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CARTE – Tour de France 2026 : le parcours qui veut crucifier les favoris

La Grande Boucle a dévoilé ses armes pour 2026. Un départ historique à Barcelone, des étapes courtes et explosives, et une troisième semaine d’anthologie dans les Alpes avec un final à 5 600 mètres de dénivelé. Christian Prudhomme et son équipe ont dessiné un tracé radical, conçu pour produire un spectacle permanent et désigner un vainqueur hors norme. Plongée dans les 3 333 km qui attendent le peloton.

Le parcours des 21 étapes du Tour de France 2026

Etape 1 : Le Grand Départ du Tour de France 2026 démarre fort à Barcelone
Etape 2 : Tour de France 2026 – Étape 2 : Le duel des titans se dessine sur les pentes infernales de Montjuïc
Etape 3 : Tour de France 2026 : l’étape 3, des faubourgs de Barcelone à la rude arrivée aux Angles
Etape 4 : Carcassonne-Foix 2026 : l’étape cathare où les audacieux font la loi
Etape 5 : Tour de France 2026, étape 5 : le premier sprint des géants se jouera à Pau
Etape 6 : Étape 6 du Tour de France 2026 : Le choc des géants entre Pau et le spectacle inédit de Gavarnie
Etape 7 : La 7e étape du Tour de France 2026 file vers Bordeaux pour un sprint royal ?
Etape 8 : Périgueux-Bergerac 2026 : Le Tour de France rejoue-t-il son scénario le plus prévisible ?
Etape 9 : Tour de France 2026 : L’étape Corrézienne qui va électrocuter le peloton
Etape 10 : Tour de France 2026 : Le Lioran, piège volcanique pour une guerre d’usure
Etape 11 : Tour de France 2026 : Le retour des rois du sprint à Nevers, 22 ans après
Etape 12 : Magny-Cours, le Morvan et la traque des sprinteurs : le piège bourguignon de la 12e étape
Etape 13 : Dole-Belfort 2026 : L’ultime baroud des coureurs sur la plus longue étape du Tour
Etape 14 : Le Markstein 2026 : Le Tour piège ses favoris sur un chemin oublié des Vosges
Etape 15 : Tour de France 2026 : le Plateau de Solaison, piège ultime pour les favoris ?
Etape 16 : Tour de France 2026 : le CLM qui va dévorer les favoris sur les rives du Léman
Etape 17 : Chambéry-Voiron : l’étape où les sprinteurs jouent leur dernière carte en 2026
Etape 18 : Voiron – Orcières-Merlette : L’ultime recours des aigles blessés
Etape 19 : Alpe d’Huez en deux actes : le piège infernal de la 19e étape du Tour 2026
Etape 20 : Alpe d’Huez en dernier souffle : pourquoi l’étape 20 du Tour 2026 va entrer dans la légende
Etape 21 : Tour de France 2026 : pourquoi l’ultime étape vers les Champs-Élysées sera un casse-tête tactique

Le Tour de France 2026 a confirmé une tendance lourde : la recherche d’intensité permanente. Pour sa 113e édition, du 4 au 26 juillet, la Grande Boucle mise sur un cocktail détonnant : un départ inédit, des étapes raccourcies au profil volontairement accidenté, et une concentration inouïe de difficultés en troisième semaine. L’objectif est clair : éviter toute routine et forcer le destin.

Un Grand Départ catalan sous haute tension

Pour la troisième fois de son histoire, le Tour s’élance d’Espagne. Barcelone, ville olympique, offrira un écrin spectaculaire mais exigeant pour un contre-la-montre par équipes – une première depuis 1971. Loin d’être une simple balade protocolaire, ce prologue urbain intégrera les pentes du Montjuïc. Dès le premier jour, les écarts pourraient se crever et le premier maillot jaune revêtir une importance tactique considérable.

Les deux jours suivants en Catalogne et en Languedoc ne seront pas des transitions paisibles. Le tracé, vallonné et exposé aux vents, garde la marque de fabrique de l’ère Prudhomme : aucune étape « offertе ». Même les profils supposément plats conservent une épine dorsale technique. Cette philosophie se vérifiera dès l’entrée dans les Pyrénées Orientales dès la 3e étape, avec l’ascension de la station des Angles. Le signal est envoyé : la montagne sera une invitée permanente.

Lire aussi : Tour de France 2026. Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone ?

Première semaine : Les Pyrénées en entrée rapide

Contrairement aux habitudes, les géants pyrénéens seront affrontés en mode sprint. La présence du col du Tourmalet dès la 6e étape est un coup de poker. Elle empêchera les favoris de se cacher et pourrait redistribuer les cartes bien avant le traditionnel marathon alpin. Les équipes devront être vigilantes dès les premières ascensions, sous peine de voir s’envoler la course.

La transition vers le Massif Central, via Pau, la Gironde et la Dordogne, ne constituera pas une trêve pour les gros bras. Les organisateurs ont glissé des séquences de côtes courtes et raides, typiques des puys auvergnats, parfaites pour les puncheurs et les baroudeurs en quête d’échappée. Le maillot à pois et le maillot jaune lui-même pourraient y être l’objet de batailles acharnées.

Lire aussi : 2025 sur le vélo. L’année où l’impossible est devenu banal

Deuxième acte : Le piège des Vosges et le prélude alpin

La mi-course basculera dans l’Est avec une étape clé dans les Vosges, culminant au Markstein (14e étape). Ce n’est pas un col de légende, mais son profil exigeant, en fin d’étape, servira de test décisif avant l’enfer annoncé. Qui aura des faiblesses ? Qui se sentira déjà en force ?

Le véritable coup de tonnerre intervient le lendemain, avec une arrivée inédite et redoutable au Plateau de Solaison (15e étape). Le programme est sadique : la terrifiante montée du Salève (11,2% de moyenne) suivie, 60 km plus tard, par les 11,3 km à 9,2% du Solaison. Une étape courte, intense, conçue pour faire éclater les classements et punir sévèrement le moindre jour sans.

Semaine décisive : L’apocalypse alpine et un chrono crucial

Après le repos, un contre-la-montre individuel de 27 km autour d’Évian (16e étape). Avec la côte de Larringes en milieu d’exercice, ce n’est pas un chrono pour purs rouleurs. C’est un test complet, exigeant puissance et résistance, qui peut consacrer un leader complet ou, au contraire, offrir une dernière chance de revanche.

Puis viennent les Alpes, et avec elles, la folie pure. Les organisateurs ont programmé deux arrivées consécutives à l’Alpe d’Huez, un fait rare dans l’histoire. Si la 19e étape sera déjà sélective, la 20e est tout simplement dantesque. 5 600 mètres de dénivelé positif en un seul jour, empruntant le terrible enchaînement Croix de Fer, Télégraphe, Galibier, et la traîtresse Sarenne, avant l’ultime montée vers l’Alpe. C’est la plus grande journée de dénivelé de l’histoire récente du Tour. Un parcours conçu pour provoquer le coup de grâce, où la victoire finale peut se jouer dans la dernière heure de la dernière étape de montagne.

Final parisien : Montmartre, juge de paix

Le traditionnel défilé sur les Champs-Élysées sera, une nouvelle fois, bouleversé. Inspiré par le succès de 2025, le Tour récidive avec un final agressif passant par la butte Montmartre et la redoutable rue Lepic. Trois ascensions de ce mur pavé, à 15 km de l’arrivée, transformeront le sprint parisien en une course d’obstacles. Seul un sprinteur complet, à la fois puissant et grimpeur, pourra l’emporter. Une fin en apothéose, loin de toute routine.

Analyse et perspectives : Un tracé pour l’histoire

Avec 54 000 mètres de dénivelé cumulé et seulement 26 km de contre-la-montre individuel, le Tour 2026 est clairement taillé pour un grimpeur-pur. Il récompensera l’agressivité, la résistance aux efforts répétés et une forme transcendante pendant trois semaines.

Pour les favoris (Pogacar, Vingegaard, Evenepoel…) : Impossible de se réguler. Il faudra être en alerte dès la première semaine et posséder une équipe solide pour contrôler des étapes constamment ouvertes.

Pour les puncheurs et baroudeurs : Un paradis. De multiples occasions de briller, de la Catalogne au Massif Central, en passant par les Vosges.

Pour les sprinteurs : Un calvaire. Les étapes véritablement plates se comptent sur les doigts d’une main. Pour gagner à Paris, il faudra aussi survivre aux Alpes.

En définitive, le Tour de France 2026 se présente comme une épreuve de vérité totale. Un parcours exigeant, équilibré dans son injustice, qui promet de couronner un champion accompli et de livrer, jour après jour, un spectacle d’une intensité rare. La course à la jaune commence dès maintenant, dans les têtes et dans les plans des équipes.

Carte du parcours du Tour de France 2026

Image : @ASO_letour_GeoAtlas

Les 21 étapes du Tour de France 2026

EtapesDatesVilles départ / arrivéeDistances à parcourir / profil
Etape 1Samedi 4 juilletBarcelone – Barcelone19 km (CLM par équipe)
Etape 2Dimanche 5 juilletTarragone – Barcelone182 km (Accidenté)
Etape 3Lundi 6 juilletGranollers – Les Angles196 km (Montagne)
Etape 4Mardi 7 juilletCarcassonne – Foix182 km (Accidenté)
Etape 5Mercredi 8 juilletLannemezan – Pau158 km (Plat)
Etape 6Jeudi 9 juilletPau – Gavarnie-Gèdre186 km (Montagne)
Etape 7Vendredi 10 juilletHagetmau – Bordeaux175 km (Plat)
Etape 8Samedi 11 juilletPérigueux – Bergerac182km (Plat)
Etape 9Dimanche 12 juilletMalemort – Ussel185 km (Accidenté)
1ère journée de repos (Cantal)Lundi 13 juillet
Etape 10Mardi 14 juilletAurillac – Le Lioran167 km (Montagne)
Etape 11Mercredi 15 juilletVichy – Nevers161 km (Plat)
Etape 12Jeudi 16 juilletNevers-Magny-Cours – Chalon-sur-Saône181 km (Plat)
Etape 13Vendredi 17 juilletDole – Belfort205 km (Accidenté)
Etape 14Samedi 18 juilletMulhouse – Le Markstein Fellering155 km (Montagne)
Etape 15Dimanche 19 juilletChampagnole – Plateau de Solaison184 km (Montagne)
Deuxième journée de reposLundi 20 juillet
Etape 16Mardi 21 juilletÉvian-les-Bains – Thonon-les-Bains26 km (CLM individuel)
Etape 17Mercredi 22 juilletChambéry – Voiron175 km (Plat)
Etape 18Jeudi 23 juilletVoiron – Orcières Merlette185 km (Montagne)
Etape 19Vendredi 24 juilletGap – Alpe d’Huez128 km (Montagne)
Etape 20Samedi 26 juilletLe Bourg D’Oisans – Alpe d’Huez171 km (Montagne)
Etape 21Dimanche 26 juilletThoiry – Paris Champs-Élysées130 km (Plat)

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Tour de France 2026 : Pourquoi ce parcours inédit va mettre le feu au classement général dès Barcelone

La 113e édition de la Grande Boucle a dévoilé ses cartes. Un parcours de 3 333 km qui s’élance pour la première fois de Barcelone et promet une bataille d’une intensité rare. Entre un contre-la-montre par équipes historique, des ascensions inédites et un double final à l’Alpe d’Huez, le Tour 2026 est conçu pour un suspense à couper le souffle jusqu’à Paris. Décryptage d’une édition qui marquera l’histoire.

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Un Grand Départ catalan qui réécrit l’histoire

Le 4 juillet 2026, le Tour de France écrira une nouvelle page. Pour son 27e Grand Départ à l’étranger, la Grande Boucle choisit Barcelone, une première. L’innovation est immédiate : un contre-la-montre par équipes de 19 km lancera les hostilités, une disparition depuis 1971. Mais la règle change : les temps seront individuels. Une décision qui poussera les favoris à sortir le grand jeu dès le premier jour sur les pentes de Montjuïc. Le ton est donné : ce Tour n’attendra pas les Alpes pour se jouer.

Lire aussi : Pogačar vers la légende : un 5e Tour de France en 2026, mission impossible ?

Barcelone, terre de premières

Le point le plus au sud : L’étape 2 partira de Tarragone, nouveau point le plus méridional de l’histoire du Tour.

Un format tactique : Le CLM par équipes à temps individuel, hérité de Paris-Nice, bouscule les stratégies d’équipe.

10 sites inédits : De Gavarnie-Gèdre au Plateau de Solaison, le parcours mise sur la découverte.

Lire aussi : Le cercle très fermé. Qui a réussi à battre Tadej Pogačar en 2025 ?

3 333 km de Barcelone à Paris : le parcours d’un équilibriste

Christian Prudhomme a dessiné une traversée de la France en crescendo parfait. Après la Catalogne, le peloton enchaînera 5 massifs montagneux : Pyrénées, Massif central, Vosges, Jura et Alpes. Avec seulement 26 km de contre-la-montre individuel, les organisateurs visent clairement à limiter les écarts trop précoces et à maintenir un peloton groupé jusqu’à l’ultime semaine.

Les chiffres clés d’une édition exigeante

Distance totale : 3 333 km.

Dénivelé cumulé : 54 450 mètres de montée.

21 étapes (7 plaines, 4 accidentées, 8 montagne).

Arrivées au sommet : 5 (Gavarnie-Gèdre, Plateau de Solaison, Orcières-Merlette, Alpe d’Huez x2).

Coureurs engagés : 184 coureurs répartis en 23 équipes.

Les 5 étapes qui sculpteront le maillot jaune

1. Étape 6 : Pau – Gavarnie-Gèdre, le retour des géants

Le premier grand rendez-vous des grimpeurs. Au menu : l’enchaînement Aspin, Tourmalet et la montée inédite vers Gavarnie-Gèdre (18 km). Un classique revisité qui servira de premier test de vérité dans les Pyrénées.

2. Étape 15 : Champagnole – Plateau de Solaison, la nouvelle sentinelle

Juste avant le repos, une étape-reine en Haute-Savoie. La découverte du Plateau de Solaison (11,3 km à 9,2%) promet des déflagrations. Une ascension étroite et impitoyable qui pourrait déjà créer de grosses différences.

3. Étape 16 : Le contre-la-montre qui peut tout inverser

26 km autour d’Évian, dont 37% en montée. Un profil vallonné idéal pour les grimpeurs-rouleurs. Dans une édition pauvre en kilomètres contre la montre, ce chrono sera un tournant capital pour le classement général.

4. & 5. Étapes 19 et 20 : Le double à l’Alpe d’Huez, une folie tactique

L’innovation majeure. L’Alpe d’Huez sera gravie deux jours de suite. D’abord en « version courte » depuis Gap, puis lors d’une étape monumentale de 5 600 m de D+ via la Croix de Fer, le Télégraphe et le Galibier (toit du Tour à 2 642m). Une épreuve de vérité sans précédent à la veille de Paris.

Stratégie, bonifications et polémique : les autres clés du Tour 2026

Le retour des bonifications, un jeu tactique renforcé

La règle est réinstaurée : 10, 6 et 4 secondes seront attribuées aux trois premiers de chaque étape en ligne. Objectif : inciter aux attaques loin de l’arrivée et complexifier la bataille pour le maillot jaune comme pour le maillot vert.

Une ombre sur le départ catalan ?

Le contexte géopolitique pourrait planer sur le Grand Départ. Après les perturbations lors de la Vuelta 2025, la présence probable de l’équipe Israel–Premier Tech à Barcelone suscite des interrogations sur d’éventuels troubles, rappelant la dimension mondiale et parfois fragile de l’événement.

Un Tour sur mesure pour les géants de la montagne

Le Tour de France 2026 est une édition taillée pour les grimpeurs complets. Avec un départ explosif à Barcelone, un parcours qui évite les longs contre-la-montre et un final alpin d’une brutalité inédite, il semble dessiné pour un duel apocalyptique entre un Tadej Pogačar, un Jonas Vingegaard et la relève.

Le suspense, savamment distillée par un parcours en cinq actes, ne devrait trouver son épilogue que dans le 21ème virage de l’Alpe d’Huez, le 25 juillet. Rendez-vous est pris pour trois semaines de cyclisme à l’état pur, où chaque seconde, bonifiée ou arrachée dans la douleur, comptera.

Paul Magnier jusqu’en 2029 : comment Soudal Quick-Step a verrouillé son « prince héritier »

Le coup est magistral. Alors que le marché des transferts s’emballe, Soudal Quick-Step a sécurisé l’un des joyaux les plus prometteurs du peloton. À 21 ans, Paul Magnier, auteur d’une saison 2025 monstrueuse, lie son destin au Wolfpack pour cinq années supplémentaires. Une preuve de confiance réciproque qui dessine l’avenir de l’équipe belge.

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Le camp d’entraînement de Calpe, en Espagne, a vu naître une annonce stratégique majeure. Soudal Quick-Step, en pleine reconstitution post-Evenepoel, a posé la première pierre de son nouveau projet compétitif en prolongeant Paul Magnier jusqu’à la fin de la saison 2029. Une signature qui dépasse le simple cadre administratif. Il s’agit d’un manifeste, d’une déclaration d’intention claire adressée au monde du cyclisme.

Le pari réussi et la confiance absolue

Initialement lié à la formation belge jusqu’en 2027, Paul Magnier a vu son engagement allongé de deux saisons supplémentaires. Cette décision intervient sur la foi d’une progression exponentielle. Après cinq succès en 2024 pour ses débuts professionnels, l’Isérois a enchaîné 19 victoires en 2025, s’imposant comme le deuxième coureur le plus prolifique de l’année, derrière l’inatteignable Tadej Pogačar.

