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Mikel Landa, l’éternel : 16 ans de passion, de chutes et de résurrections

Seize ans déjà. Un chiffre qui résonne comme un défi dans le cyclisme moderne. À 36 ans, Mikel Landa s’apprête à épingler un nouveau dossard sous le soleil de février. Entre deux lignes tracées sur les routes de Calpe, le grimpeur basque confie une flamme intacte. Malgré les chutes, les changements d’équipe et l’évolution d’un sport toujours plus exigeant, « Landismo » est plus qu’un style : une philosophie de résistance. Retour sur un parcours hors norme et les ambitions 2026 d’un dernier romantique.

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Landa, l’insoumis : une longévité construite à coups de pédale

Le paysage du cyclisme a radicalement changé depuis février 2011. À l’époque, un jeune Basque de 21 ans, Mikel Landa, faisait ses débuts professionnels sur le Trofeo Palma de Mallorca. Quinze ans et une carrière riche en rebondissements plus tard, le coureur de Soudal Quick-Step se prépare pour une seizième saison consécutive au plus haut niveau. Une perspective qu’il n’aurait jamais osé envisager. « C’est un sacré parcours. Le cyclisme a changé, et moi aussi, mais la passion, elle, est restée identique » confie-t-il à l’occasion du stage hivernal en Espagne. Cette longévité exceptionnelle, dans une ère d’hyper-spécialisation et de pression constante, est en soi une victoire. Elle raconte une adaptation permanente, un amour inaltérable pour la compétition et une résilience à toute épreuve.

Le palmarès d’un éternel second couteau devenu icône

Analyser le palmarès de Mikel Landa, c’est comprendre la complexité du cyclisme. Les statistiques brutes ne suffisent pas à capturer son aura. Certes, on y trouve deux podiums sur le Giro d’Italia (3e en 2015 et 2022), des victoires d’étape sur les trois grands tours, et des places d’honneur sur des classiques ardoisées comme la Liège-Bastogne-Liège. Mais son héritage dépasse les trophées.

Il est l’outsider par excellence, le tacticien subtil des montagnes, celui dont les accélérations en danseuse ont marqué l’histoire récente du Giro. Son rôle de lieutenant de luxe pour Christopher Froome sur le Tour de France 2017, où il sacrifia ses propres chances pour la cause Sky, a aussi forgé sa légende : celle d’un coureur à la fois talentueux et doté d’un sens aigu de l’équipe. Cette dualité – leader capable et équipier d’exception – explique en grande partie l’affection indéfectible des « Landistas », une fanbase qui célèbre l’élégance, l’attaque et une certaine idée du cyclisme romantique.

2025 : Le rêve du Giro brisé, la résilience à la Vuelta

Sa deuxième saison chez Soudal Quick-Step devait être celle de la confirmation. Après une intégration réussie en 2024, Landa abordait le Giro 2025 avec des cartes à jouer au classement général. Une préparation optimale, une forme ascendante… tout fut réduit à néant en quelques secondes, lors d’une chute collective dès la première étape. Abandon. « Tout est parti en fumée » résume-t-il, sans amertume mais avec une lucidité froide.

Plutôt que de sombrer, le Basque a puisé dans ses ressources. Son retour lors de la Vuelta a España fut un modèle de résilience. Libéré de l’impératif du général, il est revenu à son essence : attaquer. Combatif, insaisissable, il a frôlé la victoire d’étape et a insufflé un souffle épique à la course. Cette fin de saison « sur le vélo », comme il le dit, fut cruciale. Elle a réaffirmé non seulement sa condition physique, mais surtout son mental d’acier et son statut d’attaquant né.

Objectifs 2026 : Le printemps basque comme horizon

À l’aube de cette nouvelle campagne, Mikel Landa affiche une sérénité motivée. Sa reprise sera progressive, avec la Volta a la Comunitat Valenciana et la Clásica Jaén comme mise en jambe. Mais son regard est déjà tourné vers le cœur du printemps, vers ses terres de prédilection.

« J’ai hâte de me mesurer en Catalogne et au Pays basque. J’adore ces courses » annonce-t-il. Le Tour de Catalogne (23-29 mars) et l’Itzulia Basque Country (6-11 avril) ne sont pas de simples préparations. Ce sont des objectifs à part entière, chargés d’une dimension sentimentale et identitaire. Y remporter une étape, y briller par son panache, constitue une quête personnelle. Ces courses difficiles, taillées pour les grimpeurs complets, sont le terrain de jeu idéal pour son style. Elles offrent aussi un baromètre précieux de sa forme avant d’envisager, peut-être, un nouveau rôle dans un grand tour durant l’été.

L’héritage Landa : bien plus qu’un simple grimpeur

Que peut-on encore attendre de Mikel Landa à 36 ans ? Probablement pas une révolution, mais la perpétuation d’une certaine excellence. Il n’est plus le jeune prodige de 2015, ni le co-leader ultra-protégé. Il incarne désormais autre chose : la persistance du style et de l’intelligence de course dans un peloton souvent standardisé.

Son rôle chez Soudal Quick-Step dépasse les résultats. Il est un mentor à poigne pour les jeunes, un exemple de professionnalisme, et une assurance tout-terrain pour les chefs de file de l’équipe. Sa simple présence dans une course modifie les dynamiques tactiques. Les adversaires savent que l’attaque peut venir à tout moment, sur les pentes les plus raides. Cette aura, cette menace permanente, est l’un de ses atouts les plus précieux.

Alors que la saison 2026 est sur le point de débuter, Mikel Landa reste ce paradoxe vivant : un vétéran qui roule avec la fougue d’un débutant, un presque-retraité qui parle avec la passion du premier jour. Son histoire n’est pas encore écrite. Une dernière victoire sur les routes du Pays basque, un ultime coup d’éclat dans un grand tour ? Peu importe. Déjà, ses seize années de loyauté à la pédale sont un triomphe. Et pour les Landistas, le spectacle, cette danse caractéristique sur les pourcentages les plus fous, vaut à lui seul le détour. Le romantisme cycliste a encore un visage, et il porte un casque bleu ciel et marine.

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Fracture de la hanche : le coup de massue qui anéantit le début de saison d’Óscar Rodriguez

C’est un coup dur pour l’INEOS Grenadiers et pour le grimpeur espagnol. Óscar Rodriguez, 30 ans, s’est fracturé la hanche lors d’une chute à l’entraînement. Opéré en urgence, le vainqueur d’étape sur la Vuelta voit sa préparation hivernale et les premiers mois de la saison 2026 s’envoler. Plongée dans les conséquences de cette blessure redoutée et le long chemin qui l’attend.

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Un diagnostic qui fait froid dans le dos

La nouvelle est tombée ce mardi par un communiqué laconique de l’INEOS Grenadiers. Óscar Rodriguez, l’un des grimpeurs les plus fins de l’effectif, a été victime d’une lourde chute lors d’une sortie d’entraînement. Le bilan est sévère : une fracture de la hanche, nécessitant une intervention chirurgicale immédiate. À 30 ans, l’Espagnol se retrouve projeté dans un processus de rééducation long et exigeant, qui efface d’un trait ses objectifs de début d’année.

Pour l’équipe britannique, c’est un revers tactique. Rodriguez, recruté en 2024 après cinq saisons chez Movistar, devait être un élément clé dans les courses par étapes et un lieutenant précieux en montagne. Son absence force un remaniement des plans dans un effectif déjà en pleine réflexion stratégique.

La hanche, une blessure complexe pour un cycliste

Dans le milieu du cyclisme professionnel, une fracture de la hanche est bien plus qu’un simple arrêt. C’est une épreuve physique et mentale de haut vol.

Une rééducation protocolaire et longue : Après l’opération, la phase de décharge – où l’appui sur la jambe est interdit – est cruciale. Elle dure plusieurs semaines. Vient ensuite le travail de récupération de la mobilité articulaire et de la force musculaire, souvent appauvrie de manière significative. Le retour sur le home-trainer, puis sur la route, se fait par paliers extrêmement prudents.

Le défi de la confiance : Au-delà de l’os, c’est la psychologie qu’il faut reconstruire. Retrouver la sensation de sécurité dans les descentes, dans les virages serrés ou au milieu du peloton représente un obstacle majeur. La peur de rechuter peut être un frein persistant.

Un calendrier sportif bouleversé : Avec une convalescence estimée à plusieurs mois, le printemps classique de Rodriguez est déjà condamné. Les courses par étapes qui constituaient son terrain de jeu habituel – la Route d’Occitanie, le Tour de Hongrie, peut-être le Critérium du Dauphiné – passeront sans lui. L’objectif se décalera vraisemblablement vers la seconde partie de saison, sans garantie de retrouver immédiatement son meilleur niveau.

Qui est Óscar Rodriguez, le grimpeur à la carrière suspendue ?

Pour mesurer l’ampleur de la perte, il faut se souvenir du palmarès de ce coureur discret mais redoutablement efficace.

L’exploit fondateur : Sa carte de visite reste sa victoire d’étape lors de la Vuelta a España 2018. Ce jour-là, à l’arrivée en altitude de La Camperona, il avait dominé les meilleurs grimpeurs du monde, annonçant l’arrivée d’un nouveau talent.

Le régulier des courses par étapes : Rodriguez n’est pas un électron libre, mais un finisseur constant. Son palmarès étaye cette réputation : deuxième de la Vuelta a Burgos (2019), deuxième du Tour de Hongrie (2022), podium sur la Route d’Occitanie (2021). Des résultats qui démontrent une capacité à se maintenir au plus haut niveau pendant toute une semaine.

Un profil complémentaire pour INEOS : Chez les Grenadiers, son rôle évoluait. Alternativement chef de file sur des courses d’une semaine et équipier de luxe pour des leaders comme Carlos Rodríguez ou Egan Bernal sur les Grands Tours, sa polyvalence était un atout précieux.

Et maintenant ? Le long chemin du retour

L’équipe INEOS Grenadiers a tenu un message de soutien sans ambiguïté : « Nous lui souhaitons un bon rétablissement et un retour rapide à la compétition. La priorité absolue est sa santé. » Cette phrase résume la philosophie qui doit désormais prévaloir.

Le staff médical de l’équipe, l’un des plus performants du peloton, va orchestrer une rééducation sur-mesure. Le calendrier sera dicté par la biologie, pas par le calendrier sportif. L’exemple de coureurs comme Simon Yates, revenu fort après une fracture du fémur, ou même d’Egan Bernal, sert de feuille de route et d’espoir.

Pour Óscar Rodriguez, les prochains mois seront une course contre la montre et contre la frustration. Une épreuve d’endurance différente, où la victoire se mesurera à la parfaite consolidation de sa hanche et à la reconquête, pas à pas, de son statut de grimpeur d’élite. Le peloton, et les fans de courses par étapes, attendront son retour avec impatience.

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Entraînement interrompu : quand le Wolfpack de Soudal Quick-Step se transforme en service de dépannage

En Espagne, le programme est chargé : kilomètres dans les jambes, affûtage pour les premiers objectifs. Mais la route réserve parfois des imprévus. Lors d’une sortie, le peloton de Soudal Quick-Step a dû stopper net son effort. Mission : dégager une voiture accidentée. Une séquence filmée, devenue virale, qui en dit long sur l’état d’esprit du groupe.

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Un exercice de force inattendu pour le Wolfpack

Le stage de pré-saison à Calpe, sur la Costa Blanca, est un rituel immuable. Entre les séances spécifiques et les longues heures de selle, l’objectif est de forger la condition physique et l’osmose du groupe. L’équipe Soudal Quick-Step a ajouté une discipline imprévue à son planning : le sauvetage routier.

Alors que le peloton roulait en formation serrée, les coureurs sont tombés sur une scène pour le moins inhabituelle. Un automobiliste, après une légère sortie de route, s’était retrouvé en équilibre précaire, son véhicule calé sur un muret bordant la chaussée. Impuissant, le conducteur assistait, médusé, à l’arrivée d’un peloton de cyclistes professionnels.

Sans la moindre hésitation, la décision est prise collectivement : faire demi-tour et porter assistance. La séquence, immortalisée par Yves Lampaert et partagée sur ses réseaux sociaux, montre l’application soudaine de la puissance du Wolfpack.

La cohésion d’équipe, au-delà de la course

La scène est à la fois efficace et empreinte d’une certaine légèreté. Autour du véhicule, on reconnaît des visages clés de l’effectif 2026. Le sprinteur Tim Merlier, le robuste classiques man Dylan van Baarle, le jeune talent Paul Magnier, le solide Laurenz Rex et l’expérimenté Yves Lampaert lui-même. Tous mettent la main à la pâte – ou plutôt l’épaule au pare-chocs.

Dans un effort synchronisé, ils soulagent l’arrière de la voiture tandis que le conducteur, au volant, tente de la dégager. Après quelques poussées coordonnées, le véhicule retrouve l’asphalte sous les applaudissements et les exclamations des coureurs. Une autre équipe, passant au même moment, salue même l’exploit d’un coup de klaxon complice.

L’humour n’est pas absent. En légende de sa vidéo, Yves Lampaert lance, malicieux : « Ça n’aurait probablement pas été possible avec une bande de grimpeurs. » Une pique amicale qui souligne le profil de l’équipe présente, davantage tournée vers la puissance que vers la légèreté, et révèle la bonne ambiance régnant au sein du groupe.

Plus qu’un fait divers, un signal fort pour 2026

Cet épisode anecdotique dépasse largement le simple fait divers. Il intervient à un moment charnière pour Soudal Quick-Step. L’équipe aborde une nouvelle ère, ayant officialisé le départ de son leader absolu Remco Evenepoel. La page se tourne, et la construction d’une dynamique collective solide est plus cruciale que jamais.

Ce geste spontané, ce réflexe d’entraide, illustre parfaitement les valeurs d’unité que la direction tente d’instiller. C’est le fameux esprit « Wolfpack » en action, mais hors des routes de compétition. Il montre un groupe soudé, réactif et capable de se mobiliser pour un objectif commun, fût-il inattendu.

Sur le plan purement physique, cet intermède insolite est aussi un révélateur. La facilité avec laquelle ces athlètes ont déplacé une masse importante témoigne de la forme déjà très avancée à laquelle ils sont parvenus en ce début janvier. La puissance est là, prête à être canalisée vers les objectifs sportifs à venir.

Calpe, creuset de la saison à venir

Le stage de Calpe n’est donc pas seulement une affaire de watts et de chronos. C’est aussi le lieu où se resserrent les liens, où se construit l’alchimie indispensable pour affronter les mois de compétition. Cet événement, partagé avec spontanéité sur les réseaux, humanise les coureurs et crée un récit positif autour de l’équipe.

Alors que la saison va bientôt s’élancer sous le soleil d’Australie à l’occasion du Tour Down Under, Soudal Quick-Step a, sans le vouloir, envoyé un message fort. Celui d’une équipe unie, solidaire et prête à se retrousser les manches. Une métaphore peut-être involontaire, mais puissante, pour une formation qui devra, en 2026, pousser collectivement pour sortir de l’ornière et retrouver le chemin de la victoire. Le Wolfpack a montré qu’il savait faire corps. Maintenant, place à la compétition.

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Fracture, opération, et déjà sur le vélo : la reprise éclair de Wout van Aert stupéfie le cyclisme

Le compte à rebours est lancé. À peine dix jours après une fracture de la cheville et une intervention chirurgicale, Wout van Aert a enfourché son vélo lundi. Cette reprise vertigineuse, bien en-deçà des pronostics médicaux, lance un signal fort à ses rivaux. Analyse d’un retour qui relève du défi et redessine les perspectives pour les Classiques.

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Le scénario semblait écrit. Chute spectaculaire sur le circuit gelé de Mol le 2 janvier, fracture de la cheville opérée dans la foulée, pronostic de plusieurs semaines d’immobilisation. Pourtant, l’histoire de Wout van Aert suit rarement les trajectoires préétablies. Ce lundi 12 janvier, l’improbable est devenu réalité : le champion belge a repris l’entraînement sur route. Seulement dix jours après son accident. Un timing qui défie la logique médicale conventionnelle et envoie une onde de choc dans le peloton.

