DENZ Nico, Red Bull – BORA – hansgrohe +46:02
THORNLEY Callum, Red Bull – BORA – hansgrohe +46:19
VAN DEN BERG Marijn, EF Education – EasyPost +46:24
RUSSO Clément, Groupama – FDJ United +46:25
ZINGLE Axel, Team Visma | Lease a Bike +46:31
PLUIMERS Rick, Tudor Pro Cycling Team +47:08
TILLER Rasmus, Uno-X Mobility +47:09
TEUNISSEN Mike, XDS Astana Team +47:24
AFFINI Edoardo, Team Visma | Lease a Bike +47:44
BYSTRØM Sven Erik, Uno-X Mobility +48:10
KWIATKOWSKI Michał, INEOS Grenadiers +48:16
HAMILTON Chris, Team Picnic PostNL +48:55
ROMEO Iván, Movistar Team +49:06
HESSMANN Michel, Movistar Team +50:00
ASKEY Lewis, NSN Cycling Team +50:26
VAN DEN BOSSCHE Fabio, Soudal Quick-Step +50:50
BLUME LEVY William, Uno-X Mobility +51:09
CHAMBERLAIN Oscar, Decathlon CMA CGM Team +52:23
TURGIS Anthony, TotalEnergies +53:03
DEBRUYNE Ramses, Alpecin-Premier Tech +53:17
DAUPHIN Florian, TotalEnergies +53:42
LE BERRE Mathis, TotalEnergies +53:49
DE LA CRUZ David, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +54:31
HERREGODTS Rune, UAE Team Emirates – XRG +55:06
KLUCKERS Arthur, Tudor Pro Cycling Team +55:24
BERNARD Julien, Lidl – Trek +55:29
MOLARD Rudy, Groupama – FDJ United +55:32
CONCI Nicola, XDS Astana Team +55:45
KÄMNA Lennard, Lidl – Trek +55:48
HOUCQU Emmanuel, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +55:55
LØLAND SAKARIAS Koller, Uno-X Mobility +56:08
CHRISTEN Fabio, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +56:09
GEENS Jonas, Alpecin-Premier Tech +56:15
AULAR Orluis, Movistar Team +56:20
DE GENDT Aimé, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +56:48
MILESI Lorenzo, Movistar Team +56:49
BRAET Vito, Lotto Intermarché +56:55
PEDERSEN Casper, Soudal Quick-Step +56:59
BISSEGGER Stefan, Decathlon CMA CGM Team +57:04
RUTSCH Jonas, Lotto Intermarché +57:15
ROULAND Louis, Cofidis +57:26
SÖDERQVIST Jakob, Lidl – Trek +57:31
HALLER Marco, Tudor Pro Cycling Team +57:48
GIDDINGS Joshua, Lotto Intermarché +57:50
VAN BOVEN Luca, Lotto Intermarché +57:51
MACKELLAR Alastair, EF Education – EasyPost +58:06
GRADEK Kamil, Bahrain – Victorious +58:42
MENTEN Milan, Lotto Intermarché +58:52
FEDOROV Yevgeniy, XDS Astana Team +59:23
COQUARD Bryan, Cofidis +59:55
GIRMAY Biniam, NSN Cycling Team +1:00:20
THOMAS Benjamin, Cofidis +1:00:31
COSTIOU Ewen, Groupama – FDJ United +1:00:46
SCOTSON Callum, Decathlon CMA CGM Team +1:01:18
KIRSCH Alex, Cofidis +1:01:42
GAMPER Patrick, Team Jayco AlUla +1:02:30
ROOSEN Timo, Team Picnic PostNL +1:03:09
NABERMAN Tim, Team Picnic PostNL +1:03:55
BOIVIN Guillaume, NSN Cycling Team +1:03:58
MULLEN Ryan, NSN Cycling Team +1:04:02
ARNDT Nikias, Bahrain – Victorious +1:04:10
KELEMEN Petr, Tudor Pro Cycling Team +1:05:21
LOUVEL Matis, NSN Cycling Team +1:05:33
KANTER Max, XDS Astana Team +1:05:51
MARTINEZ Juan Guillermo, Team Picnic PostNL +1:06:49
Notre couverture enrichie sur TodayCycling : Retrouvez chaque soir le décryptage vidéo de la course, les analyses de nos experts, les photos exclusives et les interviews long format des principaux acteurs. Nous connectons les points entre ce que vous voyez à l’écran et la réalité du terrain.
Au lendemain de son récital sous les trombes d’eau du Morvan, Jonas Vingegaard a remis ça sous le soleil ardéchois. Sur la 5e étape de Paris-Nice, le Danois a transformé une simple course en démonstration de force, reléguant ses adversaires à plus de deux minutes. Nous décortiquons pour vous cette attaque chirurgicale, les nouveaux rapports de force au classement général, et ce que cette victoire en solitaire signifie pour la suite de la saison. Attention, analyse d’un récital.
Jonas Vingegaard : sa leçon de puissance sur Paris-Nice 2026
C’était une étape de transition sur le papier. 206 kilomètres entre la Saône-et-Loire et l’Ardèche, un profil vallonné, cinq difficultés répertoriées. Un terrain propice aux baroudeurs, une journée de « gestion » pour le leader. C’était sans compter sur l’appétit d’un ogre. Ce jeudi 12 mars, sur les routes granuleuses de la vallée du Rhône, Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) n’a pas géré. Il a dominé. Il a asséné un deuxième coup de massue en deux jours, remportant la 5e étape de Paris-Nice 2026 avec la manière, et portant son avance au classement général à des proportions stratosphériques (3’22) sur son premier dauphin. Ce n’est plus une course, c’est un recital.
Pourquoi Jonas Vingegaard a-t-il attaqué si tôt ?
À 21 kilomètres du but, dans la terrible Côte de Saint-Jean-de-Muzols (1ère catégorie), alors que beaucoup n’avaient pas encore digéré l’effort de la veille, le Danois a porté l’estocade. L’échappée matinale, composée notamment de Jefferson Cepeda (Movistar), Rémi Cavagna (Groupama-FDJ United) et du coéquipier Victor Campenaerts, venait d’être reprise. Le terrain était déblayé.
Mais pourquoi un tel timing ? La réponse est triple. Tactiquement, Vingegaard savait que c’était le point le plus dur du final, idéal pour faire la différence à la pédale. Stratégiquement, en attaquant aussi loin, il évitait un sprint en petit comité et maximisait les bonifications. Mentalement, c’est un message adressé à tous ses rivaux pour le Tour de France et le Giro : « Je suis déjà au sommet de mon art. »
Comme le confirment les données et statistiques, c’est la première fois depuis le règne d’un autre ogre, Alberto Contador, que l’on voit un coureur planifier une attaque aussi longue sur Paris-Nice.
La mécanique parfaite : Comment Visma-Lease a Bike a piégé ses rivaux
Si l’attaque de Vingegaard est un coup de poing, la préparation est un ballet millimétré. Dès le départ de Cormoranche-sur-Saône, la Visma-Lease a Bike a imposé un rythme infernal (51,6 km/h dans la première heure). L’objectif ? User les équipes adverses et contrôler l’échappée.
Le scénario a été parfaitement exécuté :
L’infiltration : Victor Campenaerts s’immisce dans l’échappée de huit coureurs. Il devient un atout maître à l’avant.
Le contrôle : Bruno Armirail, rouleur hors-pair, mène un train d’enfer dans le peloton pour réduire l’avance des fuyards à un écart dangereux mais pas inquiétant.
Le rapatriement : Sur les pentes du Muzols, Campenaerts, revenu de l’avant, place un dernier relais surpuissant qui disloque le groupe et isole Cepeda.
Le coup de grâce : La voie est libre. Vingegaard, frais comme un gardon, n’a plus qu’à enclencher le braquet.
Derrière, la pagaille. Daniel Martinez (RedBull-BORA-Hansgrohe), deuxième du général, est immédiatement en difficulté. Le groupe des poursuivants, avec Kévin Vauquelin (INEOS-Grenadiers), Lenny Martinez (Bahrain-Victorious) et le futur deuxième du jour, Valentin Paret-Peintre (Soudal-QuickStep), ne parvient pas à s’organiser. Chacun pense à sa place au classement général, et personne ne veut collaborer. Une erreur classique face à un rouleau-compresseur.
Avec cette victoire en solitaire, Jonas Vingegaard comptabilise désormais 3 minutes et 22 secondes d’avance sur Daniel Martinez. Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost) complète le podium à 5’50.
Mais le véritable enseignement de cette 5e étape réside dans l’écart abyssal creusé avec les autres favoris. Le groupe maillot jaune, mené par INEOS, a concédé 2’20 ». C’est une claque historique pour une course d’une semaine.
« J’ai pris ma revanche » : La déclaration choc de Vingegaard
L’image est forte. En arrivant sur la ligne à Colombier-le-Vieux, Vingegaard a levé les bras, non pas avec l’exubérance d’un puncheur, mais avec le sourire tranquille d’un patron. Un sourire qui en dit long quand on connaît l’histoire.
Car l’ironie du sort veut que cette étape traversait les routes de l’Ardèche où, l’an dernier, il avait lourdement chuté, perdant le maillot jaune et abandonnant. Interrogé à l’arrivée, il a confié : « Je n’y pensais pas jusqu’à ce que je reconnaisse les lieux. C’est agréable de prendre ma revanche maintenant, et de gagner ici lors d’une si belle journée. Toute l’équipe était là pour moi, ils se sont sacrifiés. Je suis heureux de pouvoir leur rendre la pareille. »
Une déclaration qui ancre encore plus sa légende sur cette course. L’homme qui est tombé sur ces routes est revenu pour les conquérir.
Les cartes sont-elles déjà redistribuées pour la suite ?
Avec une telle avance, Paris-Nice 2026 semble plié. Mais le cyclisme est un sport cruel où un ennui mécanique ou une chute peut tout anéantir. Il reste trois étapes, dont le redoutable week-end final dans l’arrière-pays niçois.
Cependant, l’état de grâce de Vingegaard pose une question brûlante à ses rivaux. Selon vous, Daniel Martinez et les autres peuvent-ils encore renverser la tendance dans les Alpes-Maritimes, ou la course est-elle définitivement jouée ? Réagissez en commentaires.
L’abandon de David Gaudu (Groupama-FDJ United), 5e du général, victime collatérale des efforts de la veille, et de Pavel Sivakov (UAE Team Emirates XRG), montre que le peloton paie un lourd tribut. Pendant ce temps, le Danois, lui, flamboie. La vidéo de son attaque dans le Muzols, où il semble glisser sur la route pendant que les autres patinent, est déjà en train de faire le tour des réseaux sociaux. Une image qui restera comme l’instant où Jonas Vingegaard a posé un genou à terre sur la Course au Soleil.
Classement Paris-Nice 2026, étape 5 – Top 20
VINGEGAARD JONAS, Team Visma | Lease a Bike les 206,3 km en 4:29:01 (46 km/h)
PARET-PEINTRE VALENTIN, Soudal Quick-Step +2:02
TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +2:20
MARTINEZ LENNY, Bahrain – Victorious
IZAGIRRE ION, Cofidis
MARTÍNEZ DANIEL FELIPE, Red Bull – BORA – hansgrohe
VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers
STEINHAUSER GEORG, EF Education – EasyPost
RONDEL MATHYS, Tudor Pro Cycling Team
SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG
BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost +2:23
ONLEY OSCAR, INEOS Grenadiers +2:36
RODRÍGUEZ CARLOS, INEOS Grenadiers +4:27
CRAS STEFF, Soudal Quick-Step +4:29
ARRIETA IGOR, UAE Team Emirates – XRG +4:32
VERCHER MATTÉO, TotalEnergies
VINOKUROV NICOLAS, XDS Astana Team +6:05
PACHER QUENTIN, Groupama – FDJ United +6:37
CEPEDA JEFFERSON ALVEIRO, Movistar Team +6:42
CAMPENAERTS VICTOR, Team Visma | Lease a Bike +7:30
Classement général à l’issue de la 4e étape – Top 20
VINGEGAARD JONAS, Team Visma | Lease a Bike en 17:22:06
MARTÍNEZ DANIEL FELIPE, Red Bull – BORA – hansgrohe +3:22
STEINHAUSER GEORG, EF Education – EasyPost +5:50
VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers +6:09
MARTINEZ LENNY, Bahrain – Victorious +7:37
SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG +8:15
IZAGIRRE ION, Cofidis +9:02
RONDEL MATHYS, Tudor Pro Cycling Team +10:06
BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost +10:16
ONLEY OSCAR, INEOS Grenadiers +11:23
TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +11:43
VERCHER MATTÉO, TotalEnergies +11:44
PARET-PEINTRE VALENTIN, Soudal Quick-Step +19:09
ZUKOWSKY NICKOLAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +19:59
ARMIRAIL BRUNO, Team Visma | Lease a Bike +21:12
LEKNESSUND ANDREAS, Uno-X Mobility +22:15
PLOWRIGHT JENSEN, Alpecin-Premier Tech +22:29
CAVAGNA RÉMI, Groupama – FDJ United +26:24
VLASOV ALEKSANDR, Red Bull – BORA – hansgrohe +28:06
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Sur les bords de l’Adriatique, le scénario de Tirreno-Adriatico 2026 a basculé en un éclair. Dans un final digne d’un Classique, Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech) a livré un récital tactique pour remporter sa deuxième étape, tandis que le jeune italien Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA-hansgrohe) a réalisé le hold-up parfait en s’emparant du maillot bleu de leader. Plongée au cœur d’une étape de braques où le champion néerlandais a une nouvelle fois fait parler sa légendaire intelligence de course.
Démonstration de puissance : Van der Poel s’offre une deuxième victoire et embrase le général
Tirreno Adriatico 2026, Étape 4 : Le jour où la « Course des Deux Mers » a basculé
Ce jeudi 12 mars 2026, sur la longue route vallonnée de 213 kilomètres reliant Tagliacozzo à Martinsicuro, Tirreno-Adriatico a vécu son premier grand rendez-vous avec la vérité du terrain. Si l’on attendait une explication entre les gros bras pour le général, c’est un duel de puncheurs, une répétition générale avant la Milan-SanRemo, qui a tenu toutes ses promesses. Mais au-delà du spectacle, c’est un véritable séisme au classement général qui a secoué le peloton. Retour sur une étape de légende où Mathieu van der Poel a ajouté une nouvelle ligne à son palmarès déjà riche, et où l’Italie a trouvé un nouveau patron en la personne de Giulio Pellizzari.
Comment s’est construite l’échappée ? Le récit d’une journée sous haute tension
Dès le départ fictif, l’électricité était dans l’air. Contrairement aux étapes de plaine précédentes, les attaques ont fusé sans relâche. Il a fallu huit kilomètres pour voir se former l’échappée de douze coureurs qui allait rythmer la majeure partie de la journée. Un groupe hétéroclite mais ô combien costaud, composé de baroudeurs aguerris et de jeunes loups aux dents longues.
On y retrouvait notamment le prometteur Tibor Del Grosso (Alpecin-Premier Tech) , l’expérimenté Larry Warbasse (Tudor) , le puissant Laurenz Rex (Soudal Quick-Step) , ou encore le grimpeur norvégien Jonas Abrahamsen (Uno-X Mobility) . Un nom a cependant attiré notre attention : celui de Rémy Rochas (Groupama-FDJ United) , qui a réalisé un effort solitaire pour revenir sur l’avant dans la première ascension, portant le groupe à douze unités. Une initiative qui force le respect et qui lui vaudra, plus tard, de glaner des points précieux pour le classement de la montagne.
Derrière, la UAE Team Emirates XRG du maillot bleu Isaac Del Toro contrôlait, laissant filer jusqu’à trois minutes d’avance. Une stratégie classique, mais qui s’est avérée risquée face à un plateau de puncheurs aussi affamés.
L’ascension de Tortoleto : le piège parfait où Visma a tout changé
Si la journée comptait 2700 mètres de dénivelé, c’est sur les pentes sèches du Tortoleto (1,5 km à 8,4 %) que le verdict est tombé. À 14 kilomètres de l’arrivée, alors que le dernier échappé, le Tchèque Jakub Otruba (Caja Rural), venait d’être repris, la Visma-Lease a Bike a actionné le bouton « explosif ».
Matteo Jorgenson, le lieutenant américain, a placé un train d’enfer qui a littéralement disloqué le peloton. L’objectif était clair : durcir la course pour Wout van Aert. Mais ce rythme infernal a eu un effet de bord dévastateur. Derrière le duo de la Visma, seul un groupe de quatorze coureurs d’exception a pu tenir la roue. Parmi eux, bien sûr, Mathieu van der Poel, mais aussi Primož Roglič, le jeune prodige italien Giulio Pellizzari, le solide Tobias Halland Johannessen (Uno-X Mobility), ou encore l’insouciant Jan Christen (UAE Team Emirates XRG) .
Le grand perdant de ce premier acte fut sans conteste Isaac Del Toro. Le jeune leader mexicain, pourtant entouré, a semblé un ton en dessous et a concédé de précieuses secondes, signe que le maillot de leader commence à peser lourd sur ses épaules à seulement 22 ans. Comme le rappellent souvent les données et datas, la gestion de l’effort sur des pentes aussi raides est un art qui s’acquiert avec l’expérience.
Question à nos lecteurs : À votre avis, la Visma-Lease a Bike a-t-elle été trop gourmande en imposant un rythme si élevé, au risque d’isoler Wout van Aert et de favoriser un sprinteur plus puissant comme Van der Poel ?
Le final tactique : Quand « VDP » lit le cours du jeu mieux que personne
La descente vers Martinsicuro et les derniers kilomètres plats ont alors offert un spectacle de choix. Dans le groupe de tête, chacun guettait la faille. Wout van Aert, après l’énorme travail de son équipe, s’est retrouvé piégé par son propre statut de favori. Les attaques se sont succédé : d’abord un retour de Jan Christen, puis un démarrage sec de Filippo Ganna (INEOS Grenadiers), emmenant avec lui Andrea Vendrame (Jayco AlUla) .
C’est à ce moment précis que le génie de Mathieu van der Poel a opéré. Le champion néerlandais, resté calme dans la roue de ses adversaires, a parfaitement analysé la situation. Il savait que Ganna, malgré son immense puissance, n’irait pas au bout sur un sprint plat de si longue distance. Sa décision a été prise en une fraction de seconde : sauter dans la roue de l’Italien, puis lancer son propre effort.
Et quel effort ! À plus de 300 mètres de la ligne, face au vent, « VDP » a enclenché le braquet et produit un effort surpuissant. Un sprint d’un autre temps, reminiscent de ses plus grandes démonstrations sur les Monuments. Wout van Aert, qui avait dû combler le trou sur Christen, était cuit. Pellizzari, sur la lancée de son excellente ascension, a limité les dégâts en prenant la deuxième place, tandis que Johannessen complétait le podium.
Cette victoire, la troisième de sa saison 2026 après l’Omloop et la 2e étape, est un condensé de ce qui fait de Van der Poel un coureur à part : une intelligence de course hors pair, une puissance phénoménale et un sang-froid à toute épreuve.
Analyse de l’expert : Ce qui frappe, c’est la maturité de course de Van der Poel. Il n’a pas paniqué quand Ganna est parti, sachant pertinemment que le vent de face serait un allié pour un puncheur-sprinteur comme lui. Il a utilisé l’Italien comme un parfait lanceur, avant de le déposer. C’est du grand art.
GC : La nouvelle star italienne s’appelle Giulio Pellizzari
Le véritable séisme de cette 4e étape ne réside peut-être pas seulement dans la victoire de Van der Poel, mais dans le bouleversement du classement général. En terminant deuxième, Giulio Pellizzari a empoché 6 secondes de bonification. Combinées aux secondes perdues par Del Toro (10e de l’étape), ces six secondes suffisent à l’Italien de 22 ans pour endosser le maillot bleu de leader.
Avec deux petites secondes d’avance sur Del Toro et 21 sur un Primoz Roglič en embuscade, Pellizzari devient, à la surprise générale, le nouveau patron de la « Course des deux mers ». Une première en carrière pour ce talent brut. Le voilà propulsé sous les projecteurs, lui qui n’avait jamais été leader d’une course WorldTour.
« C’est incroyable, je ne réalise pas encore » a-t-il dû confier à chaud. Pour l’équipe Red Bull-BORA-hansgrohe, la journée est parfaite : non seulement Pellizzari prend les commandes, mais Roglič se replace idéalement sur le podium. De son côté, la déception est immense pour Isaac Del Toro, qui perd son bien sur une stratégie d’équipe peut-être trop frileuse dans le final.
Vers la 5e étape : Le piège se referme sur Pellizzari ?
Si Van der Poel a brillé, l’histoire de ce Tirreno-Adriatico 2026 est loin d’être écrite. Dès ce vendredi, la 5e étape entre Marotta-Mondolfi et Mombaroccio promet 186 kilomètres d’une difficulté constante. Un terrain de jeu idéal pour les puncheurs, mais aussi un piège tendu sous les roues du nouveau leader.
Pellizzari, désormais ciblé, devra se montrer vigilant face à un Del Toro revanchard et un Roglič affamé. Les équipes UAE et Visma n’ont pas dit leur dernier mot, et les écarts restent infimes. Une chose est sûre : ce Tirreno-Adriatico version 2026 tient toutes ses promesses et nous réserve encore son lot de rebondissements.
VIDÉO : Les images de la folle arrivée de Mathieu van der Poel à Martinsicuro
Classement Tirreno-Adriatico 2026, étape 4 – Top 20
VAN DER POEL MATHIEU, Alpecin-Premier Tech les 213 km en 4:51:40 (43,8 km/h)
PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe
JOHANNESSEN TOBIAS HALLAND, Uno-X Mobility
CHAMPOUSSIN CLÉMENT, XDS Astana Team
VAN AERT WOUT, Team Visma | Lease a Bike
HEALY BEN, EF Education – EasyPost
VENDRAME ANDREA, Team Jayco AlUla
PINARELLO ALESSANDRO, NSN Cycling Team
GANNA FILIPPO, INEOS Grenadiers
DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG
CICCONE GIULIO, Lidl – Trek
ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe
JORGENSON MATTEO, Team Visma | Lease a Bike
CHRISTEN JAN, UAE Team Emirates – XRG +0:08
STRONG CORBIN, NSN Cycling Team +0:14
SILVA GUILLERMO THOMAS, XDS Astana Team
LAPEIRA PAUL, Decathlon CMA CGM Team
CARAPAZ RICHARD, EF Education – EasyPost
ARENSMAN THYMEN, INEOS Grenadiers
BRAZ AFONSO CLÉMENT, Groupama – FDJ United
Classement général à l’issue de la 4e étape – Top 20
PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe en 15:27:00
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Bienvenue dans l’inconnu. Après un chrono et une journée promise aux sprinteurs, Tirreno Adriatico 2026 bascule dans le chaos avec cette 4e étape. 213 kilomètres, deux cols dans les Apennins dès le réveil, et une succession de murs côtiers qui pourraient transformer Martinsicuro en champ de bataille. Entre les ogres du classement général qui rôdent et les baroudeurs en embuscade, une question nous taraude : cette arrivée sur l’Adriatique est-elle vraiment dessinée pour les puncheurs, ou les sprinteurs nouvelle génération nous préparent-ils un hold-up ?
Piège adriatique : Pourquoi la 4e étape de Tirreno Adriatico 2026 va secouer la Course des Deux Mers
Depuis sa création, Tirreno-Adriatico a toujours eu cette dualité fascinante. D’un côté, les sprinteurs qui se disputent la gloire sur le littoral ; de l’autre, les grimpeurs qui se jaugent en vue du Giro. Roger De Vlaeminck, avec ses six victoires consécutives de 1972 à 1977, avait posé les bases d’une course polyvalente. Aujourd’hui, cette quatrième étape entre Tagliacozzo et Martinsicuro s’inscrit parfaitement dans cette tradition : un parcours taillé pour les coureurs complets, ceux qui savent encaisser les bosses sans perdre leur explosivité.
Mais attention, si le final semble taillé pour les puncheurs, le scénario est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Selon nos datas, le dénivelé positif total avoisine les 2 500 mètres, mais c’est surtout la répartition de l’effort qui interpelle. Près de la moitié du dénivelé est concentrée dans les 80 premiers kilomètres. Un choix de tracé audacieux de RCS Sport qui pourrait transformer cette étape en véritable journée de sacrifice.
Pourquoi cette étape de 213 km est-elle un piège pour les favoris ?
Le départ est donné à Tagliacozzo, perché à près de 700 mètres d’altitude. Dès les premiers coups de pédale, le peloton respire cet air des Apennins. Les 25 premiers kilomètres, relativement plats, sont un leurre. C’est le moment où les directeurs sportifs aboient les dernières consignes dans les oreillettes, où les équipiers se positionnent pour protéger leurs leaders. Puis, brutalement, la route s’élève.
Ovindoli et Valico delle Capannelle : un début de course sous haute tension
Premier obstacle : l’ascension d’Ovindoli (10,3 km à 5,6 %). Sur le papier, la pente n’a rien d’exceptionnel. Mais c’est un col qui use. Il oblige les organismes à puiser dans leurs réserves très tôt. Juste après, les coureurs évoluent sur un plateau exposé pendant une quinzaine de kilomètres. C’est là que les bordures peuvent se former si le vent est capricieux.
S’ensuit la descente vers L’Aquila, puis le pied du Valico delle Capannelle. Avec ses 12,8 km à 4,6 %, c’est une autre machine à broyer le moral. Le sommet, à environ 1 300 mètres, est franchi alors qu’il reste encore… 113 kilomètres ! C’est là que réside le piège : après deux heures d’effort intense, le peloton s’offre une longue portion de 50 kilomètres en faux plat descendant. Une phase de transition qui peut sembler anodine, mais qui est en réalité extrêmement nerveuse.
C’est le moment choisi par les équipes de sprinteurs pour organiser la poursuite, ou par les baroudeurs pour tenter le coup de poker.
Le final infernal : les quatre coups de poignard avant Martinsicuro
À 56,5 kilomètres de l’arrivée, le calme apparent laisse place à l’orage. Les organisateurs ont aligné une série de quatre difficultés qui vont littéralement hacher le final.
L’enchaînement est le suivant :
Castellalto : 7,5 km à 4,6 %. C’est le premier test. Les équipes de sprinteurs comme Lidl-Trek pour Jonathan Milan commencent à perdre du monde. Les puncheurs, eux, se testent.
Mosciano Sant’Angelo : 3,1 km à 3,8 %. Une bosse courte mais idéale pour placer un coup. C’est ici que les bonifications du sprint intermédiaire sont distribuées. Mathieu van der Poel (Alpecin – Premier Tech) pourrait en profiter pour grappiller quelques secondes.
La côte non-catégorisée (2 km à 5,3 %) avec un passage à 20 %. C’est le « mur » psychologique. À 18 kilomètres du but, une telle pente peut faire des dégâts considérables. Les coureurs qui passent ce cap avec des jambes de feu savent qu’ils peuvent croire en leurs chances.
Le mur de Tortoreto (Via Badetta) : 1,6 km à 8,4 %. Le juge de paix. Un concentré d’explosivité.
Le mur de Tortoreto, véritable juge de paix avant la descente
Parlons de ce fameux mur de Tortoreto. Sur ses pentes, on ne triche pas. La pente moyenne de 8,4% cache des passages bien plus sévères. C’est le terrain de jeu rêvé pour un Ben Healy (EF Education – EasyPost) ou un Julian Alaphilippe (Tudor Pro Cycling). Le sommet se situe à exactement 12 kilomètres de la ligne.
Mais attention à ne pas crier victoire trop tôt. Une fois la Via Badetta avalée, les coureurs plongent vers la côte sur 4 kilomètres de descente technique. Ceux qui attaquent dans le mur doivent absolument creuser un écart suffisant, car derrière, la route redevient plaine.
Les 8 derniers kilomètres, sur le Lungomare Europa, sont un long ruban de bitume rectiligne. Un terrain de chasse idéal pour un petit groupe qui s’entend bien, ou pour un coureur seul qui voit le peloton revenir comme un boulet de canon.
Quel scénario pour cette 4e étape ? Les favoris passés au crible
C’est là que notre expertise entre en jeu. Le marché des pronostics est plus ouvert que jamais. On a coutume de dire que « Tirreno, c’est la course du soleil », mais le scénario de cette étape est résolument ombragé par le doute. Voici notre analyse des forces en présence.
Le clan des puncheurs : Van der Poel et Van Aert peuvent-ils vraiment dominer ?
Mathieu van der Poel (Alpecin – Premier Tech) : L’homme à battre. Son numéro à San Gimignano a glacé le peloton. Le mur de Tortoreto est taillé pour son explosivité. Cependant, son point faible reste la gestion d’un final avec plusieurs kilomètres de plat après son effort. S’il attaque et que des coureurs reviennent sur lui, il est prenable. S’il arrive dans un groupe de 10, son sprint est redoutable. C’est LE favori, mais avec un léger bémol.
