Le feuilleton de l’exclusion de Peter Sagan de la Grande Boucle, qui dure depuis maintenant deux jours, a pris un nouveau tournant cet après-midi, après que Bora-Hansgrohe ait informé avoir fait appel de la sanction devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Le souhait de la formation du champion du monde est aussi simple qu’insolite : la réintégration de son coureur vedette dans le Tour de France…
Bora devant le TAS pour récupérer Peter Sagan avant Paris
Le communiqué de la formation allemande du World Tour indique : « L’équipe et Peter Sagan ont fait appel en référé de la décision du jury de commissaires prise en fin de journée le 4 juillet. Nous réitérons notre position et rappelons que Peter Sagan n’a pas causé, et encore moins délibérément, la chute de Mark Cavendish dans les 200 derniers mètres de la 4e étape du Tour de France. Peter Sagan n’a pas bougé de son couloir et ne pouvait pas voir Mark Cavendish sur sa droite ».
Bora n’oublie pas de rappeler l’un des règlements de l’UCI, qui n’a semble-t-il pas été respecté mardi dernier : « Bien que le règlement de l’UCI oblige à ce que le coureur soit entendu avant que soient prises des mesures disciplinaires (règle 12.2.006) à son encontre, Peter Sagan n’a pas eu cette opportunité et n’a pu s’expliquer devant le jury des commissaires« .
Forte de ces arguments, l’équipe Bora réclame ni plus ni moins que la réintégration du coureur slovaque dans la compétition : « Si la sanction est suspendue, décision qui est maintenant entre les mains du TAS, Peter Sagan réintègrera aussitôt la course et l’équipe Bora pour la suite du Tour de France 2017 »
Cet appel constitue une première dans l’histoire du Tour de France. S’il devait obtenir un avis favorable, on imagine le casse-tête que représenterait pour l’organisation la réintégration du coureur Slovaque au sein du peloton. Mais un tel précédent est-il seulement souhaitable ?
Peter Sagan et Mark Cavendish se lancent des fleurs via Twitter
Loin de ces considérations, les deux coureurs impliqués dans la chute finale de la 3e étape lundi font assaut d’esprit chevaleresque sur leurs comptes twitter respectifs…
Principal favori du Tour de France 2017, en compagnie de Chris Froome et Richie Porte, Nairo Quintana a beaucoup souffert hier. Le Tour d’Italie semblait encore lui peser dans les jambes dans l’ascension de la Planche des Belles Filles. Seulement 9e de l’étape, le Colombien s’est toutefois voulu optimiste.
Nairo Quintana : « Le bilan n’est pas très positif«
A l’arrivée de la 5e étape, le natif de la région de Boyaca a parfaitement résumé le sentiment général : « Ca a été une journée difficile. C’est parti très vite dès Vittel, avec une forte chaleur [il faisait 35°], ce qui n’a pas aidé. L’objectif était de ne pas perdre de temps puis, quand j’ai été décroché, d’en perdre le moins possible. Le bilan n’est pas très positif, ça a été plus dur que je ne l’attendais ».
Pour autant, pas de quoi affoler Nairoman qui participe à son 10e Grand Tour et a une certaine idée de la façon dont il doit gérer ses efforts : « Nous n’en sommes qu’au cinquième jour et j’espère que ma condition s’améliorera progressivement car mon corps est toujours en phase de récupération après le Giro. Les autres sont plus frais que moi ». Et de saluer le champion d’Italie, vainqueur des Belles Filles : « Je savais que Fabio arrivait très fort sur le Tour ; son attaque n’a pas été une surprise. Il l’a lancé au même endroit que Vincenzo Nibali lors de sa victoire ici. Bien sûr qu’il est candidat à la victoire finale. Maintenant nous devons rester sereins et voir quelle stratégie adopter. Paris est encore loin… »
Vidéo : résumé de la 5e étape du Tour de France 2017
Après une étape animée par une échappée royale, c’est à la pédale que les favoris de ce Tour de France se sont expliqués sur les rampes de la Planche des Belles Filles. Fabio Aru a imité son compatriote Vincenzo Nibali en 2014 et remporté son premier succès sur la Grande Boucle.
Une seule arrivée au sommet aura suffi à décanter les situations ambiguës de certaines équipes. Car si la Sky, AG2R ou Movistar abordaient le Tour de France avec un leader incontesté, il en allait autrement pour certaines autres formations. Ainsi, Astana, Orica ou Lotto-Jumbo sont arrivées à Düsseldorf avec plusieurs cordes à leur arc. Hier, la Planche des Belles Filles s’est érigée en juge de première instance et s’est chargée de mettre chacun à sa place.
Astana : Aru étincelle, Fuglsang limite la casse
Dans la formation kazakhe, ce n’est pas tant la défaillance d’un coleader que le coup d’éclat de l’autre qui a permis de clarifier la hiérarchie. Vainqueur resplendissant dans les Vosges hier, Fabio Aru a fait son irruption à la 3e place du général, et n’a pas manqué d’afficher ses ambitions de victoire finale hier, affirmant « être prêt à faire la guerre à Froome ».
Dans le même temps, Jakob Fuglsang n’a pas démérité. 16e de l’étape à 1’07 de son coéquipier, il a livré une performance digne de ce que l’on aurait pu attendre de lui… S’il n’avait pas gagné le Dauphiné. Souverain il y a un mois, le Danois a montré quelques signes de faiblesse hier. Sont-ils imputables à la chaleur ? A la montée sèche que représentait la Planche ? Déjà relégué à 1’19 d’Aru au général, Fuglsang n’a plus de joker. S’il ne montre pas dès ce week-end qu’il peut faire aussi bien, voire mieux que l’Italien, il reprendra son rôle de coéquipier, qu’il a eu le droit de quitter grâce à son triomphe dauphinois.
Orica-Scott : Simon Yates s’affirme sur le Tour de France
Affublé du dossard 81, c’est bien en leader qu’Esteban Chaves a pris le départ du Tour de France. Mais, longtemps blessé à un genou, la saison 2017 du Colombien se résume à une prérentrée (réussie) en Australie, et à une rentrée en France avec l’enchainement Dauphiné-Tour de France. Manifestement trop juste pour jouer les premiers rôles lors de cette Grande Boucle, le grimpeur devra se muer en équipier pour Simon Yates, et aller chercher une étape, s’il en a les moyens.
Par ricochet, le jeune Simon Yates endosse le rôle de véritable leader de l’équipe australienne. Capable de terminer 6e de la Vuelta l’an passé, le Britannique a les moyens de répondre aux attentes qu’il suscite. Son objectif de maillot blanc va d’ailleurs de paire avec un bon classement général. Plutôt à son aise sur la Planche des Belles filles (6e à 26’’ du vainqueur), le principal défi du natif de Bury sera d’encaisser la multiplication des cols lors des longues étapes de montagnes. Mais si son frère jumeau l’a fait en 2016, pourquoi pas lui cette année ?
Chez Jumbo-Lotto, il ne peut en rester qu’un
Même si Robert Gesink faisait un leader crédible (cinq tops 10 dans les Grands Tours tout de même), et que le bonhomme a prouvé sa bonne forme lors du chrono inaugural de Dusseldorf (20e de l’étape), il avait affirmé avant le Tour n’être là que pour tenter de gagner une étape. De fait, le Néerlandais n’avait pas attendu la 5e étape pour perdre du temps et laisser le statut de leader à deux de ses coéquipiers.
Fort de son excellent Tour de Romandie, qu’il avait fini en 3e position devant des coureurs comme Froome, Meintjes, Jungels ou Uran, Primoz Roglic bénéficie d’un nouveau statut chez LottoNL. Celui d’un coureur capable de plus que de simples victoires contre la montre. Bizut sur le Tour, le coureur s’est offert en Suisse le droit de montrer ce dont il était capable sur les routes française. Seulement 47e hier, le coureur pointe désormais à près de six minutes au général. Un gouffre qui met sous l’éteignoir ses espoirs de briguer un beau classement général lors du Tour de France 2017.
Roglic out, c’est donc George Bennett qui devient la première, et même la seule option de la formation jaune et noire. 14e à avoir franchi la ligne hier, le Néo-Zélandais a effectué un beau rapproché au général. 10e de la Vuelta 2016, le coureur de 27 ans semble toutefois un peu juste pour intégrer le top 10 à Paris, même s’il peut dorénavant compter sur le soutien de ses coéquipiers pour atteindre cet objectif…
Pour suivre toute l’actu du Tour de France, c’est ici !
Philippe Gilbert, l’un des ténors du peloton professionnel, vainqueur cette année du Tour des Flandres au mois d’avril, s’est offert le luxe de passer la journée à l’avant, lors de l’étape menant le peloton au sommet de la Planche des Belles Filles et ce, le jour de ses 35 ans. En guise de cerise sur le gâteau (d’anniversaire), le Remoucastrien a été désigné, à juste titre, combatif du jour.