Une reprise qui questionne les pronostics

La séquence est édifiante. Le 3 janvier, le professeur Gilbert Versier, chirurgien orthopédiste référent du Tour de France, expliquait dans les colonnes de L’Équipe que pour ce type de fracture, « la consolidation complète nécessite six à huit semaines, avec une immobilisation stricte par plâtre ou orthèse pendant un mois ». Un cadre temporel qui semblait condamner Van Aert à une longue période d’inactivité, remettant potentiellement en cause le début de sa saison sur route.

Le contre-argument est venu du vélo lui-même. Ce lundi, sur l’application Strava, le coureur de 31 ans a partagé une sortie de 33 kilomètres effectuée en une heure autour de Grobbendonk, en Flandre. Le commentaire, laconique et triomphant : « Lundi gagnant ! ». Cette sortie, bien que modeste en volume et en intensité, est un message. Elle démontre une mobilité retrouvée à une vitesse stupéfiante et témoigne d’un protocole de rééducation ultra-agressif, probablement sous la houlette de l’encadrement médical de la Visma-Lease a Bike.

Le calendrier 2025 : les monuments en ligne de mire

Cette reprise éclair permet de caler plus sereinement le calendrier ambitieux du Belge. Selon nos informations, son programme initial reste globalement inchangé, avec des ajustements possibles sur la phase de reprise en compétition.

Stage (février) : Van Aert devrait bien être présent au rassemblement de son équipe à La Nucia, en Espagne. Un point médical décisif est prévu ce mardi lors de la présentation officielle de l’équipe, qui validera la suite du processus.

Strade Bianche (7 mars) : Cette course exigeante sur les sterrati toscans reste son objectif de reprise officielle. Elle servira de test grandeur nature sur terrain accidenté.

Les Classiques flandriennes : Tout l’enjeu réside ici. Le Tour des Flandres (5 avril) et Paris-Roubaix (12 avril) constituent le cœur absolu de sa saison de printemps. Ces deux monuments, qu’il n’a encore jamais remportés, sont une obsession. Cette blessure, paradoxalement, pourrait lui permettre d’arriver moins « rôdé » mais plus frais mentalement pour ces deux dates clés.

Le contexte Visma-Lease a Bike : une pression et un soutien immenses

Cette course contre la montre s’inscrit dans un contexte d’équipe particulier. L’équipe a plus que jamais besoin d’un Van Aert au top. La structure néerlandaise, pionnière dans l’optimisation de la performance et de la récupération, met très probablement toutes ses ressources à disposition du champion belge : cryothérapie, thérapie par ondes de choc, renforcement spécifique…

Cette situation crée une dynamique fascinante. La blessure, initialement perçue comme un coup d’arrêt, se transforme en un récit de résilience et de défi. Van Aert, souvent présenté comme l’« éternel second » des grands rendez-vous, endosse ici le rôle du combattant qui surmonte l’adversité. Un storytelling puissant, parfaitement adapté pour captiver l’audience sur des plateformes comme Google Discover, friandes de récits humains et de come-back.

La reprise de Wout van Aert n’est pas qu’une simple sortie d’entraînement. C’est un coup de communication, un coup de force médical et un coup psychologique. Elle replace immédiatement le Belge au centre du jeu des Classiques, alors que ses rivaux (van der Poel, Pogacar sur les Strade) peaufinent leur forme sans entrave. La course pour être prêt le 7 mars à Sienne est lancée. Et à voir la détermination dont il fait preuve, il serait imprudent de parier contre lui. La saison des Monuments vient de trouver son premier rebondissement majeur.

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Du peloton à la voiture suiveuse : comment Bouet et Petit forgent la nouvelle Lotto Intermarché

La fusion Lotto Intermarché-Wanty ne se limite pas aux coureurs. Pour bâtir son avenir, la nouvelle structure belge puise dans l’expérience fraîchement retraitée du peloton. Maxime Bouet et Adrien Petit, deux fins tacticiens français, endossent officiellement le rôle de directeurs sportifs. Une transition stratégique qui marque un nouveau chapitre pour l’équipe et pour ces anciens rouliers respectés.

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La page se tourne, mais l’histoire continue sous une autre forme. Alors que le cyclisme professionnel entre dans une ère de consolidations d’équipes, la naissance de Lotto Intermarché en 2026 dépasse le simple ravalement de maillots. Elle dessine aussi les contours d’un nouveau staff, riche d’une intelligence de course récemment acquise sur l’asphalte. Deux noms français, Maxime Bouet et Adrien Petit, symbolisent cette transition générationnelle en intégrant officiellement le cercle des directeurs sportifs de la WorldTeam.

Une fusion belge aux accents français

Née de l’union des forces Lotto et Intermarché-Wanty, la nouvelle entité ne part pas de zéro. Elle hérite d’un palmarès, d’une culture, et cherche désormais à forger une identité propre. Le recrutement de staff technique est à cet égard aussi crucial que celui des coureurs. En accueillant Bouet et Petit, la direction mise sur des profils complémentaires : l’un déjà rodé au métier, l’autre tout juste diplômé, mais tous deux imprégnés des réalités modernes du peloton.

Cette double signature révèle une stratégie délibérée. Il s’agit d’injecter une vision tactique neuve, nourrie par des carrières entières à analyser les courses depuis la selle, tout en s’appuyant sur la stabilité d’une institution historique comme Lotto, sponsor le plus ancien du cyclisme.

Maxime Bouet : L’apprenti DS déjà aguerri

À 39 ans, Maxime Bouet n’est plus un novice dans la voiture suiveuse. Après avoir mis un terme à sa carrière de coureur en 2023, après des passages remarqués chez Etixx-Quick Step et Arkéa-Samsic, il a immédiatement plongé dans le grand bain du management. Il a pris les rênes de l’équipe réserve Arkéa-B&B Hotels Development en Continentale en 2024, où il a forgé ses premiers outils de directeur sportif.

Sa trajectoire aurait pu être stoppée nette par la dissolution de la structure bretonne fin 2025. Mais sa réputation et son travail précoce ont porté leurs fruits.

Bouet apporte donc une première expérience concrète. Son défi sera de transposer son savoir-faire acquis en équipe de développement vers l’exigence du World Tour. Ses premiers pas officiels dans son nouveau rôle sont imminents : il sera en poste dès le 1er février pour le Grand Prix La Marseillaise.

Adrien Petit : Le diplômé sur le front

À 35 ans, Adrien Petit incarne la transition ultra-rapide. Celui qui roulait encore sous les couleurs d’Intermarché-Wanty il y a quelques semaines à peine a enchaîné avec une rigueur militaire : retraite sportive annoncée, obtention en octobre dernier du précieux diplôme de directeur sportif délivré par l’UCI, et signature chez la fusion de son ancienne équipe.

Initialement pressenti pour rejoindre le Team Avesnois (Continentale) pour apprendre le métier, c’est finalement dans le grand bain du WorldTour qu’il fera ses classes. Une preuve de la confiance que lui porte sa nouvelle hiérarchie. Sa mission débutera sur les routes de l’Étoile de Bessèges, du 4 au 8 février. Parallèlement, il poursuivra son DEJEPS, un diplôme d’État français qui lui ouvrira toutes les portes de l’encadrement sportif hexagonal.

Deux profils, une mission : faire grandir Lotto Intermarché

Au-delà de leurs parcours individuels, les arrivées de Bouet et Petit répondent à un besoin structurel.

Un pont linguistique et culturel : Dans une équipe belge aux influences flamandes et wallonnes, la maîtrise du français est un atout. Leur capacité à communiquer avec une large partie du peloton et des médias est stratégique.

Une intelligence tactique fraîche : Leurs neurones sont encore chauds des dernières batailles du peloton. Ils comprennent les dynamiques actuelles, les forces en présence, et les ressorts psychologiques des coureurs.

Une légitimité naturelle : Respectés par leurs pairs pour leurs carrières de soldats loyaux et tactiquement avertis, ils bénéficient d’une crédibilité immédiate auprès des athlètes qu’ils vont maintenant manager.

La saison 2026 sera donc un test pour cette nouvelle cellule de direction élargie. Maxime Bouet, avec sa courte mais solide expérience, et Adrien Petit, assoiffé d’apprendre, devront rapidement trouver leur place dans l’écosystème complexe d’une WorldTeam. Leur réussite sera l’un des indicateurs de la capacité de Lotto Intermarché à synthétiser le meilleur de ses héritages pour construire un avenir compétitif. Leurs premiers kilomètres en voiture suiveuse, sur les routes de Provence et du Gard, seront scrutés avec bienveillance, mais aussi avec l’exigence que commande le plus haut niveau.

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Romain Combaud raccroche : l’hommage mérité à l’équipier de l’ombre

La page se tourne, sans fracas mais avec une sérénité assumée. À 34 ans, Romain Combaud annonce la fin de sa carrière professionnelle. Onze saisons dans le peloton, cinq au plus haut niveau aux côtés de Romain Bardet, mais aucun succès enregistré. Le portrait d’un coureur essentiel, dont la valeur se mesurait bien au-delà du palmarès.

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Le message est sobre, publié sur les réseaux sociaux en ce mois de janvier. Aucune fanfare, aucun pathos. Simplement l’annonce d’une transition, logique et apaisée. Romain Combaud, 34 ans, met un terme à sa carrière de coureur cycliste. En fin de contrat avec l’équipe Picnic PostNL, le Berrichon d’adoption referme un chapitre de quinze années, dont onze chez les professionnels. Dans un marché contraint où des dizaines de coureurs se retrouvent sans emploi, sa décision apparaît comme un choix mûri, personnel, avant d’être une contrainte sportive.

Une carrière construite sur la constance et la loyauté

Romain Combaud incarne un profil essentiel et pourtant de plus en plus menacé dans le peloton moderne : celui de l’équipier solide, fiable et durable. Sa trajectoire est linéaire, marquée par une fidélité rare. Il passe professionnel en 2015 au sein de l’équipe continentale de l’Armée de Terre, un vivier alors en plein essor. Puis, il s’épanouit durant cinq saisons au sein de Delko Marseille Provence (2016-2020), y forgeant sa réputation de rouleur endurant et précieux pour les chefs de file.

Son profil attire alors la structure WorldTour Team DSM (devenu Team dsm–firmenich PostNL puis Picnic PostNL), qui le recrute en 2021. Un saut qualitatif majeur. Sur ces cinq dernières saisons au plus haut niveau, Combaud a participé à deux Grands Tours (le Giro 2022 et la Vuelta 2023) et une dizaine de classiques. Un passeport reçu en récompense de son travail d’équipe et de sa régularité.

L’homme de confiance de Romain Bardet

Dans la nébuleuse DSM, son rôle a pris une dimension particulière aux côtés de Romain Bardet. Le leader auvergnat, arrivé la même année, y a trouvé en Combaud un coéquipier de confiance, un visage familier dans un environnement souvent décrit comme très exigeant sur le plan mental. Combaud fut l’un de ces hommes de l’ombre qui permettent aux étoiles de briller, partageant avec Bardet des kilomètres d’échappée, de relais et d’efforts sacrificiels. Une complicité de terrain qui a transcendé le simple statut de coéquipier.

Un palmarès de places d’honneur et de regrets

S’il n’a jamais remporté de victoire professionnelle, Romain Combaud n’était pas un simple figurant. Son palmarès est émaillé de places d’honneur qui frisent parfois la frustration. Sa meilleure performance reste sa 2ème place au Grand Prix La Marseillaise en 2019, battu seulement par Anthony Turgis. On retrouve également une 4ème place au Tour du Doubs (2015), un top 5 sur Paris-Camembert (2017) ou encore une 5ème place au général du Tour du Limousin (2020). Des résultats qui esquissent le portrait d’un coureur complet, capable de briller sur les terrains vallonnés et exigeants des courses d’un jour françaises.

2025 : un marché contractuel implacable

Sa décision intervient dans un contexte particulièrement tendu pour les coureurs de son profil. Comme il l’évoquait lui-même en novembre dernier, la disparition d’Arkéa-B&B Hotels et les fusions d’équipes ont créé une surpopulation sur le marché de l’emploi, analysait-il avec lucidité. Face à cette réalité économique, et à l’âge de 34 ans, la prolongation devenait un pari incertain, même si des liens forts le unissaient à Picnic PostNL.

Le tournant de la paternité et une retraite sereine

Au-delà des considérations sportives, un événement personnel a catalysé sa réflexion : l’arrivée de son fils. « Elle a été déterminante » a-t-il confié. Cette nouvelle page de vie a offert une perspective différente, rendant les sacrifices inhérents au métier de coureur professionnel – l’éloignement, la fatigue, l’alimentation stricte – moins compatibles avec un équilibre familial désormais prioritaire.

Son départ n’est donc pas teinté d’amertume. « Je l’ai su assez tôt mais j’ai voulu bien en profiter avant de l’annoncer. Une page se tourne mais à 34 ans, aucun regret » assurait-il. Dans son message d’adieu, il insiste sur « une merveilleuse aventure humaine », saluant coéquipiers et staffs rencontrés.

L’équipier, pilier invisible du cyclisme

Romain Combaud s’en va sans avoir levé les bras, mais en laissant le respect de ses pairs et la reconnaissance de ceux pour qui il a travaillé. Sa carrière rappelle une vérité fondamentale du cyclisme : derrière chaque victoire retentissante, il y a le travail silencieux d’hommes comme lui. Des coureurs dont la valeur ne se lit pas sur les listes de lauréats, mais dans la confiance des leaders, la régularité des efforts et la longévité au plus haut niveau.

Il tourne désormais la page, « avec beaucoup de fierté », pour se consacrer à de nouveaux défis professionnels et à sa famille. Le peloton perd un rouage discret mais essentiel. Et le cyclisme garde en mémoire l’exemple d’une carrière honorable, menée avec droiture, jusqu’au dernier relais.

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Tour d’Algarve 2026 : Le parcours rêvé pour les fins tacticiens

Le doute est levé. L’affiche du Tour d’Algarve 2026, du 18 au 22 février, mêle tradition et innovation. Avec un contre-la-montre individuel en milieu de course et l’ultime verdict sur les pentes du mythique Alto do Malhão, l’épreuve portugaise (2.Pro) se présente comme un terrain d’essai parfait pour les prétendants aux grands tours. Décryptage d’un parcours taillé pour les complets.

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Un parcours sur mesure pour les leaders du WorldTour

C’est un classique de la reprise qui garde son âme tout en se réinventant. Le Tour d’Algarve 2026 dévoile un menu en cinq services, aussi équilibré qu’exigeant. L’objectif de l’organisation est clair : attirer les plus grands noms du peloton avec un tracé qui distingue les purs sprinteurs, les rouleurs et les grimpeurs. Une formule gagnante qui a fait de cette course un laboratoire des premières formes de la saison.

Étape 1 : Vila Real de Santo António > Tavira – Le retour des trains

La nouveauté est au départ. Vila Real de Santo António, à la frontière espagnole, accueillera le grand départ. Ce trajet plat le long de la côte sud, ponctué seulement par les vents pouvant souffler de l’Atlantique, est une carte de visite idéale pour les puncheurs. Une arrivée groupée à Tavira semble inévitable, offrant aux équipes spécialisées un premier objectif et un premier maillot de leader.

Étape 2 : Portimão > Fóia (Serra de Monchique) – Première sélection

D’emblée, le relief s’invite. Le trajet vers le toit de l’Algarve, le sommet de Fóia (902m), n’est pas la plus rude ascension du calendrier, mais son profil long et régulier possède un fort pouvoir discriminant. La montée finale de près de 15 km à une pente moyenne de 5% séparera déjà le grain de l’ivraie. Les prétendants au général devront y montrer leurs intentions sans pour tout y jouer.

Étape 3 : CLM de Vilamoura – Le tournant chrono

C’est la grande nouveauté de l’édition 2026. Le contre-la-montre individuel, absent depuis plusieurs années sous cette forme, fait son retour au cœur de la course. Le circuit autour de Vilamoura et Quarteira, probablement technique et roulant, va redistribuer les cartes. Dans un exercice où les secondes coûtent cher, les spécialistes comme les leaders complets peuvent y creuser des écarts décisifs avant le week-end. Une véritable manche à part.

Étape 4 : Albufeira > Lagos – Dernière chance pour les rapides

Sur le papier, c’est l’étape de respiration avant la bataille finale. Le parcours entre Albufeira et Lagos, bien que vallonné, devrait favoriser une arrivée groupée ou une échappée réglée au sprint. Pour les puncheurs frustrés lors de la première journée, c’est une ultime opportunité de briller. Pour les leaders, c’est une journée de vigilance extrême face aux bordures et aux ambitions renaissantes.

