A l’occasion de la première édition du Tour des Flandres virtuel, la victoire est revenue à Greg Van Avermaet (CCC Team). Le Belge a été le plus rapide pour en terminer des 32 derniers kilomètres du parcours réel du Ronde. Le podium a été complété par Oliver Naesen (AG2R La Mondiale) et Nicolas Roche (Team Sunweb).
Pour la première fois, une compétition virtuelle réunissait quelques uns des meilleurs coureurs professionnels, treize exactement. Sur les 32 derniers kilomètres du parcours du Tour des Flandres comprenant le Kruisberg, le Vieux Quaremont et le Paterberg, Greg Van Avermaet a dominé la concurrence. Pour une vingtaine de secondes, il a devancé ses plus proches poursuivants qui ont été Oliver Naesen et Nicolas Roche. Le tout après environ 45 minutes d’effort intenses.
Après que le départ ait été donné à 15h40 précise, la course s’est rapidement décantée avec d’abord Alberto Bettiol (EF Pro Cycling) et Remco Evenepoel (Deceuninck – Quick Step) qui ont occupé la tête. Ce duo s’est ensuite transformé en quatuor avec le retour de Thomas De Gendt (Lotto Soudal) et Nicolas Roche. Puis, Oliver Naesen et Greg Van Avermaet sont revenus à leur tour avant l’enchaînement Vieux Quaremont-Paterberg. Celui a d’ailleurs été décisif.
Si Alberto Bettiol a craqué en premier, il était ensuite impossible pour Remco Evenepoel de suivre la cadence. Dans le Paterberg, Greg Van Avermaet s’est détaché seul en prenant quelques longueurs d’avance sur le trio composé d’Oliver Naesen, Thomas De Gendt et Nicolas Roche. Ils sont alors restés à quelques secondes du coureur de la CCC Team avant de perdre progressivement du terrain. Dans les dernières minutes de course, le dernier champion olympique a encore creusé un peu plus son avantage lui permettant ainsi de couper la ligne d’arrivée avec vingt secondes par rapport à Naesen, qui a eu raison de Roche au sprint. Quatrième à cinquante secondes, De Gendt avait décroché pour la lutte à la deuxième place. Le top 5 a été complété par Jasper Stuyven (Trek-Segafredo) qui a terminé à une minute et trente-trois secondes du vainqueur.
Alors que la pandémie du Covid-19 n’épargne personne, la formation CCC a été contrainte de réduire drastiquement son staff et ses salaires. L’équipe World Tour est en danger, car le sponsor principal subit de plein fouet la propagation du virus qui a affaibli fortement l’entreprise.
L’équipe CCC de Greg Van Avermaet en danger
« Les implications économiques de la pandémie de Covid-19 ont eu un effet drastique sur les affaires de notre sponsor titre CCC et, comme d’autres équipes cyclistes professionnelles, nous sommes maintenant confrontés à un manque de liquidités en raison de réductions imprévues de nos sponsors, a expliqué Jim Ochowicz, le manager de la CCC. Nous savons qu’il n’y aura pas de course avant juin au plus tôt, mais la situation évolue constamment et pour le moment nous ne pouvons agir qu’à court terme. Afin d’avoir le budget pour courir si la saison recommence, nous avons dû suspendre temporairement une poignée de personnel et réduire fortement les salaires des coureurs. »
Le sponsor en difficulté, pourrait revoir son budget
Ce n’est pas tout, pour la formation CCC. Son sponsor principal, le géant polonais de la chaussure, est en difficulté. Il perd de plus en plus de marché et a vu ses revenus diminuer au cours du début d’année et même dès l’année dernière. Pour Greg Van Avermaet, il tient à « être loyal envers nos sponsors et les soutenir en cas de crise » a-t-il dit au cours d’un visioconférence. Puir il a ajouté : « La chose la plus importante pour moi est qu’après ce virus, qu’ils puissent se redresser et n’avoir aucun problème à parrainer plus longtemps ou à partir pour une autre année ». Et pour l’instant, rien n’est moins sûr à propos de l’avenir de l’équipe World Tour.
Vidéo de Cyclisme
L’Omloop Het Nieuwsblad 2020 au sein de l’équipe CCC
En ces temps de confinement, nous nous tournons vers le home-trainer pour maintenir la forme et surtout rester chez soi. Désormais, l’entraînement à la maison pour les cyclistes abien évolué. Entre les home-trainers connectés et les plateformes virtuelles, l’offre a explosé. Si l’emblématique Zwift reste incontournable, de nouveaux mondes virtuels tentent de percer sur le marché. Parmi ces entreprises qui se positionnent : RGT. Gratuite pendant le Covid-19, nous avons sauté sur l’occasion pour essayer.
RGT, qu’est-ce que c’est ?
En vérité, l’application s’appelle RoadGrandTour. Vous l’aurez compris, il est plus simple de contracter ce nom en RGT. L’application est à essayer au plus vite. Une application smartphone et une sur ordinateur. Les deux sont liées afin de permettre la connexion de vos éléments bluetooth directement sur le téléphone et de retranscrire les données sur ordinateur. La volonté de cette jeune entreprise est de créer un monde réaliste autour du cyclisme. De véritables routes sont disponibles (Ventoux, Paterberg, Stelvio…), les effets de l’aspiration sont extrêmement bien travaillés, les personnages freinent automatiquement dans les virages (ce qui vous permet de vous arrêter de pédale pour récupérer un peu)… bref, le réalisme est poussé au maximum.
Quelles fonctionnalités sur RGT ?
Plusieurs choix s’offrent à vous : explore, race, train et socialize. Ces quatre onglets permettent de naviguer au sein des différents fonctionnalités.
« Explore » : cette fonctionnalité permet de se rendre sur l’un des parcours virtuels de l’application RGT. On y retrouve notamment le Mont Ventoux, le Stelvio, le Paterberg… et d’autres circuits réels.
« Race » : chaque jour, des courses sont organisées sur les différents circuits de l’application. Il suffit de s’inscrire à l’une d’entre elle, de ne pas rater le départ, et de se mesurer aux autres cyclistes utilisant également l’application.
« Train » : RGT propose une multitude de séance a réaliser sur home-trainer : endurance, seuil, PMA… tout y passe ! Il y a de nombreux entraînements et on peut s’y perdre rapidement.
« Socialize » : cet onglet vous sert à sélectionner un coureur déjà en ligne pour le rejoindre. Vous pouvez aussi vous joindre à des sorties de groupes où l’application met des robots à disposition pour créer un peloton.
Muni de votre home-trainer connecté ou d’un capteur de puissance, l’appareillage se fait rapidement et on se retrouve vite en train de pédaler.
1 de 8
Le Paterberg sur RGT
Le Stlevio sur RGT
Le Stelvio sur RGT
RGT, l'application virtuelle ultra-réaliste qui permet, depuis chez soi, de monter le Mont Ventoux.
TodayCycling a essayé RGT : ce qu’on en pense
Il est vrai que grâce à des applications comme RGT, les entraînements sur home-trainer deviennent tout de suite plus sympa. Le temps passe plus vite, on a l’impression de rouler pour quelque chose et de ne pas uniquement faire du sur-place. L’environnement est très plaisant avec de nombreuses routes qui évitent l’ennui. On se prend vite au jeu de s’accrocher aux roues de celles et ceux qui nous dépassent. Pour les courses, c’est la même chose. On est vite « à bloc » et la compétition prend rapidement le dessus. Attention tout de même, on en deviendrait presque accro.
Retrouvez toute les informations (en anglais) sur le site de RoadGrandTour.
Vidéo de Cyclisme
RGT, l’application virtuelle d’un univers cycliste réaliste
Une énième épreuve a été contrainte d’annuler son édition 2020. Le Tour de Suisse (WT) n’aura pas lieu cette année. L’épreuve par étapes, qui se dispute à cheval avec le Critérium du Dauphiné qui a été reporté, devait se tenir du 6 au 14 juin.