Philippe Gilbert, un homme de classiques sur le Tour
Le puncheur de la formation Quick-Step Floors s’est souvenu à notre bon souvenir en passant la journée à l’avant de la course. Membre d’une échappée partie dès le 2ème km, qui avait plutôt très fière allure avec des garçons tels que Thomas Voeckler, Jan Bakelants mais aussi Thomas De Gendt, peut-être même trop belle allure, le peloton n’octroyant jamais davantage que 3’30 » aux attaquants du jour. A 13 kilomètres de l’arrivée, Gilbert plaçait une attaque tranchante dont il a le secret et à laquelle le seul Bakelants pouvait répondre. Les deux Belges jouaient alors leur va-tout mais dans l’ascension de la Planche des Belles Filles (5,9 km à 8,5% de moyenne), le peloton des favoris, emmené par les hommes de la Sky, revenait sur le duo Belge.
Le champion du monde 2012 n’aura pas tout perdu puisque, assez logiquement, Gilbert a été récompensé en étant élu combatif de l’étape. Un bien joli cadeau d’anniversaire le jour de ses 35 ans. Terminant finalement l’étape à plus de 6 minutes du vainqueur du jour (Fabio Aru), Philippe Gilbert, au micro de nos confrères de la RTBF, se réjouissait du gain de ce prix : « Ce prix n’était pas vraiment programmé parmi mes objectifs, mais il fait plaisir. Je n’avais vu l’ascension de la Planche des Belles Filles qu’au travers de la télévision mais me semblait moins dur. En vrai, c’est vraiment un mur, c’est extrêmement dur. De plus, il a fait très chaud tout au long de la journée, il y a eu pas mal de dégâts. »
Le champion d’Italie, Fabio Aru, s’est brillamment imposé lors de la 5ème étape, au terme des 160 km reliant Vittel à la désormais célèbre Planche des Belles Filles. Les principaux favoris du Tour de France se sont présentés regroupés au pied de la principale difficulté du jour. Le Sarde fait coup double puisqu’il endosse le maillot de meilleur grimpeur, ce qui pourrait dès lors constituer un objectif. Au classement général, Chris Froome s’empare du jaune, au détriment de son équipier chez Sky, Geraint Thomas.
Fabio Aru : « Il me manquait le Tour »
C’est un Fabio Aru affûté comme jamais et qu’on attendait peut-être pas en si grande forme qui s’est confié aux journalistes une fois la ligne d’arrivée franchie : « J’ai gagné le Tour d’Espagne, j’ai gagné sur le Tour d’Italie, il ne me manquait plus qu’une victoire sur le Tour. Le but de mon attaque était, dans un premier temps, de jauger mes adversaires. J’ai passé un mauvais printemps mais après ma victoire lors des championnats d’Italie et aujourd’hui, cela me paye des moments difficiles. Le Tour de France est très, à la base, il n’était pas mon objectif en début de saison mais étant donné mon mauvais printemps, mon programme a changé. Je prends les étapes une par une, nous verrons bien ».
Pour tout savoir du meilleur de l’actualité cyclisme, c’est ici
Aru inspiré par la victoire de Nibali en 2014
« J’ai décidé de placer mon attaque à moins de 3km de l’arrivée. J’ai mis toutes les forces dont je disposais pour me présenter seul à l’arrivée, je savais que les derniers hectomètres étaient difficiles. J’ai eu l’occasion de regarder les vidéos de la victoire de Vincenzo (Nibali) ici-même en 2014, c’est un ami. Je suis tellement fier de lui succéder au palmarès. »
La superbe victoire de Fabio Aru lors de la 5ème étape du Tour de France 2017 :
Première arrivée au sommet de ce Tour de France 2017, la montée de la Planche des Belles Filles était très attendue. Disputée sous une chaleur étouffante, l’étape d’aujourd’hui a d’ores et déjà fourni quelques indications sur l’état de forme des principaux favoris. Vainqueur en solitaire, Fabio Aru a ainsi opéré un beau rapproché au général. Troisième de l’étape, Chris Froome s’est quant à lui déjà emparé du jaune. A 18 jours de Paris…
Bakelants, Gilbert, Voeckler… Une échappée royale
C’est peu après le départ de Vittel que huit hommes parvenaient à s’isoler à l’avant. Et pas des moindres, puisque l’on retrouvait notamment cinq anciens vainqueurs d’étapes sur la Grande Boucle : Jan Bakelants, Edvald Boasson Hagen, Philippe Gilbert, Thomas De Gendt et Thomas Voeckler, auxquels s’étaient joints Dylan van Baarl, Pierre-Luc Périchon et Mickael Delage. Le profil de l’arrivée pouvait laisser de l’espoir à des garçons comme Jan Bakelants et Thomas de Gendt. Mais pour viser la victoire, encore faut-il prendre le large vis-à-vis du peloton. Et malheureusement pour les fuyards, la formation BMC jugeait justement que certains d’entre eux étaient dangereux et ne tardait pas à prendre les choses en main. Le message était clair : Richie Porte vise la victoire à la Planche. Le travail de l’équipe américaine permettait à l’équipe Sky du maillot jaune de passer la journée au chaud dans le peloton. Et de la chaleur, il y en avait à revendre sur les routes des Vosges, avec une température proche des 35° durant la majeure partie de l’étape…
S’il a permis au Team Sky de passer une journée tranquille, le travail de la BMC a en revanche empêché les hommes de tête de jamais y croire vraiment. Avec un écart maximal à 3’45, difficile en effet de penser à la victoire… Alors que Mickaël Delage puis Thomas de Gendt se faisaient reprendre par le peloton avant la dernière difficulté du jour, les six autres échappés parvenaient au pied de la Planche des Belles Filles quelques dizaines de secondes avant le peloton. Mais ils ne tardeaient pas à être repris, les derniers à résister étant Gilbert et Bakelants.
C’est alors une autre course qui commençait. Mis en branle dès le pied de l’ascension, le train Sky faisait les dégâts qui lui sont coutumiers. D’abord par Kwiatkowski, puis Nieve et enfin Thomas, le maillot jaune, qui se sacrifiait pour son leader. Après l’attaque du Français Lilian Calmejane, rapidement repris, c’est Fabio Aru qui plaçait une accélération violente à deux kilomètres du sommet. Après avoir atteint une quinzaine de secondes en quelques hectomètres, l’écart n’allait plus évoluer, et ce sont les accessits que se disputait la meute de poursuivants. Toujours à l’aise dans les raidillons, Dan Martin prenait une belle deuxième place, devant le triple vainqueur du Tour Chris Froome. Ce dernier en profite pour récupérer le maillot jaune des épaules de son coéquipier gallois. Il compte désormais près d’une minute d’avance sur la plupart de ses concurrents. Distancé dans le final, Nairo Quintana a semblé l’un des plus en difficulté dans ce premier col de la Grande Boucle version 2017. Prochaine explication : Samedi 8 juillet, avec la montée vers la Station des Rousses.
Pour ne rien rater du Tour de France 2017, c’est ici
Classement de la 5e étape du Tour de France 2017
1 ARU FABIO 03H 44′ 06 »
2 MARTIN DANIEL + 00′ 16 »
3 FROOME CHRISTOPHER + 00′ 20 »
4 PORTE RICHIE + 00′ 20 » 5 BARDET ROMAIN + 00′ 24 »
6 YATES SIMON + 00′ 26 »
7 URAN RIGOBERTO + 00′ 26 »
8 CONTADOR ALBERTO + 00′ 26 »
9 QUINTANA NAIRO + 00′ 34 »
10 THOMAS GERAIN + 00′ 40′
Classement général à l’issue de la 5e étape du Tour 2017
1 FROOME CHRISTOPHER
2 THOMAS GERAINT + 00′ 12 »
3 ARU FABIO + 00′ 14 »
4 MARTIN DANIEL + 00′ 25 »
5 PORTE RICHIE + 00′ 39 »
6 YATES SIMON + 00′ 43 » 7 BARDET ROMAIN + 00′ 47 »
8 CONTADOR ALBERTO + 00′ 52 »
9 QUINTANA NAIRO + 00′ 54 »
10 MAJKA RAFAL + 01′ 01 »
Vidéo : Fabio Aru s’impose sur la 5e étape du Tour de France 2017
Exclu du Tour de France 2017 suite à la chute de Mark Cavendish hier, Peter Sagan et son équipe ne comptent pas accepter la décision des commissaires sans protester. Bora-Hansgrohe a donc décidé de faire appel de la mise hors-course de son coureur…
Peter Sagan : » Je n’ai pas eu le temps de réagir«
Suite à l’exclusion de son sprinteur Peter Sagan, Bora-Hansgrohe a décidé de faire appel de la décision. La formation indique d’abord : « Peter Sagan a gardé sa ligne et ne pouvait pas voir Cavendish sur sa droite ». Pour étayer ses propose, Bora cite son coureur : « Je ne savais pas que Mark Cavendish était derrière moi. Il venait de la droite et moi j’essayais de rester dans la roue de Kristoff. Mark est arrivé vraiment très vite et je n’ai pas eu le temps de réagir ou d’aller plus à gauche. Dès que j’ai su qu’il avait chuté après l’arrivée, j’ai aussitôt été prendre de ses nouvelles. Nous sommes amis et collègues, alors une chute comme celle d’hier n’est jamais agréable. J’espère que Mark va se remettre rapidement »
Si le jury des commissaires n’a pas encore rendu sa décision suite à l’appel de Bora, les possibilités de les voir se dédire sont relativement faibles…
Baden Cooke : « Les commissaires n’ont jamais dû faire de sprint«
Interrogé par nos confrères anglophones de cyclingnews.com, l’ancien maillot vert du Tour Baden Cooke s’est dit déçu des commissaires de l’UCI : « Je parie que ceux qui ont pris la décisions n’ont jamais pris part à un sprint massif de leur vie. Je pense que les commissaires devraient toujours être d’anciens coureurs. Pas forcément d’anciens professionnels, mais d’un certain niveau. Le cyclisme est un sport dangereux et nous avons besoin de commissaires qui le comprennent. »
L’Australien n’a pas jugé que le sprint d’hier était entaché d’irrégularités frappantes : « Avec dix coureurs quasiment sur la même ligne… Personne n’est vraiment à blâmer, même si tu en as toujours plusieurs qui font de petites fautes. Par exemple, Démare est sorti de son couloir hier. Je ne crois pas que Sagan méritait d’être déclassé, alors exclu du Tour… »
Vidéo : le sprint houleux de la 4e étape du Tour de France 2017
L’actualité cycliste est dense en ce moment. Côté pile, le Tour de France 2017 qui a débuté samedi avec déjà quelques scènes mémorables. Côté face, le procès de Barnard Sainz, alias Docteur Mabuse, jugé ce mardi pour « aide à l’utilisation de substance ou méthode interdite aux sportifs dans le cadre d’une manifestation sportive ». Un procès, cantonné au cyclisme amateur, qui pourrait bien envoyer l’emblématique Breton en prison.