Étape 5 : Faro > Alto do Malhão – L’apothéose traditionnelle

Rien ne change là où tout se joue. La course se conclut, comme il se doit, par l’ascension emblématique de l’Alto do Malhão. Cette montée courte (2.5km) mais extrêmement raide (pentes à plus de 14%) est un véritable explosif. C’est ici que les écarts minimes du contre-la-montre seront confirmés ou pulvérisés. Un final spectaculaire qui garantit un suspense intact jusqu’aux derniers hectomètres. En 2025, c’était le théâtre d’un CLM final ; en 2026, il reprend son rôle d’arbitre suprême.

UAE Team Emirates-XRG, premier favori désigné

La présence de la meilleure équipe mondiale de 2025, UAE Team Emirates-XRG, jette une lumière crue sur la liste des favoris. L’équipe, qui alignera quatre Portugais (Almeida, Morgado, I. et R. Oliveira), vient avec une ambition : gagner. João Almeida, 2e en 2025 à 15 secondes de Vingegaard, connaît la musique. Excellent chronoman et solide grimpeur, le parcours 2026 semble taillé sur mesure pour ses qualités. Il incarne le profil-type du vainqueur.

Perspectives et analyses : Qui peut rivaliser ?

Ce parcours exige un coureur complet. La combinaison CLM + finisseur sur pente raide dessine un cercle très restreint de prétendants.

Les leaders complets : Un profil « Almeida » ou « Pogačar » (vainqueur ici en 2019) est idéal.

Les grimpeurs-chronoman : Ils doivent limiter la casse sur le Malhão et exceller à Vilamoura.

Les outsiders : Un rouleur costaud qui résiste sur les pentes peut créer la surprise s’il prend du temps au CLM.

L’attrait de cette édition réside dans son équilibre parfait. Elle offre un spectacle varié et constitue un test de vérité précoce dans la saison. La confirmation d’autres équipes WorldTour dans les prochaines semaines ne fera qu’ajouter du piment à une course déjà très attendue. Rendez-vous du 18 au 22 février 2026 sur les routes ensoleillées de l’Algarve pour un premier grand récit de la saison.

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Dylan Van Baarle chez les Loups : la quête du dernier défi

Son nom est gravé au panthéon de Paris-Roubaix. Pourtant, à 33 ans, Dylan van Baarle tourne une page cruciale. Après un passage en demi-teinte chez Visma, le Néerlandais rejoint Soudal Quick-Step avec une soif intacte et un objectif cristallin : reconquérir les pavés du Nord. Rencontre avec un champion en quête de renaissance.

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Le vélodrome de Roubaix, avril 2022. Sous une fine pellicule de poussière, Dylan van Baarle savoure l’une des plus belles victoires de sa génération. Un raid solitaire de 20 kilomètres. Une entrée dans la légende. Trois ans plus tard, le souvenir est vif, mais le contexte a radicalement changé. Le Néerlandais endosse désormais le maillot bleu ciel du Wolfpack. Un transfert qui ressemble à un pari. Pour l’homme, et pour l’équipe.

Un palmarès forgé dans l’enfer du Nord

Polyvalent, endurant, stratège. Dylan van Baarle est l’archétype du coureur complet des classiques. Son CV parle pour lui : vainqueur de Paris-Roubaix (2022) et de Dwars door Vlaanderen (2021), deuxième du Tour des Flandres (2022) et des Mondiaux de Louvain (2021). Une régularité d’exception sur le dur circuit flandrien.

Pourtant, derrière ce palmarès solide se cache une séquence noire. L’homme a été meurtri par la malchance. Fracture de la clavicule sur le Critérium du Dauphiné 2024, fracture de la hanche sur la Vuelta la même année, puis nouvelle clavicule cassée dès le Tour Down Under 2025. Une litanie de blessures qui a entravé son momentum et précipité son départ de la Visma | Lease a Bike.

Soudal Quick-Step : le cadre idéal pour une renaissance

Son engagement jusqu’en 2027 avec Soudal Quick-Step n’est pas anodin. Il s’agit d’un choix stratégique, presque culturel. « Les deux stages d’entraînement se sont très bien passés » confie-t-il, le ton empreint d’un nouveau dynamisme. « Faire connaissance avec le staff et les coureurs, intégrer ce groupe… Ça donne une impression immédiatement positive. »

Pour van Baarle, l’équipe belge incarne l’héritage et l’expertise des classiques. Un environnement conçu pour les amateurs de pavés, où sa polyvalence pourra pleinement s’exprimer, tant en tant que leader occasionnel qu’en équipier de luxe.

2026 : Le Tour des Flandres et Roubaix en ligne de mire

Ses objectifs sont tracés avec la précision d’un horaire de train. « Le Tour des Flandres et Paris-Roubaix seront mes principaux objectifs » annonce-t-il sans détour. Ces deux Monuments ne sont pas de simples courses. Ce sont des obsessions, le graal pour un rouleur-puncheur de son acabit.

« J’espère retrouver mon meilleur niveau pour ces deux-là. Ils occupent une place spéciale dans mon cœur. Mon rôle ? Être dans le coup pour un bon résultat, ou contribuer au succès de l’équipe. Les deux scénarios me motivent. »

Cette déclaration résume l’état d’esprit du nouveau lieutenant du Wolfpack : ambitieux mais collectif. Avec une armada de puncheurs autour de lui, la stratégie pourra être multiple, et van Baarle en sera un pivot essentiel.

Au-delà des pavés : la polyvalence au service du collectif

Ne le cantonnez pas à un simple spécialiste des secteurs pavés. Van Baarle tient à le rappeler : « J’ai aussi hâte d’être présent pour l’équipe dans les courses par étapes et les Grands Tours. Nous avons plusieurs leaders pour ce type d’épreuves. » Sa robustesse et son expérience en montagne feront de lui un atout précieux sur des courses comme le Tour de France, où il pourra encadrer les prétendants au général.

Son début de saison est pensé pour une montée en puissance progressive :

Tour d’Algarve (18-22 février) : Premiers contacts avec la compétition sous ses nouvelles couleurs.

Weekend d’ouverture en Belgique (Omloop Het Nieuwsblad & Kuurne-Bruxelles-Kuurne) : Plongée dans le bain belge, un moment chargé d’émotion.

Tour des Flandres (5 avril) & Paris-Roubaix (12 avril) : L’apogée de son printemps.

Le pari d’une deuxième carrière

À 33 ans, Dylan van Baarle ne se voit pas en vétéran en sursis. Son contrat long (jusqu’à fin 2027) est un acte de foi. L’équipe croit en sa capacité à retrouver le niveau qui l’a fait triompher à Roubaix. Lui y croit aussi.

Il incarne cette génération de coureurs dont la longévité et l’intelligence de course peuvent compenser la pure explosivité de la jeune garde. Chez Soudal Quick-Step, il retrouve une maison où la culture des classiques est une religion. C’est peut-être là, dans ce mélange d’expérience, de soif de revanche et d’environnement parfait, que se prépare le plus beau des come-back.

La machine est relancée. L’objectif est fixé. Reste à présent à écrire, sur les routes grises de Flandre et les pavés tremblants du Nord, le prochain chapitre de l’histoire de Dylan van Baarle. Un chapitre qui sent la poussière, l’effort et peut-être, qui sait, à nouveau la gloire.

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Célia Géry, l’étoile filante : comment une timide de 20 ans a pulvérisé les pronostics à Troyes

Un coup de tonnerre dans le ciel hivernal du cyclo-cross français. Dimanche 11 janvier 2026 à Troyes, Célia Géry, 20 ans à peine, a arraché le maillot tricolore Elite. Face à la tenante du titre Amandine Fouquenet, la jeune Ardéchoise a livré une démonstration de maîtrise technique et de froid tactique. Retour sur un sacre qui annonce l’avènement d’une nouvelle figure majeure du cyclisme tricolore.

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Un scénario parfait sur la terre de Champagne

L’attente était palpable ce dimanche après-midi sur le circuit exigeant de Troyes. Un parcours taillé pour les spécialistes, avec ses virages serrés, ses relances incessantes et sa technicité redoutable. Tous les regards étaient tournés vers Amandine Fouquenet, leader du cyclo-cross français et favorite légitime. Personne, ou presque, n’avait anticipé l’irrésistible éclat de Célia Géry.

Sous le maillot de l’AS Bike Racing – France Literie, la jeune femme de 20 ans a mené une course d’une intelligence rare. Rester protégée dans le sillage de la favorite, analyser, guetter la faille. Elle a placé son attaque foudroyante dès le début du troisième tour, profitant d’un instant de flottement chez Fouquenet. En quelques pédalées, l’écart était créé. Quinze secondes d’avance qu’elle n’allait plus jamais lâcher, gérant son effort avec une maturité stupéfiante, jusqu’à franchir la ligne d’arrivée en solitaire après 51 minutes et 24 secondes d’effort.

La révélation d’un talent complet : du Rwanda à l’Aube

Ce titre n’est pas un accident. Il s’inscrit dans une trajectoire ascendante vertigineuse. Pour bien saisir l’ampleur du phénomène Géry, il faut regarder au-delà de la boue de Troyes.

Un palmarès précoce et transdisciplinaire :

2024 : Championne du Monde Juniors de cyclo-cross.

Septembre 2025 : Sacrée Championne du Monde Espoirs sur route à Kigali (Rwanda), une victoire acquise à la force du poignet sur un parcours vallonné.

2025 : Trois victoires d’étapes au Tour de l’Avenir, confirmant son statut de puncheuse d’élite.

Janvier 2026 : Double sacre nationale à Troyes (Élite et Espoirs de cyclo-cross).

Ce profil hybride, excellemment sur route et en cyclo-cross, est la marque des grands champions. Sa puissance, développée sur le bitume, se couple à une agilité et une lecture de course exceptionnelles héritées du cross.

La psychologie d’une gagneuse malgré elle

Le plus frappant, dans le succès de Célia Géry, c’est le décalage entre son humilité touchante et la froide détermination dont elle fait preuve une fois en selle. Son célèbre lapsus sur le podium – « championne du monde Élites » au lieu de « championne de France » – en dit long. Ce n’est pas de l’arrogance, mais la traduction involontaire d’une ambition qu’elle ose à peine formuler.

« Je doutais beaucoup avant la course. Je sais qu’Amandine est plus forte que moi physiquement » a-t-elle confié au micro de France 3, dans une démonstration de lucidité et de modestie rare. Cette pression qu’elle met de côté devient sa force. Elle court sans le poids des attentes, mais avec toute la faim de sa jeunesse.

FDJ-Suez et AS Bike Racing : l’écosystème idéal

La structuration de sa carrière est un modèle du genre. En période estivale, elle évolue au plus haut niveau avec l’équipe WorldTour FDJ-Suez, qui lui offre un cadre professionnel pour se développer sur route. L’hiver, elle retrouve le nid technique de l’AS Bike Racing – France Literie, un vivier reconnu pour forger les meilleurs coureurs de cyclo-cross hexagonaux.

Cette dualité lui permet de tirer le meilleur des deux mondes : l’expertise, les moyens et l’exposition de la WorldTour, et la spécialisation pointue, presque artisanale, d’une structure dédiée au cross. Un équilibre parfait pour une athlète en pleine construction.

Et maintenant ? Les mondiaux de Hulst en ligne de mire

Avec le maillot tricolore sur les épaules, Célia Géry aborde la fin de sa saison hivernale sous un nouveau jour. La prochaine étape est de taille : les Championnats du Monde Espoirs de cyclo-cross à Hulst (Pays-Bas) dans trois semaines. Quatrième à Liévin en 2025, elle part cette fois en chasseuse de titres, armée de la confiance gagnée à Troyes.

Sa victoire envoie également un signal fort à la direction de FDJ-Suez. Après un premier Giro parcouru en 2025, elle a maintenant les épaules pour viser les classiques ardues, où ses qualités de puncheuse-technicienne pourraient faire des merveilles.

L’aube d’une nouvelle ère

Le sacre de Célia Géry à Troyes est bien plus qu’un changement de garde. C’est la concrétisation d’une nouvelle génération polyvalente, techniquement irréprochable et mentalement affûtée. À 20 ans, elle incarne l’avenir rayonnant du cyclisme français féminin. Son nom, encore discret dans le grand public, est désormais gravé au rang des favorites pour toute épreuve où l’effort, l’intelligence et la maîtrise technique feront la différence. L’étoile filante de Talencieux a trouvé son orbite. Et elle n’a pas fini de nous éblouir.

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Un souffle de maître : comment Thibau Nys a résisté à l’étau pour garder la couronne belge

Sous un ciel hivernal de Beringen, Thibau Nys a livré une performance de champion. Promis à une démonstration, le tenant du titre a finalement dû puiser dans ses dernières ressources pour contenir l’offensive fulgurante d’Emiel Verstrynge. Récit d’une victoire sur le fil qui scelle son statut et envoie un message avant les Mondiaux.

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Le sifflet de départ à peine retenti, une évidence s’est imposée sur le parcours enneigé et boueux de Beringen. En l’absence du quintuple champion Wout van Aert, forfait après une fracture à la cheville, Thibau Nys endossait sans complexe le costume de grand favori. Mais le cyclo-cross, miroir impitoyable de la condition physique et mentale, réserve toujours son lot de suspense. Dimanche, le fils de Sven n’a pas simplement défendu son titre. Il l’a arraché, au terme d’un final haletant qui a galvanisé le public du Limbourg.

Un démarrage canon et une échappée solitaire

Dès les premiers hectomètres, Thibau Nys a placé sa course sous le signe de l’offensive. Refusant tout scénario de prudence, le leader de la Baloise Trek Lions a imposé un rythme étouffant dans les secteurs techniques. Seul Michael Vanthourenhout (Pauwels Sauzen-Bingoal), spécialiste des jours sans grâce, a pu tenir la cadence dans le sillage du champion. Cette résistance fut pourtant de courte durée.

Dès le deuxième tour, dans une montée gluante, Nys a actionné son explosivité caractéristique. Une accélération sèche, décisive. Vanthourenhout a lâché prise. Le cavalier seul pouvait commencer. À coups de relances appuyées dans les portions pavées et d’une technique irréprochable dans la boue, le coureur de 23 ans a commencé à tisser sa toile. L’écart gonflait, tour après tour, semblant sceller le sort de la course. La démonstration était en marche.

Verstrynge, l’ombre qui grandit

Dans son dos, cependant, une menace s’organisait. Moins flashy en début de course, Emiel Verstrynge (Alpecin-Deceuninck) menait une poursuite méthodique. Le jeune Flamand, à l’aise dans les conditions extrêmes, a trouvé son rythme et a commencé à grignoter des secondes, transformant la démonstration en duel à distance. La course a basculé au cinquième passage.

Une légère erreur de pilotage de Nys, une glissade dans un virage détrempé, a suffi. L’écart, confortable, a fondu comme neige au soleil. Verstrynge, en chasseur avisé, a senti la faille et mis le turbo. En l’espace d’une boucle, la course s’est recompactée. Le spectre du sprint, terrain d’affrontement incertain, se profilait.

Un final à couper le souffle et une leçon de mental

Le dernier tour fut un concentré de tout ce qui fait la grandeur du cyclo-cross : l’effort pur, l’instinct et la pression psychologique. Verstrynge, porté par l’élan du retour, a collé à la roue de Nys. Dans le raidillon à pied, le champion a montré des signes de faiblesse. Les écarts se mesuraient en mètres, plus en secondes. Le public retenait son souffle.

Mais c’est dans ces moments d’étau que se révèlent les grands champions. Plutôt que de subir, Thibau Nys a repris l’initiative. À la relance sur la dernière portion roulante, il a injecté une ultime dose de puissance. Une accélération que Verstrynge, au bout de son effort héroïque, n’a pu suivre. Nys a franchi la ligne d’arrivée seul, le visage marqué par l’effort et la libération. Emiel Verstrynge, magnifique second, termine à 2 secondes. Michael Vanthourenhout complète le podium, loin derrière ce duo d’exception.

Ce que ce titre révèle de Thibau Nys

Cette victoire est bien plus qu’un deuxième maillot tricolore consécutif. Elle est le signe d’une maturité accrue.