Wout van Aert (Visma | Lease a Bike) : La grande question. Il cherche encore ses jambes de ses meilleures années. Sur ce parcours, il a les qualités pour suivre, mais doit-il sprinter ? Son équipe a Matteo Jorgenson, très en vue, qui pourrait aussi prétendre à la gagne. Van Aert a besoin de ce succès pour lancer sa saison, mais le maillot de leader pèse-t-il sur ses épaules ?
Ben Healy (EF Education – EasyPost) : L’Irlandais est le prototype du baroudeur moderne. Il n’attendra pas le pied du mur. Il attaquera dans la descente d’Ovindoli, ou dans le final vallonné. Sa capacité à enchaîner les efforts sur 50 bornes est sa marque de fabrique. C’est l’outsider numéro 1 pour un coup de canon de 50 kilomètres.
Les Italiens et la nouvelle vague : Del Toro, Ganna, Pellizzari, qui sont les vrais dangers ?
Isaac Del Toro (UAE Team Emirates-XRG) : Le Mexicain a déjà prouvé qu’il était solide. Dans un petit groupe, il a une pointe de vitesse intéressante. Mais UAE devra gérer le danger des attaques lointaines. Si Roglič ou Hindley sortent dans la dernière heure, Del Toro devra choisir : suivre ou laisser filer pour préserver son classement général ?
Filippo Ganna (INEOS Grenadiers) : L’ancien double champion du monde du chrono a soif de victoires en ligne. Vainqueur du chrono inaugural, il a les jambes. Son problème ? La gestion des pentes à 20%. S’il passe le cap des bosses non-catégorisées, son sprint sur le plat final est dévastateur. Mais peut-il vraiment rivaliser avec les purs puncheurs dans le mur ?
Giulio Pellizzari (Red Bull – BORA – Hansgrohe) : Le jeune espoir italien a impressionné sur la 2e étape. Il est audacieux, peut-être même un peu fou. Avec Roglič et Hindley dans l’équipe, il a une carte blanche pour animer. Sur ce final, il peut créer la surprise si ses leaders marquent les autres favoris.
Le hold-up des sprinteurs est-il crédible ?
Et si tout cela n’était qu’un écran de fumée ? Si les sprinteurs nouvelle génération, ces « cyclistes complets », venaient gâcher la fête ?
Jonathan Milan (Lidl-Trek) est le candidat numéro 1 à ce scénario. Son équipe est prête à le défendre. Si la course est contrôlée et que les trois premières bosses ne servent qu’à éliminer les purs rouleurs, Milan peut passer les dernières difficultés dans les roues. Une fois sur le plat final, son démarrage est d’une puissance inouïe.
Même son de cloche pour Jasper Philipsen (Alpecin – Premier Tech), épaulé par un certain Van der Poel, ou pour le surprenant Paul Magnier (Soudal Quick-Step), dont la pointe de vitesse n’a d’égal que son punch dans les bosses. Mais attention, selon nos données et statistiques, seuls 15% des sprinteurs « purs » passent le cap d’un mur à 8% dans les 20 derniers kilomètres d’une course de 200 bornes.
Question à la communauté : Selon vous, quel pourcentage de chance donneriez-vous à Jonathan Milan de passer le mur de Tortoreto avec le peloton ? Êtes-vous plutôt team « mur éliminatoire » ou team « sprinters nouvelle vague » ?
Les jokers et les baroudeurs à ne pas négliger
Dans ce genre de scénario chaotique, il ne faut jamais négliger les « outsiders lointains ». Des noms comme Andrea Vendrame (Jayco AlUla), spécialiste des fins de course sous la pluie, ou Alberto Bettiol (XDS Astana Team), capable de partir de très loin, peuvent créer l’exploit.
Du côté des équipes de deuxième rang, Corbin Strong (NSN Cycling Team) ou Tobias Lund Andresen (Decathlon CMA CGM) possèdent le punch nécessaire pour gagner dans un petit groupe.
Notre verdict et notre pronostic pour cette étape de folie
Après analyse, difficile de voir une équipe contrôler cette étape de bout en bout. La première partie, avec les deux cols, va forcément créer des écarts et user les organismes.
Nous pensons que le scénario le plus plausible est celui d’une échappée matinale composée de coureurs solides (Sheffield, Abrahamsen, Bettiol) qui résistera longtemps, avant d’être reprise dans le final vallonné par les favoris.
Sur le mur de Tortoreto, l’accélération sera terrible. Wout van Aert tentera de durcir la course, mais c’est Mathieu van der Poel qui placera l’accélération décisive dans les pourcentages les plus raides de la Via Badetta.
Cependant, le final plat de 12 kilomètres risque de favoriser un retour. Un groupe de contre, emmené par les INEOS et quelques sprinteurs, pourrait recoller dans les derniers hectomètres.
Si ce scénario se produit, le sprint sera ouvert. Et dans ce cas, qui peut battre Jonathan Milan sur le plat ? Personne.
Pronostic final : Victoire de Jonathan Milan (Lidl-Trek) au sprint dans un groupe de 15 coureurs, réglant la compagnie derrière un Mathieu van der Poel qui aura trop payé son effort dans le mur.
Question pour conclure : RCS Sport a-t-il fait le bon choix en plaçant le mur si loin de l’arrivée, ou cela favorise-t-il trop les équipes de sprinteurs ? Venez débattre en commentaires !
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206,3 kilomètres, quatre difficultés dans les 35 derniers kilomètres, un enchaînement infernal Saint-Jean-de-Muzols – Saint-Barthélemy-le-Plain et un vent qui pourrait balayer les derniers espoirs des puncheurs. Après le chaos d’Uchon qui a vu Juan Ayuso quitter la Course au Soleil et Jonas Vingegaard endosser le maillot jaune, la 5e étape entre Cormoranche-sur-Saône et Colombier-le-Vieux s’annonce comme un nouveau piège tendu sous les roues des organismes déjà éprouvés. Notre analyse technique de ce jeudi 12 mars 2026.
Pourquoi la 5e étape de Paris-Nice 2026 pourrait consacrer le dernier des survivants
206 kilomètres pour désigner le vainqueur du jour ?
Paris-Nice a toujours cultivé ce mélange unique entre l’adieu à l’hiver et les premières grandes explications entre favoris. La 5e étape de cette édition 2026 perpétue cette tradition avec un menu qui ferait pâlir plus d’un organisateur de Classiques ardennaises.
Jeudi 12 mars, les coureurs rescapés du chaos d’Uchon s’élanceront de Cormoranche-sur-Saône pour 206,3 kilomètres d’une souffrance programmée. Le départ fictif sera donné à 11h50 (12h05 le départ réel), pour une arrivée estimée aux alentours de 17h00, avec une retransmission intégrale sur Eurosport Max et France 3 à partir de 15h10.
Mais au-delà des horaires, c’est bien la configuration de cette étape qui interpelle. Un peu plus de 3000 mètres de dénivelé positif sur un parcours qui n’offre aucun répit, avec 1000 mètres de montée concentrés sur les 38 derniers kilomètres. Du travail de bagnard.
Le vent peut-il provoquer de nouvelles bordures ?
Une première moitié taillée pour les pièges météo
Les 60 premiers kilomètres, totalement plats le long de la Saône, pourraient laisser croire à un début d’étape tranquille. C’est mal connaître la météo de la vallée du Rhône. Selon les données de Météo-France consultées pour cette analyse, un vent du nord assez soutenu est attendu, offrant un terrain de jeu idéal pour les équipes de puncheurs en quête de revanche.
Le peloton traversera Saint-Lager puis Alix sur un filet de bitume exposé. Les équipes Visma | Lease a Bike et Red Bull – BORA – hansgrohe, respectivement leaders au classement avec Jonas Vingegaard et Daniel Felipe Martinez, devront être constamment aux avant-postes pour éviter le scénario catastrophe vécu par Juan Ayuso la veille.
La stratégie des échappées matinales
Avec un final aussi exigeant et des organismes marqués par l’étape d’Uchon, la probabilité de voir une échappée au long cours aller au bout est réelle. Comme l’a si bien démontré l’édition 2025 remportée par Matteo Jorgenson, Paris-Nice est une course où la lucidité tactique prime souvent sur la puissance brute.
Les coureurs ayant perdu du temps sur la 4e étape, comme Lenny Martinez (Bahrain Victorious) ou David Gaudu (Groupama-FDJ United), pourraient voir dans cette longue étape l’opportunité de redorer leur blason. La question qui brûle les lèvres : assistera-t-on à une alliance objective entre ces Français pour mettre en difficulté la dictature des grosses écuries ?
L’enchaînement fatal : que vaut vraiment l’ascension de Saint-Jean-de-Muzols ?
Le piège absolu dans les 20 derniers kilomètres
Si l’on se réfère aux données fournies par ASO, la difficulté majeure de cette 5e étape se niche dans les 20 derniers kilomètres. La Côte de Saint-Jean-de-Muzols, classée en première catégorie, présente des statistiques affolantes : 2,2 kilomètres à 11% de moyenne, avec un passage répertorié à 16%.
Pour contextualiser cette difficulté, rappelons que la montée de Mende, souvent utilisée comme juge de paix, référence, affiche des pourcentages similaires sur une distance comparable. C’est exactement ce genre de pourcentage qui fait exploser les groupes et isole les leaders. Compte tenu de l’enchaînement avec la Côte de Sécheras (3,9 km à 7%) et la Côte de Saint-Barthélémy-le-Plain (3,2 km à 7,6%), on peut s’attendre à ce que le peloton arrive déjà réduit à une trentaine d’unités au pied du mur final.
Un final roulant qui ne dit pas son nom
L’arrivée à Colombier-le-Vieux, sur 4,6 kilomètres à 3,5% de moyenne, semble presque une formalité après le calvaire précédent. Mais c’est là que le piège se referme : les descentes techniques reliant les différentes ascensions seront cruciales. La moindre erreur de placement, et c’est 20 secondes de perdues qu’on ne rattrape jamais sur ce type de final.
L’aspect le plus sous-estimé de cette étape réside dans ces 23 kilomètres de descente entre le plateau de Mornant et Serrières. Les équipes de puncheurs pourraient y tenter des coups, notamment si le vent s’oriente favorablement.
Screenshot
Jonas Vingegaard est-il vraiment intouchable après Uchon ?
L’analyse des forces en présence
La démonstration de Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) sur la route d’Uchon a laissé des traces. Non seulement physiquement, mais aussi psychologiquement. Le Danois a prouvé qu’il pouvait gérer une course chaotique avec un sang-froid remarquable. Comme le rapporte notre rédaction, son placement dans les bordures a été quasi parfait, contrairement à Juan Ayuso qui a dû abandonner.
Pourtant, la 5e étape présente un danger différent : la fatigue cumulative. Avec 206 kilomètres dans les jambes et des leaders moins entourés dans le final vallonné, Vingegaard pourrait se retrouver isolé face à des attaques multiples. Daniel Felipe Martinez (Red Bull – BORA – hansgrohe), deuxième au classement général, a montré qu’il savait exploiter ce type de situation.
Le facteur Kévin Vauquelin : revanche ou sacrifice ?
La situation de Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) est probablement la plus complexe du peloton. Le Normand, quatrième du classement général à 19 secondes du podium, semble piégé par son propre talent. Auteur d’une débauche d’énergie exceptionnelle sur la 4e étape, il a payé cash son isolement dans les groupes de chasse.
Pour la 5e étape, deux options s’offrent aux INEOS Grenadiers : soit ils tentent tout pour installer Vauquelin sur le podium avec l’appui d’Oscar Onley (14e désormais du GC), soit ils libèrent leurs coureurs pour une quête d’étape. D’expérience, sachant que les secondes perdues sur Paris-Nice se regagnent difficilement, l’équipe britannique jouera probablement le classement. Mais cela signifie condamner Vauquelin à un rôle de marquage, lui qui aurait probablement été le plus grand favori pour une victoire d’étape dans un final sec.
Notre pronostic : qui succédera à Tadej Pogačar au palmarès de l’étape ?
Les favoris passés au crible
En croisant les données et notre analyse du terrain, voici notre hiérarchie des favoris pour cette 5e étape :
⭐⭐⭐ Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) : Le Danois est l’homme à battre. Son chrono et sa tenue sur Uchon en font le patron incontesté du peloton. S’il décide que l’étape est importante, personne ne pourra le suivre dans Saint-Jean-de-Muzols. La vraie question est ailleurs : en prendra-t-il le risque à quatre jours de l’arrivée ?
⭐⭐ Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) : Le plus fort sur le papier dans un final de puncheur-grimpeur. Mais son statut au général le prive de liberté. À moins d’un scenario où INEOS lancerait Onley en contre et lui laisserait les clés pour l’étape. Le Normand a le profil idéal et la pointe de vitesse pour régler un petit groupe.
⭐ Lenny Martinez (Bahrain Victorious) : Le grand perdant des bordures. Avec 5’07 de retard au général, il est désormais trop loin pour le classement. Libéré de toute pression, il peut jouer l’étape. Son punch et sa science de la course en font un candidat sérieux.
⭐ Daniel Felipe Martinez (Red Bull – BORA – hansgrohe) : Dans la même configuration que Vingegaard, il doit défendre sa deuxième place. Mais un coup de force tactique n’est pas à exclure, surtout si son équipe place Aleksandr Vlasov ou d’autres lieutenants dans l’échappée matinale.
⭐ Georg Steinhauser (EF Education – EasyPost) : Impressionnant de régularité, le troisième du général pourrait profiter des marquages entre les deux premiers pour glaner une victoire. Sa puissance dans les pourcentages soutenus est un atout.
Les outsiders qui peuvent créer la surprise
Julien Bernard (Lidl-Trek) : Le fils de Jean-François Bernard réalise comme toujours un début de saison canon. Puissant, endurant, il a le profil parfait pour cette étape.
Nicolas Prodhomme (Decathlon CMA CGM) : Le Français a lâché prise au classement général, ce qui le libère totalement pour une offensive. En grande condition depuis le début de saison, il peut viser un Top 5, voire mieux si le scénario est favorable.
Aleksandr Vlasov (Red Bull – BORA – hansgrohe) : Dans la hiérarchie de son équipe, il est le deuxième couteau derrière Martinez. Mais sur un parcours aussi exigeant, si le leader est marqué, Vlasov peut bénéficier d’un bon de sortie. Son punch dans les pentes raides est redoutable.
Jasper Stuyven (Soudal – Quick Step) : L’eau qui dort. 3e à Montargis, le Belge a prouvé qu’il était dans le « Game ». Dans un final tactique où les favoris se neutralisent, il peut surgir et créer l’exploit.
Et vous, quel scénario voyez-vous pour cette 5e étape ? Vingegaard écrasera-t-il la concurrence dès les premières pentes de Saint-Jean-de-Muzols ou assistera-t-on à une explication entre puncheurs dans les derniers kilomètres vers Colombier-le-Vieux ?
Pronostic final : Kévin Vauquelin, la revanche d’un Normand
Malgré les contraintes tactiques, nous voyons Kévin Vauquelin s’imposer sur cette 5e étape. Pourquoi ? Parce que l’orgueil d’un champion passe souvent par-dessus les considérations de classement quand l’opportunité se présente. Si INEOS place Oscar Onley dans le groupe des favoris pour gérer Vingegaard, Vauquelin pourrait recevoir le feu vert pour aller chercher l’étape.
Sa pointe de vitesse, sa capacité à gérer l’enchaînement des difficultés et la longueur de l’effort (206 km) jouent en sa faveur. Face à lui, Lenny Martinez tentera de surprendre, mais le Normand, dans son jardin psychologique et sur un final taillé pour ses qualités, semble intouchable. Vingegaard, lui, se contentera de contrôler ses concurrents directs pour préserver son maillot jaune en vue des derniers jours.
Rendez-vous jeudi à 17h pour le verdict, sur ces routes ardéchoises qui ont vu naître tant de légendes.
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Ils ont supprimé les arrivées au sommet, mais ont ajouté 950 mètres de dénivelé. Bienvenue sur le Tirreno-Adriatico 2026, une édition qui sacrifie l’altitude sur l’autel du spectacle. Du chrono de Lido di Camaiore aux murs à 18% de Camerino, en passant par le retour du gravier à San Gimignano, la Course des Deux Mers se réinvente. Avec un plateau de rêve mené par un Primoz Roglic en reprise, un Isaac Del Toro brûlant et un duel annoncé entre Jonathan Milan et Paul Magnier, voici le guide ultime pour ne rien manquer de la semaine qui va lancer le printemps italien.
Pourquoi ce Tirreno-Adriatico 2026 sans montagne pourrait être le plus explosif de l’histoire
L’adieu aux cimes, bonjour aux ravins : la révolution du parcours 2026
Pendant des années, le vainqueur du Tirreno-Adriatico était celui qui passait en premier au sommet du Monte Carpegna ou de Prati di Tivo. Cette année, les organisateurs ont pris tout le monde à contre-pied. En gommant les arrivées en altitude, ils ont paradoxalement créé l’un des parcours les plus sélectifs de la décennie. Avec 15 550 mètres de dénivelé positif sur 1 165,5 km, soit près de 1 000 mètres de plus qu’en 2025, cette 61e édition ne fait pas de cadeau.
Le directeur de course, Stefano Allocchio, l’a résumé parfaitement en présentant le tracé : « Nous revenons à la tradition d’une course extrêmement sélective, qui use les organismes par accumulation plutôt que par KO. Ce n’est plus une course de montagne, c’est une course de puncheurs longue distance. Un terrain de jeu idéal pour les coureurs capables d’enchaîner les efforts violents sur des « muri » (ces murs italiens aux pentes infernales) après une semaine de course. »
Les 7 étapes décryptées : du chrono aux murs de feu
Pour comprendre où va se jouer ce Tirreno-Adriatico 2026, il faut disséquer chaque journée. Voici notre analyse technique, étape par étape, avec les pièges à éviter et les coureurs à suivre.
Étape 1 (Lundi 9/03) : Lido di Camaiore – 11,5 km (CLM) – Le premier rendez-vous avec le chrono
C’est devenu un classique. Un contre-la-montre inaugural ultra-rapide, entièrement plat, qui longe la mer Tyrrhénienne. Longues lignes droites, un seul demi-tour technique : du pain bénit pour les rouleurs.
Notre analyse : Le grand favori est évidemment Filippo Ganna (INEOS Grenadiers), quadruple vainqueur de l’étape, récent lauréat du chrono du Tour d’Algarve et historiquement double champion du monde de la discipline (2020 et 2021). Mais attention à la nouvelle génération et à la soif de revanche. Un bon chrono ici est capital pour les coureurs du général comme Primoz Roglic ou Matteo Jorgenson – auteur d’une excellent début de saison, qui peuvent reprendre des secondes précieuses à des purs grimpeurs comme Isaac Del Toro. Lire aussi : La présentation détaillée de la 1ère étapeLire aussi : Filippo Ganna écrase le chrono inaugural et bat son propre record
Étape 2 (Mardi 10/03) : Camaiore > San Gimignano – 206 km – Le parfum des Strade Bianche
L’étape la plus nerveuse du début de semaine. Si le départ est tranquille, la fin est un véritable enfer toscan. L’arrivée à San Gimignano se fait sur une route en gravier en légère montée, avec une dernière rampe à 15%.
Notre analyse : Ce profil sent la poudre. C’est le terrain de chasse favori de Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech). Le Néerlandais, impressionnant de facilité sur l’Omloop Nieuwsblad, pourrait bien lever les bras ici et endosser le maillot bleu. Wout van Aert (10e des Strade Bianche), en quête de sensations après une préparation perturbée, sera également un candidat sérieux. Lire aussi : La présentation détaillée de la 2e étapeLire aussi : Van der Poel remporte l’étape 2 devant Del Toro
Étape 3 (Mercredi 11/03) : Cortona > Magliano de’ Marsi – 225 km – Le jour des géants
L’étape la plus longue de l’édition. Le final est légèrement accidenté, mais le scénario devrait logiquement aboutir à un sprint massif.
Notre analyse : C’est l’heure du premier duel au sommet de la vitesse, de la dernière ligne droite. Jonathan Milan (Lidl-Trek), vainqueur du classement par points les deux dernières années et déjà quintuple vainqueur en 2026, partira avec le statut de favori absolu. Face à lui, le prodige français de Soudal Quick-Step, Paul Magnier, double vainqueur d’étape en Algarve, a les armes pour rivaliser. Ne pas oublier Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech) et Arnaud De Lie (Lotto Intermarché). Lire aussi : La présentation détaillée de la 3e étapeLire aussi : Tobias Lund Andresen crée la sensation à Magliano
Étape 4 (Jeudi 12/03) : Tagliacozzo > Martinsicuro – 210 km – Le piège des Apennins
On entre dans le vif du sujet. Deux cols majeurs (Ovindoli et Valico della Capannelle) en début d’étape, puis une longue descente vers un final technique parsemé de bosses. Le « Muro » de Tortoreto, avec ses passages à 20%, est à 12 bornes de l’arrivée.
Étape 5 (Vendredi 13/03) : Marotta-Mondolfo > Mombaroccio – 186 km – L’enfer vert
Vendredi 13, jour de chance ou de malchance ? Une chose est sûre : il n’y aura pas un mètre de plat. Près de 4 000 mètres de dénivelé concentrés sur une seule étape, avec une dizaine de montées répertoriées. Le final est un circuit incluant l’ascension du Santuario Beato Sante : 2 km à 9,2%, un replat, puis 1 km à 9,6%.
Notre analyse : C’est le premier vrai test pour le général. C’est ici que les hommes comme Isaac Del Toro (UAE) ou Antonio Tiberi (Bahrain) vont pouvoir tester leurs adversaires. Le Slovène Primoz Roglic, double vainqueur de l’épreuve, devra montrer qu’il est déjà au niveau pour sa reprise. Lire aussi : La présentation détaillée de la 5e étapeLire aussi : Michael Valgren vainqueur, Isaac Del Toro nouveau leader
Étape 6 (Samedi 14/03) : San Severino Marche > Camerino – 188 km – L’étape reine
Avec plus de 4 000 m de dénivelé, c’est l’étape de la vérité. L’enchaînement est redoutable : après l’ascension du Sassotetto (13 km à 7,6%), les coureurs attaquent trois tours d’un circuit final infernal. Au programme, le Muro della Madonna delle Carceri, avec des pentes qui atteignent 18% et une ligne arrivée jugée au sommet.
Notre analyse : Le juge de paix. Le terrain idéal pour un puncheur-grimpeur explosif. Si Del Toro est toujours en course, il devrait faire parler sa jeunesse et sa puissance ici. Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA-hansgrohe), la nouvelle coqueluche du cyclisme italien, a un profil taillé pour ce genre d’exercice et pourrait créer l’exploit à domicile. Lire aussi : La présentation détaillée de la 6e étapeLire aussi : La démonstration de force d’Isaac del Toro à Camerino
Étape 7 (Dimanche 15/03) : Civitanova Marche > San Benedetto del Tronto – 142 km – La parade des sprinteurs
Tradition respectée. Après 60 premiers kilomètres accidentés, la course rentre dans un circuit totalement plat en bord de mer. Le maillot de leader est généralement sacré avant le départ.
Isaac Del Toro, Primoz Roglic, Antonio Tiberi : qui sont les favoris du général ?
L’absence de Tadej Pogačar (qui a déjà la tête à Milan-SanRemo) et du tenant du titre Juan Ayuso (présent sur Paris-Nice) laisse le champ libre à une nouvelle génération avide de victoires. Pourtant, l’ombre d’un ogre plane toujours.
Isaac Del Toro (UAE Team Emirates-XRG) : le grand favori (⭐⭐⭐⭐)
À 22 ans, le Mexicain a déjà tout d’un grand. Vainqueur de l’UAE Tour et troisième des Strade Bianche ce samedi, il arrive en confiance absolue. Le parcours, avec ses murs explosifs, est un tapis rouge déroulé pour lui. Comme il l’a prouvé aux Émirats, il est capable de gérer la pression et d’attaquer au bon moment. Son principal atout ? Une équipe solide avec Jan Christen, qui pourrait également jouer sa carte personnelle.
Primoz Roglic (Red Bull-BORA-hansgrohe) : l’inconnue de luxe (⭐⭐⭐)
Le Slovène fait sa réapparition. Double vainqueur (2019, 2023), il connaît la musique par cœur. Le doute plane sur son niveau de forme, mais sur un tel parcours, son expérience et son punch font de lui un candidat naturel à la victoire. S’il est dans un grand jour dès le chrono, il faudra compter avec lui. Entouré de Jai Hindley et Giulio Pellizzari, il a l’armada la plus solide.
Antonio Tiberi (Bahrain Victorious) : le challenger italien (⭐⭐⭐)
Deuxième de l’UAE Tour derrière Del Toro, le jeune Italien (24 ans) est en feu en ce début de saison. La course à domicile est un objectif majeur. Son profil de rouleur-puncheur colle parfaitement aux étapes clés. Avec Santiago Buitrago et Pello Bilbao à ses côtés, Bahrain possède un double atout redoutable.
Double vainqueur de Paris-Nice, il découvre le rôle de leader sur le Tirreno. Sa quatrième place aux Faun-Ardèche Classics le week-end dernier, sa huitième sur les Strade Bianche, prouvent qu’il est déjà affûté. Il saute les classiques pavées pour viser Liège, et cette course est l’étape idéale pour parfaire sa condition. Attention, c’est un sérieux client pour le podium.
Les outsiders et les puncheurs à suivre
Au-delà du top 5, cette édition 2026 est un vivier de talents capables de créer la surprise.
Giulio Pellizzari (⭐⭐) : Le phénomène italien de Red Bull. Après un début de saison canon (3e de Valence), il rêve de briller à la maison. Son punch sur les pentes à 18% de Camerino pourrait lui offrir un succès de prestige.
Ben Healy (⭐⭐) : L’Irlandais d’EF Education-EasyPost est l’archétype du baroudeur moderne. Capable de gagner en solitaire de loin, il a le profil du « killer » d’étape.
Jan Christen (⭐⭐) : Le Suisse d’UAE est peut-être l’avenir, mais il est déjà un présent très solide. Coéquipier de luxe de Del Toro, il aura probablement une liberté si la situation le permet. Il est en grande forme.
La guerre des sprinteurs : Milan vs Magnier, un duel générationnel
Si le général attire les regards, les sprints promettent d’être d’une intensité rare.
Jonathan Milan (⭐⭐⭐) : le patron
L’Italien est un rouleau compresseur. Sa pointe de vitesse est phénoménale et son lead-out chez Lidl-Trek est désormais rodé. Il vient pour gagner, et probablement pour s’offrir un triplé d’étapes.
Paul Magnier (⭐⭐) : le prodige
À seulement 21 ans, le Français de Soudal Quick-Step a montré en Algarve qu’il était déjà prêt à rivaliser avec les meilleurs. Sa pointe de vitesse est explosive et il n’a peur de personne. C’est lui le principal opposant à la loi de Milan.
Jasper Philipsen (⭐⭐) : l’ombre d’un champion
Le champion du monde sur route est présent, mais il vient avec un statut différent. Moins dominateur que par le passé, il cherchera à se rassurer et à engranger avant les Classiques. À ne surtout pas sous-estimer.
Qui sont les coureurs engagés participants à Tirreno-Adriatico 2026 ?