« Ces deux premières années ont dépassé tous mes rêves, confie Magnier. La confiance que l’équipe me porte après une telle saison est le plus beau des signes. Nous avons un projet solide et de l’ambition à long terme. Mon objectif est désormais clair : gagner une très grande classique. »

Du côté de la direction, l’enthousiasme est tout aussi palpable. Jurgen Foré, le CEO de l’équipe, ne mâche pas ses mots : « Paul combine un talent brut exceptionnel à une maturité tactique rare à son âge. Il incarne un pilier fondamental pour notre avenir. Cette prolongation est un signal fort de notre volonté de construire une nouvelle génération de leaders autour de valeurs partagées. »

2025, l’année de la révélation tous terrains

Analyser la saison 2025 de Magnier, c’est comprendre l’ampleur de son talent. Loin de se cantonner au rôle de sprinteur pur, le jeune Français a démontré une polyvalence redoutable, dessinant le profil du parfait coureur de classiques.

  • La puissance pure : Il a régné sur les arrivées groupées d’Elfstedenronde ou de Fourmies.
  • L’instinct de puncheur : Ses victoires sur des circuits vallonnés comme À travers le Hageland ou le Heistse Pijl l’ont prouvé.
  • Le sens de l’effort long : Ses podiums sur l’Omloop Het Nieuwsblad et la course de Hambourg confirment sa résistance sur les distances flandriennes.

Ce registre étendu fait de lui un atout rare, capable de viser un large spectre de courses, de Milan-San Remo aux Ardennaises.

Magnier, pierre angulaire de l’ère post-Remco

Le départ de Remco Evenepoel pour Red Bull-Bora-Hansgrohe a créé un vide sportif et médiatique au sein du Wolfpack. La prolongation de Magnier n’est pas une simple succession, mais le fondement d’une philosophie renouvelée. Soudal Quick-Step semble revenir à son ADN originel : une équipe collective, plurielle, taillée pour dominer les classiques et les courses d’un jour, avec non pas un seul leader omnipotent, mais une constellation de talents complémentaires.

Aux côtés de coureurs expérimentés comme Yves Lampaert ou de jeunes promesses comme le néo-pro Gianni Vermeersch, Magnier représente le fer de lance offensif de cette nouvelle dynamique. L’équipe parie sur sa régularité et sa capacité à empiler les victoires pour maintenir sa notoriété et son rang mondial.

Le programme 2026 : cap sur les monuments

Le calendrier de Magnier pour le début de saison 2026 est révélateur de son nouveau statut et de ses ambitions. Il débutera par la Classica Comunitat Valenciana le 25 janvier, avant d’enchaîner par les étapes préparatoires de la Volta a la Comunitat Valenciana et du Tour de l’Algarve.

Le cœur de sa campagne battra sur les pavés du Nord :

  • Objectif affirmation : L’Omloop Het Nieuwsblad, où il fut deuxième en 2025.
  • Nouveau challenge : Sa première participation au Paris-Roubaix, prévue le 12 avril, constitue un saut dans l’inconnu et un test de courage ultime.
  • Rêve de printemps : Son profil semble taillé pour viser les podiums sur des courses comme le Circuit Het Nieuwsblad, À travers la Flandre, ou même l’Amstel Gold Race.

La seconde partie de saison devrait être orientée vers le Tour d’Italie, où il cherchera à briller sur les étapes de transition et à parfaire son expérience sur les Grands Tours. Le Tour de France n’est, quant à lui, pas à son programme pour 2026, privilégiant une montée en puissance progressive.

Un partenariat gagnant-gagnant

En verrouillant Paul Magnier jusqu’en 2029, Soudal Quick-Step réalise une opération à très faible risque. Elle sécurise un actif dont la valeur sur le marché ne cesserait de croire en cas de nouveau succès, et s’assure de la loyauté d’un coureur en phase avec sa culture. Pour Magnier, c’est la garantie d’un environnement stable et expert pour se développer, à l’abri des pressions mercato.

Ce contrat prolongé n’est pas une fin, mais un point de départ. Il marque le début d’un chapitre où la pression et les attentes seront d’un autre niveau. Mais à voir le sang-froid et la détermination dont il a déjà fait preuve, Paul Magnier a tous les atouts pour porter, avec le légendaire Wolfpack, l’ambition d’un retour au sommet des classiques. L’histoire ne fait que commencer.

Jay Vine reprend son bien : le maître du chrono australien frappe déjà pour UAE en 2026

La saison 2026 est lancée sur les chapeaux de roue. Dès la première course officielle, Jay Vine (UAE Team Emirates-XRG) a rappelé qui était le patron du contre-la-montre australien. Une démonstration de force à Perth pour s’offrir un deuxième maillot de champion national, signant le premier succès de l’année pour le géant émirati. Tandis que chez les femmes, la jeune Felicity Wilson-Haffenden crée la sensation.

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L’ère Vine confirmée : une démonstration d’autorité sur l’asphalte de Perth

Le premier acte de la saison WorldTour 2026 s’est écrit en solo, sous le soleil australien. Jeudi 8 janvier, les Championnats nationaux d’Australie ont livré leur verdict chronométré autour de Perth. Et le constat est sans appel : Jay Vine est plus que jamais l’homme à battre dans l’exercice contre-la-montre. Le leader d’UAE Team Emirates-XRG a avalé les 39,1 kilomètres vallonnés en 46 minutes et 52 secondes, pulvérisant le plateau avec une moyenne vertigineuse de 50 km/h.

Face à lui, la concurrence a plié. Oliver Bleddyn (Team Brennan), pourtant auteur d’une performance solide, concède 31 secondes. Kelland O’Brien (Jayco AlUla), troisième, est relégué à 40 secondes. Plus significatif encore : le double tenant du titre, Luke Plapp (Jayco AlUla), s’effondre à une lointaine huitième place, à 2 minutes 44 secondes du vainqueur. Un message fort envoyé à la veille d’une saison où Vine, vice-champion du monde de la discipline en 2025, vise les plus hauts sommets.

Un retour aux sources et un signal fort pour UAE

Cette victoire, Jay Vine l’a savourée. Elle marque un retour au sommet national, trois ans après son premier sacre en 2023 et une seconde place en 2025. À 30 ans, le grimpeur-chronoman accompli ajoute un douzième succès à son palmarès et offre surtout une première pierre à l’édifice 2026 de son équipe.

Pour UAE Team Emirates, qui avait clôturé 2025 avec un record de 95 victoires, le compteur est déjà débloqué. Une habitude pour la structure, qui avait déjà inauguré son année 2026 en octobre dernier grâce aux deux victoires d’Isaac Del Toro aux Championnats du Mexique. La machine de guerre émiratie, pilotée par Vine, Adam Yates, Tadej Pogačar et João Almeida, démarre sur ses bases favorites : la domination.

Wilson-Haffenden, l’éclat d’une nouvelle génération

L’événement féminin a tenu dans un écart infime, mais lourd de sens. La jeune Felicity Wilson-Haffenden (Lidl-Trek), à seulement 20 ans, a réalisé l’exploit de sa jeune carrière en s’adjugeant son premier titre professionnel. Sur les 29,3 km du parcours, elle a tenu en respect l’expérience et la puissance de la tenante du titre, Brodie Chapman (UAE Team ADQ), pour la devancer de… trois petites secondes.

Cette victoire étroite mais méritée consacre l’émergence d’un nouveau visage du chrono australien. Josie Talbot (Liv AlUla Jayco) complète le podium à 18 secondes. Wilson-Haffenden, ancienne championne du monde juniors, prouve qu’elle a désormais sa place parmi l’élite mondiale et apporte à Lidl-Trek un maillot distinctif des plus prometteurs.

Quelles perspectives pour la suite de la saison ?

Ce championnat national lance officiellement la saison sur route et dessine quelques tendances. La forme de Jay Vine, déjà aiguisée en ce mois de janvier, le positionne comme un homme dangereux pour le prochain Tour Down Under (2à au 25 janvier) et les objectifs de début de saison de l’UAE. Son statut de patron national du chrono est réaffirmé.

Du côté féminin, la victoire de Wilson-Haffenden annonce un renouveau et une bataille acharnée dans les épreuves contre-la-montre de l’UCI WorldTour féminin. Les courses en ligne, prévues ce samedi, permettront de voir si cette dynamique se confirme sur un terrain plus tactique.

Classement Hommes – Championnat d’Australie CLM 2026 :

  1. Jay VINE (UAE Team Emirates-XRG) en 46:52
  2. Oliver BLEDDYN (Team Brennan) +31″
  3. Kelland O’BRIEN (Jayco AlUla) +40″
  4. Ben O’CONNOR (Jayco AlUla) +1:10″
  5. Conor LEAHY (Team Brennan) +1:18″
  6. Hamish McKENZIE (Jayco AlUla) +1:29″
  7. Oscar CHAMBERLAIN (Decathlon AG2R La Mondiale) +1:58″
  8. Luke PLAPP (Jayco AlUla) +2:44″

Classement Femmes – Championnat d’Australie CLM 2026 :

  1. Felicity WILSON-HAFFENDEN (Lidl-Trek) en 40:15
  2. Brodie CHAPMAN (UAE Team ADQ) +3″
  3. Josie TALBOT (Liv AlUla Jayco) +18″

Simon Yates tire sa révérence : l’adieu foudroyant d’un jumeau insaisissable

Le coup de tonnerre est tombé ce 7 janvier 2026. Simon Yates, tout juste auréolé de son triomphe sur le Giro et d’une étape sur le Tour de France 2025, annonce mettre un terme à sa carrière. À 33 ans, le discret et redoutable grimpeur britannique quitte la scène par la grande porte, laissant derrière lui l’image d’un champion au parcours singulier. Décryptage d’une retraite surprise qui marque la fin d’une ère.

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L’arrêt brutal d’une mécanique bien huilée

La nouvelle a eu l’effet d’une attaque d’un grimpeur dans le dernier kilomètre d’une étape de plat. Alors que la saison 2026 se préparait dans l’ombre de l’hiver, Simon Yates a choisi de ne pas y prendre part. Par un simple communiqué diffusé par son équipe, Visma-Lease a Bike, le vainqueur du dernier Tour d’Italie a annoncé son retrait immédiat du cyclisme professionnel.

« Cela peut en surprendre plus d’un, mais ce n’est pas une décision prise à la légère » a-t-il écrit, soulignant la maturation longue et réfléchie de ce choix. À 33 ans, avec une année de contrat en suspens chez la meilleure équipe du monde, le coureur a préféré s’arrêter net. Une décision rare, d’autant plus frappante qu’elle survient au zénith de ses performances récentes.

Un palmarès en dents de scie, couronné par un ultime coup d’éclat

La carrière de Simon Yates est un roman aux chapitres contrastés. Elle épouse la courbe sinueuse des routes qu’il a domptées.

Les sommets du Grand Tour. Elle débute véritablement par une fulgurance : la conquête de la Vuelta 2018, à seulement 26 ans, vêtue du maillot de Mitchelton-Scott. Une première pour un Britannique hors du système Sky/Ineos. Puis vint une traversée du désert relative, ponctuée de places d’honneur mais sans seconde consécration majeure, jusqu’à l’explosion de 2025. Sur les pentes du mythique Colle delle Finestre, lors du Giro, Yates a ressuscité le grimpeur d’exception qu’il n’avait jamais cessé d’être. Sa victoire au général, arrachée dans l’avant-dernière étape, est l’archétype de son style : discret, résilient, et décisif au moment crucial.

Un collectionneur d’étapes. Son palmarès compte aussi neuf victoires d’étape réparties sur les trois Grands Tours, dont trois sur la Grande Boucle. La dernière en date, en solitaire au Mont-Dore – Puy de Sancy le 14 juillet 2025, restera comme son chant du cygne français. À cela s’ajoutent des succès de prestige sur des courses par étapes comme Tirreno-Adriatico (2020) ou le Tour de Croatie.

L’ombre d’un jumeau, la singularité d’un parcours

L’histoire de Simon Yates est indissociable de celle de son frère jumeau, Adam. Pourtant, leurs chemins ont divergé très tôt. Rejeté par le programme de la fédération britannique, Simon a dû s’aguerrir en France chez le club de l’AC Bisontine, forgeant une indépendance et une robustesse mentale qui deviendront ses marques de fabrique.

Alors qu’Adam rejoignait le train bien huilé de la UAE Emirates, Simon a construit sa légende ailleurs, chez Orica/BikeExchange/Jayco puis chez Visma. Il reste à ce jour le seul Britannique à avoir remporté un Grand Tour sans porter le maillot bleu marine de l’empire Brailsford. Cette singularité absolue façonne son héritage : celui d’un outsider de l’intérieur, brillant en dehors des sentiers balisés.

2025 : L’apothéose comme point final

Son directeur sportif chez Visma, Grischa Niermann, l’a résumé d’une phrase : « Il s’arrête au sommet de sa carrière. » L’année 2025 fut en effet un condensé de tout ce qui faisait Yates : une saison en montagnes russes, avec des moments de doute, pour finalement tout remporter sur un coup de poker magistral au Giro. Cette capacité à revenir de nulle part, à renverser les pronostics, définit son aura.

En quittant le peloton sur ce triomphe, il évite le long crépuscule que connaissent tant de champions. Il choisit lui-même le moment et la manière, préservant l’image d’un coureur au sommet de son art.

La fin d’un âge d’or pour le cyclisme britannique ?

L’annonce de Yates résonne comme un glas supplémentaire. Elle suit de près la retraite de Geraint Thomas et précède probablement celle, inéluctable, de Christopher Froome. En l’espace de quelques mois, le pilier de la domination britannique sur les Grands Tours dans les années 2010 se retire.

Avec eux, c’est une page qui se tourne. Froome, Thomas, Yates (et le bref éclat de Tao Geoghegan Hart) ont collecté 10 maillots de vainqueurs de Grands Tours pour la Couronne. Leur départ laisse un vide abyssal. La relève, incarnée par des talents comme Tom Pidcock ou Oscar Onley, devra non seulement gagner, mais aussi réinventer une identité cycliste britannique qui n’est plus orbitée autour de la machine Sky/Ineos.

L’héritage Yates : Résilience et élégance tactique

Que restera-t-il de Simon Yates ? D’abord, le souvenir d’un grimpeur au pédalage fluide, d’une économie de geste remarquable. Ensuite, celui d’un tacticien froid, capable d’attendre le bon moment pour porter une estocade décisive, comme sur ce Giro 2025.

Mais au-delà du palmarès, son héritage est aussi dans son parcours. Celui d’un coureur forgé par l’adversité précoce, qui a su tracer sa route en solitaire. Sa retraite, aussi soudaine soit-elle, est cohérente avec ce caractère : un ultime choix maîtrisé, indépendant, surprenant. Il laisse un sport orphelin d’un de ses visages les plus purs et les plus imprévisibles, et entre dans la légende par la porte qu’il a lui-même choisie.

Tadej Pogacar au Poggio : le signal fort du chasseur de Monument

La Primavera lui résiste encore. Alors que la saison 2026 approche, Tadej Pogacar a lancé un message sans équivoque. Repéré en pleine séance d’entraînement dans l’ascension décisive du Poggio, le champion du monde slovène aiguise déjà ses armes pour Milan-Sanremo. Une obsession tactique se dessine pour conquérir ce Monument qui manque à son incroyable collection.

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L’air frais de la Riviera ligurie a vibré d’une énergie inhabituelle en ce début de pré-saison. Sur les pentes sinueuses du Poggio, l’ascension de 3,7 km qui sonne le prélude aux drames de Milan-Sanremo, une silhouette familière a éclairé la route. Tadej Pogacar n’était pas en touriste. Le double vainqueur du Tour de France, résidant à Monaco, effectuait une reconnaissance minutieuse, ponctuée d’accélérations explosives. Cette image, capturée en vidéo par des cyclistes amateurs médusés, est bien plus qu’un simple entraînement. C’est la première pierre tactique d’une campagne dédiée à l’ultime conquête.

La Primavera, l’énigme parfaite pour Pogacar

Milan-Sanremo demeure la pièce manquante du puzzle monumental de Tadej Pogacar. Son palmarès, vertigineux à 27 ans, compte des victoires sur le Giro, le Tour, Liège-Bastogne-Liège, le Tour des Flandres et même le Tour de Lombardie à cinq reprises. Pourtant, « La Classicissima » oppose une résistance tactique unique.

Une progression constante mais frustrante. Le Slovène a systématiquement grimpé au classement : 5e en 2022, 4e en 2023, 3e en 2024 et à nouveau 3e en 2025. Une trajectoire statistique qui suggère une victoire imminente, masquant une réalité plus complexe. La longueur de la course (près de 300 km) et la relative modération des pentes du Poggio favorisent les regroupements. Un sprinteur ou un puncheur résilient peut toujours revenir, comme l’a démontré Mathieu van der Poel à plusieurs reprises.

L’analyse de Nibali : une piste à creuser. Le « Requin de Messine » , vainqueur en 2018 après une attaque audacieuse dans la descente du Poggio, a pointé une limite potentielle chez Pogacar : « Peut-être que sa limite… est de penser qu’il peut tout gérer par la force. » Nibali suggère une approche plus rusée, exploitant non seulement la montée mais aussi les secteurs techniques de la descente vers Sanremo. Cette réflexion est au cœur de la préparation 2026.

La reconnaissance du Poggio : bien plus que des kilomètres

Ce repérage n’est pas une formalité. Pour Pogacar, il s’agit d’une plongée sensorielle et analytique dans le théâtre de ses futurs choix.

Mémorisation kinesthésique : Il ne s’agit pas seulement de connaître les pourcentages. Pogacar teste des points d’attaque précis, la sensation des virages en sortie de virage, l’état de la chaussée, les effets du vent marin sur certaines sections exposées. Chaque détail devient une donnée enregistrée.

Simulation de scénarios : Les accélérations observées ne sont pas aléatoires. Elles correspondent vraisemblablement à des simulations d’attaques en concurrence, pour jauger la distance qu’il peut creuser sur un peloton de référence avant la ligne d’arrivée.