L’édition 2020 du Tour de Suisse annulée !
Les organisateurs du Tour de Suisse anticipent les prochaines annonces. Alors que la tenue de l’épreuve n’était pour l’instant pas interdite (l’UCI a interdit les courses jusqu’au 1er juin), la course par étapes World Tour, remportée l’an passé par Egan Bernal, a tout simplement décidé d’annuler son édition 2020. Le report de la course n’a pas été envisagé pour des raisons « logistiques et financières ». Bien évidemment, l’apparition du virus sur le continent européen a compliqué l’organisation de la course. En effet, les forces du pays sont pour l’instant occupées à combattre le Covid-19. Il a également été difficile d’intéresser les sponsors pour boucler le budget. « Plus une manifestation publique est annulée tardivement, plus les coûts sont élevés. Cela vaut non seulement pour la course elle-même, mais aussi pour tous les sponsors, les lieux d’étape et les prestataires de services concernés », a indiqué le communiqué de la course suisse.
« C’est le cœur lourd que nous avons décidé d’annuler l’édition 2020 en raison de la pandémie du Covid-19. Toutefois, nous sommes convaincus que la meilleure solution possible est d’apporter de la clarté et une sécurité de planification à tous les participants, fans et partenaires. Pour le Tour de Suisse, cette annulation est également une étape importante si nous voulons avoir la moindre chance pour assurer la poursuite de cet événement », a expliqué Olivier Senn, co-directeur de l’association Tour de Suisse. Pour combler ce manque, les organisateurs ont lancé le Tour de Suisse virtuel. A la fin du mois, une épreuve test sera lancée. Si les retours sont bons pour les coureurs, équipes, organisateur et suiveurs, un Tour de Suisse un peu plus « officiel » pourrait être disputé du 6 au 14 juin, les dates initialement prévues pour l’épreuve.
Vidéo de Cyclisme
Les temps forts du Tour de Suisse 2019
Guillaume Martin (26 ans) est comme une grande majorité de ses collègues cyclistes : confiné. Le grimpeur de la Cofidis avoue aisément passer ce confinement dans un cadre idyllique chez ses parents en Normandie. De quoi en profiter pour se ressourcer avant que la saison cycliste ne reprenne ses droits.
Guillaume Martin confiné en Normandie au grand air
« On a pris le parti avec mon entraîneur de faire une longue coupure après Paris-Nice, a expliqué Guillaume Martin sur le site de son équipe Cofidis. J’ai la chance d’être chez mes parents en Normandie où il y a une dizaine d’hectares. Je m’estime chanceux en étant confiné au grand air ! J’essaie de m’entretenir physiquement en faisant des activités que je fais surtout l’hiver : réaliser des travaux d’entretien, m’occuper des animaux, courir… Forcément, le manque de visibilité est délicat à gérer pour un sportif mais il faut apprendre à s’adapter. Il est urgent d’attendre ! »
Le bon début de saison du grimpeur français
Guillaume Martin a repris très tôt la compétition. En Amérique du Sud, il s’est aligné au départ du Tour de San Juan le 26 janvier. Auteur d’une belle semaine de course, le grimpeur de la Cofidis a pris la 4e place de l’étape reine dont l’arrivée était jugée au sommet de l’Alto Colorado. Il a ensuite bataillé pour ramener le maillot de grimpeur chez lui, chose qu’il a réussi à faire. De retour en Europe et surtout en France, Martin a confirmé les bonnes dispositions qui étaient les siennes en Argentine. Sur les Boucles de la Drôme-Ardèche, le pensionnaire de l’équipe nordiste a terminé 3 et 4e des deux courses du weekend. De bon augure avant le Paris-Nice, le tout premier de sa carrière. Sur les deux dernières étapes les plus compliquées à Apt et au sommet de la Colmiane, Martin n’a pas failli et a signé deux Top 10 pour finalement terminer 12e au général. La suite de saison devait s’orienter vers le Tour de France. Mais pour l’instant, c’est le flou…
Vidéo de Cyclisme
La bonne prestation de Guillaume Martin au Tour de San Juan
Davide Martinelli (26 ans) fait désormais du bénévolat en tant que coursier à vélo. L’Italien de la formation Astana profite en effet de son temps libre pour livrer des médicaments et de la nourriture aux personnes âgées dans son village natal de Lodetto près de Brescia.
Davide Martinelli devient coursier à vélo dans son village
Les bonnes actions se multiplient. Après Elise Chabbey, qui a troqué sa tenue de cycliste contre une blouse blanche pour aider dans son pays en Suisse, c’est au tour de Davide Martinelli de changer de vêtements. En effet, le coureur italien est devenu coursier bénévole le temps du Covid-19 que subit de plein fouet son pays. Lodetto, qui se situe dans la région lombarde, a été durement touché par la pandémie de coronavirus. 45 000 personnes ont été testées positives dans la région.« Lodetto est un endroit spécial pour moi. Environ 1 500 personnes y vivent, mais malheureusement il n’y a pas de pharmacie ou de magasins d’alimentation. J’ai donc décidé que c’était ma chance de faire quelque chose pour aider et rendre aux gens le soutien qu’ils m’ont apporté au fil des années », a écrit Davide Martinelli sur Instagram.
« Ils étaient incroyablement reconnaissants »
« Tout a commencé grâce à un groupe de gars du village, dont mon cousin Stefano, qui s’est réuni pour aider, a expliqué Davide Martinelli. J’ai un vélo, deux jambes et un sac à dos. Je peux donc faire ma part. Il m’a fallu 30 minutes pour faire le trajet de 10 km jusqu’à Rovato et le retour, c’est rien pour un cycliste professionnel. Mais quand j’ai livré les médicaments au couple de personnes âgées, évidemment en portant un masque et des gants, ils étaient incroyablement reconnaissants. Je suis la personne la plus heureuse du monde. Le cyclisme est un grand sport mais il n’y a rien de tel que le sentiment d’aider quelqu’un dans le besoin. »
ALors que le Tour des Flandres devait se tenir ce dimanche 5 avril, les organisateurs ont trouvé une alternative. En effet, le monument belge se déroulera à la maison, sur le home trainer, via une plateforme virtuelle.
Un Tour des Flandres virtuel sur 32 kilomètres
Bien évidemment, il n’est pas question de disputer les 260 kilomètres du parcours du Tour des Flandres sur home trainer. Ce sont les 32 derniers kilomètres qui seront disputés par une dizaine de coureurs. Parmi eux, de grands noms du cyclisme qui avaient des espoirs sur le Ronde : Wout Van Aert, Greg Van Avermaet, Jasper Stuyven et même le vainqueur de l’édition 2019 Alberto Bettiol… D’autres surprises sont venues se greffer à ces flandriens à l’image du jeune prodige Remco Evenepoel, Michael Matthews…
Le Ronde virtuel diffusé en direct
C’est via les marques Bkool et Kiswe, que le Tour des Flandres virtuel sera disputé. Au programme, moins d’une heure d’effort, certes. Mais une diffusion en direct de l’événement. Histoire de combler un peu le manque des classiques cette année. Le final sera animé par les ascension du Vieux Quaremont ainsi que du Paterberg, le dernier mont à franchir sur le Ronde. Remco Evenepoel a d’ailleurs plaisanté : « Mon tout premier monument sera une course virtuelle ». La course sera à suivre en stream via Kiswe et sera diffusée sur Sporza.
Les coureurs engagés au Tour des Flandres virtuel
Oliver Naesen
Greg Van Avermaet
Remco Evenepoel
Yves Lampaert
Zdenek Stybar
Alberto Bettiol
Jasper Stuyven
Thomas De Gendt
Tim Wellens
Mike Teunissen
Wout Van Aert
Michael Matthews
Nicolas Roche
La Roue Tourangelle fait partie de ces épreuves françaises incontournables. Implantée depuis 20 ans dans le paysage cycliste, la course dirigée par Bernard Machefer subit de plein fouet la pandémie de Covid-19 (coronavirus). Alors que l’édition 2020 devait se dérouler ce dimanche 5 avril, le comité d’organisation a été contraint d’annuler l’épreuve.