Alpecin-Premier Tech (WT) ✅ 1, VAN DER POEL, Mathieu 2, DEL GROSSO, Tibor 3, DILLIER, Silvan 4, GOGL, Michael 5, PHILIPSEN, Jasper 6, PLANCKAERT, Edward 7, VERSTRYNGE, Emiel
Bahrain – Victorious (WT) ✅ 11, TIBERI, Antonio 12, BILBAO, Pello 13, BUITRAGO, Santiago 14, ERMAKOV, Roman 15, MIHOLJEVIĆ, Fran 16, VALTER, Attila 17, ZAMBANINI, Edoardo
Caja Rural (PRT) ✅ 31, GAVIRIA, Fernando 32, BARCELÓ, Fernando 33, BOU, Joan 34, FERNÁNDEZ, Samuel 35, MOLENAAR, Alex 36, OLDANI, Stefano 37, OTRUBA, Jakub
Decathlon CMA CGM Team (WT) ✅ 41, ANDRESEN, Tobias Lund 42, GAUTHERAT, Pierre 43, GUDMESTAD, Tord 44, LAPEIRA, Paul 45, MÜHLBERGER, Gregor 46, NAESEN, Oliver 47, PEDERSEN, Rasmus Søjberg
EF Education – EasyPost (WT) ✅ 51, CARAPAZ, Richard 52, ALBANESE, Vincenzo 53, HEALY, Ben 54, MIHKELS, Madis 55, NERURKAR, Lukas 56, SHAW, James 57, VALGREN, Michael
Groupama – FDJ United (WT) ✅ 61, MADOUAS, Valentin 62, BRAZ AFONSO, Clément 63, GENIETS, Kevin 64, GERMANI, Lorenzo 65, KENCH, Josh 66, ROCHAS, Rémy 67, ROLLAND, Brieuc
INEOS Grenadiers (WT) ✅ 71, GANNA, Filippo 72, ARENSMAN, Thymen 73, HAIG, Jack 74, RIVERA, Brandon Smith 75, SHEFFIELD, Magnus 76, SWIFT, Connor 77, WELSFORD, Sam
Lidl – Trek (WT) ✅ 81, CICCONE, Giulio 82, BAGIOLI, Andrea 83, CONSONNI, Simone 84, GHEBREIGZABHIER, Amanuel 85, MILAN, Jonathan 86, THEUNS, Edward 87, WALSCHEID, Max
Lotto Intermarché (WT) ✅ 91, DE LIE, Arnaud 92, ARTZ, Huub 93, BERCKMOES, Jenno 94, BEULLENS, Cedric 95, SLOCK, Liam 96, VAN EETVELT, Lennert Non partant 2e étape 97, ZIMMERMANN, Georg
Movistar Team (WT) ✅ 101, QUINTANA, Nairo 102, ADRIÀ, Roger 103, ARCAS, Jorge 104, GARCÍA CORTINA, Iván 105, MORO, Manlio 106, ROMO, Javier 107, TORRES, Albert
NSN Cycling Team (WT) ✅ 111, STRONG, Corbin 112, FRIGO, Marco 113, KOGUT, Oded 114, NEILANDS, Krists 115, PINARELLO, Alessandro 116, SCHULTZ, Nick 117, SMITH, Dion
Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team (PRT) ✅ 121, CALZONI, Walter 122, AZPARREN, Xabier Mikel 123, BAX, Sjoerd 124, DONOVAN, Mark 125, GONZÁLEZ, David 126, MEURISSE, Xandro 127, PARISINI, Nicolò
Red Bull – BORA – hansgrohe (WT) ✅ 131, ROGLIČ, Primož 132, ALEOTTI, Giovanni 133, HINDLEY, Jai 134, MOSCON, Gianni 135, PELLIZZARI, Giulio 136, TRATNIK, Jan 137, VAN POPPEL, Danny
Solution Tech NIPPO Rali (PRT) ✅ 141, IACCHI, Alessandro 142, BALMER, Alexandre 143, BONNEU, Kamiel 144, GONZÁLEZ, Roberto Carlos 145, MEO, Felix James 146, SAMUDIO, Carlos 147, VIVIANI, Attilio
Soudal Quick-Step (WT) ✅ 151, MAGNIER, Paul 152, HAYTER, Ethan 153, BASTIAENS, Ayco 154, REX, Laurenz 155, VAN GESTEL, Dries 156, VAN WILDER, Ilan 157, VERVAEKE, Louis
Team Jayco AlUla (WT) ✅ 161, VENDRAME, Andrea 162, COVI, Alessandro 163, DE BONDT, Dries 164, DE PRETTO, Davide 165, FOLDAGER, Anders 166, HATHERLY, Alan 167, JUUL-JENSEN, Christopher
Team Picnic PostNL (WT) ✅ 171, DEGENKOLB, John 172, BITTNER, Pavel 173, FAURE PROST, Alexy 174, FLYNN, Sean 175, GAFFURI, Mattia 176, VAN DEN BERG, Julius 177, PEACE, Oliver
Team Polti VisitMalta (PRT) ✅ 181, MAESTRI, Mirco 182, BAIS, Davide 183, BAIS, Mattia 184, CRESCIOLI, Ludovico 185, LONARDI, Giovanni 186, SEVILLA, Diego Pablo 187, TONELLI, Alessandro
Team Visma | Lease a Bike (WT) ✅ 191, VAN AERT, Wout 192, DOULL, Owain 193, FIORELLI, Filippo 194, JORGENSON, Matteo 195, KIELICH, Timo 196, KRUIJSWIJK, Steven 197, REX, Tim
Tudor Pro Cycling Team (PRT) ✅ 201, ALAPHILIPPE, Julian 202, KOLZE CHANGIZI, Sebastian 203, FROIDEVAUX, Robin 204, MOZZATO, Luca 205, STORER, Michael 206, WARBASSE, Larry 207, WILKSCH, Hannes
UAE Team Emirates XRG (WT) ✅ 211, DEL TORO, Isaac 212, CHRISTEN, Jan 213, COSNEFROY, Benoît 214, GIAIMI, Luca 215, GROßSCHARTNER, Felix 216, NOVAK, Domen 217, VERMAERKE, Kevin
Uno-X Mobility (WT) ✅ 221, JOHANNESSEN, Anders Halland 222, ABRAHAMSEN, Jonas 223, HOELGAARD, Markus 224, HOLTER, Ådne 225, JOHANNESSEN, Tobias Halland 226, KRON, Andreas 227, SKAARSETH, Anders
XDS Astana Team (WT) ✅ 231, BETTIOL, Alberto 232, CHAMPOUSSIN, Clément 233, KUZMIN, Anton 234, LIVYNS, Arjen 235, SCHRETTL, Marco 236, SILVA, Guillermo Thomas 237, TONEATTI, Davide
Diffusion TV direct : comment regarder Tirreno-Adriatico 2026 ?
Vous ne voulez rien manquer de cette semaine folle ? Voici le programme TV complet.
Chaînes : Eurosport 2 (TV) et la plateforme HBO Max (streaming) diffuseront l’intégralité de la course en direct.
Horaires (Heure Française) :
Étapes 1 à 5 (Lundi au Vendredi) : Direct dès 13h05 sur Eurosport 2 et HBO Max.
Étape 6 (Samedi) : Direct dès 15h15 sur Eurosport 2 et HBO Max. (Attention, horaire plus tardif pour l’étape reine !)
Étape 7 (Dimanche) : Direct dès 13h20 sur Eurosport 2 et HBO Max.
Les commentateurs experts vous feront vivre les dernières attaques et les sprints en direct. C’est le rendez-vous à ne pas manquer pour lancer le printemps cycliste.
Selon nos données et statistiques, cette édition présente le plus fort dénivelé depuis 2018 sans arrivée au sommet.
Et vous, quel scénario imaginez-vous pour ce Tirreno-Adriatico 2026 ? Isaac Del Toro va-t-il confirmer son statut de phénomène, ou l’expérience de Primoz Roglic fera-t-elle la différence sur cette fin de semaine explosive ? Venez débattre dans les commentaires !
Notre couverture enrichie sur TodayCycling : Retrouvez chaque soir le décryptage vidéo de la course, les analyses de nos experts, les photos exclusives et les interviews long format des principaux acteurs. Nous connectons les points entre ce que vous voyez à l’écran et la réalité du terrain.
Cette 4e étape de Paris-Nice 2026 restera dans les annales comme un jour de jugement dernier. Entre les bordures cisaillant le peloton dès le premier kilomètre et une chute massive qui a envoyé le maillot jaune Juan Ayuso à l’hôpital, un homme est sorti des ténèbres : Jonas Vingegaard. Le Danois, impérial au sommet d’Uchon, a fait coup double en s’emparant de la tunique dorée et en assommant quasiment la Course au Soleil.
L’ENFER DU MORVAN : VINGEGAARD SURVIT AU CHAOS ET ÉCRASE PARIS-NICE 2026
L’œil du cyclone : Comment Jonas Vingegaard a-t-il pu échapper au désastre ?
Dans une journée où la moindre erreur se payait au prix fort, Jonas Vingegaard a réalisé une démonstration de placement et de sang-froid digne des plus grands stratèges. Alors que le peloton explosait en mille morceaux sous l’effet du vent et des chutes, le Danois était toujours là où il fallait. Dès le coup de pistolet à Bourges, il a flairé le bon coup, se glissant dans le groupe de tête d’une quarantaine d’hommes. Mais c’est dans la descente piégeuse, à 55 kilomètres de l’arrivée, que son instinct de survie a fait la différence.
Là où Juan Ayuso (Lidl-Trek) et Brandon McNulty (UAE Team Emirates XRG) mordaient la poussière sur le bitume détrempé, Vingegaard, tel un funambule, négociait les courbes avec une prudence presque animale. « Je suis juste heureux d’être là et d’avoir gagné l’étape » confiait-il après la course, lucide sur la chance du survivant. En laissant les RedBull-BORA-hansgrohe imprimer un rythme infernal pour creuser l’écart, il a économisé ses forces pour le coup de grâce final. Le Danois n’a pas seulement gagné une étape ; il a remporté un combat de rue où les favoris tombaient comme des mouches. Son expérience des grands tours, où la gestion de l’imprévu est reine, a fait la différence sur une jeunesse trop exposée.
Kévin Vauquelin et Lenny Martinez : Le piège des bordures s’est refermé sur la France
Pour le public français, l’addition est terrible. Dauphin de Juan Ayuso au classement général avant le départ, Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) a vécu un cauchemar éveillé. En un clin d’œil, dès les premiers kilomètres, le Normand s’est retrouvé piégé dans le mauvais wagon, incapable de répondre à l’accélération des équipes de gros bras. C’est la loi impitoyable des bordures : on est soit dedans, soit dehors. Et Kévin était dehors.
Avec Lenny Martinez (Bahrain Victorious), également victime de cette cassure initiale, ils ont mené une poursuite vaine et épuisante dans des conditions apocalyptiques. Pendant ce temps, à l’avant, la Visma | Lease a Bike et la RedBull-BORA-hansgrohe s’entendaient pour creuser l’écart. Si Vauquelin limite la casse avec une belle combativité (6e de l’étape à 3’38), ce retard est un coup de massue pour ses ambitions. Il passe de la 2e à la 4e place du général, à plus de trois minutes. La question qui brûle les lèvres est désormais : aurait-il dû prendre plus de risques pour forcer sa place à l’avant, ou son équipe a-t-elle sous-estimé la violence du scénario ? Le cyclisme français perd là une occasion en or de briller sur la « Course au Soleil ».
Classement général après l’étape 4 : Vingegaard verrouille-t-il déjà Paris-Nice ?
Le nouveau Top 5 est sans appel et porte la marque du chaos. Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) est le nouveau patron avec 52 secondes d’avance sur Daniel Martinez (RedBull-BORA-hansgrohe). Une marge confortable, presque irréelle, pour une course d’une semaine. Derrière, le trou est immense, avec Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost) à 3’20 » et notre Kévin Vauquelin à 3’39 ».
1. Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) – Le maître du jeu.
2. Daniel Martinez (RedBull-BORA-hansgrohe) – Le premier lieutenant, mais déjà loin.
3. Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost) – La révélation surprise de l’étape.
4. Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) – Le combatif, mais lourdement pénalisé.
5. Lenny Martinez (Bahrain Victorious) – Remontée encourageante, mais espoirs de podium évanouis.
Avec 52 secondes d’avance et une fin de parcours qui pourrait encore lui être favorable, Vingegaard semble avoir la main mise sur ce Paris-Nice 2026. À moins d’un nouveau coup de théâtre dans les Alpes-Maritimes, le Danois tient sa première grande course de l’année. Selon nos données et statistiques, c’est l’un des plus gros écarts jamais enregistrés à ce stade de la course pour un leader, signe de l’intensité de l’étape.
La petite phrase de Vingegaard qui en dit long
Au-delà de la performance, c’est l’image qui restera. Dans le froid glacial et la pluie battante, Jonas Vingegaard a gardé son cuissard long par dessus son maillot toute l’étape, un détail vestimentaire qui l’a fait sourire après la ligne. « Peut-être que je peux me dire être un précurseur avec mon cuissard long, mais je n’ai tout simplement pas eu le temps de l’enlever » a-t-il ironisé. Cette petite phrase est bien plus qu’une anecdote.
Elle illustre parfaitement le scénario de cette 4e étape : le rythme était si infernal, la concentration si extrême, que personne n’avait le loisir de penser au confort. C’était la survie avant tout. Pour Vingegaard, qui avait dû abandonner Paris-Nice en 2025, cette victoire en solitaire au sommet d’Uchon a une saveur de revanche. Il prouve, s’il le fallait encore, qu’il n’est pas seulement un grimpeur hors pair, mais aussi un coureur complet, capable de dompter les classiques les plus piégeuses, un peu à la manière de son grand rival Tadej Pogačar. Et vous, pensez-vous que ce Paris-Nice 2026 est déjà plié, ou la météo et les étapes à venir peuvent-elles encore réserver des surprises ?
VIDÉO – Le résumé de la 4e étape : Le jour où Paris-Nice a basculé
Revivez l’attaque de Vingegaard et les images terribles de la chute d’Ayuso dans notre vidéo
Classement Paris-Nice 2026, étape 4 – Top 20
VINGEGAARD JONAS, Team Visma | Lease a Bike les 195 km en 4:16:12 (45,6 km/h)
MARTÍNEZ DANIEL FELIPE, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:41
VAN DIJKE TIM, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:45
VAN DIJKE MICK, Red Bull – BORA – hansgrohe +1:42
STEINHAUSER GEORG, EF Education – EasyPost +2:54
VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers +3:38
MARTINEZ LENNY, Bahrain – Victorious +4:02
GAUDU DAVID, Groupama – FDJ United +4:20
PLOWRIGHT JENSEN, Alpecin-Premier Tech +4:55
SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG +5:07
VERCHER MATTÉO, TotalEnergies +5:24
IZAGIRRE ION, Cofidis +5:49
ZUKOWSKY NICKOLAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +6:11
VAN ASBROECK TOM, NSN Cycling Team +6:22
RONDEL MATHYS, Tudor Pro Cycling Team +6:32
BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost +7:19
TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +8:01
ONLEY OSCAR, INEOS Grenadiers +8:35
AFFINI EDOARDO, Team Visma | Lease a Bike +9:10
ACKERMANN PASCAL, Team Jayco AlUla +9:25
Classement général à l’issue de la 4e étape – Top 20
VINGEGAARD JONAS, Team Visma | Lease a Bike en 12:53:15
MARTÍNEZ DANIEL FELIPE, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:52
STEINHAUSER GEORG, EF Education – EasyPost +3:20
VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers +3:39
GAUDU DAVID, Groupama – FDJ United +5:02
MARTINEZ LENNY, Bahrain – Victorious +5:07
VAN DIJKE TIM, Red Bull – BORA – hansgrohe +5:33
SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG +5:45
PLOWRIGHT JENSEN, Alpecin-Premier Tech +6:27
IZAGIRRE ION, Cofidis +6:32
VERCHER MATTÉO, TotalEnergies +7:02
RONDEL MATHYS, Tudor Pro Cycling Team +7:36
BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost +7:43
ONLEY OSCAR, INEOS Grenadiers +8:37
VAN DIJKE MICK, Red Bull – BORA – hansgrohe +8:40
TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +9:17
ARMIRAIL BRUNO, Team Visma | Lease a Bike +9:53
ZUKOWSKY NICKOLAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +10:04
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Milan, Philipsen, Magnier, De Lie. Le gratin du sprint mondial s’était donné rendez-vous à Magliano de’ Marsi pour la plus longue étape de ce Tirreno-Adriatico 2026. Mais sous la pluie battante de la Toscane, c’est un Danois de 23 ans, patient et opportuniste, qui a tiré les marrons du feu. Tobias Lund Andresen (Decathlon CMA CGM) a signé la plus belle victoire de sa carrière, confirmant que le printemps 2026 serait décidément bleu pour la formation française. Retour sur un emballage final qui a tenu toutes ses promesses.
Tobias Lund Andresen, l’éclair danois qui a glacé les favoris sur Tirreno-Adriatico
Le jour de gloire du Danois. Dans le microcosme du cyclisme, il est souvent dit qu’un sprinteur se révèle au grand public non pas sur les routes anonymes d’une course d’un jour, mais sur le grand théâtre d’une épreuve de Coupe du Monde (WorldTour). Ce mercredi 11 mars 2026, sur les routes détrempées reliant Cortona à Magliano de’ Marsi, Tobias Lund Andresen a frappé un grand coup. Sur l’étape reine pour les hommes rapides de ce Tirreno-Adriatico, le coureur de l’équipe Decathlon CMA CGM a surgi de nulle part pour damer le pion à une armada de favoris, apportant à sa formation son huitième bouquet de la saison. Plus qu’une victoire, c’est une déclaration d’intention.
Comment Tobias Lund Andresen a-t-il fait plier les cadors du sprint ?
Derrière ce succès, il n’y a pas de hasard, seulement une tactique parfaitement exécutée et une lecture de course digne des plus grands. Là où beaucoup ont vu l’occasion rêvée pour Jonathan Milan (Lidl-Trek) d’asseoir sa puissance, le Danois a vu une opportunité en or.
Le piège de Milan : Une explication tactique de l’emballage final
Pour comprendre la victoire de Lund Andresen, il faut rembobiner le film des 500 derniers mètres. L’équipe Lidl-Trek a pris ses responsabilités en tête de peloton, croyant dur comme fer en la pointe de vitesse de son Italien. Jonathan Milan a lancé son effort de très loin, à environ 250 mètres de la ligne, sur un final en léger faux plat montant. Un lancement que certains tacticiens n’ont pas manqué de qualifier de suicidaire, en témoigne sa 7e place à l’arrivée.
Tobias Lund Andresen, magistralement calé dans la roue de son coéquipier Tord Gudmestad, n’a pas paniqué. Il a laissé Milan s’épuiser dans le vent, a parfaitement géré son aspiration, avant de jaillir comme un diable de sa boîte pour le déborder dans les 50 derniers mètres. C’est un sprint d’intelligence et de sang-froid, qui rappelle que la vitesse pure ne fait pas tout, surtout sur une arrivée usante.
Paul Magnier et Jasper Philipsen : Les grandes déceptions du jour ?
Si la journée fut belle pour le clan Decathlon CMA CGM, elle fut en revanche amère pour d’autres favoris. On attendait Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech) pour un duel au sommet, mais le Belge, troisième, a paru manquer de cette étincelle qui le caractérise. A-t-il payé les efforts de son leader Mathieu van der Poel la veille ?
Mais le cas le plus frustrant est sans doute celui de Paul Magnier (Soudal Quick-Step). Le jeune Français, très attendu pour se jauger face à l’élite, termine au pied du podium (4e). Le constat est là : enfermé dans la bagarre des derniers hectomètres et visiblement esseulé, il n’a jamais pu lancer son effort. Une question se pose : dans ce grand bain du sprint World Tour, l’équipe Soudal Quick-Step a-t-elle sous-estimé l’importance d’un train solide face à des rouleaux compresseurs comme Lidl-Trek ou Decathlon ?
Pourquoi cette victoire change la donne pour Decathlon CMA CGM
Ce succès ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans une dynamique impressionnante pour la formation française.
La confirmation d’un talent précoce et d’une machine bien huilée
Avec cette 3e victoire personnelle et le 8e succès de l’équipe en 2026, Tobias Lund Andresen confirme qu’il n’est plus seulement un espoir, mais bien une réalité du sprint mondial. Arrivée en début de saison chez Decathlon CMA CGM, le Danois de 23 ans monte en puissance de manière exponentielle. Son palmarès, qui compte désormais 10 victoires, s’enrichit d’une ligne prestigieuse.
Comme le soulignent données et statistiques, cette victoire sur une épreuve WorldTour face à un plateau aussi relevé est un accélérateur de carrière. Elle valide le travail de fond de sa formation, qui prouve, après un début de saison canon, qu’elle peut rivaliser avec les meilleurs effectifs du circuit dans l’exercice délicat du sprint.
Tirreno-Adriatico 2026 : Quelle hiérarchie après cette 3e étape ?
Si le sprint a accaparé la lumière, la course pour le classement général n’est pas en reste.
Isaac Del Toro garde la main
Sans surprise, Isaac Del Toro (UAE Team Emirates XRG) a conservé son maillot bleu de leader, grapillant même une précieuse seconde de bonification au sprint intermédiaire. Le Mexicain, révélation de l’année passée, confirme son aisance dans ce rôle de favori, de leader. Il possède désormais 4 secondes d’avance sur Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA-Hansgrohe) et 14 sur Magnus Sheffield (INEOS Grenadiers). Une avance infime qui promet des étapes décisives.
Mais l’étape de demain, entre Tagliacozzo et Martinsicuro (213 km), pourrait rebattre les cartes. Avec deux difficultés répertoriées en première partie de parcours, le tracé est une invitation à la prise de risque pour les baroudeurs. Et même si une nouvelle explication au sprint est possible, le relief accidenté pourrait avoir raison des grosses cuirasses. Une question taraude déjà les observateurs : une équipe osera-t-elle piéger Del Toro avant le week-end ?
Le mot de la fin : « Mon début de saison est incroyable »
Au-delà des chiffres et des tactiques, c’est l’émotion qui domine chez le vainqueur du jour. Tobias Lund Andresen, encore incrédule, savourait son exploit au pied du podium. « Mon début de saison est incroyable, je n’aurais pas cru pouvoir faire de tels progrès cette année » a-t-il confié, les yeux encore brillants d’avoir dompté les géants du sprint. Une phrase qui résume tout : la surprise, la joie et la confirmation que le cyclisme, décidément, n’a pas fini de nous étonner. Pour les puristes, cette 3e étape restera comme le jour où un Danois de 23 ans a fait mentir tous les pronostics, prouvant que sur les routes du Tirreno, la patience est parfois la meilleure des puissances.
Classement Tirreno-Adriatico 2026, étape 3 – Top 20
ANDRESEN TOBIAS LUND, Decathlon CMA CGM Team les 221 km en 5:29:22 (40,2 km/h)
DE LIE ARNAUD, Lotto Intermarché m.t.
PHILIPSEN JASPER, Alpecin-Premier Tech m.t.
MAGNIER PAUL, Soudal Quick-Step m.t.
GARCÍA CORTINA IVÁN, Movistar Team m.t.
WELSFORD SAM, INEOS Grenadiers m.t.
MILAN JONATHAN, Lidl – Trek m.t.
KOGUT ODED, NSN Cycling Team m.t.
MIHKELS MADIS, EF Education – EasyPost m.t.
BITTNER PAVEL, Team Picnic PostNL m.t.
KOLZE CHANGIZI SEBASTIAN, Tudor Pro Cycling Team m.t.
PARISINI NICOLÒ, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
MOLENAAR ALEX, Caja Rural – Seguros RGA m.t.
GAVIRIA FERNANDO, Caja Rural – Seguros RGA m.t.
STRONG CORBIN, NSN Cycling Team m.t.
FOLDAGER ANDERS, Team Jayco AlUla m.t.
MEO FELIX JAMES, Solution Tech NIPPO Rali m.t.
LONARDI GIOVANNI, Team Polti VisitMalta m.t.
DEL GROSSO TIBOR, Alpecin-Premier Tech m.t.
GONZÁLEZ DAVID, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
Classement général à l’issue de la 3e étape – Top 20
DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG en 10:35:22
PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:04
SHEFFIELD MAGNUS, INEOS Grenadiers +0:14
HATHERLY ALAN, Team Jayco AlUla +0:18
ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:19
TIBERI ANTONIO, Bahrain – Victorious +0:21
JORGENSON MATTEO, Team Visma | Lease a Bike +0:32
ROMO JAVIER, Movistar Team +0:35
HEALY BEN, EF Education – EasyPost +0:37
BUITRAGO SANTIAGO, Bahrain – Victorious +0:38
VENDRAME ANDREA, Team Jayco AlUla +0:40
GROSSSCHARTNER FELIX, UAE Team Emirates – XRG m.t.
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Ne vous fiez pas à l’appellation « étape de plat ». La 3e étape de Tirreno Adriatico 2026, longue de 221 km entre Cortona et Magliano de’ Marsi, est un véritable traquenard. Avec ses 2500 mètres de dénivelé et ses 40 derniers kilomètres exigeants, elle promet une guerre des nerfs entre les grosses cuisses. Décryptage d’une journée qui sent bon la Primavera et analyse d’un plateau de sprinteurs aussi relevé qu’un Milan-SanRemo.
221 km et 2500 m de dénivelé : bienvenue sur l’étape la plus piégeuse pour les sprinteurs de Tirreno Adriatico 2026
Pourquoi cette 3e étape n’est-elle pas un sprint comme les autres ?
Sur le papier, l’appellation « sprint massif » semble couler de source. Pourtant, la 3e étape de Tirreno Adriatico 2026 est un paradoxe. C’est l’une des journées les plus longues de la saison (221 km), avec un dénivelé positif qui titille les 2500 mètres. C’est plus que sur certaines étapes de moyenne montagne.
Pour un pur sprinteur, ces kilomètres d’usure représentent une épée de Damoclès. Comme le rappellent les datas de l’étape du jour, le final n’est pas un boulevard. Le « Col » de Petrella Salto, gravi à 40 kilomètres du terme, est une bosse de 7 kilomètres à 4% qui peut ressembler à un supplice chinois après 180 kilomètres dans les jambes. C’est là que le peloton va se scinder, non pas sous l’effet d’une attaque fulgurante, mais sous le poids de la fatigue. Les purs rouleurs, ceux qui « coincent » dans les pentes, diront adieu à leurs rêves de victoire à ce moment précis.
Le fantôme de Milan-SanRemo plane sur la Via Avezzano
Ce profil long et vallonné, cette usure progressive jusqu’à un final plat, cela ne vous rappelle rien ? Si, bien sûr : la Classicissima. Pour beaucoup ici, cette 3e étape est un galop d’essai grandeur nature avant Milan-SanRemo. Les organismes sont poussés dans leurs retranchements.
L’arrivée à Magliano de’ Marsi est un clin d’œil du destin. Depuis deux ans, Jonathan Milan (Lidl-Trek) s’est imposé chaque année à deux reprises, démontrant que sa puissance brute n’avait d’égale que sa résistance. Le final est large, rectiligne, avec une légère bosse à 2% dans le dernier kilomètre. Un faux-plat idéal pour les rouleurs-puncheurs, mais un vrai piège pour les sprinteurs « légers » qui pourraient manquer de braquet dans les derniers mètres.
Sprinters vs Puncheurs : Qui sont les vainqueurs potentiels ?
Le plateau de cette 3e étape est un casting de rêve pour les amateurs de vitesse. Mais la difficulté du parcours agit comme un filtre naturel. Oublions tout de suite les coureurs trop « lourds » qui souffrent dans la moindre bosse. Ici, on ne parlera que des coureurs capables de tenir la distance et de « ré expédier » un sprint après quatre heures de course.
Le duel au sommet : Jonathan Milan peut-il dompter le piège ?
Notre analyse, basée sur les performances de début de saison, place deux hommes au-dessus du lot, bien que pour des raisons opposées.
Jonathan Milan (Lidl-Trek) est le favori logique. L’Italien est un rouleau compresseur. Sa puissance au kilo est telle que la petite bosse finale est pour lui un tremplin plutôt qu’un obstacle. Fort de son train rodé (avec des équipiers capables de le placer même dans un peloton réduit), il coche toutes les cases. Le « problème » ? Tout le monde l’attend, et gérer le marquage sur une arrivée aussi simple tactiquement est un vrai défi.
Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech) possède l’atout ultime : Mathieu van der Poel. Le champion du monde de 2023, victorieux la veille sur les routes blanches de San Gimignano, sera son poisson-pilote. Dans un sprint plat et propre, le duo Alpecin est imbattable. La question est de savoir si le parcours aura suffisamment « cuit » Philipsen pour altérer sa pointe de vitesse. Pour l’instant, c’est notre deuxième choix, mais le duo reste la menace numéro 1.
Paul Magnier et Tobias Lund Andresen : La nouvelle génération à l’assaut
Derrière les cadors, deux jeunes loups affichent une faim de loup.
Paul Magnier (Soudal Quick-Step) est la sensation du début de saison. Le Français ne gagne pas, il survole. Sa capacité à enchaîner les sprints, même après des parcours accidentés, est bluffante. Sur un final comme celui-ci, sa pointe de vitesse et son sens du placement, appris à l’école Quick-Step, font de lui un candidat sérieux à la victoire. Il symbolise cette nouvelle génération de sprinteurs-complets.
Tobias Lund Andresen (Decathlon CMA CGM) est dans la même veine. Lauréat à deux reprises en Australie, il enchaîne avec une facilité déconcertante. Son train, mené par l’excellent Tord Gudmestad, est l’un des plus efficaces du peloton. Si l’équipe française contrôle bien le final, le Danois possède la vitesse pour battre tout le monde.
Les outsiders capables de créer la surprise
La liste des « autres » est longue comme un jour sans pain, et tous ont une carte à jouer.
Arnaud De Lie (Lotto Intermarché) : Il est taillé pour ces arrivées. Moins véloce que les purs sprinteurs sur le plat, le final bosselé le remet dans le match. Il peut jouer la gagne si le scénario est usant.
Danny van Poppel (Red Bull-BORA-hansgrohe) : Un des plus fins stratèges du peloton. Son placement est toujours parfait. Peu importe sa forme, il termine dans le top 5. Un candidat au podium certain.