Leadership assumé : Nys n’a pas attendu. Il a façonné la course à son image, prouvant qu’il assume parfaitement son statut de patron.

Résilience mentale : Lâcher du reliquat puis se faire reprendre aurait pu être psychologiquement fatal. Il a su garder son sang-froid, gérer la crise et trouver la ressource finale.

Un duel générationnel qui s’installe : À 23 ans, Thibau Nys et Emiel Verstrynge (24 ans) ont offert le premier acte d’une rivalité promise à durer. En l’absence des « Big Three » (van der Poel, van Aert, Pidcock) sur ce championnat, ils ont montré que l’avenir du cyclo-cross belge était déjà là, et qu’il serait intense.

Les répercussions et le cap des Mondiaux

Avec ce sixième succès de la saison 2025-2026, Thibau Nys aborde la dernière ligne droite avant les Championnats du Monde de Hulst (31 janvier – 1er février) dans un rôle de prétendant majeur. Ce titre national, acquis dans la douleur, est un formidable banc d’essai. Il confirme sa forme de pointe et sa capacité à gérer la pression d’un grand rendez-vous.

Côté féminin, Marion Norbert Riberolle (Fenix-Deceuninck) a, elle aussi, reconduit son titre avec autorité, dominant la jeune Fleur Moors et Kiona Crabbé. Une confirmation de son emprise sur le cyclo-cross belge.

À Beringen, Thibau Nys n’a pas seulement conservé un maillot. Il a gagné en stature. Vainqueur d’une course qu’il a failli perdre, il a démontré l’étendue de son répertoire : la puissance de l’attaquant et le courage du grimpeur acculé. Face à un Emiel Verstrynge sublime en poursuivant, il a prouvé qu’il avait aussi la tête d’un champion. Un message fort, à un mois de la quête du maillot arc-en-ciel à Hulst. La bataille belge, prélude à la guerre mondiale, a tenu toutes ses promesses.

Classement complet championnat de Belgique cyclo cross 2026

  1. NYS THIBAU, Baloise Verzekeringen – Het Poetsbureau Lions 1:00:56
  2. VERSTRYNGE EMIEL, Crelan – Corendon m.t.
  3. VANTHOURHOUT MICHAEL, Pauwels Sauzen – Altez Industriebouw Cycling Team +0:52
  4. VANDEPUTTE NIELS, Alpecin-Premier Tech Development Team +1:11
  5. WYSEURE JORAN, Crelan – Corendon +1:25
  6. LOOCKX LANDER, Unibet Rose Rockets +1:30
  7. KUYPERS GERBEN, Pauwels Sauzen – Altez Industriebouw Cycling Team +2:25
  8. VERMEERSCH GIANNI, Red Bull – BORA – hansgrohe +2:39
  9. AERTS TOON, Charles Liégeois – Deschacht +2:58
  10. VAN DE PUTTE VICTOR, Charles Liégeois – Deschacht +3:08
  11. VANDEBOSCH TOON, Crelan – Corendon +3:13
  12. FERDINANDE ANTON, Shifting Gears Strategica +3:21
  13. DOCKX AARON, Alpecin-Premier Tech +3:40
  14. SOETE DAAN, Ridley Racing Team +3:44
  15. BAERS ARNE, Baloise Verzekeringen – Het Poetsbureau Lions +3:53
  16. MEEUSSEN WITSE, Crelan – Corendon +4:01
  17. HORNY CLÉMENT, +4:15
  18. JANSSEN WOUT, +4:43
  19. SOONTJENS ARTHUR, +6:26
  20. DE VET SANDER, Trust-Up – CC Chevigny +6:47
  21. MEEUSEN TOM, +7:06
  22. CEUSTERS RUNE, +7:37
  23. JANSE STEF, +8:25
  24. SMITS RUNE, m.t.
  25. D’HOLLANDER SENNE, m.t.
  26. SALOMEZ YDRIS, m.t.
  27. CLARYSSE ELIO, m.t.
  28. LEMBRECHTS RUBEN, m.t.
  29. VERHEYEN THOMAS, m.t.
  30. FIEVEZ PHILIPPE, m.t.

Larmes à Troyes : comment Joris Delbove a écrit sa légende sur sa terre

Sous un ciel gris de janvier, un rêve s’est réalisé. Ce dimanche 11 janvier 2026, Joris Delbove, coureur de la Team TotalEnergies, a offert à son public troyen un moment d’anthologie. En s’imposant en solitaire sur le Championnat de France de cyclo-cross, le local de 25 ans a décroché son premier maillot tricolore. Un triomphe construit dès le deuxième tour, parfaitement maîtrisé face à Groslambert et Gabriel. Plongée dans la performance d’un homme qui a transformé la pression de l’événement local en force pure.

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Un championnat ouvert, une détermination secrète

L’édition 2026 des Championnats de France Élites Hommes à Troyes s’annonçait sous le signe du renouveau. En l’absence du septuple champion Clément Venturini, retiré des terrains de cross cet hiver, et de Joshua Dubau, reconverti vers le VTT, la couronne tricolore était à prendre. Une aubaine pour une génération de prétendants affamés : le jeune prodige Léo Bisiaux, le régulier Martin Groslambert, ou le puissant David Menut. Parmi eux, Joris Delbove, 25 ans, n’était pas le plus cité. Pourtant, dans la tête du coureur TotalEnergies, une certitude : ce jour était le sien.

Le récit d’une course : du trio au solo magistral

Dès la mise en action, le scénario local prend forme. Parti de la quatrième ligne, Delbove, explosif, rejoint en un tour l’échappée initiale menée par Tristan Verrier. Ils sont bientôt rejoints par Léo Bisiaux, le champion du monde juniors 2023, formant un trio d’attaque prometteur.

La bascule intervient au deuxième tour. Dans un dévers technique, Bisiaux, peut-être trop pressé, perd l’équilibre et chute. C’est l’instant décisif. Delbove, imperturbable, accélère immédiatement. En quelques centaines de mètres, il creuse un écart de dix secondes. L’offensive est lancée, et ne s’arrêtera plus.

Derrière, la chasse s’organise difficilement. Le groupe, composé de Bisiaux remonté, Groslambert et Timothé Gabriel, est systématiquement perturbé par un coéquipier de luxe : Fabien Doubey. Le coureur TotalEnergies, par des relances tactiques et un placement intelligent, casse le rythme des poursuivants, permettant à Delbove de filer vers son destin.

À mi-course, l’avantage du Troyen frôle les trente secondes. Le spectacle est alors celui d’un soliste au sommet de son art : un pédalage fluide, une prise de risque mesurée dans les portions techniques, et une gestion parfaite de l’effort. Aucune faute, aucune faiblesse. Il contrôle, seul en tête, le souffle de plusieurs milliers de spectateurs.

L’arrivée d’une émotion nationale

Sous les yeux de près de 5 000 personnes, Joris Delbove franchit la ligne d’arrivée. L’explosion. Le vélo brandi comme un trophée, les larmes coulent, libératrices. « Entre vouloir le faire et le faire, ce n’est pas la même chose » lâche-t-il au micro de France 3. Derrière lui, Martin Groslambert (SebMotobikes CX Team) remporte la médaille d’argent, devant Timothé Gabriel (Team CX TPM). Léo Bisiaux, fourth, termine à 45 secondes, déçu mais prometteur.

Ce podium est historique : trois hommes décrochent leur première médaille en catégorie Élite, symbolisant le passage de flambeau dans le cyclo-cross français.

Les clés d’un succès parfait

Plusieurs facteurs expliquent cette performance transcendante de Delbove :

L’avantage du terrain : Rouler « à la maison » n’est pas qu’un slogan. Connaître chaque revêtement, chaque rayon de braquage, chaque point de relance sur un parcours sinueux de Troyes a été un atout décisif, surtout sous la pression.

La forme du moment : Vainqueur du classement général du Tour de Langkawi à l’automne 2025, Delbove arrivait avec une condition physique et une confiance optimales, transposant sa puissance routière sur le cross.

L’intelligence tactique : L’exploitation immédiate de la chute de Bisiaux a été instinctive et professionnelle. Couplée au travail d’équipe exemplaire de Fabien Doubey, elle a scellé le sort de la course.

La gestion mentale : Supporter le poids de l’attente locale et mener une course en solitaire de bout en bout demande une force psychologique rare. Delbove l’a démontrée.

Et après ? Les perspectives d’un champion

Ce maillot tricolore change la donne pour la carrière de Joris Delbove. Il abordera désormais les épreuves de Coupe du monde et les grands cross internationaux avec le prestige et la visibilité du champion de France. Ce titre valide aussi son statut de coureur complet, capable de briller sur route et sur les terrains accidentés.

Sa victoire, associée à celle de Célia Géry chez les femmes plus tôt dans la journée, dessine un visage rajeuni et enthousiasmant du cyclo-cross français. Une discipline en pleine ébullition, où de nouveaux noms s’imposent avec panache.

La boucle est bouclée à Troyes. D’espoir local, Joris Delbove est devenu, par la seule force de ses jambes et de sa volonté, champion de France. Une histoire simple, belle, et profondément cycliste. Son nom est désormais inscrit au palmarès, et son solo du 11 janvier 2026 restera dans les mémoires comme l’acte de naissance d’un champion.

Classement complet championnat de France cyclo-cross 2026 Hommes

  1. DELBOVE JORIS, TotalEnergies en 1:02:08
  2. GROSLAMBERT MARTIN, Sebmotobikes CX Team +0:19
  3. GABRIEL TIMOTHÉ, +0:30
  4. BISIAUX LÉO, Decathlon CMA CGM Team +0:47
  5. MENUT DAVID, AS Bike Racing / France Literie +1:17
  6. VERRIER TRISTAN, Team Guevel Roadborn +1:29
  7. DOUBEY FABIEN, TotalEnergies +1:32
  8. JOT MATÉO, +1:43
  9. NAVARRO QUENTIN, Atria Clermont Cyclisme +1:46
  10. LELANDAIS RÉMI, Bourg-en-Bresse Ain Cyclisme +2:01
  11. ANANIE UGO, Arques CX Team Diffusport +2:03
  12. GILLES CYPRIEN, Team Guevel Roadborn +2:21
  13. BOMMENEL NATHAN, ACT Cycling +2:28
  14. THOMAS THÉO, Sebmotobikes CX Team +2:40
  15. BÉTON DAMIEN, UC Pélussin +3:01
  16. DUBAU LUCAS, +3:04
  17. REMONDET VALENTIN, +3:42
  18. MORICHON MATHIEU, +3:46
  19. JOT HUGO, +4:26
  20. UZON AURÉLIEN, +4:28
  21. SAVIGNARD MAËL, +4:31
  22. JUTEL PAUL FRANÇOIS, +4:33
  23. SIMONIN ANTOINE, +4:47
  24. TRIGO FLORIAN, +4:56
  25. MULON HUGO, +5:00
  26. MARASCO LORENZO, Sebmotobikes CX Team +5:11
  27. LAVIGNAC MATTHIEU, +5:17
  28. LAUGER YVONNICK, +5:22
  29. RECULEAU NICOLAS, Team Guevel Roadborn +5:32
  30. GIRARDIN MAXIME, +5:58
  31. SPARFEL LOUIS, ACT Cycling +6:27
  32. VASNIER DYLAN, +6:31
  33. THOMAS VICTOR, +7:00
  34. BILLET ADRIEN, +7:13
  35. HYON FRANÇOIS, +7:17
  36. GAILLARD FLORIAN, Issoire Cyclisme +7:17
  37. GUERET THÉO, +7:42
  38. BOURG QUENTIN, VC Dolois +7:57
  39. RENARD LUDOVIC, +1 lap
  40. DREANO VICTOR, VC Pays de Lorient +1 lap
  41. TABURET MATHIEU, +1 lap
  42. BABIN GRÉGOIRE, +1 lap
  43. LEPOITTEVIN DUBOST JORIS, Team Bricquebec Cotentin +1 lap
  44. FARNIER JULIEN, +1 tour
  45. OLLIVIER GURVAN, +1 tour
  46. ROSSION TOM, +1 tour
  47. JUNG THÉO, +1 tour
  48. CHAINEL STEVE, +1 tour
  49. OTTIGER AXEL, +2 tours
  50. PLAUCHE ROMARIC, +2 tours
  51. LEROUX PASCAL, +2 tours
  52. BONNAND CYRILLE, +2 tours
  53. COSNIER VALENTIN, +2 tours
  54. SERIEYS BERTRAND, +3 tours
  55. BATTEUX YOANN, +3 tours
  56. BARRIER NICOLAS, +3 tours
  57. CRISPIN MICKAEL, Bruvo Dukla Bratislava +3 tours
  58. BONNIN FLORIAN, +4 tours

Perth voit naître une reine : Mackenzie Coupland, l’ovni qui a terrassé les favorites

Stupeur à Perth. Alors que tout le monde attendait un règlement de comptes entre les leaders, une novice de 20 ans a tout balayé. Mackenzie Coupland, fraîchement promue chez Liv AlUla Jayco, a remporté en solitaire les Championnats d’Australie sur route 2026. Un coup de tonnerre qui annonce l’arrivée d’une nouvelle génération. Voici le récit d’une ascension fulgurante.

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Le paysage du cyclisme australien vient de connaître un séisme. Dimanche 11 janvier 2026, sur le circuit exigeant de Perth, Mackenzie Coupland n’a pas simplement gagné une course d’un championnat. Elle a pulvérisé les pronostics, les hiérarchies établies et a signé l’arrivée officielle d’un nouveau talent majeur sur la scène mondiale. À 20 ans, pour sa première course en tant que coureuse WorldTour, elle s’est adjugé le maillot vert et or de championne d’Australie, réalisant un doublé historique avec le titre espoirs (U23).

Une tactique parfaite et une attaque magistrale

La course féminine, combinant élites et espoirs sur 109 kilomètres dans les rues de Perth, était promise à un duel entre les cadors de la discipline. Liv AlUla Jayco, avec des armes comme Ruby Roseman-Gannon ou Josie Talbot, avait en effet la pression pour contrôler les événements.

Le circuit urbain, avec sa montée répétitive dont le sommet n’était qu’à 400 mètres de l’arrivée, se prêtait aux attaques. L’équipe a mis un rythme infernal, éliminant peu à peu les moins en forme. Plusieurs offensives ont fusé, mais c’est finalement la plus inattendue qui a été la bonne.

À dix kilomètres du but, alors que le peloton semblait se résigner à un sprint, Mackenzie Coupland a placé une accélération sèche et décisive. Aucune rivale n’a pu, ou n’a cru bon, de répondre immédiatement. En quelques centaines de mètres, l’écart était fait. Derrière, la méfiance et la fatigue ont paralysé les poursuivantes.

Une percée solitaire vers la gloire

Seule en tête, la jeune Perthoise, qui évoluait donc à domicile, a alors livré une démonstration de force mentale. Parfaitement alignée dans la douloureuse ascension finale, elle n’a pas fléchi. Tour après tour, elle a creusé l’écart, offrant le spectacle rare d’une future championne en train de naître sous les yeux du public.

Son avance a atteint 32 secondes à l’arrivée, laissant ses coéquipières et rivales régler le sort des autres médailles. Ruby Roseman-Gannon a pris la deuxième place, devançant au sprint Neve Bradbury (Canyon-SRAM zondacrypto), troisième. Un podium qui confirme la domination écrasante de Liv AlUla Jayco sur ces championnats, mais éclipsé par l’exploit individuel de Coupland.

Le parcours express d’une phénomène

Cet exploit n’est pas totalement tombé du ciel. Il couronne une ascension rapide mais déjà jalonnée de signes avant-coureurs.

Parcours junior et continental : Mackenzie Coupland a fait ses armes au plus haut niveau national avant d’intégrer l’équipe continentale de Liv AlUla Jayco pendant deux saisons.

Promotion méritée : Sa régularité et ses progrès constants lui ont valu une promotion dans l’équipe première WorldTour, officialisée seulement quelques jours avant ces championnats.

Un premier coup de projecteur était déjà survenu lors du contre-la-montre national, où elle avait décroché une surprenante médaille de bronze, démontrant une puissance prometteuse.

