Il avait gagné ici en 2023. Il y a remis ça ce samedi. Tadej Pogacar a dompté le Col du Haag, cette ascension inédite aux rampes de 15 %, pour s’offrir sa quatrième victoire d’étape sur ce Tour 2026, sa 25e en carrière rien que sur la Grande Boucle. André Leducq est égalé, Mark Cavendish et Eddy Merckx en ligne de mire. Derrière, Jonas Vingegaard a encore cédé 54 secondes et pointe désormais à 4’30. Paul Seixas, lui, a livré un numéro de patron : 3e de l’étape, nouveau maillot blanc, 4e du général. Le Slovène est intouchable, le Français est en feu, et le Danois est au supplice. Le Markstein a tenu toutes ses promesses.
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Pogacar au Markstein : 25e victoire sur le Tour, Seixas en blanc, Vingegaard à 4’30 : le Slovène a-t-il déjà tué le suspense ?
L’ESSENTIEL EN 30 SECONDES :
Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) a remporté la 14e étape du Tour de France 2026 au Markstein Fellering, sa quatrième victoire sur cette édition, sa 25e en carrière sur le Tour (record d’André Leducq égalé). Le Slovène a attaqué à 1,5 km du sommet du Col du Haag et s’est imposé avec 38 secondes d’avance sur Isaac Del Toro et Paul Seixas. Le Français de Decathlon CMA CGM, 3e, s’empare du maillot blanc et remonte à la 4e place du général. Jonas Vingegaard, 4e de l’étape, concède 54 secondes et pointe à 4’30 au général. Remco Evenepoel reste 3e à 5’04. Tom Pidcock, lâché, dégringole à la 9e place.
LE CHIFFRE QUI TUE : 25
25. Comme le nombre de victoires d’étape de Tadej Pogacar sur le Tour de France. Le Slovène égale André Leducq à la 4e place de l’histoire. Devant lui : Bernard Hinault (28), Eddy Merckx (34) et Mark Cavendish (35). À 27 ans, Pogacar a déjà remporté 4 étapes sur cette seule édition. À ce rythme, il pourrait dépasser Hinault dès l’an prochain. L’histoire s’écrit sous nos yeux, et elle parle slovène.
Le résumé de l’étape
Dès les premiers kilomètres, une échappée massive de plus de 30 coureurs s’est formée. Parmi eux, Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step) a franchi en tête le Grand Ballon, le Col du Page et le Ballon d’Alsace pour engranger des points au classement de la montagne. Tom Pidcock (Pinarello Q36.5), 4e du général, s’est glissé dans un groupe de poursuivants, condamnant l’échappée à être reprise. UAE Team Emirates XRG a contrôlé l’écart, puis Decathlon CMA CGM a pris les commandes dans le Col du Haag. À 1,5 km du sommet, Tadej Pogacar a placé une attaque dévastatrice. Personne n’a pu suivre. Il a basculé avec 24 secondes d’avance et a géré le plateau jusqu’au Markstein. Derrière, Jonas Vingegaard et Paul Seixas ont collaboré, rejoints par Isaac Del Toro. Au sprint, Del Toro a pris la 2e place, Seixas la 3e devant Vingegaard. Pogacar s’impose avec 38 secondes d’avance. Seixas prend le maillot blanc à Juan Ayuso pour 3 secondes.
Comment Pogacar a-t-il transformé le Col du Haag en jardin privé ?
C’était la première fois que le Tour de France empruntait le Col du Haag. Une ancienne piste forestière, 11,2 kilomètres à 7,3 %, des rampes à 15 %. Un terrain de chasse idéal pour Tadej Pogacar, qui y a placé une attaque chirurgicale à 1,5 km du sommet.
Comme au Lioran, comme au Tourmalet. Le scénario est rodé : l’équipe UAE contrôle, Decathlon CMA CGM ou Visma durcit le rythme, et Pogacar attend le moment parfait. Cette fois, c’est Vingegaard qui a mené le groupe des favoris pendant trois kilomètres, étouffant un à un ses adversaires. Remco Evenepoel a craqué le premier, préférant monter à son rythme. Tom Pidcock, déjà distancé, a dégringolé au classement.
