Tour du Pays-Basque 2026 : Paul Seixas écrase l’étape 2 et assomme le général

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Tour du Pays-Basque 2026 Paul Seixas écrase l'étape 2 et assomme le général
Images : @Itzulia_Basque

À seulement 19 ans, Paul Seixas ne gagne pas : il exécute. Après son chrono inaugural, le voilà qui s’offre une échappée solitaire de 26 kilomètres sur les pentes du San Miguel de Aralar. Entre record battu, adversaires relégués et avance stratosphérique, notre analyse de sa démonstration sur l’étape 2 du Tour du Pays-Basque 2026.

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L’incroyable numéro de Paul Seixas : comment le jeune Français a pulvérisé l’étape 2 du Tour du Pays-Basque 2026

Quand Paul Seixas réinvente l’attaque « à la Pogačar »

Il y a des victoires, et il y a des prises de pouvoir. Ce mardi sur le Tour du Pays-Basque 2026, Paul Seixas a signé la seconde. Après un contre-la-montre initial déjà convaincant, le prodige de Decathlon CMA CGM a choisi l’étape 2 pour livrer une démonstration d’une rare autorité. Parti seul à 26 kilomètres de l’arrivée, dans l’ascension du San Miguel de Aralar (9,4 km à 7,8 %), le Lyonnais n’a pas simplement distancé ses rivaux : il les a dissous.

1’25 d’avance sur Mattias Skjelmose et Primož Roglič à l’arrivée, un record de vitesse pulvérisé, et un matelas de près de deux minutes au classement général. En deux jours, le Français a transformé une course WorldTour en une simple formalité. Mais au-delà des chiffres, c’est la manière – une attaque ultra-précoce, une descente assumée, une gestion d’effort chirurgicale – qui interroge : assiste-t-on à l’éclosion du prochain phénomène générationnel ?

Comment Seixas a-t-il construit sa victoire sur l’étape 2 ?

Un scénario maîtrisé dès le départ : l’échappée sous contrôle

Comme souvent au Pays Basque, l’étape 2 a débuté à cent à l’heure. Une échappée de sept hommes – dont Bruno Armirail (Visma-Lease a Bike), Ethan Hayter (Soudal-QuickStep) et Joan Bou (Caja Rural) – a tenté sa chance, emmenée par un rythme soutenu. L’écart maximal ? À peine 2’45. Car Decathlon CMA CGM, alerté par la présence de rouleurs dangereux, n’a jamais relâché son emprise. Jordan Labrosse puis Nicolas Prodhomme ont imposé un tempo d’enfer, réduisant l’avance à 1’25 à 50 bornes de l’arrivée.

Deux incidents ont émaillé ce premier acte : la chute de Kévin Vauquelin et Axel Laurance (INEOS Grenadiers), sans gravité apparente, et l’abandon de Guillaume Martin Guyonnet (Groupama-FDJ United). Mais rien n’allait distraire la machine Decathlon de son objectif : amener Seixas au pied de l’Aralar dans les meilleures conditions.

L’attaque décisive : à 6 km du sommet, le coup de poker gagnant

La guerre des nerfs a commencé sur les premières rampes du San Miguel de Aralar. Lidl-Trek a d’abord imprimé pour Juan Ayuso, avant que Decathlon ne reprenne la main. Et là, surprise : au bout de trois kilomètres d’ascension, Paul Seixas attaque. Il reste 26 kilomètres, dont une descente technique et une bosse finale. Dans le peloton, on se demande s’il n’est pas allé trop tôt. Skjelmose tente de suivre… dix secondes, puis explose.

J’ai peut-être attaqué plus tôt que prévu. Après deux ou trois minutes, je le regrettais un peu. Mais je n’avais plus le choix.” – Paul Seixas, après-course.

Derrière, Isaac Del Toro (UAE Team Emirates-XRG) tente d’organiser une poursuite. Sans succès. Le groupe des favoris éclate : Lipowitz, Izagirre, Uijtdebroeks, Baudin tentent de collaborer, mais l’écart ne cesse de croître. Selon les données enregistrées, Seixas a franchi le sommet avec 50 secondes d’avance, après avoir battu de deux minutes le précédent record de Fabio Aru sur ce col. Un chiffre qui en dit long.