Son titre 2026 est donc la concrétisation logique, mais terriblement précoce, d’un immense potentiel. Elle rejoint ainsi le cercle très fermé des coureuses à avoir remporté le titre national dès leur première année professionnelle, un signal fort adressé au peloton mondial.

Les premeirs lauréats d’un weekend intense à Perth

Ces championnats nationaux Westbridge Funds ont également sacré d’autres visages de l’avenir du cyclisme australien :

Hommes U23 : Jackson Medway (Tudor Pro Cycling) a confirmé son statut de grand espoir en remportant la course espoirs.

Juniors : Chez les moins de 19 ans, Benjamin Coates (Manly Warringah) et Neve Parslow (ARA Skip Capital) se sont imposés sur route. Notons que Parslow réalise un doublé remarquable, ajoutant ce titre à celui du contre-la-montre.

Un nouveau chapitre s’ouvre

La victoire de Mackenzie Coupland est bien plus qu’un résultat. C’est un symbole. Elle incarne le renouvellement générationnel en marche dans le cyclisme australien et féminin. Son courage, sa fraîcheur tactique et sa force physique en font immédiatement une athlète à suivre sur les courses du WorldTour 2026.

Pour Liv AlUla Jayco, cette performance est une validation éclatante de sa politique de formation. Pour le public, c’est la naissance d’une nouvelle héroïne, qui a su saisir sa chance avec l’audace de la jeunesse. Le maillot de championne d’Australie va désormais voyager à travers l’Europe. Et le monde du cycliste est prévenu : Mackenzie Coupland n’a pas l’intention de s’arrêter là.

Tom Dumoulin à la barre : comment le « Giro-limbourgeois » va réinventer l’Amstel Gold Race

Le cœur du cyclisme néerlandais bat à un nouveau rythme. En 2027, Tom Dumoulin, figure aimée et complexe du peloton, endossera un rôle inédit : directeur de l’Amstel Gold Race. Après trente ans sous la houlette de Leo van Vliet, la Classique du Limbourg opère une passation de générations aussi symbolique que risquée. Entre héritage à préserver et modernité à incarner, le défi est de taille pour l’ancien champion du monde du contre-la-montre.

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Une page se tourne sur les collines du Limbourg. Les organisateurs de l’Amstel Gold Race ont officialisé une transition préparée de longue main : à l’issue de l’édition 2026, Leo van Vliet, l’homme qui dirige la course depuis 1996, cédera son bureau à Tom Dumoulin. Une nomination qui fait davantage que désigner un successeur. Elle incarne un renouveau stratégique pour la seule classique WorldTour des Pays-Bas.

Une passation en deux temps : 2026, année d’apprentissage

La transmission ne sera pas brutale. Dès cette année, Tom Dumoulin intègre l’équipe organisatrice en tant que co-directeur aux côtés de van Vliet. Une année d’immersion totale est prévue. Objectif : maîtriser l’immense rouage logistique, sécuritaire et relationnel d’une épreuve de ce calibre.

Ce tutorat est crucial. Dumoulin, 35 ans, n’a aucune expérience en gestion d’événement. Mais il dispose d’un atout majeur : une connaissance intime de la course, vue du vélo. Il apprendra les subtilités du tracé, la négociation avec les communes, la gestion du protocole UCI et la pression médiatique d’un week-end qui inclut désormais une course féminine de premier plan et une cyclosportive massive.

Dumoulin et l’Amstel : une histoire d’amour qui a façonné un champion

La nomination n’est pas un coup de poker marketing. Elle repose sur un lien viscéral entre l’homme et l’épreuve. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux de la course, Dumoulin a rappelé ses racines :

Cette relation dépasse le simple souvenir. En 2022, alors à la retraite, Dumoulin s’était déjà mobilisé publiquement pour sauver la cyclosportive de l’Amstel, menacée de disparition. Un engagement concret qui a prouvé son attachement à l’écosystème global de l’événement, pas seulement à sa facette élite.

Les défis de l’ère Dumoulin : pérennité, innovation et sécurité

Prendre la suite d’une légende comme Leo van Vliet – qui a succédé lui-même au fondateur Herman Krott – est une lourde charge. Plusieurs dossiers brûlants attendent le nouveau directeur.

La sécurisation du parcours : C’est le défi numéro un. Comme beaucoup de courses aux Pays-Bas, l’Amstel pâtit d’une pénurie chronique de personnel policier. La Ronde van Drenthe féminine a déjà été annulée pour cette raison. Dumoulin devra user de son statut et de son réseau pour renforcer le dialogue avec les autorités et garantir la tenue de l’épreuve.

Moderniser sans trahir : Comment attirer un nouveau public, développer l’expérience numérique et peut-être infléchir le tracé, sans aliéner les puristes et l’âme unique de la course ? Son expérience récente de coureur lui donne une légitimité pour imaginer des évolutions pertinentes.

Incarnation et médiatisation : Figure médiatique, connu pour son honnêteté brute et son parcours sur les questions de santé mentale, Dumoulin peut insuffler une nouvelle narration à l’événement, plus humaine et connectée aux enjeux contemporains.

Leo van Vliet : l’héritage d’un bâtisseur

Pour mesurer l’ampleur de la tâche, il faut regarder l’œuvre accomplie. Depuis 1996, van Vliet a transformé l’Amstel. Il l’a ancrée dans le WorldTour, a développé la version féminine et a fait de la cyclosportive un pilier financier et populaire. Il laisse une épreuve solide, mais face à des vents contraires logistiques et économiques. Dumoulin n’hérite pas d’un navire en perdition, mais doit le guider dans des eaux plus turbulentes.

Un pari sur l’avenir

La désignation de Tom Dumoulin est un signal fort. L’organisation parie sur l’intelligence, la sensibilité et la crédibilité sportive d’un champion moderne pour écrire le chapitre suivant. Ce n’est pas un aboutissement, mais un nouveau départ. Entre le souvenir de son Giro 2017 et la gestion des barrières de sécurité sur le Cauberg, le Néerlandais entame la transformation la plus surprenante de sa carrière. Son succès se mesurera à sa capacité à faire cohabiter deux héritages : celui, tumultueux, du coureur d’élite, et celui, plus secret, du garant d’une tradition. Le peloton, et tout le Limbourg, auront les yeux rivés sur 2027.

Perth s’embrase : le coup d’envoi explosif du cyclisme 2026 se joue aux Championnats d’Australie

Sous le soleil brûlant de janvier, Perth devient l’épicentre du cyclisme mondial. Du 7 au 11 janvier 2026, les championnats nationaux Australiens sur route dessinent la première hiérarchie de l’année. Entre parcours techniques, duel de générations et précieux maillots vert et or, plongée dans un événement qui va bien au-delà d’un simple titre national.

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Alors que l’Europe grelotte, l’été australien entre dans le vif du sujet avec une intensité toute cycliste. Pour la première fois de son histoire, Perth accueille les Championnats Nationaux Australiens sur Route, du 7 au 11 janvier 2026. Bien plus qu’un rituel de début de saison, cette compétition est une déclaration d’intentions, une première juge des forces avant le WorldTour. Les maillots de champions nationaux, ces fameuses tuniques vert et or, se jouent ici, sur des parcours redoutables pensés pour les audacieux.

Le laboratoire Perth : des parcours pour bousculer les hiérarchies

L’Australie-Occidentale a choisi de sortir des sentiers battus. Exit les circuits roulants, place au relief technique et aux pièges tactiques. L’objectif est clair : couronner les coureurs les plus complets. Le contre-la-montre de Bold Park : une épreuve de rupture.

Le chrono ne se disputera pas sur une ligne droite. Le circuit de 9,8 km autour de Bold Park est un piège en apparence simple. Son faux plat descendant initial favorise les puissants rouleurs, mais tout se joue dans un virage en épingle à 180 degrés. Cette manoeuvre oblige à une gestion millimétrée de l’effort : freinage, changement de braquet, ré-accélération explosive. C’est ici que les spécialistes purs se distingueront des simples puncheurs.

Le critérium de Northbridge : l’explosion pure

Vendredi soir, les projecteurs et l’adrénaline illumineront le cœur animé de Perth. Sur un circuit urbain ultra-rapide de 1,2 km, les critériums promettent un spectacle nocturne intense. Six virages par tour, des lignes droites courtes : un terrain de jeu parfait pour les sprinteurs et les attaquants nés. Un régal pour les spectateurs, un casse-tête pour les équipes.

L’apothéose à Kings Park : un monument australien

Le final se jouera dans l’emblématique Kings Park, un parcours de 13,6 km déjà légendaire. Serpentant à travers la brousse et les jardins botaniques, il offre une vue sublime sur la Swan River… avant de se transformer en bourreau. La double difficulté, courte mais ultra-raide, de William Street et Malcolm Street, à moins de 500 m de l’arrivée, est un tremplin pour les puncheurs. Ce parcours usant et sélectif élimine les sprinteurs purs et récompense l’intelligence et la pointe de vitesse en côte.

Les duels qui font vibrer l’Outback

Ces championnats cristallisent toutes les rivalités et les espoirs de la relève.

CLM Hommes : Plapp face au retour de Vine

Luke Plapp (Jayco-AlUla), tenant du titre et nouveau leader de sa formation, fait figure de favori. Mais il devra contenir le retour fracassant de Jay Vine (UAE Team Emirates), champion 2023 et as des relances explosives. Le virage technique de Bold Park pourrait être son terrain de jeu. L’affrontement entre ces deux géants promet d’être électrique. Élites Hommes : 4 tours (39,2 km) / Élites Femmes : 3 tours (29,4 km).

Course en ligne Hommes : la stratégie contre la puissance

Avec un tel parcours, la course est ouverte. Les équipes WorldTour (Jayco-AlUla, UAE Emirates) contrôleront, mais le titre se gagne souvent par l’échappée. Des baroudeurs comme Liam Walsh, ou un tacticien de la classe de Jai Hindley, pourraient profiter des regards tournés vers Plapp et Vine. La surprise est permise. Élites Hommes : 13 tours (177 km).

Côté femmes : Chapman, un roc face à la vague Bradbury

Brodie Chapman (UAE Team ADQ) est la reine du chrono australien. Sa puissance semble inébranlable. Pourtant, la jeune Neve Bradbury (Canyon//SRAM), impressionnante en 2025, arrive avec l’ambition de la détrôner, surtout sur le parcours vallonné de Kings Park. La course en ligne, regroupant Élites et U23, sera un feu d’artifice : Ruby Roseman-Gannon et l’expérimentée Amanda Spratt y chercheront leur chance. Élites Femmes : 8 tours (109 km).

La génération U23 : le vivier de l’avenir

Ces championnats sont une vitrine cruciale pour la relève. Les courses U23 sont traditionnellement incontrôlables et spectaculaires, de véritables tremplins vers le WorldTour. C’est ici que les futures stars se révèlent.

Programme, diffusion et pronostics

Votre agenda pour ne rien manquer :

7-8 janv. : Contre-la-montre à Bold Park (U23 puis Élites).

9 janv. (soir) : Critériums nocturnes à Northbridge.

10-11 janv. : Courses en ligne à Kings Park (U23 hommes samedi, Femmes et Élites hommes dimanche).

Où suivre l’événement ?

La couverture sera internationale. En France, tournez-vous vers les plateformes de streaming spécialisées (GCN+, Eurosport Player). Les sites d’actualités comme Todaycycling et le site officiel AusCycling offriront live-tick et analyses en direct.

Pronostics audacieux :

CLM Hommes : La revanche de Jay Vine.

CLM Femmes : Brodie Chapman résiste à la pression.

Course Hommes : Victoire d’un audacieux en échappée.

Course Femmes : Neve Bradbury confirme son ascension.

Les Championnats d’Australie 2026 sont le premier grand récit de la saison, écrit à la sueur et à l’attaque. Perth, avec ses paysages à couper le souffle et ses circuits impitoyables, offre l’écrin parfait pour ce lancement en majesté. La course à l’or vert et or est ouverte.

Tour d’Oman 2026 : Le désert et la montagne vont désigner un nouveau Prince

Le Tour d’Oman 2026 s’annonce comme un crescendo tactique et physique. De la Muscat Classic à l’ultime verdict du Jabal Al Akhdhar – Green Mountain, découvrez un parcours redessiné pour les puncheurs et les grimpeurs. Avec 11 WorldTeams au départ, la bataille pour le leadership de début de saison s’annonce féroce sur les routes du Sultanat.

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Le calendrier du début de saison trouve l’un de ses terrains d’expression les plus exotiques et exigeants au Sultanat d’Oman. En 2026, l’épreuve franchit un cap. Elle ne se contente plus d’offrir un cadre spectaculaire ; elle impose un schéma tactique implacable, où chaque étape est une pièce d’un puzzle qui ne se résout qu’au sommet de la légendaire Green Mountain.

Cette 15e édition (7-11 février), et son prélude, la Muscat Classic (6 février), tous deux classés ProSeries, voient leur prestige confirmé par un plateau étoffé. Onze formations WorldTour, soit deux de plus qu’en 2025, ont répondu présent, attirées par les points UCI et l’opportunité d’affûter les leaders en conditions réelles.

Un prélude en eaux agitées : La Muscat Classic

Tout commence le 6 février par le Muscat Classic (174 km). Cette course d’un jour, qui relie Al Mouj à Al Bustan, sert de mise en bouche explosive. Le final, ultra-sélectif avec la courte mais diabolique ascension d’Al Jissah (1,4 km à 9%) à seulement 5 km de la ligne, crée un dilemme pur. Faut-il y aller, comme Finn Fisher-Black en 2024, ou attendre et miser sur un finish de puncheur-sprinteur à la Rick Pluimers ? La réponse donnera le ton de la semaine.

Le Parcours 2026 : Une ascension vers l’Olympe vert

Étape 1 – Ministère du Tourisme > Bimmah Sink Hole (171 km)

Dès le départ, les nervosités seront exacerbées par le relief et les éléments. La rude ascension de Bushar (3,3 km à 9,8%) en début de parcours peut provoquer une première sélection. Mais le vrai danger réside dans la dernière partie, longeant une côte exposée aux vents transversaux. Une arrivée pour sprinteurs robustes, mais où les écarts peuvent déjà se creuser en cas de bordure.

Parcours de la 1ère étape du Tour d’Oman. Image : @TourofOman_GeoAtlas

Étape 2 – Fort d’Al Rustaq > Collines de Yitti (191,5 km)

Premier vrai jugement pour les puncheurs et les ambitieux au général. Après une longue transition, le final vallonné et technique des collines de Yitti exige une parfaite gestion de l’effort. Ce n’est pas une longue montée, mais une succession de bosses où la position et l’explosivité seront décisives. Une étape idéale pour un baroudeur ou un leader qui veut prendre les devants.

Parcours de la 2e étape du Tour d’Oman. Image : @TourofOman_GeoAtlas

Étape 3 – Samail > Eastern Mountain (191 km)

Première grande dentelle du parcours. L’arrivée en altitude à la Montagne de l’Est (Jabal al Sharqi, 3,4 km à 8%) présente un profil irrégulier, propice aux accélérations sèches. C’est ici que le classement général risque de se clarifier. Les écarts, même limités à quelques secondes, seront psychologiquement importants avant l’ultime bataille.

Parcours de la 3e étape du Tour d’Oman. Image : @TourofOman_GeoAtlas

Étape 4 – Al Sawadi Beach > Sohar (146 km)

Respiration tactique, mais vigilance absolue. Cette étape la plus courte du parcours, longeant la côte, est a priori dévolue aux sprinteurs survivants. Toutefois, les risques de vent et la fatigue accumulée en font un piège potentiel. Les équipes des leaders devront rester concentrées pour éviter une cassure inopportune.

Parcours de la 4e étape du Tour d’Oman. Image : @TourofOman_GeoAtlas

Étape 5 – Nizwa > Jabal Al Akhdhar / Green Mountain (156 km)

Le juge de paix. L’ascension mythique de 5,7 km à 10,5% d’inclinaison moyenne couronne l’épreuve depuis ses débuts. Une montée brutale, sans répit, qui sépare définitivement les touristes des conquérants. La victoire finale se joue ici, sur ces pentes arides qui ont consacré des noms comme Froome, Yates (à deux reprises) ou Paret-Peintre. Une ascension qui entre dans la légende du cyclisme de début de saison.