Sam Welsford (INEOS Grenadiers) : L’Australien a la vitesse, mais son « handicap » est connu : il souffre dans la durée. S’il passe le cut de Petrella Salto, il faudra compter avec lui. Son bon chrono du premier jour indique une forme ascendante.
Wout van Aert (Visma | Lease a Bike) : Il est encore en phase de construction. Utilisera-t-il ce sprint pour retrouver des sensations et tester son positionnement dans le peloton ? Oui. Pour gagner ? Cela semble encore prématuré face à des spécialistes aussi affûtés.
Question à la communauté : Selon vous, le facteur « Mathieu van der Poel » est-il suffisant pour faire basculer la victoire du côté de Philipsen, ou la puissance brute de Milan et la forme étincelante de Magnier auront-elles le dernier mot ?
Pronostic et scénario tactique de la 3e étape
Le scénario est écrit d’avance, mais son exécution sera cruciale. Une échappée matinale, composée de baroudeurs, partira sans que les équipes de sprinteurs ne s’affolent. Le vrai danger, c’est le vent. Dans ces longueurs interminables, les bordures sont toujours possibles. Mais le principal point de bascule sera la montée de Petrella Salto.
Notre analyse : Alpecin et Lidl-Trek imposeront un rythme infernal dans cette bosse pour « décrocher » les maillons faibles. Le peloton, fort d’une centaine d’unités au pied, sera réduit à une cinquantaine d’hommes au sommet. Commencera alors une longue chasse de 40 km où l’entente sera précaire. Mais avec autant de trains de sprinteurs présents, la jonction aura lieu, offrant un sprint massif à 50 ou 60 coureurs.
Le pronostic de la rédaction : Dans un sprint massif après une telle course, l’intelligence priment sur la puissance. Si Philipsen est bien emmené par Van der Poel, il est imprenable. Mais nous pensons que la forme étincelante et la soif de victoire de Paul Magnier feront la différence. Il s’impose au nez et à la barbe des cadors (à commencer par Jonathan Milan), confirmant son statut de nouveau patron du sprint français.
Informations pratiques : Horaires et diffusion TV
Pour ne rien manquer de cette explication, notez bien les horaires :
Départ réel : 10h40
Arrivée prévue : Aux alentours de 15h45 (selon la moyenne horaire).
Diffusion TV : Direct sur Eurosport 2 et la plateforme Eurosport MAX à partir de 13h05 pour ne rien rater des derniers kilomètres décisifs.
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Ce mercredi, les grimpeurs entrent enfin en scène. La 4e étape de Paris-Nice 2026 relie Bourges à Uchon sur 195 kilomètres, mais c’est dans les huit derniers, et surtout dans le dernier kilomètre à 12,8%, que la « Course au Soleil » risque de connaître son premier véritable séisme. Juan Ayuso le maillot jaune, Jonas Vingegaard et le duo surprise d’INEOS (Vauquelin, Onley) s’affrontent sur un terrain bien plus piégeux que ne le laisse entendre la fiche technique.
Uchon, le premier juge de paix : pourquoi la 4e étape de Paris-Nice 2026 promet déjà des étincelles
L’heure de vérité a sonné. Après un contre-la-montre par équipes qui a sacré la mécanique de précision d’INEOS Grenadiers et placé Kévin Vauquelin dans la roue des tout grands, la 84e édition de Paris-Nice quitte les routes roulantes du Cher pour plonger dans les ondulations bourguignonnes. Mais attention : cette 4e étape, longue de 195 kilomètres entre Bourges et le sommet d’Uchon, est un véritable cheval de Troie. Sous des airs de première explication entre costauds, elle cache un profil diabolique qui pourrait bien consacrer un leader… ou en piéger plus d’un.
Comme le veut la tradition, la « Course au Soleil » nous offre ce premier jugement de paix, mais avec une particularité qui change tout : si le dénivelé total avoisine les 2500 mètres, plus d’un tiers est concentré dans les 28 derniers kilomètres. Un scénario de Classique déguisée en étape de montagne qui obligera les favoris à être constamment sur le qui-vive. Alors, terrain de jeu des purs puncheurs ou traquenard pour rouleurs-grimpeurs ? Plongeons dans le détail d’une étape qui s’annonce déjà historique.
Quel est le parcours de la 4e étape de Paris-Nice 2026 ?
195 kilomètres de patience, 8 kilomètres de folie. Voilà comment résumer cette 4e étape entre Bourges et Uchon. Le départ fictif à 12h10 (départ réel à 12h25) donnera lieu à une longue procession de 120 kilomètres à travers la campagne berrichonne puis nivernaise. Les coureurs traverseront Avord, Imphy et Moulins-Engilbert sur des routes rectilignes idéales pour le contrôle du peloton. Mais le piège se referme progressivement à l’approche de la Saône-et-Loire.
La mise en bouche : Croix des Cerisiers et Croix de la Libération
Le premier frisson intervient à 61,6 kilomètres du but avec la Côte de la Croix des Cerisiers (6,2 km à 4,3%). Une pente douce en apparence, mais qui sert d’apéritif avant le plat de résistance. À 23,1 kilomètres de la ligne d’arrivée, les coureurs attaquent la Côte de la Croix de la Libération. Longue de 4,6 kilomètres à 5,3%, cette difficulté est une véritable « puncheuse » déguisée. Pour l’avoir grimpée, nous pouvons vous dire que ses deux paliers sont trompeurs : la route de Broye (1,4 km à 7,3%) et le col de la Porolle (2,4 km à 7,1%) imposent un premier véritable effort musculaire.
Pourquoi la montée d’Uchon est-elle si redoutable ?
8 kilomètres à 4,5% de pente moyenne. Sur le papier, on lit ça et on hausse les épaules. Grave erreur. C’est oublier que le cyclisme ne se résume pas à des moyennes, mais à des pics d’effort, des ruptures de rythme. La montée vers Uchon est un « yoyo » infernal. Les trois premiers kilomètres flirtent avec les 6%, avant une courte respiration descendante qui piège ceux qui voulaient placer une attaque. Puis, c’est un nouveau mur : un kilomètre à 7%… une nouvelle descente… un autre kilomètre à 7%…
Le véritable enfer commence à deux kilomètres de l’arrivée, après un faux-plat descendant qui relâche dangereusement la tension dans les jambes. Là, la route se redresse. L’avant-dernier kilomètre est à 6,5%, mais c’est une formalité comparé à la toute dernière rampe à 16%. C’est dans ce genre de final que les écarts se creusent et que les sprints bonifications (10, 6 et 4 secondes pour les trois premiers) peuvent définitivement sceller le classement général.
Selon les données recueillies, le 1,8 dernier kilomètre affiche une moyenne supérieure à 10%. Un effort explosif où l’aspiration ne compte plus, seulement la puissance brute et la gestion de l’explosivité. Ce n’est plus une arrivée de grimpeur, c’est un sprint en côte version longue distance.
Quels sont les favoris pour la victoire d’étape à Uchon ?
Nous avons un plateau de rêve pour ce premier duel. Voici une analyse des forces en présence, basée sur leur forme actuelle et leurs antécédents.
⭐⭐⭐ Oscar Onley (INEOS Grenadiers) : Pour nous, il est le favori numéro 1. Léger comme un poids plume, explosif, il a terminé deuxième du Malhão au Tour de l’Algarve derrière Ayuso dans un effort similaire, mais sur un terrain moins accidenté. Ici, les variations de rythme lui conviennent parfaitement. Avec Kévin Vauquelin également devant, INEOS a la carte maîtresse pour faire sauter la baraque.
⭐⭐ Lenny Martinez (Bahrain Victorious) : Le Français est absent des résultats depuis le départ d’Achères, mais son heure est venue. L’an dernier, sur un final comparable (la Loge des Gardes), il avait montré qu’il adorait les pentes à plus de 10% – pour l’anecdote, le lendemain il s’imposait du côté de la Côte-Saint-André / Côte de Notre-Dame-de-Sciez . Il a coché cette étape, et son style de grimpeur léger et vif est taillé pour l’ultime raidard. C’est clairement l’homme à suivre pour la gagne, surtout qu’il est moins bien placé au général (34e à 1:06).
⭐⭐ Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) : Deux fois deuxième de la Flèche Wallonne (2025 et 2024), il a le Mur de Huy dans les jambes. Ce final est un Mur de Huy en plus long et plus irrégulier. S’il a récupéré de son excellent chrono par équipes, il peut non seulement gagner l’étape, mais aussi s’emparer du maillot jaune. La France attend son exploit après celui de Paul Seixas réalisé sur les routes des Strade Bianche.
⭐⭐ Juan Ayuso (Lidl-Trek) : Le leader du général est en jaune, mais avec seulement quelques secondes d’avance sur le duo INEOS. Il a l’explosivité, comme il l’a prouvé en dominant Onley en Algarve. Cependant, il devra gérer les attaques et ne pas se faire piéger. Sa position est la plus inconfortable : il doit marquer tout le monde.
⭐ Jonas Vingegaard (Visma | Lease a Bike) : Le Danois n’est pas à 100% de son niveau du Tour de France, c’est une evidence. Ce final ultra-explosif n’est pas son terrain de prédilection. Mais Visma est une équipe pragmatique. Si Vingegaard est dans un grand jour, ils durciront la course dès le pied pour éliminer l’explosivité des purs puncheurs. Le peut-il ? C’est toute la question de cette étape.
Autres prétendants : Daniel Martinez (Red Bull-BORA-hansgrohe) est un client sérieux sur ce type d’efforts, actuel 9e du classement général. David Gaudu (Groupama-FDJ United) doit absolument se rassurer sur un terrain qui le voit souvent briller. Enfin, ne négligez pas Marc Soler et Brandon McNulty (UAE Team Emirates) dans un rôle d’attaquants lointain si l’équipe veut déstabiliser le peloton.
Météo et diffusion : comment suivre l’étape ?
Les conditions pourraient jouer un rôle majeur. Les prévisions annoncent une température de 9°C, de la pluie et un vent modéré de sud-ouest (force 4). Sur les plateaux exposés, ce vent pourrait créer des bordures, rendant la course encore plus nerveuse bien avant Uchon.
Côté diffusion TV, le direct débutera à 15h10 :
France 3 : Direct (en clair)
Eurosport 2 et Eurosport MAX : Direct précédé et suivi de l’émission Les Rois de la Pédale.
L’arrivée est estimée entre 16h45 et 17h10.
Quel scénario pour ce premier duel des leaders ?
Notre rédaction voit deux scénarios. Soit le peloton arrive groupé au pied d’Uchon, et nous aurons droit à un combat de boxe dans les 2 derniers kilomètres entre les « poids coq ». Soit le vent et la nervosité auront fait des dégâts, et les favoris se retrouveront en petit comité dès la Croix de la Libération.
Notre conviction ? INEOS est en position de force. Avec Onley et Vauquelin, ils peuvent user Ayuso, puis placer une offensive dans le dernier kilomètre. Vingegaard tentera de suivre, mais nous voyons mal le Danois, encore en phase de construction, décrocher la timbale sur ce terrain piégeux. Quant à Lenny Martinez, il est notre favori pour le bouquet, car il n’a pas la pression du général.
Et vous, quel scénario voyez-vous ? Juan Ayuso peut-il conserver son bien face à la double menace INEOS ? Jonas Vingegaard parviendra-t-il à créer l’exploit malgré un profil défavorable ? Répondez en commentaires et donnez votre top 3 pour cette étape reine déguisée !
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Ils ont réalisé le meilleur temps, roulé plus vite que tout le monde, mais ils ne porteront pas le maillot jaune ce soir. Sur les routes de la Nièvre, INEOS Grenadiers a offert à Kévin Vauquelin un cadeau empoisonné : la victoire sur le contre-la-montre par équipes, oui, mais pas le leadership. Car dans ce jeu cruel des secondes, Juan Ayuso a gardé la main. Retour sur l’heure de vérité de Paris-Nice 2026.
Chrono de tous les regrets pour Kévin Vauquelin : INEOS gagne, Ayuso lui vole la lumière
L’heure de vérité a sonné
C’était l’étape que tout le monde attendait, celle qui ne pardonne rien, celle qui révèle les armadas et expose les failles. Ce mardi 10 mars, sur les 23,5 kilomètres vallonnés reliant Cosne-Cours-sur-Loire à Pouilly-sur-Loire, Paris-Nice 2026 a vécu son premier grand rendez-vous avec la vérité. Un contre-la-montre par équipes disputé selon le nouveau format – chaque coureur récupère son temps individuel –, une répétition grandeur nature du premier acte du Tour de France à Barcelone.
Au terme d’un après-midi de folie où les temps de référence se sont effondrés les uns après les autres, ce sont les maillots orange d’INEOS Grenadiers qui ont décroché la timbale. Pourtant, sur le podium protocolaire, ce n’est pas le Français Kévin Vauquelin qui a enfilé la tunique jaune, mais l’Espagnol Juan Ayuso. Explications d’une étape à rebondissements où la force collective a rencontré la loi des bonifications.
Pourquoi INEOS Grenadiers a-t-elle (enfin) retrouvé la recette du chrono ?
Depuis cinq ans, l’ex-équipe Sky regardait ses concurrentes lui damer le pion sur l’exercice qui avait fait sa légende. Cette fois, sur les bords de Loire, la mécanique britannique a parfaitement huilé ses rouages.
La machine Tarling-Vauquelin, un rouleau-compresseur
Dès le premier pointage intermédiaire à Saint-Laurent-l’Abbaye, le message était envoyé. Avec un Joshua Tarling surpuissant, capable d’aspirer littéralement ses coéquipiers dans son sillage, INEOS a réalisé une démonstration de force. Mais là où la formation a fait la différence, c’est dans la gestion de ses atouts pour le général.
Contrairement à d’autres équipes venues pour un seul homme, INEOS jouait double jeu avec Kévin Vauquelin et Oscar Onley. Dans le dernier kilomètre, alors que Tarling commençait à fatiguer, c’est le Normand qui a pris le relais pour aller chercher ces deux petites secondes d’avance sur Lidl-Trek. Un effort surhumain qui, sur le moment, semblait promettre le jackpot.
Un collectif retrouvé pour offrir la gagne à Vauquelin
« Une belle épreuve avec l’équipe pour voir où nous en sommes » savourait Vauquelin après l’arrivée. Avec Dorian Godon et Samuel Watson assurant un tempo soutenu dans les portions techniques, INEOS a prouvé que son recrutement hivernal portait ses fruits. C’est la neuvième victoire de la saison pour l’équipe, la quatrième en WorldTour, signe d’une confiance retrouvée. Mais le goût du champagne est resté en travers de la gorge.
Juan Ayuso en jaune : le hold-up parfait ou la stratégie payante ?
Comment devient-on leader de Paris-Nice sans gagner l’étape ? En deux temps : un sprint intermédiaire, et un coup de pédales rageur dans le final.
Le sprint de la veille, une leçon de « racing » moderne
C’est l’histoire d’une seconde, ou plutôt de quatre. La veille, sur la 2e étape, Juan Ayuso avait eu l’audace d’aller grappiller des secondes sur un sprint intermédiaire. Un geste anodin pour certains, un acte de leadership pour d’autres. Ce mardi soir, ces quatre secondes pèsent le poids du monde. Sans elles, Lidl-Trek, devancée de deux secondes par INEOS, n’aurait jamais pu offrir le maillot jaune à son leader.
L’Espagnol a parfaitement compris les nouvelles règles du jeu. Dans un Paris-Nice où les écarts se comptent en unités de secondes, les bonifications sont devenues un objectif aussi crucial que les sommets.
Le numéro de Vacek et la claque à son ancienne équipe
Sur le chrono, Lidl-Trek a frôlé la perfection. Mathias Vacek et le jeune Jakob Söderqvist ont martyrisé le bitume pour mettre Ayuso dans les meilleures dispositions. Dans les derniers hectomètres, l’ancien coureur d’UAE a dû puiser dans ses réserves pour résister au retour d’INEOS. Il échoue de peu pour la victoire d’étape, mais remporte la bataille psychologique.
Mieux : il inflige 37 secondes à son ancienne maison, UAE Team Emirates-XRG, en pleine déroute. Preuve que le transfert de l’Espagnol chez Lidl-Trek n’a pas altéré sa vista ni son punch.
La folle stratégie de Decathlon CMA CGM qui a failli tout faire basculer
Si le dénouement est cruel pour Vauquelin, il aurait pu être historique pour Daan Hoole. L’équipe Decathlon a signé la performance tactique du jour, terminant sur le podium (3e) avec une audace folle.
Sacrifier l’équipe pour un homme : le pari Hoole
Alors que Visma-Lease a Bike venait de placer la barre très haut, les coéquipiers de Nicolas Prodhomme ont appliqué un plan risqué : mettre toute la maison en étoile dans le final pour lancer leur rouleur néerlandais. Dan Hoole, champion national de la discipline, s’est retrouvé seul comme un grand dans les derniers kilomètres.
Contre toute attente, il a tenu, repoussant les limites du possible pour battre Visma de quatre secondes et s’offrir un temps de référence. Un coup de poker presque gagnant, qui démontre une créativité tactique rafraîchissante. « C’est un choix audacieux et assumé » a-t-on pu entendre du côté de l’équipe française. Il a failli être gagnant.
Le classement général chamboulé : qui a gagné, qui a perdu ?
Au-delà du duel Ayuso-Vauquelin, ce chrono par équipes a redistribué les cartes pour la semaine.
Les grands gagnants : INEOS Grenadiers place deux hommes sur le podium (Vauquelin 2e, Onley 3e à 3 secondes). Une mainmise impressionnante. Decathlon CMA CGM prouve qu’elle a des armes.
Les perdants : UAE Team Emirates-XRG a sombré (37 secondes concédées). Le départ trop rapide et la défaillance de Sivakov et Politt laissent Brandon McNulty à 39 secondes (19e du GC), quasi éliminé pour la gagne. EF Education-EasyPost, avec Luke Lamperti, n’a jamais pu défendre le jaune.
Les regrets : Visma-Lease a Bike, pourtant favorite et emmenée par un énorme Bruno Armirail, termine au pied du podium. Jonas Vingegaard concède 15 secondes. Ce n’est pas rédhibitoire, mais face à un Ayuso aussi tranchant, la marge de manœuvre s’amenuise.
Question à 1 million : Ayuso est-il désormais l’homme à battre, ou INEOS, avec son doublé au général, a-t-elle les clés pour renverser la table dans la difficulté?
Vidéo : Les images de la démonstration orange
On y voit Joshua Tarling enchaîner les relais monstrueux, le visage de Kévin Vauquelin crispé sur son vélo dans la dernière ligne droite, et surtout l’émotion de Juan Ayuso, qui serre le poing en passant la ligne, conscient d’avoir réalisé le coup parfait. Les images du parcours vallonné montrent aussi la difficulté technique de ce tracé, annonciateur du Tour de Catalogne à venir.
Classement Paris-Nice 2026, étape 3 – Top 20
INEOS Grenadiers en les 23,5 km en 26:40 (52,8 km/h)
Lidl – Trek +0:02
Decathlon CMA CGM Team +0:11
Team Visma | Lease a Bike +0:15
Red Bull – BORA – hansgrohe +0:20
EF Education – EasyPost +0:23
Movistar Team +0:28
UAE Team Emirates – XRG +0:37
Groupama – FDJ United +0:41
Cofidis +0:42
Team Jayco AlUla +0:57
Tudor Pro Cycling Team +1:03
Soudal Quick-Step +1:03
Bahrain – Victorious +1:04
Uno-X Mobility +1:09
Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +1:11
XDS Astana Team +1:15
NSN Cycling Team +1:24
Lotto Intermarché +1:30
Alpecin-Premier Tech +1:31
TotalEnergies +1:37
Team Picnic PostNL +1:39
Classement général à l’issue de la 3e étape – Top 20
AYUSO JUAN, Lidl – Trek en 8:37:02
VAUQUELIN KÉVIN, INEOS Grenadiers +0:02
ONLEY OSCAR, INEOS Grenadiers +0:03
HOOLE DAAN, Decathlon CMA CGM Team +0:13
ARMIRAIL BRUNO, Team Visma | Lease a Bike +0:17
PIGANZOLI DAVIDE, Team Visma | Lease a Bike m.t.
VINGEGAARD JONAS, Team Visma | Lease a Bike m.t.
VLASOV ALEKSANDR, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:22
MARTÍNEZ DANIEL FELIPE, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
PITHIE LAURENCE, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:24
VACEK MATHIAS, Lidl – Trek m.t.
ASGREEN KASPER, EF Education – EasyPost +0:25
BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost m.t.
STEINHAUSER GEORG, EF Education – EasyPost +0:27
AULAR ORLUIS, Movistar Team +0:29
ROMEO IVÁN, Movistar Team +0:30
GARCÍA PIERNA RAÚL, Movistar Team +0:33
SOLER MARC, UAE Team Emirates – XRG +0:39
MCNULTY BRANDON, UAE Team Emirates – XRG m.t.
COSTIOU EWEN, Groupama – FDJ United +0:43
La guerre des nerfs est lancée
Cette 3e étape de Paris-Nice 2026 restera comme un classique instantané. Elle a consacré la puissance collective d’INEOS Grenadiers tout en rappelant que le vélo moderne se gagne aussi avec l’intelligence de course. Juan Ayuso, nouveau patron au classement général, savoure mais sait que la pression va monter. Kévin Vauquelin, lui, peut nourrir des regrets, mais il a prouvé qu’il avait les épaules pour rivaliser.
Rendez-vous dans les prochains jours, dans l’arrière-pays niçois, pour savoir si ce chrono était une répétition générale ou un jugement dernier.
Et vous, que pensez-vous de la règle des bonifications sur un chrono par équipes ? Vauquelin méritait-il le jaune ? Dites-le-nous en commentaires !
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Ils étaient venus chercher des sensations de Classiques, ils ont été servis. Ce mardi 10 mars, la 2e étape de Tirreno-Adriatico a basculé dans une autre dimension sous les trombes d’eau de San Gimignano. Au terme d’un final apocalyptique sur les strade bianche, Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech) a rappelé au monde qu’il était le patron des terrains accidentés, s’imposant d’un rien face au nouveau leader, le phénomène mexicain Isaac Del Toro (UAE Team Emirates XRG).
L’instinct du champion : Comment Van der Poel a dompté le chaos de San Gimignano pour s’offrir Del Toro
Une étape de 206 kilomètres : comment la « Course des deux mers » a-t-elle basculé dans le chaos ?
Ce devait être une étape de transition. Un long ruban d’asphalte de 206 kilomètres reliant Camaiore à la cité médiévale de San Gimignano. Mais le final, lui, était un piège diabolique digne des plus grands monuments. Avec un secteur de 5,3 kilomètres de strade bianche et une arrivée pavée en légère montée (1,2 km à 7,1%), les organisateurs de Tirreno-Adriatico 2026 avaient écrit un scénario explosif. La pluie, elle, a joué le rôle de la mèche.
L’échappée matinale, simple faire-valoir ?
Comme souvent, la course s’est d’abord animée avec une échappée de quatre coureurs : Manuele Tarozzi (Bardiani CSF 7 Saber), Joan Bou (Caja Rural–Seguros RGA), Alessandro Iacchi (Solution Tech Nippo Rali) et Diego Pablo Sevilla (Polti VisitMalta). Leur avance, sagement contrôlée par les équipes des favoris, n’a jamais excédé les quatre minutes. Une simple formalité avant le grand bain. Selon nos datas, c’est à 39 kilomètres de l’arrivée que le peloton a mis fin à leur escapade, le moment choisi par INEOS Grenadiers pour durcir le rythme et protéger le maillot bleu de Filippo Ganna, vainqueur de la veille.
Pluie, chutes et tension : le secteur gravier a-t-il tenu toutes ses promesses ?
L’entrée sur le secteur de terre a immédiatement provoqué un électrochoc. La pluie, qui s’était invitée pile au moment crucial, a transformé le chemin blanc en patinoire. « C’était assez délicat » a sobrement commenté Van der Poel après l’arrivée. Un euphémisme quand on voit les images. Dès les premiers mètres du gravier, Julian Alaphilippe (Tudor Pro Cycling) a tenté de placer une estocade, rappelant son glorieux passé de puncheur. Mais en face, il y avait un ogre.
Mathieu van der Poel, l’attaque du patron : un récital sur la strade bianche ?
« Julian Alaphilippe est parti le premier, puis j’ai essayé de prendre la tête parce que je savais qu’il y avait des virages assez techniques » a expliqué le Néerlandais. Sa réaction a été instantanée et dévastatrice. D’un coup de pédale, « MVDP » a scellé le sort de l’étape, emmenant dans sa roue les seuls capables de le suivre : Matteo Jorgenson (Visma-Lease a Bike) et Isaac Del Toro (UAE Team Emirates XRG). Derrière, c’était la débandade. Wout Van Aert, Thymen Arensman, Primoz Roglic, et même le maillot bleu Ganna étaient piégés, victimes du rythme infernal ou des chutes.
La chute de Jorgenson, un tournant pour Del Toro ?
Le destin a alors basculé. Victime d’une glissade, Jorgenson a chuté, coupant la route et gênant Del Toro. Le Mexicain a dû mettre pied à terre, laissant Van der Poel filer seul vers la gloire. C’était sans compter sur la rage du jeune leader de l’UAE Team Emirates XRG. Dans un effort monumental, Del Toro a recollé au multiple champion du monde de cyclo-cross, accompagné par l’épatant Italien Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA-hansgrohe). Le trio était reconstitué pour un sprint à trois dans les ruelles pavées de San Gimignano.
Le sprint final : une question de puissance ou d’expérience ?
Dans ce jeu d’échecs à haute vitesse, personne ne voulait relayer Del Toro, conscient de faire le travail pour ses adversaires. C’est finalement Pellizzari qui a lancé les hostilités, mais Van der Poel, malgré une grimace et une glissade dans un virage qui a failli lui être fatale, a démontré toute sa science de la route. Patient, puissant, il a attendu le moment propice pour déborder ses jeunes concurrents et s’imposer sur la ligne. « Le sprint était vraiment difficile, surtout parce que la route et la surface étaient assez glissantes, donc c’était difficile de se lever » a-t-il reconnu au micro d’Eurosport, confirmant la difficulté surhumaine de ce final.
Isaac Del Toro perd la bataille mais gagne la guerre du général
Si le sourire du vainqueur du jour est immense, le Mexicain Isaac Del Toro peut lui aussi afficher une certaine satisfaction. Sa deuxième place, associée aux bonifications, lui permet de s’emparer du maillot bleu de leader. Il succède à Filippo Ganna (INEOSs Grenadiers), relégué à plus d’une minute, désormais 8e.
Quel est le nouveau classement général après cette deuxième étape ?
Le classement général prend une tournure passionnante :
Isaac Del Toro (UAE Team Emirates XRG). Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA-hansgrohe) à 3 secondes.Magnus Sheffield (Ineos Grenadiers) à 13 secondes.
Derrière, on retrouve des cadors comme Alan Hatherly (Jayco AlUla) et Primoz Roglic (Red Bull-BORA-hansgrohe). Thymen Arensman (63e), l’un des grands perdants du jour suite à sa chute, a concédé 1 minute et 38 secondes, compromettant sérieusement ses chances pour le général. Selon vous, Del Toro a-t-il les épaules pour défendre ce maillot jusqu’à la fin face à des coureurs comme Roglic ?
Classement Tirreno-Adriatico 2026, étape 2 – Top 20
VAN DER POEL MATHIEU, Alpecin-Premier Tech les 206 km en 4:53:23 (42,1 km/h)
DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG m.t.
PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
JOHANNESSEN TOBIAS HALLAND, Uno-X Mobility +0:15
VENDRAME ANDREA, Team Jayco AlUla +0:17
PINARELLO ALESSANDRO, NSN Cycling Team m.t.
CICCONE GIULIO, Lidl – Trek m.t.
KRON ANDREAS, Uno-X Mobility m.t.
CHAMPOUSSIN CLÉMENT, XDS Astana Team m.t.
LAPEIRA PAUL, Decathlon CMA CGM Team m.t.
ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
HEALY BEN, EF Education – EasyPost m.t.
ROMO JAVIER, Movistar Team m.t.
BUITRAGO SANTIAGO, Bahrain – Victorious m.t.
CARAPAZ RICHARD, EF Education – EasyPost m.t.
JORGENSON MATTEO, Team Visma | Lease a Bike m.t.
TONEATTI DAVIDE, XDS Astana Team m.t.
TIBERI ANTONIO, Bahrain – Victorious m.t.
SHEFFIELD MAGNUS, INEOS Grenadiers m.t.
SILVA GUILLERMO THOMAS, XDS Astana Team m.t.
Classement général à l’issue de la 2e étape – Top 20
DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG en 5:06:01
PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:03
SHEFFIELD MAGNUS, INEOS Grenadiers +0:13
HATHERLY ALAN, Team Jayco AlUla +0:17
ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:18
TIBERI ANTONIO, Bahrain – Victorious +0:20
JORGENSON MATTEO, Team Visma | Lease a Bike +0:31
GANNA FILIPPO, INEOS Grenadiers +0:34
ROMO JAVIER, Movistar Team m.t.