Docteur Mabuse chargé par ses anciens patients
Au tribunal correctionnel de Caen (Normandie) ont comparu hier onze prévenus liés à une affaire de dopage dans le cyclisme amateur. Parmi eux, deux retiennent principalement l’attention : Fabien Taillefer, vainqueur du Paris-Roubaix juniors en 2007, et Bernard Sainz. Ce dernier, plus connu sous le nom de Docteur Mabuse, est le principal accusé à ce procès. Il est suspecté d’avoir favoriser la pratique du dopage chez les autres prévenus, qu’ils soient cyclistes ou membre de leurs entourages.
Les anciens coureurs à la barre chargent l’homéopathe, décrivant les protocoles de dopages que celui-ci aurait mis en place à leur demande. Mais Mabuse contre-attaque : « Ils ont commencé à se doper avant de me rencontrer. Dès que je l’ai su, j’ai refusé de les suivre ». L’homme de 73 ans nie tout en bloc, se présentant même en pourfendeur du dopage. A tel point que le président de la cours, Christophe Subts, n’a pu s’empêcher d’ironiser hier, comparant la propriété de Sainz à un centre de désintoxication. Alors, mettait-il en place des protocoles de soins ou un système de dopage élaboré ? Selon le parquet, c’est bien la deuxième hypothèse qui est la bonne. A ce titre, le réquisitoire est sans appel : 6 mois de prison ferme et 20 000 euros d’amende. Pour les autres prévenus, le réquisitoire est plus clément (amendes et sursis).
Si les réquisitions du parquet sont suivies, ce sera une nouvelle condamnation pour l’ancien médecin, déjà impliqué dans maintes affaires judiciaires ces vingt dernières années. Mis en délibéré hier, le jugement sera rendu par le tribunal de Caen le 5 septembre prochain…
Mark Cavendish est déjà out du Tour de France 2017. Victime d’une lourde chute à l’arrivée de la quatrième étape à Vittel, « The Man Express » est contraint à l’abandon. Le verdict est tombé, omoplate fracturée.
Mark Cavendish quitte le Tour sans être fâché avec Peter Sagan
L’homme qui a causé la chute du sprinteur britannique n’est autre que Peter Sagan. Le double champion du monde vainqueur la veille sur les hauteurs de Longwy avec une facilité déconcertante est depuis quelques heures au centre de toutes les polémiques. A commencer par celle-ci, fallait-il l’exclure du Tour de France ? Les commissaires avaient jugé bon dans un premier temps de lui infliger trente secondes de pénalité au classement général et de lui retirer 80 points au classement du maillot vert. Mais une heure et demie après l’arrivée, une sanction beaucoup plus lourde de conséquences est tombée. Les commissaires ont expliqué avoir appliqué le règlement de l’UCI « à la lettre » et ont pris la décision de disqualifier Peter Sagan. Mark Cavendish qui ne se disait pas trop optimiste pour la suite à la sortie du car de radiologie a déclaré, «J’étais très reconnaissant qu’il vienne directement me voir après le final, j’ai une bonne relation avec Peter. Le fait qu’il mette le coude me pose problème, c’est pour ça que je veux parler avec lui.»
Mark Cavendish n’est-il pas le premier responsable de sa chute ?
Sur cette photo qui montre le sprint sous un angle de vue différent de tout ce que l’on a pu voir en vidéo, Mark Cavendish semble partir à la faute le premier. Voilà qui va créer beaucoup de polémiques et faire couler beaucoup d’encre dans les prochaines heures. Quant à Peter Sagan au centre de la tourmente, il s’est expliqué sur son geste et a présenté ses excuses au sprinteur meurtri dans sa chair. « Oui c’est un peu de ma faute. Mark est venu de l’arrière et je ne l’ai pas vu me doubler par la droite. Je n’ai pas eu le temps de me déporter sur la gauche pour l’éviter. Il m’a touché et il est tombé, « Oui je lui présente mes excuses parce que ce n’est pas joli de tomber comme ça. »
Vidéo – Le Tour de France 2017 de Mark Cavendish stoppé net à Vittel
Vainqueur de la quatrième étape du Tour de France 2017, Arnaud Demare a fait coup double en portant pour la première fois de sa carrière le maillot vert. Confronté aux meilleurs sprinteurs mondiaux, le Picard prouve depuis le départ samedi qu’il est largement au niveau. Ce soir, avec la disqualification de la superstar Peter Sagan, gagner ce classement distinctif devient une opportunité à ne pas manquer.
Tour de France 2017 : Pourquoi Démare peut-il gagner le vert ?
Peu avant 19 heures, Peter Sagan est déclaré hors course du Tour de France 2017 ! Cette décision envers le Slovaque l’élimine de la course au maillot vert. Il ne pourra pas remporter ce classement pour la sixième année consécutive. Mais cela fait l’affaire d’un certain français… Arnaud Démare. Le coureur de la FDJ peut légitimement rêver, et viser beaucoup plus haut dans cette 104e édition. Libéré d’une énorme pression avec cette victoire d’étape à Vittel, le Picard va pouvoir aborder les prochains sprints massifs avec plus de sérénité et de confiance. Dès jeudi, une nouvelle occasion de victoire à Troyes va se présenter.
Avec 124 points, le Français de 25 ans possède dèjà quarante-trois unités d’avance sur son plus proche poursuivant, Marcel Kittel, vainqueur de l’autre sprint disputé à Liège. Ses autres rivaux Matthews, Greipel et Kristoff ont fini sur les deux premiers sprints du Tour de France 2017 derrière le lauréat de Milan-San Remo 2016. En une seule journée, Demare a profité du sprint intermédiaire et de l’arrivée pour glaner 67 points. Avec tous les événements de cette quatrième étape entre Mondorf-les-Bains (Luxembourg) et Vittel, cette journée pourrait s’avérer décisive pour la conquête du maillot vert. Le dernier Français à avoir remporté le classement par points est Laurent Jalabert en 1995. Un podium sur les Champs Elysées est envisageable pour Arnaud Demare mais la route reste encore longue.
Alors que les commissaires avaient initialement décidé d’une simple pénalité suite au coup de coude de Peter Sagan sur Mark Cavendish, ils se sont finalement ravisés et ont tout bonnement exclu le Slovaque de la Grande Boucle. Puni pour son vilain geste, le champion du monde rend le Tour orphelin de ses facéties…
Peter Sagan exclu du Tour de France 2017 !
Rappel des faits : nous sommes à 200 mètres de la ligne d’arrivée à Vittel, le sprint est déjà lancé, lorsque Mark Cavendish tente un dépassement de Peter Sagan sur sa droite. Le Slovaque donne alors un coup de coude en direction du Britannique, l’envoyant percuter les barrières de sécurité. Alors que le sprinteur de Dimension Data était envoyé à l’hôpital, Peter Sagan se voyait notifier d’une première batterie de sanctions : 30″ de pénalité, un déclassement à la 115e place de l’étape et 80 points de pénalité au classement par points. Mais la polémique enflait à mesure que les images de l’incident circulaient sur la toile.