Et puis Pogacar s’est levé. Pas une attaque foudroyante comme au Pertus, mais une accélération progressive, implacable. Mais Pogacar n’est jamais repris quand il attaque. Les 10 secondes initiales sont devenues 24 au sommet, puis 38 sur la ligne.
Le Slovène ne gagne plus des étapes : il collectionne les records.

Paul Seixas : le Français qui fait trembler les cadors
C’est la plus belle performance de sa jeune carrière. Paul Seixas, 19 ans, a livré un récital dans le Col du Haag. Alors que Tadej Pogacar s’envolait, le Français de Decathlon CMA CGM a distancé tous ses rivaux pour la 3e place. Il est revenu sur Jonas Vingegaard, a collaboré avec le Danois, et lui a même repris 10 secondes au sprint, bonifications comprises.
Le voilà 4e du général à 5’19, à seulement 15 secondes du podium de Remco Evenepoel. Il prend le maillot blanc à Juan Ayuso pour 3 secondes. Son premier podium protocolaire sur le Tour.
À 19 ans, sur son premier Tour, il est en train de faire mieux que tous les espoirs français depuis des décennies. Dimanche, le Plateau de Solaison pourrait le voir monter sur le podium. Rien que ça.

Vingegaard à 4’30 : le Tour est-il plié ?
Jonas Vingegaard n’a pas démérité. Le Danois a pris ses responsabilités dans le Col du Haag, menant le groupe des favoris pendant trois kilomètres. Il a distancé Evenepoel, Pidcock, Ayuso. Mais il n’a rien pu faire face à Pogacar. Pire : il s’est fait coiffer par Isaac Del Toro et Paul Seixas au sprint, concédant 6 secondes supplémentaires.
Au classement général, l’addition est lourde : 4’30 de retard sur le maillot jaune. C’est le plus gros écart entre les deux hommes à ce stade d’un Tour depuis leur premier duel en 2021. Et le constat est cruel : Vingegaard a perdu du temps sur Pogacar lors de onze des douze dernières étapes de montagne du Tour. La dynamique est claire, et elle est slovène.
Le Tour n’est pas mathématiquement plié. Mais psychologiquement, le coup est rude. Très rude. Avec le Plateau de Solaison dimanche et le contre-la-montre lundi, la marge de manœuvre est infime.

Isaac Del Toro : le lieutenant qui vaut de l’or
Il avait craqué au Lioran. Il s’est racheté au Markstein. Isaac Del Toro, 22 ans, a signé une performance de choix : 2e de l’étape, à 38 secondes de son leader Pogacar. Le Mexicain a profité du travail de Vingegaard dans le Col du Haag, s’est accroché, et a réglé Paul Seixas au sprint pour offrir un nouveau doublé à UAE Team Emirates XRG, après celui de Barcelone (étape 2).
Del Toro remonte à la 8e place du général, mais son rôle dépasse le classement. Il est le lieutenant parfait : capable de suivre les meilleurs, de servir de pion offensif, et de gagner quand Pogacar le décide. Un atout maître dans la manche d’UAE.
Valentin Paret-Peintre : le chasseur de pois qui a animé la journée
Il faut saluer le panache de Valentin Paret-Peintre. Le Français de Soudal Quick-Step a intégré l’échappée matinale et a franchi en tête les trois premières difficultés du jour : le Grand Ballon, le Col du Page et le Ballon d’Alsace. De quoi s’emparer virtuellement du maillot à pois pendant une soixantaine de kilomètres.
Repris dans le Col du Haag, il n’a pu lutter avec les favoris. Mais son baroud lui permet de pointer à la 2e place du classement de la montagne. Un objectif qu’il ne lâchera pas d’ici Paris.
Tom Pidcock : le coup d’éclat de Belfort, la gueule de bois au Markstein
Vendredi, il était le grand gagnant du jour. Samedi, il est le grand perdant. Tom Pidcock, 4e du général après son échappée massive à Belfort, a craqué dans le Col du Haag. Le Britannique de Pinarello Q36.5 a été distancé tôt dans l’ascension finale et a dégringolé à la 9e place du général, à plus de 7 minutes de Pogacar.