Intégration du programme : Cette sortie spécifique s’inscrit dans un plan plus large. Début décembre, Pogacar avait déjà répété les secteurs pavés de Paris-Roubaix, son autre grand objectif manquant. Cette préparation ciblée sur les deux Monuments absents démontre une focalisation stratégique sans précédent.

Le tableau de chasse 2026 : une saison construite autour des Monuments

Le programme provisoire de Pogacar pour le premier semestre 2026 est éloquent. Il est bâti comme un crescendo vers la maîtrise totale des Classiques.

Strade Bianche (7 mars) : Mise en jambe et test de forme sur un terrain qu’il maîtrise (vainqueur en 2022, 2024).

Milan-Sanremo (21 mars) : L’Objectif Numéro 1. Toute l’attention est portée ici.

Tour des Flandres (5 avril) & Paris-Roubaix (12 avril) : Il aborde ces courses en champion en titre (Flandres) et en conquérant (Roubaix). La confiance acquise à Sanremo, en cas de succès, serait un booster psychologique immense.

Liège-Bastogne-Liège (26 avril) : Sur son terrain de jeu. Le tour de force est possible.

Tour de France (4-26 juillet) : L’objectif ultime de la saison avec un possible cinquième succès.

Van der Poel, Ganna and co. : le mur à franchir

La préparation de Pogacar ne peut s’analyser sans considérer ses principaux rivaux. En 2025, il s’est heurté à un Mathieu van der Poel intouchable et à un Filippo Ganna resurgissant. La leçon est claire : une attaque sur la Cipressa seule ne suffit plus. Le peloton, averti, se raccroche.

La victoire en 2026 passera peut-être par :

Une attaque plus précoce, sur le Capi ou même avant, pour fatiguer les équipes.

Une coalition avec un coéquipier fort (comme Tim Wellens ou Isaac del Toro) pour multiplier les offensives.

Le coup de poker dans la descente du Poggio, exploitant ses progrès techniques, comme le suggérait Nibali. Une attaque à la « Vincenzo » qui briserait les schémas mentaux de ses poursuivants.

Le Poggio comme laboratoire

La vision de Tadej Pogacar s’entraînant sur le Poggio trois mois avant la course n’est pas une simple anecdote de pré-saison. C’est la preuve tangible que le plus grand coureur de sa génération aborde Milan-Sanremo 2026 avec l’humilité d’un apprenti et la détermination d’un conquistador. Il ne cherche plus seulement à être le plus fort ; il travaille à devenir le plus malin. Chaque virage gravé dans sa mémoire, chaque accélération chronométrée, constitue une ligne de code dans le programme qu’il espère exécuter le 21 mars pour enfin, après une patiente quinquennale, soulever les bras sur la Via Roma. La chasse au dernier Monument est officiellement ouverte.

Clasica Jaén 2026 : Le piège blanc d’Andalousie tend ses fils de gravier

Le 16 février 2026, le cyclisme mondial plongera à nouveau dans la mer d’oliviers de Jaén. La Clasica Jaén Paraiso Interior, fidèle à son ADN exigeant, reconduit son parcours maître. Un tracé de 169 km où 33,1 km de « sterrato » décimeront le peloton. Analyse d’une classique moderne devenue incontournable.

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La tendance est au gravier. Depuis l’irrésistible ascension des Strade Bianche, le cyclisme mondial cherche ses nouveaux terrains de jeu, à l’image d’un Paris-Tours complètement repensé. Au cœur de l’Andalousie, la Clasica Jaén Paraiso Interior a parfaitement saisi ce mouvement. Pour son édition 2026, prévue le lundi 16 février, l’organisation fait le choix de la continuité stratégique. Un parcours éprouvé, rodé depuis 2022, qui a déjà forgé son identité et inscrit des noms prestigieux à son palmarès.

La réussite d’une classique se joue souvent sur la constance de son tracé. C’est la conviction portée par l’organisateur Pascual Momparler. Après consultation de l’UCI, des équipes et des coureurs, le retour au même schéma s’est imposé. Une décision validée par un niveau de sécurité maximal et un réel engouement médiatique. La formule fonctionne : un cocktail explosif mêlant patrimoine mondial de l’Humanité à Úbeda, paysages époustouflants de la « mer d’oliviers », et une exigence sportive de très haut niveau.

Un parcours sculpté pour les hommes forts

Le scénario de la course est désormais écrit. Un long parcours de 80 kilomètres permettra aux coureurs de s’installer dans la course, à travers les routes de Linares, Ibros, Canena ou Rus. Puis, le véritable combat commencera avec l’enchaînement de dix secteurs de caminos de olivos, ces chemins de terre ocre serpentant sous les oliviers.

La difficulté culmine dans une boucle finale de 34 kilomètres, à parcourir deux fois. Quatre secteurs graviers y concentrent toute l’âme de l’épreuve :

Juancaballo (3,7 km) : L’un des premiers grands filtres, au profil technique.

Santa Eulalia (2,3 km) : Plus court mais intense, il précède souvent des attaques.

Guadalupe (6,2 km) : Le plus long et le plus redoutable. Un véritable monument de terre, avec le terrible « Mar de Olivos » (5,1 km à 9.5% max) capable de provoquer l’explosion.

Valdelvira (1,2 km) : Le juge de paix. Situé à moins de 5 km de l’arrivée à Úbeda, ce dernier secteur, pentu et nerveux, est le lieu des ultimes sélections et du coup de poker final.

Avec un dénivelé positif cumulé de 2 600 mètres, la Clasica Jaén n’est pas une simple course de colline. C’est un effort brutal, par à-coups, où la gestion des efforts sur le gravier et la position dans le peloton sont aussi cruciales que la puissance pure.

Le palmarès : Témoin de l’exigence

La jeunesse de l’épreuve n’a pas empêché l’établissement d’un palmarès d’élite. Il raconte l’histoire d’une course qui récompense les coureurs complets, à l’aise sur tous les terrains :

2022 : Alexey Lutsenko. Le pionnier, puissant et résistant.

2023 : Tadej Pogačar. Le surdoué absolu, qui s’est imposé lors d’une édition marquée par la neige, prouvant que les grands champions s’adaptent à tous les profils.

2024 : Oier Lazkano. Le baroudeur local, symbole de la relève espagnole.

2025 : Michal Kwiatkowski. Le tacticien, ancien champion du monde, dont l’expérience a parlé dans le final technique.

Ce tableau d’honneur dessine le profil du favori pour 2026 : un coureur doté d’un punch suffisant pour attaquer sur les pentes de Guadalupe, d’un technique irréprochable pour négocier les virages en terre, et d’une intelligence de course pour se placer avant l’ultime ascension de Valdelvira.

Un événement cycliste en trois actes

La Clasica Jaén 2026 s’inscrit dans un week-end cycliste complet, solidement ancré dans le territoire :

Samedi 14 février : La Gran Fondo Jaén Paraiso Interior ouvre les hostilités. Près d’un millier de cyclotouristes sont attendus pour vivre, en amateur, l’expérience unique des caminos de olivos.

Dimanche 15 février : La Coupe des Nations UCI féminine junior (76,5 km, dont 13,3 km de gravier) prend le relais. Une vitrine essentielle pour l’avenir du cyclisme féminin sur ce type de parcours.

Lundi 16 février : L’apothéose avec la Clasica Jaén Paraiso Interior professionnelle masculine.

Cette structuration fait de Jaén, le temps d’un week-end de février, l’épicentre mondial du cyclisme sur gravier. La course andalouse a trouvé sa place. Elle n’est plus « la réponse espagnole aux Strade Bianche », mais bien la Clasica Jaén, un monument en devenir, dont l’édition 2026 s’annonce déjà comme un chapitre décisif dans la construction de sa légende. Les favoris sont prévenus : dans la mer d’oliviers, seuls les plus aguerris surnagent.

Dernier coup de filet pour NSN : un vétéran sauvé et une pépite libérée

Alors que le mercato 2025 / 2026 semblait clos, la formation NSN a opéré un double mouvement stratégique. D’un côté, un routier de 32 ans, Dion Smith, retrouve un port d’attache après la tourmente d’une fusion. De l’autre, le champion d’Israël Rotem Tene, 24 ans, franchit enfin le cap du WorldTour. Deux trajectoires opposées, une même mission : densifier un effectif ambitieux.

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La trêve des transferts n’est souvent qu’une illusion. La preuve avec la NSN Cycling Team qui, à l’orée de la saison 2026, dévoile deux signatures inattendues. Une opération en deux actes qui mêle urgence et planification à long terme. Voici le décryptage.

Une double logique pour un effectif en mouvement

Le manager général Kjell Carlström ne s’en cache pas : cette annonce répond à des impératifs complémentaires. « Notre objectif était double » explique le Finlandais. « Combler un besoin immédiat de profondeur et d’expérience avec Dion, tout en honorant notre promesse de promotion interne avec Rotem. C’est l’équilibre parfait entre le présent et l’avenir. »

Un équilibre matérialisé par des durées de contrat opposées : une saison pour Smith, un engagement jusqu’en 2027 pour Tene. Une philosophie claire pour une équipe en constante évolution.

Dion Smith : le sauveur de dernière minute

À 32 ans, Dion Smith vivait un scénario redouté par tout professionnel : se retrouver sans contrat à la suite de la fusion entre les structures Lotto et Intermarché-Wanty. Le Néo-Zélandais, solide équipier et finisseur capable sur les terrains vallonnés, voyait son avenir en pointillé.

Un atout tactique immédiat

Son profil de puncheur-sprinteur fait de lui un coureur polyvalent, précieux sur les classiques ardennaises comme sur les étapes bosselées des grands tours. Son recrutement « avec effet immédiat » comble un vide laissé par plusieurs départs et apporte une sagesse tactique acquise en plus d’une décennie dans le peloton mondial.

Un environnement familier comme catalyseur

Pour Smith, cette signature est un soulagement et un retour aux sources. « Cette opportunité tardive semble naturelle, confie-t-il. L’équipe m’a toujours attiré. » Surtout, il y retrouvera un visage connu : Biniam Girmay, son ancien leader chez Intermarché-Wanty. Cette connexion préexistante est un atout inestimable pour une intégration rapide et efficace. Sa mission est limpide : « 2026 sera essentielle pour prouver que j’appartiens toujours au WorldTour et être un atout précieux pour les leaders. »

Rotem Tene : la consécration d’un projet formation

À l’inverse, l’arrivée de Rotem Tene est l’aboutissement d’un processus minutieux. Champion d’Israël sur route, le coureur de 24 ans a mûri pendant cinq saisons au sein du programme de développement de l’équipe. Sa promotion était attendue.

Un palmarès prometteur

Tene a franchi un cap décisif en 2025 en remportant sa première victoire professionnelle lors de la 8ème étape du Tour du Portugal. Un succès qui a confirmé ses qualités de sprinteur rapide et combatif, capable de rivaliser au plus haut niveau.

La relève organisée

Son intégration officielle dans le WorldTeam est calée sur le calendrier. Il rejoindra le groupe à partir du 2 février 2026, prenant symboliquement la place laissée vacante par le vétéran Simon Clarke, qui prendra sa retraite après le traditionnel bloc australien. « C’était la transition logique » précise Carlström. Pour Tene, c’est l’accomplissement d’un rêve. « Devenir professionnel a toujours été mon but. Je suis impatient de découvrir ce que je vaux au plus haut niveau ! »

Quel impact pour la NSN en 2026 ?

Ce double recrutement dessine une stratégie d’équipe cohérente.

Pour Smith : Il n’est pas là pour révolutionner l’équipe, mais pour la solidifier. Sa présence libérera des leaders comme Girmay ou des puncheurs sur les terrains exigeants. Son expérience sera également un atout pour guider les jeunes au cœur du peloton.

Pour Tene : Il bénéficiera d’une période d’apprentissage en douceur. Sans pression de résultats immédiats, il pourra se familiariser avec les exigences du WorldTour, visant d’abord des succès sur des courses plus modestes avant de prétendre aux plus grandes.

Un coup habile aux multiples facettes

Avec ces deux signatures, la NSN Cycling Team joue sur tous les tableaux. Elle offre une bouée de sauvetage à un coureur expérimenté dont les qualités sont immédiatement exploitables. Dans le même temps, elle récompense et fidélise un talent issu de sa propre pépinière, envoyant un signal fort sur sa capacité à faire grandir les jeunes.

C’est une opération mercantile à la fois pragmatique et visionnaire, qui renforce l’effectif sans en bouleverser l’équilibre. Smith et Tene, bien que parvenus au sommet par des chemins radicalement différents, incarnent désormais la dualité d’une équipe moderne : performante aujourd’hui, et déjà tournée vers demain. Leur intégration sera un des premiers enjeux de la saison 2026.

Lidl-Trek mise sur l’étoile montante : Derek Gee-West débarque pour conquérir les Grands Tours

L’incertitude est levée. Après des mois de flou contractuel et un litige retentissant avec Israel-Premier Tech, Derek Gee-West rebondit au plus haut niveau. Le champion du Canada, révélation du Giro 2023 et 4e de l’édition 2025, s’engage officiellement avec la puissance Lidl-Trek pour trois saisons. Une signature qui redessine la hiérarchie interne de l’équipe et envoie un signal fort à tout le peloton.

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Le suspense est terminé. Les rumeurs persistantes des dernières semaines se concrétisent par une annonce officielle majeure pour le WorldTour. Derek Gee, l’une des progressions les plus spectaculaires du cyclisme mondial ces trois dernières années, rejoint Lidl-Trek à partir de 2026. Le Canadien a paraphé un contrat le liant à la structure américano-allemande jusqu’à la fin de la saison 2028, tournant définitivement la page sur un conflit contractuel épineux avec Israel-Premier Tech (NSN CyclingTeam en 2026).

Un talent libéré après une bataille juridique

Le transfert met un point final à une période tumultueuse pour le coureur de 28 ans. Depuis sa résiliation unilatérale de contrat avec Israel-Premier Tech, son avenir était en suspens, assombri par un litige financier dont l’enjeu se chiffrerait en millions. Cette période d’incertitude, durant laquelle il était techniquement sans équipe bien que champion national canadien en titre, est désormais derrière lui.

« De l’extérieur, on voit déjà qu’il s’agit d’une organisation qui fonctionne très proche des standards d’excellence de notre sport » a confié Gee-West dans le communiqué de Lidl-Trek. « Cela m’a vraiment attiré. L’ambition, la structure et la profondeur de talent au sein de l’équipe sont impressionnantes. » Un discours qui contraste fortement avec ses récents déboires et souligne son besoin d’un environnement stable et performant pour s’épanouir.

Du révélé au confirmé : l’irrésistible ascension de Gee-West

La signature de Derek Gee n’est pas un pari, mais l’acquisition d’un talent déjà éprouvé. Son nom a explosé aux oreilles du grand public lors du Giro 2023. Néophyte des Grands Tours, il y avait livré une démonstration d’audace et de résistance rare, multipliant les escapades pour terminer quatre fois deuxième d’étapes. Ce festival offensif lui avait aussi valu les podiums des classements par points et de la montagne, esquissant le profil d’un coureur complet.

Les saisons suivantes ont confirmé son évolution vers un rôle de leader pour les classements généraux. En 2024, il remporte une étape et monte sur le podium final du Critérium du Dauphiné (3e), avant d’enchaîner avec une solide 9e place sur le Tour de France. L’année 2025 a scellé son statut : vainqueur du classement général d’O Gran Camiño, il a ensuite réalisé une remarquable 4e place sur le Giro, démontrant sa régularité sur trois semaines. Son profil de grimpeur puissant, allié à des qualités de rouleur solide, en fait un candidat idéal pour les courses par étapes.

Lidl-Trek : l’environnement idéal pour franchir un cap ?

Pour Luca Guercilena, le directeur général de Lidl-Trek, la signature est une évidence. « Au cours des trois dernières années, il a montré un niveau incroyablement élevé. Nous sommes convaincus que nous n’avons pas encore vu sa limite » a-t-il déclaré. Le projet est clair : offrir à Gee-West l’ensemble des ressources de performance de l’équipe – du matériel à l’encadrement scientifique – pour transformer son potentiel en victoires majeures.

Cette arrivée pose aussi la question de la stratégie interne. Lidl-Trek dispose déjà de leaders pour le Tour de France avec des coureurs comme Tao Geoghegan Hart ou Giulio Ciccone. L’intégration de Gee-West pourrait lui ouvrir les portes du leadership sur le Giro d’Italia, une course où il excelle déjà. Il rejoint un collectif où la notion d’équipe à plusieurs cartes à jouer est centrale, lui permettant d’alterner entre statut de leader protégé et de coéquipier de luxe selon les circonstances.

Un transfert gagnant-gagnant pour l’avenir

Le mariage entre Derek Gee-West et Lidl-Trek a toutes les apparences d’une union parfaite. Le coureur trouve un havre de stabilité ambitieux après une tempête juridique, et une structure de pointe pour viser les plus hautes marches des Grands Tours. L’équipe, de son côté, recrute un athlète dans la plénitude de son talent, capable de briller sur un calendrier étendu et d’apporter une nouvelle dynamique à son effectif déjà très compétitif.

« Je suis impatient de continuer à me développer en tant que coureur de classement général et de voir ce que nous pourrons accomplir ensemble« , résume Gee-West. Le cyclisme mondial, lui, attend de voir si ce nouveau chapitre permettra à la pépite canadienne de transformer ses places d’honneur en victoires éclatantes. La réponse, sur les routes des Grands Tours, à partir de 2026.

Gijs Van Hoecke tire sa révérence : l’ultime sortie d’un rouage discret du peloton

Quatorze saisons, six maillots, une victoire UCI. Gijs Van Hoecke, 34 ans, a annoncé sa retraite sportive. Laissé sans contrat après la fusion Intermarché-Wanty et Lotto, le coureur gantois referme ce chapitre avec sérénité. Portrait d’un équipier de l’ombre, champion du monde sur piste en 2012, dont le rôle essentiel n’a jamais été mesuré au seul palmarès.