Quelle est la valeur réelle de l’avance de Seixas au classement général ?

L’écart final (1’25 sur l’étape, 1’59 sur Roglič au général) ne reflète qu’imparfaitement la domination. Car c’est dans la descente que Seixas a assommé ses rivaux. Là où beaucoup ralentissent, le Français a enchaîné les virages avec une confiance déconcertante, creusant encore l’écart. Mikel Landa (Soudal-QuickStep) a payé cette prise de risque : victime d’une lourde chute à grande vitesse, le Basque a quitté sa course nationale sur un brancard.

Derrière, le constat est sans appel :

Primož Roglič (Red Bull-BORA-Hansgrohe) : 2ème à 1’59, mais déjà en roue libre.

Florian Lipowitz (Red Bull) : 3ème à 2’08.

Isaac del Toro (UAE) : 8ème à 2’44, loin du compte.

Juan Ayuso (Lidl-Trek) : 16ème à 3’55, en pleine traversée du désert depuis sa chute sur Paris-Nice.

Kévin Vauquelin (INEOS) : 31ème à 4’13, victime collatérale de la chute.

Et si la plus grande force de Seixas était sa tête ?

Ce qui frappe chez ce jeune de 19 ans, c’est cette capacité à ne jamais sur-réagir. Après son numéro, il tempère : “Demain, étape plus facile. On va contrôler.” Un discours de leader expérimenté, pas d’un rookie.

Que peut-il encore accomplir sur ce Tour du Pays-Basque 2026 ?

L’étape 3, mercredi, relie Basauri à Basauri sur 152,8 km. Moins montagneuse, avec deux cols de 2e catégorie et un final à 6 %, elle semble taillée pour un puncheur. Mais avec un leader aussi dominateur, deux scénarios sont possibles :

Le contrôle total : Decathlon gère l’avance, neutralise les échappées et amène Seixas à la victoire finale sans coup d’éclat.

L’enchaînement historique : Troisième victoire d’étape en trois jours. Impensable ? Seixas a déjà repoussé les limites.

Pour les puristes, une question se pose : ce niveau de domination à 19 ans sur une course WorldTour, cela ne s’était plus vu depuis les débuts de Tadej Pogačar sur le Tour d’Espagne 2019. Et si le principal rival du Slovène en juillet ne s’appelait pas Vingegaard, mais Seixas ?

À votre avis : Paul Seixas peut-il remporter les six étapes de ce Tour du Pays-Basque 2026 ?

Et quel objectif lui donneriez-vous pour le Tour de France 2027 ? Réagissez en commentaire.

Où voir la vidéo et le classement complet de l’étape 2 ?

La vidéo du final (attaque, descente et sprint victorieux) est disponible ci-après. Le classement de l’étape et le général provisoire sont à retrouver sur encore après la vidéo.

Paul Seixas, patron du Pays Basque 2026 ?

Avec 1’59 d’avance sur Roglič et des jambes qui semblent ignorer la fatigue, Paul Seixas tient sa première grande course WorldTour. Mais plus que le temps, c’est l’autorité qui impressionne. Ce Tour du Pays-Basque 2026 est désormais le sien à perdre. Et vu son appétit, il n’a pas fini de faire parler de lui. Rendez-vous mercredi pour l’étape 3, avec un seul homme à abattre : lui-même.

Classement Tour du Pays-Basque 2026, étape 2 : Top 20

  1. SEIXAS PAUL, Decathlon CMA CGM Team les 164,1 km en 4:11:48 (39,1 km/h)
  2. SKJELMOSE MATTIAS, Lidl – Trek +1:25
  3. ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
  4. UIJTDEBROEKS CIAN, Movistar Team m.t.
  5. TULETT BEN, Team Visma | Lease a Bike m.t.
  6. BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost m.t.
  7. IZAGIRRE ION, Cofidis m.t.
  8. LIPOWITZ FLORIAN, Red Bull – BORA – hansgrohe m.t.
  9. CHAMPOUSSIN CLÉMENT, XDS Astana Team +1:31
  10. TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +1:43
  11. DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG m.t.
  12. AYUSO JUAN, Lidl – Trek +2:29
  13. BELOKI MARKEL, EF Education – EasyPost m.t.
  14. HIGUITA SERGIO, XDS Astana Team +2:34
  15. LÓPEZ JUAN PEDRO, Movistar Team m.t.
  16. ROMO JAVIER, Movistar Team m.t.
  17. RICCITELLO MATTHEW, Decathlon CMA CGM Team m.t.
  18. BILBAO PELLO, Bahrain – Victorious m.t.
  19. VERSTRYNGE EMIEL, Alpecin-Premier Tech +3:28
  20. MARTIN GUILLAUME, Groupama – FDJ United +3:30