La messe est dite : le coup de Belfort était un feu de paille. Pidcock n’a pas les jambes pour rivaliser avec les purs grimpeurs sur les longues ascensions. Il reste un puncheur de génie, un descendeur d’exception, mais le podium du Tour s’éloigne.

La note TODAYCYCLING de l’étape
8/10. Une étape de haute montagne qui a tenu ses promesses. L’échappée de Paret-Peintre a animé la journée, le Col du Haag a offert un final explosif, et Pogacar a encore frappé. Le spectacle a été au rendez-vous, avec un Seixas héroïque et un Vingegaard courageux mais impuissant. Un point en moins pour le scénario trop prévisible de la victoire du Slovène. Mais comment lui en vouloir ?
L’image qu’on retiendra
On retiendra ce moment où Tadej Pogacar, à 1,5 km du sommet du Col du Haag, se dresse sur les pédales. Derrière lui, Jonas Vingegaard mène le groupe, les dents serrées, le regard fixé sur le maillot jaune qui s’éloigne. Paul Seixas est dans sa roue, le visage marqué par l’effort, mais déterminé. Devant, Pogacar creuse, mètre par mètre, seconde par seconde. La brume des Vosges enveloppe la scène. Le Slovène bascule en tête, seul au monde, et file vers sa 25e victoire sur le Tour. Derrière, un gamin de 19 ans va prendre le maillot blanc. L’histoire s’écrit, et elle est magnifique.
Les notes des coureurs
| Coureur | Mention | Analyse |
| Tadej Pogacar | Excellent | 4e victoire, 25e en carrière. Attaque chirurgicale dans le Haag. Intouchable. |
| Paul Seixas | Excellent | 3e de l’étape, maillot blanc, 4e du général. À 19 ans, il fait trembler les cadors. |
| Isaac Del Toro | Très bon | 2e, doublé UAE. Racheté après le Lioran. Le lieutenant parfait. |
| Valentin Paret-Peintre | Très bon | 3 cols en tête, maillot à pois virtuel. Panache et abnégation. |
| Remco Evenepoel | Au rendez-vous | A limité la casse en montant à son rythme. 3e du général conservé. |
| Jonas Vingegaard | Décevant | Courageux mais impuissant. 4e à 54 (44 + 10) secondes, 4’30 au général. Le Tour s’éloigne. |
| Tom Pidcock | Décevant | Lâché dans le Haag, dégringole de la 4e à la 9e place. Gueule de bois. |
| Juan Ayuso | Décevant | Perd le maillot blanc pour 3 secondes. 5e du général. |
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Pogacar vainqueur, aucune surprise. Relevons la manière, une attaque tardive, près du sommet de ce col du Haag, peut-être pour préserver le jeune Del Toro. Pogacar facilita ainsi une possibilité de retour du mexicain sur le duo Vingegaard-Seixas, et ce nouveau doublé UAE à l’arrivée.
Remarquons que le slovène n’eut pas trop besoin d’équipier pour mener le rythme dans ce col du Haag ! Avant son attaque, ce sont Benoot et Prodhomme pour Décathlon, puis Kuss et Vingegaard pour Visma qui firent l’ascension en tête, tactiques assez approximatives pour installer le possible podium à Paris, mais aussi pour ouvrir la route au maillot jaune…
Impressionnant P. Seixas ! A 19 ans, c’est inédit… Il est bien évident que les comparaisons sont assez peu appropriées, car les derniers jeunes champions français vainqueurs du Tour, à cet âge-là, n’étant pas professionnels, ne disputaient pas le Tour… Par contre, que ce soit par exemple Hinault ou Anquetil, les deux remportèrent le Tour très jeunes, à 23 ans, et pour leur première participation, ce qui ne sera sans doute pas le cas pour Seixas… En 57, J. Anquetil remportait le Tour avec un quart d’heure d’avance, et après avoir déjà brillé les années auparavant, victoires dans le Grand Prix des Nations, champion de France amateur à 18 ans, etc… Autres temps, mais les plus grands sont souvent très précoces…