HEALY BEN, EF Education – EasyPost +0:36
BUITRAGO SANTIAGO, Bahrain – Victorious +0:37
GROSSSCHARTNER FELIX, UAE Team Emirates – XRG +0:39
VENDRAME ANDREA, Team Jayco AlUla +0:41
CICCONE GIULIO, Lidl – Trek m.t.
PINARELLO ALESSANDRO, NSN Cycling Team +0:48
ALAPHILIPPE JULIAN, Tudor Pro Cycling Team +0:51
JOHANNESSEN TOBIAS HALLAND, Uno-X Mobility +0:52
VAN WILDER ILAN, Soudal Quick-Step +0:53
VERVAEKE LOUIS, Soudal Quick-Step +0:58
MÜHLBERGER GREGOR, Decathlon CMA CGM Team m.t.
Analyse et perspectives : une répétition générale avant Sanremo
Au-delà du spectacle, cette 2e étape de Tirreno-Adriatico 2026 est un immense enseignement. Pour Mathieu van der Poel, c’est sa 58e victoire professionnelle et la confirmation d’une forme étincelante après son succès au Het Nieuwsblad (3 jours de courses et déjà 2 victoires). C’est surtout un message fort envoyé à ses futurs adversaires sur Milan-Sanremo, dont le final pourrait lui rappeler les pentes de San Gimignano.
Pour Isaac Del Toro, cette performance confirme qu’il est bien plus qu’un simple espoir. À 22 ans, il rivalise avec les plus grands sur leur terrain de prédilection et endosse un maillot de leader sur une course WorldTour. Le Mexique tient-il enfin le successeur des grands grimpeurs latino-américains ? L’avenir nous le dira.
Mercredi, la 3e étape entre Cortona et Magliano de’ Marsi (221 km) offrira une trêve aux puncheurs avec un terrain propice aux sprinteurs. Mais après le chaos de San Gimignano, qui peut jurer que la course sera tranquille ? Pensez-vous que le final de cette 2e étape était trop dangereux, ou est-ce ce genre de défi qui fait la beauté du cyclisme moderne ?
Notre couverture enrichie sur TodayCycling : Retrouvez chaque soir le décryptage vidéo de la course, les analyses de nos experts, les photos exclusives et les interviews long format des principaux acteurs. Nous connectons les points entre ce que vous voyez à l’écran et la réalité du terrain.
Entre les pavés de Sienne et les routes blanches des Strade Bianche, San Gimignano a tout d’une grande. Bienvenue sur la 2e étape de Tirreno Adriatico 2026, un véritable traquenard de 206 kilomètres où le moindre coup de pédale pourrait peser lourd dans la balance du classement général. Oubliez le contre-la-montre inaugural, c’est ici que la course bascule.
San Gimignano, le jugement dernier : pourquoi la 2e étape du Tirreno 2026 va déjà faire exploser le chronomètre
La poussière n’a pas fini de retomber. À peine les coureurs ont-ils rangé leurs vélos de chrono que déjà, le bitume laisse place à la terre. Après la démonstration de Filippo Ganna (INEOS Grenadiers) lors du prologue de Camaiore, le peloton de Tirreno Adriatico 2026 plonge vers le sud pour une seconde étape qui sent bon la Toscane et ses routes blanches. Mais attention, ce n’est pas une simple digestion des Strade Bianche. Ce mardi 10 mars, sur les 206 kilomètres reliant Camaiore à San Gimignano, c’est un véritable examen de passage qui attend les prétendants au succès. Entre un secteur de gravier de 5,3 kilomètres en plein cœur du final et une montée pavée digne d’un film de Fellini, cette étape 2 a tout du scenario idéal pour un scénario catastrophe… ou pour un récital. Une question taraude déjà les observateurs bien installés : est-ce une étape pour les puncheurs ou le premier vrai duel pour le maillot de leader ?
Pourquoi San Gimignano est-il un piège plus redoutable qu’une arrivée au sommet classique ?
Ce n’est pas la raideur qui tue, c’est la répétition des efforts et la technicité. Oubliez les ascensions interminables des Dolomites, le parcours de cette 2e étape est un concentré d’explosivité. Les 2 300 mètres de dénivelé positif sont savamment distillés pour user les organismes. Après une longue traversée des plaines de Livourne, le scénario s’emballe dans les 70 derniers kilomètres.
Le secteur gravel : le juge de paix de 5,3 km
C’est l’ingrédient secret de cette étape. Un secteur de sterrato de 5,3 kilomètres, placé idéalement à 6,8 km de la ligne. Mais ici, pas de long ruban blanc comme sur les Strade. Ce secteur est vicieux : il attaque d’entrée par une bosse de 1,3 km à 7,6% sur un revêtement instable. Les vitesses chutent, les trajectoires deviennent aléatoires, et la poussière – ou la boue si la météo joue les trouble-fêtes – peut réduire la visibilité à néant.
Ce n’est pas la longueur du secteur qui est intimidante, c’est son positionnement. Juste avant une arrivade difficile, il oblige les leaders à prendre des risques pour se placer. Une crevaison ou un mauvais virage et c’est 10 secondes de perdues, voire plus, analyse t on à la rédaction.
L’ascension finale : un mur pavé dans la cité médiévale
À la sortie du gravier, il reste 1,5 km de route. Un faux-plat pour reprendre son souffle ? Illusion. La Via San Matteo, avec ses pavés usés par les siècles, se dresse comme un mur de 1,2 km à 7,1% de moyenne, avec des passages frôlant les 15% après la Porta San Matteo. Les ruelles étroites interdisent tout dépassement hasardeux. Celui qui passe la flamme rouge en tête est quasiment intouchable, à condition d’avoir la vigueur nécessaire pour placer un dernier coup de reins dans un pourcentage digne des pires pourcentages du Mur de Huy.
Duel de géants ou main basse des « gravelmen » ? Van der Poel vs Van Aert, le match dans le match
Le décor est planté, les acteurs entrent en scène. Sur ce terrain, deux noms s’imposent logiquement dans les pronostics : Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech) et Wout van Aert (Visma-Lease a Bike). Leur duel, s’il a lieu, transcenderait l’étape. Mais sont-ils vraiment intouchables ?
Mathieu van der Poel, le patron désigné
Pour le champion néerlandais, cette arrivée est une invitation. Sa capacité à placer un démarrage sur des pentes à 15% après 200 kilomètres dans les jambes n’est plus à démontrer. De plus, l’équipe Alpecin aligne le phénomène Tibor Del Grosso, champion du monde de cyclocross espoirs, un atout majeur pour contrôler les bordures ou le secteur gravel. « La question n’est pas de savoir s’il peut gagner, mais comment il va s’y prendre » analysent les observateurs. Si le final est trop sélect pour un sprint massif, Van der Poel pourrait même endosser le costume de puncheur-grimpeur.
Wout van Aert, le revenant en quête de confirmation
Le Belge arrive sur ce Tirreno avec un appétit retrouvé. Moins dominateur que son rival sur les pentes les plus explosives, Van Aert possède un atout maître : sa vista et sa puissance sur le long. Si l’étape se joue à l’usure, avec une attaque lointaine dans les montées de Castelnuovo Val di Cecina ou sur le gravier, son talent de rouleur-grimpeur pourrait faire la différence. La présence de Matteo Jorgenson (8e des Strade Bianche) à ses côtés offre également un plan B de luxe à la formation Visma.
Et si les « Grimpeurs-puncheurs » volaient la vedette aux rois des classiques ?
Car ne nous y trompons pas, derrière les deux monstres sacrés, une meute de jeunes loups affamés et de leaders de classement général rêvent de créer l’exploit. Ce final en côte, après un secteur exigeant, est taillé pour certains profils très spécifiques.
La jeunesse dorée d’UAE : Isaac Del Toro et Jan Christen. Le Mexicain, 3e des Strade Bianche, est un pur produit de ce genre d’effort. Son punch sur les pentes raides et sa maîtrise du gravier en font le favori numéro 1 pour contester la suprématie de Van der Poel.
La colonie bahreïnie : Antonio Tiberi, vainqueur d’étape sur le Tour des Émirats (au sommet de Jebel Mobrah), possède un finish explosif. Santiago Buitrago, vainqueur début mars du Trophée Laigueglia, lui, est un véritable rouleau compresseur. Si l’étape arrive groupée, l’un des deux peut créer la surprise.
Les Italiens à domicile : Giulio Ciccone (Lidl-Trek) – qui est en reprise, connaît chaque virage de sa région. Sur un parcours qui rappelle ses années de formation, il aura à cœur de briller devant son public.
Les hommes forts : Des coureurs comme Ben Healy (EF Education), Paul Lapeira (Decathlon CMA CGM) ou Julian Alaphilippe (Tudor Pro Cycling) ont le punch et l’inconscience nécessaires pour anticiper le secteur de gravier et plonger vers San Gimignano en solitaire.
Primož Roglič et les cadors du général peuvent-ils vraiment perdre du temps ?
C’est l’autre grand enjeu de cette étape 2. Pour des rouleurs-grimpeurs comme Primož Roglič (Red Bull-BORA-hansgrohe) ou Thymen Arensman (INEOS Grenadiers) – qui ont tous les deux montré de belles aptitudes sur le chrono inaugural, la gestion est primordiale. Le Slovène, impressionnant lundi (hier), sait que le piège est partout. Une perte de concentration dans le secteur gravier, un trou d’air dans les 60 derniers kilomètres vallonnés, et c’est une minute de perdue.
Le profil technique avec ses multiples montées-descendues avant le final est un terrain glissant. Pour Roglič, l’objectif sera de limiter la casse et de grappiller des secondes sur ses concurrents directs, sans forcément viser la victoire d’étape. Mais comme le dit l’adage, « à Tirreno, on ne fait pas de cadeaux ». Si Del Toro ou Jorgenson attaquent, il devra répondre, quitte à puiser dans des réserves précieuses pour la suite.
La météo, l’arbitre invisible de la 2e étape
Les prévisions annoncent une dégradation en cours d’après-midi, avec un risque de pluie sur San Gimignano. Si la poussière se transforme en boue sur le secteur gravel, le facteur chance deviendra aussi important que la condition physique. Le secteur de 5,3 km deviendrait une véritable patinoire, rendant le placement encore plus crucial et les risques de chute exponentiels. Une donnée à surveiller de près.
Question à nos lecteurs : Selon vous, qui de Mathieu van der Poel ou d’Isaac Del Toro est le plus à l’aise sur ce final mixte gravel-pavés ? Le débat est ouvert en commentaires.
Les secrets d’une arrivée d’anthologie : Le scénario idéal
Pour les puristes, le scénario rêvé serait une attaque dans la partie la plus raide du secteur gravel. Imaginez : Van der Poel place un démarrage sur les 1,3 km à 7,6%, imité par Del Toro. Le duo creuse un écart, mais derrière, Van Aert et Jorgenson organisent la chasse. La sortie du gravier se fait avec 10 secondes d’avance pour le duo de tête. Reste le mur pavé. Si le Mexicain parvient à suivre le champion du monde, le duel au sprint est hallucinant. Si Van der Poel est seul, la messe est dite.
Mais la réalité pourrait être tout autre : une échappée matinale bien ficelée, un groupe de costauds sorti dans les 20 derniers kilomètres, ou même un sprint réduit pour les plus rapides si le rythme infernal imposé par les équipes de GC émousse les puncheurs.
Le verdict de notre expert
Mathieu van der Poel part avec une étiquette de favori logique. Mais sur ce Tirreno Adriatico 2026, l’étape 2 ressemble trop à une classique du Nord mélangée à une semi-étape de montagne pour ne pas sourire aux profils complets. Si les conditions météo sont sèches, le facteur X s’appellera Isaac Del Toro. Le Mexicain a le punch pour suivre les meilleurs et la jeunesse pour récupérer plus vite. S’il parvient à s’économiser dans le secteur gravel pour placer son attaque dans le dernier kilomètre pavé, il pourrait bien inscrire son nom au palmarès. Pour nous, ce sera un mano a mano entre l’expérience de Van der Poel et l’insouciance de Del Toro.
Pronostic : 1. Isaac Del Toro 2. Mathieu van der Poel 3. Wout van Aert
Un fauteuil pour le patron ?
Cette 2e étape entre Camaiore et San Gimignano est bien plus qu’une simple ligne droite vers le sud. C’est un condensé de ce que le cyclisme moderne propose de mieux : de la puissance, de la technique, de la stratégie et un brin de folklore italien. Le vainqueur de ce mardi 10 mars portera un maillot de leader peut-être plus lourd à porter que celui du prologue, car gagné sur le bitume, la terre et les pavés de Toscane.
Rendez-vous mardi en fin d’après midi pour savoir si Mathieu van der Poel confirme son statut de patron des classiques ou si la nouvelle génération, menée par Del Toro, signe déjà son acte de candidature au trône. Et vous, quel scénario attendez-vous avec le plus d’impatience ?
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Ils sont partis sous le soleil pour deux jours de sprint, mais c’est sous un ciel maussade de la Nièvre que les 153 coureurs de la 84e édition vont vivre le premier vrai coup de tonnerre. Ce mardi 10 mars, le parcours de la « Course au Soleil » nous offre un contre-la-montre par équipes de 23,5 kilomètres autour de Pouilly-sur-Loire. Loin d’être un simple exercice de style, cette 3e étape est un piège tendu sous les roues des leaders. Derrière le chronomètre, c’est une partie d’échecs qui commence, et la Visma de Jonas Vingegaard ou la Lidl-Trek de Juan Ayuso savent que la moindre seconde perdue ici pourrait se payer cash dans l’arrière-pays niçois.
Piège ou tremplin ? Pourquoi le chrono par équipes de Paris-Nice 2026 va déjà redessiner le général
Mardi 10 mars 2026. Pour les équipes, le prologue est terminé. Pour les leaders, les jambes commencent à chauffer. Mais c’est bien ce soir, aux alentours de 17h, que les premiers grands enseignements de ce Paris-Nice tomberont. Le chronomètre ne ment jamais, et en équipe, il devient un formidable révélateur de cohésion et de puissance. Décryptage d’une étape qui s’annonce aussi spectaculaire que décisive.
Pourquoi ce chrono de 23,5 km est bien plus qu’un « exercice de puissance pure » ?
Contre toute attente, ce parcours entre Cosne-Cours-sur-Loire et Pouilly-sur-Loire, taillé pour les rouleurs, recèle de subtilités qui pourraient avantager les collectifs les plus fins tactiquement. On a pris le temps d’analyser le profil centimètre par centimètre.
Un tracé qui roule, mais qui use
Le départ est donné sur des routes larges, idéales pour lancer le train immédiatement. Comme le soulignent les données techniques, les cinq premiers kilomètres sont un vrai tapis rouge. Cependant, c’est après cette entame que le parcours se corse légèrement. On note une première ondulation d’un kilomètre à 3,9%, parfaite pour casser le rythme des équipes qui auraient abusé des gros braquets.
Le véritable juge de paix se situe dans la seconde moitié. La bosse de deux kilomètres à 3,6% à Saint-Andelain, juste avant la descente sur la Loire, est un piège classique en contre-la-montre par équipes. C’est là que les équipes peuvent éclater. Les purs rouleurs peuvent passer cette côte, mais les grimpeurs légers comme Lenny Martinez (Bahrain Victorious) ou David Gaudu (Groupama-FDJ United) doivent absolument accrocher le wagon sous peine de créer un trou d’air rédhibitoire. Enfin, les 500 derniers mètres en légère montée (2,5%) sont un cruel rappel à l’ordre : il faudra de l’énergie pour aller chercher la gagne, pas seulement pour la préserver.
Le règlement ASO, une arme tactique sous-estimée
Beaucoup de fans regardent le chrono en cherchant la moyenne la plus élevée. Pourtant, c’est l’article 16 du règlement de l’épreuve qui va dicter les stratégies : « le classement de l’étape s’établit pour chacune des équipes sur le temps réalisé par le coureur ayant franchi la ligne en 1re position« .
Concrètement, cela signifie qu’une équipe peut sacrifier trois ou quatre de ses éléments dans les derniers kilomètres pour propulser son leader vers la victoire d’étape et le bon temps. On se souvient de la Visma l’an dernier, où Jorgenson et Vingegaard étaient passés largement détachés devant leurs coéquipiers. Ce format encourage le culot et le sacrifice. Une équipe comme la Red Bull-BORA-hansgrohe, avec des rouleurs solides, pourrait tenter le coup pour placer Primož Roglič en orbite, même au prix de l’abandon temporaire de ses coéquipiers dans le final.
Le match des géants : Visma, Lidl-Trek et INEOS peuvent-ils se départager ?
Le plateau des favoris est exceptionnel. On attend une bataille de haute volée entre trois conceptions du cyclisme.
Visma | Lease a Bike, la favorite au standing
L’armada néerlandaise débarque avec une équipe de rouleurs cliniquement construite. Le quatuor Vingegaard-Armirail-Affini-Campenaerts est probablement le plus dense du peloton. Edoardo Affini et Victor Campenaerts sont des spécialistes capables de tenir des relais supersoniques, tandis que Bruno Armirail n’est pas en reste et apporte cette intelligence tactique et cette puissance sur le plat. L’objectif est clair : assoir la domination de Vingegaard et gratter des secondes sur Ayuso. Selon nos données et statistiques, Visma présente le meilleur temps de base cumulé, mais comme on le répète dans le jargon, « un chrono par équipes ne se gagne pas sur le papier« .
Lidl-Trek, l’outsider qui monte en puissance
C’est notre coup de cœur pour cette étape. Face à Vingegaard, Juan Ayuso (ex UAE Team Emirates XRG) n’est pas seul : il est désormais chez Lidl-Trek, et l’équipe américaine a construit un collectif redoutable pour ce chrono. Le duo Mathias Vacek et Jakob Söderqvist est probablement l’un des plus prometteurs et des plus puissants du peloton. Ajoutez à cela l’expérience de Søren Kragh Andersen et la science du chrono de Lennard Kämna, et vous obtenez un huit-clos explosif. Lidl-Trek a les moyens de rivaliser, voire de surprendre, si la cohésion est parfaite.
INEOS Grenadiers, l’épouvantail technique
Puis vient la maison INEOS. Avec Joshua Tarling, ils possèdent sans doute le coureur au plus gros potentiel chronométrique du plateau. Le jeune britannique est un extraterrestre. Mais le cyclisme est un sport d’équipe, et c’est là que le bât blesse. Comme nous l’analysions, les maillons faibles potentiels sont Carlos Rodriguez et Oscar Onley. Si ces deux grimpeurs décrochent dans la bosse de Saint-Andelain, Tarling et Vauquelin se retrouveront seuls et perdront un temps précieux. INEOS joue gros : soit ils réalisent un sans-faute et créent l’exploit, soit ils perdent plus de 20 secondes. Selon vous, le talent individuel de Tarling peut-il compenser un collectif moins homogène que celui de la Visma ?
Le tableau des horaires : à quelle heure suivre vos favoris ?
Pour ne rien manquer de ce bras de fer, notez bien ces horaires. Le premier départ sera donné à 15h10, et le dernier à 16h34. La diffusion en intégralité est assurée sur Eurosport Max et France 3 dès 15h10.
Voici l’ordre de départ (Heure de Paris) :
15:10:00 Team Picnic PostNL 15:14:00 Team Jayco AlUla 15:18:00 Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team 15:22:00 Groupama – FDJ United 15:26:00 UAE Team Emirates – XRG 15:30:00 TotalEnergies 15:34:00 Team Visma | Lease a Bike (Favori) 15:38:00 Bahrain – Victorious 15:42:00 Movistar Team 15:46:00 Soudal Quick-Step 15:50:00 Cofidis 15:54:00 Decathlon CMA CGM Team 15:58:00 Lotto Intermarché 16:02:00 Alpecin-Premier Tech 16:06:00 Uno-X Mobility 16:10:00 Tudor Pro Cycling Team 16:14:00 Lidl – Trek (Favori) 16:18:00 Red Bull – BORA – hansgrohe (Favori) 16:22:00 XDS Astana Team 16:26:00 INEOS Grenadiers (Favori) 16:30:00 NSN Cycling Team 16:34:00 EF Education – EasyPost
Météo et conditions : un vent léger qui peut tout changer
Les prévisions annoncent un temps typiquement nivernais pour un mois de mars : 14°C, avec des averses et des éclaircies. Le paramètre clé sera le vent, annoncé léger de sud-ouest (force 2). Sur un parcours exposé longeant la Loire, notamment dans les 5 derniers kilomètres, même une brise légère peut créer des bordures par équipes. Si le vent se lève légèrement, les équipes partant en fin de tableau (INEOS, EF) auront un avantage certain si la pluie s’arrête, tandis que les premières équipes pourraient pâtir d’une route humide.
Notre pronostic pour la 3e étape
Sur ce parcours roulant et avec ce règlement qui favorise les équipes capables de concentrer leurs forces sur un seul homme, notre analyse penche pour un duel au sommet.
La favorite : Team Visma | Lease a Bike ⭐⭐⭐
Leur expérience, leur densité et la science du chrono d’Affini en font l’équipe à battre. Ils savent gérer un effort sur 23 kilomètres sans se désunir.
Les challengers : Lidl-Trek ⭐⭐ & INEOS Grenadiers ⭐⭐
Lidl-Trek pour la puissance brute et la jeunesse. INEOS pour le génie de Tarling, à condition que le collectif tienne.
Les outsiders de luxe : UAE Team Emirates XRG, Movistar, Decathlon CMA-CGM, Red Bull-BORA-hansgrohe ⭐
UAE peut compter sur des rouleurs solides pour protéger leur leader, mais sans le collectif « mort de faim » des trois premiers. Red Bull, avec Roglič, peut viser le top 5 mais pâtit peut-être d’un collectif moins rôdé que Visma sur ce type d’exercice.
Les 3 enseignements à retenir avant le coup de feu
Le chrono piège : La bosse de Saint-Andelain et la légère montée finale sont les pièges à éviter. Les équipes mal équilibrées entre rouleurs et grimpeurs vont souffrir.
Visma en favorite, Lidl-Trek en trouble-fête : Si une équipe peut détrôner Visma, c’est bien Lidl-Trek, grâce à sa double menace Vacek/Söderqvist. INEOS joue son va-tout sur le facteur X Tarling.
Le général se joue maintenant : Lenny Martinez (Bahrain) et David Gaudu (Groupama-FDJ) risquent de perdre du temps précieux. Pour les autres leaders, l’objectif est de limiter la casse sous les 30 secondes.
Rendez-vous mardi après-midi pour voir si la Visma justifie son statut ou si la nouvelle génération Lidl-Trek crée la sensation sur les bords de Loire. Une chose est sûre : le Paris-Nice 2026 entre dans le dur. Qui, selon vous, sera le premier à craquer dans la bosse de Saint-Andelain ?
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Sur le papier, Montargis semblait promis à un duel entre géants du sprint. Mais c’est sans compter sur l’audace de Max Kanter. Dans un final chaotique marqué par un raid solitaire de Daan Hoole et des virages piégeux, l’Allemand de la XDS Astana a réalisé un coup de maître pour décrocher à 28 ans la troisième et la plus belle victoire de sa carrière. Le maillot jaune Luke Lamperti, cinquième, sauve son bien au classement général. Retour sur une journée où l’ordre établi a été bouleversé.
Paris-Nice 2026 : Le hold-up parfait de Max Kanter à Montargis, Lamperti résiste
C’est parfois dans le désordre le plus total que les plus belles histoires s’écrivent. Ce lundi 9 mars, sur les routes de la 2e étape de Paris-Nice entre Épône et Montargis, on attendait la confirmation de Luke Lamperti ou la revanche de Biniam Girmay. On a eu droit à l’explosion de joie, presque timide, de Max Kanter. Un scénario que personne, pas même son directeur sportif, n’aurait osé prédire.
Pourtant, en analysant les derniers kilomètres au ralenti, on ne peut que saluer l’intelligence tactique de l’Allemand et la leçon de pilotage de son équipe. Décryptage d’une victoire qui change le destin d’un équipier modèle.
Pourquoi l’échappée de Daan Hoole a-t-elle été le tournant de l’étape ?
Le baroud d’honneur du « géant » néerlandais
La journée avait débuté comme une classique étape de plaine. Après l’échappée matinale animée par Casper Pedersen (Soudal Quick-Step) – qui conforte logiquement son maillot à pois en passant en tête des trois côtes – et le Français Mathis Le Berre (TotalEnergies), le peloton avait repris son rythme de croisière. Jusqu’à ce qu’à 21 kilomètres de l’arrivée, un homme décide d’écrire son propre scénario.
Daan Hoole (Decathlon CMA CGM), un rouleur au gabarit impressionnant, a porté une attaque audacieuse en solitaire. Ce n’était pas un piège, c’était un véritable raid. « C’était un coup de dés » analysait-on à la rédaction. Dans le peloton, la formation NSN Cycling d’un Biniam Girmay trop discret, a mis du temps à réagir. L’écart est monté jusqu’à 30 secondes.
Pendant près de 15 kilomètres, Hoole a fait vivre un grand frisson à cette 84e édition, forçant les équipes de sprinteurs à une collaboration tardive entre Movistar et Picnic PostNL. Repris sous la flamme rouge, son numéro n’aura pas été vain : il a désorganisé les trains, usé les équipes et préparé le terrain pour un sprint « décousu », comme on les aime. Une performance qui l’annonce en grande forme pour le contre-la-montre par équipes du lendemain.
La chute des favoris et le chaos des derniers kilomètres
Avant même le raid de Hoole, le scénario d’un sprint « propre » avait été compromis. Une chute collective dans le final a impliqué plusieurs gros clients, dont Cees Bol (Decathlon) et Phil Bauhaus (Bahrain Victorious), les privant de la bagarre finale. À cela s’ajoute un final technique, avec des virages serrés et des ronds-points à haute vitesse qui ont cassé les lignes droites.
« C’était très nerveux » a soufflé un coureur après la ligne. Dans ce chaos, les poissons pilotes ont perdu leurs sprinteurs, et les sprinteurs ont perdu leurs roues. Sauf un.
Comment Max Kanter a-t-il réalisé le sprint parfait à Montargis ?
L’ombre tutélaire de Mike Teunissen
Si Kanter lève les bras, c’est d’abord grâce au travail de l’ombre de son équipier, Mike Teunissen. Alors que les trains de Red Bull-BORA-Hansgrohe (pour Laurence Pithie) et Soudal Quick-Step (pour Jasper Stuyven) s’annulaient mutuellement dans les derniers hectomètres, la XDS Astana a joué un coup de billard à trois bandes.
Teunissen, fort de son expérience, a placé son leader dans la seule vraie roue disponible, profitant du sillage des équipes rivales avant de le « déposer » parfaitement à 200 mètres de la ligne. C’est ce qu’on appelle un lancement millimétré. Kanter, souvent cantonné à un rôle d’équipier ou à des victoires sur des courses moindres, n’avait plus qu’à actionner la patte.
La révélation d’un sprinteur de classe WorldTour
Pour beaucoup, Max Kanter était un outsider. Pour les statisticiens, c’est une troisième victoire professionnelle, mais la première au plus haut niveau. L’Allemand de 28 ans a fait preuve d’une vista rare. Alors que Luke Lamperti (EF Education-EasyPost) se retrouvait piégé le long des barrières, que Laurence Pithie (Red Bull-BORA-Hansgrohe) lançait son effort trop tôt, Kanter a parfaitement géré sa réserve d’énergie.
Il devance sur la ligne Pithie, qui confirme son potentiel, et Jasper Stuyven (Soudal Quick-Step) , le Belge toujours placé. Le Français Dorian Godon (INEOS Grenadiers), lui, arrache une belle 4e place, confirmant son excellent début de saison. Une question se pose désormais : ce succès peut-il être l’acte de naissance d’un nouveau leader de sprint chez XDS Astana ?
Quelles sont les grandes manœuvres au classement général ?
Lamperti en jaune, Ayuso en embuscade
Si Kanter a gagné l’étape, Luke Lamperti a gagné la guerre… pour l’instant. Le jeune Américain d’EF Education-EasyPost, vainqueur la veille, termine 5e et conserve son maillot jaune de leader. Mais le général a vécu un vrai coup de tonnerre lors du sprint intermédiaire de Fromont.
Profitant du travail de sa Lidl-Trek, le prodige espagnol Juan Ayuso a glané 4 secondes de bonification, terminant deuxième de ce sprint. Une opération magistrale qui lui permet de grappiller un temps précieux sur tous ses rivaux du général, sans même avoir à forcer dans un col. Il s’empare par la même occasion du maillot vert du classement par points, signe de sa volonté de ne rien laisser perdre.
Vainqueur de ce sprint intermédiaire, Vito Braet (Lotto-Intermarché) revient également à 0 seconde de Lamperti au classement. Le maillot jaune tient à un fil, ou plutôt à une place cumulée. La course au soleil ne fait que commencer.