Une grande majorité des courses françaises sont organisées par des bénévoles. C’est le modèle économique actuel du cyclisme. Pas de billetterie, pas de droits TV : tout repose sur les partenariats publics et privés. Et alors que de nombreux frais avaient été engagés en amont de ces courses printanières, comment ces épreuves vont-elles faire face aux annulations ? Nous avons rencontré Bernard Machefer, l’organisateur de la Roue Tourangelle (manche de la Coupe de France) qui, inquiet, nous a expliqué les difficultés rencontrées et celles qu’il rencontrera encore, avec ses bénévoles, dans les prochains mois.
TodayCycling : Bonjour Bernard Machefer, je vous laisse vous présenter à nos internautes.
Bernard Machefer : Bonjour, tout d’abord je voulais vous remercier de vous intéresser aux organisateurs. En ce qui me concerne, je suis dans le vélo depuis longtemps et licencié depuis plus de 40 ans. C’est ma passion depuis ma jeunesse. Et heureusement ! Car si nous n’étions pas passionnés, il n’y aurait pas cette envie et cet engagement. Je suis à l’origine de la création de la Roue Tourangelle il y a 20 ans. J’ai aussi participé à d’autres organisations avant, mais bref. Je suis également trésorier du ROCC (Rassemblement des Organisateurs de Courses Cyclistes, présidé par Thierry Gouvenou). Cela rassemble l’ensemble des organisateurs professionnels et amateurs.
Quelle est l’importance d’une épreuve comme la Roue Tourangelle, dans le calendrier cycliste ?
En ce qui concerne les courses professionnelles, il faut savoir qu’il y a 40 épreuves qui sont organisées en France, qu’elles soient d’un jour ou par étapes, dont une nouvelle qui devait voir le jour au mois de mai. Au final, des « grandes courses », il n’y en a pas tant que ça en France. Il n’y a que 5 World Tour ! Et les 35 autres, en ProSerie ou classe 1, sont les épreuves qui font le cyclisme en France. En plus, dans les 5 World Tour, 4 sont organisées par ASO. Le reste, c’est du bénévolat et de l’associatif. Et ce « reste », représente quand même 35 rendez-vous. Donc pour les coureurs, ce sont des moments importants de la saison. C’est la base de tout.
D’ailleurs, ce sont des épreuves qui permettent à certains de se distinguer pour gravir les échelons…
Marc Sarreau s’est imposé sur la Roue Tourangelle en 2018. Photo : Roue Tourangelle/Etienne Garnier
Oui ! Parmi ces 35 courses, vous comptez 16 manches de Coupe de France, par exemple. Elles permettent aux coureurs de s’affûter, d’émerger, de se faire un nom… C’est l’antichambre pour ensuite passer un cap dans les équipes et sur les épreuves World Tour. Donc c’est un morceau important. La Coupe de France, c’est quand même le deuxième Tour de France. On passe par toutes les régions du pays. Il y a le Tour du mois de juillet, et la Coupe de France, sur neuf mois, qui fait le tour des régions de France. Cela anime les territoires, et gratuitement, car nous n’avons pas de billetterie. Et si toutes ces épreuves-là disparaissent ? Cela va faire mal… Et pour les coureurs aussi. Où iront-ils courir ? Plein de coureurs sont passés par ces épreuves de régions pour se démarquer ou se remettre en selle. On a eu des Samuel Dumoulin, Hugo Hofstetter qui est passé en World Tour, Julien Duval qui a pu passer un cap et rejoindre AG2R La Mondiale, Marc Sarreau…
En quoi les annulations vous mettent en difficulté ?
Nous avons surtout des prestataires, des entrepreneurs et des fournisseurs. Dans l’état actuel des choses, ces gens-là vont forcément en pâtir. Et les coûts sont différents selon la façon dont l’épreuve se déroule. Vous avez les courses en circuit, les course en ligne dont le parcours change tous les ans, les courses à étapes… Et vous avez aussi les organisateurs du printemps et ceux de la fin de saison. Ceux qui sont les plus touchés, ce sont ceux qui organisent depuis la mi-mars en commençant par le Grand Prix de Denain, en passant par nous, la Roue Tourangelle ce dimanche 5 avril. Même jusqu’au mois de juin, les organisateurs seront affectés.
Oui, car vous avez malheureusement déjà engagé des frais…
Forcément… Une épreuve se prépare sur presque une année. Ou au moins 9 mois avant. Et lorsque l’on arrive aussi proche de la date, vous avez déjà pris des engagements et honoré des factures. Et par la force des choses, et c’est compréhensible car la santé passe avant tout, vous êtes contraint d’annuler l’épreuve. Le seul problème, c’est que les engagements pour les épreuves françaises qui ont été annulées vont de 30 à 70 000€. Et c’est une perte ! Dans notre cas, à la Roue Tourangelle, on tourne autour de 40 000€. Toute la campagne de publicité était lancée : les affiches, les dossiers… La présentation le 6 février, il a fallu aussi la payer. Ceux après le mois de juin ont le temps de prévoir et d’éviter d’engager des frais. Les circonstances seront moins grandes. Le seul risque qu’ils ont, et là je parle en tant que trésorier du ROCC, c’est que des sponsors soient moins volontaires ou moins partie prenante dans le sponsoring… Il peut y avoir des remises en cause ou des réductions de partenariat qui vont affaiblir ces épreuves-là.
Et donc, quelles sont les solutions pour vous les organisateurs ?
Bernard Machefer (à droite) sur le podium de la Roue Tourangelle en 2017 avec Daniel Mangeas au micro. Photo : Roue Tourangelle/Amélie Barbotin
Comment vont se comporter nos partenaires et les institutions publiques ? Si on ne réalise pas la course, ils ne vont pas honorer leur partenariat, ce qui est normal. Pour ceux qui avaient déjà versé, soit on va devoir leur restituer les fonds, soit on nous les laissera en avoirs pour notre prochaine édition, ce qui serait le meilleur des cas. Concernant les collectivités, c’est différent. Car elles votent le budget. Alors, est-ce qu’elles nous laisseront une part de façon à amortir les frais engagés ? On est bien conscients que l’on ne touchera pas toute la subvention, et nous n’en voulons pas puisque nous n’organisons pas l’épreuve. Mais il faudrait qu’on nous laisse un montant partiel, pour permettre de payer ces frais que l’on a engagé malheureusement pour rien… Si on n’a pas une aide de ce côté-là, pour certains organisateurs cela sera très difficile. Cela fait un sacré handicap une perte pareille. Il y a des aides qui sont normalement prévues pour les entreprises. Mais pour nous, association, qu’en est-il ? On ne sait pas. La fédération réfléchit à des possibilités. Pourquoi pas un prêt à taux intéressant ou une avance pour nous permettre de rembourser sur quelques années.
Avec autant d’optimisme, on imagine que la Roue Tourangelle est repartie pour 2021 malgré tout ?
Oui, bien sûr ! Toute l’équipe est partante. Bon, au début, nous avions parlé d’un report. Mais finalement, on a décidé d’annuler pour cette année 2020 et le report se fera en 2021. Tout d’abord car on ne connaît pas la sortie de crise de la pandémie. On ne connait pas encore nos conséquences financières exactes. Le calendrier international va être totalement bouché en fin d’année car il faudra placer toutes les épreuves, les monuments, qui n’ont pas eu lieu. Donc on ne sera pas prioritaire. Et puis, il y aura une superposition des événements internationaux toutes disciplines confondues. En 2021, le parcours sera celui qui aurait du se dérouler ce dimanche 5 avril. Tout sera identique à ce que nous avions prévu. Sur réserve, évidemment, que l’on puisse repartir financièrement.
