Le Tour de Suisse a rendu son verdict. Le Tour Auvergne-Rhône-Alpes aussi. Tadej Pogacar a survolé la Suisse, Jonas Vingegaard est resté dans l’ombre depuis son Giro, et Paul Seixas a chuté dans les Alpes. À deux semaines du Grand Départ de Barcelone, la hiérarchie des favoris du Tour de France 2026 se précise. Voici notre sélection des favoris, entre certitudes et paris.
Tour de France 2026 – Le parcours officiel complet – 21 étapes, profils et carte
Tour de France 2026 : Pogacar intouchable, Seixas en embuscade, Vingegaard en mystère : Les favoris
L’ESSENTIEL EN 30 SECONDES : Tadej Pogacar aborde le Tour de France 2026 dans la peau d’un favori écrasant après sa démonstration en Suisse. Jonas Vingegaard, vainqueur du Giro, reste son rival le plus sérieux mais doit composer avec un forfait majeur (Wout van Aert). Derrière, Paul Seixas incarne la relève à 19 ans, tandis que Remco Evenepoel parie sur 68 jours sans course. Avec 54 000 mètres de dénivelé et deux arrivées à l’Alpe d’Huez, ce Tour s’annonce comme l’un des plus exigeants du siècle.
Tadej Pogacar est-il vraiment injouable sur ce Tour 2026 ?
Un printemps de cannibale, un été qui s’annonce en feu
Le constat est presque lassant à force d’être répété. Tadej Pogacar a disputé six courses en 2026. Il en a remporté cinq. Milan-SanRemo, le Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège, les Strade Bianche, le Tour de Romandie. La seule course où il n’a pas levé les bras ? Paris-Roubaix, terminé à la deuxième place. Un ratio qui donne le vertige, et qui n’a fait que se confirmer sur le Tour de Suisse, où le Slovène a ajouté trois victoires d’étape et le classement général à son palmarès.
Avec 121 victoires en carrière depuis 2019, Pogacar n’est plus seulement le meilleur coureur de sa génération. Il est en passe de rejoindre le panthéon des plus grands. À 27 ans, un cinquième Tour de France lui tend les bras, ce qui lui permettrait d’égaler Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain.
Sa préparation a été millimétrée. Pas de Giro cette année, contrairement à 2024. Un stage en altitude en Sierra Nevada. Une seule course de préparation, le Tour de Suisse, expédiée avec une maitrise terrifiante. Et une équipe UAE Team Emirates XRG taillée pour la montagne, avec Isaac Del Toro, Brandon McNulty, Adam Yates et Marc Soler en lieutenants de luxe.
Les seuls nuages dans ce ciel sans tache ? La chaleur, qui pourrait jouer des tours au Slovène, et une troisième semaine historiquement un peu moins dominatrice que les deux premières. Mais avec un parcours de 54 000 mètres de dénivelé et deux arrivées à l’Alpe d’Huez, difficile d’imaginer meilleur terrain de jeu pour le cannibale.
Un parcours taillé pour l’offensive
Le Tour 2026 est une déclaration de guerre aux rouleurs. 3 333 kilomètres, 54 000 mètres de dénivelé positif, sept étapes de montagne, et seulement 26 kilomètres de contre-la-montre individuel. Le message est clair : les organisateurs veulent du spectacle, et ils l’auront.
Le chrono par équipes inaugural de Barcelone (19 km) donnera un premier verdict sur les collectifs. Puis viendront les Pyrénées dès la première semaine, avec une arrivée aux Angles (étape 3) et le col du Tourmalet (étape 6). Le contre-la-montre d’Évian (étape 16, 26 km) sera le seul rendez-vous chronométré individuel. Et pour finir, l’apothéose : deux arrivées consécutives à l’Alpe d’Huez, dont la 20e étape avec 5 600 mètres de dénivelé positif en un seul jour. Du jamais vu.
Pour Pogacar, c’est un terrain de chasse idéal. Pour ses rivaux, c’est un chemin de croix.
Jonas Vingegaard peut-il réussir le doublé Giro-Tour ?
Un Giro en patron, un Tour en question
Jonas Vingegaard sort d’un Giro 2026 triomphal. Cinq victoires d’étape, un classement général maitrisé de bout en bout, et une entrée dans le cercle très fermé des coureurs vainqueurs des trois Grands Tours. Le Danois est, sur le papier, le seul capable de rivaliser avec Pogacar en montagne.
Mais le doublé Giro-Tour est un Everest physiologique. Dans l’histoire récente, seuls Marco Pantani (1998) et Tadej Pogacar (2024) l’ont réussi. Vingegaard devra récupérer en cinq semaines de l’effort consenti en Italie, tout en élevant son niveau pour tenir tête à un Pogacar frais et affuté.
Un autre coup dur assombrit ses perspectives : le forfait de Wout van Aert, victime d’une infection au coude après une chute à l’entraînement. Le Belge était le lieutenant de luxe du Danois, capable de rouler en montagne, de peser sur les bordures, et de verrouiller les finals. Sans lui, Visma-Lease a Bike perd un atout considérable.
Et vous, pensez-vous que le doublé Giro-Tour est un exploit encore accessible dans le cyclisme moderne, ou Vingegaard a-t-il déjà trop puisé dans ses réserves ?