Rendez-vous sur le chrono
Cette 2e étape de Paris-Nice 2026 restera comme l’une de ces journées où le cyclisme nous rappelle que les scénarios écrits à l’avance sont faits pour être réécrits. Max Kanter, par sa ruse et sa puissance, a inscrit son nom au palmarès d’une épreuve centenaire, tandis que Luke Lamperti a su sauver l’essentiel. Mais dès demain, tout peut basculer.
Place au premier vrai rendez-vous avec le chronomètre : un contre-la-montre par équipes de 23,5 kilomètres entre Cosne-Cours-sur-Loire et Pouilly-sur-Loire. Pour les équipes de rouleurs comme Decathlon, Lidl-Trek ou INEOS, ce sera l’occasion de piéger le jeune leader américain. Ce chrono par équipes vous semble-t-il trop long pour permettre à Lamperti de défendre son bien, ou au contraire, son équipe solide peut-elle créer la surprise ? Donnez-nous votre avis en commentaires.
N’hésitez pas à revoir les derniers kilomètres de cette étape historique : la vidéo du sprint de Max Kanter est disponible ci-dessous.
https://www.youtube.com/watch?v=m8fBmzyaYeI
Classement Paris-Nice 2026, étape 2 – Top 20
KANTER MAX, XDS Astana Team les 187 km en 4:25:07 (42,3 km/h)
PITHIE LAURENCE, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
STUYVEN JASPER, Soudal Quick-Step m.t.
GODON DORIAN, INEOS Grenadiers m.t.
LAMPERTI LUKE, EF Education – EasyPost m.t.
PLUIMERS RICK, Tudor Pro Cycling Team m.t.
ASKEY LEWIS, NSN Cycling Team m.t.
VAN ASBROECK TOM, NSN Cycling Team m.t.
RUSSO CLÉMENT, Groupama – FDJ United m.t.
TURGIS ANTHONY, TotalEnergies m.t.
HOUCOU EMMANUEL, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
COQUARD BRYAN, Cofidis m.t.
FREDHEIM STIAN, Uno-X Mobility m.t.
ACKERMANN PASCAL, Team Jayco AlUla m.t.
MÄRKL NIKLAS, Team Picnic PostNL m.t.
TARLING JOSHUA, INEOS Grenadiers m.t.
TEUNISSEN MIKE, XDS Astana Team m.t.
VAN DEN BERG MARIJN, EF Education – EasyPost m.t.
BRAET VITO, Lotto Intermarché m.t.
PLOWRIGHT JENSEN, Alpecin-Premier Tech m.t.
Classement général à l’issue de la 2e étape – Top 20
LAMPERTI LUKE, EF Education – EasyPost en 8:10:12
BRAET VITO, Lotto Intermarché m.t.
PITHIE LAURENCE, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:06
STUYVEN JASPER, Soudal Quick-Step +0:08
AULAR ORLUIS, Movistar Team m.t.
AYUSO JUAN, Lidl – Trek m.t.
PEDERSEN CASPER, Soudal Quick-Step m.t.
GODON DORIAN, INEOS Grenadiers +0:12
TURGIS ANTHONY, TotalEnergies m.t.
TEUNISSEN MIKE, XDS Astana Team m.t.
PLOWRIGHT JENSEN, Alpecin-Premier Tech m.t.
PLUIMERS RICK, Tudor Pro Cycling Team m.t.
ZINGLE AXEL, Team Visma | Lease a Bike m.t.
FREDHEIM STIAN, Uno-X Mobility m.t.
HOUCOU EMMANUEL, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
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11,5 kilomètres, 12 minutes et 8 secondes. Filippo Ganna n’a pas seulement remporté la 1ère étape de Tirreno Adriatico 2026 ce lundi : il a réécrit l’histoire de ce chrono inaugural. Pour sa quatrième victoire sur ce tracé, le champion d’Italie a non seulement relégué son coéquipier Arensman à 22 secondes, mais il a surtout envoyé un message clair à ses rivaux pour la suite de la saison des Classiques. Retour sur une démonstration de force brute et d’intelligence de course.
L’ARNAQUE DE LA JOURNÉE ? GANNA N’ÉTAIT MÊME PAS À 100%
Ce lundi 9 mars, sur le bord de mer de Lido di Camaiore, Filippo Ganna (INEOS Grenadiers) a offert un récital. Avec un temps de 12 minutes et 8 secondes sur les 11,5 kilomètres, il établit un nouveau record de l’étape et flirte avec les 57 km/h de moyenne (56,868 km/h pour être précis, soit 0,6 km/h de plus qu’en 2025). Mais le plus impressionnant réside dans ses écarts : 22 secondes sur son coéquipier Thymen Arensman, 26 sur Max Walscheid (Lidl-Trek). Un fossé.
Pourtant, au micro, « Top Ganna » a lâché une phrase qui doit glacer le sang de ses adversaires : « Mes sensations n’étaient pas les meilleures. » Si ce chrono a été réalisé sans « les meilleures sensations », on imagine difficilement ce que donnera une journée où il se sentira « bien ». Cette déclaration, recueillie sur la ligne d’arrivée, illustre la marge phénoménale du double champion du monde de la discipline. Il ne s’agit pas seulement de puissance, mais d’une gestion parfaite de l’effort sur un parcours en aller-retour où le moindre coup de vent peut perturber la trajectoire.
Comment INEOS Grenadiers a-t-il réalisé un triplé virtuel sur ce chrono ?
Au-delà de l’exploit individuel, c’est la démonstration collective d’INEOS Grenadiers qui marque les esprits. Avec la victoire de Ganna, la deuxième place d’Arensman et la quatrième place de Magnus Sheffield (à 26 secondes également), l’équipe britannique place trois hommes dans le top 4. Un carton plein.
La stratégie des « hommes-minute » : comment Ganna a mangé Covi tout cru
Pour les puristes, le spectacle se trouve aussi dans le duel indirect avec les coureurs partis devant. Le « hot seat » est resté occupé longtemps par le Sud-Africain Alan Hatherly (Jayco AlUla) avec un temps de 12’38 (6e). Puis Sheffield, Walscheid et Arensman se sont succédé. Mais le vrai test, c’est la comparaison avec « l’homme-minute », le coureur parti une minute avant lui. Sur ce chrono, Alessandro Covi (Jayco-AlUla) servait de lièvre à Ganna. Résultat : dans le dernier kilomètre, Ganna a non seulement rattrapé, mais littéralement avalé Covi, signe d’une puissance de fin de parcours absolument inouïe. C’est dans ces 3 derniers kilomètres qu’il a creusé l’écart décisif sur Arensman.
Classements et favoris : qui a gagné, qui a perdu ?
Si Ganna endosse le maillot bleu de leader, la question est de savoir si ce chrono a déjà dessiné les contours du podium final.
Primož Roglič (Red Bull-BORA-Hansgrohe) : 7e à 31 secondes. Un retour à la compétition solide. Pour un premier chrono de la saison, le Slovène limite la casse et reste dans le coup pour le général. Sa gestion du chrono était propre, sans prise de risque inutile.
Isaac Del Toro (UAE Team Emirates XRG) : 10e à 36 secondes. Le grand espoir mexicain, favori de cette édition, perd près de 40 secondes. Sur un chrono aussi court, c’est une petite contre-performance. Comme notre rédaction le souligne, Del Toro était dans le top 5 au point intermédiaire mais a explosé dans le retour. Un signe d’inexpérience ou un manque de jus après les Strade Bianche (où il a fini 3e samedi) ? À surveiller.
Antonio Tiberi (Bahrain Victorious) : 9e à 33 secondes. Dans le même mouchoir que Del Toro et Roglič.
Matteo Jorgenson (Visma Lease a Bike) : 16e à 43 secondes. Le vainqueur de Paris-Nice 2024 et 2025 semble avoir pris un petit bouillon d’entrée.
Mathieu van der Poel (Alpecin-Deceuninck) : À environ 2 minutes (114e). Aucune importance. MVDP est là pour les étapes de puncheurs et pour se tester avant Milan-SanRemo. Son chrono n’était qu’un long transfert.
Le cas Thymen Arensman : futur leader d’INEOS ?
La deuxième place du Néerlandais (22 secondes) est une énorme performance. À 26 ans, Arensman confirme qu’il est devenu un rouleur de niveau mondial. Avec Ganna qui a clairement annoncé qu’il ne jouerait pas le général pour préserver ses Classiques, Arensman devient de facto le leader d’INEOS pour la course au classement final. Et avec 22 secondes d’avance sur Roglič et 36 sur Del Toro, il part avec une longueur d’avance.
Pourquoi Ganna ne gagnera PAS Tirreno-Adriatico 2026 (et c’est un aveu de maturité)
C’est le paradoxe de la journée. Ganna est leader, mais il ne le restera pas. Dans une déclaration rare pour un compétiteur, l’Italien a été d’une transparence désarmante : « Je ne veux pas trop forcer sur les jambes alors que mes grands objectifs (les Classiques) sont encore dans quelques semaines. » Il vise Milan-SanRemo (21 mars) et le Tour des Flandres.
Par le passé, il avait gardé le maillot 5 jours avant de le perdre au profit de Juan Ayuso, pour finir 2e au général. Cette année, il zappe clairement la bagarre du général. C’est un choix fort de la part d’un coureur qui, à 29 ans, priorise les Monuments. Il portera le maillot de leader demain, le défendra peut-être une journée, mais dès que la route s’élèvera vraiment, il lèvera le pied. C’est la preuve d’une maturité tactique nouvelle dans sa carrière.
Vidéo : Les images de la démonstration
Revivez les 12 minutes de power de Filippo Ganna : sa position sur le vélo, son passage au point intermédiaire et l’emballage final où il dépasse son homme-minute comme une moto.
Classement Tirreno-Adriatico 2026, étape 1 – Top 20
GANNA FILIPPO, INEOS Grenadiers les 11,5 km en 12:08 (56,8 km/h)
ARENSMAN THYMEN, INEOS Grenadiers +0:22
WALSCHEID MAX, Lidl – Trek +0:26
SHEFFIELD MAGNUS, INEOS Grenadiers m.t.
MILAN JONATHAN, Lidl – Trek +0:29
HATHERLY ALAN, Team Jayco AlUla +0:30
ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
HAYTER ETHAN, Soudal Quick-Step +0:32
TIBERI ANTONIO, Bahrain – Victorious +0:33
DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG +0:36
AZPARREN XABIER MIKEL, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +0:37
PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
GROSSSCHARTNER FELIX, UAE Team Emirates – XRG +0:38
CHRISTEN JAN, UAE Team Emirates – XRG +0:39
WELSFORD SAM, INEOS Grenadiers +0:40
JORGENSON MATTEO, Team Visma | Lease a Bike +0:43
ARTZ HUUB, Lotto Intermarché +0:44
GIAIMI LUCA, UAE Team Emirates – XRG +0:46
ROMO JAVIER, Movistar Team +0:47
VAN WILDER ILAN, Soudal Quick-Step +0:48
Classement général à l’issue de la 1ère étape – Top 20
GANNA FILIPPO, INEOS Grenadiers en 12:08
ARENSMAN THYMEN, INEOS Grenadiers +0:22
WALSCHEID MAX, Lidl – Trek +0:26
SHEFFIELD MAGNUS, INEOS Grenadiers m.t.
MILAN JONATHAN, Lidl – Trek +0:29
HATHERLY ALAN, Team Jayco AlUla +0:30
ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe +0:31
HAYTER ETHAN, Soudal Quick-Step +0:32
TIBERI ANTONIO, Bahrain – Victorious +0:33
DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG +0:36
AZPARREN XABIER MIKEL, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +0:37
PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
GROSSSCHARTNER FELIX, UAE Team Emirates – XRG +0:38
CHRISTEN JAN, UAE Team Emirates – XRG +0:39
WELSFORD SAM, INEOS Grenadiers +0:40
JORGENSON MATTEO, Team Visma | Lease a Bike +0:44
ARTZ HUUB, Lotto Intermarché m.t.
GIAIMI LUCA, UAE Team Emirates – XRG +0:46
ROMO JAVIER, Movistar Team +0:47
VAN WILDER ILAN, Soudal Quick-Step +0:48
La question du débat : 22 secondes sur 11 bornes, est-ce le plus grand écart de l’histoire récente du chrono ?
Pensez-vous que Filippo Ganna est actuellement dans une dimension supérieure à celle de Fabian Cancellara ou Tony Martin à leur prime ? Cet écart de 22 secondes sur une distance aussi courte face à un coureur du top 10 mondial (Arensman) est-il le signe d’une domination sans partage ou le reflet d’un parcours taillé sur mesure pour lui ? Dites-le-nous en commentaires.
Quelle est la suite des hostilités ? (Étape 2)
Place à la bagarre. Mardi 10 mars, la 2ème étape reliera Camaiore à San Gimignano sur 206 kilomètres. Le final promet d’être explosif avec des secteurs de strade bianche (chemins de terre) et une arrivée en légère côte. Un terrain de jeu idéal pour Mathieu van der Poel, mais aussi pour Tadej Pogačar… Ah non, lui est en repos en attendant les prochaines échéances. L’absence du Slovène laisse la porte ouverte à un duel Van der Poel – Ganna sur la poussière toscane. Et cette fois, « Top Ganna » n’aura pas son chrono pour se protéger.
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Lundi 9 mars, la Course des Deux Mers plonge dans le vif du sujet avec son désormais rituel contre-la-montre inaugural. 11,5 kilomètres longeant la Tyrrhénienne, un tracé en « aller-retour » qui sent bon les embruns et le braquet avalé. Si le parcours semble taillé pour les rouleurs, ce chrono initial est bien plus qu’une simple formalité : il est le premier juge de paix d’une semaine éprouvante. Entre le favori incontestable Filippo Ganna et une meute d’outsiders affamés, cette mise en jambe pourrait déjà redéfinir les rapports de force pour le général.
11,5 km pour dicter sa loi : quel est le profil exact de ce chrono ?
Dès le coup de pédale donné sur le Viale Cristoforo Colombo, le ton est donné. Nous ne sommes pas ici face à un parcours piégeux digne d’un Grand Tour, mais face à un « chrono de sprinteur » version longue. Le parcours de cette 1re étape est un aller-retour sec et efficace le long de la côte, à Lido di Camaiore en passant par Fimetto.
Un tracé en « longs courriers » sur la côte toscane
Imaginez : 4,5 kilomètres de ligne droite pure en bord de mer pour se mettre en danseuse, un demi-tour à 180 degrés à Fiumetto, et le même ruban d’asphalte à reprendre en sens inverse. Le profil est annoncé comme « parfaitement plat », et il l’est. Ce sont 11,5 kilomètres de bitume où le seul véritable adversaire, outre le chronomètre, est le vent. En longeant la mer Tyrrhénienne, les coureurs ne sont jamais à l’abri d’une brise qui pourrait transformer cet exercice de puissance en casse-tête d’aérodynamisme.
Le seul piège : ces « S » qui peuvent tout faire basculer
À première vue, rien de technique. Mais les coureurs doivent se méfier comme de la peste des 1200 derniers mètres. Après l’effort monumental pour maintenir une vitesse de pointe, ils devront négocier un virage en S (droite-gauche) sur une chaussée qui se rétrécit soudainement. C’est le seul endroit où la mécanique peut trembler, où un freinage trop appuyé ou une trajectoire trop large peut faire perdre les quelques dixièmes qui séparent la gloire de la déception. Ensuite, c’est une ligne droite finale sur la Viale Ermenegildo Pistelli. Un sprint de 1200 mètres après 10 minutes d’effort maximal.
Filippo Ganna, un monarque déjà couronné ou un ogre vulnérable ?
Inutile de tourner autour du pot : évoquer la première étape de Tirreno Adriatico, c’est immédiatement parler de Filippo Ganna (INEOS Grenadiers). L’Italien a fait de ce chrono sa chasse gardée. Mais comme il le dit lui-même, il n’a pas de « boule de cristal ».
Le roi du chrono face au poids des attentes
Avec quatre victoires sur ce tracé précis et 30 succès en contre-la-montre sur 37 victoires totales, le colosse de Verbania est plus qu’un favori : il est l’incarnation de l’étape. Pourtant, son discours est clair : il arrive volontairement avec un léger déficit de forme par rapport à 2025. « Je suis un peu en retard, mais c’est un choix pour arriver au top sur Milan-SanRemo et les Classiques » nous glisse-t-il dans l’esprit. Est-ce un aveu de faiblesse ou une manière de désamorcer la pression ? Rappelons qu’il y a deux ans, Juan Ayuso l’avait battu… d’une seconde. L’avertissement est lancé.
Les outsiders capables de renverser la table
Sans Remco Evenepoel au départ, la concurrence est féroce mais ouverte. Il faut surveiller de près Jonathan Milan (Lidl-Trek). Le maillot cyclamen du Giro, sur ses terres d’entraînement, possède une puissance de rouleur qui pourrait créer l’exploit. Le jeune prodige mexicain Isaac Del Toro (UAE Team Emirates-XRG) a choisi ce chrono pour se tester, tandis que le rouleur-britannique Ethan Hayter (Soudal-QuickStep) a un génie technique qui peut faire merveille.
Pourquoi ce chrono est capital pour les leaders du général ?
Ne vous y trompez pas : si cette étape 1 sourit aux purs rouleurs, elle est un rendez-vous incontournable pour les prétendants au classement final. Sur un parcours aussi simple, le gain ou la perte de temps se fait à la seconde près.
Roglic, Jorgenson et le piège des secondes
Pour un Primož Roglič (Red Bull-BORA-Hansgrohe) qui fait sa rentrée, l’objectif est double : tester ses sensations et limiter la casse. Mais pour des coureurs comme Matteo Jorgenson (Visma | Lease a Bike) ou Antonio Tiberi (Bahrain Victorious), c’est une opportunité en or. Ils peuvent grappiller 20 à 30 secondes sur des purs grimpeurs comme Del Toro (même s’il est bon) ou d’autres spécialistes de la montagne. Ces secondes, dans une course où les écarts se comptent souvent en unités, pèseront lourd dans la balance lors de l’étape reine.
Le grand oral pour Van Aert et Van der Poel
Et c’est là que l’angle devient passionnant. Wout van Aert (Visma | Lease a Bike) et Mathieu van der Poel (Alpecin-Deceuninck) ne visent pas la gagne sur ce chrono. Mais ils savent qu’une performance solide ici peut leur offrir un maillot de leader. Pourquoi ? Parce que la 2e étape, avec ses routes blanches et sa bosse vers San Gimignano, est taillée pour eux. Si Van der Poel limite l’écart à 20 secondes sur Ganna, il peut ensuite basculer en tête du général dès le lendemain et vivre une semaine en bleu. Cela ne vous rappelle-t-il pas certaines stratégies de Julian Alaphilippe ? Le chrono initial est donc aussi une rampe de lancement pour les puncheurs.
Le verdict de notre rédaction : notre favori et nos pronostics
Alors, qui va endosser le premier maillot de leader ? Malgré la concurrence, il est difficile d’aller contre l’histoire et la logique.
Grand favori : Filippo Ganna (INEOS Grenadiers). Il a l’habitude, le tracé dans les jambes et la confiance. Même à 95% de sa forme, sa puissance de rouleur et sa connaissance parfaite des virages en S font la différence. Sa victoire d’étape sur le récent chrono du Tour d’Algarve parle en sa faveur.
Les principaux outsiders : Jonathan Milan (Lidl-Trek) pour l’explosion de puissance, Ethan Hayter (Soudal-QuickStep) pour la finesse technique.
Les surprises du général : Matteo Jorgenson (Visma | Lease a Bike) est en feu depuis le début de saison et pourrait signer un chrono exceptionnel. Ne pas oublier Magnus Sheffield (INEOS), qui connaît la musique et pourrait jouer les trouble-fêtes au sein même de son équipe.
Ordre et horaires de départ du contre-la-montre (167 coureurs)
VAN DER POEL Mathieu, Alpecin-Premier Tech 15:03:00
MAESTRI Mirco, Team Polti VisitMalta 15:04:00
SKAARSETH Anders, Uno-X Mobility 15:05:00
OLDANI Stefano, Caja Rural – Seguros RGA 15:06:00
FRIGO Marco, NSN Cycling Team 15:07:00
TIBERI Antonio, Bahrain – Victorious 15:08:00
JORGENSON Matteo, Team Visma | Lease a Bike 15:09:00
AZPARREN Xabier Mikel, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team 15:10:00
ROMO Javier, Movistar Team 15:11:00
BETTIOL Alberto, XDS Astana Team 15:12:00
STORER Michael, Tudor Pro Cycling Team 15:13:00
ROGLIČ Primož, Red Bull – BORA – hansgrohe 15:14:00
ARTZ Huub, Lotto Intermarché 15:15:00
COVI Alessandro, Team Jayco AlUla 15:16:00
GANNA Filippo, INEOS Grenadiers 15:17:00
MILAN Jonathan, Lidl – Trek 15:18:00
MAGLI Filippo, Bardiani CSF 7 Saber 15:19:00
MÜHLBERGER Gregor, Decathlon CMA CGM Team 15:20:00
HEALY Ben, EF Education – EasyPost 15:21:00
BONNEU Kamiel, Solution Tech NIPPO Rali 15:22:00
BITTNER Pavel, Team Picnic PostNL 15:23:00
BRAZ AFONSO Clément, Groupama – FDJ United 15:24:00
HAYTER Ethan, Soudal Quick-Step 15:25:00
COSNEFROY Benoît, UAE Team Emirates – XRG 15:26:00
Notre avis : Ganna s’impose, mais l’écart sera bien plus serré que ce que les bookmakers prédisent. Attention à un couac météo qui pourrait rebattre les cartes. Et vous, qui voyez-vous créer la surprise sur ce parcours rapide ?
En conclusion, ce contre-la-montre inaugural de Tirreno Adriatico 2026 n’est pas une simple formalité. C’est une déclaration d’intention. Pour les rouleurs, une occasion de briller. Pour les leaders, un premier test de jambes. Pour les puncheurs, une porte d’entrée vers le maillot. Rendez-vous lundi pour voir qui sera le premier à planter le trident dans le sable toscan.
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Ils sont venus pour prendre leur revanche ou asseoir leur domination. Ce lundi 9 mars, la 84e édition de Paris-Nice offre son unique rendez-vous avec les sprinteurs purs sur les 800 mètres du boulevard Charles de Gaulle à Montargis. Mais entre les ronds-points techniques du final, la mémoire d’Arvid de Kleijn vainqueur ici en 2024 et la menace d’un coup de bordure dans les plaines du Loiret, cette 2e étape pourrait bien réécrire les lois du sprint. Analyse d’une journée charnière.
Épône-Montargis (187 km) : le dernier refuge des purs sprinteurs ?
Pour un puncheur ou un rouleur, cette deuxième étape est une formalité. Pour un sprinteur, c’est une obsession. Avec 187 kilomètres au programme entre les Yvelines et le Loiret, le peloton de la « Course au Soleil » aborde ce lundi 9 mars l’unique étape de cette édition 2026 où les spécialistes de la dernière ligne droite, autrement dit les sprinteurs, peuvent s’exprimer sans craindre une bosse rédhibitoire dans le final.
Le départ fictif sera donné à 12h45 depuis Épône, mais ne vous fiez pas à la topographie. Si le profil est mathématiquement plat, la météo et le placement dans les vingt derniers kilomètres pourraient transformer cette classique pour sprinteurs en véritable champ de bataille.
Pourquoi Montargis est-il un juge de paix pour les trains ?
L’arrivée sur l’Avenue du Général De Gaulle, avec sa longue ligne droite de 800 mètres, est un cas d’école en France. Pourtant, comme nous le rappellent les données des éditions précédentes, le dernier kilomètre à Montargis est un exercice de style où la puissance brute ne suffit pas.
Le piège des ronds-points : le placement, clé de voûte de l’étape
Si l’arrivée est large, la phase d’approche est technique. Les coureurs devront négocier plusieurs ronds-points dans les 5 derniers kilomètres. C’est là que les « poissons-pilotes » gagnent leur salaire. Perdre la roue de son équipier à ce jeu de l’élastique, c’est dire adieu à la gagne. Comme le souligne notre rédaction, la vitesse moyenne sur ce type de final dépasse souvent les 55 km/h, ne laissant aucune place à l’improvisation de dernière minute.
Et si le vent s’en mêlait ? L’héritage des bordures
Avec 72 kilomètres finaux totalement plats et rectilignes, notamment après La Chapelle-la-Reine, le moindre vent de travers peut transformer cette étape en cassure. On se souvient que Paris-Nice, c’est aussi « la course au soleil » mais parfois au vent. Si une équipe comme la Visma | Lease a Bike (qui n’a pas de sprinteur pur) sent une opportunité, elle pourrait tenter de produire un effet de bordure bien avant l’emballage final, piégeant les grosses cuisses.
Le duel des trains : Qui peut détrôner Biniam Girmay ?
L’analyse des favoris ne peut se résumer à une simple liste d’étoiles. Il faut regarder le moteur collectif. Cette année, la hiérarchie semble claire sur le papier, mais la mécanique des trains est fragile.
La NSN Cycling Team peut-elle maîtriser le final ?
Biniam Girmay (⭐ ⭐ ⭐) arrive avec l’étiquette de patron. 5e dimanche à Carrières-sous-Poissy, l’Érythréen sort d’une démonstration à la Clasica de Almeria. Sa formation, la NSN Cycling Team, possède l’un des collectifs les plus rodés du peloton.
La question tactique : Lewis Askey, souvent utilisé comme poisson-pilote, est un atout majeur. Son expérience et son coup de rein pour fermer les portes dans les derniers hectomètres sont redoutables. Si le train fonctionne (Tom van Asbroeck en ouvreur, Riley Sheenan en relais), Girmay peut sauter dans le sillage parfait à 200 mètres de la ligne. Mais attention : cette mécanique de précision est-elle trop prévisible ?
Luke Lamperti, le vainqueur de la veille, peut-il doubler ?
Luke Lamperti (⭐ ⭐) a démontré qu’il avait l’explosivité pour gagner sur Paris-Nice. Mais enchaîner est un autre défi.
L’atome caché : Marijn van den Berg. Le Néerlandais est un véritable kamikaze du placement. Etre scotché à sa roue dans le final, c’est s’assurer un coulour prioritaire. Si van den Berg répète son travail de la veille, Lamperti aura une carte maîtresse à jouer. Sera-t-il aussi frais pour conclure ?
La double casaque des « Milan » : Fretin et Menten à l’heure italienne
C’est l’un des duos les plus intrigants du peloton. Milan Fretin et Milan Menten (⭐) ne sont pas de la même équipe, mais ils partagent un prénom prédestiné.
Milan Fretin (Cofidis) 4e hier (dimanche) peut compter sur Bryan Coquard en dernier homme. Coquard, rouleur puissant, est capable d’emmagasiner de la vitesse très tôt.
Milan Menten (Lotto Intermarché) dispose de Vito Braet, aperçu très à l’aise dans les derniers mètres techniques de Carrières-sous-Poissy (2e). Le Lotto a souvent l’intelligence de ne pas lancer trop tôt.
Les outsiders techniques : Bauhaus et l’armada Astana
Phil Bauhaus (⭐ ⭐) sort d’une élimination précoce la veille ? Parfait. L’Allemand de 31 ans est un compétiteur qui mord sur le bitume quand on lui vole un sprint. Le coureur de la Bahrain Victorious excelle dans les finals nerveux où les coureurs se marquent, comme ce sera le cas à Montargis.
Du côté de la XDS Astana, on mise sur la jeunesse et la puissance. Avec Mike Teunissen et Yevgeniy Fedorov pour lancer Max Kanter (⭐), le train kazakh a du potentiel. Teunissen, ancien champion du monde de cyclocross, est l’un des meilleurs « pilotes » du peloton pour placer un sprinteur dans une roue adverse.
Leçons du passé : Montargis, ville étape à histoire
Il y a deux ans, sur cette même ligne, un certain Arvid de Kleijn créait la surprise. Ce jour-là, il avait dominé Laurence Pithie et Dylan Groenewegen, prouvant que Montargis ne regarde pas que le plus connu, mais aussi le mieux placé. Cette donnée historique est cruciale pour comprendre l’enjeu : aucun favori n’est à l’abri d’un « gros moteur » bien emmené.
Orluis Aular (Movistar), 3e hier, par exemple, correspond à ce profil. Le Vénézuélien ne se laisse pas bousculer, et sur une arrivée où la puissance brute est reine, il peut créer l’étincelle si les ténors se regardent.
Diffusion et Horaires : Suivre l’étape en direct
Pour les passionnés qui veulent traquer le placement des trains dès le kilomètre zéro, voici le récapitulatif des horaires indispensables pour ce lundi 9 mars 2026 :
Départ réel : 12h50
Arrivée estimée : Entre 16h49 et 17h11 (moyenne calculée entre 43 et 47 km/h)
Direct TV : France 3, Eurosport 2 et Eurosport Max à partir de 15h20.