En tant que passionné de cyclisme, la ministre des Sports a évoqué un Tour de France à huis clos, qu’en pensez-vous ?
Je comprends ASO (Amaury Sport Organisation, l’organisateur du Tour de France). Le vélo n’a pas de billetterie, mais eux ont les droits télé. Ce qui n’est pas le cas des autres organisateurs, qui doivent payer pour être diffusés. Même à huis clos, il y aura une retransmission et donc des droits télé. En dehors de ça, en tant qu’amoureux du vélo, j’ai du mal à imaginer un Tour de France à huis clos. Le vélo c’est la communion avec le public. S’il n’y a pas de public, il n’y a pas de caravane, ce n’est plus la même ambiance. Ce n’est plus le Tour de France. Pour moi, ça ne sera tout simplement pas le Tour de France que l’on connaît depuis plus de 100 ans avec cette ferveur populaire. Mais l’enjeu est important donc c’est normal qu’on réfléchisse à l’organiser…
La suite de la saison, vous l’imaginez comment ?
Le peloton sur les routes de Roue Tourangelle. Photo : Photo : Roue Tourangelle/Etienne Garnier
Il y a une question qui reste en suspend : quelle sera la condition physique des coureurs ? Après le confinement, ils seront probablement loin de leur condition pour aller courir dans les meilleurs dispositions les grandes épreuves internationales. Comment les équipes vont -elles gérer le calendrier surchargé de fin d’année ? Les coureurs ne vont pas pouvoir rouler tous les jours. Et une saison blanche en 2021 ? Le temps que tout puisse se reconstruire, ce n’est pas à exclure. Et puis, il y a un rêve : avoir une solidarité à travers toutes les disciplines. Certains niveaux de sponsoring sont importants dans d’autres sports. Pourquoi ne pas imaginer, sur une année, de niveler tout ça pour permettre à chaque sport de retrouver rapidement son train de vie ? Je ne veux pas entrer en polémique avec le football par exemple car j’aime le sport, mais il y a des niveaux de partenariat qu’il faudrait peut-être revoir afin de permettre à d’autres disciplines comme le vélo de retrouver un peu de souffle pour 2021. C’est aux sponsors de se dire : il faut sauver le sport en général, alors il faut être solidaire et mutualiser.
Vous avez dit quelque chose qui m’a interpellé : vous pensez que 2021 pourrait être une saison blanche, encore ?
On ne sait pas comment cela va se passer. On peut l’envisager après tout. Je ne dis pas qu’il s’agit d’une réalité. On ne sait même pas quand on sortira de la pandémie. Le temps que les mesures soient mises en place… Si on sort de ça à l’été, les mesures seront mises en place à ce moment et on sera vite rendus en septembre. Et en septembre, on est déjà dans la préparation de l’événement 2021. Nous, dans notre cas, si la Roue Tourangelle repart sur le même principe ça peut le faire. Reste une inconnue : l’état financier. Donc cela peut nous emmener jusqu’en 2022. C’est pour cela que les prêts à taux préférentiels, ou une aide des collectivités, pourraient aider les organisateurs. Nous, à la limite, avec 30 000€, on ferait le tour et l’épreuve repartirait à coup sûr.
Pour finir, je vous laisse le mot de la fin Bernard Machefer.
Ce virus, il touche tout le monde. Personne n’est épargné : les politiques, les sportifs et tous les autres citoyens. Ce virus n’a pas de couleur ni de religion. Il faut que tout le monde soit solidaire et respecte les consignes qui sont données. Qu’on en sorte le plus rapidement possible avec le moins de conséquences humaines, c’est tout ce que je souhaite et c’est le plus important.
Propos recueillis par Antoine BARTHÉLÉMY pour TodayCycling.
Alors que l’Union Cycliste Internationale a publié hier un communiqué interdisant toutes les épreuves jusqu’au 1er juin, les remaniements du calendrier ont été dévoilés par la Gazzetta dello Sport. Selon le média italien, plusieurs possibilités sont étudiées pour le moment entre l’instance dirigeante et les organisateurs. Le Tour de France pourrait alors se tenir un mois plus tard que prévu…
Le casse-tête du calendrier cycliste
Avec toutes les épreuves qui ont été annulées depuis une quinzaine de jours et pour ces deux prochains mois, le remaniement du calendrier cycliste s’avère être un casse-tête. Car le vélo devra composer avec les autres sports, eux aussi touchés par les reports à cause du Covid-19. « Le calendrier international va être totalement bouché en fin d’année car il faudra placer toutes les épreuves, les monuments, qui n’ont pas eu lieu. Et puis, il y aura une superposition des événements internationaux toutes disciplines confondues », a expliqué Bernard Machefer au micro de TodayCycling, l’organisateur de la Roue Tourangelle qui avait espéré voir son épreuve reportée. Et plus les jours passent, plus il y a de courses à replacer sur le calendrier.
Le Tour de France fin juillet, après Milan-San Remo
La Gazzetta dello Sport a donc évoqué plusieurs possibilités dans son édition du jour. Notamment, le journal italien explique que l’UCI aurait souhaité suspendre jusqu’au 15 juin toutes les épreuves, et non le 1er juin comme cela a été annoncé hier. Concernant Milan-San Remo, la première épreuve à replacer sur le calendrier, le monument italien pourrait se dérouler mi-juillet. Juste avant le Tour de France, qui pourrait avoir lieu à la fin du mois de juillet du fait du report des Jeux Olympiques. La Grande Boucle pourrait alors se tenir du 25 juillet au 16 août. Le Tour d’Espagne devait débuter le 14 août. Avec la superposition du Tour, l’épreuve ibérique serait alors décalée d’une semaine et se déroulerait sur un parcours réduit. Quant au Giro, il se tiendrait entre le 3 et le 25 octobre, avec le Tour de Lombardie une ou deux semaines plus tard (jusqu’au 7 novembre).
Vidéo de Cyclisme
Les meilleurs moments du Tour de France 2019
A défaut de pouvoir assister au vrai Tour des Flandres à cause de la pandémie du coronavirus, il sera possible de suivre un Ronde virtuel ce dimanche. Une alternative trouvée par la chaîne de télévision publique flamande Sporza et les organisateurs de la course Flanders Classics.
Un Tour des Flandres unique en son genre
Un Tour des Flandres virtuel pour remplacer celui sur la route ! Ce n’est évidemment pas la même saveur, mais c’est toujours ça. Ce dimanche, faute d’avoir la tenue de la 104e édition de l’une des courses les plus mythiques au monde, sa version sur rouleaux aura lieu pour la toute première fois.
Pour ce Ronde forcément particulier, le déroulement sera différent que d’habitude. Au lieu qu’un peloton compact de 160,170 unités s’affrontent, ce sont uniquement treize coureurs qui vont participer. Et bien sûr, ils n’auront pas ) parcourir l’intégralité soit 260 kilomètres environ mais auront à réaliser les 32 derniers kilomètres du parcours réel. Il leur faudra donc franchir comme principales difficultés le Vieux Quaremont et le Paterberg depuis chez eux. Tout un programme.
Pour rendre possible ce projet, Sporza une chaîne de télévision flamande ainsi que les organisateurs ont décidé de s’unir. Et le concept a été développé avec les partenaires technologiques Bkool et Kiswe. Le résultat sera visible à la télévision comme une course « normale ». La VRT Eén diffusera à partir de 15h30 cet événement particulier, qui débouchera donc sur le premier vainqueur du Tour des Flandres virtuel.
Christian Prudhomme, le directeur du Tour, a été contacté par Sports Auvergne sur la possibilité d’avoir un Tour de France (27 juin-19 juillet) à huis clos, évoqué par la ministre des Sports. Il est catégorique : la Grande Boucle, si elle a lieu, ne se fera pas à huis clos.