Paul Seixas, 19 ans et toutes les promesses du monde
Le prodige qui bouscule la hiérarchie
Il a 19 ans. Il dispute son premier Tour de France. Et pourtant, Paul Seixas est déjà considéré comme un prétendant au podium. Le Français a signé un printemps 2026 qui défie l’entendement : vainqueur du Tour du Pays Basque, de la Flèche Wallonne, deuxième des Strade Bianche et de Liège-Bastogne-Liège derrière Pogacar.
Sa préparation a été monstrueuse : 33 369 mètres de dénivelé en Sierra Nevada, des reconnaissances dans les Pyrénées, un stage de 16 jours en altitude. Le tout avant une chute malheureuse sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, qui l’a contraint à l’abandon. Rien de cassé, mais une alerte.
Le paradoxe Seixas est le suivant : il a déjà prouvé qu’il pouvait regarder Pogacar dans les yeux sur les Classiques. Sur Liège, il a été le seul à le suivre dans La Redoute. Mais sur trois semaines, face aux deux ogres du peloton, l’inconnue demeure. Son corps de 19 ans peut-il encaisser 21 étapes, 54 000 mètres de dénivelé et deux Alpe d’Huez consécutifs ?
C’est toute la beauté de ce Tour 2026 : Seixas incarne l’audace, l’insouciance, la promesse d’un duel générationnel avec Pogacar. David contre Goliath, version cyclisme.
Remco Evenepoel et Florian Lipowitz : le duo Red Bull à la croisée des chemins
Evenepoel : 68 jours sans course, un pari fou ?
Remco Evenepoel n’a plus couru depuis le 26 avril. Le Belge a fait le choix radical de couper toute compétition pour se consacrer à un long bloc d’entraînement en altitude. Soit 68 jours sans dossard avant le Grand Départ. Un pari assumé par Red Bull-BORA-hansgrohe, qui espère résoudre les problèmes de forme en montagne rencontrés par le double champion olympique au printemps.
Evenepoel avait brillé sur les Classiques (vainqueur de l’Amstel Gold Race, 3e de Liège, 3e du Ronde), mais il est apparu en retrait sur les courses par étapes. Le Tour de Catalogne l’a vu terminer 5e, à plus de deux minutes de Vingegaard. Depuis, silence radio. Arrivera-t-il frais et affuté, ou en manque de rythme ? Le mystère est total.
À ses côtés, Florian Lipowitz incarne la régularité. L’Allemand de 25 ans, 3e du Tour 2025, a confirmé en 2026 avec une 2e place au Pays basque, une 2e place au Tour de Romandie derrière Pogacar et une victoire au Tour de Slovénie. Moins spectaculaire qu’Evenepoel, il est peut-être plus fiable sur trois semaines. Mais il devra composer avec un statut de co-leader qui pourrait créer des frictions.
Del Toro, Ayuso, Carapaz : qui pour compléter le Top 5 ?
Isaac Del Toro, le lieutenant qui vaut de l’or
Isaac Del Toro a écrasé le début de saison (UAE Tour, Tirreno-Adriatico), avant de remporter le Tour Auvergne-Rhône-Alpes avec autorité. Le Mexicain de 22 ans est sans doute l’un des meilleurs grimpeurs du peloton. Mais chez UAE, il sera au service de Pogacar. Un rôle qui pourrait paradoxalement le favoriser : une fois le travail accompli, il pourra gérer son effort et viser un Top 5.
Juan Ayuso, ancien de l’UAE (2021 à 2025), lui, revient de loin. Chute sur Paris-Nice, maladie, préparation tronquée. Mais l’Espagnol de Lidl-Trek a terminé 3e du Tour Auvergne-Rhône-Alpes et semble monter en puissance. S’il évite les incidents, c’est un candidat crédible au podium.
Enfin, Richard Carapaz a été la bonne surprise du Tour de Suisse. L’Équatorien, opéré en avril, a terminé 2e du général à 6’32 de Pogacar. Il n’a plus pesé sur un classement général de Grand Tour depuis 2021. Une éternité. Mais sa forme suisse plaide pour un Top 10, voire mieux.
Et vous, qui voyez-vous compléter le podium final derrière l’intouchable Pogacar : Vingegaard, Seixas, ou un outsider venu de nulle part ?
POUR ALLER PLUS LOIN SUR TODAYCYCLING :
Tour de France 2026 : Après sa démonstration en Suisse, qui peut encore inquiéter Pogacar ? – Le Slovène a écrasé le Tour de Suisse. Notre analyse du rapport de force avant le Grand Départ.
Paul Seixas, transfert décidé avant le Tour ? – Plongée dans le feuilleton mercato qui agite le prodige français.
Giro 2026 – Le triomphe de Vingegaard en Italie, un exploit qui laisse des traces – Comment le Danois a conquis le Tour d’Italie et à quel prix physiologique.
Faites de TodayCycling votre source préférée sur Google. Restez au plus près de l’actualité cycliste, des interviews exclusives et des analyses tactiques. Sélectionnez-nous comme source préférée (nous mettre en favori) pour voir davantage de nos articles dans votre fil d’actualité et nous aider à grandir. Merci pour votre confiance !


