Montagne du Tour de France 2017 : profil et présentation des cols

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Tour de France 2017 : présentation des principaux cols (ceux de première et hors catégorie), carte des profils et décryptage.
La légende du Tour s'est principalement construite grâce à ses cols, devenus mythiques. Photo : Le Tour

Depuis 1905 et la première ascension du Ballon d’Alsace, le sort du Tour de France se décide bien souvent dans les ascensions. Révélateurs de faiblesses, créateurs d’épopées, constructeurs de gloire autant que de drames, les grands cols du Tour font et défont les héros. Magnanimes, ils joignent à leur mythe leurs plus beaux dompteurs, leur ouvrant ainsi l’accès à l’immortalité. Ainsi, le Tourmalet, le Galibier ou l’Alpe d’Huez ont permis à Garrigou, Gaul ou Pantani de se forger une légende bien au-delà de leur sport. Le Tour de France 2017 reviendra sur certains cols de légende et ouvrira de nouvelles voies. Etat des lieux exhaustifs des dix-huit cols de première et hors catégorie de l’édition 2017. 

Acte 1 : Première semaine du Tour de France 2017

1/ La Planche des Belles filles (1ère catégorie, 5e étape)

Le premier rendez-vous en altitude pour les coureurs se fera lors de la 5e étape, avec une arrivée que l’on commence à bien connaître. Située au coeur des Vosges, c’est en effet la 3e fois en cinq ans que la Planche des Belles Filles fera office de juge de paix d’une étape du Tour. Longue de 5,9 km à 8,5%, cette côte offre des passages à 20% qui dessineront une première hiérarchie entre les favoris au maillot jaune. Après avoir révélé Chris Froome en 2012 et couronné Vincenzo Nibali deux ans plus tard, « La Planche » consacrera à coup sûr un homme fort. Le vainqueur là-haut terminera-t-il de nouveau sur le podium à Paris ?

Une montée courte mais sèche qui risque de faire des dégâts

2/ La Combe de Laisia-Les Molunes (1ère catégorie, 8e étape)

Il faudra ensuite attendre la 8e étape, soit une semaine après le départ, pour voir de nouveau des profils véritablement escarpés. Première étape de (moyenne) montagne du Tour de France 2017, cette huitième levée s’achèvera à la station des Rousses, soit dix kilomètres après le sommet de la côte de La Combe de Laisia-Les Molunes. Non empruntée lors de la dernière arrivée aux Rousses en 2010 (victoire en solitaire de Chavanel), cette ascension jurassienne est loin d’être la plus connue. Pourtant, ses plus de 11 kilomètres à 6,4% feront d’elle un terrain propice aux attaques entre leaders.

Un nom à coucher dehors pour une montée à ne pas sous-estimer

3/ Le col de la Biche (Hors-catégorie, 9e étape)

Première étape de haute montagne, l’étape du dimanche 9 juillet se situe juste avant le premier jour de repos. Et quelle étape ! Sept cols et côtes à gravir, dont trois hors-catégorie… Le premier d’entre eux, le col de la Biche est inédit en course cycliste professionnelle. Une pointe d’excitation et d’appréhension devrait donc parcourir l’échine des coureurs en abordant les premières rampes de ce col particulièrement difficile (10,5 km à 9%).

4/ Le Grand Colombier (Hors-catégorie, 9e étape)

Dans un enchainement terrible avec le col de la Biche, les coureurs ne rouleront que trois kilomètres dans la plaine avant d’escalader le Grand Colombier, classé lui aussi Hors Catégorie avec ses pentes avoisinant les 22% par endroits. 19 kilomètres à près de 10% en l’espace de 33 kilomètres, les langues vont pendre ! Et si la course s’emballe, cette 9e étape pourrait bien être la plus belle du Tour, puisqu’il restera encore 90 km et deux cols à franchir une fois arrivé au sommet du Grand Colombier…

Cole de la Biche / Grand Colombier, voilà un enchainement spectaculaire autant que redoutable…

5/ Mont du Chat (Hors-catégorie, 9e étape)

Plus franchi sur le Tour depuis 1974, le Mont du Chat parachèvera le chemin de croix des coureurs entre Nantua et Chambéry. Avec ses 8.7 km de montée à 10.3%, il devrait faire particulièrement mal aux jambes au terme d’une telle étape. Ses pentes régulières mais sévères ouvriront fatalement des brèches. Gare aux grandes défaillances !

Et au sommet, il restera encore la descente vers Chambéry !

Acte 2 : la deuxième semaine, avec de l’inédit

6/ Col de Menté (1ère catégorie, 12e étape)

C’est au milieu de la deuxième semaine de course que les choses sérieuses vont reprendre. Etape pyrénéenne classique que celle ralliant Peyragudes depuis Pau via six cols. Le premier à même d’occasionner des dégâts ne sera autre que le Col de Menté. Vieille connaissance du Tour, c’est la 20e fois que le peloton le grimpera depuis son apparition en 1966. Rendu tragiquement célèbre par la chute d’Ocaña en 1972, il sait aussi faire mal lors de l’ascension, fort de ses 6,9 km de montée à 8,1%. Placé aux 2/3 de l’étape, il pourrait bien ouvrir les hostilités.

7/ Port de Balès (Hors-catégorie, 12e étape)

Loin d’être un historique du Tour (premier passage en 2007), le Port de Balès s’est rapidement construit sa place dans le concert des cols pyrénéens. Grâce à ses quatre passages en 9 ans et à ce saut de chaîne du maillot jaune Andy Schleck en 2010. Grâce, surtout, à ses 11,7 km  à 7,7% qui en font un solide gaillard.