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Le peloton professionnel perd l’un de ses éléments les plus fiables. Gijs Van Hoecke a officialisé, via un message sur instagram, la fin de sa carrière. À 34 ans, le coureur belge referme un cycle de quatorze années, marqué par un engagement sans faille et un rôle crucial au service des leaders. Une page se tourne, dans la discrétion qui a toujours caractérisé son profil.

Un message d’adieu empreint de gratitude

Le coureur a choisi Instagram pour transmettre son annonce. Le ton n’est pas à la nostalgie, mais à la reconnaissance. « Après 14 ans à vivre la vie d’un cycliste professionnel, il est temps de tourner cette page » écrit-il. Il insiste sur la passion vécue au quotidien et remercie « la famille, les amis, les coéquipiers, le staff et les fans ».

Plus qu’un au revoir, c’est un tournant assumé. « Je m’éloigne avec un profond sentiment d’accomplissement, et le cyclisme restera à jamais une partie de ma vie. Je suis motivé pour relever un nouveau défi avec le même engagement. » Un discours qui souligne une retraite choisie, malgré un contexte de marché compliqué.

Un parcours en six équipes : l’itinéraire d’un professionnel solide

Professionnel depuis 2012 après un passage par la piste, Van Hoecke a sillonné le peloton mondial avec une constance remarquable.

Topsport Vlaanderen-Baloise (2012-2016) : Ses années de formation, où il affine son profil.

LottoNL-Jumbo (2017-2018) : Il découvre le WorldTour et dispute son premier Giro.

CCC Team (2019-2020) : Une période de consolidation.

AG2R Citroën Team (2021-2022) : Il endosse le rôle d’équipier de montagne et de Classiques.

Human Powered Health (2023) : Un intermède sur le continent américain.

Intermarché-Wanty (2024-2025) : Ses deux dernières saisons, conclues par une 2e place d’étape au Tour du Guangxi 2024 et une participation au Giro 2025.

Ce chemin démontre une adaptabilité rare. Laissé sans contrat après la fusion Intermarché-Wanty avec Lotto, il a pris la décision de ne pas poursuivre. Un choix qui interroge sur la difficulté pour les coureurs de son profil à se repositionner à 34 ans dans un marché contractuel tendu.

Un palmarès à double facette : l’éclat sur piste, l’ombre sur route

Sur la piste, son talent a explosé. En 2012, il devient champion du monde de l’américaine aux côtés de Kenny De Ketele. Une consécration qui couronne ses qualités de puissance et de synergie. Il a également été champion de Belgique de poursuite par équipes (2011) et de l’omnium (2012).

Sur la route, le bilan est celui d’un équipier dévoué. Une seule victoire à son actif (Internationale Wielertrofee Jong Maar Moedig), mais des places d’honneur significatives : 2e du GP Criquielion (2013) et 2e d’étape au Tour du Guangxi (2024). Sa valeur se mesurait dans l’effort invisible : porter le ravitaillement, mener les bordures, ramener les échappées, guider son leader en position protégée. Il figurait encore au classement UCI fin 2025, preuve de sa régularité.

Le rôle invisible : pourquoi le peloton va le sentir passer

La retraite de coureurs comme Gijs Van Hoecke a un impact sous-estimé. Ce sont des rouages essentiels de la mécanique d’équipe. Ils connaissent chaque fissure du pavé, anticipent les bordures, sacrifient leur résultat pour la stratégie collective. Leur expérience et leur loyauté sont des atouts immatériels que les statistiques ne capturent pas.

Son départ pose aussi une question cruciale : comment honorer et pérenniser les carrières de ces professionnels de l’ombre, dont l’utilité est absolue mais la « visibilité » marketing limitée ?

Et maintenant ? La transition vers un nouveau défi

Pour l’instant, Van Hoecke garde le silence sur ses projets futurs. « Le vélo fera toujours partie de ma vie » assure-t-il. Plusieurs portes peuvent s’ouvrir : un rôle au sein d’un staff sportif, une reconversion dans le management, ou un lien avec le cyclisme sur piste, sa première amour. Son intelligence de course et son expérience multivolets en font un profil précieux pour l’écosystème cycliste.

Gijs Van Hoecke s’en va sans tapage, comme il a couru. Son parcours est l’archétype d’une carrière professionnelle réussie, où la valeur ne se résume pas au compteur de victoires. Celle d’un homme qui a vécu pleinement sa passion, servi son métier avec abnégation, et qui part la tête haute. Le peloton perd un soldat discret. Le cyclisme belge, un professionnel accompli. Son héritage ? La preuve que l’on peut marquer le sport professionnel sans toujours être sous les projecteurs.

Tour Down Under 2026 : Le pari audacieux et équilibré des Lidl-Trek pour lancer sa saison

Le coup d’envoi du WorldTour 2026 se donne en Australie, du 17 au 25 janvier. Lidl-Trek a dévoilé ses armes, masculines et féminines, pour le Santos Tour Down Under. Entre expérience, jeunesse et polyvalence, l’équipe américaine mise sur un collectif rodé pour viser la victoire d’étape et le général. Décryptage d’une sélection qui reflète une stratégie claire.

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Le calendrier WorldTour reprend ses droits sous le soleil ardent de l’été australien. Pour cette édition 2026 du Tour Down Under (17-25 janvier), la formation Lidl-Trek a opté pour un mélange savamment dosé de sagesse et d’audace. Une stratégie qui se décline également pour la Women’s WorldTour, avec une sélection féminine tout aussi ambitieuse (17-19 janvier). Voici le visage que présentera l’équipe pour ce premier grand rendez-vous de l’année.

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Une équipe masculine construite autour d’un double leadership

La sélection de sept coureurs pour la course masculine ne laisse place à aucun hasard. Chaque profil a été choisi pour répondre aux spécificités du parcours sud-australien, connu pour ses ascensions courtes mais explosives et ses finales nerveuses.

Patrick Konrad (34 ans) et Andrea Bagioli (26 ans) formeront le duo de tête. L’Autrichien, solide 9e du général en 2025, apporte sa régularité et son expérience des courses par étapes. Son rôle sera crucial dans les cols comme Willunga Hill. Avec lui, l’Italien Bagioli incarne la flèche. Plus rapide au sprint, il vise clairement les victoires d’étape et peut surprendre au général si il limite les écarts dans les moments difficiles. Cette complémentarité offre à la direction sportive de multiples options tactiques.

Le collectif au service de l’ambition

Derrière ces deux leaders, Lidl-Trek s’est offert un luxe de polyvalence. Matteo Sobrero (28 ans) est l’atout maître : excellent rouleur contre-la-montre, il pourra aussi bien placer une attaque lointaine que contrôler la course. Sam Oomen (30 ans) et Amanuel Ghebreigzabhier (31 ans) seront les gardes du corps en montagne, capables de placer un rythme élevé dans les pentes pour isoler les favoris.

Jacopo Mosca (32 ans) apportera sa puissance dans les secteurs venteux et lors des approches. Enfin, la grande nouveauté est l’intégration du jeune sprinteur allemand Tim Torn Teutenberg (23 ans). Neveu de la légende Ina-Yoko Teutenberg, son inclusion est un signal : Lidl-Trek veut jouer la carte de la jeunesse et de la vitesse sur les étapes au profil plus plat.

L’armada féminine : un effectif pour tous les terrains

Côté féminin, Lidl-Trek présente une équipe redoutable, capable de rivaliser pour la victoire finale et les étapes. Trois profils se distinguent.

Gaia Realini (24 ans) sera la patronne pour le classement général. La grimpeuse italienne, révélation des Grands Tours, trouve dans les pentes d’Adélaïde un terrain idéal pour ses qualités. Elle sera épaulée par Amanda Spratt (38 ans) la future retraitée, triple vainqueure de la course, dont la connaissance du terrain et la forme du retour de blessure seront des atouts inestimables.

Pour les sprints, l’équipe peut compter sur la Danoise Emma Norsgaard (26 ans), dont la pointe de vitesse est redoutable. Enfin, des coureuses comme Ricarda Bauernfeind (25 ans) et Loes Adegeest (29 ans) pourront tenter leur chance dans des échappées calculées, mettant la pression sur les autres formations. Lauretta Hanson (31 ans) complète l’équipe.

Stratégie et objectifs : pourquoi cette sélection a du sens

Cette double sélection révèle la philosophie de Lidl-Trek pour 2026 : lancer la saison avec ambition tout en testant plusieurs combinaisons. Pour les hommes, l’objectif est double : une victoire d’étape (via Bagioli, Sobrero ou même Teutenberg) et un top-10 sur le général avec Konrad. La présence de Teutenberg est un investissement sur l’avenir et une volonté de ne laisser échapper aucune opportunité.

Pour les femmes, l’ambition est clairement la victoire finale avec Gaia Realini, tout en protégeant les options Spratt et Norsgaard. La densité de ce collectif le rend imprévisible et difficile à contrôler pour les adversaires.

Le Tour Down Under, bien plus qu’une simple course d’ouverture

Au-delà des résultats, cette première course de l’année est un laboratoire. Elle permet de peaufiner les automatismes, d’évaluer la condition physique après la trêve hivernale et d’insuffler une dynamique positive pour la suite de la saison. En alignant des équipes compétitives sur les deux tableaux, Lidl-Trek envoie un message fort à tout le peloton : la formation est prête, équilibrée et déterminée à marquer le WorldTour 2026 dès son lever de rideau.

Les routes d’Adélaïde vont ainsi offrir le premier chapitre de la saison Lidl-Trek. Un chapitre écrit avec l’encre de l’expérience, la fougue de la jeunesse et les traits précis d’une stratégie réfléchie. Rendez-vous est pris à partir du 17 janvier pour les femmes et le 20 janvier pour les hommes.

Le Wolfpack sans Evenepoel : comment Soudal Quick-Step recompose sa meute pour 2026

Une page se tourne. Le départ fracassant de Remco Evenepoel vers Red Bull-BORA-hansgrohe a contraint Soudal Quick-Step à une refonte totale. Sans leader suprême pour les Grands Tours, la structure belge opère un virage stratégique et revient à ses fondamentaux : les Classiques et la chasse aux victoires d’étapes. Entre recrutements ciblés et promotion massive de jeunes espoirs, le Wolfpack 2026 mise sur la densité et la polyvalence pour retrouver son statut de terreur du peloton. Plongée dans les rouages d’une renaissance.

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La saison 2026 s’annonce comme une révolution à huis clos pour Soudal Quick-Step. Pour la première fois depuis 2019, le Wolfpack entamera une année sans Remco Evenepoel, transféré chez Red Bull-BORA-hansgrohe dans l’un des mouvements les plus médiatisés du mercato. Une ère s’achève, celle de la quête obsessionnelle du classement général sur les Grands Tours. Une autre commence, fondée sur un mantra simple : gagner partout, tout le temps.

Sous une apparence stable – le sponsor Soudal Quick-Step est reconduit –, l’équipe a opéré en interne une mue profonde. La direction a officiellement recentré ses priorités sur les succès en une journée, les victoires d’étapes et les monuments du calendrier. Une stratégie qui sonne comme un retour aux sources pour cette formation qui a dominé les Classiques pendant près d’une décennie.

Un mercato tourné vers l’expérience et l’avenir

Pour combler le vide laissé par Evenepoel, le staff a actionné le levier du mercato avec une double logique : recruter un leader immédiat pour les Flandres et investir sur le long terme.

Les arrivées structurantes

Jasper Stuyven (33 ans, ex-Lidl-Trek) : La signature la plus symbolique. Vainqueur de Milan-Sanremo en 2021, le Flamand apporte l’expérience, la puissance et le mental qui manquaient cruellement au Wolfpack sur les pavés. Il est attendu comme le patron des Classiques.

Steff Cras (29 ans, ex-TotalEnergies) : Un grimpeur solide, capable de top 10 sur des courses par étapes et de soutien de poids pour Mikel Landa dans les Grands Tours.

Fabio Van den Bossche (25 ans, ex-Alpecin-Deceuninck) : Un pari sur l’avenir. Ce jeune Belge au profil de GC va murir dans l’écosystème Quick-Step.

La promotion des pépites internes

Le véritable vivier reste la Soudal Quick-Step Devo Team, promue en division continentale Pro. Jonathan Vervenne (22 ans), champion d’Europe du contre-la-montre U23 et vainqueur d’étape sur le Giro Next Gen, fait son passage en WorldTour. Un mouvement qui confirme l’efficacité d’un programme de formation ayant engrangé près de 60 victoires en trois ans.

Les départs générationnels

Outre Evenepoel, l’équipe a vu partir plusieurs équipiers expérimentés (Cerny, Serry, Cattaneo…), actant un renouvellement complet du groupe.

Cartographie d’un effectif sur-mesure

Avec 30 coureurs, le groupe 2026 est une mosaïque de profils taillés pour couvrir l’intégralité du calendrier.

Les piliers par spécialité

Classiques & Monuments : Autour de Jasper Stuyven, un bloc d’une solidité rare se constitue avec Dylan Van Baarle, Yves Lampaert et Maximilian Schachmann. L’objectif est clair : remporter au moins un Monument (Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège).

Sprints : Tim Merlier reste le maître à bord, épaulé par un train mené par Bert Van Lerberghe. L’Italien Alberto Dainese apporte une option supplémentaire.

Grands Tours : Mikel Landa (36 ans) devient le leader incontesté pour le Giro ou le Tour. Autour de lui, Louis Vervaeke, Valentin Paret-Peintre et le jeune Gianmarco Garofoli formeront son garde rapprochée en montagne. Ilan Van Wilder et Maximilian Schachmann viseront les top 10 sur les courses par étapes plus courtes.

L’épine dorsale : les hommes de l’ombre. Les rouleurs endurants et polyvalents comme Casper Pedersen, Pascal Eenkhoorn ou Dries Van Gestel seront les artisans de l’ombre, chargés de contrôler les courses et de ramener les échappées.

La relève immédiate : Paul Magnier (21 ans), pur spécialiste des courses d’un jour, il pourrait surprendre dès cette saison sur des parcours vallonnés. Junior Lecerf (23 ans) et Gianmarco Garofoli (23 ans) : Deux espoirs au profil GC et grimpeur, destinés à apprendre aux côtés de Landa avant de voler de leurs propres ailes.

La feuille de route 2026 : reconquérir par la densité

La philosophie est simple : disperser les chances de victoire sur l’ensemble de la saison.

Priorité n°1 : les Classiques

C’est le cœur de métier retrouvé. Le Wolfpack alignera plusieurs cartes sur chaque monument. Stuyven, Van Baarle et Schachmann sont attendus sur les pavés. Les Ardennaises (Flèche Wallonne, Liège) seront chassées par Schachmann et les jeunes puncheurs comme Magnier.

Les Grands Tours : fin de l’ère du tout pour le général

Place à la chasse aux étapes. Merlier sur les sprints, Landa et ses lieutenants sur les étapes de montagne, sans pression de résultat au classement général. Un podium sur le Giro avec Landa serait un bonus, pas un objectif affiché.

Les objectifs secondaires mais stratégiques

Les championnats nationaux et mondiaux (contre-la-montre avec Ethan Hayter). Les classements généraux de courses d’une semaine (Paris-Nice, Tirreno-Adriatico). Les courses hors d’Europe (Tour Down Under, AlUla Tour) pour lancer la dynamique dès janvier.

Démarrage sous les sunlights : un calendrier agressif dès janvier

Dès le Santos Tour Down Under (20-25 janvier), le Wolfpack montrera ses nouvelles couleurs. Merlier visera les sprints, tandis que Mauri Vansevenant ou Paul Magnier pourront jouer leur carte sur la mythique ascension de Willunga Hill.

Fin janvier, les classiques espagnoles serviront de banc d’essai pour les jeunes et les équipiers en reprise.

L’entrée dans le vif du sujet se fera le 28 février à l’Omloop Het Nieuwsblad, où Jasper Stuyven devrait officialiser son statut de leader.

Points forts et points de vigilance : l’analyse froide

Les atouts maîtres :

Une polyvalence inédite : L’effectif permet de viser la victoire sur tous les terrains, un atout crucial pour briller en continu.

Un équilibre générationnel parfait : L’expérience de Stuyven, Landa ou Van Baarle cadre une jeune génération ultra-prometteuse.

Une usine à talents : La Devo Team est désormais l’un des meilleurs centres de formation mondiaux, garantissant un flux continu de nouveaux profils.

Les écueils à éviter :

La succession Landa : À 36 ans, le leader pour les tours est une solution transitoire. La question du successeur à long terme (Van Wilder ? Lecerf ?) reste en suspens.

La pression psychologique sur Stuyven : Il doit endosser le costume de leader numéro 1 sur les Classiques, un rôle qu’il n’a jamais pleinement occupé chez Lidl-Trek.

La gestion des ego : Avec plusieurs leaders par spécialité, la répartition des rôles et des courses devra être d’une transparence absolue pour préserver l’équilibre du groupe.

Le pari de Soudal Quick-Step est audacieux mais cohérent. En renonçant à remplacer directement Evenepoel, l’équipe a choisi de renouer avec son ADN profond : la densité, l’agressivité et la culture de la victoire immédiate. Le Wolfpack de 2026 n’aura peut-être pas de superstar unique, mais il possède une arme plus redoutable : une meute affamée, prête à attaquer sur tous les fronts. La saison ne se jugera pas au classement général du Tour, mais au nombre de trophées brandis. Et sur ce terrain, le compte pourrait être élevé.