Direct streaming : RTBF Auvio (Belgique) et Eurosport Player.
Question à la communauté : Selon vous, la NSN Cycling Team réussira-t-elle à contrôler les 5 derniers kilomètres pour offrir la gagne à Girmay, ou un « Milan » va-t-il créer la surprise en profitant du marquage des gros favoris ?
Verdict : Cette 2e étape est une pépite pour les amateurs de stratégie. Si le vent ne crée pas de bordure, le duel des trains dans les rues de Montargis promet un feu d’artifice. La hiérarchie du sprint mondial 2026 pourrait bien se redessiner sur l’Avenue Charles de Gaulle.
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Il n’était pas dans les favoris, mais c’est bien lui qui porte désormais le premier maillot jaune de cette 84e édition. Dans un final digne d’un scénario hollywoodien, Luke Lamperti a profité d’un sprint décousu et d’une chute dans le dernier virage pour offrir à l’équipe EF Education-EasyPost une victoire inaugurale sur Paris-Nice. Retour sur une étape où le chaos a souri au plus audacieux.
Paris-Nice 2026 : Luke Lamperti, l’éclair américain qui a surgi du chaos
Ils étaient six à croire en leur bonne étoile en début d’étape. Ils sont des centaines à s’être jetés dans la gueule du loup, ce fameux virage à 90 degrés de Carrières-sous-Poissy qui a englouti les espoirs des favoris. Au milieu de ce chaos organisé, un nom s’est détaché, clairement, puissamment : Luke Lamperti. L’Américain de 23 ans, transfuge (pour une seule saison) de la Soudal-Quick Step, n’avait encore jamais gagné en WorldTour. C’est désormais chose faite, et de quelle manière ! En s’imposant sur la première étape de Paris-Nice 2026, il ne signe pas seulement sa septième victoire professionnelle ; il s’empare du maillot jaune de leader et s’invite à la table des grands.
Mais comment un « pur sprinteur », comme on le surnomme parfois, a-t-il pu déjouer tous les pronostics sur un parcours francilien rendu piégeux par la terrible côte de Chanteloup-les-Vignes ? Plongeons au cœur de cette étape qui restera comme l’un des scénarios les plus palpitants du début de saison.
Pourquoi cette première étape de Paris-Nice 2026 était-elle si redoutée ?
Le parcours de 171 kilomètres entre Achères et Carrières-sous-Poissy n’avait rien d’une promenade de santé. Avec près de 2000 mètres de dénivelé positif, ce premier acte de la « Course au Soleil » était un véritable piège tendu sous les roues des sprinteurs.
La côte de Chanteloup-les-Vignes : l’entonnoir qui a tout changé
Le juge de paix était connu d’avance : la côte de Chanteloup-les-Vignes. Une ascension courte mais violente (1,1 km à 8,3% avec des passages à plus de 12%), gravie à deux reprises et dont le dernier sommet se situait à seulement 11 kilomètres de l’arrivée. Un profil qui rappelait les classiques ardennaises plus qu’une simple étape de mise en jambes. Ce type de final peut être fatal pour les sprinteurs s’ils ne sont pas parfaitement protégés.
L’équipe Groupama-FDJ United l’avait bien compris, plaçant Ewen Costiou et Quentin Pacher en embuscade pour attaquer dans cette pente sévère. Si leur tentative n’a pas abouti, elle a eu le mérite d’user les dernières forces des baroudeurs et de tendre le peloton comme un élastique. Sur ces pentes, l’échappée matinale a vu Luke Durbridge (Jayco AlUla) lâcher prise, signe que la course s’emballait.
Luke Lamperti a-t-il seulement gagné ou a-t-il profité du chaos ?
C’est la question que tous les observateurs se posent. Si la victoire est belle, le scénario de l’arrivée a laissé un goût d’inachevé pour beaucoup.
L’analyse tactique du sprint final : erreurs, blocages et opportunisme
Revenons sur ces derniers hectomètres. À la sortie du dernier virage, un incident majeur se produit : Lenny Martinez (Bahrain Victorious) chute, entraînant un ralentissement général et brisant les élans. Dans ce désordre organisé, une équipe a gardé la tête froide : EF Education-EasyPost.
Marijn van den Berg, le sprinteur – poisson-pilote néerlandais, a réalisé un travail de titan pour placer son leader dans la meilleure position. Lancé à près de 200 mètres de la ligne, Luke Lamperti a produit un effort surpuissant, créant un trou que ses adversaires n’ont pu combler.
Selon nos données et statistiques, Lamperti a maintenu une vitesse de pointe supérieure à 68 km/h dans ce final, une puissance de freinage phénoménale qui a surpris tout le monde.
Derrière, c’est la cohue. Biniam Girmay (NSN Cycling), donné favori, s’est retrouvé enfermé le long des barrières, impuissant. Axel Zingle (Visma-Lease A Bike), pourtant parfaitement emmené par ses équipiers, a lui aussi subi le blocage. Vito Braet (Lotto Intermarché) a bien tenté un retour foudroyant, mais la ligne est arrivée trop tôt.
Le paradoxe Girmay : trop rapide mais trop bloqué ?
C’est sans doute la grande interrogation de cette étape. Biniam Girmay, l’un des sprinteurs les plus rapides du peloton, termine quatrième. Mais ce chiffre ne reflète pas sa course. Constamment bien placé, il s’est retrouvé piégé dans la roue de Lamperti, incapable de déboîter au moment crucial. Cela soulève une question tactique fondamentale : selon vous, la meilleure stratégie pour un sprinteur est-elle de s’isoler dans la roue d’un autre leader ou de lancer son propre sprint de plus loin ?
Cette interrogation est au cœur des débats dans le peloton et divise encore la communauté.
Qui sont les vrais gagnants et perdants de cette étape ?
Au-delà du résultat brut, cette première étape a livré des enseignements précieux sur l’état de forme des prétendants.
Les révélations : Lamperti, Braet et la force collective d’EF
Luke Lamperti (EF Education-EasyPost) : À 23 ans, le Californien prouve qu’il n’est plus seulement un espoir. Après deux tops 10 sur les classiques flandriennes (Omloop Het Nieuwsblad et Kuurne-Bruxelles-Kuurne), il confirme sa forme étincelante. Sa première victoire en WorldTour est un tremplin colossal pour la suite de sa saison.
Vito Braet (Lotto Intermarché) : Sa deuxième place est tout sauf anodine. Le Belge de 25 ans confirme son statut de valeur montante du sprint belge. Sa progression est linéaire et prometteuse.
Le collectif EF Education-EasyPost : Souvent décriée pour son manque de résultats, l’équipe américaine a réalisé un sans-faute. Du travail de Max Walker dans l’échappée à l’emménagement parfait de Marijn van den Berg, c’est une victoire collective.
Les déconvenues : Martinez, Zingle et la malchance de Girmay
Axel Zingle (Visma-Lease A Bike) : Neuvième de l’étape, le Français a vu ses efforts réduits à néant par le blocage. L’équipe Visma a pourtant roulé fort pour protéger Jonas Vingegaard et placer son sprinteur, mais le final piégeux a eu raison de leurs plans.
Lenny Martinez (Bahrain Victorious) : Le principal motif d’inquiétude. Si sa chute est sans gravité, elle rappelle la fragilité de ce genre de final. Heureusement, il a été classé dans le même temps que le peloton.
Biniam Girmay (NSN Cycling) : C’est le grand frustré du jour. Bloqué, enfermé, il n’a pas pu exprimer sa pointe de vitesse. Il aura l’occasion de prendre sa revanche, mais cette occasion manquée laissera des traces.
https://www.youtube.com/watch?v=ThA30aXzY-0
Et maintenant, que peut-on attendre de la 2e étape ?
Place à la récréation pour les sprinteurs ? Pas si sûr.
Épône – Montargis : le vrai sprint ou un nouveau traquenard ?
Lundi 9 mars, la deuxième étape promet 187 kilomètres entre Épône et Montargis. Sur le papier, le parcours est plus clément, avec un terrain globalement plat. Mais comme le veut l’adage, « Paris-Nice ne fait jamais de cadeau ». Les petites difficultés en début de parcours pourraient être le théâtre d’attaques de baroudeurs en mal de gloire.
On peut s’attendre à ce que les équipes de sprinteurs, notamment NSN et Visma, prennent fermement les rênes du peloton pour éviter toute mauvaise surprise. Ce sera l’occasion pour Axel Zingle et Biniam Girmay de remettre les pendules à l’heure.
Une chose est sûre : Luke Lamperti, avec le maillot jaune sur les épaules, ne le lâchera pas facilement. Et vous, qui voyez-vous s’imposer sur la deuxième étape ?
Classement Paris-Nice 2026, étape 1 – Top 20
LAMPERTI LUKE, EF Education – EasyPost les 170,9 km en 3:45:17 (45,5 km/h)
BRAET VITO, Lotto Intermarché m.t.
AULAR ORLUIS, Movistar Team m.t.
FRETIN MILAN, Cofidis m.t.
GIRMAY BINIAM, NSN Cycling Team m.t.
PLOWRIGHT JENSEN, Alpecin-Premier Tech m.t.
TEUNISSEN MIKE, XDS Astana Team m.t.
LØLAND SAKARIAS KOLLER, Uno-X Mobility m.t.
ZINGLE AXEL, Team Visma | Lease a Bike m.t.
DONALDSON ROBERT, Team Jayco AlUla m.t.
TURGIS ANTHONY, TotalEnergies m.t.
TRENTIN MATTEO, Tudor Pro Cycling Team m.t.
BOL CEES, Decathlon CMA CGM Team m.t.
GODON DORIAN, INEOS Grenadiers m.t.
MENTEN MILAN, Lotto Intermarché m.t.
DUJARDIN SANDY, TotalEnergies m.t.
PITHIE LAURENCE, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
FREDHEIM STIAN, Uno-X Mobility m.t.
VINOKUROV NICOLAS, XDS Astana Team m.t.
STUYVEN JASPER, Soudal Quick-Step m.t.
Classement général à l’issue de la 1ère étape – Top 20
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Deuxième des Strade Bianche derrière un Tadej Pogačar impérial, Paul Seixas (19 ans) a confirmé ce que les initiés chuchotaient depuis des mois : la France tient peut-être enfin le successeur de Bernard Hinault. Entre analyse d’un duel au sommet, progression fulgurante et projection sur le Tour de France 2026, décryptage d’un phénomène générationnel qui bouscule déjà la hiérarchie mondiale.
Paul Seixas, l’héritier annoncé : après les Strade Bianche, le prodige français est-il déjà prêt à défroncer le roi Pogačar ?
Il y a des courses qui consacrent les champions, et d’autres qui révèlent les héritiers. Ce samedi 7 mars 2026, sur les chemins blancs de Toscane, Tadej Pogačar (UAE Team Emirates XRG) a écrit un peu plus sa légende en décrochant une quatrième victoire record sur les Strade Bianche. Mais l’histoire de cette classique italienne, c’est aussi celle de l’émergence d’un phénomène. Un gamin de 19 ans, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM), a non seulement résisté à l’ogre slovène, mais a dominé les poursuivants pour s’offrir une deuxième place qui résonne comme un manifeste. Pour la première fois depuis des années, un coureur français a vraiment rivalisé, pendant 80 kilomètres, avec celui qui est considéré comme le plus grand talent de l’histoire du cyclisme.
En terminant sur la deuxième marche du podium à Sienne, Paul Seixas n’a pas simplement signé un résultat. Il a déclenché une onde de choc dans le petit monde du vélo. Les superlatifs pleuvent, des légendes comme Bernard Hinault sont convoquées, et le grand public, qui ne le connaissait pas il y a un mois, découvre un visage poupin mais des jambes de stentor. Alors, ce succès annoncé est-il une promesse de plus ou la naissance d’un nouveau monarque ? Plongeons dans l’analyse technique et prospective de ce phénomène.
Strade Bianche 2026 : le récit d’un duel intergénérationnel
Pour comprendre l’ampleur de la performance de Paul Seixas, il faut revenir sur le scénario de cette course devenue un classique incontournable. Sur les 203 kilomètres ponctués de secteurs de gravier blanc, la logique voulait qu’un seul homme écrase la concurrence. Mais la course a offert un suspense inattendu.
Paul Seixas, le seul à avoir vu les talons de Pogačar
Si le scénario de la victoire était écrit d’avance, celui de la deuxième place était une immense inconnue. Et c’est un Français de 19 ans, Paul Seixas, qui a créé la surprise. Vainqueur de l’Ardèche Classic une semaine plus tôt, le Lyonnais a confirmé sur la plus grande scène des classiques qu’il était bien plus qu’un simple espoir.
Paul Seixas, le « monstre » annoncé : analyse d’une progression fulgurante
Au-delà de l’exploit ponctuel, c’est la trajectoire de Paul Seixas qui interpelle les observateurs. En l’espace de quelques semaines, le coureur de Decathlon a changé de dimension, passant du statut de grand espoir à celui de leader capable de rivaliser avec l’élite mondiale.
Qui est vraiment Paul Seixas ? (Parcours, palmarès, style)
Né à Lyon il y a 19 ans, Paul Seixas est un pur produit de la nouvelle école cycliste française. Biberonné au Tour de France par son grand-père paternel, qui vit non loin de la mythique côte de Domancy, il a construit son talent sur une base technique solide acquise en cyclo-cross, ce qui lui confère une aisance en descente et une maîtrise du vélo dans les conditions difficiles que peu de purs grimpeurs possèdent.
Son palmarès chez les juniors parle pour lui : champion du monde du contre-la-montre en 2024 (7e sur route), il a également décroché le bronze aux championnats d’Europe. Un signe du destin. Passé professionnel il y a tout juste un an, il a immédiatement montré des aptitudes, mais c’est en février 2026 que l’explosion a eu lieu. Une première victoire d’étape et une deuxième place au général sur le Tour de l’Algarve derrière Juan Ayuso et et devant Joao Almeida, puis un raid solitaire de 40 kilomètres sur la Faun Ardèche Classic où il relègue Matteo Jorgenson à près de deux minutes. Sur ce même parcours, il égale le record de l’ascension de Saint-Romain-de-Lerps établi cinq mois plus tôt par… Pogačar.
Son style ? Un coureur complet. Capable de gagner un chrono (son titre mondial l’atteste), de grimper avec les meilleurs et de gérer un effort en solitaire sur un parcours usant. En parallèle, il poursuit des études à l’EM Lyon, dans un programme pour sportifs de haut niveau, gardant ainsi un équilibre rare à son âge.
Pourquoi les experts le comparent-ils déjà à Pogačar (et à Hinault) ?
La comparaison avec Pogačar est née de cette complétude technique et de cette précocité. Le Slovène avait 21 ans lors de sa première victoire sur le Tour. Seixas, à 19 ans, montre déjà une palette similaire : gagne au sprint, en solitaire, contre-la-montre…
La référence à Bernard Hinault, dernier vainqueur français du Tour en 1985, est plus lourde encore. Le parallèle avec le « Blaireau » repose sur ce caractère de gagneur, cette capacité à s’imposer sur tous les terrains et ce sang-froid qui force le respect des cadors. Là où Thibaut Pinot et Romain Bardet ont buté sur des limites physiques ou psychologiques, Seixas semble déjà armé pour le combat au plus haut niveau.
Question aux lecteurs : À 19 ans, Paul Seixas vient de signer le meilleur résultat français sur une classique WorldTour depuis des années. Pensez-vous qu’il peut viser la gagne sur un Monument comme Liège-Bastogne-Liège ou le Tour de Lombardie dès 2026 ?
L’écart avec le « patron » s’est-il vraiment réduit ?
Le chiffre est là : 1 minute d’écart sur la ligne d’arrivée à Sienne. Mais cette minute ne raconte pas toute l’histoire. L’analyse des données et des circonstances de course montre que le fossé entre Paul Seixas et Tadej Pogačar est bien moins large que celui qui sépare le Slovène du reste du peloton.
Sur le Monte Sante Marie, l’écart s’est creusé à cause d’un concours de circonstances défavorable. La « cassure » dans la descente et les deux incidents mécaniques de Tom Pidcock, qui ont forcé Seixas à un effort supplémentaire pour revenir dans la roue de Pogačar, ont été déterminants. Un effort qui l’a empêché, selon ses propres mots, de tenir cette fameuse roue jusqu’au sommet.
L’autre indicateur, c’est sa gestion mentale. Alors que Pogačar s’échappait, Seixas a gardé sa lucidité. Il a accepté sa défaite sur le moment pour préparer la suite, s’économisant en vue du sprint pour la deuxième place. C’est le comportement d’un coureur qui pense à long terme, pas d’un jeune qui veut brûler les étapes.
Et maintenant ? Calendrier, Tour de France et avenir
Fort de ce podium retentissant, la question qui brûle toutes les lèvres est désormais : quand verra-t-on Paul Seixas à l’assaut du Tour de France ?
Le programme 2026 de Paul Seixas (Tour du Pays Basque, les Ardennaises)
Le staff de Decathlon CMA CGM a construit un calendrier minutieusement pensé pour ne pas brusquer son prodige. Après les Strade Bianche, Paul Seixas va observer un mois de coupure pour recharger les batteries, avant de reprendre sur le Tour du Pays basque (6-11 avril). Il enchaînera ensuite avec les classiques ardennaises : la Flèche Wallonne (22 avril) et surtout Liège-Bastogne-Liège (26 avril), le Monument qui semble taillé pour ses qualités de puncheur-grimpeur. Ce sera un nouveau test grandeur nature face à Pogačar et Evenepoel, sur un terrain encore plus exigeant.
Sera-t-il au départ de la Grande Boucle à Barcelone ?
C’est le dossier brûlant. La décision ne sera prise qu’après les Ardennaises. Plusieurs éléments plaident pour une participation. D’abord, l’équipe a annoncé vouloir remporter le Tour d’ici 2030. Ensuite, le calendrier de Seixas ne prévoit ni Giro, ni Vuelta (incompatible avec les Mondiaux fin septembre). Une absence du Tour signifierait une deuxième saison sans Grand Tour. Enfin, l’opinion publique est déjà acquise. Qui ne voudrait pas le voir aligné dès cet été.
Cependant, la prudence est de mise. Son équipe, consciente de la pression médiatique immense qui accompagnerait ses débuts sur la Grande Boucle, pourrait opter pour une saison de plus en apprentissage, avec un programme centré sur les WorldTour d’une semaine et les classiques.
La Seixas-mania ne fait que commencer
Alors que la poussière des Strade Bianche retombe sur Sienne, une certitude émerge : le cyclisme français tient son héritier. Paul Seixas n’est pas seulement un espoir de plus, c’est un talent générationnel qui coche toutes les cases : physique, technique, mental et médiatique. Sa deuxième place derrière Tadej Pogačar, acquise au terme d’un scénario où il a dû surmonter les coups du sort et la tactique d’équipe, prouve qu’il a l’étoffe d’un futur champion.
Le chemin est encore long pour succéder à Bernard Hinault. Il lui faudra confirmer sur trois semaines, gérer la pression, et continuer à réduire cet infime écart qui le sépare du « patron ». Mais samedi, sur les collines toscanes, Paul Seixas a envoyé un message clair à l’ogre slovène : l’héritier est arrivé, et il compte bien ne pas se contenter de miettes. La Seixas-mania, portée par des performances toujours plus étincelantes, ne fait que commencer. Et elle promet d’écrire quelques-unes des plus belles pages du cyclisme français des prochaines décennies.
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Dimanche 8 mars, la 84e édition de la Course au Soleil s’élance des Yvelines. Si le parcours de 170,9 kilomètres entre Achères et Carrières-sous-Poissy affiche un profil plat sur le papier, le circuit final et l’implacable côte de Chanteloup-les-Vignes tendent un piège redoutable aux sprinteurs. Entre la rentrée de Jonas Vingegaard, l’ambition de Juan Ayuso et la soif de victoire des puncheurs français, cette ouverture promet des étincelles. Voici notre analyse complète de cette étape qui pourrait lancer les grandes manœuvres avec une semaine d’avance.
Le peloton de la 84e édition de Paris-Nice s’élance d’Achères ce dimanche 8 mars à 12h50. Sur le papier, les 170,9 kilomètres qui mènent à Carrières-sous-Poissy portent l’étiquette « étape de plaine ». Mais sur la Course au Soleil, les apparences sont souvent trompeuses, et cette édition 2026 ne déroge pas à la règle. En l’absence des trois monstres sacrés que sont Tadej Pogačar, Remco Evenepoel et le double tenant du titre Matteo Jorgenson, une hiérarchie semble se dessiner. Pourtant, c’est bien dans cette relative incertitude que réside tout le sel de ce millésime.
Nous aurons le regard braqué sur le circuit final de Carrières-sous-Poissy. C’est là, sur les pentes de la côte de Chanteloup-les-Vignes, que les sprinteurs pourraient voir leur rêve de lever les bras s’effriter dans un coup de bordure ou une attaque sèche des leaders. Jonas Vingegaard (Team Visma – Lease a Bike) effectue sa rentrée. Juan Ayuso (Lidl Trek) veut marquer la course de son empreinte. Et derrière eux, une meute de puncheurs français affamés guette le moindre faux-pas.
Pourquoi le circuit final de Carrières-sous-Poissy est un piège pour les sprinteurs ?
Décortiquons les derniers kilomètres, car c’est là que tout va se jouer. Après avoir avalé les 150 premiers kilomètres ponctués par les difficultés de Gargenville (2,5 km à 4,8%) et de Vaux-sur-Seine, le peloton entrera dans le vif du sujet.
Le juge de paix : la côte de Chanteloup-les-Vignes
Les coureurs devront négocier deux tours d’un circuit local autour de Carrières-sous-Poissy. L’obstacle est le même à chaque tour : la côte de Chanteloup-les-Vignes. Avec ses 1,1 kilomètre à 8,3% de pente moyenne et un passage à 12%, ce n’est pas un col des Alpes, mais c’est un piège diabolique en ce début de saison.
Le premier passage pourrait servir à tester sa forme et ses adversaires et à durcir le tempo pour dégraisser le peloton. Mais c’est lors du second passage, dont le sommet est situé à seulement 10 kilomètres de la ligne d’arrivée, que la course peut basculer. Les pourcentages soutenus offrent une rampe de lancement idéale pour une attaque.
Le sprint intermédiaire : une carotte dangereuse
Autre détail stratégique qui a son importance : un sprint intermédiaire est placé sur la ligne d’arrivée, 16,6 kilomètres avant le vrai final. Ce n’est pas anodin. Conformément à l’article 13 du règlement, il offrira 6, 4 et 2 secondes de bonification aux trois premiers.
C’est un appât. On peut très bien imaginer un puncheur comme Juan Ayuso tenter de glaner ces secondes dès le premier passage. Cela obligerait les équipes de sprinteurs à roueler, usant ainsi leurs équipiers avant l’ascension fatidique. Une équipe comme Lidl-Trek pourrait-elle activer ce plan pour mettre son leader dans les meilleures dispositions ? La question est ouverte.
Qui sont les favoris pour le premier maillot jaune ?
Avec ce profil exigeant, le gagnant de cette première étape devra être plus qu’un simple rouleur. Il faudra de l’explosivité, de la vista et une équipe solide. Voici notre analyse des forces en présence, basée sur les données de début de saison.
Les patrons du général en embuscade
Pour ces coureurs, l’objectif est double : s’adjuger la première victoire et asseoir leur autorité psychologique.
⭐⭐⭐ Jonas Vingegaard (Team Visma – Lease a Bike) : Le Danois effectue sa rentrée. On ne l’attend pas forcément à 100%, mais la machine Visma est réglée pour gérer ce type d’étape. Si l’équipe décide de « faire les Guêpes » et d’imprimer un rythme infernal dans Chanteloup-les-Vignes, ils peuvent disloquer le peloton. Le scénario idéal pour Vingegaard serait d’arriver isolé avec un ou deux compères et de régler le sprint.
⭐⭐ Juan Ayuso (Lidl Trek) : L’Espagnol est peut-être le coureur le plus à l’aise sur ce profil. Puncheur au départ, il a les références pour gicler dans les 10 derniers kilomètres. Si Vingegaard attaque, Ayuso sera dans la roue du Danois. Et dans un sprint à deux, le jeune Espagnol pourrait prendre le dessus. Son début de saison canon en fait l’un des tout premiers favoris.
⭐ Daniel Martinez (Red Bull – BORA – hansgrohe) : Le Colombien a le punch nécessaire. Si l’ascension est menée très vite, il peut faire des dégâts. Son rôle sera plus d’accompagner les meilleurs que de les devancer, mais il ne faut jamais le sous-estimer sur ce type d’effort court et intense.
⭐ Oscar Onley (INEOS Grenadiers) : Le Britannique est la grande révélation potentielle de ce Paris-Nice. Son profil de puncheur-grimpeur colle parfaitement à ce final. Il aura l’avantage de pouvoir jouer sa carte personnelle.
Les puncheurs et les flèches françaises
C’est le terrain de jeu favori des attaquants. Et la France a de sérieux atouts à faire valoir.
⭐⭐ Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) : Notre favori numéro un pour ce scénario. Le Normand a montré par le passé qu’il était capable de s’immiscer dans ce type de bagarres. Sa pointe de vitesse est redoutable sur un petit groupe. Il a le timing et l’intelligence de course pour surprendre les cadors dans un final nerveux. Son comportement et ses accessits sur le récent Tour d’Algarve parlent en sa faveur.
⭐ Dorian Godon (INEOS Grenadiers) : Le champion de France sur route, lui aussi est un habitué des fins de course animées. Dans un peloton réduit à 30-40 unités, sa puissance est un atout. Il pourrait profiter du travail de ses équipiers pour placer sa pointe.
⭐ Axel Zingle (Team Visma – Lease a Bike) : Depuis déjà une saison sous le maillot Visma, il pourrait être l’arme fatale si le peloton arrive groupé mais fatigué, ou si Vingegaard échoue à s’isoler. Zingle a le punch pour un sprint en petit comité.
⭐ Lenny Martinez (Bahrain Victorious) : Il est plus grimpeur, mais attention à son instinct offensif. Il pourrait tenter un coup à distance dans la descente qui suit la côte, pour créer la surprise.
Les sprinteurs en quête de survie
Ils devront passer un test d’endurance. Pour certains, l’objectif sera simplement de survivre à Chanteloup-les-Vignes.
⭐ Biniam Girmay (NSN Cycling Team) : Le ccoureur Erythréen a prouvé à maintes reprises qu’il pouvait passer les bosses. Son équipe aligne probablement le meilleur train du peloton. Si l’ascension est contrôlée et qu’ils peuvent le placer dans les meilleures conditions, il est le numéro un des purs sprinteurs pour ce final.
⭐ Luke Lamperti (Team Soudal Quick-Step) : Avec déjà 14 jours de courses dans les jambes, l’Américain est en feu en ce début de saison. Ses places sur le Tour de Provence et ses deux tops 10 lors du week-end d’ouverture belge (Omloop et Kuurne) montrent une forme étincelante. Sur ce type de parcours exigeant, sa puissance et sa hargne peuvent lui permettre de créer l’exploit.
⭐ Phil Bauhaus (Bahrain Victorious) : Parmi les autres sprinteurs, c’est celui qui a le plus de références sur ce genre de difficultés. Il faudra compter avec lui si l’allure n’est pas suicidaire dans la bosse.
1ère étape Paris-Nice 2026 : Les questions clés qui animeront la course
Pour alimenter le débat entre passionnés, voici les deux scénarios qui pourraient faire basculer cette première journée.
Question 1 : Visma va-t-elle jouer le « tout pour la gagne » dès le premier jour ?
On connaît la philosophie de l’équipe néerlandaise : quand on peut gagner, on gagne. Avec un Jonas Vingegaard en reprise, est-ce que l’état-major prendra le risque de tout brûler pour un succès d’étape et un premier maillot jaune qui pourrait peser sur les épaules du Danois toute la semaine ? Ou bien laisseront-ils filer une échappée pour contrôler et offrir l’étape à Axel Zingle dans un sprint plus massif ? La réponse conditionne tout le scénario.
Question 2 : Les Français peuvent-ils profiter de l’absence des trois « extraterrestres » pour frapper un grand coup ?
Avec Pogacar, Evenepoel et Jorgenson absents, la hiérarchie est plus ouverte. C’est le moment ou jamais pour Kévin Vauquelin, David Gaudu ou Dorian Godon de s’imposer face à des Vingegaard et Ayuso qui, s’ils sont les favoris, ne sont pas invincibles sur ce type d’étape. Une victoire française à Carrières-sous-Poissy lancerait idéalement la Course au Soleil.
[RÉCAP] Parcours, profil, horaires et diffusion TV de l’étape 1
Pour ne rien manquer de ce grand rendez-vous, voici toutes les informations pratiques.
Le parcours de l’étape :
Départ : Achères (Yvelines)
Arrivée : Carrières-sous-Poissy (Yvelines)
Distance : 170,9 kilomètres
Profil : Plat mais piégeux, avec un circuit final vallonné.