Le Tour de France ne sera pas à huis clos
« En cette période de confinement, tout le monde est conscient et responsable. Tout le monde a compris les bénéfices de rester chez soi et donc de privilégier plutôt le spectacle télévisé que le spectacle en live », avait alors déclaré Roxana Maracineanu à propos du Tour de France à huis clos. Christian Pruhomme, le directeur de l’épreuve, a assuré auprès de nos confrères de Sports Auvergne que l’épreuve n’aura pas lieu à huis clos et qu’il s’agit d’une option « imaginable ».
Vers une annulation du Tour 2020 ?
Cependant, bien que le huis clos ne soit pas envisagé par Amaury Sport Organisation (ASO), l’annulation ou le report sont pour l’instant à l’étude. En effet, l’Union Cycliste Internationale a annoncé que toutes les épreuves jusqu’au 1er juin étaient annulées ou reportées. Cela inclut le Critérium du Dauphiné (31 mai-7 juin), organisé par ASO, qui est une épreuve préparatoire au Tour. « Cela dépendra de l’évolution de la pandémie. Dans ‘Tour de France’, le plus important c’est ‘France’. C’est la situation sanitaire du pays qui compte. Je ne souhaite qu’une seule chose, c’est que le Tour de France ait lieu cet été. Non pas pour le Tour de France mais s’il n’a pas lieu, cela signifierait que le pays se trouve dans une situation catastrophique. On ne peut évidemment pas le souhaiter », a ajouté Christian Pruhomme alors qu’une décision définitive sera prise d’ici le 15 mai.
Vidéo de Cyclisme
Les meilleurs moments de la Grande Boucle 2019
Le Critérium du Dauphiné 2020, qui devait débuter le 31 mai, est finalement reporté a annoncé Amaury Sport Organisation (ASO), la société organisatrice. En effet, l’Union Cycliste Internationale a suspendu toutes les épreuves jusqu’au 1er juin et poursuit son travail pour sortir un calendrier remanié si jamais la saison pouvait reprendre sous peu.
Le Dauphiné… encore une annulation
En ce moment, les annulations et reports pleuvent, forcément. Les gros rendez-vous du calendrier ne dérogent pas à la règle. Après les classiques printanières et le Tour d’Italie, c’est maintenant le Dauphiné (30 mai-7 juin) d’être reporté. « Les organisateurs du Critérium du Dauphiné, en accord avec l’UCI, la région Auvergne-Rhône-Alpes et les collectivités, ont donc décidé de travailler au report de l’épreuve qui devait se tenir du 31 mai au 7 juin et s’élancer pour la première fois de Clermont-Ferrand », peut-on lire dans le communiqué d’ASO.
Vidéo de Cyclisme
Le meilleur du Critérium du Dauphiné 2019
La formation AG2R La Mondiale a annoncé que Clément Champoussin, qui fêtera bientôt ses 22 ans, rejoint dès maintenant ses rangs. Le jeune espoir français, réputé pour ses talents de grimpeur, devra cependant patienter avant de porter le maillot terre-et-ciel en course.
Clément Champoussin, produit du centre de formation
Issu du VTT, Clément Champoussin s’est mis à la route en 2017 grâce au centre de formation de Chambéry, l’antichambre d’AG2R La Mondiale. L’an dernier, il a signé de très bons résultats chez les Espoirs en terminant notamment 4e du Tour de l’Avenir , 2e du Tour de Lombardie espoirs. Il a aussi et surtout remporté le Tour du Frioul (2.2). En fin de saison, alors en stage avec l’équipe World Tour, Champoussin s’est révélé aux yeux du grand public en terminant 9e du Grand Piemonte, remporté par un certain Egan Bernal. Après trois ans au sein du centre de formation, le voilà officiellement dans le grand bain du cyclisme.
Une fin tronquée à Chambéry
Alors qu’il lui restait plusieurs courses à disputer, Clément Champoussin a été contraint, comme tout le monde, de mettre un coup d’arrêt à sa saison en raison du Covid-19. « C’est particulier de finir le parcours avec Chambéry Cyclisme Formation comme cela, a-t-il dit. Je comptais profiter des dernières courses avec les copains, d’autant plus que l’on était sur une bonne dynamique au sein de l’équipe ! Participer seulement à deux courses c’est frustrant. J’espère que la situation actuelle va s’améliorer pour que tout le monde puisse retrouver un quotidien comme auparavant. Je remercie Chambéry Cyclisme Formation pour ces 3 années de formations. »
✅ Après 3 années au sein de notre centre de formation, le @ChamberyCF, @clemchampou rejoint officiellement l’équipe professionnelle à partir d’aujourd’hui.
À cette période de l’année, les classiques flandriennes devraient battre leur plein. Le départ du Tour des Flandres était justement prévu pour ce dimanche. Mais à la place, toutes ces épreuves cyclistes sont stoppées en raison de la pandémie de coronavirus. Une cruelle issue pour les spécialistes de ces courses pavées d’un jour, qui attendaient cette occasion pour se mettre en évidence, et voient ainsi (presque) l’ensemble de leur saison gâchée, si en plus un report n’est pas rendu possible.
Les Flandriens sans leurs courses favorites
E3 BinckBank Classic, Gand-Wevelgem, A travers la Flandre, Tour des Flandres… Cette dizaine de jours normalement prévus entre la fin du mois de mars et début avril ont exceptionnellement pas lieu cette année. Un crève cœur pour tous les amoureux du cyclisme, et bien évidemment encore plus pour les spécialistes de ces courses, qui tournent une grande partie de leurs saisons respectives autour de ces rendez-vous. Ce sont autant d’occasions ratées de se livrer sur des courses qui ont une place particulière dans le calendrier.
Le Tour des Flandres, une priorité pour certains
Si certains n’attendent que les grands Tours, d’autres sont dans le même cas de figure pour les classiques pavés. Un certain nombre joue gros chaque saison alors que le printemps ne fait que commencer. En Belgique pour la majorité et en France pour Paris-Roubaix, les mêmes coureurs se retrouvent pour se défier. L’enjeu est à chaque fois de garnir un peu plus son palmarès et de se bâtir une certaine renommée. L’emporter sur l’une de ces classiques permet évidemment de prendre place parmi une certaine catégorie. Si une victoire signifie déjà beaucoup, que dire alors de ceux qui parviennent à aller encore plus loin.
Reste d’autres objectifs dans l’année
En prenant les coureurs actuellement en activité, ils sont plusieurs à avoir construit leur réputation en partie sur ces épreuves belges tout en brillant sur d’autres terrains. Au-delà, d’être des adeptes des classiques du nord, ces derniers s’avèrent être complets, ce qui leur permet de jouer les premiers rôles bien plus que sur une période précise de l’année. Cela dit, sans la certitude de participer à ces épreuves durant les prochains mois, la saveur de cette année ne sera pas la même pour eux assurément. Focus sur ces coureurs qui doivent ronger leurs freins en ce moment contrairement à leur habitude.
Il attendait cette période autant que les suiveurs auraient souhaité le voir. Les premiers gros objectifs d’une saison de Peter Sagan sont généralement situés à cette période. Et cette approche lui a réussi par le passé comme l’atteste son succès sur le Ronde en 2016 et Paris-Roubaix en 2018. Malheureusement pour ajouter un nouveau Monument à son palmarès, le Slovaque triple champion du monde va devoir patienter. Mais assurément il restera l’un des principaux favoris, si ce n’est l’homme à battre.
Greg Van Avermaet (CCC Team)
Quand on évoque les classiques du nord, impossible de ne pas penser à lui. Habitué à jouer les premiers rôles depuis de nombreuses années, Greg Van Avermaet doit cette fois-ci faire l’impasse sur ce printemps. Un déchirement pour le Belge qui est régulièrement dans le coup pour la victoire ou une place sur le podium. Son sommet pour le moment reste son succès sur Paris-Roubaix en 2017. A moins que le Tour des Flandres s’ajoute à son palmarès d’ici la fin de sa carrière.