Soudal Quick-Step : L’effectif 2026 avec 30 coureurs

1 – BASTIAENS Ayco
2 – CRAS Steff
3 – DAINESE Alberto
4 – EENKHOORN Pascal
5 – GAROFOLI Gianmarco
6 – GELDERS Gil
7 – HAYTER Ethan
8 – LAMPAERT Yves
9 – LANDA Mikel
10 – LECERF Junior
11 – MAGNIER Paul
12 – MERLIER Tim
13 – PARET-PEINTRE Valentin
14 – PEDERSEN Casper
15 – RACCAGNI NOVIERO Andrea
16 – REINDERINK Pepijn
17 – REX Laurenz
18 – SCHACHMANN Maximilian
19 – STUYVEN Jasper
20 – SVRČEK Martin
21 – VAN BAARLE Dylan
22 – VAN DEN BOSSCHE Fabio
23 – VAN GESTEL Dries
24 – VAN LERBERGHE Bert
25 – VAN WILDER Ilan
26 – VANGHELUWE Warre
27 – VANSEVENANT Mauri
28 – VERVAEKE Louis
29 – VERVENNE Jonathan
30 – ZANA Filippo

Tadej Pogacar 2026 : Le pari fou d’une saison sans Tour… de France ?

Champion du monde en titre et quadruple lauréat du Tour de France, Tadej Pogacar n’a plus rien à prouver. Pourtant, la saison 2026 du prodige slovène s’annonce comme la plus ambitieuse et la plus singulière de sa carrière. Sous la bannière UAE Team Emirates-XRG, il vise l’impensable : compléter sa collection de Monuments tout en réinventant sa préparation. Entre quête d’absolu et lassitude de la routine, plongée dans le projet qui pourrait redéfinir la domination cycliste.

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L’ère de la simple accumulation de titres est révolue. En 2026, Tadej Pogacar, doté de son maillot arc-en-ciel et d’un palmarès qui frôle l’éternel, s’engage sur un sentier plus personnel. Son équipe, après une saison 2025 monstrueuse (97 victoires), n’affiche qu’un chiffre et qu’une ambition : 100. Mais pour son leader absolu, les motivations transcendent les statistiques. « La différence entre zéro et un est plus grande qu’entre quatre et cinq » a-t-il lâché, évoquant son désir brûlant de Paris-Roubaix face à un cinquième Tour de France. Cette déclaration n’est pas un caprice, mais le manifeste d’un champion en quête de plaisir pur, prêt à bouleverser les codes pour éviter la saturation.

Dossier : Tadej Pogacar

UAE Emirates-XRG 2026 : Un effectif sur-mesure pour un leader surpuissant

La force de l’équipe réside dans une stabilité stratégique. L’effectif, d’une profondeur vertigineuse, a subi des ajustements chirurgicaux pour servir deux ambitions parallèles : la quête des Monuments par Pogacar et la conquête des Grands Tours secondaires.

Le transfert stratégique : João Almeida, de lieutenant à roi

Le changement le plus significatif est interne. João Almeida, pilier des montagnes du Tour aux côtés de Pogacar, se voit confier le leadership sur le Giro et la Vuelta. Cette promotion vise un double objectif : récompenser le talent du Portugais et libérer de l’espace au sein de l’équipe Tour pour l’intégration d’Isaac del Toro. Le prodige mexicain, 2e du Giro 2025 à 22 ans, fera ainsi son apprentissage auprès du maître, apportant une fraîcheur explosive dans les ascensions.

Le renfort ciblé : L’appel des Ardennes

Pour renforcer son arsenal dans les Classiques, l’équipe s’est associée les services de Benoît Cosnefroy. L’arrivée du Français, spécialiste des courses vallonnées et punchy, offrira à Pogacar un allié de poids sur les Ardennaises et une carte à jouer supplémentaire lorsque le leader n’est pas au départ.

Les piliers de l’empire : Une pyramide de talents parfaitement définie

L’UAE a construit un écosystème où chaque profil a un rôle précis.

L’astre suprême : Tadej Pogacar. Sa polyvalence le rend favori sur presque tous les terrains. Son rôle en 2026 est double : conquérir les Monuments manquants (Milan-SanRemo, Paris-Roubaix) et gérer l’inévitable attente d’un 5e Tour.

Les lieutenants d’élite : Adam Yates reste le dernier homme incontournable de Pogacar dans les cols. Sa présence sur le Giro (pour y gagner une étape) puis le Tour en fait le socle de l’équipe Grand Tour.

Le Cœur Opérationnel : Les rouleurs de l’ombre. Tim Wellens et Nils Politt assureront la sécurité de Pogacar sur les pavés et les routes accidentées. Brandon McNulty ajoute une arme tactique pour les échappées et les étapes vallonnées.

La Génération Future : Derrière Del Toro, l’équipe cultive ses pousses. Le Portugais António Morgado (21 ans) et l’Australien Jay Vine (atout montagne pour Almeida) assurent la pérennité de la domination au-delà de l’ère actuelle.

Le calendrier révolutionnaire de Pogacar : Briser la routine pour nourrir la flamme

C’est la grande innovation de la saison. Pour maintenir la motivation intacte, le staff a conçu un programme inédit pour son leader.

Mars-Avril : Le « Bloc Monuments » . Pogacar ne disputera aucune course par étapes avant fin avril (Tour de Romandie). Sa saison débutera par un enchaînement de géants : Strade Bianche (vise un 4e record), Milan-SanRemo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et Liège-Bastogne-Liège. Un programme purement axé sur les classiques, conçu pour éviter l’usure mentale des petits tours et maintenir une faim aiguë de victoire.

La préparation au Tour de France : La nouveauté comme credo. Exit le traditionnel Critérium du Dauphiné. Pogacar fera son retour aux courses par étapes avec le Tour de Romandie (une première pour lui) fin avril, avant d’effectuer un stage en altitude. Il ne courra ensuite qu’une partie du Tour de Suisse (environ 5 jours) en juin. Cette approche vise à injecter de la nouveauté et à contrer toute forme de lassitude pré-Tour.

Les objectifs 2026 : Entre accomplissement personnel et domination collective

La quête des Monuments manquants : C’est la priorité existentielle. Pogacar l’a admis : remporter Milan-San Remo et Paris-Roubaix lui donnerait le sentiment d’avoir « plus ou moins tout accompli ». C’est le moteur principal de son début de saison.

Le Tour de France : L’incontournable record. Un 5e titre égalerait Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain. Même s’il en relativise l’importance, le Tour reste la course qu’il « doit » courir en tant que numéro 1 mondial. Son équipe sera calibrée pour cela.

Les Grands Tours secondaires : L’heure d’Almeida. Le Portugais aura une équipe compétitive pour viser la victoire sur le Giro et/ou la Vuelta, permettant à l’UAE de jouer sur tous les tableaux.

Le Championnat du Monde : La défense du titre à Montréal est un objectif sérieux, conditionné par la récupération post-Tour.

L’Objectif des 100 victoires d’équipe : Le graal collectif après les 97 de 2025. Une dynamique qui peut motiver tout l’effectif, à condition de ne pas devenir une pression contre-productive.

Points forts et points d’attention : Les clés de la saison

Forces écrasantes : La polyhistorique de Pogacar, favori sur la très grande majorité des terrains et parcours. Une profondeur d’effectif permettant de gérer plusieurs leaders et objectifs sans perte d’efficacité. Une gestion innovante du calendrier, adaptée à la psyché unique de son leader.

Écueils potentiels : Le risque de saturation mentale : Pogacar a évoqué le « stress écrasant » du Tour. Le pari de le préserver via les classiques est audacieux.

L’intégration délicate de Del Toro : Mettre un futur rival (à long terme) dans l’équipe Tour nécessite une gestion fine pour éviter les tensions.

La pression du record : La quête du 5e Tour, bien que relativisée, pèsera inévitablement dans les médias et peut-être dans l’équipe.

Au-delà de la domination, la quête de sens

La saison 2026 de Tadej Pogacar et de l’UAE Emirates-XRG ne se résume pas à une liste de courses. C’est une expérience. C’est la tentative de concilier l’exigence de l’histoire (le 5e Tour) avec l’appel du plaisir pur (les Monuments). L’équipe a bâti une machine parfaite, mais son succès ultime reposera sur un élément intangible : la flamme intérieure d’un champion qui a déjà tout gagné, mais qui cherche encore à se redéfinir. Leur défi n’est plus de gagner, mais de réinventer la manière de dominer. Et cela, personne ne l’a jamais fait à ce niveau.

David Gaudu a touché le fond : le réveil du fantôme du cyclisme français

Une saison 2025 qualifiée de « calvaire ». Une rupture de confiance avec son équipe. Un changement radical d’entraîneur. David Gaudu, l’éternel espoir du cyclisme français, sort du silence. Dans une interview exclusive à L’Équipe, le leader de Groupama-FDJ livre une analyse sans filtre de sa chute. Et dévoile les fondations d’une renaissance construite sur l’humilité et la rupture. Voici les confessions d’un champion en quête de rédemption.

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La descente aux enfers a duré toute une saison. Le retour à la lumière, lui, passe par des sorties de sept heures sous le soleil d’hiver. David Gaudu a choisi la voie longue, l’approche contemplative, pour panser les plaies de l’année 2025. Une méthode radicale, à l’image du constat dressé par le grimpeur breton : « J’ai touché le fond« .

Après une saison émaillée de blessures, de doutes et d’une absence retentissante sur le Tour de France, le coureur de la Groupama-FDJ United opère une révolution silencieuse. L’objectif est simple : ne plus jamais revivre un tel « calvaire« . L’arme principale ? Un changement de paradigme complet, incarné par un nouvel homme : Luca Festa.

L’implosion : le récit d’une saison « en enfer »

Les chiffres sont impitoyables. Une victoire d’étape en début d’année au Tour d’Oman, vite engloutie par une cascade de pépins physiques. Un Giro anecdotique (66e et pas une place d’honneur). Un renoncement historique au Tour de France. Et une Vuelta en montagnes russes, avec un éclair – un maillot rouge conquis, une victoire d’étape à Ceres – suivi d’une plongée brutale.

« Ç’a été la saison la plus dure de ma carrière » confirme Gaudu, sans détour. Le diagnostic est sévère. « Je me suis demandé ce qu’il se passait, comment c’était possible de passer de si haut à si bas. » La mécanique s’est grippée, et avec elle, la relation symbiotique avec son équipe. « L’équipe avait du mal à comprendre et moi, j’avais du mal à leur faire confiance. » Une fracture qui a conduit à une décision lourde de sens.

La révolution Festa : l’Italien qui fait rouler plus longtemps, moins vite

Exit David Han, l’entraîneur historique, décrit comme « un deuxième papa« . Place à Luca Festa, un technicien italien passé par la Cofidis, dont la philosophie semble aux antipodes de la culture de performance traditionnelle. Son credo ? Le volume. Des heures passées sur le vélo, à basse intensité, pour reconstruire une base solide.

« J’avais la réputation de bourriner à l’entraînement » admet Gaudu. Un défaut qui a sans doute creusé son irrégularité. Désormais, en stage en Espagne ou dans les Alpes-Maritimes, le programme consiste à « profiter du paysage« . Une approche presque méditative, conçue pour restaurer un corps et un mental mis à rude épreuve. L’équipe parie sur la patience pour retrouver le coureur au potentiel phénoménal, capable d’un top 5 sur le Tour.

« On s’est trop acharné sur moi » : le fardeau de l’héritage Pinot

La chute sportive n’explique pas tout. Dans son analyse, David Gaudu pointe un autre adversaire, plus insidieux : la pression médiatique et populaire. Depuis des années, il porte le poids de l’héritage. Celui de Thibaut Pinot, son ancien leader, et plus largement, l’attente d’une nation en mal de successeurs.

« En France, beaucoup de gens sont prêts à te cracher dessus quand tu es au fond du trou parce qu’ils étaient jaloux quand tu réussissais » lâche-t-il, amer. Il évoque « un acharnement« , ravivé par des polémiques passées comme celle du Discord avec Arnaud Démare en 2023. Pour Gaudu, ce statut d’éternel espoir a créé une exigence démesurée, transformant chaque contre-performance en trahison.

Aujourd’hui, il estime être « moins au centre des attentes« . L’émergence de nouveaux visages – Vauquelin, Magnier, Seixas – a, paradoxalement, allégé le fardeau. Une libération qui pourrait être le catalyseur de son retour.

2026 : la quête de la rédemption et le poids des points UCI

L’enjeu de la saison à venir dépasse la simple performance individuelle. Elle est vitale pour Groupama-FDJ. Avec la remise à zéro des points UCI, chaque résultat comptera pour le classement mondial de l’équipe, crucial pour son maintien au plus haut niveau.

Gaudu en a pleinement conscience : « L’équipe a fini 17e l’an dernier en partie à cause de moi… J’étais un leader et je n’ai pas fait le boulot. » Cette prise de responsabilité marque un tournant. Son ambition est claire : « Je veux retrouver ma place de leader, tirer l’équipe vers le haut. »

Ses objectifs ? Plus de victoires d’étape isolées, mais une régularité retrouvée sur les grands tours. « J’aimerais bien finir dans le Top 10 au moins sur une des courses que je vais disputer cette saison. » Le Tour des Émirats, en février, sans la présence écrasante de Pogacar, sera un premier test révélateur.

Le phénix breton peut-il renaître ?

La métamorphose de David Gaudu est en marche. Elle est technique, avec la méthode Festa. Elle est mentale, avec l’acceptation d’un statut modifié. Elle est collective, avec la volonté de porter son équipe.

Le chemin sera long. Les sorties de sept heures ne construiront pas un champion en un jour. Mais elles symbolisent une nouvelle forme d’humilité : celle de repartir des fondamentaux. Après avoir touché le fond, David Gaudu n’a plus qu’une direction possible : le haut. Le cyclisme français, malgré tout, retient son souffle. L’histoire n’est peut-être pas encore écrite.

Evenepoel 2026 : Le pari fou du co-leadership et la quête de stabilité

Une page se tourne. Sous ses nouvelles couleurs Red Bull-BORA-hansgrohe, Remco Evenepoel dévoile un programme calculé pour 2026. Exit le Giro et les Flandres, place à une saison « normale » avec un objectif ultime : le Tour de France. Mais cette année, le champion du monde devra partager la vedette. Une révolution tactique et psychologique pour le prodige belge.

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La mécanique Evenepoel est repartie, mais sous un nouveau logo. L’annonce était attendue : le champion belge (26 ans) a officialisé son calendrier de début de saison 2026 et sa stratégie pour les mois à venir. Après son transfert retentissant de Soudal Quick-Step vers la superstructure Red Bull-BORA-hansgrohe, le double médaillé d’or olympique mise sur la régularité et une approche inédite pour conquérir le Graal.

Premiers kilomètres sous les ailes de Red Bull

Le rendez-vous est fixé à Majorque. Le 29 janvier prochain, Remco Evenepoel s’élancera pour la première fois sous le maillot de sa nouvelle équipe lors du Trofeo Ses Salines, première manche du Challenge de Majorque.

Ce choix n’est pas anodin. Son début de saison en Espagne servira de répétition générale au Grand Départ du Tour de France 2026, qui débutera par un contre-la-montre par équipes à Barcelone. Une opportunité parfaite pour roder les automatismes au sein d’une formation profondément remaniée et tester le nouveau matériel aérodynamique.

Un programme espagnol et le retour aux sources ardennaises

Après cette mise en jambe baléare, Evenepoel enchaînera avec un bloc de courses par étapes en Espagne, terrain qu’il affectionne particulièrement :

Tour de la Communauté Valencienne (4-8 février) : Pour peaufiner la condition et les réglages.

Tour de Catalogne (24-30 mars) : Première grande rencontre avec son nouveau coéquipier de leadership, Florian Lipowitz. Une course exigeante qui servira de banc d’essai crucial pour leur future collaboration.

Le printemps sera ensuite placé sous le signe des Classiques ardennaises, son jardin. Il sera présent à l’Amstel Gold Race, à la Flèche Wallonne et tentera un troisième succès sur Liège-Bastogne-Liège. Une absence notable cependant : le Tour des Flandres. Une tentation écartée au profit de la préservation et de la spécificité du profil du Belge, plus à l’aise sur les pentes raides que sur les pavés.

La grande nouveauté : le Tour de France en tandem

C’est la révélation stratégique majeure. Pour affronter l’hégémonie de Tadej Pogačar, Red Bull-BORA-hansgrohe mise sur une cartouche à double détente. Remco Evenepoel ne sera pas l’unique leader au départ de Barcelone. Il partagera ce rôle avec Florian Lipowitz, troisième du Tour 2025 et désormais prolongé avec l’équipe.

Cette approche, inspirée des succès de Jumbo-Visma face à Pogačar, vise à déstabiliser le favori slovène par une double menace tactique. Même si l’adaptation promet d’être un défi pour Evenepoel, habitué à une équipe entièrement dévouée à sa cause.

Le Giro sacrifié sur l’autel de la stabilité

L’autre annonce forte est le renoncement au Giro d’Italia. Pourtant séduit par le parcours, le champion du monde a fait le choix de la raison.

L’objectif est clair : arriver au Tour de France en maîtrisant parfaitement sa courbe de forme, sans surmenage. Une sagesse qui contraste avec l’audace habituelle du coureur, mais qui témoigne d’une maturation dans la gestion de sa carrière. Dans cette logique, les Championnats du Monde à Montréal (fin septembre) restent un cap important, avec une possible tentative de doublé contre-la-montre / course en ligne.

L’ère de la maturité

Le programme 2026 de Remco Evenepoel dessine les contours d’un athlète entrant dans une nouvelle phase. Moins de démonstrations de puissance solitaire, plus de stratégie collective. Moins de débauche d’énergie, plus de précision. Le pari est audacieux : accepter le partage du leadership pour mieux viser le sommet. Son début de saison à Majorque sera le premier indicateur de l’alchimie au sein de la « Red Bull Armada ». La route vers le jaune passe désormais par le travail d’équipe.

Groupama-FDJ United 2026 : le pari audacieux d’une génération dorée

2026 sonne l’heure du renouveau pour Groupama-FDJ. Sous une nouvelle bannière « United », l’équipe de Marc Madiot a opéré un lifting ambitieux de son effectif. Entre départs symboliques, recrues ciblées et prolongations stratégiques, la formation française vise plus haut que jamais : un Monument, le classement général du Tour, et la domination des FDJ United Series (Coupe de France). Plongée au cœur d’un projet sportif en pleine mutation.

