Ils étaient 57 à l’avant. Un tiers du peloton. Toutes les équipes sauf deux. Et au bout des 205,8 kilomètres les plus longs de ce Tour 2026, c’est Mauro Schmid qui a levé les bras à Belfort. Le Suisse de la Jayco AlUla a réglé Harold Tejada au sprint dans un duel à deux, pendant que Tom Pidcock, 3e, réalisait l’opération du jour : 10e du général au départ, 4e à l’arrivée. Le Britannique a repris 7’33 aux favoris et chamboule le classement général. Paul Seixas est éjecté du top 5. Tadej Pogacar, lui, a passé une journée tranquille. Mais derrière, tout a explosé.
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Schmid, Tejada, et 57 échappés : comment la plus longue étape du Tour a accouché d’un final de chaos à Belfort
L’ESSENTIEL EN 30 SECONDES :
Mauro Schmid (Jayco AlUla) a remporté la 13e étape du Tour de France 2026 à Belfort, la plus longue de cette édition (205,8 km). Le Suisse a battu Harold Tejada (XDS Astana) au sprint dans un duel à deux, après une échappée massive de 57 coureurs. Tom Pidcock (Pinarello Q36.5), 3e, passe de la 10e à la 4e place du général en reprenant 7’33 au peloton. Tadej Pogacar conserve le maillot jaune avec 3’36 sur Vingegaard et 4’06 sur Evenepoel. Pidcock est désormais 4e à 4’15. Paul Seixas recule à la 6e place. Mads Pedersen conserve le maillot vert malgré la perte de 5 points face à Jasper Philipsen.
LE CHIFFRE QUI TUE : 57
57. Comme le nombre de coureurs présents dans l’échappée fleuve de cette 13e étape. Près d’un tiers du peloton à l’avant, toutes les équipes représentées sauf Decathlon CMA CGM et Soudal Quick-Step. Une échappée de 37 coureurs d’abord, rejointe par un contre de 20 hommes emmené par Mads Pedersen. Résultat : une avance culminant jusqu’à 8 minutes, une moyenne de 50 km/h malgré le Ballon d’Alsace, et un classement général chamboulé. Du jamais vu sur un Tour de France moderne.
Comment Schmid a-t-il dompté Tejada dans un duel à deux ?
C’est l’histoire d’un Suisse qui n’a jamais douté. Mauro Schmid, 26 ans, avait déjà terminé 2e de l’étape de Toulouse du Tour l’an dernier dans un scénario similaire, battu par Jonas Abrahamsen. Cette fois, il n’a pas laissé passer sa chance.
Dans le final de Belfort, ils étaient encore dix en tête après le Ballon d’Alsace. Puis, à 15 kilomètres de l’arrivée, Schmid et Harold Tejada (XDS Astana) ont flairé le bon coup. Profitant d’un moment de flottement dans le groupe, ils ont accéléré ensemble et n’ont plus jamais été revus.
Première victoire sur le Tour pour Schmid, première victoire pour Jayco AlUla sur cette édition. Et la fin d’une disette de six ans pour la Suisse sur la Grande Boucle, depuis Marc Hirschi en 2020.

Tom Pidcock : le grand gagnant du jour sans avoir levé les bras
C’est l’opération de la journée. Tom Pidcock (Pinarello Q36.5) était 10e du classement général au départ de Dole, à 11’49 de Tadej Pogacar. Il est 4e ce soir, à 4’15. Le Britannique a repris 7’33 aux favoris en se glissant dans l’échappée massive.
Pidcock avait trois coéquipiers avec lui dans l’échappée. Il a attaqué dans le Ballon d’Alsace, a franchi le sommet en tête, et a terminé 3e de l’étape. Les quatre secondes de bonification grappillées sont la cerise sur le gâteau.
Pidcock n’a pas gagné l’étape, mais il a peut-être gagné un podium sur ce Tour. Paul Seixas, 5e au départ, est éjecté du top 5. Lenny Martinez, 9e, recule aussi. Bahrain Victorious a bien tenté de rouler dans le peloton pour limiter la casse, mais avec 7’33 de retard, le mal était fait.

Pedersen chasse, Philipsen grappille, le maillot vert reste en suspens
La bataille pour le maillot vert a offert un spectacle dans le spectacle. Mads Pedersen (Lidl-Trek) a complètement manqué l’échappée initiale. Le Danois a dû lancer une contre-attaque avec 19 autres coureurs, dont Biniam Girmay (NSN), pour recoller aux 37 échappés.
Pendant près d’une heure, Pedersen a imposé un rythme de forcené pour faire la jonction à 90 kilomètres de l’arrivée. Une dépense d’énergie monumentale. Au sprint intermédiaire de Mélisey, le village de Thibaut Pinot, c’est Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech) qui a empoché les 25 points. Pedersen a limité la casse en prenant la 2e place, ne cédant que 5 points au Belge.
Au classement, Pedersen conserve la tête avec 41 points d’avance sur Philipsen et 44 sur Girmay. Le Danois a sauvé l’essentiel, mais la facture énergétique pourrait être lourde avant les Vosges.
L’échappée de tous les records : comment 57 coureurs ont pris le pouvoir
C’est une échappée comme on n’en voit plus. 57 coureurs, soit près d’un tiers du peloton. Toutes les équipes représentées sauf Decathlon CMA CGM et Soudal Quick-Step. Des leaders, des lieutenants, des sprinteurs, des grimpeurs : un peloton bis.
Tout a commencé après 30 kilomètres de lutte acharnée. Une première échappée de 37 coureurs s’est formée, avec des noms comme Tom Pidcock, Brandon McNulty, Tim Wellens, Victor Campenaerts, Maxim Van Gils, Romain Grégoire. Puis un contre de 20 hommes emmené par Mads Pedersen a fait la jonction.
Résultat : une avance culminant à 8′ , une moyenne de 50 km/h malgré le Ballon d’Alsace (8,9 km à 6,9 %), et un classement général chamboulé. Le Ballon d’Alsace a réduit le groupe à 10 coureurs, puis Schmid et Tejada ont fait le reste.
C’est le genre de journée qui rappelle pourquoi le cyclisme est imprévisible. Une échappée de 57 coureurs, un vainqueur suisse, un Britannique qui chamboule le général. Le Tour 2026 n’a pas fini de surprendre.