Difficulté principale : Côte de Chanteloup-les-Vignes (1,1 km à 8,3%), à franchir deux fois, dont le dernier sommet à 10 km de l’arrivée.
Horaires :
Départ réel : 12h50
Arrivée estimée : Entre 17h00 et 17h15
Diffusion TV :
France 3 : Direct à partir de 15h20 (final de l’étape).
Eurosport 2 & Eurosport MAX : Direct à partir de 15h20.
Tipik / RTBF Auvio : Direct à partir de 15h20 (pour nos amis belges).
Rendez-vous dimanche pour le coup d’envoi de cette 84e édition. Une chose est sûre : le vainqueur à Carrières-sous-Poissy portera un maillot jaune qui, cette année plus que jamais, pourrait être le prélude à une semaine de tous les possibles.
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Il y a ceux qui regardent les Strade Bianche, et il y a Tadej Pogacar qui les réécrit. Ce samedi, le Slovène a décroché un quatrième sacre record sur les chemins blancs toscans, imitant son propre chef-d’œuvre de 2024 avec une chevauchée solitaire de 78 kilomètres. Pourtant, si « Pogi » a écrasé la course de sa puissance, c’est un gamin de 19 ans qui a volé la lumière. Le Français Paul Seixas, pour ses premiers pas sur la gravel, a non seulement résisté à l’ogre, mais a dominé le sprint des poursuivants pour s’offrir une deuxième place qui a tout d’un manifeste. Bienvenue dans l’histoire d’un duel des générations.
L’ogre et le prodige : Pogacar écrit sa légende, Seixas lui vole la vedette sur les Strade Bianche 2026
Les Strade Bianche 2026 auront accouché d’une évidence et d’une révélation. L’évidence, c’est Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) levant les bras sur la Piazza del Campo de Sienne pour la quatrième fois de sa carrière. Le phénomène slovène a fait ce qu’il sait faire de mieux : transformer une Classique en démonstration de force en solitaire. Mais la course, programmée pour être un nouveau one-man-show, a offert un suspense inattendu grâce à un Français de 19 ans, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM). En résistant au rouleau compresseur UAE et en réglant Isaac Del Toro dans l’ultime rampe, Seixas a signé un exploit qui replace la France au cœur des débats sur les Classiques du futur. Voici le récit d’une journée où le roi a été couronné, mais où l’héritier a pointé le bout de son nez.
Comment Tadej Pogacar a-t-il construit son quatrième sacre record ?
D’aucuns diraient que c’est une routine. Mais pour Tadej Pogacar, chaque victoire aux Strade Bianche est une nouvelle pierre apportée à son mythe. En s’imposant pour la quatrième fois en six participations, le double champion du monde dépasse désormais seul Fabian Cancellara au palmarès de l’épreuve. Ce samedi, la partition a été parfaitement exécutée par l’orchestre UAE.
La stratégie UAE : le forcing du Monte Sante Marie comme terrain de jeu favori
Comme par le passé, la décision s’est jouée sur le secteur du Monte Sante Marie, le plus long de la journée (11,5 km). L’équipe émiratie, fidèle à son plan de bataille, a haussé le ton dès l’approche du secteur. Florian Vermeersch a durci le rythme, puis le Suisse Jan Christen a imprimé une accélération dévastatrice. Le peloton s’est disloqué, ne laissant aux avant-postes qu’un groupe d’une dizaine d’unités, dont Matteo Jorgenson (Visma-Lease a Bike), Tom Pidcock (Pinarello Q36.5) et Romain Grégoire (Groupama-FDJ UNited).
C’est alors, à 78 kilomètres de l’arrivée, que le numéro est venu. Pogacar a placé une attaque brutale, celle que personne ne peut suivre. « J’ai vu que l’équipe avait fait un travail incroyable pour durcir la course, et je me suis dit que c’était le moment ou jamais« , a sobrement commenté le principal intéressé après la course. Un instant, Paul Seixas a tenté de recoller, donnant l’illusion d’un duel, mais le Slovène en a remis une couche pour faire sauter le jeune Français de sa roue.
« Hulk » et le compteur : les secrets d’un rouleau compresseur
Au cœur de ce numéro, une image a marqué les téléspectateurs : celle de Pogacar, le regard fixé sur son compteur, avec un autocollant « Hulk » sur sa potence. Un détail qui en dit long sur la méthode du cannibale moderne. Loin de l’image du fou furieux, le Slovène a géré son effort avec une précision chirurgicale. Son avance n’a jamais dépassé les 2 minutes, signe d’une parfaite gestion de l’effort et d’une science de la course qui confine à la perfection. Une leçon de gestion qui a transformé une course de 203 km en un long exercice de power-mètre.
La révélation Paul Seixas : le prodige français a-t-il déjà rejoint l’élite ?
Si le scénario de la victoire était prévisible, celui de la deuxième place était une immense inconnue. Et c’est un Français de 19 ans, Paul Seixas, qui a créé la surprise. Vainqueur de l’Ardèche Classic une semaine plus tôt, le jeune Lyonnais a confirmé sur la plus grande scène des classiques qu’il était bien plus qu’un espoir.
Le mano a mano perdu avec Pogacar… et la leçon apprise
Le moment clé pour Seixas fut son bref rapproché sur Pogacar dans le Monte Sante Marie. « Il répond présent face aux attentes. Ce gamin va devenir un monstre sur le vélo » a prévenu le Slovène après l’arrivée, impressionné par la résistance du Français. Pendant quelques hectomètres, Seixas a cru pouvoir inverser le script, avant de comprendre la différence de niveau. Mais plutôt que de sombrer, il a géré son effort. C’est là que le jeune coureur a montré une maturité déconcertante : il a accepté de perdre du temps pour mieux revenir. Il a laissé filer Pogacar, a été repris par le groupe de chasse, et a repensé sa course.
Le final de haut vol : comment Seixas a dominé Del Toro dans la Via Santa Caterina
La véritable démonstration de force de Seixas est intervenue dans le final. Alors que le groupe des poursuivants s’était reformé, le Français a placé une attaque tranchante dans le secteur du Colle Pinzuto, celui-là même qui porte désormais le nom de Pogacar. Seul Isaac Del Toro, coéquipier du leader et deuxième couteau d’UAE, a pu sauter dans sa roue.
S’en est suivi un mano a mano tactique de 18 kilomètres. Del Toro, logiquement, a refusé de prendre des relais pour préserver les chances de son leader. Seixas a alors assumé l’essentiel du travail, conscient que sa place sur le podium dépendait de sa capacité à distancer le Mexicain. Il a attendu l’ultime difficulté, la terrible Via Santa Caterina, pour porter l’estocade. Dans les pourcentages à plus de 16%, Seixas a placé une accélération que Del Toro n’a pu suivre, franchissant la ligne avec une minute de retard sur Pogacar, mais avec la fierté d’un vainqueur.
Question aux lecteurs : À 19 ans, Paul Seixas vient de signer le meilleur résultat français sur une classique WorldTour depuis des années. Pensez-vous qu’il peut viser la gagne sur un Monument dès 2026 ou 2027 ?
Strade Bianche 2026 : un podium pour l’histoire
Avec Tadej Pogacar (27 ans), Paul Seixas (19 ans) et Isaac Del Toro (22 ans), le podium de cette édition 2026 est le plus jeune de l’histoire de la classique italienne. Il efface des tablettes celui de 2018 (Benoot, Bardet, Van Aert) qui affichait une moyenne de 24 ans. Un symbole fort pour l’avenir du cyclisme.
Derrière, Romain Grégoire (Groupama-FDJ UNited) confirme son excellent printemps en prenant une solide 4e place, réglant au sprint un petit groupe comprenant Gianni Vermeersch et Jan Christen (UAE), tandis que Tom Pidcock, victime de deux sauts de chaîne dans des moments cruciaux, doit se contenter de la 7e place. Wout van Aert, en retrait, complète le top 10.
Classement complet des Strade Bianche 2026
POGAČAR TADEJ, UAE Team Emirates – XRG les 203 km en 4:45:15 (42,7 km/h)
SEIXAS PAUL, Decathlon CMA CGM Team +1:00
DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG +1:09
GRÉGOIRE ROMAIN, Groupama – FDJ United +2:04
VERMEERSCH GIANNI, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
CHRISTEN JAN, UAE Team Emirates – XRG +2:07
PIDCOCK THOMAS, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team +2:14
JORGENSON MATTEO, Team Visma | Lease a Bike +2:20
KRON ANDREAS, Uno-X Mobility +3:46
VAN AERT WOUT, Team Visma | Lease a Bike m.t.
LABROSSE JORDAN, Decathlon CMA CGM Team m.t.
HEALY BEN, EF Education – EasyPost +3:52
VALGREN MICHAEL, EF Education – EasyPost +4:10
LAPEIRA PAUL, Decathlon CMA CGM Team +5:01
VANSEVENANT MAURI, Soudal Quick-Step +5:21
VENDRAME ANDREA, Team Jayco AlUla +6:57
BRAZ AFONSO CLÉMENT, Groupama – FDJ United +6:59
BILBAO PELLO, Bahrain – Victorious +7:01
ZANA FILIPPO, Soudal Quick-Step +7:02
ALAPHILIPPE JULIAN, Tudor Pro Cycling Team +7:05
PESCADOR DIEGO, Movistar Team +8:39
VENTURINI CLÉMENT, Unibet Rose Rockets +9:29
JOHANNESSEN TOBIAS HALLAND, Uno-X Mobility +9:32
MOHORIČ MATEJ, Bahrain – Victorious +9:39
BOICHIS ADRIEN, Red Bull – BORA – hansgrohe +9:49
PLANCKAERT EDWARD, Alpecin-Premier Tech m.t.
EULÁLIO AFONSO, Bahrain – Victorious +9:55
GAROFOLI GIANMARCO, Soudal Quick-Step m.t.
GAUTHERAT PIERRE, Decathlon CMA CGM Team m.t.
GUALDI SIMONE, Lotto Intermarché m.t.
LAURANCE AXEL, INEOS Grenadiers m.t.
SOBRERO MATTEO, Lidl – Trek m.t.
MIQUEL PAU, Bahrain – Victorious m.t.
SILVA GUILLERMO THOMAS, XDS Astana Team +10:01
DVERSNES FREDRIK LAVIK, Uno-X Mobility +10:03
LECERF JUNIOR, Soudal Quick-Step m.t.
KOERDT BJORN, Team Picnic PostNL m.t.
DONOVAN MARK, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
CARAPAZ RICHARD, EF Education – EasyPost m.t.
L’HOTE ANTOINE, Decathlon CMA CGM Team m.t.
MARTÍ PAU, NSN Cycling Team m.t.
MADOUAS VALENTIN, Groupama – FDJ United m.t.
SCHRETTL MARCO, XDS Astana Team m.t.
POELS WOUT, Unibet Rose Rockets m.t.
VELASCO SIMONE, XDS Astana Team m.t.
VAN MOER BRENT, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
LOOCKX LANDER, Unibet Rose Rockets m.t.
TURCONI FILIPPO, Bardiani CSF 7 Saber +10:11
GENIETS KEVIN, Groupama – FDJ United +10:15
BUSATTO FRANCESCO, Alpecin-Premier Tech +10:17
VERMEERSCH FLORIAN, UAE Team Emirates – XRG +10:28
GROSSSCHARTNER FELIX, UAE Team Emirates – XRG m.t.
HAIG JACK, INEOS Grenadiers m.t.
VERMAERKE KEVIN, UAE Team Emirates – XRG m.t.
REX TIM, Team Visma | Lease a Bike m.t.
SHAW JAMES, EF Education – EasyPost m.t.
ROLLAND BRIEUC, Groupama – FDJ United m.t.
TONEATTI DAVIDE, XDS Astana Team m.t.
MÜHLBERGER GREGOR, Decathlon CMA CGM Team +10:50
KIELICH TIMO, Team Visma | Lease a Bike +10:53
ISIDORE NOA, Decathlon CMA CGM Team +11:18
JOHANNESSEN ANDERS HALLAND, Uno-X Mobility +11:22
SIMMONS QUINN, Lidl – Trek +12:02
SLOCK LIAM, Lotto Intermarché +12:28
VOISARD YANNIS, Tudor Pro Cycling Team +12:35
ZOCCARATO SAMUELE, MBH Bank CSB Telecom Fort +12:42
HONORÉ MIKKEL FRØLICH, EF Education – EasyPost +12:50
CHRISTOPHERSEN CEDRIK BAKKE, Unibet Rose Rockets +12:52
CHAMPOUSSIN CLÉMENT, XDS Astana Team +12:56
VALTER ATTILA, Bahrain – Victorious m.t.
MEURISSE XANDRO, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
SEVILLA DIEGO PABLO, Team Polti VisitMalta m.t.
VERSTRYNGE EMIEL, Alpecin-Premier Tech +13:00
FOLDAGER ANDERS, Team Jayco AlUla +13:30
RIVERA BRANDON SMITH, INEOS Grenadiers +14:17
DEL GROSSO TIBOR, Alpecin-Premier Tech +14:42
CATTANEO MATTIA, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
MAGLI FILIPPO, Bardiani CSF 7 Saber m.t.
PELLIZZARI GIULIO, Red Bull – BORA – hansgrohe +14:44
MARCELLUSI MARTIN, Bardiani CSF 7 Saber m.t.
KONRAD PATRICK, Lidl – Trek +14:54
CÔTÉ PIER-ANDRÉ, NSN Cycling Team +16:13
REINDERINK PEPIJN, Red Bull – BORA – hansgrohe +16:38
HERZOG EMIL, Soudal Quick-Step +19:44
BALMER ALEXANDRE, Solution Tech NIPPO Rali +19:59
THOMPSON REUBEN, Lotto Intermarché +21:14
TOLIO ALEX, Bardiani CSF 7 Saber m.t.
DINA MÁRTON, MBH Bank CSB Telecom Fort m.t.
BUDZIŃSKI MARCIN, MBH Bank CSB Telecom Fort m.t.
BAGIOLI ANDREA, Lidl – Trek m.t.
FIORELLI FILIPPO, Team Visma | Lease a Bike m.t.
MATTIO PIETRO, Team Visma | Lease a Bike m.t.
GIULIANO DARIO, Team Polti VisitMalta m.t.
GRAAT TIJMEN, Team Visma | Lease a Bike m.t.
NOVÁK PAVEL, Movistar Team m.t.
SCHULTZ NICK, NSN Cycling Team m.t.
GERMANI LORENZO, Groupama – FDJ United m.t.
ZWIEHOFF BEN, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
GELEIJN OWEN, Unibet Rose Rockets m.t.
WARBASSE LARRY, Tudor Pro Cycling Team m.t.
SERRANO GONZALO, Movistar Team m.t.
BENITO ADRIÁN, Team Polti VisitMalta m.t.
BETTIOL ALBERTO, XDS Astana Team m.t.
MOSCA JACOPO, Lidl – Trek m.t.
SWIFT CONNOR, INEOS Grenadiers m.t.
MERIS SERGIO, Unibet Rose Rockets m.t.
SKAARSETH ANDERS, Uno-X Mobility m.t.
GAFFURI MATTIA, Team Picnic PostNL m.t.
MUÑOZ FRANCISCO, Team Polti VisitMalta m.t.
MARTINELLI ALESSIO, Bardiani CSF 7 Saber m.t.
JOHANNINK JELLE, Unibet Rose Rockets m.t.
SHMIDT ARTEM, INEOS Grenadiers m.t.
GRANGER BEN, Solution Tech NIPPO Rali +22:01
WILKSCH HANNES, Tudor Pro Cycling Team +22:23
SVRČEK MARTIN, Soudal Quick-Step m.t.
HOLTER ÅDNE, Uno-X Mobility +22:26
MOLLEMA BAUKE, Lidl – Trek +22:46
117 coureurs classés sur 175 partants.
Vidéo : Les images fortes de la chevauchée de Pogacar et de l’exploit de Seixas
Le règne de Pogacar se poursuit, mais la relève a un nom
Alors que Tadej Pogacar ajoute une ligne à son incroyable palmarès et se tourne désormais vers Milan-SanRemo et Paris-Roubaix, les Strade Bianche 2026 resteront comme l’édition de la confirmation pour le prodige français. Paul Seixas n’a pas seulement pris une place, il a pris date. Il a prouvé qu’il était capable de rivaliser avec les meilleurs, sur un terrain qui n’est même pas le sien. Dans un cyclisme souvent dominé par un seul homme, l’émergence d’un jeune talent capable de lui tenir tête, ne serait-ce qu’un temps, est une bouffée d’air frais. La Toscane a consacré son roi, mais elle a peut-être aussi vu passer son successeur.
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Elles étaient trois au sommet de la Via Santa Caterina, mais c’est finalement une huitaine de guerrières qui s’est joué la gagne sur les pavés de Sienne. Dans le rôle de la surprise ? Elise Chabbey. La Suissesse de 32 ans a transformé un plan de course voué à Demi Vollering en un succès personnel historique, au bout d’une édition 2026 des Strade Bianche Donne où le destin s’est amusé à piéger les favorites les unes après les autres. Plongée au cœur d’un chaos magnifique.
Elise Chabbey, l’éclair suisse dans le chaos toscan : « Je voulais abandonner »
L’image est aussi paradoxale que la course qu’elle conclut. Sur la Piazza del Campo, Elise Chabbey (FDJ United-Suez) lève les bras, le visage marqué par l’incrédulité. À ses côtés, sur la deuxième marche du podium, Katarzyna Niewiadoma (CANYON//SRAM zondacrypto) affiche ce sourire crispé que ses quatre deuxièmes places sur cette Classique ont rendu tristement célèbre. À la troisième place, Franziska Koch (FDJ United-Suez) semble presque plus étonnée que sa coéquipière. Cette photographie du podium des Strade Bianche 2026 résume à elle seule l’esprit de cette 12e édition : un scénario de folie où l’ordre établi a volé en éclats sur les strade bianche toscans. Ce samedi 7 mars, ce n’est pas la plus forte sur le papier qui l’a emporté, mais la plus maligne, la plus opportuniste, et surtout, la plus résistante dans un final à huit qui restera dans les annales.
Comment Chabbey a-t-elle fait basculer un plan de course taillé pour Vollering ?
Pour comprendre l’exploit d’Elise Chabbey, il faut d’abord saisir le piège dans lequel est tombée sa leader, Demi Vollering. Vainqueure en 2023 et 2025, la Néerlandaise de FDJ United-Suez était l’archi-favorite. L’équipe tricolore, consciente de sa force, a pris les commandes du peloton dès les premiers kilomètres de gravier. « C’était un plan écrit à l’avance » analyse notre rédaction. « Kraak et Curinier ont imposé un rythme infernal sur le San Martino in Grania pour faire le ménage. »
Le double coup du sort qui a éliminé les favorites
Mais sur les Strade Bianche, le destin a toujours le dernier mot. Le premier acte du drame s’est joué sur les pentes du Le Tolfe, à une trentaine de kilomètres du but.
Le chaos mécanique : Alors qu’Elisa Longo Borghini (UAE Team ADQ) lance une offensive dévastatrice, Pauline Ferrand-Prévot (Visma-Lease a Bike), pour sa course de reprise, est victime d’une chaîne bloquée. La championne du monde 2025 perd un temps précieux. Dans la même ascension, Demi Vollering crève. Le plan de FDJ commence à s’effriter.
L’erreur d’aiguillage fatale : Le coup de grâce survient 10 kilomètres plus loin. Le groupe de poursuite, où œuvrent Vollering, Lotte Kopecky (SD Worx-Protime) et Anna van der Breggen, revient fort sur la tête. Mais une moto ouvreuse les induit en erreur. Le groupe tout entier s’engage sur un chemin hors parcours. « En une fraction de seconde, l’écart passe d’une minute à près de trois minutes » soulignent les données chronométriques. Un scénario cauchemardesque qui les enterre définitivement. Pendant ce temps, devant, la course s’organise sans elles. Le final à huit : une explication de tous les dangers.
Le spectacle peut commencer. « Huit coureuses, c’est un numéro rare sur un final des Strade » s’enthousiasment les commentateurs italiens. « Cela promet un duel de nerfs. »
Classement complet Strade Bianche Femmes 2026
CHABBEY ELISE, FDJ United – SUEZ les 133 km en 3:35:42 (37 km/h)
NIEWIADOMA KASIA, CANYON//SRAM zondacrypto m.t.
KOCH FRANZISKA, FDJ United – SUEZ m.t.
LONGO BORGHINI ELISA, UAE Team ADQ +0:03
VALLIERES MAGDELEINE, EF Education-Oatly +0:06
PIETERSE PUCK, Fenix-Premier Tech +0:16
VOS MARIANNE, Team Visma | Lease a Bike +0:34
TRINCA COLONEL MONICA, Liv AlUla Jayco +0:37
VAN ANROOIJ SHIRIN, Lidl – Trek +1:21
FISHER-BLACK NIAMH, Lidl – Trek +1:47
RÜEGG NOEMI, EF Education-Oatly +2:29
WŁODARCZYK DOMINIKA, UAE Team ADQ +3:07
LIPPERT LIANE, Movistar Team +3:28
OTTESTAD MIE BJØRNDAL, Uno-X Mobility +3:50
HAUGSET SIGRID YTTERHUS, Uno-X Mobility +5:44
PERKINS FLORA, Fenix-Premier Tech +5:57
KERBAOL CÉDRINE, EF Education-Oatly +6:02
VAN DER BREGGEN ANNA, Team SD Worx – Protime +6:15
BLASI PAULA, UAE Team ADQ m.t.
VOLLERING DEMI, FDJ United – SUEZ m.t.
GHEKIERE JUSTINE, AG Insurance – Soudal Team m.t.
(LE COURT) PIENAAR KIMBERLEY, AG Insurance – Soudal Team m.t.
MARKUS RIEJANNE, Lidl – Trek +6:18
CIABOCCO ELEONORA, Team Picnic PostNL +6:21
DE VRIES FEMKE, Team Visma | Lease a Bike +6:25
LUDWIG CECILIE UTTRUP, CANYON//SRAM zondacrypto +6:28
LATIMIER CLÉMENCE, Ma Petite Entreprise m.t.
PERSICO SILVIA, UAE Team ADQ +6:37
FERRAND-PRÉVOT PAULINE, Team Visma | Lease a Bike m.t.
KOPECKY LOTTE, Team SD Worx – Protime +7:06
BRAND LUCINDA, Lidl – Trek +9:58
VINKE NIENKE, Team SD Worx – Protime m.t.
GARCÍA MAVI, UAE Team ADQ m.t.
COUZENS MILLIE, Fenix-Premier Tech +10:01
CURINIER LÉA, FDJ United – SUEZ +12:56
VAN DAM SARAH, Team Visma | Lease a Bike m.t.
KRAAK AMBER, FDJ United – SUEZ +13:01
NELSON JOSIE, Team Picnic PostNL +13:10
ŽIGART URŠKA, AG Insurance – Soudal Team +14:10
COSTON MORGANE, Ma Petite Entreprise +14:49
WYLLIE ELLA, Liv AlUla Jayco +14:54
JACKSON ALISON, St Michel – Preference Home – Auber93 +14:58
MOLENAAR LAURA, VolkerWessels Cycling Team m.t.
BARALE FRANCESCA, Movistar Team +15:03
SIERRA ARLENIS, Movistar Team m.t.
MARTÍN SARA, Movistar Team m.t.
DE SCHEPPER LORE, AG Insurance – Soudal Team +15:06
VON BERSWORDT SOPHIE, VolkerWessels Cycling Team +15:13
HÄBERLIN STEFFI, Team SD Worx – Protime +15:46
MAGNALDI ERICA, UAE Team ADQ m.t.
VANPACHTENBEKE MARGOT, Lidl – Trek +15:49
BERTON NINA, EF Education-Oatly +15:54
KINGMA MAYA, Aromitalia Vaiano +15:58
TRUYEN MARTHE, Fenix-Premier Tech +15:59
BREDEWOLD MISCHA, Team SD Worx – Protime m.t.
SCHWEINBERGER CHRISTINA, Fenix-Premier Tech m.t.
BRADBURY NEVE, CANYON//SRAM zondacrypto +16:09
ROSEMAN-GANNON RUBY, Liv AlUla Jayco +16:11
BORGHESI LETIZIA, AG Insurance – Soudal Team +16:18
ANDERSSON CAROLINE, Liv AlUla Jayco m.t.
BENITO MIREIA, AG Insurance – Soudal Team m.t.
MASETTI GAIA, Team Picnic PostNL +16:33
REGHINI CHIARA, Top Girls Fassa Bortolo m.t.
MIERMONT DILYXINE, Team Picnic PostNL m.t.
FRANZ HEIDI, St Michel – Preference Home – Auber93 m.t.
GÅSKJENN INGVILD, Uno-X Mobility m.t.
DE KEERSMAEKER AUDREY, Team Picnic PostNL m.t.
PEPERKAMP ESMÉE, VolkerWessels Cycling Team m.t.
ABGRALL NOÉMIE, Ma Petite Entreprise +16:42
KNIJNENBURG ANNE, VolkerWessels Cycling Team +16:55
70 coureuses classées sur 126 partantes.
Vidéo : Les 300 derniers mètres d’anthologie sur la Via Santa Caterina
Revivez les images exceptionnelles du sprint d’Elise Chabbey sur la Piazza del Campo.
Le récit pas à pas d’un sprint d’orfèvre
L’ultime difficulté, la Via Santa Caterina, avec ses 16% de pente, agit comme un entonnoir. Dans ce qui ne devait être qu’une formalité pour l’équipe FDJ, Chabbey va renverser la table.
Le coup de massue de « Marianne Vos » : La légende néerlandaise, première à céder sous l’effort, démontre la dureté de l’ascension.
Le duo infernal : En haut du mur, Elisa Longo Borghini et Kasia Niewiadoma passent à l’offensive. Elles semblent se détacher pour la gagne.
Le retour de l’ombre : Mais Chabbey, qui a puisé dans ses réserves, recolle avec une facilité déconcertante, suivie par sa coéquipière Koch. « Plusieurs fois, je me suis retrouvée à la limite de craquer et je me suis dit ‘c’est foutu’, mais j’ai réussi à chaque fois à me relancer » avouera-t-elle après l’arrivée.
Le placement gagnant : Dans les ruelles sinueuses, le placement est roi. À 250 mètres de la ligne, Chabbey exploite parfaitement la sortie d’un virage pour lancer son effort. Niewiadoma, piégée à l’intérieur, ne peut que s’accrocher sans pouvoir dépasser.
Le doublé FDJ : Derrière, Franziska Koch gère parfaitement son final pour devancer Longo Borghini et offrir un doublé (victoire + 3e place) inespéré à FDJ United-Suez.
Le résultats du chaos : Quels enseignements pour la suite ?
Si le nom d’Elise Chabbey restera gravé sur le trophée, ce classement des Strade Bianche 2026 est un concentré d’enseignements pour la saison à venir.
Elise Chabbey (FDJ United-Suez) : La Suissesse signe à 32 ans la plus belle victoire de sa carrière. Après son maillot à pois sur le Tour 2025, elle prouve qu’elle n’est pas qu’une équipière de luxe. « C’est l’une de mes courses préférées » a-t-elle confié, les larmes aux yeux.
Katarzyna Niewiadoma (CANYON//SRAM zondacrypto) : La régularité est son nom. Quatrième podium sans victoire sur cette classique. Une malédiction commence à peser. Question à nos lecteurs : Selon vous, que manque-t-il à Kasia Niewiadoma pour enfin lever les bras sur les Strade Bianche ?
Elisa Longo Borghini (UAE Team ADQ) : Quatrième. Elle a tout tenté, attaquant à chaque passage dans les secteurs. Sa débauche d’énergie l’a peut-être privée du sprint final. Selon nos données et statistiques, elle a produit les pics de puissance les plus élevés dans Le Tolfe.
Demi Vollering (FDJ United-Suez) et Lotte Kopecky (SD Worx-Protime) : Les grandes perdantes du jour, victimes d’un scénario qu’elles n’ont pas maîtrisé. Leur duel annoncé n’a pas eu lieu.
Un succès qui réécrit l’histoire de FDJ
Au-delà de la performance individuelle, cette Strade Bianche 2026 est un triomphe collectif pour FDJ United-Suez. Un an après le sacre de Vollering, l’équipe prouve sa densité exceptionnelle en plaçant deux coureuses sur le podium. La démonstration de force est totale, malgré la défaillance mécanique de sa leader. « Normalement, ça aurait dû être pour Demi, mais aujourd’hui, c’est pour moi, et je pense qu’elle est aussi heureuse que moi quand elle gagne » a conclu Chabbey, résumant l’esprit d’une équipe qui a transformé un chaos annoncé en un jour de gloire historique sur les terres de Sienne. Le peloton est prévenu : la formation française a plus d’une corde à son arc, ou plutôt, plus d’une roue avant à placer sur le pavé.
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