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Une identité renouvelée, des ambitions démultipliées

La saison 2026 marque un tournant stratégique pour la structure historique de Marc Madiot. Devenue Groupama-FDJ United, l’équipe ne se contente pas d’un simple changement de nom. Elle incarne une vision élargie du cyclisme français, portée par le lancement des FDJ United Series, ex-coupe de France de quinze épreuves. Cette refonte identitaire s’accompagne d’un profond renouvellement sportif. L’objectif est double : s’imposer comme un acteur dominant sur le circuit mondial tout en rayonnant sur le territoire national. Avec un effectif étoffé à 29 coureurs, l’équipe mise sur un savant mélange de jeunesse prometteuse et d’expérience éprouvée.

Le mercato 2026 : entre renforts ciblés et départ symbolique

L’intersaison a été dense. Huit arrivées contre six départs dessinent les contours d’un effectif volontairement plus polyvalent et offensif.

Les recrues qui changent la donne : Clément Berthet (28 ans) & Bastien Tronchon (23 ans), ex-Decathlon AG2R La Mondiale : Ce duo apporte une nouvelle dynamique. Berthet, grimpeur endurant, renforce le bloc montagne. Tronchon, puncheur au profil idéal pour les classiques, étoffe l’arsenal pour les courses d’un jour.

Ewen Costiou (23 ans, ex-Arkéa-B&B Hotels) : Pépite bretonne au profil de grimpeur-GC, il représente un investissement d’avenir pour les courses par étapes.

Matteo Milan (22 ans, ex-Lidl-Trek Future Racing) : Sprinteur pur, il vient soulager Paul Penhoët et offre une nouvelle option pour les arrivées groupées.

Axel Huens (24 ans, ex-Unibet Tietema Rockets) : Puncheur solide, il est taillé pour les parcours accidentés des Classiques.

Joshua Kench (24 ans, ex-Li Ning Star) : Un pari sur l’avenir avec un profil de GC.

Maxime Decomble & Titouan Fontaine (20 ans) : Promus de la Continental, ils symbolisent la vitalité du centre de formation.

Le départ qui laisse un vide : Le retrait de Stefan Küng (parti chez Tudor) est une lourde perte. Le Suisse était le pilier incontesté des contre-la-montre, individuels et par équipes. Son absence pose une question majeure pour la discipline. Les départs d’équipiers aguerris comme Lewis Askey (vers NSN Cycling Team) et Sven Erik Bystrøm (vers Uno-X) accentuent le besoin de prise de responsabilité chez les plus jeunes.

Une prolongation stratégique : Dans ce mouvement, la prolongation d’un an de Rémy Rochas (29 ans) est cruciale. Ce puncheur-grimpeur, 4e d’étape sur le Giro 2025, reste un équipier de luxe et un finisseur précieux.

Cartographie des leaders : qui pour porter les ambitions ?

L’effectif 2026 se structure autour de plusieurs piliers aux profils complémentaires.

Le leader tout-terrain : Romain Grégoire (22 ans). Il en est désormais le fer de lance. Puncheur au finish redoutable, il visera les classiques ardennaises (Amstel, Flèche, Liège) et les étapes vallonnées des Grands Tours. À 22 ans, il porte une immense attente.

Les chefs de file en Grand Tour : David Gaudu (29 ans) & Guillaume Martin-Guyonnet (32 ans). Le duo de grimpeurs référents. Leur mission sera de viser le Top 5/Top 10 du Tour de France. Martin, doyen et pointure historique, apporte son expérience et son volume de travail. Gaudu devra concrétiser son immense potentiel sur trois semaines.

Le patron des classiques : Valentin Madouas (29 ans). Baroudeur infatigable, il est l’homme des Flandres et de Paris-Roubaix. Sa puissance et son intelligence de course en font un candidat sérieux pour enfin offrir un Monument à l’équipe.

Les équipiers-clés :

Rémi Cavagna (30 ans) : En l’absence de Küng, le « TGV » devient la locomotive indispensable pour les chronos et les efforts longs en tête de peloton. Rudy Molard (36 ans) : Sergent-chef expérimenté, il sera le garde-fou en montagne pour les leaders. Quentin Pacher (33 ans) : Puncheur-équipier essentiel pour contrôler les courses ou lancer des offensives.

Les objectifs 2026 : la quête de la consécration

La saison sera jugée sur des objectifs précis et ambitieux.

Dominer les FDJ United Series : La Coupe de France est un terrain d’expression naturel. L’équipe, parfaitement calibrée pour ces courses, visera le classement par équipes et de multiples victoires.

Remporter un Monument : L’obsession. Madouas sur Paris-Roubaix, Grégoire dans les Ardennaises. L’équipe a les profils, elle doit maintenant concrétiser.

Briller sur le Tour de France : Gaudu et Martin visent le podium ou un Top 5. En parallèle, Grégoire (étapes) et Penhoët/Milan (sprints) devront saisir leurs opportunités.

Performances mondiales : Cavagna visera le chrono des championnats du monde, tandis que Grégoire pourrait être un outsider en course en ligne.

Points forts & points d’attention : l’analyse stratégique

Les atouts :

Polyvalence inégalée : L’effectif peut rivaliser du sprint pur (Paul Penhoët, Milan) aux cols les plus raides (Gaudu, Martin), en passant par les classiques (Madouas, Tronchon).

Une génération dorée : Grégoire, Penhoët, Costiou, Tronchon… Le noyau jeune est l’un des plus prometteurs du WorldTour.

Adéquation parfaite avec le projet : L’équipe est sur le papier la mieux armée pour briller sur les FDJ United Series.

Les défis :

Le vide laissé par Küng : La performance en contre-la-montre par équipes, cruciale en Grand Tour, devient une inconnue. Cavagna devra prendre une nouvelle dimension.

La pression gestionnelle : À 22 ans, Romain Grégoire endosse un rôle de leader absolu. Sa capacité à enchaîner les objectifs majeurs toute la saison sera scrutée.

La régularité des cadres : Gaudu et Martin doivent impérativement aligner une saison complète au plus haut niveau, sans passage à vide.

Une équipe à l’aube d’une ère nouvelle

Groupama-FDJ United entre en 2026 avec l’un des effectifs les plus excitants et équilibrés du peloton mondial. La stratégie est claire : réussir la transition entre une génération expérimentée et une vague de jeunes talents tout en capitalisant sur un calendrier national repensé. Le pari est audacieux. S’il réussit, il pourrait mener à l’accomplissement d’objectifs historiques : un premier Monument, un retour sur le podium du Tour, et l’affirmation d’une dynastie française capable de dominer la décennie. La saison 2026 n’est pas une simple saison de plus ; c’est le premier acte d’une nouvelle ère.

Groupama-FDJ United : L’effectif 2026 avec 29 coureurs

1 – BARTHE Cyril
2 – BERTHET Clément
3 – BOWER Lewis
4 – BRAZ AFONSO Clément
5 – CAVAGNA Rémi
6 – COSTIOU Ewen
7 – DECOMBLE Maxime
8 – DONNENWIRTH Tom
9 – FONTAINE Titouan
10 – GAUDU David
11 – GENIETS Kevin
12 – GERMANI Lorenzo
13 – GRÉGOIRE Romain
14 – GRUEL Thibaud
15 – HUENS Axel
16 – JACOBS Johan
17 – KENCH Josh
18 – LE GAC Olivierout
19 – MADOUAS Valentin
20 – MARTIN Guillaume
21 – MILAN Matteo
22 – MOLARD Rudy
23 – PACHER Quentin
24 – PALENI Enzo
25 – PENHOËT Paul
26 – ROCHAS Rémy
27 – ROLLAND Brieuc
28 – RUSSO Clément
29 – TRONCHON Bastien

« Le cyclisme 100% propre ? Un leurre » : Le coup de gueule lucide de Ben Healy avant la saison 2026

Dans une interview exclusive, l’étoile montante du peloton, Ben Healy, brise un tabou. Alors que le cyclisme affiche des vitesses stratosphériques, le puncheur irlandais d’EF Education-EasyPost assume un constat glaçant : aucun sport, malgré les contrôles, ne peut se prétendre entièrement pur, propre. Décryptage d’un discours qui secoue depuis quelques heures la planète vélo à l’aube d’une nouvelle année de compétition.

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Le doute est-il l’ultime rempart contre la triche ? À la veille de l’ouverture de la saison 2026, Ben Healy, figure emblématique du dernier Tour de France et du cyclisme mondial, choisit la franchise plutôt que les poncifs. Dans un entretien accordé à l’Irish Mirror, le coureur de 25 ans livre une analyse froide et dépassionnée de la lutte antidopage, tout en décortiquant les rouages de la surenchère performance.

Un vent de lucidité souffle sur le peloton. Porté par une année 2025 exceptionnelle – victoire d’étape et maillot jaune sur le Tour, médaille de bronze mondiale –, Healy ne succombe pas à l’angélisme. Son diagnostic est sans appel.

Un idéal de propreté : « Une impossibilité statistique »

Pour Ben Healy, affirmer qu’une discipline sportive est irréprochable relève de la naïveté. « Dans n’importe quel sport, il est impossible de dire : ‘Oh oui, ce sport est 100 % propre‘ » assène le coureur d’EF Education-EasyPost. Une position qui transcende le seul cyclisme, souvent montré du doigt pour son passé sulfureux.

Cette prise de parole, loin d’être un coup de cynisme, s’accompagne d’une reconnaissance des efforts déployés. « Cela ne retire rien au travail colossal des instances » tempère-t-il immédiatement. Il salue un système de contrôle qu’il estime plus rigoureux qu’ailleurs, citant en exemple le récent cas Oier Lazkano, suspendu pour anomalies dans son passeport biologique. « Tous les athlètes sont soumis à des tests rigoureux et fréquents, potentiellement même plus que dans d’autres sports » précise Healy, voyant dans cette sanction la preuve que le filet se resserre.

Vitesses records : Le matériel et la tactique, nouveaux moteurs de la performance

Face à l’accélération fulgurante du peloton – le Tour 2025 a pulvérisé des records avec une moyenne de 42,336 km/h –, les interrogations fusent. Le spectre du dopage ressurgit inévitablement. Ben Healy, lui, propose une explication en deux temps, résolument tournée vers l’évolution technologique et stratégique.

La révolution technologique en selle

« La raison principale, c’est le matériel » affirme-t-il sans ambages. Le bond en avant réalisé en seulement cinq ans, depuis son passage chez les espoirs, est selon lui un facteur clé. Cadres plus aérodynamiques, groupes plus efficients, roues plus légères : l’arsenal du coureur moderne a redéfini les limites de la physique sur deux roues.

L’ère des trains infernaux

Mais la technologie seule ne suffit pas. Healy pointe du doigt une mutation profonde des tactiques de course. « Regardez UAE Team Emirates. Ils mettent en place leur train et, un par un, les coureurs emmènent la course à toute vitesse. Ça fait toute la différence. » Cette militarisation des efforts, où chaque équipier tire le peloton à un rythme infernal pendant de courts relais, annihile les velléités d’attaques et explique en partie ces moyennes vertigineuses.

Le rêve irlandais : Du jaune au maillot arc-en-ciel

Derrière l’analyste se cache un compétiteur aux ambitions précises. L’expérience du maillot jaune, porté deux jours durant sur le Tour 2025, reste un « jour de repos stressant » mais fondateur. « Entendre que j’allais remporter l’étape… c’était pure euphorie » se souvient-il de son succès en solitaire à Vire Normandie.

Mais c’est vers un autre graal que Healy tourne désormais son regard. « Les Championnats du monde sont probablement la course que je rêve le plus de gagner » confie-t-il, les yeux déjà rivés sur le parcours canadien de 2026, qui semble taillé pour ses qualités de puncheur. Sa médaille de bronze à Kigali, décrochée dans des conditions extrêmes (chaleur, altitude), a aiguisé son appétit. Une victoire qui signerait aussi, pour ce passionné de style (Issey Miyake, vestes motard customisées), le droit de porter le plus beau maillot du cyclisme.

Quant au Tour de France, il conserve sa place de rêve absolu, mais lointain. « Chaque cycliste a ce rêve au fond de lui. Il faut aussi être réaliste » conclut-il, marquant une pause entre l’ambition et la lucidité qui caractérise désormais ce coureur hors-norme.

En quelques phrases, Ben Healy a réussi un tour de force : reconnaître les failles sans trahir son sport, expliquer le présent sans occulter le passé, et fixer un cap pour l’avenir, teinté de rêve et de réalisme. Une voix qui compte et qui résonnera bien au-delà du départ du Tour Down Under.

Decathlon CMA CGM 2026 : l’ambitieux pari de l’internationalisation

L’équipe Decathlon CMA CGM aborde la saison 2026 transformée. Avec un budget porté à 45 millions d’euros et un mercato agressif tourné vers l’international, la formation française vise désormais les plus hautes marches. Maillot vert sur le Tour, victoire sur un Monument, top 5 mondial : les ambitions sont claires. Mais ce virage radical soulève aussi des questions. Analyse d’un projet qui change de dimension.

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La métamorphose est radicale. Après deux années de transition sous le nom Decathlon AG2R La Mondiale, l’équipe entre dans une nouvelle dimension en 2026. L’arrivée du géant du transport maritime CMA CGM pour trois années au moins en tant que co-titreur n’est pas qu’un changement d’étiquette. C’est le signal d’une ambition renouvelée, portée par un budget avoisinant les 45 millions d’euros. L’objectif affiché ? Intégrer durablement le top 5 mondial du WorldTour. Pour y parvenir, la direction, menée par Dominique Serieys, a opéré une refonte complète de sa philosophie.

Une stratégie de recrutement tournée vers l’extérieur

Le mercato hivernal a été sans équivoque. Pour la première fois de son histoire, la formation a massivement recruté à l’étranger, avec huit arrivées internationales. Cette stratégie vise à combler des lacunes ciblées et à insuffler une culture de vainqueurs.

Le coup d’éclat s’appelle Olav Kooij. À 24 ans, le sprinteur néerlandais, fraîchement débarqué de Visma-Lease a Bike avec dix succès en 2025 (47 en carrière), est clairement identifié comme le futur chasseur du maillot vert sur le Tour de France. Son recrutement structure toute la stratégie Grande Boucle.

Il est épaulé par le renfort d’expérience de Tiesj Benoot, lui aussi ancien de l’équipe Visma. Le Belge de 31 ans, solide et intelligent, doit apporter son savoir-faire et son leadership sur les Classiques, un axe désormais prioritaire. Le jeune grimpeur américain Matthew Riccitello (23 ans) incarne, quant à lui, l’avenir sur les grands tours, avec un rôle de leader attendu sur le Giro. Le coureur de Tucson est en provenance de Israel – Premier Tech.

En face, les départs sont tout aussi significatifs. Onze coureurs ont quitté la structure, marquant une rupture nette avec l’identité passée. Les piliers français, champion de France sur route, Dorian Godon (vers INEOS Grenadiers) et Benoît Cosnefroy (vers UAE, nouveau coéquipier de Tadej Pogacar) s’en vont, tout comme des éléments clés tels que Bruno Armirail (Visma) ou Victor Lafay (Unibet Rose Rockets). Seul Antoine L’Hote (20 ans) issu de l’équipe réserve vient contrebalancer cette hémorragie de talents hexagonaux. Le virage est assumé : Decathlon CMA CGM n’est plus une équipe à dominante française de puncheurs-grimpeurs, mais une armada internationale aux ambitions diversifiées.

Un effectif rééquilibré pour tous les terrains

La force de cette nouvelle mouture réside dans sa polyvalence assumée. L’équipe dispose désormais de cartes à jouer sur tous les fronts.

Pour les Grands Tours : Si Olav Kooij vise les sprints et le vert, la montagne sera l’affaire de Felix Gall (dernière année de contrat) et de Matthew Riccitello, leaders désignés pour le Giro et la Vuelta. La pépite française Paul Seixas (19 ans) reste le projet à long terme pour le Tour, mais pourrait y faire ses débuts sans pression en 2026. L’expérience d’Aurélien Paret-Peintre (29 ans) complète ce tableau.

Pour les Classiques : Le duo Tiesj Benoot et Oliver Naesen (35 ans) apporte un socle d’expérience inestimable sur le pavé et les Ardennes. Ils seront soutenus par des puncheurs agressifs comme Paul Lapeira (25 ans) et Pierre Gautherat (22 ans).

Les équipiers : Des rouleurs de qualité comme Stefan Bissegger (27 ans) et Daan Hoole (26 ans), des équipiers solides à l’image de Gregor Mühlberger (31 ans) ou Stan Dewulf (28 ans), et une pépinière prometteuse (Johannes Staune-Mittet, Léo Bisiaux) assurent l’équilibre et l’avenir.

Des objectifs publics et chiffrés pour 2026

La direction n’a pas caché ses ambitions, les chiffrant même publiquement, preuve de sa nouvelle assurance.

Un Monument : La victoire sur l’une des cinq courses mythiques est érigée en « pilier majeur ». Un top 5 sur Paris-Roubaix est également visé.

Le maillot vert du Tour de France : C’est la mission principale confiée à Olav Kooij et à son train dédié, supervisé par l’expert Mark Renshaw.

Un top 5 sur le Giro et la Vuelta : Felix Gall et Matthew Riccitello ont pour mandat de se mêler à la lutte pour le classement général.

Le top 5 mondial : Se maintenir parmi l’élite du World Tour est l’objectif stratégique de fond, justifiant l’investissement.

Défis et points de vigilance

Si le projet séduit sur le papier, sa réalisation devra affronter plusieurs écueils.

L’intégration culturelle : Le passage brutal à une équipe majoritairement internationale, où l’anglais devient une langue étrangère, n’est pas anodin. La cohésion d’équipe sera un facteur critique de succès.

