Un Giro dans les jambes, ça pèse lourd. Un Giro gagné dans les cannes, c’est fatigant comme une épreuve de trois semaines qui peut entraver des desseins qui ont pour but de mettre le Tour de France à son crédit. Christopher Froome (Sky) veut inscrire une cinquième Grande Boucle à son palmarès, mais le premier grand Tour de la saison qu’il a remporté et qui a été très éprouvant risque de solder ses chances de rejoindre Bernard Hinault dans la légende. Le même qui n’a pas caché qu’il ne désirait pas voir le Britannique sur les routes de France en juillet. Un Blaireau qui ne désire pas un rhinocéros dans ses contrées en Bretagne !
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Christopher Froome est l’indésirable qui veut se faire aimer
Depuis son contrôle anormal au salbutamol sur la Vuelta révélé au grand jour au mois de décembre 2017, Christopher Froome est sujet à de nombreuses critiques, notamment de la part de coureurs qui ne le souhaitent plus dans le peloton. Pour eux, tant qu’une procédure est toujours en cours à son sujet il ne doit participer à aucune course. C’est le cas de Romain Bardet qui l’a fait savoir à plusieurs reprises. Le coureur de l’équipe AG2R-La-Mondiale va le retrouver comme l’un de ses principaux adversaires sur le Tour de France. Un homme qui veut se faire aimer va croiser sur sa route un homme qui le trouve indésirable. Alors que faire ? Peut-être pour l’un courir la fleur au bout du guidon et pour l’autre être le mendiant de l’amour sur 3329 km. Pour ce dernier c’est loin d’être gagné !
Des jambes lourdes aussi légères que deux plumes dans l’Alpe d’Huez
Christopher Froome va donc s’attaquer à la Grande Boucle et tenter de réaliser le doublé Giro-Tour. L’an passé il a mis dans sa musette Tour-Vuelta et pourrait bien récidiver en 2018 avec un nouvel exploit qui fera encore couler beaucoup d’encre et soulèvera de nombreuses questions. À cette heure, nous ne savons pas dans quel état physique se trouve le coureur britannique. Loin d’être sur les rotules un mois après son sacre sur le Giro, il doit tout de même avoir les guiboles un peu fatiguées. Dans la montée de l’Alpe d’Huez sur la 12e étape, Chris Froome se sentira peut-être pousser des ailes dans les 21 virages du col mythique qui fait son retour cette année sur l’épreuve de trois semaines. Une aubaine si ses jambes pèsent du plomb, il aura un plan de secours pour s’envoler au-dessus du ciel. Car, comme tout le monde le sait, dessous rien n’est stable.



