Alexander Kristoff (UAE Team Emirates)
Face notamment à l’armada des coureurs belges, il fait partie des plus sérieux concurrents. Le Norvégien Alexander Kristoff peut compter sur une forte expérience acquise sur les classiques du nord. C’est le moins que l’on puisse dire en sachant qu’il s’est distingué en remportant le Tour des Flandres 2015. S’il est peut-être désormais moins à l’aise qu’auparavant, cela serait resté un redoutable client sur ce printemps.
Philippe Gilbert (Deceuninck – Quick Step)
Le printemps est sa période normalement faste. Que ça soit sur les Ardennaises auparavant et désormais les Flandriennes, le Belge a pris l’habitude d’être performant. Brillant vainqueur du Tour des Flandres en 2017 et de Paris-Roubaix l’année dernière, sa réputation a encore pris de l’envergure grâce à ses succès qui font de lui un des coureurs les plus complets. Forcément, avec l’âge, ce n’est pas un avantage que ces annulations, mais avec cet ex-champion du monde, de belles surprises sont peut-être encore à prévoir.
Niki Terpstra (Team Total Direct Energie)
Avec la non tenue des Flandriennes, c’est sa saison qui part quasiment en fumée. Le Néerlandais voulait assurément briller avec l’équipe française qu’il a intégré la saison dernière. Mais en deux ans, voici que Niki Terpstra connait à l’abandon au Tour de Flandres et puis maintenant ne peut pas défendre ses chances. Pourra-t-il à nouveau jouer les premiers rôles sur des épreuves qui lui ont permis d’atteindre les sommets ?
Mads Pedersen (Trek – Segafredo)
Un coureur malchanceux par excellence. Sacré champion du monde l’année dernière, le Danois s’était alors offert le privilège de porter cette tunique sur les Flandriennes, son terrain de jeu favori. Mais il semblerait que ce sera pas le cas pour le deuxième du Tour des Flandres 2018. Si au mieux le Ronde par exemple est reporté plus tard dans l’année, il devrait se disputer après la prochaine édition des mondiaux selon les prédictions.
Sep Vanmarcke (EF Pro Cycling)
Pour lui, c’est sans aucun doute la période qui compte le plus dans la saison. En tout cas, c’est là où il endosse le rôle de leader dans sa formation, ce qui ne lui arrive autrement pas. Toujours cité parmi les principaux prétendants, le Belge tourne régulièrement du succès sans pour autant y accéder. Et il va falloir faire encore preuve de patience. Le temps passe vite et forcément les occasions diminuent.
Zdenek Stybar (Deceuninck – Quick Step)
Aura-t-il une autre chance de de remporter le Ronde ou l’Enfer du Nord ? Membre indispensable dans sa formation, le Tchèque a souvent été en second rideau avant de briller particulièrement l’an passé grâce à des victoires sur le Het Nieuwsblad et le GP E3. Il serait arrivé certainement dans cette campagne de classiques dans la peau d’un favori. Pour lui, c’est certain, ces courses annulées arrivent au pire moment de sa carrière.
Oliver Naesen (AG2R La Mondiale)
Il va avoir encore le temps, mais l’ex-champion de Belgique comptait sur cette période pour enfin passer le cap supérieur. Jamais vainqueur ni même monté sur un podium de ses courses fétiches, cette année était une belle opportunité de démontrer sa progression. Ce n’est que peut-être partie remise. A lui de le prouver à l’avenir, même si ce n’est que dans un an.
Wout van Aert (Team Jumbo-Visma)
Le prodige belge issu du cyclo-cross est encore tout nouveau sur ces épreuves, mais son nom parmi les incontournables est déjà indiscutables. En très peu de temps, il s’est imposé comme un coureur faisant partie des meilleurs spécialistes des classiques du nord si particulières qu requièrent pourtant tant d’expérience. Ses futurs exploits, et sans dote ses passes d’armes notamment avec Mathieu van der Poel vont juste devoir attendre un peu. Mais s’en est que plus alléchant.
En pleine pandémie de Covid-19 et alors que le flou règne sur le calendrier cycliste, l’Union Cycliste Internationale a dévoilé le programme officiel des prochains championnats du monde qui auront lieu en Suisse du 20 au 27 septembre, à Aigle-Martigny. Cette année, c’est sur un parcours très montagneux que seront jugés les champions du monde.
Championnats du monde 2020 en Suisse – Programme
Comme d’habitude, la première partie de la semaine sera réservée aux épreuves chronométrées. Les élites hommes lanceront les hostilités dès le dimanche 20 septembre. Les épreuves de contre-la-montre se termineront le mercredi 23 septembre avec le relais mixte. Dès le vendredi, ce sera le début des courses en ligne avec de nombreuses catégories aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Les championnats du monde se termineront comme ils ont commencé : avec les élites hommes.
Dimanche 20 Septembre
Contre-la-montre ind. Hommes Elite
Lundi 21 Septembre
Contre-la-montre individuel Hommes Moins de 23 ans
Contre-la-montre individuel Femmes Elite
Mardi 22 Septembre
Contre-la-montre individuel Femmes Juniors
Contre-la-montre individuel Hommes Juniors
Mercredi 23 Septembre
Contre-la-montre par équipe – Relais mixte
Vendredi 25 Septembre
Course en ligne Femmes Juniors
Course en ligne Hommes Moins de 23 ans
Samedi 26 Septembre
Course en ligne Hommes Juniors
Course en ligne Femmes Elite
Dimanche 27 Septembre
Course en ligne Hommes Elite
Vidéo de Cyclisme
Les championnats du monde remportés par Mads Pedersen
Vainqueur sortant du Tour de France, Egan Bernal (Team INEOS) a clairement émis des doutes sur la tenue aux dates prévues de la prochaine édition (27 juin – 19 juillet). Pour le Colombien, la situation sanitaire mondiale actuelle complique très sérieusement l’option du maintien.
Egan Bernal sceptique sur le maintien du Tour de France
Le Tour de France 2020 partira-t-il le 27 juin prochain depuis Nice ? Pour Egan Bernal, c’est très hypothétique, voire quasiment intenable comme situation. Dans un entretien à la Fédération colombienne de cyclisme et au site espagnol Ciclo21, il argumente son point de vue. « Nous sommes tous concernés par cette période de repos obligatoire, de confinement. Il se peut que certains coureurs ne soient pas bien préparés pour le Tour maintenant et ne le seront pas plus tard. Il serait peut-être préférable de reporter le Tour de toute façon.»
Défendre son titre plus tard
Si le début de l’été lui paraît trop prématuré pour disputer le Tour de France, Egan Bernal espère quand même le faire plus tard dans l’année. Une annulation serait un très mauvais signal. « Pour le bien du cyclisme, pour les sponsors qui investissent beaucoup d’argent et qui sont touchés par le confinement, j’espère que les grands tours auront lieu. Si ce n’est pas le cas, ce sera un sérieux problème mais nous devons également voir comment les choses évoluent. Ce qui est clair, c’est que le monde doit avancer et que l’épidémie de coronavirus s’arrêtera bien à un moment donné.»
Vidéo de Cyclisme
Les meilleurs moments du Tour de France 2019
A l’image du restant du peloton, Geraint Thomas est dans l’attente d’une reprise. Mais la pandémie du coronavirus menace clairement le Tour de France, qui doit pourtant se tenir l’été prochain. Le Gallois fait le point à moins de trois mois du départ de la Grande Boucle s’il a lieu en temps et en heure.
Le Tour de France toujours à l’esprit de Geraint Thomas
Avec la pandémie du Covid-19, jamais une telle incertitude a plané au-dessus de la tenue du Tour de France mis à part en temps de guerre. Une situation à laquelle doivent se confronter l’ensemble des coureurs dont Geraint Thomas, qui cible dans la saison particulièrement cet objectif. Dans un entretien au Daily Telegraph, le vainqueur de l’édition 2018 et deuxième l’an passé a témoigné de son désir que le Tour se déroule aux dates prévues tout en ajoutant que la situation sanitaire prédominera. « J’aimerais évidemment avoir une autre chance de remporter le Tour, j’ai l’impression d’être dans la forme de ma vie maintenant. Ce sont mes années. Mais c’est comme ça. Il y a des choses plus importantes dans la vie. (…) Quand vous regarderez dans les livres d’histoire dans 20 ans, si en 2020 il n’y avait pas de Tour, cela n’aura pas d’importance.»