Le poids des attentes : Avoir annoncé aussi clairement ses objectifs place l’équipe sous une pression médiatique et sportive intense. La gestion de cette attente sera cruciale.

La dureté de la concurrence : Rivaliser sur le sprint avec les trains d’Alpecin – Premier Tech ou de Soudal Quick-Step, et sur les Classiques avec les Visma et Lidl-Trek, représente un saut qualitatif immense.

Verdict : L’année de tous les possibles, et de tous les tests

Decathlon CMA CGM 2026 présente l’effectif le plus équilibré et ambitieux de son histoire. La cohérence entre les recrutements ciblés et les objectifs affichés est évidente. L’équipe a clairement les moyens de ses ambitions.

Les premiers tests débuteront sous le soleil austral du Tour Down Under, avant que les leaders ne rentrent en scène : Kooij et Benoot sur les classiques flamandes, Seixas sur les courses à difficulté.

2026 ne sera pas une saison de transition, mais une saison de confirmation. La formation a changé de statut. Elle s’est offert les armes pour jouer les premiers rôles sur tous les terrains. La route, désormais, dira si cette ambitieuse métamorphose peut se transformer en un palmarès à la hauteur des investissements et des rêves. Le pari est lancé.

Decathlon CMA CGM : L’effectif 2026 avec 28 coureurs

1 – ANDRESEN Tobias Lund
2 – BENOOT Tiesj
3 – BISIAUX Léo
4 – BISSEGGER Stefan
5 – BOL Cees
6 – CHAMBERLAIN Oscar
7 – DE PESTEL Sander
8 – DEWULF Stan
9 – GALL Felix
10 – GAUTHERAT Pierre
11 – GHYS Robbe
12 – GUDMESTAD Tord
13 – HOOLE Daan
14 – ISIDORE Noa
15 – KOOIJ Olav
16 – L’HOTE Antoine
17 – LABROSSE Jordan
18 – LAPEIRA Paul
19 – MÜHLBERGER Gregor
20 – NAESEN Oliver
21 – PARET-PEINTRE Aurélien
22 – PEDERSEN Rasmus Søjberg
23 – POLLEFLIET Gianluca
24 – PRODHOMME Nicolas
25 – RICCITELLO Matthew
26 – SCOTSON Callum
27 – SEIXAS Paul
28 – STAUNE-MITTET Johannes

Le maillot jaune, une histoire de folie : comment 120 ans de Tour de France ont forgé des dieux et des martyrs

Il est né en 1903 sur des routes de terre, entre fumée et boue. Depuis, le maillot jaune du Tour de France est bien plus qu’un tissu : c’est une légende vivante. De Maurice Garin, le pionnier, à Tadej Pogačar, le prodige slovène, ce vêtement doré a porté les rêves, les excès et les tourments du cyclisme. À travers guerres, dopage et renaissance, il reste le symbole ultime d’une quête d’absolu. Retour sur une épopée qui continue de captiver le monde.

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L’histoire du maillot jaune commence dans la poussière. Nous sommes en 1903. Maurice Garin, ancien ramoneur, roule sur un vélo de 20 kilos pendant 2 428 kilomètres. Il gagne avec près de trois heures d’avance – un record jamais égalé. À l’époque, le Tour est une aventure de survie : pas d’équipes organisées, peu de ravitaillement, des routes non goudronnées. Garin incarne déjà l’essence du champion : endurence, solitude, volonté.

Le Tour grandit avec le XXe siècle. Les années 1960 donnent naissance à l’un des duels les plus médiatiques de l’histoire sportive française : Anquetil contre Poulidor.

Le duel qui a divisé la France

Jacques Anquetil, froid et stratège, gagne cinq Tours entre 1957 et 1964. Face à lui, Raymond Poulidor, le « paysan de Saint-Léonard », n’en remportera aucun. Mais c’est au Puy de Dôme, en 1964, que tout se joue : Anquetil, en limite de rupture, sauve son maillot jaune de justesse. Poulidor, vainqueur de l’étape, devient « l’éternel second » aimé du public. Ce contraste entre efficacité et émotion marque les mémoires.

Puis vient l’ère Hinault. Bernard « le Blaireau » règne sans partage de 1978 à 1985.

Hinault, LeMond et l’internationalisation

Hinault impose un style autoritaire, presque militaire. Sa victoire en 1985 est sa dernière – mais l’année suivante, au Tour 1986, un coup de théâtre se produit. Il laisse gagner son équipier, l’Américain Greg LeMond, sur les pentes de l’Alpe d’Huez. Le Tour n’est plus seulement français : il devient mondial. LeMond inaugure une nouvelle ère, celle de la technologie (premier casque aéro, premières pédales automatiques grand public) et du business international.

Mais les années 1990 et 2000 basculent dans l’ombre.

L’âge des doutes : le dopage et la chute des idoles

Lance Armstrong domine sept Tours consécutifs, de 1999 à 2005. Son histoire, celle d’un survivant du cancer devenu super-champion, fascine. Jusqu’à ce que l’enquête de l’USADA ne fasse tomber le mythe en 2012. Le Tour entre alors dans une période de défiance : les exploits sont suspects, les records éphémères. Des noms comme Ullrich, Pantani, Contador traversent aussi la tourmente. Le palmarès officiel est réécrit, mais la mémoire collective reste marquée.

Et puis, du côté de la Slovénie, un nouveau souffle émerge.

Pogačar, ou la renaissance magique du Tour

Tadej Pogačar débarque en 2020 et gagne son premier Tour à 21 ans. Avec lui, le cyclisme semble retrouver une forme de pureté. Son style est agressif, joyeux, complet. Il attaque partout, des pavés aux cols, et collectionne les maillots (jaune, à pois, blanc). En 2025, sa quatrième victoire consacre un champion total, capable de briller sur tous les terrains. Comme Eddy Merckx dans les années 1970, Pogačar ne veut pas seulement gagner : il veut marquer chaque étape.

Ce qui reste inchangé après 120 ans

Le matériel a évolué – des vélos de 7 kilos, des transmissions électroniques, des suivis GPS. Les routes sont goudronnées, les coureurs encadrés par des médecins, des drones, des réseaux sociaux. Mais l’essence du Tour demeure : trois semaines de souffrance extrême, de tactique, de mental. Le maillot jaune continue de révéler des héros, mais aussi leurs fragilités.

Une légende en mouvement

De Garin à Pogačar, le maillot jaune est le fil rouge d’une épopée qui mêle sport, société et émotion. Il a traversé les guerres, les crises, les révolutions techniques. Aujourd’hui, le Tour fait face à de nouveaux défis : écologie, sécurité, équité sportive. Mais chaque juillet, lorsque la caravane s’élance, c’est toujours la même magie qui opère. Parce que sous le jaune, il y a des hommes. Leurs rêves. Leurs excès. Leur folie. Et cette soif de vaincre qui, depuis 1903, ne s’est jamais éteinte.

Zonhoven 2026 : Leçon de maîtrise absolue signée Van der Poel dans l’enfer blanc

Neuf courses, neuf victoires. À Zonhoven, Mathieu van der Poel a transformé une manche périlleuse de la Coupe du Monde en une démonstration tactique et technique. Sur un circuit glacé et traître, le champion du monde a échappé à la pagaille, aux crevaisons et aux chutes pour s’offrir une victoire solitaire. Analyse d’une domination qui assoit un peu plus sa suprématie en vue des Mondiaux de Hulst.

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Un départ canon pour une échappée définitive

Dimanche à Zonhoven, la stratégie de Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech) a été d’une simplicité déconcertante : étouffer la course dans l’œuf. Dès le premier virage, le maillot arc-en-ciel a enclenché un tempo infernal. Un premier tour bouclé en 7’11, son plus rapide de la journée, créant immédiatement une faille. Le message était clair, adressé à Toon Aerts, champion d’Europe, et à tous les autres : la course au podium se jouerait derrière lui. Cette fulgurance initiale, inhabituelle chez le Néerlandais habitué à gérer, relevait d’un calcul précis. Ayant observé les chutes en cascade lors de la course féminine, Van der Poel a choisi de se mettre à l’abri du trafic et des risques d’engorgement dans les portions techniques.

Le circuit, principal adversaire des poursuivants

Si Van der Poel semblait évoluer sur une piste différente, le parcours de Zonhoven, rendu glissant par la neige et un sable lourd, a livré une bataille sans merci au peloton. L’image marquante reste la spectaculaire sortie de route de Thibau Nys. Dans une descente, le champion de Belgique a perdu le contrôle, percuté un poteau et réalisé un « soleil », brisant net son guidon. Cet incident, survenu alors qu’il était en lutte pour le Top 5, l’a relégué à une lointaine 19ème place, compromettant sérieusement ses ambitions au classement général de la Coupe du Monde.

Le Néerlandais n’a pas été totalement épargné par les aléas. Une double crevaison en milieu de course l’a contraint à un changement de vélo rapide. Une simple péripétie sans conséquence, tant son avance était déjà confortable et la course derrière lui disloquée. Cette capacité à absorber les problèmes techniques sans panique reste l’un des piliers de son invincibilité.

Un podium à l’image de la nouvelle hiérarchie

Derrière l’intouchable leader, la lutte pour les places d’honneur a acté l’émergence d’une nouvelle génération. Tibor Del Grosso, son coéquipier chez Alpecin, a assuré une solide deuxième place à 45 secondes, confirmant son excellente saison. Plus loin, le jeune Belge Emiel Verstrynge a profité de l’essoufflement de Toon Aerts pour s’emparer de la troisième marche du podium.

Cette configuration souligne l’absence cruelle des cadors habituels. Wout van Aert, opéré d’une fracture à la cheville, et Laurens Sweeck, blessé, étaient forfaits. Leur absence, bien que prévisible, laisse planer un doute sur l’ampleur réelle de la domination de « MVDP ». Une question qui ne trouvera de réponse qu’à leur retour.

Du côté des femmes : Alvarado brise la série invincible de Brand

Dans l’épreuve féminine, la course a tenu toutes ses promesses en termes de suspense. La Néerlandaise Ceylin del Carmen Alvarado a réussi l’exploit de mettre fin à l’invincibilité saisonnière de sa compatriote Lucinda Brand, victorieuse de ses 13 dernières courses. Sur le même circuit piégeux, Alvarado a su rester à l’affût, profitant d’une erreur de la leader dans le dernier tour pour s’imposer. Puck Pieterse complète un podium 100% néerlandais. La Française Amandine Fouquenet, quatrième, confirme sa régularité au plus haut niveau en étant, une fois de plus, la meilleure non-Néerlandaise.

Vers un huitième titre mondial à Hulst ?

Avec cette neuvième victoire en autant de sorties, Mathieu van der Poel reprend logiquement la tête de la Coupe du Monde, qu’il domine malgré une participation réduite de moitié. Plus qu’un chiffre, c’est la manière qui impressionne. Son contrôle parfait de la gestion d’effort, sa lecture des conditions et sa maîtrise technique en toutes circonstances dessinent le portrait d’un champion au sommet de son art.

Tous les regards se tournent désormais vers le 1er février et les Championnats du Monde à Hulst, aux Pays-Bas. L’objectif est clair : un huitième titre planétaire. Sur la base de cette démonstration à Zonhoven, la question ne semble plus être de savoir qui peut le battre, mais qui peut, ne serait-ce que, le suivre. La concurrence, balayée par les intempéries et la puissance du Néerlandais, cherche encore un second souffle à moins d’un mois de l’échéance ultime.

La dernière montagne d’Amanda Spratt : Pourquoi son adieu au cyclisme marque une ère

Un visage familier va disparaître des pelotons mondiaux. Amanda Spratt, 38 ans, a officialisé la fin de sa longue et brillante carrière à l’issue de la saison 2026. L’emblématique grimpeuse australienne de Lidl-Trek choisit le moment de son départ. Plongée dans le parcours d’une pionnière, dont la constance et l’intelligence de course ont façonné l’ère moderne du cyclisme féminin.

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Le monde du cyclisme féminin se prépare à tourner une page majeure de son histoire. Ce n’est pas un simple départ, mais la fin d’une époque qu’Amanda Spratt vient d’annoncer. À 38 ans, la pilier de l’équipe Lidl-Trek a choisi de maîtriser sa sortie : la saison 2026 sera son ultime campagne.

Une décision mûrie, qu’elle partage bien en amont pour vivre pleinement et collectivement ses derniers kilomètres de gloire. Son communiqué, sobrement intitulé « THE FINALE ! » sur les réseaux sociaux, révèle l’état d’esprit d’une championne apaisée mais toujours avide de compétition.

Une légende de la montagne et du collectif

Présente au sommet de la hiérarchie mondiale depuis plus de quinze ans, Amanda Spratt s’est taillé une réputation indélébile. Spécialiste redoutée des profils accidentés et finisseuse d’étapes, son palmarès parle pour elle : trois titres sur le Santos Tour Down Under (2017, 2018, 2019), une victoire d’étape et le maillot rose sur le Giro d’Italia, sans oublier 21 succès professionnels.

Mais au-delà des trophées, c’est son rôle de colonne vertébrale d’équipe qui a marqué les esprits. Sa lecture de course aiguisée et son abnégation en ont fait une coéquipière inestimable, capable de sacrifier ses chances personnelles pour la victoire collective. Un profil d’ « équipière de grand luxe » devenu de plus en plus rare.

Le parcours d’une résiliente : du BMX australien aux sommets européens

Son histoire est celle d’une adaptabilité hors norme. Formée au BMX et sur piste dans sa jeunesse australienne, Spratt a opéré une transition parfaite vers la route. Son installation précoce en Europe a été le catalyseur d’une carrière longue, émaillée d’épreuves.

Elle a surmonté plusieurs blessures graves, démontrant une résilience psychologique qui explique en partie sa longévité exceptionnelle. Passée par l’ancêtre de l’actuelle Team Jayco-AlUla pendant onze saisons, elle y a forgé son statut de leader avant de rejoindre Lidl-Trek en 2023 pour y apporter son expérience dans un effectif en reconstruction.

2026 : Une « Dernière Danse » avec des objectifs clairs

Contrairement à de nombreux athlètes qui annoncent leur retraite dans l’émotion d’un instant, Spratt aborde ce dernier chapitre avec la méthodicité qui la caractérise. Elle l’affirme : la motivation est intacte. L’entraînement se poursuit avec la même rigueur.

« Je ne veux pas que ma carrière s’éteigne doucement. Je veux continuer à donner le meilleur de moi-même » confie-t-elle. Son ambition pour cette ultime saison est double : viser une dernière victoire personnelle, mais surtout être un atout décisif pour les leaders de son équipe, contribuant aux succès collectifs.

L’héritage Spratt : bien plus qu’un palmarès

En annonçant son départ un an à l’avance, Amanda Spratt souhaite célébrer avec tous les acteurs de son aventure. Supporters, staff, coéquipières, famille : elle entend partager chaque moment fort de cette année de transition.

Son héritage est profond. Elle incarne la première génération de coureuses ayant pu construire une carrière complète et stable dans un cyclisme féminin en pleine professionnalisation. Sa régularité, son professionnalisme et son engagement sans faille ont élevé les standards et inspiré une génération de jeunes coureuses.

La saison 2026 ne sera donc pas une simple tournée d’adieux, mais le point d’orgue d’un parcours exemplaire. Chaque course où elle sera au départ prendra une dimension symbolique. Le peloton perdra une grimpeuse d’exception, mais l’écosystème cycliste conserve à jamais l’empreinte d’une véritable bâtisseuse, dont l’influence a dépassé le simple cadre des résultats sportifs. Amanda Spratt ne quitte pas la scène ; elle passe le relais après avoir durablement marqué l’histoire de son sport.

Fouquenet libérée : l’incroyable revanche d’une championne sans maillot

Un coup de pédale pour clore l’incertitude, un autre pour écrire l’histoire. Amandine Fouquenet, championne de France de cyclo-cross privée d’équipe en décembre, vient de répondre sur la boue. Dès sa première course sous le maillot de l’équipe belge Pauwels Sauzen-Altez Industriebouw, elle s’est imposée en patronne sur le Superprestige de Gullegem. Une victoire lourde de sens et de sensations. Analyse d’une renaissance sportive.

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L’hiver du cyclo-cross mondial a trouvé une nouvelle héroïne, et son nom résonne avec la force d’un comeback. Amandine Fouquenet n’a pas seulement gagné une course ce samedi à Gullegem. Elle a signé un acte de résilience sportive. Deuxième succès de la saison en Superprestige après Heusden-Zolder, cette victoire est sa première empreinte sous ses nouvelles couleurs. Un message fort adressé au peloton.

Une entrée en matière signée en patronne

La situation aurait pu peser. Après la dissolution surprise de l’équipe Arkéa – B & B Hotels fin 2025, l’avenir de la Bretonne de 24 ans était en suspens. Le recrutement par la structure belge Pauwels Sauzen-Altez Industriebouw a été une bouffée d’oxygène. Gullegem en est la concrétisation éclatante.

Dès la mise en route, Fouquenet a imposé sa loi. En l’absence de poids lourds comme la Néerlandaise Puck Pieterse ou sa compatriote Lucinda Brand, la Française a assumé son statut de favorite. Un départ canon, un rythme élevé : la tactique était claire. Ne pas laisser la course se décider dans un sprint hasardeux.

Le récit d’une course maîtrisée de A à Z

La bataille s’est rapidement cristallisée. Dans le sillage immédiat de Fouquenet, un petit groupe d’élite s’est formé, comprenant la leader du classement général Aniek van Alphen et la championne de Belgique Marion Norbert-Riberolle. Le spectacle était lancé.

L’erreur décisive : Au deuxième tour, une faute de pilotage de Van Alphen a offert une fenêtre de tir. Fouquenet, en tactique avertie, a immédiatement accéléré pour creuser un écart. Sept secondes d’avance. Une première alerte.

Le retour des poursuivantes : La résistance s’organise. Van Alphen et Norbert-Riberolle parviennent à recoller, prouvant que rien ne serait cadeau.