Les Français encore bredouilles : Vauquelin, Jegat, Braz Afonso dans le top 10
Ils étaient douze Français dans l’échappée fleuve. Aucun n’a gagné. Kévin Vauquelin (Netcompany INEOS), offensif dans le Ballon d’Alsace, a terminé 6e. Jordan Jegat (TotalEnergies), 7e. Clément Braz Afonso (Groupama-FDJ United), 8e. Trois Français dans le top 10 de l’étape, mais toujours pas de victoire tricolore sur ce Tour 2026.
Le dernier Français à avoir levé les bras sur la Grande Boucle reste Valentin Paret-Peintre au Mont Ventoux en 2025. La disette se prolonge, et les occasions se raréfient. Les Vosges, samedi, offriront un nouveau terrain de chasse. Romain Grégoire, champion de France, y est attendu.
Et si Pidcock était le vrai danger pour le podium de Vingegaard ?
C’est la question qui taraude le peloton ce soir. Tom Pidcock est 4e à 4’15 de Tadej Pogacar, soit à peine 9 secondes de Remco Evenepoel (3e à 4’06). Le Britannique a montré qu’il pouvait dynamiter la course en échappée. Il a trois coéquipiers de haut niveau avec lui. Et il a déclaré la guerre aux favoris.
Evenepoel, Vingegaard, Ayuso, Seixas : tous doivent désormais compter avec un Pidcock revanchard et libéré. Les deux étapes des Vosges ce week-end diront si le Britannique peut viser le podium, voire mieux.
La note TODAYCYCLING de l’étape
8/10. Une étape longue, rapide, et complètement folle. L’échappée de 57 coureurs restera dans les mémoires. Le duel Schmid-Tejada dans le final a offert un vainqueur méritant et une première victoire pour Jayco AlUla. Le coup tactique de Pidcock, qui chamboule le général, ajoute une dimension stratégique passionnante. Un point en moins pour l’attentisme des favoris, qui n’ont pas animé le Ballon d’Alsace. Mais quel spectacle.
L’image qu’on retiendra
On retiendra ce moment suspendu dans le dernier kilomètre de Belfort. Mauro Schmid et Harold Tejada, seuls au monde, se jaugent. Le Suisse est à l’arrière, il attend, il calcule. Le Colombien le force à passer devant. Schmid lance, tard, trop tard. Les 50 premiers mètres sont un calvaire. Et puis il voit la ligne, il retrouve ses jambes, et il s’envole. Les bras levés, le regard incrédule, la première victoire sur le Tour d’un gamin de 26 ans qui avait fini deuxième l’an dernier. Derrière, Tom Pidcock sprinte pour la 3e place, mais son vrai trophée est ailleurs : il vient de voler le podium du Tour 2026.
Les notes des coureurs
| Coureur | Mention | Analyse |
| Mauro Schmid | Excellent | Première victoire sur le Tour, un an après sa 2e place. Sprint tactique parfait. L’histoire est belle. |
| Tom Pidcock | Excellent | 3e de l’étape, 4e du général. 7’33 » repris. Le grand gagnant du jour sans avoir levé les bras. |
| Harold Tejada | Très bon | 2e après un duel à deux. Il a tout donné, mais Schmid était plus malin. |
| Mads Pedersen | Très bon | Contre de 20 coureurs, poursuite d’une heure, sprint intermédiaire sauvé. Le maillot vert est un guerrier. |
| Jasper Philipsen | Très bon | Vainqueur du sprint intermédiaire, il grignote 5 points à Pedersen. Le vert est encore possible. |
| Kévin Vauquelin | Bien | 6e, meilleur Français. Offensif dans le Ballon d’Alsace. La victoire n’est pas loin. |
| Tadej Pogacar | Au rendez-vous | Journée tranquille, maillot jaune préservé. Le Slovène a laissé faire et a bien fait. |
| Paul Seixas | Décevant | Éjecté du top 5 sans avoir démérité. Son équipe Decathlon CMA CGM a manqué l’échappée. Cruel. |
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Antoine Blondin se plaisait à le rappeler, « Rien ne vaut un ballon d’Alsace »… En effet, avec la chasse des Trek, ensuite celle du seul Pedersen afin de revenir devant, puis la montée et la descente du Ballon, il fallait suivre, ne manquer aucun moment de cette passionnante étape… Quelques modifications dans un classement général qu’il serait intéressant de découvrir, tout comme celui de l’étape, car dans le vélo, ce que l’on retient toujours en premier, c’est le classement à l’arrivée ! Le jugement sur ce qu’a fait chacun durant l’étape se lira à l’aune du classement final. Pidcock ne fait pas vraiment peur aux plus forts en haute montagne, et les protagonistes au général, dont Seixas, ont attendu, et c’est bien normal. les étapes décisives son à venir.