De terribles conséquences en cas de non maintien ?
Et au-delà du simple plan de la performance, Geraint Thomas craint les conséquences d’une annulation de la Grande Boucle. Pour lui, il y a clairement un danger si cette décision devait être prise. « Mais, d’un autre côté, il y a une vingtaine d’équipes et les entreprises ont investi dans ces équipes. Si elles disparaissaient, il y aurait peut-être un certain nombre de personnes au chômage. Donc, si le résultat en lui-même n’a pas d’importance, l’événement en a parce qu’il y a beaucoup de moyens et de personnes qui en découlent.»
Le huis clos au Tour fait débat
Interrogé sur la possibilité que le Tour ait lieu mais à huis clos, le coureur du Team INEOS n’est franchement pas emballé. La saveur ne serait pas la même pour le principal intéressé. « Le Tour ne serait pas le Tour sans les fans. Je pense qu’il serait beaucoup plus difficile de tenir les fans à l’écart sur le Tour plutôt qu’à Paris-Nice. Mais tout change si vite. J’espère juste que pour le bien de tous, tout cela va vite se terminer.»
Vidéo de Cyclisme
Les meilleurs moments du Tour de France 2018
En confinement chez lui en Belgique, Thomas De Gendt tente de garder la forme en s’entraînant à la maison. Et c’est sur la plateforme Zwift que le Belge de la Lotto Soudal passe son temps de selle histoire de rouler virtuellement avec les copains et surtout avec Tim Wellens, son grand ami. Sauf que le redoutable De Gendt a été expulsé d’une course à cause de sa « puissance surhumaine ».
La puissance surhumaine de Thomas De Gendt
Même avec une saison à l’arrêt, Thomas De Gendt continue de faire parler de lui. L’écraseur de pédale, qui a sorti de sa roue Julian Alaphilippe lors de la dernière étape de Paris-Nice, a été expulsé d’une épreuve sur Zwift. En plein entraînement avec Tim Wellens, le Belge a eu la drôle de surprise. Banni pour « puissance surhumaine », il a également reçu un autre message de la plateforme virtuelle : « soit vous avez raté votre chance en tant que pro, soit quelque chose s’est mal passé ». Bien évidement, les créateurs du monde virtuel ont rapidement réagi et ont fait le nécessaire pour que De Gendt puisse continuer à bénéficier de la plateforme.
Ce dimanche 5 avril, le Tour des Flandres devait avoir lieu. Finalement, il n’en sera rien à cause de la pandémie du coronavirus. Mais c’est l’occasion de tester vos connaissances sur cette mythique épreuve, et plus particulièrement sur la dernière décennie écoulée. Pensez-vous tout connaître des dernières éditions du Ronde ?
Conséquence de la pandémie de coronavirus qui frappe particulièrement l’Europe, tous les événements sportifs des mois à venir ont été annulés. Le cyclisme ne déroge pas à la règle, et les équipes professionnelles doivent composer avec l’arrêt de la compétition, le confinement, et le manque de visibilité à long terme. Rencontre avec Daniel Verbrackel, manager général de l’équipe Natura4Ever-Roubaix Lille Métropole (Continental-3ème division), et Thibault Ferasse, un de ses coureurs.
« On ne laissera pas tomber nos coureurs »
TodayCycling : Bonjour Daniel. Avant d’évoquer la crise sanitaire qui paralyse le monde du sport, revenons un instant sur votre début de saison. Quel bilan faites-vous des deux mois de course de l’équipe ?
Daniel Verbrackel se veut positif et optimiste en ces temps de crise. Photo : Laurent Sanson NRL
Daniel Verbrackel : On a débuté, pour notre première sortie, par une victoire sur une course à étapes, la Tropicale Amissa Bongo. Il y avait des grosses équipes : des Continental pro, une World Tour, toutes venues pour gagner. C’était une magnifique entrée en matière. Après, on a enchaîné sur les courses méditerranéennes (Tour de la Provence, Tour des Alpes-Maritimes et du Var). Là, malgré le niveau extrêmement relevé, et les parcours très difficiles, on a quand même réussi à bien se placer dans certaines arrivées massives. Donc le bilan est plus que positif, c’est un excellent début de saison. Après, il y a l’extra-sportif …
Nous sommes justement en période de confinement. Vos coureurs habitent en France, en Belgique, au Luxembourg. Malgré l’enfermement et la distance, parvenez-vous à entretenir une dynamique d’équipe et une dynamique sportive ?
Les premiers contacts avec nos coureurs doivent avoir lieu fin mars, pour voir où ils en sont. Ceux qui habitent en Belgique peuvent encore faire du vélo, donc pour eux, c’est du bonus. Mais globalement, il n’y a plus beaucoup d’endroits où on peut rouler, tout le monde est logé à la même enseigne. Concernant l’entraînement, chez nous, chaque coureur a son propre entraîneur, ou son propre préparateur physique. Ce sont eux qui nous font des retours à ce niveau-là.
En dehors de l’aspect sportif, il y a évidemment des questions financières qui se posent. Vos coureurs bénéficient-ils un statut particulier ?
C’est la Ligue nationale de cyclisme qui gère ces problèmes. Jusqu’au 31 mars, un certain nombre d’heures de chômage partiel vont être affectées aux coureurs et à une partie du personnel. Cela se fait au coup par coup, nous verrons par la suite si c’est prolongé. Je tiens vraiment à souligner le travail exceptionnel de la Ligue, et de son directeur, Arnaud Platel, qui défend nos intérêts auprès du ministère pour la mise en chômage partiel de l’ensemble du peloton français.
Natura4Ever-Roubaix Lille Métropole « fonctionne à l’affectif »
Votre équipe, Natura4Ever-Roubaix Lille Métropole, est tributaire de ses sponsors. Comment réagissent-ils face à la situation ?
Ce que nos partenaires privés nous ont promis tombe mensuellement, il n’y a aucun souci à ce niveau-là. Les engagements pris sont respectés. Pareil pour les collectivités. Natura4Ever était comblée par nos résultats sur la première partie de saison. On a d’excellents rapports avec eux, et à aucun moment il n’y a eu de remise en cause de de notre engagement. Après, il ne faudrait pas que la situation s’éternise. Si l’entreprise est gravement impactée par la crise sanitaire, il y aura peut-être d’autres priorités que de mettre de l’argent dans le cyclisme…
Vous dirigez actuellement l’équipe professionnelle française au plus petit budget (1 million d’euros). Du fait de cette relative fragilité, quelles peuvent être les conséquences concrètes de la crise actuelle ?
Je pense que comme beaucoup de structures, 80% de l’argent est déjà arrivé dans les caisses, donc pour l’instant le problème n’est pas à ce niveau. On s’inquiète surtout pour nos coureurs. Le home-trainer c’est bien, mais ça reste un moyen artificiel de s’entraîner. Un cycliste ne peut travailler sérieusement que sur la route.
À moyen terme, on peut imaginer un véritable casse-tête pour la saison 2021. Comment renégocier le contrat d’un coureur qui n’a pas couru, et dont on ne connaît donc pas vraiment la valeur ?
Chez nous, tous les contrats sont annuels. Pour les coureurs comme pour les partenaires. Au sein de l’équipe, on fonctionne beaucoup à l’affectif, nous sommes très proches des coureurs, et on ne les laissera pas tomber, ça c’est sûr. On leur a fait confiance en début de saison, donc on leur fera confiance la saison prochaine si ça ne venait pas à repartir. Forcement ce n’est pas ce que l’on espère, mais là, c’est parti pour durer jusqu’à mi-juin quand même. En tout cas on s’adaptera, et pour le moment, c’est à nos coureurs de bien gérer leur alimentation, leur entraînement, et leur hygiène de vie en général.