Dans un deuxième temps, le jury des commissaires a finalement pris la décision de mettre Peter Sagan hors course. La communication de l’organisateur ASO est pour le moment succincte, se contentant des explications suivantes : « Après le visionnage des vidéos, le Slovaque Peter Sagan a été sanctionné par le jury des commissaires pour une manœuvre irrégulière et dangereuse ayant notamment provoqué la chute de Mark Cavendish ».
Le jury des commissaires a pris la décision de mettre Peter Sagan hors course / Commissaires' panel decided to exclude Peter Sagan. pic.twitter.com/4zaAXhIANT
De son côté Mark Cavendish ne se montre pas vindicatif, même s’il souhaite quelques éclaircissements : « Je m’entends bien avec Peter, mais là, je ne comprend pas. Qu’il se déporte, passe encore, mais le coude… C’est pas terrible ce qu’il a fait avec son coude. Je m’entends bien avec Peter, une chute est une chute, mais je veux qu’il m’explique pour le coude. »
Peter Sagan ne remportera donc pas un 6e maillot vert consécutif, laissant la porte ouverte à Arnaud Démare, qui s’est paré du maillot de meilleur sprinteur ce soir avec une avance confortable sur son dauphin, Marcel Kittel.
Vidéo : le sprint houleux de la 4e étape du Tour de France 2017
Alors que l’un affichait une mine radieuse suite à l’une de ses plus belles victoires, l’autre était affreusement déçu d’échouer à la troisième place, qui plus est devant sa famille. Fraîches depuis longtemps, les relations entre Arnaud Démare et Nacer Bouhanni ne se réchaufferont pas au terme de cette 4e étape…
Arnaud Démare : « C’est vraiment énorme ! »
Une victoire d’étape dans le Tour de France, ça se fête. Surtout lorsque l’on court après depuis plusieurs années, comme Arnaud Démare. Le champion de France était donc naturellement aux anges à l’arrivée : « C’est vraiment énorme ! Le Tour de France, ça touche le grand public. Y participer, c’est déjà quelque chose, mais gagner une étape… Je remercie mon équipe pour sa confiance. Marc Madiot a emmené des gars pour moi [cinq sont spécifiquement venus pour l’aider dans ses sprints]. Je savais que j’allais gagner un jour ou l’autre dans les trois semaines. Le plus tôt possible, c’était le mieux ». Après seulement quatre étapes, le contrat est plus déjà rempli…
Nacer Bouhanni : « Arnaud me coupe la route »
Loin de la joie dont resplendissait Arnaud Démarre à l’arrivée, Nacer Bouhanni adressait quelques griefs à son ancien équipier. Après la polémique née à l’arrivée du championnat de France de Saint-Omer, le Vosgien en créait une nouvelle sur le plateau de Vélo Club : « A 150 mètres de la ligne, Arnaud m’a coupé la route, je touche même sa roue arrière. A ce moment là, c’était fini ». Les images du sprint montrent effectivement un mouvement de Nacer Bouhanni, qui semble vouloir éviter le nouveau maillot vert du Tour lorsque celui-ci accélère en changeant de trajectoire. Alors qu’il avait à coeur de briller devant sa famille, le sprinteur de la Cofidis essaiera de se consoler avec sa 3e place du jour (après déclassement de Sagan). Compte tenu des circonstances, il peut y voir le signe d’une forme ascendante qui pourrait finir par payer d’ici Paris.
La 4e étape du Tour de France 2017, disputée entre Mondorf-les-Bains et Vittel, promettait d’être calme. Et elle le fut longtemps, en effet, à tel point que seul un coureur avait choisi de se porter à l’avant. Mais les deux derniers kilomètres, marqués par deux grosses chutes, ont apporté à la course une action dont elle se serait bien passée. Arnaud Démare, vainqueur limpide, devient le premier français depuis 11 ans à remporter un sprint massif sur la Grande Boucle. Aucun changement notable au classement général.
Guillaume Van Keirsbulck, seul combatif du jour
Promise à un sprinteur dès la révélation de son profil, cette quatrième étape n’a guère suscité de vocations offensives. De fait, seul un homme, Guillaume Van Keirsbulck (Wanty – Groupe Gobert) a choisi d’aller au casse-pipe. Grâce lui soit rendue ! Le Belge a même compté près d’un quart d’heure d’avance avant que les équipes de sprinteurs ne passent la deuxième dans le peloton. Son avance se réduisait alors très rapidement, pour finalement le condamner à 15 kilomètres de la ligne.
Tour de France : Démare gagne, Sagan envoie Cavendish à l’hôpital
L’explication entre grosses cuisses devenait inévitable. L’habituel ballet d’équilibristes pouvait commencer à l’avant du peloton. Une première chute se produisait à moins de deux kilomètres de l’arrivée, provoquant une cassure et écrémant sérieusement les concurrents à la victoire aujourd’hui. Dans un deuxième temps, à 200 mètres de l’arrivée, Peter Sagan donnait un violent coup de coude à Mark Cavendish, projetant ce dernier contre les barrières. Geste volontaire ? Tentative de ne pas perdre l’équilibre ? Les commissaires ont décidé que le geste était suffisamment dangereux pour justifier une mise hors-course. Après avoir initialement décidé d’une sanction de 30″ de pénalité, un déclassement à la 115e place et 80 points de pénalité au classement par point, le jury a donc décidé d’exclure le Slovaque du Tour de France. Pour Mark Cavendish, le Tour de France aussi terminé. S’il semblerait qu’il ne souffre d’aucune fracture, il ne devrait pas repartir demain…
Grâce à sa victoire, aux gros points pris lors du sprint intermédiaire, à l’exclusion de Sagan et à la contre performance de Marcel Kittel, Arnaud Démare s’empare du maillot vert avec une marge confortable sur l’Allemand. Connaissant ses facultés à passer les cols, Démare peut commencer à rêver de devenir le premier tricolore à ramener le vert sur les Champs depuis un certain… Laurent Jalabert. C’était en 1995.
1 DEMARE ARNAUD
2 KRISTOFF ALEXANDER
3 GREIPEL ANDRÉ
4 BOUHANNI NACER
5 PETIT ADRIEN
6 ROELANDTS JURGEN
7 MATTHEWS MICHAEL
8 MORI MANUELE
9 BENOOT TIESJ
10 STYBAR ZDENEK
Classement général à l’issue de la 4e étape du Tour
1 THOMAS GERAINT
2 FROOME CHRISTOPHER
3 MATTHEWS MICHAEL
4 BOASSON HAGEN EDVALD
5 LATOUR PIERRE
6 GILBERT PHILIPPE
7 KWIATKOWSKI MICHAL
8 WELLENS TIM
9 DEMARE ARNAUD
10 ARNDT NIKIAS
Vidéo : la 4e étape du Tour de France et la victoire d’Arnaud Démare
L’émission « Village-départ » était au Tour de France ce qu’était « Midi première » à la France qui déjeunait. La célèbre émission en public et en direct de Danièle Gilbert a fait les beaux jours de TF1 pendant sept ans. Celle de Laurent Luyat sur France 3 dura quatre ans de plus. « Midi première » était une quotidienne tout comme « Village-départ » mais qui squattait le petit écran que trois semaines au mois de juillet. Oublions la quantité pour ne retenir que le contenu, se ressemblant dans leur façon de divertir la population qui sortait de chez elle pour profiter de la gratuité d’un divertissement large dans son apport de bonne humeur.
« Village-départ », c’était la France relaxée du mois de juillet
Les pédants la tenaient pour franchouillarde, ceux qui l’adoraient la qualifiaient de divertissement essentiel à leur mois de juillet empreint de cyclisme. Moi j’ai retenu le bon côté de la chose, relax dans mon relax, en regardant cette émission, cela me procurait du plaisir dans l’instant présent, dénué de toutes pensées trop envahissantes qui ont tendance a cérébraliser ce qui n’a pas lieu d’être. Pendant une heure, cette émission avait le charme désuet de l’autocollant « Plaisir d’offrir » que les fleuristes collent sur le film transparent des fleurs destinées aux heureux bénéficiaires. Voilà, c’était se faire offrir un divertissement fleuri de surprises parfois kitsches, mais amusantes. L’intelligencia, quant à elle, ne doit pas regretter le départ de ce Village désormais classé dans les archives télévisuelles des divertissements des mois d’été. Rangé à côté d’autres départs célèbres et estivaux, « Intervilles » et « 40° degrés à l’ombre. »
Crédit photo : France3
Plus de Gérard Holtz aussi. Mais Gégé roule toujours !
Comme il l’a confié à l’Express, Gérard Holtz a tourné la page du Tour de France. Il a quitté l’hexagone pour s’installer en Italie et se consacre à la réalisation de documentaires, au théâtre et l’écriture de livres. Il vient de publier 100 histoires de légende du sport auto, aux éditions Gründ, qu’il a coécrit avec son fils. Mais Gégé en bon sportif qu’il est n’a pas délaissé la petite reine pour autant. Il fait une sortie à vélo le matin et regarde le Tour à la télé l’après-midi. Quand on a le cyclisme dans la peau, il est dans l’ADN à vie. Son départ du village-vacances de la Grande Boucle n’est en fait qu’une roue qui tourne, mais les deux autres son toujours d’attaque sur l’asphalte de ses nombreux projets. Jamais crevé Gégé !