8/ Col de Peyresourde (1ère catégorie, 12e étape)

A l’instar de la 9e étape, celle-ci propose également une enfilade de cols propre à créer de sérieux écarts. Et en guise de dernier col de la journée, le Peyresourde ne sera pas un cadeau. Magnifié par Robic et Bahamontes, sa difficulté tiendra autant à ses pentes (9,7 km à 7,8%) qu’à sa position dans l’étape.

Bales – Peyressourde, encore un enchaînement copieux

9/ Col de Latrape (1ère catégorie, 13e étape)

Habituellement classé en 2e voire 3e catégorie, le col de Latrape s’est vu gratifié d’une promotion cette année. Promotion surprenante si l’on considère qu’il sera le premier col de la journée et que, avec ses 5,6 km de montée à 7,3%, il joue assez mal le rôle d’épouvantail. Sans doute la longueur de l’étape (101 km) et les trois cols qui s’enchaînent ont-ils pesé dans la décision de l’organisation. N’empêche, n’attendez pas de bagarre pour le général dans ce col-là !

10/ Col d’Agnes (1ère catégorie, 13e étape)

D’un autre calibre que son prédécesseur, le Col d’Agnes (10 km à 8,2%) sera emprunté pour la sixième fois à l’occasion du Tour de France 2017. Situé au beau milieu de l’étape, il offre un terrain idéal pour enclencher les hostilités.

Le col d’Agnès constituera le plat de résistance de la journée : placé au milieu, il est le col le plus long et le plus pentu de cette courte étape alpestre

11/ Mur de Péguère (1ère catégorie, 13e étape)

Dernier volet du triptyque pyrénéen de ce 14 juillet, le Mur de Péguère est aussi le plus redoutable. Trois derniers kilomètres à plus de 11%, qui pourraient permettre à certains coureurs de prendre de l’avance dans la perspective de la descente, très technique. David Moncoutié, dernier vainqueur tricolore un 14 juillet, trouvera-t-il un successeur à Foix ?

Mur de Péguère : son nom prend tout son sens au vu des trois derniers kilomètres

12/ Montée de Naves d’Aubrac (1ère catégorie, 15e étape)

Prenant les coureurs à froid, la montée sur le plateau de Naves d’Aubrac (8,9 km à 6,4%) est inédite. Un double risque pour les coureurs donc, et une ascension jugée très intéressante par l’organisation. A suivre…

13/ Col de Peyra Taillade (1ère catégorie, 15e étape)

Egalement inédit, le col de Peyra Taillade se caractérise par des pourcentage à 14%-15% sur certains secteurs. Un col réputé chez les cyclos pour être être particulièrement éprouvant, et qui devrait créer des écarts chez les favoris.

Acte III : Une dernière semaine en apothéose

14/ Col de la Croix de Fer (Hors-catégorie, 17e étape)

L’une des étapes reines de ce Tour de France 2017. Quatre cols à grimper, tous plus durs les uns que les autres. Après l’Ornon (2e cat.), c’est le fameux col de La Croix de Fer qui dessinera sa silhouette sous les yeux des coureurs. Un col au profil atypique, avec ses replats, ses descentes, ses pentes en forme de mur. Un vrai col de grimpeurs en somme, requérant d’incessants changements de rythme. La moyenne de sa pente (5,2%) ne donne donc guère d’indication quant à sa difficulté réelle, et bien des espoirs se sont envolés sur ses rampes depuis le premier passage du peloton en 1947.

L’interminable col de la Croix de Fer

15/ Col du Télégraphe (1ère catégorie, 17e étape)

Parfaite mise en bouche avant le Galibier, le col du Télégraphe est d’une régularité rare. Des pentes tournant aux alentours de 7% du pied jusqu’au sommet. L’inverse de la Croix de Fer, en quelque sorte. Peu propice aux attaques, Le Télégraphe servira surtout de travail de sape entre les deux Hors-Catégorie de la journée.

16/ Col du Galibier (Hors-catégorie, 17e étape)

Point culminant du Tour de France 2017, le Galibier n’est plus à présenter. Escaladé à 59 reprises depuis 1911, il fait partie des principaux cols de l’histoire, au même titre que le Tourmalet ou le Ventoux. Très long (17,7 km), il n’en propose pas moins des pourcentages importants (6,9%). Il est d’autant plus difficile à gravir qu’il intervient dans la foulée du Télégraphe. Comme souvent, c’est dans la vallée, à Serre-Chevalier, que sera jugée l’arrivée de l’étape du Galibier cette année.

Le Galibier par le Télégraphe, un des hits du Tour de France

17/ Col de Vars (1ère catégorie, 18e étape)

Oscillant entre classement en 2e et 1e catégorie selon les années, le col de Vars est un col de difficulté moyenne pour les Alpes (9,3 km à 7,5%). Mais, situé en fin d’étape et en fin de Tour, il pourrait faire plus que de la figuration.

Le Col de Vars et ses 9.3 km de montée à 7.5%

18/ Col d’Izoard (Hors-catégorie, 18e étape)

Thys, Pélissier, Robic, Coppi, Bartali, Bobet, Bahamontes, Mercks, Fuente, Van Impe, Chiapucci… Les plus grands ont presque tous franchi son sommet en tête. Rendu célèbre par son aspect lunaire (la fameuse Casse déserte), l’Izoard a forgé nombre de légendes. S’il fait évidemment moins peur qu’il y a un siècle, ses 14 km à 7,3% sont encore capables de faire des ravages, notamment sur la deuxième moitié de l’ascension. Dernier véritable col de ce Tour de France 2017, certains y joueront peut-être leur va-tout…

Dernier col d’importance de ce Tour de France 2017, le mythique Izoard sera le théâtre de l’arrivée de la 18e étape

 

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