Le Paris-Roubaix des jeunes, « on a tout annulé »
Pour en revenir au sportif, vous organisez chaque année Paris-Roubaix dans les catégories de jeunes, comment avez-vous géré la crise sur ce terrain-là ?
Ah, là c’est sûr que c’est un petit peu gênant ! On a tout annulé, pas reporté, annulé. C’est une décision qui a été prise d’un commun accord avec ASO. On se devait de trancher rapidement, par respect pour les équipes, qui viennent pour beaucoup de l’étranger. À aucun moment nous n’avons pensé à reporter ces épreuves, le calendrier international est très chargé, et si il y a une course qui est reportée, ce sera certainement le Paris-Roubaix professionnel. Forcément, on sera impactés financièrement. Mais c’est pas une catastrophe pour la structure, loin de là. Ce qui est dommage, c’est surtout le côté sportif évidemment.
Que peut-on vous souhaiter pour les mois à venir ?
Que la saison se termine comme elle a commencé, et que nos partenariats soient reconduits l’année prochaine. Plus généralement, que Natura4Ever-Roubaix Lille Métropole fasse partie du paysage cycliste français en 2021.
Thibault Ferasse : « C’est notre métier, certes, mais ce n’est que du vélo »
Passé professionnel au sein de la formation Armée de terre, Thibault Ferasse, 25 ans, a rejoint l’équipe Natura4Ever-Roubaix Lille Métropole en 2019. C’est avec les Rose et Noir que le Breton a passé un cap, en remportant l’an dernier son premier succès majeur, le classement général des Boucles de la Mayenne. Si l’année 2020 devait être celle de la confirmation pour le puncheur français, l’arrivée du coronavirus l’a contraint à revoir en partie ses objectifs.
TodayCycling : Daniel Verbrackel se félicite du début de saison de l’équipe, mais à titre personnel, quel bilan faites-vous de ces premiers mois de course ?
Thibault Ferasse : Plutôt encourageant. Il y a d’abord eu le GP La Marseillaise, où j’ai manqué de réussite dans le final. Ensuite, ça s’est très bien passé sur le Tour des Alpes-Maritimes et du Var (24ème du général). Donc c’était encourageant, étant donné que mes objectifs se situaient plutôt en mars et en avril. Je montais progressivement en puissance.
Comment vivez-vous cette période de confinement, et tant qu’homme et en tant que sportif de haut niveau ?
Thibault Ferasse, 25 ans, comptait beaucoup sur la saison 2020. Photo : Laurent Sanson NRL
Le confinement; je le vis plutôt bien. Je suis privilégié, j’habite dans les Côtes d’Armor, je suis au calme, en campagne, j’ai la chance d’avoir un peu de terrain. Je pense que c’est un luxe à l’heure actuelle. Concernant l’entraînement, comme tout le monde, je fais principalement du home-trainer et du renforcement musculaire. Forcément, ça ne fait pas beaucoup d’heures en selle, à cause du risque de surentraînement. Mais je relativise. Je suis en bonne santé, dans un cadre idéal. Il y a bien plus grave que le report des courses cyclistes. C’est notre métier certes, mais ce n’est que du vélo, et des courses, il y en aura bien d’autres.
Comme tous les coureurs de l’équipe, votre contrat arrivera à son terme en fin d’année. Le fait d’avoir une saison tronquée vous inquiète-t-il à ce niveau-là ?
C’est sûr que même si je relativise, j’ai évidemment l’aspect sportif dans un coin de la tête. Nous avons tous dans l’équipe un contrat d’un an, et j’espère que l’on pourra courir en fin de saison pour se donner une chance de performer. Parce qu’une fois arrivés en fin de saison, si on n’a pas de résultats sur lesquels s’appuyer, c’est dur de se vendre auprès d’une équipe de rang supérieur.
C’était un de vos objectifs ?
Ah oui totalement ! Je ne m’en cache pas, je voulais absolument lever les bras cette années, pour me donner la chance d’évoluer. Je suis encore jeune, j’ai 25 ans, et j’ai envie de découvrir l’échelon supérieur. J’avais particulièrement bien préparé les courses d’avril, donc c’est une grande déception sportive de ne pas pouvoir y participer. Mais ce n’est absolument pas le moment de se morfondre et de baisser les bras. J’ai tout à prouver, c’est justement le moment d’aller au charbon. Il y aura bien des opportunités à un moment.
Financièrement, vous êtes inquiet ?
Non, pas pour le moment. On a récemment appris qu’on allait être au chômage technique. On touchera 100% de notre salaire le temps que ça durera.
Daniel Verbrackel nous a affirmé qu’il ne laisserait pas tomber ses coureurs dans ce contexte difficile. Comment réagissez-vous à ces propos ?
Ça le représente totalement. C’est quelqu’un qui aime ses coureurs, et qui a la main sur le cœur. Notre équipe est vraiment familiale, je ne doute pas que tout le monde sera solidaire.
Propos recueillis par Thibaud KEREBEL pour TodayCycling.
Finalement, les Jeux Olympiques de Tokyo bien que décalés d’un an à cause de la pandémie du coronavirus auront lieu à la même période. La cérémonie d’ouverture a été actée officiellement pour le 23 juillet et la cérémonie de clôture au 8 août. Conséquence immédiate de cette programmation, les trois premiers jours de compétition interviendront en même temps que la fin du Tour de France 2021 (2 – 25 juillet). Selon vous, est-ce que du coup un changement doit intervenir au niveau de la date du Grand Départ ?
Elise Chabbey, 26 ans, a un parcours particulier. Résidant en Suisse, elle a obtenu en 2018 son diplôme médical pendant qu’elle courait avec la formation Cogeas-Mettler. Désormais sous les couleurs de la formation Bigla-Katusha, elle a décidé de rejoindre le personnel soignant d’un hôpital pour combattre le coronavirus.
Elise Chabbey, la double casquette
La cycliste suisse a débuté la saison en Espagne sur les routes de Valence. Si elle ne compte que 5 petits jours de course, c’est déjà beaucoup plus que certaines qui n’ont pas encore eu l’occasion de mettre un dossard. Et alors qu’elle devait participer aux Strade Bianche, les annulations successives l’ont poussé à rejoindre le personnel soignant des Hôpitaux Universitaires de Genève afin de combattre la pandémie de coronavirus. « Les choses vont bien pour l’instant. L’organisation à l’hôpital est bonne. Tous ceux qui travaillent ici sont très motivés et nous nous soutenons tous pour traverser cette période. Donc, même si la situation est stressante, nous essayons de maintenir le moral du personnel de l’hôpital, et cela aide vraiment beaucoup », a déclaré Chabbey dans une publication de son équipe sur Facebook.
Bigla-Katusha et Elise Chabbey à l’arrêt
Comme l’ensemble des équipes UCI, la formation d’Elise Chabbey, Bigla-Katusha, n’a pas été épargnée par les annulations d’épreuves. Les Strade Bianche d’abord, puis tout le calendrier jusqu’à fin avril au minimum. Cela comprenait des épreuves comme Trofeo Alfredo Binda, Gent-Wevelgem , le Tour des Flandres, les classiques ardennaises et le Women’s Tour. « Je pense également que la population générale commence maintenant à comprendre à quel point la situation est grave, et elle semble plus disposée à coopérer et à faire de son mieux pour aider, a déclaré Elise Chabbey. J’espère que cette situation va bientôt se calmer, parce que mes coéquipières de Bigla-Katusha me manquent beaucoup, et j’ai hâte de recommencer à courir avec elles, après que nous ayons passé ce mauvais moment. »
Vidéo de Cyclisme
Elise Chabbey a lancé un crowdfunding en début d’année