"Je suis fou de sport, je suis fou de vélo !" >> Les adieux émus de Gérard Holtz au Tour de France et à @France2tvhttps://t.co/V6dTBC1IPP
Qu’on se le dise, l’équipe Fortunéo-Oscaro n’est pas venue sur le Tour 2017 pour faire de la figuration. Rester dans le peloton, très peu pour ces gars-là. Après seulement deux étapes en ligne, un tiers de l’effectif a déjà goûté aux joies de l’échappée. Et si le succès n’est pas encore au rendez-vous, la formation française, invitée de cette Grande Boucle, se donne les moyens de l’atteindre.
Périchon : « Encore beaucoup d’occasions de briller au Tour 2017″
Après Laurent Pichon le premier jour, ce sont Romain Hardy puis Pierre-Luc Perichon qui se sont portés à l’avant hier. L’objectif de la victoire d’étape ou du maillot à poids manqué, les coureurs retiennent surtout le positif de leur escapade à l’avant, et comptent sur les trois semaines de compétition restantes pour toucher leur cible. Romain Hardy, bizuth sur la Grande Boucle, se souviendra longtemps de sa première journée à l’avant : « Une échappée sur le Tour de France est incomparable aux autres journées que l’on passe sur le vélo. Mais, ce n’était pas qu’une partie de plaisir, il y avait plus de 200 kilomètres et beaucoup de vent. L’objectif était le maillot à pois, mais je n’étais pas assez fort pour aller le chercher. J’étais entouré de très bons coureurs, enfin… dans toutes les échappées sur le Tour il y en aura […] Quand j’ai vu que Pierre-Luc revenait, j’en ai gardé un peu pour l’aider le plus possible. j’ai donné tout ce que j’avais pour lui, c’était mon challenge de fin d’étape. »
Pierre-Luc Périchon s’est donc détaché à soixante kilomètres de l’arrivée, en compagnie de Calméjane et de De Gendt. Déçu d’avoir raté l’échappée matinale, le Burgien s’est consolé en participant à la contre-attaque de cette 3e étape du Tour 2017 : « On est assez vite revenus sur les échappés mais on sentait le décalage entre nous. On a essayé de se réorganiser mais on s’est vite retrouvés à quatre. Lorsque Calmejane a attaqué dans l’avant-dernier grimpeur, je me suis dit que j’allais pouvoir le contrôler et rentrer plus tard… mais j’ai compris que j’allais laisser trop d’énergie, je voyais déjà le peloton revenir donc je me suis relevé. […] On est seulement au deuxième jour, il nous reste encore beaucoup d’occasions de briller. »
— Team Fortuneo Oscaro (@FortuneoOscaro) July 3, 2017
Fortunéo-Oscar choisit la solution offensive
La tactique très offensive de l’équipe continentale pro s’explique aisément : en l’absence d’un véritable leader capable de briller en sprint, en chrono ou en montagne, seules les échappées peuvent permettre à l’équipe bretonne de faire parler d’elle. Porter un maillot distinctif et chasser les étapes, voilà les deux maîtres mots de Sébastien Hinault, le directeur sportif. Pour y parvenir, il n’y a pas de secret, comme il le résume parfaitement : « On essaye de ne pas avoir de regrets car le jour où une échappée ira au bout on ne veut pas s’en mordre les doigts ». Une logique qui devrait nous permettre de revoir encore bien souvent les maillots blancs à l’avant de la course, même lorsque l’espoir sera mince, comme aujourd’hui vers Vittel.
C’est déjà acté. En choisissant de perdre du temps dès la 3e étape du Tour de France 2017, Thibaut Pinot semble avoir déjà fait une croix sur la possibilité d’un podium à Paris. Ayant échoué de peu dans cette même quête au Tour d’Italie, le Franc-Comtois préfère ne viser que les victoires d’étapes, et peut-être le maillot à poids. Aveu de faiblesse ou preuve d’intelligence ?
Marc Madiot : «Doubler Giro et Tour, c’est possible»
Marc Madiot l’avait affirmé lors de la présentation de son équipe en début d’année, lorsqu’il avait officialisé la présence de son coureur vedette aux Tours d’Italie et de France : « Doubler Giro et Tour, c’est possible. Contrairement à ce que certains pensent, quand on fait un bon Tour d’Italie, on peut faire un bon Tour de France ». Dans son esprit, le directeur sportif de la formation FDJ pensait notamment au général, si l’on en croit ses propos suivants : « Dans l’histoire du cyclisme, les grands coureurs ont réussi. Thibaut Pinot est en pleine force de l’âge. On va disputer ces deux courses et les réussir car on en a envie ».
Pourtant, malgré un repos quasi complet depuis Milan (une heure de contre la montre aux France), Thibaut Pinot s’est d’ores et déjà fermé la porte à la course au podium. 150e à plus de 3′ de Peter Sagan, il est le seul coureur habitué aux tops 10 de Grands Tours, avec les Néerlandais Gesink et Mollema, à perdre plus d’une poignée de secondes.
Thibaut Pinot, chasseur d’étapes au Tour 2017
Un perte de temps volontaire qui peut paraître surprenante, et pas seulement au regard des déclarations de Madiot. Mais aussi car si les doublés Giro-Tour sont rares (et très rarement tentés), les doublés dans le top 10 le sont beaucoup moins : Valverde en 2016 (3e puis 6e) et Contador en 2015 (1er puis 5e), pour ne citer que les plus récents. Nairo Quintana, 2e du Tour d’Italie, aborde d’ailleurs le Tour dans l’optique du général. Le choix du Français est compréhensible, peut-être même trouvera-t-il sa récompense, mais on ne peut s’empêcher de regretter que, sans pression aucune du résultat final, il n’ait pas davantage essayé de jouer un podium, lui dont le compteur est bloqué à un dans un Grand Tour depuis ses débuts fracassants il y a cinq ans (en 2012, il devenait le plus jeune coureur de l’après-guerre à entrer dans les dix premiers du classement général du Tour de France). Son talent lui aurait sans doute permis de jouer un autre rôle que celui de chasseur d’étapes, même en débarquant du Giro.
Premier contact avec la montagne demain et l’arrivée à La Planche des Belles Filles. Une arrivée près de chez lui, où il avait terminé 2e derrière Nibali en 2014. Son temps perdu hier ne lui sera toutefois d’aucun secours dans cette ascension dont le vainqueur sera consacré à la pédale. Mais il a prouvé maintes fois que gagner à la pédale, il savait aussi faire.
Au terme de la 3e étape du Tour de France 2017, c’est bien un puncheur qui a eu gain de cause à Longwy. C’est même celui dont la pancarte était la plus clinquante qui a gagné. Ce qu’il y a de bien avec Peter Sagan, c’est qu’il ne s’embarrasse guère des pancartes qui lui collent au dossard. Si le terrain lui convient, il gagne toujours. Ou presque. Huitième de l’étape, Geraint Thomas conserve sereinement son maillot jaune.
Une échappée au coeur de l’Europe
Comme hier, c’est dès le kilomètre 0, dans les rues de Verviers (Belgique) que la bagarre s’est déclenchée. Mais contrairement à hier, le peloton n’était pas disposé à laisser filer aussi facilement. Sans doute du fait du profil un peu vallonné de l’étape du jour qui laissait davantage d’espoir d’aller au bout pour une échappée. Finalement, après une dizaine de kilomètres, on retrouvait trois hommes à l’avant : Adam Hansen, Nils Politt et Romain Hardy. Ce trio était bientôt rejoint par un autre, avec encore un Français, Romain Sicard, ainsi que le Belge Frederik Backaert et l’Américain Nathan Brown.
Dans un premier temps, et malgré leur bonne entente, jamais les coureurs de tête ne comptaient plus de 3’ d’avance. Vigilant, le peloton était tantôt mené par la Sky du maillot jaune, tantôt par la Quick-Step de Philippe Gilbert, tantôt encore par les Bora du champion du monde Peter Sagan. L’arrivée à Longwy, promise à un puncheur sprinteur, avait manifestement aiguisée certains appétits.
A mi-course, Nils Politt et Nathan Brown prenaient leurs distances avec leurs compagnons de route dans la côte de Wilt (Luxembourg, 4e cat.). Les deux hommes se disputaient également seuls les points du grimpeur au sommet de la côte d’Eschdorf toute proche. A défendre le maillot de son coéquipier Taylor Phinney, Brown finissait même par le déposséder de sa tunique à poids.
L’audacieux Lilian Calmejane
A une soixantaine de kilomètres de Longwy, alors que le peloton se rapprochait dangereusement de la tête de course, Lilian Calmejane s’extrayait du peloton et rejoignait l’avant en compagnie de Pierre-Luc Périchon et de Thomas De Gendt. Surpuissant, Calmejane décrochait un à un tous ceux qui s’accrochaient à sa roue pour partir seul à 20 bornes de l’arrivée. Malheureusement, son avance d’une minute ne laissait guère de doute quant à l’issue de son initiative. Il était effectivement revu à 10 km du but. Mais au vu de sa forme affichée aujourd’hui, on devrait revoir le dossard 173 avant Paris.