Parcours de la 5e étape du Tour d’Oman. Image : @TourofOman_GeoAtlas

Un plateau renforcé : La course aux points et au leadership

La présence massive de 11 WorldTeams, dont la majorité du Top 5 mondial, témoigne de l’enjeu sportif et économique de la course. UAE Team Emirates XRG, tenante du titre avec Adam Yates, sera sous pression. Mais des formations comme Visma | Lease a Bike, Soudal Quick-Step ou Groupama-FDJ United viendront avec des ambitions affichées.

Les ProTeams (Cofidis, TotalEnergies, Tudor…) voient là une chance inespérée de marquer des points précieux et de défier l’élite mondiale sur un terrain exigeant. L’équipe nationale omanaise, quant à elle, portera les espoirs d’un pays qui utilise magnifiquement l’événement comme vitrine de ses paysages et de son développement touristique.

Favoris et Stratégies : Le profil attend un grimpeur-puncheur complet. Un coureur capable de limiter les dégâts à Yitti, de prendre du temps à East Mountain, et d’exploser sur Green Mountain. Les équipes fortes, capables de contrôler les étapes de plaine et de mettre la pression en montagne, partiront avec un avantage tactique considérable.

Au-delà du vainqueur, le Tour d’Oman 2026 s’affirme plus que jamais comme le laboratoire des hiérarchies de début de saison. C’est la première grande épreuve par étapes de l’année où les leaders s’affrontent directement, offrant un aperçu fascinant des dynamiques qui façonneront les mois à venir. Le désert omanais, théâtre de sable et de pierre, est prêt à révéler les premiers grands noms de l’année.

Troyes tremble : Le duel tricolore qui va enflammer la boue champenoise

Ce dimanche 11 janvier, les Championnats de France de cyclo-cross investissent pour la première fois le complexe Henri Terré de Troyes. Dans la boue glacée, le maillot tricolore se joue sur un circuit technique de 3,2 km. Alors qu’Amandine Fouquenet et Hélène Clauzel s’affrontent pour entrer dans la légende chez les femmes, l’absence du champion sortant Clément Venturini ouvre grand la course chez les hommes. Plongée au cœur d’un événement sportif à suivre en direct.

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L’heure de vérité a sonné pour l’élite du cyclo-cross français. Ce dimanche 11 janvier 2026, la discipline reine de l’hiver pose ses filets et ses planches sur le complexe Henri Terré de Troyes, pour la toute première fois. Un terrain neutre, mais un enjeu colossal : le droit de porter le maillot tricolore durant une année.

Sous un ciel hivernal, près de 10 000 spectateurs sont attendus pour assister à deux duels au sommet. Chez les femmes, Amandine Fouquenet et Hélène Clauzel, deux doubles championnes de France, se livrent une guerre ouverte pour égaler le record de Pauline Ferrand-Prévot. Chez les hommes, l’absence inédite de Clément Venturini, sept fois titré, crée un vide et une opportunité historique. Un scénario parfait pour un final explosif.

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Le circuit de Troyes : une épreuve de vérité technique

Habitué depuis 2018 aux manches de Coupe de France, le site Henri Terré passe un cap en accueillant les championnats nationaux. La préparation, œuvre d’une quarantaine de bénivoles bravant le froid, a été titanesque : 1 500 piquets, six kilomètres de filets et 600 barrières installés en cinq jours.

Le résultat est un parcours de 3,2 kilomètres redoutablement efficace. Seulement 200 mètres de répit sur route, le reste est un enchaînement exigeant en prairie. Les coureurs devront négocier des buttes, gravir un escalier vélo à l’épaule, franchir une double planche et une passerelle. Un terrain qui favorisera les plus complets, ceux capables d’enchaîner les relances sans faiblir sous la pression constante du tracé.

Élites Femmes : La guerre des reines pour entrer dans l’histoire

Le duel annoncé est celui de la saison. Amandine Fouquenet, championne en titre, arrive en patronne. Sa transition réussie chez Pauwels Sauzen-Altez Industriebouw et ses performances en Coupe du Monde (avec deux victoires en Superprestige cet hiver) en font la favorite logique. Une victoire lui offrirait un troisième titre, un seuil mythique.

Pour l’en empêcher, Hélène Clauzel (Team Guevel Roadborn) n’a qu’une idée en tête : reprendre ce qu’elle estime lui appartenir. Championne en 2023 et 2024, elle a cédé son trône l’an dernier. Cette confrontation directe, rare en saison où chacune évolue dans des camps internationaux différents, promet une intensité maximale.

Dans leur sillage, des outsiders de talent guettent la moindre faille. Célia Gery, également favorite pour le titre U23, Anaïs Morichon et Amandine Muller formeront un groupe très compétitif capable de surprendre si les favorites se neutralisent. Le départ sera donné à 14h15.

Élites Hommes : Un trône vacant et un retour de légende

L’événement le plus marquant de ces championnats est peut-être une absence. Pour la première fois depuis des années, Clément Venturini, le roi incontesté (vainqueur en 2023, 2024, 2025), ne défendra pas sa couronne. Cette défection ouvre une ère nouvelle et place une génération avide de succès sur le devant de la scène.

Le statut de grand favori échoit naturellement à Léo Bisiaux (Decathlon CMA CGM). Le jeune champion de France espoirs 2025, malgré un programme cross réduit cet hiver, possède le talent et la rage de vaincre pour s’imposer. Il devra toutefois compter avec des cadors expérimentés comme David Menut, toujours redoutable, et les professionnels de chez TotalEnergies, Fabien Doubey et Joris Delbove.

Mais la story de la journée pourrait bien être écrite par un revenant. À 42 ans, Steve Chainel, champion de France 2018, sort de sa retraite pour un dernier tour d’honneur. Qualifié via une finale de Coupe de France à Ouistreham en décembre, le Vosgien, lancé par un défi de Léo Bisiaux lui-même, apportera son panache et son expérience immense dans une course qu’il veut savourer. Une page de l’histoire du cyclo-cross français se tournera à Troyes à 15h40.

Comment ne rien rater des championnats ? Programme et directs

France Télévisions et Eurosport se partagent la diffusion de cette journée, avec une couverture numérique complète et gratuite.

Programme de diffusion du dimanche 11 janvier :

14h10 – 15h25 : Course Élites Femmes. Direct sur France TV, France 3 Grand Est (antenne et streaming) et Eurosport.

15h30 – 17h00 : Course Élites Hommes. Direct sur France TV, France 3 Grand Est (antenne et streaming) et Eurosport.

Sur le terrain, la couverture sera assurée par Clément Meunier (France 3 Champagne-Ardenne), secondé par l’expert François Trarieux pour des commentaires avertis.

Pour les passionnés souhaitant vivre l’ambiance sur place, l’accès au complexe Henri Terré à Troyes est gratuit pour tous les spectateurs. Prévoyez des vêtements chauds pour affronter les conditions hivernales champenoises et assistez à la naissance des nouveaux champions de France.

Le maillot 2026 de Pinarello-Q36.5 dévoilé : entre élégance sombre et révolution technique

La Pinarello-Q36.5 Pro Cycling Team a levé le voile sur son identité pour 2026. Un maillot bleu nuit rehaussé d’or, un partenariat renforcé avec Pinarello et l’arrivée du Dogma F signent une transformation radicale. Loin de la sobriété précédente, l’équipe affiche désormais des ambitions à la hauteur de son nouveau statut. Décryptage d’un repositionnement stratégique.

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Une identité repensée pour une équipe en quête d’envergure

La Pinarello-Q36.5 Pro Cycling Team entre dans une nouvelle ère. Le dévoilement récent de son maillot pour la saison 2026 marque bien plus qu’un simple renouvellement esthétique. Il scelle une évolution stratégique profonde, portée par l’arrivée du fabricant italien Pinarello comme sponsor-titre aux côtés du spécialiste du textile Q36.5. Ce partenariat technique dual, rare dans le peloton, dessine les contours d’une formation ambitieuse, prête à bousculer les codes.

Le maillot présenté opère une rupture nette avec la tenue blanche et bleue, épurée, de 2025. Il adopte un bleu marine profond, presque nocturne, sur l’ensemble du buste. Les seules touches de couleur ? Des filets et logos dorés, qui habillent les inscriptions Pinarello et Q36.5. Le short, quant à lui, reste d’un noir absolu. Résultat : une tenue sobre, mais empreinte d’une autorité certaine. Elle vise une meilleure lisibilité dans le peloton et affiche une identité visuelle unifiée et premium, à l’image des grandes formations WorldTour.

Dogma F et Bolide TT : la synergie parfaite entre le coureur et la machine

Ce changement vestimentaire s’accompagne d’une révolution technique majeure. L’équipe quitte le partenariat avec Scott pour s’équiper intégralement chez Pinarello. Les coureurs, menés par le leader Tom Pidcock, enfourcheront donc le Dogma F pour les étapes en ligne et le Bolide TT pour les contre-la-montre.

Lors du récent Rouleur Live, les cadres ont été présentés avec une livrée parfaitement harmonisée au maillot : même bleu marine en fond, mêmes accents dorés. Cette cohérence esthétique totale entre le textile et le vélo est un signal fort. Elle illustre une démarche globale où chaque élément est pensé pour renforcer l’autre, dans une quête d’efficacité et d’image sans faille.

Fausto Pinarello, président de la marque, résume cette philosophie : « La livrée bleu et or est une expression audacieuse et élégante de notre ADN de compétition. Ce projet vise à traduire les valeurs de performance en design, pour créer un ensemble immédiatement reconnaissable et raffiné. »

2026 : une saison de transition sportive et d’ambitions revues à la hausse

Ce repositionnement matériel et visuel intervient alors que l’effectif subit lui aussi une mue importante. Le mercato 2025-2026 est marqué par un renouvellement significatif. L’équipe perd des figures expérimentées comme Giacomo Nizzolo et Gianluca Brambilla (retraites), mais procède à des recrutements ciblés pour étoffer son collectif.

Parmi les arrivées notables, on compte le puncheur Quinten Hermans (Alpecin-Deceuninck), le costaud Fred Wright (Bahrain Victorious), le grimpeur Chris Harper (Jayco-AlUla), et le sprinteur expérimenté Sam Bennett (Decathlon AG2R La Mondiale). Ce mélange de profils complémentaires vise à offrir à Tom Pidcock un train plus solide et à diversifier les options de victoire.

L’objectif est clair : passer d’une équipe solide à une formation capable de briller sur tous les terrains et de rivaliser avec les plus grandes. Le maillot 2026, sombre et doré, en est le symbole. Il incarne cette volonté de maturité, de prestige et de performance élevée.

Pour les fans : une édition limitée du Dogma F annoncée

Bonne nouvelle pour les passionnés et collectionneurs : Pinarello commercialisera une réplique haut de gamme en édition limitée du Dogma F de l’équipe. Ce modèle exclusif sera équipé du groupe SRAM des professionnels et de roues Zipp 454 arborant les graphismes dorés du cadre d’équipe. De quoi permettre aux supporters de s’approprier un morceau de cette nouvelle histoire.

Bien plus qu’un changement de tenue

Le maillot 2026 de la Pinarello-Q36.5 Pro Cycling Team ne se résume pas à un nouveau design. Il est la pierre angulaire d’une refonte complète. Entre l’arrivée de Pinarello comme pilier technique, l’harmonisation parfaite avec les vélos Dogma F, et un recrutement ambitieux, tout converge vers un même but : hisser l’équipe suisse à un niveau supérieur.

La saison 2026 sera celle de la confirmation, où il s’agira de transformer cette élégante promesse en résultats tangibles. Le peloton est prévenu : avec son nouveau bleu nuit et ses lueurs dorées, la Pinarello-Q36.5 ne compte plus passer inaperçue.

Jasper Stuyven ouvre un nouveau carnet de route Chez Soudal Quick-Step

Après douze saisons sous le même maillot, Jasper Stuyven a tourné la page. Arrivé chez Soudal Quick-Step, le vainqueur de Milan-Sanremo 2021 cherche un nouveau souffle. Dans un Wolfpack en reconstruction après le départ d’Evenepoel, le Flamand expérimenté vise un double objectif : briller sur les pavés et transmettre son savoir. Analyse et programme : plongée dans le premier chapitre de sa renaissance.

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Le bruit des vélos sur le bitume chaud de Calpe a une saveur particulière pour Jasper Stuyven. Ce n’est plus le bleu et le blanc de Lidl-Trek qu’il porte, mais le bleu franc et le noir du Wolfpack. À 33 ans, le Brabançon effectue le seul vrai transfert de sa carrière professionnelle. Un saut dans l’inconnu ? Plutôt un retour aux sources.

Cette sérénité, il la puise dans la cohérence de son projet. Las des années où Soudal Quick-Step orbitait principalement autour des ambitions grand-tour de Remco Evenepoel, Stuyven a choisi une maison dont l’ADN correspond à son palmarès : les Classiques flandriennes et ardennaises.

Un Wolfpack en quête de retrouvailles avec son histoire

Le départ fracassant de Remco Evenepoel vers Red Bull-BORA-hansgrohe a agi comme un électrochoc. Il a libéré de l’espace et recentré les priorités. L’équipe entend renouer avec la tradition de terreur des Flandres qui a fait sa légende. Mais le paysage a radicalement changé depuis l’ère Boonen. Le défi est de taille, presque démesuré.

Le rôle du sage : leader, équipier et passeur

À l’aube de sa 34ème année, Jasper Stuyven n’arrive pas en sauveur solitaire. Sa valeur est multiple. Sur le papier, il forme avec Dylan van Baarle un duo d’anciens expérimentés, tous deux podiumistes sur des Monuments.

Son programme printanier est un catalogue des grands rendez-vous : le week-end d’ouverture en Belgique, puis Paris-Nice, Milan-Sanremo, l’E3, Gand-Wevelgem, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Un calendrier exigeant pour un homme qui se sait dans l’automne de sa carrière, mais motivé par un environnement neuf.

Le double objectif Grands Tours : un luxe retrouvé

La seconde partie de sa saison révèle l’étendue de sa polyvalence et de sa motivation. Stuyven prévoit un doublé Giro d’Italia – Tour de France, un schéma qu’il a réussi en 2024. Loin d’y voir un simple rôle de soutien, il y perçoit des opportunités personnelles. Ce qu’il décrit, c’est la possibilité de courir pour les autres tout en se conservant des droits. Une liberté précieuse.

Le pari intérieur : le renouveau par le changement

Au-delà de la tactique, c’est une dimension psychologique qui se joue. Stuyven évoque une « page blanche ». Après plus une décennie dans le même écosystème, le risque de routine est réel. Le changement d’air est une thérapie.

Son intégration passe aussi par un retour à une fonction qu’il apprécie : le pilotage des trains de sprint.

Une symbiose à haut risque

Le transfert de Jasper Stuyven chez Soudal Quick-Step est bien plus qu’un simple changement d’employeur. C’est une tentative de symbiose entre un coureur en quête de second souffle et une équipe désireuse de retrouver son âme. L’adversité, incarnée par des géants comme van der Poel et Pogacar, n’a jamais été aussi féroce. La réponse du Wolfpack reposera sur une stratégie collective aguerrie et sur l’intelligence de course d’hommes comme Stuyven.

Son aventure chez Soudal Quick-Step commence par un sentiment de plénitude. Le défi est monumental, mais la motivation, elle, semble intacte. La page blanche est désormais ouverte, et Jasper Stuyven a déjà le stylo en main.

Au-delà du rose : le maillot 2026 de Van Rysel-Roubaix, une œuvre née des pavés

Le VC Roubaix et Van Rysel présentent le maillot de la saison 2026. Fruit d’une collaboration avec l’artiste Brian Marie-Claire, cette tenue aux codes visuels affirmés incarne une nouvelle étape dans la narration identitaire du club. Analyse d’un équipement qui fusionne art, patrimoine et haute performance.

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Le cyclisme n’est pas qu’une question de watts et de chronos. C’est aussi une affaire d’identité et de récit. Le Vélo Club de Roubaix et son partenaire titre Van Rysel en ont fait la démonstration en présentant le maillot qui équipera leurs douze coureurs en 2026. Loin d’être un simple changement esthétique, cette tenue marque une nouvelle étape ambitieuse dans la construction narrative du club, résolument ancrée dans son territoire.