L’ascension de Carrier : Dans ce duel de chefs, une jeune outsider de 18 ans, la Canadienne Rafaelle Carrier, reste en embuscade, ajoutant une dose d’imprévisible au scénario. Le quatrième tour a vu Marion Norbert-Riberolle durcir le tempo, un effort qui a distancé Van Alphen, provisoirement. Le suspense était à son comble à l’aube de l’ultime boucle.

L’accélération mortelle : quand la technique fait la différence. Le vrai verdict est tombé dans le cinquième et avant-dernier tour. À un endroit clé du circuit, Fouquenet a placé une accélération sèche. L’écart s’est creusé non pas sur un coup de puissance seul, mais grâce à un passage d’une redoutable efficacité dans la section sablonneuse, épreuve reine du cyclo-cross technique.

Au son de la cloche, son avance était portée à neuf secondes sur Norbert-Riberolle. Un gouffre. Le dernier tour n’a été qu’une formalité. La Française a même pu savourer sa ligne droite finale, pointant avec fierté le logo de ses nouveaux sponsors. Une libération.

Résultat final du Superprestige de Gullegem :

Amandine Fouquenet (FRA) – Pauwels Sauzen-Altez Industriebouw

Marion Norbert-Riberolle (BEL)

Rafaelle Carrier (CAN)

Aniek van Alphen (NED)

Line Burquier (FRA)

Hélène Clauzel (FRA)

Les conséquences : un classement général relancé

Cette victoire a une résonance bien au-delà du circuit flamand. Au classement général du Superprestige, Fouquenet effectue un bond majeur. Elle se replace en seconde position, à seulement sept points de la Néerlandaise Aniek van Alphen, désormais sous pression. La course au titre global est pleinement relancée à trois manches de la fin.

Prochaine étape : la défense du maillot tricolore

Mais l’esprit de la championne est déjà tourné vers un autre objectif. Le championnat de France, le 11 janvier à Troyes. Dans les rues boueuses de la capitale de la Champagne, Fouquenet abordera la course avec le dossard numéro 1 et la stature d’une impériale favorite. Cette victoire à Gullegem est le meilleur des carburants psychologiques.

Amandine Fouquenet a transformé une période de doute en une démonstration d’autorité. Son cyclo-cross, alliant une condition physique peak et une intelligence de course aiguisée, fait d’elle l’une des phénomènes de cet hiver. Gullegem n’est pas une fin, mais un nouveau commencement. Le message est passé : la Bretonne, désormais bien installée dans son nouveau cocon belge, vise plus haut. L’œil est désormais fixé sur Troyes, puis sur le final du Superprestige. L’hiver lui appartient.

Gullegem, sous la neige, écrit une nouvelle page : Vandeputte s’impose et tend le piège avant Middelkerke

En l’absence des géants Van der Poel et Van Aert, la 7e manche du Superprestige à Gullegem promettait un rééquilibrage des forces. Sous un manteau neigeux, Niels Vandeputte a livré une démonstration de force et de froid tactique. Sa victoire en solitaire dans le dernier tour face à Michael Vanthourenhout redéfinit les enjeux avant l’ultime bataille de Middelkerke. Décryptage d’une course où le général a frappé un grand coup.

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La hiérarchie du cyclo-cross mondial, longtemps figée, montre des fissures. Ce samedi 3 janvier 2026, à Gullegem, la neige n’a pas seulement recouvert le parcours flamand. Elle a aussi offert un écrin parfait pour l’émergence d’un nouveau récit, loin de l’hégémonie habituelle. En l’absence de Mathieu van der Poel, concentré sur la Coupe du Monde, et de Wout van Aert, blessé la veille, la porte était ouverte. Niels Vandeputte l’a franchie avec l’autorité d’un leader qui sent son heure venir.

Un scénario resserré par l’absence des géants

L’annonce du forfait de Van der Poel, invaincu cette saison, et de la saison terminée pour Van Aert avait insufflé un électrochoc dans le peloton. Gullegem, manche C2 du Superprestige, est soudainement devenue la course la plus ouverte de l’hiver. L’opportunité était historique pour les prétendants au titre général, Niels Vandeputte et Michael Vanthourenhout, mais aussi pour une génération avide de confirmation comme Joris Nieuwenhuis ou Joran Wyseure.

Dès la mise en route, les intentions étaient claires. Le Néerlandais Nieuwenhuis, excellent démarreur, a placé sa pointe de vitesse pour prendre les commandes. Vandeputte, maillot de leader du Superprestige sur le dos, n’a pas tardé à remonter le peloton compact. Sous son impulsion, un quatuor d’élite s’est formé avec Wyseure, Vanthourenhout et Nieuwenhuis, rejoint par le Suisse Kevin Kuhn.

L’attaque solitaire qui a redistribué les cartes

La première partie de course, menée à un rythme élevé mais contrôlé, a vu les regroupements se succéder. C’est finalement l’audace de Gerben Kuypers qui a brisé la monotonie. Dans le troisième tour, le Belge a lancé une attaque en solitaire d’une puissance rare, ouvrant une brèche significative.

La réaction ne s’est pas fait attendre. Porté par l’enjeu du classement général, Vandeputte a mené la chasse, draînant dans son sillage Vanthourenhout et Wyseure. Nieuwenhuis, légèrement décroché, a réalisé un effort phénoménal pour reprendre contact à l’orée du quatrième tour. À mi-course, le duel pour la victoire se jouait déjà entre ces quatre hommes, sous des flocons de plus en plus denses.

Le coup de poker tactique dans le dernier tour

La seconde moitié de la course s’est transformée en jeu d’échecs sur la boue. Vanthourenhout, puis Nieuwenhuis, ont testé la résistance du groupe par des accélérations sèches dans les secteurs techniques. Chaque fois, Vandeputte a répondu présent, verrouillant les tentatives. Le suspense est resté intact jusqu’à l’entrée dans la cloche signalant le dernier tour.

Alors que beaucoup s’attendaient à un sprint groupé, Vandeputte a choisi le moment parfait pour frapper. Dans un secteur sinueux et glissant, il a placé une accélération nette, immédiatement décisive. Vanthourenhout, à bout de forces après ses nombreuses offensives, n’a pu répondre. En quelques centaines de mètres, le leader a creusé un égap de trois secondes, qu’il a géré de main de maître jusqu’à la ligne. Derrière, Vanthourenhout sauve la deuxième place, précédant Nieuwenhuis.

Une opération parfaite pour le classement général

Au-delà du troisième succès de sa saison, la victoire de Vandeputte à Gullegem est une manœuvre tactique de haute volée. Le leader du Superprestige portait le dossard rouge et en a assumé toutes les responsabilités.

Il marque des points : Sa victoire lui rapporte 15 points.

Il limite son dauphin : Vanthourenhout, deuxième, en empoche 14.

Il contrôle l’écart : L’avance au général passe de 2 à 3 points (91 contre 88).

Cet écart infime transforme la dernière manche à Middelkerke, le 7 février, en un duel à suspense total. Seuls les deux hommes peuvent mathématiquement remporter le titre. La règle est simple : celui qui finit devant l’autre sera sacré.

Top 10 de la course :

Niels Vandeputte (BEL) en 56:43

Michael Vanthourenhout (BEL) +3″

Joris Nieuwenhuis (NED) +4″

Joran Wyseure (BEL) +6″

Gerben Kuypers (BEL) +28″

Kevin Kuhn (SUI) +32″

Felipe Orts Lloret (ESP) +45″

Lander Loockx (BEL) +50″

Anton Ferdinande (BEL) +1:01

Quinten Hermans (BEL) +1:17

Middelkerke, l’ultime rendez-vous pour un titre historique

La saison de Superprestige 2025-2026 se jouera donc sur un seul coup de dé. Middelkerke, avec son parcours typique des dunes flamandes, souvent balayé par le vent, sera le théâtre d’un face-à-face rare. Vandeputte, en position de force, peut gérer. Vanthourenhout, en chasseur, devra attaquer.

Cette course a également démontré la vitalité du cyclo-cross belge et international en l’absence de ses deux stars. Elle révèle une génération prête à prendre la relève, techniquement affûtée et mentalement affamée. Gullegem 2026 ne sera pas seulement retenue comme la course où Vandeputte a gagné. Mais comme le jour où le suspense est pleinement revenu dans la discipline.

Fracture du col du fémur : Le Gac au tapis, Groupama-FDJ frappée avant l’heure


Coup de massue pour Olivier Le Gac et l’équipe Groupama-FDJ United. Victime d’une lourde chute sur verglas à l’entraînement, le Breton de 32 ans souffre d’une fracture du col du fémur et a dû être opéré en urgence. Une blessure grave qui éloigne le précieux équipier des pelotons pour de longs mois, plombant les ambitions d’une formation en quête de renouveau.

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Le cyclisme professionnel est un monde de précision, où chaque détail compte. Mais il suffit parfois d’une plaque de verglas invisible pour réduire à néant des mois de préparation. Vendredi 2 janvier, Olivier Le Gac, le fidèle lieutenant breton de la Groupama-FDJ, a fait cette amère expérience. Lors d’un simple entraînement d’intersaison, son vélo a glissé. La chute, lourde, a eu un verdict sans appel : fracture du col du fémur.

Une intervention chirurgicale a été réalisée dans la foulée. Son équipe a confirmé, ce samedi, que l’opération s’était « bien déroulée » et que le coureur de 32 ans entamait désormais sa « phase de convalescence ». Des termes standards qui masquent une réalité beaucoup plus complexe et un pronostic sportif inquiétant.

Une blessure redoutée, une convalescence longue

La fracture du col du fémur n’est pas une blessure anodine chez un cycliste professionnel. Localisée à la jonction entre la tête et la tige du fémur, cette articulation cruciale supporte l’ensemble du poids du corps et subit des contraintes mécaniques colossales lors de l’effort. Sa vascularisation est fragile, ce qui peut compliquer la guérison.

« C’est une des blessures les plus sérieuses qu’un coureur puisse subir en dehors d’un traumatisme crânien grave » analyse un médecin du sport contacté pour cet article. « La reprise de l’appui et la rééducation sont extrêmement progressives. On parle rarement de moins de trois à quatre mois d’immobilisation complète, suivis d’une longue période de reconditionnement. Le retour à la compétition au plus haut niveau prend facilement entre six et neuf mois. »

Pour Olivier Le Gac, le timing est cruel. La saison 2026 devait débuter dans deux semaines avec le Tour Down Under. Le Finistérien, en contrat jusqu’en fin d’année, se retrouve désormais confronté à un arrêt qui pourrait s’étendre sur la majeure partie de la saison printanière, voire au-delà.

Le coup du sort : une équipe fragilisée en pleine transition

Ce nouveau coup du sort frappe un homme déjà éprouvé. En mai 2025, Le Gac avait déjà été contraint à l’abandon sur les Quatre Jours de Dunkerque après une fracture de la clavicule. La malchance s’acharne donc sur le rouleur breton, l’un des piliers de l’équipe depuis son arrivée en 2014.

Mais au-delà du drame individuel, cette blessure est un coup dur stratégique pour la Groupama-FDJ United. La formation française sort d’un exercice 2025 décevant (18e au classement UCI mondial) et vit une période de transition interne, avec le départ du manager historique Marc Madiot et l’arrivée de Thierry Cornec à sa tête.

Dans un entretien récent, Madiot lui-même, désormais en retrait, avait fixé la barre au plus haut. Olivier Le Gac incarnait parfaitement cet état d’esprit : un équipier de l’ombre, robuste et expérimenté, indispensable pour encadrer les leaders sur les classiques ardennaises ou les étapes vallonnées.

Son absence prolongée prive l’équipe d’un capitaine de route et d’un savoir-faire précieux. Elle force également la direction sportive à revoir ses plans en urgence, dans un marché des transferts déjà figé, pour combler un vide tactique dans le collectif.

La résilience, nouveau défi pour Le Gac

Sur les réseaux sociaux, les messages de soutien de ses coéquipiers et rivaux ont afflué. La « famille cyclisme » est solidaire face à ce genre d’épreuve. Pour Olivier Le Gac, âgé de 32 ans, le défi est maintenant tout autre.

Il ne s’agit plus de préparer un interval training ou une course, mais de maîtriser la patience. Sa carrière entre dans une zone d’incertitude. La rééducation devra être exemplaire pour retrouver non seulement l’intégrité de l’articulation, mais surtout la confiance nécessaire pour attaquer les descentes à 90 km/h ou encaisser les chocs d’un peloton.

La chute sur une plaque de verglas rappelle la vulnérabilité extrême des athlètes. En un instant, les projets s’écroulent. Le parcours du combattant d’Olivier Le Gac ne fait que commencer. Quant à la Groupama-FDJ United, elle doit désormais composer avec cette première tuile, qui assombrit considérablement les perspectives d’un renouveau espéré pour 2026. La saison, qui n’a pas encore débuté, est déjà sous le signe de la résilience.

Pogacar terrassé en 2026 : l’incroyable scénario qui fait trembler le cyclisme

Tadej Pogacar vise un cinquième Tour de France en 2026, un seuil mythique. Pourtant, l’histoire sportive est tissée de chutes inattendues. Entre rivaux affûtés, calendrier surchargé et loi des séries, la défaite est un scénario plausible. Plongée dans les rouages d’un séisme qui redéfinirait les équilibres du peloton.

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Le mythe de l’invincibilité est une construction fragile. Tadej Pogacar, quadruple vainqueur du Tour de France, en approche les limites. En 2026, le Slovène tentera de rejoindre le cercle ultra-restreint des quintuples vainqueurs : Anquetil, Merckx, Hinault, Indurain. Un Olympe. Mais l’ascension pourrait tourner au piège. Car la route vers la légende absolue est aussi celle où les risques se multiplient.

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Une hydre à plusieurs têtes : le peloton se ligue

La suprématie de Pogacar n’a jamais été aussi contestée. Le paysage du cyclisme mondial s’est structuré pour lui résister. Face à lui, une génération de rivaux prêts à saisir la moindre faille.

Jonas Vingegaard, revenu en force avec sa victoire sur la Vuelta 2025, incarne la menace la plus méthodique. Le Danois maîtrise l’art de l’usure et du contre-la-montre. Un parcours 2026 riche en kilomètres chronométrés serait un avantage structurel pour le coureur de la Visma-Lease a Bike. Leur rivalité dépasse le sport : c’est l’affrontement entre l’instinct offensif et la froideur tactique.

Dans l’ombre, d’autres concurrents affûtent leurs armes. Remco Evenepoel, désormais porté par la puissance logistique de Red Bull-Bora-Hansgrohe, possède l’audace nécessaire pour des coups d’éclat lointains. Juan Ayuso, transféré chez Lidl-Trek, n’est plus un équipier mais un rival affranchi, assoiffé de leadership. Sans oublier le retour d’un Primož Roglič revanchard, dont le mental de gagnant reste une arme redoutable sur trois semaines.

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L’appétit dévorant : le piège du double objectif

La plus grande vulnérabilité de Pogacar pourrait être… son génie même. Son désir de tout conquérir – notamment les classiques Monument qui lui manquent, Milan-SanRemo et Paris-Roubaix – introduit un risque majeur dans sa préparation.

Le Slovène a déjà procédé à des reconnaissances assidues des secteurs pavés en vue de Roubaix, un objectif avoué. Un printemps trop intense, une chute sur les pierres, une fatigue sous-estimée : l’équipe UAE Team Emirates devra orchestrer un ballet d’une précision inédite entre avril et juillet. La quête de l’histoire sur un jour pourrait compromettre celle sur trois semaines. Une victoire à Roubaix pourrait paradoxalement sonner le glas du maillot jaune.

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L’effet domino : les conséquences d’un séisme

Une défaite de Pogacar en juillet 2026 déclencherait un réajustement tectonique dans le cyclisme.

Fin d’une aura : L’invincibilité évaporée, les rivaux gagneraient une assurance psychologique cruciale. Pour Pogacar, ce serait un choc nécessitant une reconstruction mentale. Le début d’un déclin ou le carburant d’une reconquête titanesque.

Nouvel ordre mondial : La victoire d’un Vingegaard ou d’un Evenepoel consacrerait un changement d’ère. La stratégie des courses redeviendrait plus ouverte, moins focalisée sur la neutralisation d’un seul homme. Le récit médiatique chercherait immédiatement un nouveau duel phare.

Opportunité française : Le cyclisme tricolore, en attente d’un succès majeur depuis des années, pourrait y trouver une brèche. Des coureurs comme Kévin Vauquelin, Pavel Sivakov ou Valentin Paret-Peintre pourraient profiter d’une course moins verrouillée pour viser le top 5, voire plus. Une défaite du favori absolu ouvre le jeu.

Les leçons du passé : la loi des séries

L’histoire du Tour est un cimetière de dynasties présumées éternelles. Merckx a chuté. Hinault a été battu. Indurain a vu sa série s’interrompre. Sur 21 jours, la marge d’erreur est infinitésimale : une faiblesse passagère, une gastro, une chute malencontreuse, et l’édifice s’écroule. L’obsession du cinquième titre ajoute une pression psychologique inédite : chaque seconde perdue serait interprétée comme un pas vers l’échec historique.

L’équilibre précaire du roi

En 2026, Tadej Pogacar jouera son statut sur deux tableaux : la soif des Classiques et la conquête de la légende sur le Tour. Cette double ambition est son atout et son talon d’Achille.

Sa défaite est le scénario que personne ne prononce à voix haute, mais pour lequel toutes les équipes concurrentes se préparent. Elle serait un cataclysme médiatique, un reset complet de la hiérarchie, et peut-être le prélude d’un récit encore plus captivant : celui du rebond.

La question ultime n’est plus de savoir si Pogacar peut perdre. L’histoire nous dit que oui. Elle est de savoir si le cyclisme est prêt à entrer dans une nouvelle ère, où l’incertitude, mère de tous les suspens, aura remplacé le règne d’un seul homme.