L’explication prédite allait donc avoir lieu. Qui de Sagan, Van Avermaet ou Gilbert allait dompter Longwy ? La montée finale permettrait-elle de voir un nouveau maillot jaune ce soir ? Ces questions trouvaient rapidement une réponse. Bien que difficile (Contador caracolait en tête de peloton), l’ascension n’était pas assez raide pour favoriser une attaque d’un Van Avermaet ou d’un Gilbert. C’est donc un sprint mêlant favoris du podium à Paris et sprinteurs passant bien les bosses qui allait décider du vainqueur. Et dans une telle configuration, qui peut battre sagan ? Pas grand-monde… En tous cas, personne aujourd’hui. Le Slovaque prenait le temps de jauger ses adversaires à 300 mètres de la ligne, déchaussait puis rechaussait avant de régler Michael Matthews et Dan Martin. Preuve que les favoris étaient vigilants, on retrouvait dans les 15 premiers de l’étape : Thomas, Froome, Bardet, Quintana ou encore Porte. En se rapprochant à respectivement 12″ et 13″ de Geraint Thomas au général, Michael Matthews et Peter Sagan se donnent les moyens de rêver en jaune.
Pour ne rien rater du Tour de France 2017, c’est ici !
Classement de la 3e étape du Tour de France 2017
1/ SAGAN PETER
2/ MATTHEWS MICHAEL + 00′ 00 »
3/ MARTIN DANIEL + 00′ 00 »
4/ VAN AVERMAET GREG + 00′ 00 »
5/ BETTIOL ALBERTO + 00′ 02 »
6/ DEMARE ARNAUD + 00′ 02 »
7/ FUGLSANG JAKOB + 00′ 02 »
8/ THOMAS GERAINT + 00′ 02 »
9/ FROOME CHRISTOPHER + 00′ 02 »
10/ MAJKA RAFAL + 00′ 02 »
Classement général à l’issue de la 3e étape du Tour 2017
1/ THOMAS GERAINT
2/ FROOME CHRISTOPHER + 00′ 12 »
3/ MATTHEWS MICHAEL + 00′ 12 »
4/ SAGAN PETER + 00′ 13 »
5/ BOASSON HAGEN EDVALD + 00′ 16 »
6/ LATOUR PIERRE-ROGER + 00′ 25 »
7/ GILBERT PHILIPPE + 00′ 30 »
8/ KWIATKOWSKI MICHAL + 00′ 32 »
9/ WELLENS TIM + 00′ 32 »
10/ ARNDT NIKIAS + 00′ 34 »
Vidéo : Le dernier kilomètre de la 3e étape du Tour de France 2017
Première réussi pour Yoann Offredo ! Après un chrono inaugural conclu à la 155e place, le Français de Wanty a signalé sa présence sur le Tour dès le lendemain, lors de la première étape en ligne. Repris à quelques encablures de l’arrivée, il a pu se consoler avec le prix de combatif de l’étape. Un premier podium qui en appelle d’autre pour lui et sa formation.
Yoann Offredo à l’attaque dès le jour 1
Hier soir, la déception était aussi prégnante que la satisfaction pour Yoann Offredo. Forcément, quand on se fait rejoindre par le peloton sous la flamme rouge d’une étape entamée par une attaque au kilomètre 0, la frustration est inévitable. Néanmoins, c’est encourageant pour la suite du Tour. Cela démontre que le Français aborde la compétition en excellente condition physique et qu’il a parfaitement pris la mesure de l’évènement, auquel il participe pour la première fois. Malgré une lutte acharnée dans les 20 derniers kilomètres en compagnie de Taylor Phinney, il a manqué un petit quelque chose aux deux hommes pour se disputer la victoire. Le Francilien déclarait à l’arrivée : « Certains parlent d’échappée publicitaire mais ce n’était pas mon objectif. Dans ma tête, elle avait un autre intérêt. La victoire d’étape, j’y ai pensé même s’il reste une grande marge. Une étape comme aujourd’hui, je ne pouvais pas gagner au sprint. Et au sommet non plus. Alors je fais avec mes moyens ! Je compte recommencer, mais pas demain. » On devrait donc revoir ce spécialiste des classiques flandriennes (14e du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix cette saison) à l’avant dans les jours prochains.
Wanty – Groupe Gobert, des néophytes affamés
Ce n’est pas avec des noms clinquants que l’équipe continentale professionnelle s’est alignée sur la Grande Boucle. Toutefois, la discrétion n’empêche pas l’ambition. Et celle de gagner une étape est belle et bien affichée du côté du staff belge.
Avec Frederik Backaert, vainqueur du Samyn 2017, en chef de file, Wanty sait qu’elle ne trouvera son salut que dans l’offensive. Trop tendres en montagne, en sprint et en contre la montre, ses coureurs sauront en revanche faire honneur à leur invitation en animant les étapes, avec la ferme intention d’en claquer une. Etre aussi proche de réaliser cet exploit dès le premier jour ne fera que renforcer leur détermination à y parvenir.
Retrouvez la présentation de la troisième étape du Tour de France 2017 au lendemain de la victoire au sprint de l’Allemand Marcel Kittel. Lundi, le peloton du Tour quittera la Belgique en direction de la France, où la victoire d’étape se jouera en côte, sans doute au sprint, entre punchers, et Peter Sagan et Philippe Gilbert font figure de favoris.
Présentation de la troisième étape du Tour de France 2017
Déjà, de nouveau une étape de plus de 200 kilomètres à parcourir (212,5 Km) pour les coureurs de la Grande Boucle. Si le profil est propice aux échappés rattrapés dans le final, il est presque certain que la victoire d’étape se jouera entre puncheurs, au sommet de la côté de Longwy, à condition toutefois que la course soit bien maîtrisée par les équipes concernées par la possible victoire d’étape. Au préalable, le peloton et échappés auront pu se « tester » sur les quatre précédentes côtes et notamment la côté d’Eschdorf et ses 9,3% de moyenne.
Les côtes de la troisième étape du TDF
Côte de Sart / 2.8 km de montée à 5.1% – 4e catégorie 4 – Km 18.0
Côte de Wiltz / 3.1 km de montée à 4.8% – 4e catégorie 4 – Km 105.5
Côte d’Eschdorf / 2.3 km de montée à 9.3% – 3e catégorie 3 – Km 120.5
Côte de Villers-la-Montagne / 1.1 km de montée à 5.2% – 4e catégorie 4 – Km 197.0
LONGWY – Côte des Religieuses / 1.6 km de montée à 5.8% – 3e catégorie 3 – Km 212.5
La troisième étape du Tour de France 2017 se jouera au sprint, entre punchers, au sommet, à Longwy. Photo : ASO
Le départ de l’étape sera donné à 12h20, après que les coureurs aient fait un tour de la ville départ. Prise d’antenne dès 14h30 sur France Télévisions avec aux commandes Alexandre Pasteur, Laurent Jalabert, Marion Rousse et sur les motos : Thierry Adam et Cédric Vasseur.
Le sprinteur français de la FDJ, Arnaud Démare, a pris la seconde place au terme d’un sprint nerveux dans les rues de Liège. Battu par le seul Marcel Kittel (QuickStep Floors), le champion de France s’avouait plutôt rassuré quant à sa forme.
Arnaud Démare : « De bonnes jambes »
Second de l’étape du jour qui constituait le premier rendez-vous des grosses cuisses du peloton, Arnaud Démare s’est incliné au terme d’un sprint houleux et nerveux. Là où les équipes des principaux acteurs à l’emballage final ont toutes rencontré les pires difficultés à mettre en place leur train, le nouveau champion de France se disait plutôt rassuré : « Bien entendu, je pourrais être déçu de ne pas l’avoir emporté, mais ça me rassure plutôt pour la suite du Tour. Dans le final, ça roulait très vite, j’avais de bonnes jambes mais Marcel Kittel est arrivé lancé comme une brute pour l’emporter. Je suis très confiant pour les étapes de plaine qui arrivent. Je savais que Kittel serait un gros client aujourd’hui. J’estime avoir fait un bon sprint malgré la pluie qui, habituellement, ne me réussi pas vraiment.»
Démare pourtant privé de ses deux éléments-clé lors du sprint
Il est à noter que l’emballage final ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices puisque le champion de France perdait ses deux dernières rampes de lancement à quelques kilomètres de l’arrivée. «On a perdu Mickaël Delage, qui a été victime d’une chute ainsi que Ignatas Konovalovas qui a été victime d’un bris de roue. Du coup, on a fait ce qu’on a pu mais on était décalés avec Davide Cimolai et Jacopo Guarnieri. » Sans parler des forces abandonnées lors de la chasse menée pour rattraper l’échappée matinale, reprise dans les deux derniers kilomètres, laquelle a également coûté pas mal de forces aux équipiers des sprinteurs.