Une démarche artistique assumée

Pour cette troisième saison de partenariat renforcé, Van Rysel poursuit sa volonté de transcender le statut d’équipementier. Après avoir posé les bases en 2024 puis rendu hommage aux vitraux de la Piscine de Roubaix en 2025, la marque s’entoure cette fois de l’artiste Brian Marie-Claire.

Le résultat est un graphisme puissant, aux accents résolument contemporains, qui rompt avec les conventions visuelles habituelles du peloton Continental. Il ne s’agit plus d’un maillot, mais d’une œuvre visuelle destinée à être portée sur les routes. Cette collaboration signe l’engagement de Van Rysel dans une approche où le design raconte une histoire.

Une esthétique qui puise son essence dans le territoire

Le maillot 2026 s’inscrit dans une narration continue initiée depuis 2024. Il tire sa force d’une immersion profonde dans l’identité roubaisienne et la culture cycliste locale. Les références ne sont plus explicites comme l’an passé, mais distillées dans une esthétique globale qui évoque la rudesse, la noblesse et le caractère unique de l’Enfer du Nord.

Les couleurs sombres et les motifs structurés parlent d’eux-mêmes : ils évoquent la dureté des pavés, la patine du patrimoine industriel et l’intensité brute des classiques du Nord. C’est un hommage indirect mais puissant à l’histoire du lieu, conçu pour être ressenti autant que vu. Van Rysel et le VC Roubaix affirment ainsi un style distinctif, une signature visuelle forte qui les démarque dans le paysage cycliste.

Innovation technique : le club, laboratoire de Van Rysel

Si le design frappe les esprits, la performance reste l’alpha et l’oméga. 2026 marque un tournant technique majeur : Van Rysel devient le fournisseur exclusif, prenant le relais de Diffusport pour la confection des maillots.

Cette transition est stratégique. Elle permet une synergie parfaite entre la créativité artistique et les exigences du haut niveau. Le maillot est développé en intégrant systématiquement les retours des coureurs, optimisé pour l’aérodynamisme, la gestion de l’humidité et le confort sur les longues distances. Le VC Roubaix se positionne ainsi comme un véritable terrain d’expérimentation et d’innovation pour les produits Van Rysel, où l’avancée technologique sert une vision esthétique globale.

L’effectif 2026, porteur d’une identité

Incarnant cette identité renouvelée, douze coureurs composeront l’effectif de la Continental Team pour la saison prochaine. Ce groupe, mêlant expérience et jeunes talents, aura la mission de porter haut les nouvelles couleurs :

Daniel Arnes (NOR)
Kévin Avoine (FRA)
Rémi Capron (FRA)
Louis Hardouin (FRA)
Joppe Heremans (BEL)
Léandre Huck (FRA)
Maxime Jarnet (FRA)
Kenny Molly (BEL)
Joes Oosterlinck (BEL)
Antoine Raugel (FRA)
Arnaud Tendon (SUI)
Kilian Théo (FRA)

La dominante rose, héritage du club, perdure mais s’habille désormais d’une sophistication nouvelle. Van Rysel et le VC Roubaix réinventent le langage du maillot cycliste. Ils prouvent qu’un équipement peut être à la fois un outil de course de pointe et un vecteur puissant d’identité, porteur des valeurs et de l’âme unique d’un territoire. Une approche qui pourrait bien inspirer l’écosystème cycliste dans les années à venir.

Renaissance à haut régime : comment Groupama-FDJ United reconstruit son empire pour 2026

Une page se tourne, une autre s’écrit. Ce vendredi, à Paris, Groupama-FDJ United a officiellement présenté son projet pour 2026. Entre transition historique, ambitions revues à la hausse et visages nouveaux, l’équipe française lance une saison sous le signe du renouveau. Objectif : reconquérir le peloton mondial.

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Une passation historique et un nouveau cap

La conférence de présentation, tenue ce vendredi au siège de Groupama, a marqué un tournant symbolique. Après trente ans de règne, Marc Madiot a officiellement passé la main à Thierry Cornec, nommé nouveau Manager Général. Dans un discours empreint d’émotion, le fondateur a comparé l’équipe à une « ferme familiale » qu’il transmet avec confiance. « L’essence de cette équipe doit perdurer » a-t-il insisté, soulignant l’importance de la transmission et de la fidélité des sponsors historiques.

Thierry Cornec a immédiatement tracé une ligne claire : l’ère du renouveau est ouverte. L’objectif est simple, mais ambitieux : « Gagner plus, davantage. Plus de 20 victoires, c’est notre objectif. » Cette quête de résultats s’accompagne d’une ambition précise : reconquérir le Tour de France, où l’équipe n’a plus gagné depuis la victoire légendaire de Thibaut Pinot au Tourmalet en 2019.

Un classement UCI à reconquérir

La saison 2026 n’est pas une année comme les autres. Elle marque le début d’un nouveau cycle triennal UCI, à l’issue duquel seules les 18 meilleures équipes accèderont au WorldTour. Après une saison 2025 en demi-teinte (15e mondial), Groupama-FDJ United, classée 10e sur les trois dernières années, doit « repartir de zéro » pour sécuriser son statut d’élite. Chaque point UCI comptera, influençant directement la stratégie de course et les programmes des leaders.

Des recrues pour incarner l’audace

Pour atteindre ces objectifs, l’équipe a mené un recrutement ciblé et ambitieux lors du mercato, visant à combler des lacunes et injecter du sang neuf.

Clément Berthet, en provenance de Decathlon AG2R La Mondiale, se voit confier un rôle de leader sur le Giro avec l’ambition d’un top 10 au général. Son adaptation débutera sur Tirreno-Adriatico.

Ewen Costiou arrive avec la mission de progresser en World Tour et d’épauler Romain Grégoire sur les Ardennaises, tout en cherchant sa première victoire professionnelle.

Bastien Tronchon devra, quant à lui, commencer à compenser le départ du puissant rouleur Stefan Küng (parti chez Tudor) sur les classiques flandriennes. « J’ai trois ans pour apprendre » relativise-t-il, conscient du défi.

En renfort, les jeunes Axel Huens et Matteo Milan (sprint), Josh Kench (grimpeur), ainsi que les promus Maxime Decomble et Titouan Fontaine viennent étoffer l’effectif.

Les leaders face à leurs défis

Le noyau historique de l’équipe aborde 2026 avec des plans redéfinis et une faim revigorée.

David Gaudu : La reconquête du Tour. Après une saison 2025 oubliée et un Tour regardé « dans le canapé », le grimpeur breton (29 ans) a fait table rase. Son objectif est sans ambiguïté : « Retrouver le top 10 du général et jouer les victoires d’étape sur le Tour de France. » Pour y parvenir, il a radicalement changé sa préparation, privilégiant un volume accru sous la houlette d’un nouvel entraîneur italien, Luca Festa. Son début de saison sera chargé : UAE Tour, Paris-Nice et Tour de Catalogne enchaînés pour forger la forme.

Romain Grégoire : L’expansion d’un territoire. Le puncheur de 22 ans, auteur de six victoires en 2025, voit son horizon s’élargir. Fidèle aux Ardennaises (Amstel, Flèche, Liège), il va découvrir les classiques flandriennes, avec un baptême très attendu sur le Tour des Flandres. « Ces courses me font rêver depuis pas mal de temps » confie-t-il. Il sera également présent sur le Tour de France pour y chercher une victoire d’étape.

Valentin Madouas : La quête de confiance. Le vice-champion olympique a « tout remis à plat ». Pour retrouver le goût de la victoire, son programme a été ajusté : il privilégiera les courses bretonnes (Tro Bro Léon, Quatre Jours de Dunkerque) et sera un pilier des Flandriennes, où il devra assumer un rôle majeur en l’absence de Küng.

Guillaume Martin-Guyonnet : Le double objectif. Le Normand enchaînera une dixième participation consécutive au Tour de France avec la Vuelta, visant des victoires d’étape sur les deux grands tours.

Une stratégie d’équipe réorganisée

Les choix individuels reflètent une stratégie collective repensée. David Gaudu, par exemple, renonce aux Ardennaises pour laisser la place à un Romain Grégoire au profil mieux adapté, préférant se concentrer sur des courses par étapes comme le Tour du Pays Basque. Cette spécialisation accrue vise à maximiser les chances de résultats et les points UCI sur un calendrier plus large.

Le début d’un nouveau cycle

La présentation de la Groupama-FDJ United 2026 a dévoilé bien plus qu’une liste de courses. Elle a acté une transition générationnelle à la direction et dans le peloton, affiché des ambitions quantifiables, et détaillé une approche tactique plus ciblée. Entre l’expérience de leaders assoiffés de revanche et l’audace de jeunes recrues, l’équipe semble avoir trouvé un équilibre prometteur. La saison 2026 sera le premier test de cette nouvelle alchimie, avec un impératif : transformer le renouveau affiché en résultats concrets sur les routes. Le compte à rebours est lancé.

Artère iliaque opération : le calvaire médical de Nils Eekhoff continue

Nouveau coup dur pour Nils Eekhoff. À peine la saison 2025 achevée, l’avenir du coureur de Team Picnic PostNL s’assombrit déjà. Une opération de l’artère iliaque programmée la semaine prochaine va l’éloigner des routes pour une durée indéterminée, compromettant son début de saison 2026. Plongée dans le parcours du combattant d’un talent hollandais frappé par la malchance.

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Le communiqué était laconique, mais son contenu lourd de conséquences. La formation WorldTour Picnic PostNL a confirmé l’information redoutée par les supporters de Nils Eekhoff : le Néerlandais de 27 ans doit subir une intervention chirurgicale sur l’artère iliaque la semaine prochaine. Une annonce qui sonne comme un arrêt brutal, scellant son absence lors des prochaines Classiques de printemps et reportant sine die son retour à la compétition.

Une pathologie qui frappe de plus en plus le peloton

L’endofibrose iliaque, ce rétrécissement de l’artère principale irriguant la jambe, n’est plus une anomalie rare dans le monde du cyclisme professionnel. Elle est souvent le prix à payer pour une posture extrêmement courbée et une puissance développée sur des heures d’effort. Le sang, pulsé à haut débit, finit par traumatiser la paroi artérielle, créant un rétrécissement qui limite l’oxygénation du muscle.

Eekhoff rejoint ainsi une liste grandissante de coureurs touchés, dont son propre coéquipier chez Picnic PostNL, le sprinteur Fabio Jakobsen, opéré avec succès du même problème il y a quelques mois. Cette récurrence interroge sur les limites physiologiques poussées à l’extrême et place les staffs médicaux des équipes en première ligne pour un dépistage précoce.

Une opération inévitable, une rééducation à haut risque

L’intervention, bien que désormais rodée, reste délicate. Les chirurgiens vasculaires devront libérer l’artère comprimée, souvent en pratiquant une « libération » de l’attache du muscle psoas ou en posant un patch pour élargir la zone rétrécie. Le succès est élevé, mais la route vers la compétition est longue et semée d’embûches.

L’équipe a annoncé un « programme de rééducation intensif » sans avancer de calendrier précis, tout en laissant entrevoir un éventuel retour en mai. Un optimisme de circonstance, car la reconstruction de la puissance musculaire, après des semaines d’inactivité forcée, représente un défi titanesque. Chaque jour d’absence creuse un fossé de forme avec des concurrents qui, eux, enchaînent les courses.

La malchance, un adversaire récurrent pour Eekhoff

Cette nouvelle épreuve médicale s’inscrit dans une série noire pour le coureur de Nokere. L’année 2025 avait pourtant bien commencé avec une victoire éclatante sur la Nokere Koerse en mars, sa deuxième en professionnel après le prologue du ZLM Tour 2023. Une lueur d’espoir rapidement éteinte.

Quelques jours seulement après ce succès, une rupture du tendon d’Achille à son insertion sur le mollet le privait déjà des monuments du printemps : le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Plus tôt dans la saison, une lourde chute lors de l’AlUla Tour lui avait valu une fracture de la mâchoire et une dent cassée. Le corps de Eekhoff semble s’être érigé en ultime obstacle à la réalisation de son plein potentiel.

Quel avenir pour le Néerlandais chez Picnic PostNL ?

À 27 ans, Nils Eekhoff approche de l’âge théorique de la maturité sportive. Ces interruptions répétées menacent cruellement son développement et sa place au plus haut niveau. Son équipe, Picnic PostNL, fait preuve de patience et de soutien, une attitude essentielle dans l’écosystème impitoyable du WorldTour.

La saison 2026, dont il devait être un des piliers en courses d’un jour, est d’ores et déjà sacrifiée. La question n’est plus de savoir quand il reviendra, mais dans quel état. Sa capacité à retrouver le niveau requis après une telle accumulation de blessures et d’opérations constituera le plus grand test de sa carrière.

L’histoire de Nils Eekhoff devient, au-delà du simple fait sportif, un récit poignant sur la fragilité des athlètes. Elle rappelle que derrière la machine à pédaler se cache un corps humain, vulnérable, qui parfois dit non. Son combat contre l’endofibrose iliaque est désormais le plus important de sa vie. Bien avant celui pour une victoire.

Valentin Paret-Peintre scelle son destin : le roi du Ventoux reste chez les « Wolfpack »

L’annonce était attendue. Valentin Paret-Peintre, révélé par une victoire d’anthologie au Mont Ventoux en juillet 2025, ne quittera pas Soudal Quick-Step. Le grimpeur français de 24 ans vient d’acter une prolongation de contrat jusqu’à la fin 2028. Une preuve de confiance totale et la promesse d’un nouveau statut au sein de la légendaire « Wolfpack ».

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La confiance Quick-Step, un carburant de luxe

Soudal Quick-Step a officialisé ce que le peloton pressentait : Valentin Paret-Peintre est désormais lié à la structure belge pour les trois prochaines saisons. Alors que son engagement initial courait jusqu’en fin d’année, cette prolongation anticipée jusqu’en décembre 2028 dessine une feuille de route à long terme. Pour le coureur d’Annemasse, arrivé en 2025 après ses années de formation chez Decathlon-AG2R La Mondiale, cette signature dépasse le simple cadre administratif. C’est la validation d’une intégration réussie et la concrétisation d’une ambition partagée.

Du statut de lieutenant à celui de leader : une évolution logique

Le contexte de cette prolongation n’est pas anodin. Elle intervient quelques mois après le départ retentissant de Remco Evenepoel, alors leader et patron de l’équipe, vers Red Bull-Bora-Hansgrohe. En juillet 2025, Paret-Peintre était encore un précieux lieutenant du phénomène belge sur le Tour de France. L’abandon d’Evenepoel, quelques jours avant l’étape du Mont Ventoux, a paradoxalement ouvert la voie à l’exploit du Français. Sa victoire solitaire, face aux éléments et aux plus grands grimpeurs du monde, n’était pas qu’un coup d’éclat. C’était une démonstration de force et de maturité.

Cette performance, la seule victoire tricolore de toute la Grande Boucle 2025, a changé la donne. Elle a prouvé que le jeune Haut-Savoyard, déjà 16e du Giro en 2024, avait l’étoffe d’un coureur pour les grands rendez-vous. La direction de Soudal Quick-Step a vu en lui bien plus qu’un simple grimpeur d’étape. Il incarne désormais un pilier de la redéfinition de l’équipe dans les courses par étapes montagneuses.

Un début de saison 2026 sous le signe de la confirmation

La feuille de route 2026 de Valentin Paret-Peintre commence par une zone de confiance. Il reprendra la compétition en février sur le Tour d’Oman, théâtre de son premier succès sous le maillot bleu et blanc en 2025, où il avait remporté une étape et terminé deuxième du général. Un retour aux sources pour lancer une campagne où les objectifs seront nécessairement rehaussés.

Paris-Nice, où il sera aligné en mars, constituera une première échéance majeure. Puis, les regards se tourneront inévitablement vers l’été. Le programme Grand Tour sera crucial. La question n’est plus de savoir si Paret-Peintre peut viser un rôle majeur, mais quel rôle exactement l’équipe souhaite lui confier. La gestion d’un classement général sur le Giro ou le Tour, en tant que co-leader ou leader avéré, est désormais dans le champ des possibles.