Classement général Tour du Pays-Basque 2026 après la 2e étape : Top 20

  1. SEIXAS PAUL, Decathlon CMA CGM Team en 4:29:10
  2. ROGLIČ PRIMOŽ, Red Bull – BORA – hansgrohe +1:59
  3. LIPOWITZ FLORIAN, Red Bull – BORA – hansgrohe +2:08
  4. SKJELMOSE MATTIAS, Lidl – Trek +2:14
  5. TULETT BEN, Team Visma | Lease a Bike +2:27
  6. BAUDIN ALEX, EF Education – EasyPost +2:31
  7. IZAGIRRE ION, Cofidis +2:36
  8. DEL TORO ISAAC, UAE Team Emirates – XRG +2:44
  9. TEJADA HAROLD, XDS Astana Team +2:48
  10. UIJTDEBROEKS CIAN, Movistar Team +3:01
  11. CHAMPOUSSIN CLÉMENT, XDS Astana Team +3:02
  12. ROMO JAVIER, Movistar Team +3:32
  13. BILBAO PELLO, Bahrain – Victorious +3:37
  14. RICCITELLO MATTHEW, Decathlon CMA CGM Team +3:42
  15. BELOKI MARKEL, EF Education – EasyPost +3:45
  16. AYUSO JUAN, Lidl – Trek +3:55
  17. VAN WILDER ILAN, Soudal Quick-Step +4:29
  18. LÓPEZ JUAN PEDRO, Movistar Team +4:32
  19. HIGUITA SERGIO, XDS Astana Team +4:34
  20. BRAZ AFONSO CLÉMENT, Groupama – FDJ United +4:45

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2 Commentaires

  1. Encore P. Seixas, nettement plus fort que ses adversaires, comme en chrono la veille. Par contre Ayuso et Del Toro, eux, ne sont pas du tout au niveau attendu, Ayuso plus ou moins en déconfiture, Del Toro bien en deçà de l’insolente domination affichée jusqu’alors, comme dans son dernier Tirreno- Adriatico.
    S’il faut chercher des interrogations au sujet de P. Seixas, trouvons-les forcément ailleurs qu’en lui-même, plutôt au niveau de son encadrement : Par exemple, cette fantastique rapidité en descente, cette aisance si spectaculaire à nos yeux, un peu comme en Ardèche, sont-elles toujours absolument nécessaires ? L’histoire du cyclisme rappelle tant de jeunes champions aux carrières perturbées, parfois brisées, par des chutes… Sur un autre plan, ce jeune champion nous offrit aujourd’hui d’heureuses attitudes, rictus de souffrance, déhanchements parfois, assez loin des insolents stéréotypes qui lui sont désormais présentés en futurs adversaires, comme ceux de Vingegaard ou Pogacar. Explique qui voudra, mais de quoi néanmoins s’interroger sur la nécessité de préciter la venue de ce si grand espoir dans le prochain Tour de France…

  2. Si on hésite toujours à s’enflammer mais on a quand même vu un coureur hors norme ! un petit Pogacar est né , pas seulement par le niveau affiché mais aussi et surtout par la manière ! alors qu’il pourrait gérer et contrôler les autres leaders , il attaque loin de l’arrivée et lamine l’adversité avec une facilité déconcertante . Bluffant !
    Après les Strade Bianche où il été le dernier « survivant  » du travail de sape de Pogacar on attend avec impatience qu’il se confronte de nouveau au Slovène dont il devient à coup sur l’adversaire numéro 1

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