La seconde étape du Tour de France 2017, remportée par Marcel Kittel, devant le champion de France, Arnaud Démare :
L’Allemand Marcel Kittel, le véloce sprinteur de la formation belge QuickStep-Floors, s’est montré le plus rapide à Liège, au terme de la deuxième étape du Tour de France 2017. Très bien emmené par ses équipiers, Kittel devance le Français Arnaud Démare et un autre Allemand en la personne de André Greipel. Au classement général, le Britannique Geraint Thomas conserve le maillot jaune de leader.
Marcel Kittel (vainqueur du jour) : « C’était un objectif »
« Aujourd’hui, je suis très heureux avec cette victoire d’étape. Nous avons vécu un grand départ magnifique depuis l’Allemagne. Je ne vais pas vous dire qu’il n’y avait pas de pression au départ de l’étape, c’était un véritable objectif pour l’équipe de l’emporter aujourd’hui. Je savais bien qu’il s’agirait d’un final très rapide, et c’est d’ailleurs ce à quoi nous avons eu droit. A 500 mètres de l’arrivée, je n’avais plus mon train pour m’emmener, le plan prévu initialement n’a pas fonctionné comme nous l’espérions. Je me suis alors dit qu’il fallait que j’y aille tout seul. Alors j’ai lancé sprint, en passant mes adversaires les uns après les autres, j’ai ensuite j’accéléré sur le côté droit de la route pour aller l’emporter. Disons que je suis sorti quand il fallait. » En ce qui concerne la possibilité d’aller chercher le maillot jaune dès demain, le sprinteur allemand se veut relativement réaliste : « Le maillot jaune? Le final risque d’être compliqué pour moi, il faudra voir. Dans l’équipe, nous avons des coureurs comme Matteo Trentin et surtout Philippe Gilbert qui ont les qualités nécessaires pour aller chercher la victoire d’étape, c’est bien ça la priorité. »
De nouveau, le peloton n’a pas été épargné par la pluie lors de cette deuxième étape du Tour de France remportée au sprint par Marcel Kittel (Quick-Step Floors). Le coureur allemand, qui a devancé Arnaud Démare (FDJ) et André Greipel (Lotto-Soudal), est passé entre les gouttes et les chutes pour s’imposer. D’autres n’ont pas eu cette chance puisque Chris Froome (Team Sky) et Romain Bardet (Ag2r-La Mondiale) sont tombés aujourd’hui.
Romain Bardet et Chris Froome à terre sur le Tour de France
A la sortie d’un rond point – à 30 kilomètres de l’arrivée – un homme de la formation Katusha-Alpecin, qui était placé en troisième position à l’avant du peloton, a glissé sur la route trempée par la pluie et a entraîné de nombreux coureurs à terre. Parmi eux, les leaders des équipes Ag2r-La Mondiale et Sky, Romain Bardet et Chris Froome. Les deux hommes se sont relevés rapidement et aidés de leurs équipiers, ils ont rapidement réintégré le peloton.
Romain Bardet a été pris dans la chute avec trois de ses équipiers. Le Français, deuxième du Tour de France l’an passé, est rapidement remonté sur son vélo. Attendu par ses équipiers, il a retrouvé sa place au sein du peloton après avoir changé de vélo. Aux dernières nouvelles, il ne souffre d’aucune blessure importante si ce n’est que des éraflures.
Chris Froome quant à lui, aidé principalement par Christian Knees et Michal Kwiatkowski, a lu aussi été contraint de prendre un vélo de rechange mais plus de peur que de mal pour le Britannique de la Team Sky. « Heureusement, je ne suis pas blessé », explique Chris Froome dans un communiqué publié par son équipe. « Je suis juste un peu éraflé au niveau du dos mais c’est la course, il y a toujours un risque. Quelqu’un a glissé devant nous et à cette vitesse, c’était impossible de l’éviter. Tout le monde est reparti chez nous et je n’ai pas perdu de temps sur mes adversaires, c’est le principal. »
La deuxième étape du Tour de France, disputée entre Düsseldorf et Liège pour une distance totale de 203,5 kilomètres, a été remportée au sprint par Marcel Kittel. Le coureur de la formation Quick-Step Floors devance le Français Arnaud Démare (FDJ) et son compatriote allemand André Greipel (LTS). Au classement général, Geraint Thomas (SKY) conserve le maillot jaune. A noter que Chris Froome (SKY) et Romain Bardet (ALM) ont été victime d’une chute à 30 kilomètres de l’arrivée, sans gravité.
Premier Tour de France pour les quatre échappés !
Dès les premiers kilomètres, une échappée de quatre coureurs s’extirpe du peloton avec Thomas Boudat (DEN), Yoann Offredo (WGG) et Laurent Pichon (FOR). Les trois français sont accompagnés du rouleur américain Taylor Phinney (CDT). Ce dernier, qui participe au Tour de France pour la première fois de sa carrière, passe en tête de la première côte répertoriée pour le classement du meilleur grimpeur, celle de Grafenberg. A l’image du coureur de la Cannondale-Drapac, les trois coureurs français présents dans l’échappée du jour disputent eux aussi leur première Grande Boucle.
Le quatuor prend jusqu’à trois minutes d’avance mais derrière, l’écart est parfaitement contrôlé par le peloton. Les équipes de sprinteur veulent offrir l’étape à leur leader et chacune a mis un homme à l’avant du peloton pour faire le tempo comme Thomas De Gendt pour la Lotto-Soudal ou Rudy Molard pour la FDJ.
L’échappée du jour entourée d’un public exceptionnel sur les routes du Tour de France – Photo : Tour de France
Le sprint intermédiaire de Mönchengladbach est remporté par Thomas Boudat (DEN). Le Français devance Taylor Phinney (CDT) et son compatriote Laurent Pichon (FOR). Le peloton se dispute les points restants – 11 pts pour la 4ème place donc – et c’est Alexander Kristoff (KAT) qui passe la ligne en premier devant Sonny Colbrelli (TBM) et Michael Matthews (SUN). Arnaud Démare, le sprinteur de la FDJ, prend 8 points.
Des conditions climatiques difficiles : Chris Froome et Romain Bardet à terre
Malgré la pluie qui se met à tomber, l’étape se déroule sans encombre si on excepte les inévitables problèmes mécaniques. Marcel Kittel (QST) en fait les frais et doit s’arrêter pour changer de roue avant de reprendre sa place dans le peloton. Pierre Latour (ALM) aussi. A 51 kilomètres de l’arrivée, peu après les pavés d’Aix-la-Chapelle, certains coureurs sont distancés comme Romain Hardy (FOR) victime d’une chute dans ce secteur difficile détrempée par la pluie mais aussi Thibaut Pinot (FDJ) qui sort du Tour d’Italie ou encore Tony Gallopin (LTS) qui souffre de la cheville depuis sa chute hier, lors du contre-la-montre d’ouverture de Düsseldorf. Au prix d’un bel effort, ils réintègrent le peloton relativement vite.
A 30 kilomètres de l’arrivée, à la sortie d’un rond point, une chute massive envoie de nombreux coureurs à terre. En effet, un Katusha – présent en troisième position à l’avant du peloton – glisse et entraîne beaucoup d’hommes avec lui. Parmi eux, on retrouve Chris Froome (SKY) et Romain Bardet (ALM). Les deux hommes se relèvent rapidement et attendus par leurs équipiers, ils réintègrent rapidement le peloton. Plus de peur que de mal semble-t-il.
Taylor Phinney et Yoann Offredo font de la résistance
Devant, Taylor Phinney (CDT) passe en tête de la côte d’Olne. Il reste 20 kilomètres à parcourir. Assuré de porter le maillot à pois au terme de cette étape, le Cannondale-Drapac est le premier coureur américain à s’emparer de cette tunique depuis 2011. Cette année-là, son ancien coéquipier de la BMC Racing Team, Tejay van Garderen, était en tête du classement des grimpeurs avant de le céder le lendemain à Johnny Hoogerland.
Au sommet, l’Américain insiste et part seul mais il est rapidement rejoint dans la descente par Yoann Offredo (FDJ). Les deux hommes se relaient parfaitement et foncent à vive allure vers Liège. Cependant, les équipes de sprinteurs n’abdiquent pas et le duo se fait reprendre à 1,2 kilomètres de l’arrivée.
Yoann Offredo et Taylor Phinney dans le final de la 2ème étape du Tour de France – Photo : Twitter Antargaz
Marcel Kittel l’emporte au sprint
Les équipes de sprinteur sont en ordre de bataille. Parfaitement lancé par son équipe, Marcel Kittel (QST) l’emporte au sprint. L’Allemand devance le champion de France Arnaud Démare (FDJ) et André Greipel (LTS). Le Cofidis Nacer Bouhanni, bien calé dans la roue de Peter Sagan (BOH), a été enfermé dans les derniers mètres et termine donc 8ème. Au classement général, le Britannique Geraint Thomas (SKY) conserve son maillot jaune devant Stefan Küng (BMC).