Une dynastie Paret-Peintre, deux chemins distincts

Cette prolongation officialise aussi la divergence de parcours entre les deux frères. Aurélien, l’aîné de 29 ans, reste un cadre fidèle de Decathlon CMA CGM, l’équipe qui les a vu naître professionnels. Valentin, lui, a choisi l’aventure internationale et le cadre exigeant d’une WorldTeam à la culture unique. Deux trajectoires, deux environnements, pour deux coureurs au profil différent. Le cadet a fait le choix de la « Wolfpack », et cette dernière lui rend aujourd’hui la pareille avec une marque de confiance sans équivoque.

En s’engageant jusqu’à 28 ans, l’âge de la pleine maturité physique pour un grimpeur, Valentin Paret-Peintre offre à Soudal Quick-Step une pierre angulaire pour l’avenir. Réciproquement, l’équipe lui offre un cadre stable pour exprimer tout son potentiel. Après le coup de tonnerre du Ventoux, voici venu le temps de la construction. Le roi du Géant de Provence a trouvé son royaume. Et l’aventure ne fait que commencer.

Marc Hirschi et le pari du Giro 2026 : la renaissance d’un outsider

Marc Hirschi a dévoilé les contours de sa saison 2026. Une année de transition et de défis pour le Suisse de Tudor Pro Cycling, qui découvrira le Giro et vise une remise en cause totale. Entre Classiques Ardennaises et Grand Départ en Italie, plongée dans le plan de bataille d’un coureur en quête de second souffle.

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La saison 2025 de Marc Hirschi chez Tudor Pro Cycling n’a pas tenu toutes ses promesses. Un an après son arrivée en grande pompe, le Suisse fait face à un constat : il doit se réinventer. À 27 ans, le vainqueur de la Flèche Wallonne 2020 et ancien champion du monde espoirs trace une nouvelle route. Elle passe par une première historique : la découverte du Giro en mai 2026.

Un programme calibré pour la relance

Hirschi entamera son exercice 2026 par une reprise traditionnelle mais essentielle : le Challenge de Majorque fin janvier. Quatre épreuves en quatre jours (Trophée Calvià, Ses Salines, Serra Tramuntana, Andratx-Pollença) lui permettront de peaufiner sa condition. Pas question d’y chercher la performance à tout prix. L’objectif est clair : engranger des kilomètres et retrouver des sensations en peloton.

Viendra ensuite un bloc de courses d’un jour soigneusement sélectionnées, marquant un retour aux sources pour le spécialiste des classiques vallonnées. Le 14 février, la Figueira Champions Classic enchaîne, suivie fin février et début mars par le duo ardécho-dromois (Faun-Ardèche et Faun Drôme Classique) et le Trofeo Laigueglia. Autant d’occasions d’affiner son coup de pédale avant le cœur de sa saison.

Le printemps ardennais, terrain de vérité

Comme à son habitude, Hirschi pointera au départ des monuments et semi-classiques du printemps. L’Amstel Gold Race (19 avril), la Flèche Wallonne (22 avril) et Liège-Bastogne-Liège (26 avril) constitueront ses grands objectifs de la première partie d’année. C’est sur ces terrains exigeants qu’il a forgé sa réputation. Un retour au premier plan y serait hautement symbolique.

Une nouveauté apparaît cependant dans son calendrier : l’Eschborn-Francfort, le 1er mai. Cette course allemande, au parcours dynamique, servira de dernière ligne droite avant le grand saut italien. Un choix logistique et tactique, permettant d’enchaîner avec une semaine de récupération avant le départ du Giro.

Le Giro 2026 : un baptême du feu et une opportunité

C’est la grande nouveauté de son programme. Hirschi s’élancera pour la première fois sur les routes du Tour d’Italie le 9 mai. Pour Tudor Pro Cycling, qui fera également ses débuts dans la course, c’est un pas de plus vers le monde du WorldTour. Pour le coureur, c’est une opportunité de se redécouvrir.

Le Giro n’est pas présenté comme un objectif de résultat, mais comme un accélérateur de forme et d’expérience. Dans un parcours souvent adapté aux puncheurs comme aux grimpeurs légers, des opportunités d’étape pourraient se présenter.

Calendrier 2026 de Marc Hirschi :

28/01 : Trophée Calvià
29/01 : Trophée Ses Salines
30/01 : Trophée Serra Tramuntana
31/01 : Trophée Andratx-Pollença
14/02 : Figueira Champions Classic
28/02 : Faun-Ardèche Classic
01/03 : Faun Drôme Classic
04/03 : Trofeo Laigueglia
19/04 : Amstel Gold Race
22/04 : Flèche Wallonne
26/04 : Liège-Bastogne-Liège
01/05 : Eschborn-Francfort
09/05 : Départ du Giro d’Italia (jusqu’au 31/05)

Une saison de tous les défis pour Hirschi et Tudor

Cette programmation révèle une volonté de rupture. Après une saison 2025 en deçà des attentes, Hirschi assume le besoin de changement. En réduisant son volume de compétition, il mise sur la qualité et la préparation spécifique. Le Giro apparaît comme un élément central de cette stratégie : une épreuve nouvelle pour relancer la dynamique, sans la pression immédiate du Tour de France.

Pour Tudor Pro Cycling, la présence d’un leader comme Hirschi sur le Giro est un signal fort. L’équipe suisse, ambitieuse et en croissance, prouve sa capacité à intégrer les grands tours. L’enjeu sera double : performer sur les classiques avec Hirschi et Pithie, puis briller sur les routes italiennes.

Marc Hirschi se retrouve à un carrefour de sa carrière. Son programme 2026, équilibré entre tradition et nouveauté, est le reflet d’une remise en question assumée. Reste à traduire cette stratégie sur la route. Le printemps ardennais et les pentes du Giro en seront les premiers juges.

Blessure mystère au genou : pourquoi Tim Merlier fait déjà l’impasse sur son début de saison

Coup de frein pour Tim Merlier. Alors que tout était aligné pour un début de saison tonitruant, le sprinteur de Soudal Quick-Step déclare forfait pour l’AlUla Tour 2026. Une gêne persistante au genou, aussi soudaine qu’inexpliquée, force l’ancien champion d’Europe à revoir ses plans. Un revers pour l’équipe et un premier suspense médical pour cette nouvelle année.

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Un réveil en demi-teinte pour le flash belge

L’hiver devait être une formalité, une simple transition vers une saison 2026 aux ambitions redoublées. Pour Tim Merlier, l’inter-saison se transforme en énigme médicale. Lors de la traditionnelle présentation de Soudal Quick-Step à Calpe ce 8 janvier, l’atmosphère était teintée d’inquiétude. Le sprinteur vedette, pilier de l’équipe en l’absence de Remco Evenepoel, a annoncé son forfait pour la première course de son calendrier : l’AlUla Tour du 27 au 31 janvier. La raison ? Une douleur au genou dont l’origine et la nature précises échappent encore aux médecins.

« Je ne peux rien dire sur la nature exacte du problème. Je ne le sais pas moi-même, les médecins ne le savent pas… », a confié le coureur de 33 ans, dans un rare aveu d’incertitude, au micro du Nieuwsblad. Un flou diagnostique qui complique la définition d’un protocole de retour et jette une ombre sur les premiers mois de sa saison.

La genèse d’un problème inattendu

Selon les éléments partagés par Merlier, la gêne est apparue subitement fin novembre 2023, dans le sillage de sa participation à l’événement caritatif « Boonen & Friends ». « Ce n’est pas facile de rivaliser avec des athlètes prêts à concourir » a-t-il admis, évoquant les difficultés rencontrées lors des reprises d’entraînement.

Le tableau clinique est paradoxal : la douleur aiguë initiale a disparu avec le repos, mais la sensation de « ne pas être à 100% » persiste. « Je n’ai pas encore comblé mon retard sur mes équipiers » concède-t-il, faisant référence au stage en Espagne où il peine à suivre le rythme d’un groupe déjà en pleine montée en puissance. Cette blessure, qualifiée de « gêne » plutôt que de lésion structurelle identifiée, devient donc autant un défi physique que mental.

Les conséquences tactiques : un agenda bouleversé

L’impact de ce report est immédiat et significatif à plusieurs niveaux :

Un duel scellé dans l’œuf : La compétition attendue entre Tim Merlier et l’Italien Jonathan Milan (Lidl-Trek) sur les routes d’Arabie Saoudite ne verra pas le jour. Une privation pour les amateurs de sprints spectaculaires.

Un vide à combler pour Soudal Quick-Step : L’équipe belge, en phase de reconstruction après plusieurs départs majeurs, comptait sur son sprinteur leader pour engranger rapidement des succès et du momentum. Ce contretemps impose un réajustement stratégique.

Un calendrier sous condition : Si l’AlUla Tour est officiellement écarté, la suite reste en pointillés. L’UAE Tour (mi-février) est évoqué comme un objectif de retour possible, mais rien n’est acté. « Nous déterminerons une date lorsque je me sens prêt » a déclaré Merlier, gardant toute latitude.

L’objectif suprême : les Classiques en ligne de mire

Malgré l’incertitude, la cible finale n’a pas bougé. L’esprit de Merlier est tourné vers le nord. « J’espère être en forme pour la période des Classiques » a-t-il affirmé, fixant un cap clair. Des courses comme le Kuurne-Bruxelles-Kuurne, la Nokere Koerse, et surtout la Scheldeprijs – qu’il a déjà remportée – et Gand-Wevelgem constituent l’horizon prioritaire de son premier semestre.

Cette focalisation est logique. Elle permet une reprise progressive sans la pression immédiate d’un Grand Tour, tout en visant des objectifs parfaitement adaptés à son profil de puissant sprinteur capable de résister aux pavés.

Entre prudence et course contre la montre

Cette situation place l’encadrement de Soudal Quick-Step dans une position délicate. La prudence est de mise avec une pathologie non identifiée, pour éviter toute aggravation. Dans le même temps, chaque jour d’indécision creuse un déficit de forme et de préparation spécifique.

Le mystère entourant cette blessure alimente également les spéculations. Est-ce une simple inflammation tendineuse ? Un problème cartilagineux sournois ? L’absence de diagnostic ferme laisse planer un doute qui ne sera levé qu’à l’épreuve des courses.

La patience, vertu du sprinteur

Tim Merlier, habitué aux accélérations fulgurantes, doit désormais faire preuve d’une qualité moins naturelle pour un compétiteur de son acabit : la patience. « Mentalement, ce n’est pas facile, mais si la situation continue d’évoluer ainsi, je suis confiant pour la suite » a-t-il assuré.

Son début d’année, imaginé sous le signe de l’offensive, se transforme en une mission de recalibrage. L’enjeu n’est plus de gagner en janvier, mais de tout mettre en œuvre pour être au sommet de sa puissance lorsque les bordures de Flandre trembleront sous les roues du peloton. Le premier sprint de Merlier en 2026 ne se disputera pas sur l’asphalte, mais dans les coulisses de sa propre convalescence. Et de ce défi-là dépend une large part des ambitions de Soudal Quick-Step.

Julian Alaphilippe face au temps : « Si tu penses à la fin, tu as déjà un pied dehors »

À 33 ans, Julian Alaphilippe refuse l’évocation du déclin. Lors du stage de pré-saison de Tudor en Espagne, le double champion du monde a dévoilé un programme 2026 taillé pour les Classiques et le Tour, martelant sa soif intacte de victoires. Mais derrière la détermination affichée, l’homme avoue aussi composer avec un corps meurtri et l’ombre de la fin de carrière.

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Un champion face à ses miroirs

La scène se déroule à Moraira, sur la côte espagnole. Lors du media day de l’équipe Tudor, Julian Alaphilippe sait qu’on ne viendra pas seulement l’interroger sur ses objectifs. À 33 ans, l’icône du cyclisme français sent peser le regard inquisiteur. On scrute ses performances, son physique, jusqu’à ses tempes, peut-être, pour y déceler les stigmates du temps. Dans un monde où Simon Yates, son exact contemporain, vient d’annoncer une retraite foudroyante, Alaphilippe, lui, plante ses étendards pour les années à venir. Son contrat le lie à la formation suisse jusqu’en fin 2027. Et il compte bien aller au bout.

« Je suis dans mes deux dernières années de contrat, donc plus proche de la fin, concède-t-il avec lucidité. Mais si tu penses à la fin, tu as déjà un pied dehors. Et ce n’est pas mon cas. » Cette phrase, lapidaire, résume l’état d’esprit du « Loulou » de 2026. Une détermination forgée dans l’acceptation du temps qui passe, mais sans aucune capitulation.

Le réveil du corps : « Des douleurs que je ne suis pas censé avoir »

L’enthousiasme reste son carburant principal. Il évoque avec une flamme intacte les sensations uniques du final de Milan-SanRemo, l’électricité du Mur de Huy, le frisson des Strade Bianche. « Ce sont des moments qui me font dire que j’aime encore ce que je fais » affirme-t-il. Cette passion est le socle de sa motivation, le moteur qui lui fait accepter les sacrifices.

Pourtant, un autre son de cloche, plus intime, se fait entendre. Celui d’un corps qui n’oublie rien. Les chutes spectaculaires, les opérations, les fractures ont laissé des traces. « Je souffre plus à un certain seuil qu’avant, reconnaît-il. Auparavant, je pouvais aller plus loin. » Il énumère : le dos qui se bloque, des douleurs récurrentes. « Je me rends compte que j’ai des douleurs que je ne suis pas censé avoir à 33 ans. Quand je vois les gamelles que j’ai prises… » Ce constat réaliste n’est pas une complainte, mais la base d’une adaptation. Il ne s’agit plus de faire plus, mais de faire mieux.

Un programme 2026 sur mesure : le retour aux fondamentaux

Face à cette nouvelle réalité, Alaphilippe et son staff ont élaboré un calendrier précis, cohérent, qui semble taillé sur mesure pour ses qualités de puncheur et ses aspirations.

Son début de saison s’articule ainsi :

Février : Tour d’Algarve (Portugal) – reprise.

Mars : Strade Bianche, Tirreno-Adriatico, Milan-SanRemo – un bloc italien offensif.

Avril : Tour du Pays Basque, puis le triptyque ardennais : Amstel Gold Race, La Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège.

Ce programme marque un recentrage stratégique. « J’ai envie de revenir à un programme plus classique, ne plus mixer les classiques flandriennes et ardennaises, mais me concentrer davantage sur les Ardennaises » explique-t-il. Un choix de spécialiste, assumé, qui lui permet de privilégier la qualité sur la quantité et de viser les courses où son palmarès (triple vainqueur de la Flèche, notamment) parle pour lui.

Le Tour de France et l’horizon 2027 : une motivation intacte

Une fois le printemps écoulé, l’horizon se tournera naturellement vers le Tour de France, dont le départ sera donné à Barcelone le 4 juillet. « Le Tour sera un des grands objectifs de ma saison et j’ai déjà hâte d’y être » confie le vainqueur de six étapes, en quête d’un nouveau succès depuis Landerneau en 2021. Son rôle au sein d’une Tudor ambitieuse ? Celui de puncheur et de finisseur sur les étapes vallonnées, un costume qu’il porte à la perfection.

Cette vision à moyen terme n’occulte pas pour autant les questions sur l’après. Évoquant les Championnats du Monde 2026 à Montréal, il lance, non sans une pointe d’humour noir : « Ce seront peut-être mes derniers. » Et pour ceux de 2027 à Sallanches, sur un circuit ultra-exigeant, il imagine déjà : « À part passer les bidons… » Des phrases qui révèlent une conscience aiguë de la fin de cycle. Il résume sa philosophie : « Je prends la saison qui vient comme si c’était la dernière. »

L’urgence comme carburant

Julian Alaphilippe se présente aujourd’hui comme un champion à la croisée des chemins. Il n’est plus le jeune écervelé des débuts, ni l’impérial maillot arc-en-ciel de 2020-2021. Il est un athlète expérimenté, marqué par les épreuves, qui choisit délibérément de puiser dans l’urgence du temps qui file une énergie renouvelée.

Son discours est un mélange fascinant de franchise sur ses limites et d’ambition pure. Il ne nie pas les cheveux blancs ou les douleurs, mais il refuse catégoriquement de laisser cette réalité éteindre la flamme. En se recentrant sur ses courses de cœur, en écoutant son corps tout en poussant son mental, Alaphilippe n’écrit pas un épilogue, mais un nouveau chapitre, déterminé à prouver que la soif de victoire peut être la plus forte, jusqu’au bout. La fin n’est pas une pensée, mais un adversaire de plus à distancer.