Classement de la 2ème étape du Tour de France :
1. 🇩🇪 KITTEL Marcel (QST) en 4:37:06
2. 🇫🇷 DEMARE Arnaud (FDJ) m.t.
3. 🇩🇪 GREIPEL André (LTS) m.t.
4. 🇬🇧 CAVENDISH Mark (DDD) m.t.
5. 🇳🇱 GROENEWEGEN Dylan (TLJ) m.t.
6. 🇮🇹 COLBRELLI Sonny (TBM) m.t.
7. 🇬🇧 SWIFT Ben (UAD) m.t.
8. 🇫🇷 BOUHANNI Nacer (COF) m.t.
9. 🇦🇺 MATTHEWS Michael (SUN) m.t.
10. 🇸🇰 SAGAN Peter (BOH) m.t.
Classement général à l’issue de la 2ème étape du Tour de France :
1. 🇬🇧 THOMAS Geraint (SKY) en 4:53:10
2. 🇨🇭 KUNG Stefan (BMC) +0:05
3. 🇩🇪 KITTEL Marcel (QST) +0:06
4. 🇧🇾 KIRYIENKA Vasil (SKY) +0:07
5. 🇮🇹 TRENTIN Matteo (QST) +0:10
6. 🇬🇧 FROOME Chris (SKY) +0:12
7. 🇳🇱 VAN EMDEN Jos (TLJ) +0:15
8. 🇵🇱 KWIATKOWSKI Michal (SKY) m.t.
9. 🇳🇴 BOASSON HAGEN Edvald (DDD) +0:16
10. 🇩🇪 ARNDT Nikias (SUN) m.t.
Vidéo : Marcel Kittel remporte la 2ème étape du Tour de France 2017
Le coureur de la formation Quick-Step Floors devance le Français Arnaud Démare (FDJ) et son compatriote allemand André Greipel (LTS).
Il y a quelques jours, un jeune coureur italien de 14 ans a été contrôlé positif au mesterolone. Un puissant anabolisant bien connu dans le milieu cycliste et dans d’autres sports.En espérant que ce soit un cas isolé chez les jeunes pouces. Mais triste est d’associer cyclisme et dopage à cette période de l’existence où la naïveté doit prendre tout son sens dans la pratique de la jeune vie.
Génération PlayStation, nouvelle conscience, cyclisme et dopage
Pour les jeunes pratiquants amateurs, il est probable qu’ils croisent un jour ou l’autre celui qui les fera passer rapidement des plus beaux rêves précoces à atteindre à ceux perfusés par la triche. La réalité du dopage chez les ados cyclistes est-elle alarmante sous la crédulité des parents ? L’est-elle aussi dans les yeux des pères de famille voulant vivre leur vie par procuration ? D’où leur investissement sans borne et malsain qui poussent les fils « sacrifiés » dans les griffes de dealers aux produits miracles pour la gagne. Pour ceux qui chaperonnent leurs progénitures en les protégeant un maximum des gourous de la « potion magique », cela demande une vigilance accrue auprès de toutes personnes qui les approchent de près ou de loin. Mais il arrive un moment où paramétrer leur vie sportive sous la bienveillance parentale ne sera plus possible. Pour les plus doués, les laisser dans le giron d’une structure formatrice arrivera tôt ou tard si leurs performances sont prometteuses d’un avenir chez les élites. Alors que faire ? J’ai une idée sur la question et je vous la soumets. Jouez avec leur PlayStation dans un lâcher-prise qui relâchera votre maîtrise sur leur vie. Ils en seront les seuls responsables greffés de la nouvelle conscience pour beaucoup d’entre-eux. Celle qui développe le miracle chez l’humain non basé sur de l’utopie mais, sur une réalité éleveuse de nouveaux cycles, les adultes propres de demain…
Est-ce risqué d’inscrire son enfant dans un club cycliste ?
Après tout ce que l’on peut entendre sur le dopage dans le sport cycliste, beaucoup de parents peuvent s’inquiéter si leurs rejetons demandent de les inscrire au club du coin. Une question reviendra autant que leurs champions en devenir tourneront les jambes. Prendront-ils des choses pour gagner même s’ils font preuve de sacrifice et d’abnégation ? Quand la passion du vélo s’empare d’un enfant qui veut gagner la course de clocher de Trifouilly-les-Oies, n’hésitez pas un seul instant à lui offrir sa licence avec un sourire jusqu’aux oreilles, car il pratiquera un sport qui infusera dans sa passion épanouissante de belles et bonnes choses pour sa construction physique et mentale. Et même s’il y a danger sur la route, danger à l’angle de la rue de la Seringue, laissez le vélo s’emparer de votre enfant. Il confère toute la liberté possible pour qu’il se sente merveilleusement bien dans son corps et sa tête. La compétition deviendra un moyen de le confronter aux autres et de créer chez lui une philosophie gagnante émotionnellement même si la frustration qui doit être passagère interviendra dans la défaite. Que dire quand il lèvera les bras ! « Cyclisme et dopage » ne sera jamais le duo gagnant chez un être connecté à son âme d’enfant qui ne le laissera jamais s’intoxiquer par des victoires malhonnêtes.
Vidéo – Le cyclisme se doit de sourire aux enfants, ils sont les adultes propres de demain…
Créé en 1975, le maillot blanc du Tour de France récompense le meilleur jeune de 25 ans et moins. Supprimé en 1988 bien que le classement soit conservé, il fait son grand retour dans le peloton en 2000. Souvent, il permet de révéler les futurs stars du peloton comme Alberto Contador en 2007. A l’issue de la première étape de la Grande Boucle disputée hier – un contre-la-montre individuel dans les rues de Düsseldorf – c’est le rouleur suisse Stefan Küng (BMC Racing Team) qui a endossé le premier maillot blanc de cette édition 2017. Mais qui va bien pouvoir emmener cette tunique jusqu’aux Champs Elysées ?
Qui sera le prochain maillot blanc du Tour de France ?
🇬🇧 Simon Yates (24 ans – Orica-Scott) : L’an passé, c’est son frère Adam qui a remporté le classement du meilleur jeune du Tour de France. Le Britannique aimerait bien conserver le maillot blanc dans sa famille et va se donner les moyens de réussir. Il va partager le leadership avec Esteban Chaves au sein de l’équipe Orica-Scott. Les deux coureurs devront donc trouver un terrain d’entente s’ils souhaitent briller chacun de leur côté.
🇿🇦 Louis Meintjes (25 ans – UAE Team Emirates) : Huitième du classement général en 2016, Louis Meintjes a un avantage certain sur ses concurrents au maillot blanc : il est le leader de son équipe sur le Tour de France. En effet, ses coéquipiers de la formation UAE Team Emirates se mettront à son service. Solide grimpeur, le Sud-Africain est l’un des grands favoris pour cette tunique.
🇩🇪 Emanuel Buchmann (24 ans – Bora-Hansgrohe) : Le grimpeur allemand de la Bora-Hansgrohe est très certainement l’une des révélations de l’année. En 2017, il a clairement franchi un palier en terminant dans le Top 10 de deux courses à étapes classées World Tour : le Tour de Romandie (10ème) et le Critérium du Dauphiné (7ème). C’est la troisième fois qu’il participe au Tour de France et l’an passé, il s’est classé 21ème. Il va cependant devoir se mettre au service de son leader Rafal Majka.
🇫🇷 Pierre Latour (23 ans – Ag2r-La Mondiale) : Tout comme Lilian Calmejane avant lui, Pierre Latour a brillé dès sa première participation à une course de trois semaines. C’était sur le Tour d’Espagne 2016. Le Français de l’équipe Ag2r-La Mondiale s’est imposé à la Sierra de Aitana au terme d’une belle étape de montagne en battant Darwin Atapuma et Fabio Felline. Coureur complet – très bon rouleur (il est champion de France du chrono) et grimpeur – il va cependant devoir rouler pour Romain Bardet.
🇫🇷 Guillaume Martin (24 ans – Wanty-Groupe Gobert) : Le Français va découvrir le Tour de France. C’est d’ailleurs la première fois que Guillaume Martin est aligné sur une épreuve de trois semaines. Malgré l’absence de victoire professionnelle, il est capable de briller sur les terrains valonnés et montagneux. De ce fait, il pourrait bien être la bonne surprise de ce Tour de France 2017 où il vise un bon classement général et une victoire d’étape. Axée sur la Grande Boucle, sa préparation s’est conclue par une 18ème place au Critérium du Dauphiné.
🇫🇷 Lilian Calmejane (24 ans – Direct Energie) : A 24 ans, Lilian Calmejane participe lui aussi à son premier Tour de France. Le coureur de la Direct Energie vise la victoire d’étape et espère réaliser le même exploit que sur la Vuelta l’an passé. En effet, pour son premier Grand Tour, le Français avait remporté la quatrième étape en solitaire à San Andrés de Teixido. Bon grimpeur, il a les capacités de prétendre au maillot blanc.
Vidéo : Adam Yates remporte le maillot blanc du Tour de France 2016
Qui va succéder au Britannique de le formation Orica-Scott ?